Coquille d'œuf, la question du genre et les neuroatypies - Florence RIVIERES
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Coquille d'œuf, la question du genre et les neuroatypies - Florence RIVIERES

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Episode description

Florence RIVIERES vient nous présenter le livre pour la jeunesse qu’iel a écrit, et qui traite de la question du genre, notamment chez les enfants. Florence est une personne avec un TSA, et nous parlons également ensemble du lien qu’il peut y avoir entre les perceptions du monde alternatives, et les neuroatypies.

Invité.e : Florence RIVIERES www.instagram.com/florencerivieres/

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Florence Rivières et on va parler ensemble de son livre

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Coquilles d'œuf. Bonjour Florence!

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Bonjour Delphine!

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Comment vas-tu?

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Eh bien, ça va.

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Ça va?

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C'est toujours le capitalisme sur la planète France,

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mais à part ça, tout va bien.

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Oui, le bâteau n'est pas encore coulé.

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Non c'est pas vrai. Tout ne va pas bien.

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Tu nous viens de loin en plus, parce que là on te récupère entre deux...

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Festiv-aux.

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Oui, il est vrai.

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Deux festivals. Non, j'étais au Festival Hypermonde ce week-end.

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Je n'avais rien à faire. J'étais un visiteur. C'était super.

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Et le week-end qui vient, j'irai au Festival de la littérature jeunesse et ado franco-allemande de

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Sarrebruck, qui est en Allemagne.

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Oui.

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Et je ne parle pas allemand. Donc, que va-t-il se passer?

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On l'ignore.

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Eh bien, nous ne savons pas la suite au prochain épisode.

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Eh bien, écoute, Florence, puisque tu es là, qu'est-ce qui t'a amené en fait vers tout ça?

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Parce que tu as un parcours extrêmement riche, extrêmement varié et nous avons absolument envie de savoir tout ce qu'il y

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a de secret qui t'a amené à écrire ce merveilleux livre.

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Alors, moi j'ai toujours voulu écrire et j'ai passé une très grande partie de ma vie à me dire que c'était pour les gens

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vraiment talentueux. Genre, j'avais ce truc un petit peu chauvin de l'écriture,

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c'est au-dessus de tous les arts. Moi, j'ai envie de raconter des histoires,

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mais je ne suis pas...

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Châteaubriand, parce qu'on en a parlé il y a dix secondes.

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Non, on va vraiment... Alors, j'étais en train d'essayer d'éviter de dire Victor Hugo,

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mais on va dire Victor Hugo qui lui au moins...

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Georges Sand.

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Très bien, parfait. Je me suis dit, je ne suis pas Georges Sand et donc,

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je dois trouver d'autres façons de m'exprimer puisque l'écriture est réservée aux pareils de

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Georges Sand. Bon, un tour en librairie nous débarrasse de cette idée rapidement,

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mais...

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Avec Peppa Pig.

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Et du coup, les premières choses que je me suis autorisé à faire,

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ça a été du travail de modèle photo où je faisais...

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Je faisais déjà de la narration, je n'en avais pas conscience,

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je ne le disais pas comme ça, mais globalement, j'imaginais des séances photo,

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des scènes, des machins, pour faire de la création d'images.

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Ensuite, je suis devenu photographe. Après, il y a eu un glissement qui s'est opéré de modèle photo

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à comédien-ne. Je me suis rendu compte, j'avais déjà commencé à écrire,

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j'avais écrit un essai sur les modèles photos parce que ça n'existait pas et que...

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Mais il a été publié cet essai?

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Je... Non.

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Ah non, c'est l'autre, c'est ce qui a été après sur l'image.

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En fait, il a été auto-publié. J'ai fait un Kickstarter,

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les gens m'ont donné beaucoup d'argent. Et du coup,

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j'ai pu écrire puis imprimer le livre, mais il n'a pas été publié en maison d'édition.

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Et au moment où j'écrivais ça, je ne me disais pas « c'est le début de ma carrière d'écrivain ».

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Je me disais « en fait, ce n'est pas de l'écriture,

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c'est juste qu'il se trouve que j'ai l'expertise pour écrire ce livre,

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que ce livre n'existe pas, il faut bien que quelqu'un le fasse ».

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Et là, tu t'es rendu compte que « mais en fait, je suis écrivain ».

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Non, en vrai, c'est un ami qui m'a dit « Alors, qu'est-ce que t'écris ensuite?

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» Et le fait qu'il me pose cette question, ça m'a complètement débloqué un truc.

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Je me suis dit « Ah, mais c'est vrai, j'ai pas du tout envie de m'arrêter d'écrire.

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» Bon, entre-temps, j'avais commencé un peu à bosser en tant que comédien.

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Enfin, j'ai voulu aller, enfin je suis allé d'ailleurs dans une école de théâtre en Biélorussie et

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en fait, alors un peu, un peu dû à des rôles de genre qui étaient extrêmement stricts dans cette

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école, un peu aussi parce que, enfin, mine de rien,

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j'avais quand même la gueule, le corps et la voix d'une femme et du coup,

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c'était quand même un peu évident qu'on allait me donner des rôles de femme et les rôles de femme

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dans le théâtre déjà écrit, c'est quand même pas Byzance.

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C'est vrai.

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Et au milieu de cette école, enfin au milieu de cette année scolaire en Biélorussie,

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j'ai vraiment eu une espèce de moment où j'ai vu ma coloc,

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elle était en train de s'entraîner, on nous avait donné un devoir où on devait aller au marché pour observer des gens et

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ensuite copier leurs attitudes, etc. Et en fait,

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elle était en train de tellement s'amuser et elle avait tellement de plaisir à ce qu'elle était en

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train de faire. Et je me suis dit, waouh, j'aimerais bien avoir autant de plaisir à faire le truc

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que je fais pour vivre. Et je me suis rendu compte à ce moment-là,

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je n'avais pas cessé d'écrire, mais je ne le traitais pas comme ma carrière,

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puisque encore une fois, Georges Sand. Et je me suis rendu compte qu'il y avait une espèce de diagramme de Venn entre comédien

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et auteur et que tout ce que j'aimais dans le métier de comédien,

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on le retrouvait aussi dans le métier d'auteur. Donc,

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ça intéressait la psychologie des personnages, comprendre leur motivation,

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comprendre que même si tu joues le méchant, en fait,

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lui, dans sa tête, c'est lui le héros de l'histoire.

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Et l'analyse du texte et la façon de parler. Il y avait énormément de choses qui me parlaient

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énormément. Et dès qu'il fallait mettre ça dans le corps,

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je suis là...

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La flemme.

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Ouais, alors d'abord, les profs de théâtre qui me disaient que je ne savais pas marcher,

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alors qu'en fait, j'ai découvert ensuite en regardant des séries,

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ah, mais c'est pas que je ne savais pas marcher,

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c'est que j'avais une démarche d'autiste et ils voulaient que j'ai une démarche dite naturelle,

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mais qui était juste...

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De neurotypique.

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De neurotypique, donc en fait, ce qu'ils me demandaient,

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c'était d'être moins naturel. Bon, et du coup, j'ai eu un espèce de truc genre,

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bon, en fait, si je veux jouer des rôles qui m'intéressent,

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ça veut dire qu'il va falloir que je les écrive.

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Mais en fait, j'ai beaucoup plus de plaisir à les écrire qu'à les jouer.

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Donc peut-être, je pourrais juste genre écrire.

