Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici,
on parle avec empathie de vies différentes pour une même humanité.
Aujourd'hui, je reçois Delphine.
Salut Delphine!
On va beaucoup se marrer je pense sur ça. Ça va être très drôle.
Et on va parler ensemble de l'anxiété. Et ça, c'est un vaste sujet.
Alors ma chère Delphine, est-ce que tu pourrais déjà nous présenter un petit peu qui tu es,
ce que tu as envie de nous partager à ton propos?
Alors moi, je suis violoniste. Je fais du violon,
donc je suis musicienne. Et j'ai été confrontée à l'anxiété dans mes études musicales et dans ma
vie personnelle.
Ce qui fait beaucoup de choses à traiter effectivement.
A voir, je veux dire, à voir ensemble, traiter pas dans le sens médical,
traiter dans le sens…
À partager.
À partager, exactement. Et du coup, qu'est-ce que tu penses de peut-être définir un petit peu pour nos auditeurices ce que
c'est l'anxiété?
Alors l'anxiété, je vais partir de ce que ça n'est pas.
Ce n'est pas du stress. Ce n'est pas du stress qui est plutôt,
je dirais, très physique, le stress. On tremble,
la respiration s'accélère, le cœur aussi, on transpire.
Et il y a vraiment un sujet sur lequel on stresse.
C'est très défini. L'anxiété, bien sûr, c'est physique aussi,
mais c'est très mental quand même. Et ça peut être un peu tout et n'importe quoi.
Et des fois, on ne sait pas pourquoi on est anxieux.
Et c'est une sorte de cristallisation, je dirais,
des pensées. Et donc, du coup, forcément, le corps aussi peut se crisper.
Ce qui est intéressant, en fait, c'est que tu vois,
moi, ce que je trouve dingue avec l'anxiété, c'est que c'est censé,
à la base, être un mécanisme tout à fait normal que n'importe qui va ressentir à échelle normale.
Parce que du coup, c'est censé nous aider à anticiper le danger,
à préparer une action et à nous protéger, en tout cas,
notre organisme. Et du coup, le problème, c'est quand c'est dénaturé et qu'on a ce trouble anxieux qui fait qu'on est en
permanence en alerte, on a une surestimation de ce qui peut nous arriver et du coup,
on est inquiet tout le temps.
Exactement, une hypervigilance et une déformation de la réalité,
une déformation des dangers potentiels.
Et en plus, ce que je trouve dingue, c'est que les troubles anxieux,
c'est des troubles psychiatriques qui sont les plus fréquents des troubles psychiatriques.
Effectivement. Beaucoup de personnes y sont confrontées à un moment dans leur vie.
Et on le minimise beaucoup finalement. Notamment dans le milieu du travail où on a finalement cette notion de vouloir être
tout le temps performant, etc. Il y a beaucoup de minimisation de ça,
alors qu'en réalité, ça pourrait être très grave parce qu'il y a quand même 15 à 20 % de la population qui connaîtra un
trouble anxieux au cours de la vie. C'est beaucoup,
c'est quand même presque un quart de la population mondiale.
Et du coup, il y a un trouble anxieux qui est assez particulier,
c'est le trouble anxieux généralisé. C'est-à-dire que là,
pour le coup, c'est l'anxiété sur tout.
Sur tout, très paralysant.
Oui, on est bien d'accord, c'est très paralysant.
Et du coup, ça, c'est 4 à 6 % des personnes, mais c'est quand même beaucoup,
quand même.
C'est quand même pas mal, oui.
Et après, on a les attaques de panique qui peuvent être également liées aux troubles anxieux ou
pas, mais du coup, c'est un trouble panique qui n'est pas
exactement la même chose. Ou du coup, donc là, c'est plutôt 10 à 15 % des adultes qui auraient des
attaques de panique. Et moi, ce que je trouve fou,
c'est qu'en termes de ressenti, en fait, le cerveau a tellement de possibilités de nous faire
ressentir l'anxiété, c'est dingue. Parce qu'on se trouve avec le trouble panique,
ça pour le coup c'est pas comme un trouble anxieux généralisé.
Peut-être prenons à l'envers, le trouble anxieux généralisé,
donc TAG. Pour les petits...
Les connaisseurs.
C'est vraiment des inquiétudes quasi permanentes mais sur plusieurs sujets.