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Et du coup, écrire dans tous les sens du terme. Donc écrire de la narration,

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écrire du livre, écrire des scénarios. Tu as toutes les facettes du métier d'auteur qui,

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toi, t'intéressent. C'est vraiment ce jeu avec le verbe,

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avec le personnage, avec les univers à relier, les trames,

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les liens entre les gens, les lieux, les époques.

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Oui, les liens.

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Les liens.

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J'adore les liens. Oui, en fait, j'avoue que j'ai un peu une marotte.

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J'aime bien me demander c'est quoi la forme la plus appropriée et qui va porter le plus de sens

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pour chaque histoire? Et aussi, qu'est-ce que peuvent apporter?

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Ça peut arriver dans la phase préparatoire d'un roman ou de quelque chose que je me dise tiens qu'est-ce que ça change si

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ce roman en fait c'est une nouvelle? Qu'est-ce que ça change si ce roman je me disais je voudrais essayer de le pitcher

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comme jeu vidéo? Bon je le fais jamais parce que j'en suis vraiment pas là dans ma carrière mais en fait c'est intéressant

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parce que différents médiums vont nous apporter différents outils qui vont porter la thématique

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d'une façon différente. Et en fait, c'est intéressant.

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Moi, j'écris beaucoup de fantasy. C'est intéressant de se dire,

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tiens, dans un jeu vidéo, ce serait quoi les mécaniques?

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Ce serait quoi ce qu'on demanderait de faire aux joueurs?

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Parce qu'en réalité, ce qu'on demande de faire aux joueurs,

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ça va porter énormément du thème et c'est de la narration,

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même si ce n'est pas du dialogue ou des cinématiques.

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Et puis en plus, c'est vachement intéressant quand tu dois voir un peu qu'est-ce que le joueur ou

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la joueuse va pouvoir faire. C'est un peu comme si tu devais lâcher prise un petit peu sur ton scénario parce que tu ne peux

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pas maîtriser à 100 % ce que le joueur ou la joueuse va faire.

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Oui, typiquement, si je suis dans un monde ouvert,

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je n'ai aucun contrôle sur dans quel ordre la joueureuse va tomber sur les storylets que j'aurais

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mis en place, par exemple.

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Oui, tout à fait.

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Et du coup, il faut aussi designer et écrire avec cette expansivité en tête.

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Je pense que ce n'est pas un vrai mot, mais ce n'est pas grave.

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Oh, ce n'est pas grave.

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Cette expansivité en tête parce qu'il y a l'agentivité du joueur qui va rentrer en ligne de compte.

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Alors, cette agentivité, évidemment, elle est cadrée puisque tout ce qui est possible de faire dans

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le jeu, c'est bien que quelqu'un a pris la décision de coder le fait que ce soit possible dans le

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jeu.

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Oui, il y a des limites. On ne peut pas sortir. Dire,

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oh je sors de l'ordinateur et je vais...

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Et non! Mais voilà, il y a quand même toujours une forme d'agentivité,

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en tout cas dans ce cadre qui est donné par l'équipe de dev.

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Je sais pas pourquoi on parle de jeux vidéo mais...

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Eh bien parce qu'on parlait des différents types de narration que tu pouvais faire et donc effectivement t'as travaillé un

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petit peu pour le jeu vidéo aussi.

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Je travaille toujours pour le jeu vidéo.

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Et t'as fait aussi de la BD.

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C'est vrai.

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Donc, tu t'es expérimenté plein de supports de narrations diverses et variées,

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en fait.

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C'est vrai. Une blague commune dans mon entourage veut que je refuse de travailler deux fois pour

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le même genre de suite. En fait, c'est pas vrai.

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Est-ce que ce serait parce que ton genre est lui-même?

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Oui, je crois qu'il y avait une version de ma bio qui disait que j'étais fluide dans les genres,

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y compris littéraire.

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C'est mignon.

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Je suis si drôle. C'est un peu quirky, mais en fait,

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j'assume complètement. Oui, et du coup, Coquille d'œuf,

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c'est un projet qui a commencé à un moment donné où j'étais en train d'écrire mon immense roman de

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fantasy, qui est un énorme pavé, qui n'a pas encore de maison d'édition,

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croisez tous les doigts avec moi.

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On croise, on croise.

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On croise, voilà. Qui est un roman de fantasy sur la neuroatypie,

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qui est hyper important pour moi. Je pense qu'il va falloir couper plein de trucs parce qu'il est évidemment extrêmement

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foisonnant. Ça parle de neuroatypie, ça parle d'eugénisme,

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ça parle de trauma générationnel. Alors ça, je m'en suis rendu compte à la dernière relecture.

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Je suis là, ah tiens, il y a vraiment beaucoup de trauma générationnel dans ce livre.

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C'est marrant. C'est toujours très rigolo de se rendre compte qu'on avait mis des thèmes et on ne

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s'en est pas rendu compte. J'adore. C'est trop bien écrire.

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Écrire, c'est cool.

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Ça te permet de faire transpirer des choses. Ça permet de transcender un peu l'être à travers une

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œuvre qui est hors de soi.

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Ce sont de grands mots. Mais oui.

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Bah oui, utilisons les grands mots.

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Utilisons les grands mots.

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Tu es Georges Sand désormais.

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Non, alors absolument pas. Je suis Florence Rivières.

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Ah bon?

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Je ne suis en fait pas capable d'être quelqu'un d'autre que Florence Rivières.

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Et oui, et c'est ça la beauté aussi.

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Ce qui a été un gros problème dans ma vie. Mais bon.

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Ouais, et donc Coquille d'œuf à la base, là c'est un roman illustré.

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Mais à la base, c'était une nouvelle qui s'arrêtait au chapitre 3 que j'avais pensé pour faire

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un... c'est rigolo... pour faire un album jeunesse.

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Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que... je crois que c'est...

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c'est ça, je l'avais écrit pour le concours Émergence.

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Donc, ce qui est un... quelque chose qui est organisé par la charte,

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qui est un genre de syndicat... je dis des conneries.

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Ce qui est un genre de syndicat des auteurices du livre jeunesse.

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Très, très intéressant. Ils ont des fiches, des grilles de tarifs pour les artistes-auteurs.

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Ils font vraiment beaucoup, beaucoup de choses très,

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très chouettes pour les artistes-auteurs. Et donc,

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tous les ans, ils font Emergence. C'est un concours de nouvelles destiné à devenir des albums.

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Et ils donnent un thème. Et cette année-là, le thème,

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c'était la cabane. Et donc, je me dis, tiens, la cabane,

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qu'est-ce que ça pourrait être? Et je me rappelle de ce blockhaus qui existait,

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qui était derrière chez mes parents quand j'étais enfant.

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Donc, il existe?

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Il existe. Alors, il n'est pas aussi joli à l'intérieur,

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mais si, il existe. Et donc, j'allais m'y réfugier très souvent,

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tout comme Léon. Peut-être c'est un peu autobiographique.

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Et donc j'ai pensé à ça et au fait que j'avais un peu commencé à l'aménager mais pas du tout de façon aussi fancy que ça

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parce que tu vois j'étais tout seul quoi. J'avais pas les potes ados qui avaient déjà fait ça

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pendant 4 ans.

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À force de brocantes.

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Quoi?

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À force de brocantes.

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Exactement. Et donc, j'ai commencé à écrire ce truc-là et c'était super.

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Alors, ça n'a pas du tout été... Enfin, ça n'a pas gagné le concours.

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Donc, tant pis. Mais par la suite, il se trouve que mon agente a envoyé le texte à des maisons

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d'édition. Des éditeurices ont dit... C'est vraiment super.

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On dirait le début d'un roman. Donc, j'ai écrit un roman.