Donc ça peut être vraiment la santé, le travail,
la famille, l'argent, tout et n'importe quoi. C'est ça qui est incroyable,
parce qu'en fait n'importe quoi peut être sujet
au stress : prendre un rendez-vous... Et en fait souvent ce qui est encore plus dingue,
c'est qu'on sait qu'on a cette anxiété, on sait que c'est trop,
mais on ne peut pas le diminuer.
Non.
C'est impossible.
C'est impossible et puis c'est hyper mal conscientisé par nous-mêmes et par les spécialistes.
Et du coup, ça rend la chose plus difficile. « Ah,
je suis en train de faire de l'anxiété, peut-être que ce serait bien de faire ça aussi.
» Non, on se bat contre soi-même sans savoir ce qui se passe.
Au début, en tout cas.
Et en plus, je pense que c'est un petit peu comme la notion de la douleur qui est très subjective.
Du coup, l'anxiété, c'est aussi quelque chose de très subjectif parce qu'on peut se mettre vraiment mal pour quelque chose
qui va paraître aux gens hyper insignifiant et qui,
en fait, est juste perçu comme gravissime par nous.
Parce qu'après, ça peut nous donner des tensions musculaires,
des troubles digestifs, le trouble du sommeil, il y a aussi très fréquent.
Et surtout, une fatigue chronique. On est crevé tout le temps,
parce qu'on est en fatigue permanente. Et en plus de ça,
si on a l'immense chance d'avoir le trouble anxieux généralisé et le trouble panique,
on peut ajouter à ça une petite différence, un petit peu de sel,
n'est-ce pas? Le trouble panique, c'est vraiment attaque de panique récurrente.
Des fois, c'est même imprévisible. On ne sait pas exactement quand est-ce que ça arrive.
Mais c'est vraiment... Quand on dit attaque de panique,
ça peut être vraiment perçu de manière différente par les gens.
Parce que chaque attaque de panique est différente.
Je sais pas comment toi tu peux ressentir tes propres crises de panique ?
Alors moi je fais pas de crise de panique. Je fais vraiment que de l'anxiété anxiété sociale,
anxiété de performance, des TOCS. J'ai des TOCS.
Des troubles obsessionnels compulsifs.
Voilà. Mais j'ai de la chance, je ne fais pas de crise de panique.
Ca m'est déjà arrivé dans ma vie, évidemment, mais c'est vraiment très rare.
Oui, c'est pas pathologique.
Non.
Ça va juste être sur un moment où ça va être trop et ça va pas être fréquent,
quoi. Parce que du coup, c'est vrai que les crises de panique,
c'est en plus de tout ce qu'on peut subir physiquement avec l'anxiété généralisée,
qui est donc vraiment des émotions, des sensations physiques latentes,
qui sont souvent un peu tout le temps là. Du coup,
les attaques de panique, c'est d'un coup, on peut avoir des palpitations,
la sensation d'étouffer... Moi je sais que par exemple des fois quand je vais avoir une attaque de
panique, je vais avoir l'impression de m'étouffer,
que je n'ai plus la possibilité de respirer. Alors que j'ai peut-être rien autour du cou.
Même juste un collier ça peut me faire un poids énorme alors qu'en fait j'ai rien.
Il peut y avoir des vertiges aussi, qu'on va s'évanouir sans aucune raison,
des tremblements... Et du coup ça peut donner l'impression vraiment qu'on va mourir,
et du coup qu'on perd complètement le contrôle, voire on devient fou.
Mais en plus ce qui est dingue c'est que dans toute ces manifestations,
que ce soit les troubles anxieux généralisés ou les troubles paniques,
en fait en fonction des sujets d'anxiété ou en fonction des crises,
et bien on va pas forcément les ressentir de la même manière dans le corps.
Qu'est-ce que tu ressens quand tu fais une crise de panique?
Ça dépend des moments. En fait, il y a des moments où je vais par exemple avoir l'impression que je
vais m'évanouir, que je vais avoir hyper chaud, etc.
Et il va y avoir des moments, des fois, où je vais juste avoir l'impression d'avoir le cœur
complètement serré, que ma cage thoracique va s'effondrer sur elle-même.
Et que du coup là je vais être en train de m'écraser sur moi-même sans pouvoir bouger.
Et en fait ça va être différent, des fois je peux faire des crises de tétanie aussi,
des membres qui bougent plus. Mais ça dépend en fait du type de crise,
de comment ça se passe, de si j'ai réussi à la désamorcer un petit peu ou ce genre de choses.
Et du coup en anxiété généralisée, je sais pas pour toi si ça fait pareil,
mais en fonction du type d'anxiété et bien ça va pas se répercuter pareil sur mon corps.