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Ça allait jusqu'à la fin du chapitre 3 à peu près,

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à cette époque.

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Ah oui, donc du coup, la fin du chapitre 3...

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C'est le sandwich au beurre du cacahuète, normalement.

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Il y a la meute.

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Je crois que c'est Mathie qui lui demande...

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En silence.

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Il n'y avait pas la meute, d'ailleurs. Ça, ça a été rajouté.

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Ah, d'accord.

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Mais en gros, ça commence... Il est dans le truc,

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il pleut dehors. On l'appelle au loin, mais il n'a pas hyper envie de répondre.

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Les voix de ses parents s'éloignent. Il se réveille,

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il y a les ados. Il est en mode, oh là là, je vais me faire casser la figure.

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Et finalement, il ne fait pas casser la figure, il se fait recouper les cheveux,

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etc. Il se fait aider par ses ados. Et en fait, c'était ça l'histoire à l'époque.

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Parce que du coup, le pitch, si on devait pitcher ça pour nos auditeurices...

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J'avoue, j'aurais pu faire ça.

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Mais non, c'est beaucoup mieux de le pitcher à l'envers,

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j'aime beaucoup.

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Complètement à l'envers.

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Ne faisons rien de conventionnel.

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Voilà, donc c'est Léon, c'est un petit garçon trans,

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donc ses parents ont hyper envie qu'il porte des robes,

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parce que c'est vraiment important pour leur bonheur personnel,

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apparemment.

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Top. Parce qu'ils ne sont pas encore déconstruits.

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Ils ne sont pas très très déconstruits. Après, franchement,

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j'ai vraiment tone down le truc. Je n'ai pas voulu que ce soit des parents monstrueux.

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Ça aurait été très facile. J'ai vraiment voulu faire un truc où on peut résonner...

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Enfin, ils sont problématiques. Genre surtout la mère qui compte beaucoup sur Léon pour prendre

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soin de ses émotions à elle. Voilà. Le père, franchement,

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en vrai, j'ai un peu été... Je peux pas faire un père positif,

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c'est pas quelque chose dont je suis capable. Du coup,

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j'ai fait un père absent et désengagé, ce qui est à peu près l'image de père le plus positif dont

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je suis capable.

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De toute manière, tu ne peux pas écrire autrement que toi.

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Si, si, je peux écrire autrement que moi, mais...

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Non, mais je veux dire autrement que toi en tant qu'auteurice.

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Je pense que ça pourrait être un défi un jour. C'en est pas un qui me procurerait...

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Enfin, ce serait une corvée actuellement.

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Oui, oui, oui. Parce que ce serait pas toi.

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Ce serait... Ouais. Mais... Mais voilà, ses parents...

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En fait, ses parents, c'est tellement hors de leur champ des possibles qu'ils ne l'entendent même

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pas, en fait, quand ils essayent.

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Oui, c'est encore un problème d'éducation.

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Parce que, bien sûr, tu vois, il a 8 ans. Il leur dit pas « Yo,

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papa, maman, je suis trans ». En plus, c'est les années 90.

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Enfin, clairement, il a pas les mots à mettre dessus.

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Par contre, si on l'écoutait un petit peu, c'est quand même assez facile de se rendre compte qu'il aimerait bien qu'on arrête

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de lui dire elle, de l'appeler Léonie, de lui mettre des robes.

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C'est des choses qu'il communique assez clairement,

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mais qui ne sont pas entendues.

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Oui, c'est ça. C'est vraiment... Il y a la maîtresse qui fait quelque chose de positif pour Léon.

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Et du coup, ces ados qui sont là dans le bunker et qui le prennent un peu sous leur aile,

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parce que c'est un peu des marginaux, entre guillemets.

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C'est un peu des marginaux.

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En vrai, ils sont tout doux, c'est des marginaux tout doux.

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C'est vraiment des petits pères, je les adore.

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Ils sont juste un peu différents, ils ont un peu leur différence.

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Ils sont peut-être pas tout à fait hétéros, il y en a un qui est bègue,

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il y en a deux qui subissent le racisme. Et du coup,

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ils sont un peu mis à l'écart de la société du collège.

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C'est ça, la société moderne.

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La société insulaire du collège des années 90.

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C'était pas super joyeux, mais du coup, ils intègrent Léon.

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Voilà, ils intègrent Léon, ils se rendent compte de ses besoins,

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finalement. Et il y en a un qui lui prête des vêtements à lui,

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comme ça, il peut arrêter de porter les vêtements de son père.

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Parce que c'est vrai que quand t'as 8 ans et que tu portes les vêtements de ton père,

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tu flottes un peu dedans.

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Bah oui, bien sûr. Un peu est un euphémisme.

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Légèrement. Voilà.

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Mais ceci dit, tu vois, je pense qu'en vrai, les parents de Léon,

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à la fin, moi j'ai vu quand même une progression.

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Oui. Ils sont pas encore arrivés.

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Ils sont pas encore arrivés.

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Mais ils ont avancé.

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Ils essayent. Ils essayent à hauteur de leur traumatisme.

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Oui, clairement, il y a du trauma non résolu, il y a des styles d'attachement insécure.

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Ah oui, la maman, clairement, c'est peut-être une ancienne petite fille qui a vécu des difficultés à devenir femme dans la

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société qu'on connaît.

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C'est tout à fait probable.

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C'est probable qu'elle ait elle-même des difficultés à assumer sa féminité,

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comment elle le sent, et plutôt que la féminité qui est placardée sur toutes les publicités

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possibles et imaginables.

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Il y a un moule, il faut y rentrer et il n'y a pas d'autre choix.

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Il y a vraiment ce truc où je pense qu'elle n'a pas eu d'alternative et du coup,

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elle ne peut même pas concevoir qu'elle peut offrir une alternative à son fils.

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C'est ça. Mais à la fin, je trouve que justement,

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il y a quand même cette beauté de se dire, OK, c'est pas parfait,

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mais les parents essayent de s'engager au maximum pour leur enfant,

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en tout cas à hauteur de ce qu'ils sont capables de faire maintenant.

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Et ça laisse présager. Moi, ça m'a donné de l'espoir quand même,

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parce que c'est pas facile. Et je pense que même aujourd'hui,

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en 2026, c'est pas facile d'être une personne trans,

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adulte ou enfant. Et du coup, de voir ses parents batailler avec leurs préjugés et d'essayer de

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s'en défaire, j'ai trouvé ça très fort parce que ça montre quand même que c'est pas du jour au

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lendemain, on devient super ouvert, tout se passe bien et on arrive à être inclusif ou inclusive de

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l'univers. Oui, il y a des difficultés, chacun a ses pierres à porter,

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mais au moins...

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Ca va dans le bon sens.

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C'est ça, j'ai trouvé qu'il y avait moins d'abandon de l'enfant à la fin que limite au début.

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C'est super, tant mieux!

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Donc, j'ai trouvé ça très positif.

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Oui, c'était le but. En fait, il y a plusieurs choses dans ce que tu as dit.

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D'abord, quand moi, j'ai commencé ma vie de jeune adulte,

19:12

il se trouve que j'ai eu une relation avec une...

19:16

Une fille qui... Enfin, c'était une jeune femme,

19:19

dont les parents... Enfin, ça se passait hyper bien avec elle.

19:24

Et j'étais vraiment flabbergasted par ça.

19:30

Le bilinguisme!

19:31

Le bilinguisme! Ouais, j'étais vraiment... Enfin,

19:36

c'était bizarre et un peu merveilleux pour moi.

19:39

T'étais décontenancé, quoi.