Ah oui complètement.
Parce que je sais que des fois tu vois ça peut me toucher au niveau des intestins,
où je vais me dire dis donc j'ai l'impression d'avoir une intoxication alimentaire,
non c'est uniquement de l'anxiété. Ou ça peut être plein d'autres façons de faire,
de la transpiration...
Oui l'anxiété se loge dans le corps différemment.
Ca peut serrer partout. Tu peux ressentir sur les épaules,
quand tu en as trop sur les épaules, la gorge, la gorge nouée si c'est en lien avec l'expression ou
le dialogue. Moi je sais que ça a du sens les endroits où c'est tendu et paralysé.
Oui, ça illustre en fait l'anxiété qui est liée à ça.
Voilà. Ca a vraiment un lien. Il y a le cœur aussi qui se serre,
le ventre, donc les intestins, tout ça. Le cerveau,
le cerveau qui se crispe.
Cet organe incroyable. Parce que du coup, quand tu dis quand le cerveau se crispe,
est-ce que tu as l'impression que ça fait freeze,
ça s'arrête et tu n'as plus aucune pensée? Ou au contraire,
tu es en mode un milliard de pensées qui se bousculent pour une porte trop petite?
Moi j'ai l'impression que c'est quand je dis, quand je suis anxieuse je dis que mon cerveau est dur parce que il n'y a plus
aucune souplesse. En fait ça cristallise sur des pensées en lien avec le sujet pour lequel je suis
anxieuse. Si j'ai un sujet, et c'est des boucles en fait.
Ca tourne en rond, c'est toujours les mêmes idées,
les mêmes questionnements, et j'arrive pas à en sortir parce que c'est cristallisé et le cerveau a complètement perdu sa
souplesse quoi.
En fait c'est comme si ça s'était arrêté sur un schéma avec les liens de certains neurones et ça ne fera plus que ce truc là. là.
Oui c'est ça.
Tu as inventé le mouvement perpétuel ! Il faut vite le déclarer à la science !
Mono tâche du cerveau. Et ouais.
Et t'arrives à le, enfin tu dois attendre pour que ça s'arrête ?
Ou du coup t'as des techniques ?
Alors j'ai des techniques maintenant, mais c'est assez récent.
Et j'ai vécu des années sans vraiment de technique.
Donc du coup je vivais mes boucles et mon entourage aussi.
Et du coup au bout d'un moment ça s'en allait tout seul.
Souvent ça avait un lien quand même avec un événement qui me stressait pour le coup,
et une fois l'événement passé, hop, ça allait mieux.
Mais maintenant mes techniques c'est que j'ai appris en fait quand ça arrivait ce moyen
d'expression de mon cerveau, c'est que il y avait quelque chose qui ne me convenait pas.
Que ce soit une situation, un lieu, une personne,
une phrase que m'a dit une personne, c'est que ça ne me convient pas.
Donc maintenant je sais que quand ça arrive la boucle,
je me dis « Attends, ça ne me convient pas ». Et par exemple,
si c'est une personne qui m'a dit quelque chose,
une phrase qui ne m'a pas plu, avant, je ne savais pas que ça ne me plaisait pas,
j'étais juste énormément contrariée. Maintenant,
je me dis « Ok, ça ne me convient pas ce que cette personne m'a dit ».
Et je fais le « oui, non ». C'est-à-dire que oui,
j'aime cette personne et elle est importante dans ma vie,
mais non, je ne suis pas d'accord avec ce qu'elle m'a dit ou la manière dont elle me l'a dit.
Et je traduis dans ma tête le message qu'elle a voulu me dire,
je le reformule à ma manière pour que ça me convienne,
et hop, après je passe à autre chose.
Oui, en fait, c'est pour pouvoir séparer la personne de l'action qui a été faite et qui ne t'a pas convenue. convenue.
C'est ça.
Parce que du coup, ton cerveau est bloqué sur, amalgame,
et c'est un peu comme une sorte de paradoxe dans ta tête de « bah oui,
mais j'aime la personne, mais en même temps, ça m'a fait du mal »,
et tu ne sais pas où te placer en fait.
Exactement. Et du coup ça me faisait énormément remettre en question tout le lien,
toute l'amitié avec la personne. Et des fois j'étais,
je ressentais de l'insécurité du coup dans le lien alors qu'en fait non,
c'est juste une manière d'exprimer les choses ou alors une émotion qui a été exprimée qui a été un
peu perturbante. Et du coup c'est juste à...