19:41

Et elle m'expliquait, "non, mais ça n'a pas toujours été comme ça.

19:43

En fait, ce qui s'est passé, c'est que... Moi, je me suis barrée de la maison,

19:47

ils sont allés chez le psy, et il y a vraiment une remise en question,

19:51

etc". Et je suis en mode, waouh!

19:53

Ah oui, en fait, t'étais arrivé sur le produit fini.

19:55

Une dinguerie! Et bon, alors là, les parents de Léon,

20:00

ils vont pas d'eux-mêmes chez le psy non plus, faut pas non plus exagérer.

20:04

Mais il y a une inspiration comme ça, de ça, de montrer,

20:08

hé, les parents, vous pouvez bouger, en fait. Vous n'êtes pas figé à partir de 40 ans,

20:13

ça y est, vous ne pouvez plus jamais changer votre vision du monde.

20:16

Donc, il y a ça. Et il y a un truc plus général sur la représentation des histoires des personnes

20:23

trans. Alors, on en a de plus en plus, c'est super.

20:25

Mais on a quand même beaucoup, beaucoup d'histoires où,

20:28

en l'occurrence, c'est une histoire de coming out et donc la transidentité du personnage principal

20:35

est au cœur de l'intrigue. Ça, c'est... Voilà, mais...

20:38

Mais pas que.

20:39

Mais pas que. Mais il y a quand même énormément d'histoires où la conclusion,

20:47

c'est hyper dur, tout le monde est transphobe. Oui,

20:49

c'est vrai, beaucoup de gens sont transphobes et c'est de fait hyper dur,

20:52

mais je pense qu'en tant que personne trans, j'ai aussi besoin de temps en temps qu'on me dise «

20:58

Hé, il y a de l'espoir, tu n'es pas juste condamné à souffrir ».

21:02

Et je pense que la différence principale entre ce que j'écris pour les adultes et ce que j'écris

21:10

pour les enfants, c'est que dans ce que j'écris pour les enfants,

21:13

d'abord, il y a toujours un peu une notion de qu'est-ce que moi j'aurais eu besoin de lire à cet

21:18

âge-là. Et c'est vrai que quand j'écris pour les adultes,

21:23

je me donne plus... Enfin, c'est pas tant que je me donne,

21:27

parce que je me prive de rien quand j'écris pour les enfants,

21:29

mais je me permets d'être plus incisif, plus...

21:33

Cynique, peut-être.

21:35

Regardez, tout ça va vraiment mal dans le monde, alors que quand j'écris pour les enfants,

21:40

je suis beaucoup plus dans une démarche de voilà comment j'aimerais que le monde soit.

21:44

Oui. En fait, pouvoir donner aux générations futures la force d'avoir le monde qu'on n'a pas

21:50

forcément eu, nous, dans notre enfance, dans notre adolescence,

21:53

dans notre vie de jeune adulte.

21:54

C'est ça.

21:55

Mais du coup, pouvoir... En fait, c'est cette histoire de transmission.

21:59

C'est ce que j'essaye de faire aussi avec les neuroatypies.

22:02

En fait, à partir du moment où les enfants, c'est le futur,

22:08

il faut leur expliquer à tous ces enfants ce qui existe,

22:13

l'ouverture d'esprit, des valeurs de bienveillance,

22:16

de tolérance, d'amour, que des choses positives pour que le positif se multiplie plutôt que de se

22:23

retrouver à regarder. C'est nul, c'est caca. Bon,

22:26

ben, c'est nul, c'est caca.

22:27

Puis, enfin, ça dépend bien sûr de la maison dans laquelle on grandit,

22:31

etc. Mais en fait, c'est pas évident pour tous les enfants qu'ils méritent d'être bien traités.

22:36

C'est vrai.

22:37

C'est pas évident pour tous les enfants qu'ils méritent qu'on les accueille tels qu'ils sont,

22:41

qu'ils ont pas nécessairement besoin de se remouler en fonction des désidérata des adultes qui les

22:46

entourent. J'ai pas envie de dire, c'est pas évident pour eux que c'est une personne,

22:50

mais c'est pas évident pour eux qu'on doit les traiter comme des personnes.

22:54

Tout à fait.

22:55

Et du coup, ouais, moi j'ai envie que genre, bah alors j'aurais envie qu'il n'y ait aucun enfant

23:02

maltraité.

23:03

C'est un très beau vœu.

23:04

J'aimerais trop, ça serait vraiment mon désir quoi.

23:08

Bon, mais je me dis que si un enfant est dans une maisonnée où il est traité pas comme une

23:16

personne, mais comme un objet, comme un récipiendaire des projections de ses parents et

23:24

éventuellement de ses adelphes, j'ai envie qu'il ait au moins la possibilité d'ouvrir un livre et

23:31

de se dire « Ah, ça pourrait être comme ça ». Donc potentiellement,

23:37

c'est pas normal la façon... Il y a un truc que dit Julien Drouar dans son livre Trauma que je suis

23:41

en train de lire, je l'ai pas encore fini, mais en gros,

23:44

il dit « Le trauma, se forme notamment quand le trauma complexe,

23:51

en l'occurrence qui vient d'une enfance marquée par la maltraitance,

23:55

etc., ça vient aussi d'un endroit où on n'a pas eu l'espace de répondre émotionnellement de façon appropriée aux choses

24:03

qui nous arrivaient. Et par exemple, un enfant maltraité dont c'est la seule...

24:07

Enfin, en fait, c'est sa seule réalité et du coup,

24:09

c'est un peu sa normalité, a beaucoup plus de chance,

24:13

d'après ce livre, et ça colle avec mon expérience du monde au doigt mouillé,

24:19

beaucoup plus de chance de développer du trauma s'il n'a pas eu la possibilité,

24:27

que ce soit dans sa tête ou en parole ou quoi, d'exprimer en fait de la colère,

24:32

qui est une émotion qui est appropriée, en fait,

24:35

face à la maltraitance.

24:36

Tout à fait.

24:37

Et en fait, si on est vraiment enterré sous des couches de silence,

24:43

de maltraitance qui sont tellement banalisées qu'elles en deviennent la normalité,

24:48

il y a ce truc où, en fait, on pense même pas à être en colère.

24:53

Parce qu'on se dit, c'est comme ça qu'est le monde.

24:55

Et du coup, ça, ça crée des traumatismes.

20:49

Bien sûr. Mais même dans la maltraitance, il y a la maltraitance auquel tout le monde pense,

25:04

c'est-à-dire les coups physiques, les insultes verbales,

25:08

ce genre de choses. Mais des fois, ça peut être aussi des choses très insidieuses auxquelles les parents ne pensent pas

25:15

du tout parce que, en fait, c'est des choses qui sont enfouies,

25:19

qui n'ont pas été expliquées. Par exemple, beaucoup d'enfants qui peuvent devenir des jeunes adultes ou des grands ados

25:29

et qu'il y a un diagnostic d'un certain trouble ou d'une particularité neuroatypique qu'ils ont depuis leur naissance et

25:35

qui n'a pas été vu, masqué, etc. Eh bien, les parents,

25:40

en fait, n'ont rien fait de mal, entre guillemets,

25:43

c'est juste que par méconnaissance, du fait que ce n'était pas su,

25:49

ils n'ont pas réagi de la manière où ils auraient pu réagir de manière optimale par cette

25:56

méconnaissance. Et donc, en fait, derrière, c'est entre guillemets de la maltraitance,

26:02

mais c'est absolument pas voulu. C'est complètement inconscient de toutes les parties en présence,

26:07

que ce soit l'enfant ou les parents. C'est juste que s'il y avait davantage de sensibilisation,

26:13

que ce soit sur les neuroatypies, sur la question du genre,

26:17

tout ça, on aurait moins ces problèmes de méconnaissance et donc les parents,

26:22

en tant qu'adultes, seraient beaucoup plus à même de détecter plus tôt les spécificités de leur enfant dans tous les cadres

26:30

évoqués précédemment. Et je pense que c'est surtout ça qui pose problème,

26:34

c'est qu'il n'y a pas de connaissances et c'est pour ça que ce livre est très important.