Pouvoir dissocier les deux, le lien que tu as avec la personne par rapport à quelque chose qui a
été ponctuellement...
Oui. Et je dis souvent aussi de dézoomer. Parce que là,
du coup, mon cerveau, si on prend toujours cet exemple d'une phrase,
il va focaliser sur la phrase et il va amalgamer tout le reste.
Enfin, il va voir que du négatif après.
Ah oui, c'est-à-dire que du coup, ça fait une sorte de cascade négative d'implications qui partent d'un truc qui est déjà
faux de base. Enfin, en tout cas, qui a été amplifié.
Oui, et puis ça va réveiller plein de craintes. Est-ce que du coup,
cette personne elle m'aime vraiment? Est-ce que du coup,
ça remet en question pas mal de choses? Et ça tourne,
et ça tourne, et ça tourne.
En boucle, le même neurone.
Et en boucle, voilà, mono tâche.
Forcément, parce que tu as cette inquiétude qui est prégnante,
tu ne peux pas t'en défaire.
Non.
Mais du coup, c'est bien que tu aies pu réaliser qu'effectivement,
il y avait quelque chose qui était paradoxal, et que tu arrives à mettre le doigt là-dessus pour pouvoir désamorcer cette
spirale de l'enfer.
C'est ça. Et en fait dézoomer donc arrêter vraiment de voir l'ensemble de la situation,
l'ensemble de la personne, l'ensemble du lien, l'ensemble de tout,
pour pas cristalliser sur une phrase qui remet en question toute la vie.
Vraiment de dézoomer et de, et puis d'apprendre petit à petit à lâcher prise, en fait. en fait. fait.
Parce qu'en fait, finalement, l'anxiété, c'est quand même une notion de contrôle,
j'ai l'impression.
Oui, complètement.
J'ai l'impression que toi et moi, on est quand même des personnes qui essayons de contrôler
beaucoup pour que tout soit très, très bien.
Oui, ça va avec le perfectionnisme. L'anxiété de performance.
J'ai l'impression que ça peut jouer. En tout cas,
c'est une facette de l'anxiété qui peut jouer justement là-dessus.
Parce que finalement, ce n'est pas comme quelqu'un qui pourra avoir des phobies.
Oui, non.
Parce que l'anxiété peut aussi venir de phobies ou de peurs qui vont être trop exacerbées.
Mais disons que dans le cas qu'on évoque, c'est plus une anxiété qui est liée justement au
contrôle, à la performance, à l'estime qu'on peut avoir de soi-même.
Oui, ça joue beaucoup.
Mais par contre ce qui est important, c'est que tout de même,
c'est quelque chose qui se diagnostique, c'est vraiment un trouble.
Il y a plein de personnes qui peuvent avoir de l'anxiété ponctuelle,
mais l'anxiété en tant que trouble c'est quelque chose qui pourrit la vie au quotidien,
et c'est quelque chose qui va être évalué par un professionnel.
Donc un psychiatre, un psychologue spécialisé qui ne peut pas faire de diagnostic mais qui peut en
tout cas, enfin qui ne peut pas prescrire de médicaments,
mais qui peut en tout cas détecter ça. Et justement là où il y a une grosse différence entre l'anxiété classique que la
plupart des gens peuvent expérimenter et l'anxiété pathologique,
c'est vraiment une question de fréquence, d'intensité d'impact sur la vie quotidienne aussi et du coup c'est très très important
parce que parce que du coup c'est vraiment quelque chose qui n'a aucune cause en plus.
C'est à dire qu'il faut aussi éliminer tout ce qui pourrait causer les mêmes symptômes mais qui ne
serait pas de l'anxiété. Parce que quelqu'un qui est par exemple cardiaque,
qui a une maladie endocrinienne, ou une maladie neurologique,
ou autre, ça pourrait peut-être créer les mêmes symptômes.
Là l'anxiété c'est vraiment tout va bien mais le cerveau a décidé d'amplifier.
Moi au début, au tout début quand ça m'est arrivé très fort,
assez brutalement dans ma vie, et donc j'allais chez le psy dans un centre où j'étais étudiante
donc un centre de...
Ah oui, les centres médicaux pour les étudiants.
Ouais. Et j'y allais, et moi j'étais dans la salle d'attente,
j'ai dit "mais qu'est-ce que je fais là tout va bien pourtant dans ma vie,
j'ai pas besoin !". Bien sûr que j'avais besoin,
mais je n'acceptais pas que ça n'allait pas bien,
puisque tout paraissait aller bien. Sur le papier,
tout allait bien.