26:38

Pour rebondir sur ce que tu dis, en prenant les exemples issus du livre,

26:43

je ne vais pas dire la mère de Léon, c'est la personne la plus ouverte du monde,

26:48

il aurait suffi qu'elle ait les informations, ce n'est pas vrai.

26:51

Néanmoins, il est exact qu'elle ne se frotte pas les mains en se disant « Ah ah ah,

26:56

je vais faire porter la responsabilité de mon bien-être émotionnel à mon enfant et il développera

27:00

des traumas ». Oui. Et elle se frotte pas non plus les mains en disant « Ah ah ah,

27:06

je vais traiter mon enfant comme une fille » alors qu'il me dit que c'est un garçon.

27:13

Et comme ça, ça lui apprendra. Et limite, je suis en train de faire mon plan de thérapie de

27:21

conversion dans ma tête. Enfin, c'est pas ça qui se passe.

27:24

Tout à fait.

27:25

Genre, elle est maltraitante. Ça, c'est sûr. Mais de manière inconsciente.

27:30

Mais c'est ce que je disais tout à l'heure, en fait.

27:33

Le méchant de l'histoire, il est persuadé d'être le héros.

27:35

Et elle est persuadée d'être en train de faire ce qui est mieux pour Léon.

27:39

Et ça, c'est un truc qui s'est passé dans ma vie,

27:44

que je n'ai pas mis dans le livre parce que j'avais quand même envie que ce soit un peu plus

27:47

positif que ça, mais...

27:49

C'est très triste ce que tu viens de dire.

27:51

C'est vrai. Mais moi, je sais qu'un truc... Enfin bon,

27:55

j'ai un rapport très particulier avec ma mère parce qu'elle est elle-même victime et en même temps,

27:59

elle est maltraitante. Enfin bon, il y a tout un truc très...

28:02

Ça fait un peu domino.

28:05

Et en fait, bon, pour séparer un peu, enfin pour isoler un élément du contexte qui est quand même

28:11

extrêmement complexe, moi je sais que il y a eu ce truc que j'ai jamais réussi à oublier,

28:19

où ma mère m'a dit que globalement il fallait pas que je sois trans parce que sinon j'allais être

28:24

victime de transphobie.

28:26

Mais j'ai pas fait exprès maman, enfin c'est moi.

28:28

C'est ça, mais genre, bon, alors, il y a évidemment,

28:31

elle a rien capté.

28:34

Oui, en fait, c'est le truc qui part, entre guillemets,

28:36

d'une sorte de bonne intention.

28:37

Oui, c'est ça. Genre, vraiment, en fait, je vois ton intention,

28:42

mais là, tu fais plus de mal que de bien, en fait.

28:44

Mais en même temps, il y a ce truc un peu tordu de...

28:50

À ce moment-là, parce qu'il y a d'autres moments où elle n'a pas fait de son mieux,

28:52

mais à ce moment-là, elle est en train, plus ou moins,

28:55

de faire de son mieux.

28:56

Oui, c'est un essai, mais alors méga maladroit.

28:59

C'est... Ouais.

29:01

Bon bah, merci maman.

29:02

Et tu vois, je comprends, entre guillemets, qu'elle se dise,

29:06

c'est plus facile que Flo change sa perception d'elle-même,

29:14

plutôt que d'essayer de changer le monde. Bon, en vrai,

29:18

c'est pas vrai, c'est pas plus facile. Mais je vois d'où ça vient.

29:23

Bah ouais, mais en même temps, si on devait, enfin,

29:27

en fait, ça reviendrait à dire, bah, arrêtons de se battre et juste forçons-nous à rentrer dans les

29:32

cases existantes, quoi.

29:33

Bah ouais.

29:34

Mais du coup, ça nuit à l'unicité de chaque personne dans ce monde.

29:40

Tu vois, c'est un petit peu comme j'avais fait une conférence à la Maison Perchée,

29:44

où justement, j'avais parlé un peu de mon expérience en tant que neuroatypique,

29:48

etc. Et je disais que en général, les gens, ils veulent te mettre dans une case.

29:55

Donc bon, moi, ça aurait été, voilà, bipolaire, autiste,

29:58

tout ça, anxiété, nanana.

29:59

Ça fait plusieurs cases.

30:00

Ça fait beaucoup de cases, oui. Déjà, je suis bien,

30:03

mais pas qu'une seule.

30:03

Tu pourrais faire un effort et te limiter à une seule case.

30:07

Oh my bad. Mais en tout cas, ce que j'avais essayé d'exprimer aux personnes qui étaient là,

30:15

c'était que ces cases-là, il ne faut pas les voir comme on doit faire rentrer un humain entier

30:22

dedans. Ce n'est pas possible. Mais par contre, on peut voir que dans chaque case,

30:27

il y a une boîte à outils différente. Et le but,

30:31

c'est que lorsqu'on a une façon d'agir, de vivre,

30:35

de se comporter, de penser, etc., qu'il a des façons qui ressemblent un petit peu à telle ou telle

30:43

case, et bien pour mieux vivre bien dans la société,

30:46

on peut prendre les outils qui sont dans cette case à ce moment-là.

30:49

Et du coup, c'est pas juste « je suis la case »,

30:52

c'est juste « j'utilise les outils ». Et donc à un moment donné,

30:55

c'est pareil. Toi, en tant que personne, tu n'es pas trans,

30:58

tu es Florence. Et il se trouve qu'en tant que Florence,

31:03

ton identité de genre, elle est comme ça, tu vois?

31:07

C'est pas pour rien qu'on n'arrête pas de répéter que trans,

31:09

c'est un adjectif.

31:11

Ouais.

31:11

En fait, on ne dit pas un trans, on dit une personne trans.

31:14

Oui.

31:15

Et tout comme on ne dit pas un handicapé, on dit une personne handicapée,

31:18

tout comme on ne dit pas un noir, on dit une personne noire.

31:21

Ce sont des adjectifs.

31:23

C'est des traits de caractéristiques, exactement.

31:27

C'est ça.

31:28

C'est vraiment ce que tu as essayé de montrer aussi dans le livre,

31:31

parce que Léon, en fait, il a plein d'intérêts dans la vie.

31:35

Lui, il est passionné des animaux. On va parler de Minou!

31:38

Ah, Minou! Mais Minou, c'est la solution à tous les problèmes.

31:44

Minou, le chat thérapeutique.

31:45

Oui, mais vraiment, en fait, c'est un peu un spoiler.

31:49

C'est vrai.

31:50

Mais disons que c'est Minou qui va reconstruire le lien entre Léon et ses parents.

31:55

Et peut-être que sans Minou, cette histoire, elle finissait très très mal.

32:00

Peut-être. Parce que du coup, moi, ça m'a beaucoup touchée en fait de lire Minou dans le livre.

32:07

Parce que moi aussi, j'ai été en quelque sorte sauvée par mon chat puisque j'ai adopté mon chat peu de temps après mon diagnostic

32:15

de la bipolarité et mon chat me suit en fait depuis et il m'aide beaucoup pour la régulation

32:20

émotionnelle en tant qu'autiste, pour mes mini-crises.