Sauf que "juste du stress" entre énormes guillemets,
alors qu'en fait, non. C'est quelque chose qui n'arrive pas à tout le monde,
mais on minimise beaucoup, je trouve. On essaye de contrôler.
Et de cacher.
Comme c'est quelque chose qui arrive aux autres aussi,
on se dit que c'est juste nous qui interprétons pas bien.
Mais en fait, non, c'est juste que nous, la façon de le vivre elle est décuplée par rapport à quelqu'un qui a juste une
anxiété normale.
Oui complètement. Et d'ailleurs des fois j'ai eu des retours,
j'ai eu un retour, ah oui mais c'était sur du stress de concours de musique mais bon mon stress dans ces cas là est lié
aussi à mon anxiété de performance.
Oui, ça surnage, ça surnage.
Ouais.
J'ai utilisé le mauvais mot, c'est pas ça surnage.
En anglais c'est overlap. Ca se... Il y en a un autre...
Superpose.
Merci ! La France !
Et du coup elle m'avait dit "oui mais en fait tout le monde stresse".
C'est vrai tout le monde stresse mais il faut apprendre à le gérer.
Et oui et sauf qu'il faut avoir les bonnes clés et comprendre comment on stresse.
Et si c'est vraiment du stress, si c'est de l'anxiété.
Et en plus, savoir gérer un stress ou une anxiété classique.
Parce que stress, c'est vraiment réponse à un stimulus extérieur qui fait monter le corps en état
d'alerte. Il va rester en état d'alerte et après ça va descendre,
ça c'est le stress et donc c'est normal, c'est très utile.
Mais du coup ça peut demander aussi une gestion pour justement ne pas être paralysé par ça ou ce
genre de choses. Mais dans le cadre de l'anxiété,
oui il y a la gestion de l'anxiété et la gestion du stress,
mais en fait on est aussi sur un traitement et une gestion pathologique en plus de la gestion
normale. D'ailleurs, en termes de gestion, il existe des possibilités médicamenteuses.
Ça existe, comme les anxiolytiques sur des courtes périodes ou même les antidépresseurs dans les
troubles anxieux généralisés. Justement, ça peut être prescrit.
Après, il ne faut pas oublier que ça reste de la médication.
Ce n'est pas anodin. C'est vraiment des médicaments,
donc ça veut dire qu'il peut y avoir potentiellement des effets secondaires.
Donc des fois on en a besoin, malheureusement on est obligé,
parce que c'est trop fort, c'est trop dur, mais il existe aussi d'autres choses qui ne sont pas médicamenteuses et qui peuvent
aider aussi, même quand on a un trouble anxieux ou un trouble panique.
Comme par exemple, je sais pas si tu connais les thérapies cognitives et comportementales,
les TCC. Il y a ça qui est vachement bien. Les thérapies centrées sur les émotions aussi,
pour essayer de comprendre un peu comment ça se passe à l'intérieur de nous.
Et il y a aussi les thérapies d'acceptation et d'engagement.
Ça, je ne connaissais pas avant de faire ma recherche.
Je ne sais pas ce que c'est.
Et du coup, c'est vraiment pouvoir accepter ce qui est.
En fait, c'est beaucoup plus factuel. Et du coup,
le fait d'avoir les faits, d'accepter qui on est,
comment on réagit, etc. Et du coup, après, il y a une certaine forme d'être engagé dans cette voie
d'être soi. Et donc ensuite, de pouvoir faire une sorte de bypass de l'anxiété parce qu'on a juste
assumé qui on était. Donc à voir pourquoi pas. Mais c'est vrai que je pense qu'il y a beaucoup de
choses. Et en plus c'est marrant parce que les conseils,
je ne sais pas ce que tu en penses, mais il y a plein de gens qui ont déjà dû te donner des conseils genre "oui alors du
coup il faut mieux dormir"...
L'hygiène de vie.
Oui voilà, c'est ça. "L'activité physique ça aide beaucoup"...
On peut pas l'enlever que l'hygiène de vie c'est bien quand même.
Ca marche, mais du coup il faut être hyper strict et y aller à fond.
Et puis en fait quand on est anxieux, il faut y arriver à avoir son hygiène de vie.
C'est ça.
Parce que ça marche mais c'est dur.
Ca demande des efforts quand même quand t'es anxieux.
Toute la nuit avec le mononeurone qui est connecté en mode "aaah".
Mais ceci dit, ça marche ils ont raison. mais le truc c'est que c'est difficile,
c'est vraiment dur à mettre en place, parce qu'on est en roue libre quand il y a de l'anxiété.
Oui on maîtrise pas. Enfin on voit même pas le temps passer en fait.
On perd beaucoup de temps avec l'anxiété, et du coup il y a des choses qui prennent du retard,
et du coup tu fais tout plus tard, et plus vite,
et du coup ça prend du temps sur ton sommeil ou je sais pas.
Il y a beaucoup d'évitements effectivement. Et d'ailleurs c'est un réflexe très humain d'éviter.
Genre anxiété en transport, j'évite les transports.
Anxiété de foule, j'évite la foule. Anxiété de paperasse,
j'évite la paperasse. C'est très humain. Mais justement ma psychologue m'avait expliqué le principe
d'accoutumance. C'est-à-dire que si on reprend la courbe du stress qui va grimper d'un coup,
il y a un pic, et après il y a le plateau. En fait pour l'anxiété c'est pareil,
sauf que nous on est déjà au plateau, on est au plateau depuis un certain temps.
Et en fait si on se met en situation qui peut nous générer de l'anxiété...
Parce que l'anxiété c'est quoi? C'est juste d'avoir peur d'un truc qui se réalise.
Sauf que si on montre à notre cerveau que quand on monte sur ce plateau et qu'on y reste un peu,
en fait il se passe rien de ce que le cerveau avait peur,
du coup il va y avoir cette descente. Et du coup le cerveau va recalculer,
il va refaire une analyse, et il va se dire "j'ai peut-être pas besoin d'être aussi anxieux que ça
sur ce point là". Et je sais de source sûre (c'est moi la source),
que ça peut marcher. Parce que justement, je sais qu'en sortant d'une dépression,
j'avais eu vraiment un pic d'anxiété des transports,
un pic d'anxiété de foule mais maximal, c'était horrible.
Et en fait petit à petit, en faisant des mini trajets en bus,
avec quelqu'un, en dehors des heures de pointe, et tout,
en fait j'avais réussi à reprendre petit à petit les transports et tout.
Oui, il faut faire des expositions un petit peu.
Oui, c'est ça, l'exposition.
Par petites touches. Moi, j'ai peur des chiens, par exemple.
Et du coup, j'ai une élève qui a un chien. Donc,
toutes les semaines, je vois le chien. Et au bout d'un moment,
ça diminue la peur. Ça diminue les réactions.
Oui, quand on n'est pas dans le cadre d'une phobie,
c'est plus facile, même si ça reste très difficile pour l'anxiété,
en tout cas le trouble anxieux qu'on a dans ces cas-là.
Mais c'est un petit peu plus facile que pour les phobies.
Parce que ça me fait penser à l'épisode sur les phobies que j'avais fait avec Adriana et qui elle
pour le coup, elle a une phobie des chiens, genre vraiment une phobie totale,
et du coup elle n'arrive pas en fait à faire l'accoutumance et à s'exposer.
Oui, se confronter, éviter l'évitement.
Éviter l'évitement, meilleur conseil.
Éviter l'évitement parce que du coup, on aménage la vie autrement,
et en fait, ça renforce quelque part l'anxiété parce que du coup,
on lui donne raison, on lui donne complètement raison,
on lui dit qu'il y a une vraie raison de s'inquiéter.
Par exemple pour la foule, si tu vas jamais dans une foule,
tu renforces la peur de la foule, parce que tu dis à ton cerveau "bah ouais c'est dangereux,
donc j'y vais pas, donc t'as vu on est mieux sans la foule".
Bah non, il faut pas lui donner raison.
Surtout qu'en plus on est conscient qu'il a tort,
c'est juste qu'on y arrive pas. C'est ça le pire je trouve.
Donc par petite dose, bien entouré.
Oui c'est ça, en fait. Finalement dans l'hygiène de vie,
le point le plus important c'est l'entourage. D'ailleurs tu me donnes une transition de folie car là nous venons de parler
de l'anxiété d'un point de vue très self-centered, auto-centré... auto-centré...
J'aimerais bien ajouter quelque chose.
Mais je vous en prie très chère !
Sur les soins. Les médicaments ça aide bien, c'est une vraie béquille.
Parce qu'en fait ça ne permet pas de supprimer l'anxiété,
ça permet de mieux la gérer. Elle vient et c'est beaucoup plus facile de la gérer.