32:23

Parce que j'ai pas fait de crise majeure, (je touche du bois) depuis trois ans en tant que

32:28

bipolaire, mais en tout cas pour mes variations d'humeur,

32:30

il m'aide beaucoup mon chat. Et en fait, quand j'ai lu que tu avais intégré un animal dans

32:39

l'histoire, je me suis dit mais c'est tellement vrai,

32:42

parce que les animaux ça ne juge pas. Et je me souviens quand j'étais en grave dépression,

32:47

ma mère m'avait amenée au zoo, bon je ne suis pas très fan des zoos,

32:50

mais...

32:51

Il y a des problèmes avec les zoos, mais bon.

32:53

Bon, et du coup, il y avait des orang-outans, parce que c'est des animaux qui me touchent

32:56

énormément, des orang-outans qui vivaient en famille dans leur enclos,

33:00

du coup. Et en fait, je m'étais assise là et j'avais regardé les orang-outans et ça m'avait

33:05

beaucoup apaisée. Et en fait, je me dis, mais oui,

33:10

tous les êtres non jugeants, c'est ça qu'il faut.

33:14

Et vu qu'un humain, on vit dans une société, donc on a des biais,

33:18

on a des codes, on a plein de choses. Donc, il y a forcément des sortes de micro-jugements ou alors il y a des émotions

33:23

qui nous emportent. Je vois par exemple dans les ados qui aident Léon,

33:28

ils sont extrêmement bienveillants, mais tu sens qu'ils sont aussi blessés par la vie.

33:33

Et du coup, il peut y avoir de la colère, il peut y avoir de la tristesse,

33:37

des émotions qui les touchent et qui les traversent parce que justement,

33:41

eux aussi, ils ont été victimes de beaucoup de maltraitances du monde.

33:45

Et ce chat, en fait, il arrive et c'est un peu le sauveur ultime parce que lui,

33:53

il est juste là et il sent un être vivant à côté de lui qui lui fait du bien.

33:57

Et je pense que tu as eu extrêmement raison de le mettre dans cette œuvre parce que c'est extrêmement réel le bien que peuvent

34:07

apporter les animaux dans les neuroatypies ou la question du genre.

34:12

En tout cas, tous les changements par rapport à une société qui peut se trouver plus jugeante face

34:16

à ça.

34:17

Il y a un côté... En fait, il y a un côté vraiment stabilisant dans le fait de prendre soin d'un

34:23

animal. Oui. Parce que... Bon, en l'occurrence, Minou,

34:27

c'est un chat errant, donc en soi, il aurait pu se débrouiller.

34:30

Il se débrouille tout seul.

34:32

Mais il y a vraiment ce truc de... L'animal peut pas,

34:37

genre, prendre la parole pour se plaindre si tu fais quelque chose de mal,

34:41

Donc, t'es obligé d'être dans une écoute qui est beaucoup plus qualitative,

34:43

en vrai, qu'avec les humains. Enfin, sauf si t'es une horrible personne.

34:47

Oui, mais on va dire que...

34:48

On va dire que t'es une personne normale et que tu ne maltraites pas les animaux.

34:53

Et en fait, ouais, en fait, j'avais jamais pensé,

34:56

j'ai dit ça, mais il y a cette espèce de qualité d'écoute que t'es obligé d'avoir parce que l'animal ne peut pas te dire

35:03

en toutes lettres « j'ai besoin de ça » ou « t'as fait ça mal » ou quoi.

35:08

Et qui, du coup, te force d'abord à être dans l'instant.

35:13

Du coup, c'est vachement bien pour les crises d'angoisse.

35:15

Ah, ça, c'est vrai.

35:16

Donc, GG les chats et les chiens.

35:19

Oui, bien sûr. C'est vrai que je suis team chat, mais j'aime tous les animaux.

35:22

Tous les animaux. Et il y a aussi cette espèce de sens de responsabiliser.

35:28

Enfin, tu vois, genre, l'animal, si tu t'en occupes mal,

35:32

ben...

0:00

Ben il va pas bien.

35:33

Il va pas bien et c'est ta faute. Et du coup, il y a un peu ce truc où t'es obligé,

35:39

quelque part, de dépasser ce qui est en train de se passer.

35:43

Alors, ça veut pas dire que ça va le résoudre parce que tu l'auras mis dans le placard,

35:46

mais néanmoins, ça te force à te donner un espace parce qu'en fait,

35:51

il n'y a pas le choix. Le chat a besoin que tu t'aies donné cet espace.

35:56

Et en fait, une fois que tu t'es donné cet espace,

35:57

que t'as passé ce temps-là à t'occuper du chat, à satisfaire ses besoins,

36:02

etc., potentiellement, dans ta tête, c'est devenu plus clair ce dont toi,

36:06

tu as besoin et les différentes façons dont tu peux...

36:11

Enfin, les différentes stratégies que tu peux mettre en œuvre pour l'obtenir.

36:13

Parce que du coup, ça te fait sortir de toi.

36:16

Bah ouais.

36:16

Ça crée de l'altruisme, alors que bon, être... Enfin,

36:19

l'égoïsme, c'est un grand mot, un gros mot. En tout cas,

36:23

être centré sur soi, des fois, c'est important de faire de l'introspection.

36:27

Mais des fois, justement, si on le fait trop, ça peut tourner à une forme d'égoïsme ou en tout cas,

36:34

perturber cette introspection. Et du coup, le fait de pouvoir sortir vers...

36:40

De se décentrer, en fait.

36:42

Exactement.

36:43

Parce que ce que tu dis, ça me fait penser à, tu sais,

36:45

quand il t'est arrivé quelque chose de terrible ou juste de violent ou de voilà,

36:51

et que t'as besoin d'en parler. Et du coup, à ce moment-là,

36:56

c'est la catharsis. Mais il peut arriver un moment où tu continues à en parler et en fait,

37:00

ça ne te fait plus de bien et ça te fait juste revivre le truc.

37:03

Exactement.

37:03

Et il y a vraiment cette espèce de limite qui n'est pas facile à discerner.

37:09

Ça demande vraiment de la pratique. Oui, tu peux te dire,

37:14

ok, j'en ai assez parlé, là j'ai besoin de faire autre chose.

37:17

Genre caresser mon chat.

37:18

Oui, c'est ça, parce qu'en fait, dans les phases du deuil,

37:20

entre guillemets, parce que quand on dit deuil, ça peut être deuil très largement.

37:24

Bien sûr, ça peut être le deuil d'une relation, ça peut être le deuil même d'un espoir.

37:28

Oui, d'une émotion, de comment on est et tout. Et du coup,

37:32

le fait de passer par toutes ces étapes, parfois l'animal,

37:36

il peut aider à traverser ces étapes parce que justement,

37:39

tu ne vas pas forcément avoir une personne à qui tu vas tu vas encore parler du truc une dernière

37:43

fois, tu vas juste avoir quelqu'un qui est là, qui écoute,

37:46

ou qui écoute ou qui écoute pas, parce qu'en fait,

37:50

qu'est-ce qu'il va comprendre des mots en soi? Pas tant,

37:53

mais lui, il va comprendre les émotions en tant qu'animal et le nombre de fois où mon chat,

37:58

il est venu sur moi pour ronronner parce qu'il sentait que ça allait pas super.

38:04

Bon, après, c'est un chat autiste aussi, donc si je pleure trop,

38:06

du coup, il s'en va. Il se met un petit peu à côté,

38:08

mais pas trop pour pas être mouillé. Mais bon.