Et ça prend beaucoup moins de temps que sans. Même si on s'en sort sans,
c'est épuisant. C'est monter la montagne en tongs.
Là, on met des baskets avec les médicaments. C'est mieux.
On monte quand même la montagne, mais c'est quand même plus.
Il faut juste être vigilant. Je sais que pour mon cas personnel,
je suis très sensible aux molécules. Les anxiolytiques,
ça peut créer une forme d'accoutumance. Malheureusement,
je l'ai direct. Du coup, je suis un peu punie d'anxiolytique.
Moi, j'en prends pas non plus. J'ai peur d'être addict.
Je prends des antidépresseurs.
Oui, moi aussi, puisque c'est prescrit dans le cadre de mes autres pathologies.
Effectivement, les antidépresseurs sur le long terme,
ça a une action anxiolytique. Mais c'est vrai qu'il faut être vigilant avec cette histoire
d'anxiolytique, même si effectivement, c'est une bonne béquille pour tout ce qui est trop tôt pour
la thérapie.
Mais l'anxiolytique, c'est plus pour les moments de grosse panique,
non? Des crises de panique?
Ça peut être pour de l'anxiété d'une personne qui n'arriverait pas à sortir aussi.
OK.
De toute façon, c'est en fonction de la personne.
Ça va être aux médecins de pouvoir voir comment la personne se comporte,
quels sont les autres médicaments qu'elle prend aussi.
Surtout, ne vous auto-médicalisez pas. C'est vraiment très important.
Pareil pour l'arrêt. Ne pas arrêter les antidépresseurs de son propre chef.
C'est ça, il faut toujours suivre l'avis d'un médecin parce que ce sont des médicaments,
c'est pas anodin.
Ils sont forts, ils sont puissants. Et puis il faut changer de molécule si ça convient pas,
s'il y a trop d'effets secondaires, il faut essayer une autre molécule.
Il en existe plein et du coup il faut essayer plusieurs.
Il faut voir avec son médecin.
Avec son psychiatre évidemment. Et voilà. Et en fait comme je disais tout à l'heure,
mon cerveau dans l'anxiété il est dur. Donc je vois le problème comme une boule,
et il faut l'attaquer de tous les côtés C'est à dire que il ne faut pas se focaliser sur une
méthode on va dire, il faut aller voir plein de choses,
il faut s'ouvrir en fait. Le cerveau focalise sur des petits trucs.
Donc plus il va s'ouvrir, plus ça va le détendre déjà.
Connais-toi toi-même.
Et du coup, j'ai fait de la psychomotricité. Ça, c'est super.
Parce que ça a fait un lien avec le corps. Ça permet l'ancrage,
ça permet de comprendre ses émotions, de comprendre ce qu'on ressent quand ça se tend à tel ou tel
endroit tu vois.
C'est marrant que tu aies fait ça, parce que moi je fais de l'ostéopathie sur les fascias.
Tu vois ce que c'est le fascia ?
Non.
En gros c'est, entre guillemets, l'organe qui fait toute ta peau,
tout le tour de ton corps.
Ah oui !
Et en fait l'ostéopathie sur les fascias, ça permet de réguler au niveau émotionnel,
parce que les ostéopathes qui font cette technique-là,
ils sentent en fait tous les liens qu'il peut y avoir,
puisque comme la peau elle est connectée à tout,
du coup ils sentent un petit peu les liens. Et moi je sais que travailler là-dessus,
notamment au niveau viscéral... Ah c'est l'heure des croquettes du chat !
Il est là dans tous les podcasts, c'est le running gag !
Il n'est pas à l'heure hein !
Mais en gros l'idée, c'est que tu peux travailler sur les viscères,
travailler sur la respiration, la cage thoracique etc.
Et justement avoir accès à ça, ça me faisait beaucoup penser quand t'as parlé de motricité.
Oui mais en fait j'ai en effet aussi l'ostéopathie comme tu dis.
parce qu'en fait c'est pour le corps, mais c'est aussi pour les tissus.
Oui, c'est ça, c'est l'ostéopathie du tissu.
Exactement. Et du coup, ça fait circuler pas mal de choses et c'est pas que pour le corps.
Ça joue sur les hormones, ça joue sur le cerveau,
ça joue sur les tensions, et même des choses qui ont pu tendre par le passé pendant longtemps et qui ont reprogrammé notre
structure à se tenir d'une certaine façon, par exemple,
ou une autre. Le fait de pouvoir travailler dessus ça permet de recalibrer un peu et du coup c'est non médicamenteux comme traitement. traitement.