38:11

En vrai, si tu pleures trop, potentiellement, tu as des soubresauts et du coup,

38:14

tu risques de lui faire mal.

38:16

Exactement. De toute façon, il est très, très instinctif.

38:17

Et du coup, il est là. "mmmh"

38:19

Il a un bon instinct.

38:20

Je vais te soutenir de un peu plus loin. Voilà.

38:23

Pas trop loin, mais un petit peu. Et ça, c'est incroyable.

38:29

Et du coup, j'invite toutes les personnes de l'univers à,

38:33

si vous avez un animal, profitez-en. Enfin, faites des choses avec cet animal.

38:38

Et si vous n'en avez pas, pensez à observer aussi les animaux qui sont autour de vous.

38:46

Parce que des fois, il y a plein de gens qui ont des animaux dans la rue et on peut regarder un petit peu quand même les

38:50

interactions entre humains et ça peut déjà faire du bien.

38:52

Et après, si vous avez la foi d'aller ponctuellement dans un zoo,

38:57

n'allez voir pas les oiseaux parce que ça fait très triste.

39:00

Vous pouvez aller dans un refuge et adopter un animal.

39:03

Oui, mais des fois, tout le monde ne peut pas malheureusement pour des raisons que ce soit

39:06

financières, de place, etc.

39:07

Oui, je ne veux pas forcer les gens qui nous écoutent à adopter un animal.

39:10

Oui, dans tous les cas, si vous prenez un animal,

39:12

pitié, prenez-le dans un refuge.

39:14

Je voulais juste placer un adopt don't shop.

39:16

Oui, je comprends.

39:17

C'est tout ce qui s'est passé.

39:20

Mais voilà, et même le zoo, du coup, si jamais ça peut vous faire du bien aussi de voir des animaux qui interagissent entre

39:25

eux, qui ont des comportements familiaux, des comportements d'amitié ou en tout cas de groupe.

39:31

En plus, c'est hyper intéressant.

39:32

Oui, c'est vrai, vous pouvez absolument faire de l'étude animalière.

39:37

Mais oui, c'est vrai que moi, ça m'a beaucoup touchée,

39:40

Minou.

39:41

Cool. Voilà. Ça me fait plaisir. Tu me demandais tout à l'heure pourquoi Minou s'appelait Minou.

39:46

Pourquoi Minou s'appelait Minou?

39:47

C'est un trait de caractère qui est à moi et que j'ai donné à Léon.

39:52

Nous sommes tous les deux très très nuls en nom.

39:55

Voilà.

39:57

C'est très drôle.

39:58

Vraiment, il est de notoriété publique que je suis...

40:03

Enfin, c'est la galère pour moi de trouver des noms à mes personnages.

40:07

Alors, soit je les ai tout de suite et on n'en fera plus jamais bouger.

40:12

Soit je suis là, je ne sais pas. Par exemple, Léon.

40:15

Pourquoi Léon s'appelle Léon? Parce qu'au moment où j'ai commencé à écrire Coquille d'œuf,

40:19

c'était juste après la Biélorussie. Donc, j'ai traversé une phase où je me suis dit,

40:25

je n'étais toujours pas arrivé à, je vais être artiste,

40:29

auteur, ce sera mon métier. Et je n'étais pas non plus encore intermittent du spectacle,

40:35

parce que je suis passée par cette phase aussi.

40:38

Florence, l'artiste aux multiples facettes.

40:41

Non, mais j'ai fait 12 000 métiers, c'est débile.

40:45

Le saltimbanque. Vraiment.

40:47

Non, mais j'ai fait aussi des métiers pas de saltimbanque,

40:49

mais quand même pas en majorité. Peu importe. Mais du coup je m'étais fait toute une espèce de

40:58

rationalisation du renoncement. Incroyable. C'est-à-dire que j'étais en Biélorussie et j'étais là.

41:06

Franchement, c'est vraiment super de ne pas être en France.

41:10

Enfin, de ne pas être tout le temps au même endroit.

41:12

C'est cool, j'aime bien.

41:13

Oui, ça ouvre les esprits.

41:16

Voilà, c'est plutôt un mode de vie. Et puis même,

41:19

il y a un truc dans le fait de... On en revient à cette histoire de bunker,

41:23

de blockhaus, de choses.

41:25

Petite cabane.

41:27

De petite cabane. En vrai, il y a un truc que j'adore dans le fait,

41:31

pas tant de voyager, mais de vivre à des endroits pour plusieurs mois,

41:35

c'est de venir construire mon foyer à cet endroit-là.

41:39

Et en fait, à tous les endroits où j'ai vécu dans plusieurs pays,

41:43

et à tous ces endroits, j'ai... Enfin ouais, mon moment préféré,

41:50

ça a toujours été d'essayer d'instaurer cette espèce de quotidienneté,

41:54

ce qui est un petit peu contre-intuitif parce qu'on parle de voyage,

41:58

mais c'est pas ma quotidienneté que je viens imposer à l'endroit,

42:02

c'est vraiment essayer de trouver l'endroit où on se rencontre en fait,

42:06

où l'endroit et moi, enfin bon bref, j'adore ça.

42:10

Et du coup, je me suis dit, il faudrait que je puisse faire un métier qui me permette de voyager.

42:16

Alors là, tu me disais, tu peux écrire depuis la lune,

42:18

mais j'en étais pas encore là dans ma tête. Et je me suis dit,

42:23

bon, je sors d'une école de théâtre. Le truc, c'est que même si je suis bilingue en anglais,

42:28

clairement, mon accent ne suit pas. Donc, comédien,

42:31

ça va pas marcher. Donc il faut que je trouve une autre façon de gagner de l'argent de façon à

42:37

rester mobile. Et je me suis dit, ok, c'est quoi mes compétences?

42:40

Parce que j'ai pas envie d'aller apprendre à coder comme tous les gens qui...

42:44

De toute manière, l'informatique n'a plus d'avenir.

42:49

Alors, la bulle va exploser. Et je me suis dit, en fait,

42:54

j'ai une compétence à laquelle je pense pas, mais je sais parler français.

43:00

Oui, bah oui.

43:03

Enfin, c'est une groupétence. Et je me suis dit, mais attends,

43:08

prof de FLE? Donc FLE, c'est français, langue étrangère.

43:11

Oui, parce que sinon, ce serait une langue très bizarre,

43:14

le FLE. Oui. Probablement gaélique.

43:16

Probablement gaélique. Et donc, je suis retourné à la fac à ce moment-là pour...

43:23

C'est une explication hyper longue juste pour dire pourquoi il s'appelle Léon.

43:26

Mais on aime bien.

43:27

On est là. Et donc, je suis retourné à la fac pour faire un DU qui...

43:33

En gros, c'est un DU que tu fais normalement en même temps qu'une licence.

43:37

Il se trouve que j'avais déjà la licence pour pouvoir ensuite t'inscrire en Master FLE.

43:40

Et donc, si t'as le Master FLE, tu peux enseigner et être bien payé.

43:45

C'est très drôle parce que depuis tout à l'heure que tu dis FLE,

43:47

je te vois jouer de la flûte.

43:49

Non. Si tu veux, je peux dire F-L-E, mais personne ne dit F-L-E.

43:53

On dit tous FLE.

43:54

Je te crois, je te crois 100%.

43:57

Bon, et donc, je vais dans cet endroit. Finalement,

44:00

je me suis rendu compte que d'enseigner, c'était pas mon truc.