Tout à fait. Il y a l'hypnose aussi qui est une méthode très douce,
et qui permet je trouve d'apprendre à se connaître d'une manière très douce et de traiter certaines
choses métaphoriquement, mais ça fait du bien. Il y a la respiration,
la cohérence cardiaque.
La respiration en carré tout ça. Mais pour l'hypnose franchement j'ai énormément d'admiration pour les gens qui arrivent
à faire de l'hypnose, parce que moi j'ai peur, ça me stresse.
J'ai peur que quand je suis hypnotisée, du coup le praticien ou la praticienne puisse faire ce
qu'il ou elle veut. Je sais que c'est faux, mais ça me stresse.
Ou qu'il m'enlève des parties de ma mémoire et tout.
Bah en général...
Mais c'est de l'anxiété ! Parce que je sais que c'est faux.
En général, tu vas vers quelqu'un qui est bien noté,
qui n'a pas de mauvaise intention.
Oui mais s'il se plante ou elle se plante ?
Bah ça se reprogramme, tu y retournes, tu vas voir quelqu'un d'autre.
Mais voilà ça c'est mon anxiété, c'est l'une de mes anxiétés.
Du coup j'ai fait aussi les TCC, ça m'a un petit peu aidée,
mais c'est pas ce qui m'a aidée le plus. Ce qui m'a aidée,
ce qui m'aide en ce moment, c'est en fait la psychanalyse.
En fait je sais pas si c'est vraiment la psychanalyse,
mais en tout cas je parle beaucoup et la personne en face elle m'écoute beaucoup,
et elle me dit des synthèses ou des petites phrases comme ça.
Un peu synthétique, un peu choc, enfin pas choc,
mais qui me fait un miroir en fait de ce que j'ai raconté pendant dix minutes.
Un petit résumé et du coup...
Un petit résumé. Ce n'est pas un conseil, mais c'est une lumière.
Elle donne une lumière sur ce que j'ai apporté, sur ce que je lui ai raconté.
Bah la mienne fait ça aussi, mais du coup je ne sais pas si c'est de la psychanalyse.
Je ne sais pas si c'est de la psychanalyse.
J'ai l'impression que c'est juste de la psychologie par discussion quoi.
Oui, c'est ça.
Parce que psychanalyse, il faut vraiment être dans Freud,
aller sur l'enfance et tout.
Oui, non. Alors, c'est psycho...
Psychothérapie ? Mais par une psychologue.
Oui, c'est ça. Peut-être. Je ne sais pas. Dites-nous en commentaire comment ça s'appelle !
C'est ça !
Mais du coup, ça, ça m'aide énormément. En fait, ça fait du bien de parler,
de déposer ça quelque part, et d'avoir une personne très bienveillante en face et qui t'éclaire à un endroit. un endroit. endroit.
Oui, la lumière, c'est une bonne image.
Et ça fait boum dans ta tête et après tu digères l'info et ça change pas mal de choses,
ça détend tu vois.
Ca me fait penser quand tu as dit, tu mets un peu quelque part les choses que tu as dites,
ça me fait penser un peu à l'EMDR qui est du coup une technique pour que les souvenirs traumatiques restent des souvenirs
mais sans associer l'émotion traumatisante avec.
Et du coup il y a l'idée de trouver un endroit, une safe place,
un endroit en sécurité, pouvoir mettre des traitements qui nous angoissent dans une petite jarre
pour plus tard, dans un coffre il y a plein de petites techniques comme ça qui sont vraiment bien.
Donc en général c'est pour gérer les traumatismes mais évidemment quand on a de l'anxiété,
souvent il peut y avoir des traumatismes qui jouent sur ça.
Mais voilà, je pense qu'on a fait un bon tour là.
Oui des méthodes.
Et justement, ta super transition que tu m'avais faite,
la fameuse transition géniale, c'était que tu avais dit qu'il y avait aussi les autres gens autour.
Ah oui.
Et c'est une très belle transition, parce qu'en effet,
moi, par la suite, j'aime bien qu'on essaye de discuter un petit peu sur le vivre avec.
C'est-à-dire comment ça se passe quand on est anxieux ou anxieuse,
au quotidien, les répercussions que ça peut avoir,
c'est-à-dire vraiment dans l'aspect global de la vie,
qu'on soit bien d'accord, vie personnelle, vie professionnelle,
sociale, émotionnelle et tout.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.