44:04

Vraiment, il y avait une partie du DU qui consistait à aller observer des classes de FLE pour

44:11

rendre un rapport, faire une analyse, etc. On arrivait avec une problématique.

44:15

C'était un peu un exercice anthropologique. Enfin,

44:17

c'était hyper intéressant. Mais c'est vrai que, en voyant le truc arriver,

44:21

je me suis dit « Ah putain, mais c'est vrai!»

44:23

Il y a des élèves.

44:24

J'avais oublié, mais en fait, mais en fait, dans Profs de FLE,

44:28

il y a la notion d'enseigner, le truc que je ne veux pas faire,

44:31

que je fais quand même, mais dans un autre contexte qui,

44:35

bon, peu importe. Donc finalement, je n'ai pas fait ça.

44:44

En plus, il se trouve que j'ai eu assez de cachets.

44:47

Je suis devenu intermittent du spectacle. Ça a duré un certain temps.

44:51

Ça m'a permis d'écrire en ayant une semi-sécurité.

44:56

C'était très cool.

44:58

Oui, parce que les grandes phases d'écriture, du coup,

45:00

tu pouvais les avoir en te disant « Bon, j'ai quand même...»

0:00

Pour ce renouvellement, je peux, sans trop de risques,

45:07

m'arrêter de bosser pendant, allez, 4-5 mois et puis je reprends sur les deux derniers mois pour quand même pas perdre le

45:15

réseau. Mais ça me permettait quand même de me ménager du temps d'une façon qui n'était pas...

45:21

Mais en fait, c'est le principe de l'intermittence du spectacle.

45:23

Oui, bien sûr.

45:24

C'est juste qu'ils l'ont créé plus pour... T'as le temps de monter ton spectacle.

45:27

Là, j'ai un peu perverti.

45:30

Oh!

45:31

Non, j'ai un peu perverti le truc parce que...

45:33

Bah non, tu l'as littéralement utilisé pour ce qui...

45:35

C'est juste que ton spectacle, ça s'appelle un livre.

45:37

Oui, enfin, c'est juste que j'ai fait de l'artiste-auteur qui est un autre statut.

45:41

Bon. Mais voilà, ça s'est passé comme ça. Mais du coup,

45:48

dans ma classe de ce DU, il y avait une fille qui était très gentille et qui s'appelait Léonie.

45:53

Et je n'ai plus jamais eu de nouvelles d'elle parce que je n'ai pas pris le temps d'en prendre non

46:00

plus. Mais elle m'avait passé ses cours à un moment où j'avais raté des cours parce que j'avais eu 10 jours raccord sur une

46:08

série.

46:11

Bravo!

46:12

Est-ce que tu sais combien d'heures ça fait?

46:14

Alors, 10 jours raccord? Bah oui.

46:16

120.

46:17

C'est valable.

46:18

120 heures sur les 507 qu'il me fallait pour...

46:20

Et là, on fait wouh!

46:22

Voilà, donc, et je sais pas, elle m'avait passé les cours et c'est peut-être une semaine après qu'elle m'ait passé les cours

46:27

et elle avait pris des nouvelles par SMS. Enfin,

46:29

elle était vraiment hyper douce. Et du coup, le premier mot,

46:33

voilà, en fait, il n'y avait pas tout le premier chapitre qui s'appelle la meute.

46:37

Et du coup, ça veut dire que ça commençait à l'abri.

46:39

Et donc, le tout premier mot du texte, c'est Léonie.

46:43

Ah! Oui. Donc, oui, toi, en fait, c'était écrit prénom,

46:47

inséré prénom.

46:48

C'est ça. Et donc, il y avait cette personne qui était sympa et que j'avais vue et j'étais en mode,

46:54

bon, je vais prendre ton nom.

46:55

Mais en vrai, ça marche bien parce que tu peux le masculiniser,

47:00

entre guillemets.

47:00

Oui, c'est sûr que si je n'avais pas pu le masculiniser facilement,

47:03

peut-être que j'aurais pris une autre décision.

47:05

Après, ceci dit, toutes les personnes trans ne sont pas obligées de masculiniser leur prénom.

47:10

Tout à fait.

47:10

Dans tous les cas.

47:11

Tout à fait. On peut parfaitement... On a le droit de prendre un prénom différent.

47:15

Cela étant dit... Bon, en l'occurrence, ça se masculinise facilement.

47:19

En plus, il a 8 ans.

47:20

Oui, c'est ça. Je viens de me demander quel âge avait Léon.

47:22

Il a 8 ans. Et il y a aussi une notion... de compréhension,

47:31

d'accessibilité aussi pour le lectorat. C'est plus facile,

47:35

ça veut pas dire qu'on est obligé de le faire, mais c'est vrai que c'est plus facile de comprendre

47:40

qu'il est trans, si on l'appelle Léonie, il répond je m'appelle Léon,

47:44

que si on l'appelle Léonie, il répond non je m'appelle Aragorn.

47:48

Oui, ceci dit, excellent choix de prénom.

47:50

Excellent choix de prénom. Et alors je dis ça parce qu'il y a vraiment deux types de prénoms de

47:54

personnes trans, on le sait. Il y a les prénoms hyper blancs dans le mode,

48:01

je veux être stealth et du coup, je décide de m'appeler,

48:06

j'en sais rien, Stéphane.

48:08

Oui.

48:09

J'ai dit Stéphane parce que je connais aucun Stéphane trans.

48:12

Je voulais juste ne pas accuser quelqu'un. Et il y a les personnes trans qui sont en mode,

48:17

ok, mon prénom c'est Ange.

48:19

Oui, voilà.

48:20

Qu'est-ce que tu vas faire, en fait?

48:22

Bah oui, puisque dans tous les cas, ça n'a jamais été assigné que de toute façon,

48:24

un ange n'a pas de sexe, donc du coup, son genre se pose même pas.

48:28

Enfin, je dis Ange, mais j'aurais pu dire n'importe quoi.

48:30

Mais oui, bien sûr. Mais vu que c'est quelque chose qui n'a jamais été genré,

48:34

en règle générale, ce type de prénom.

48:37

Ouais. Ouais, ouais.

48:38

Donc, c'est plus simple.

48:39

Ou alors, je vais prendre le prénom d'un personnage dans une pièce de Shakespeare,

48:43

qui n'est juste pas du tout utilisé, mais qui est hyper classe.

48:45

Et qu'est-ce que tu vas faire, en fait?

48:46

Titania.

48:48

Ouais.

48:49

Oberon.

48:49

Mais ouais, si j'ai envie de m'appeler Oberon, je m'appelle Oberon.

48:52

Bon après, si tu t'appelles Puck, ce sera un peu bizarre.

48:55

Oh non?

48:56

Non?

48:57

Je connais les gens, ça leur irait bien Puck.

48:59

Il faut que ce soit vraiment des lutins. Il faut qu'ils aient un côté très espiègle.

49:03

Il y a beaucoup de lutins dans les...

49:05

Oui, c'est vrai. Mais d'ailleurs, grande question,

49:08

parce que du coup, tu vois, Léon, il a 8 ans.

49:10

Oui.

49:12

Et pour avoir travaillé avec des enfants, la question du genre,

49:18

pour un enfant, s'ils sont très jeunes, genre 4 ans,

49:24

pour eux, c'est juste des petits bestiaux qui sont pareils qu'eux.

49:28

Il n'y a aucune fille, garçon, whatsoever. Pour un enfant petit,

49:33

il y a juste un autre enfant petit.

49:36

Alors, c'est vrai et en même temps, ce n'est pas tout à fait vrai.

49:40

Ah oui, justement, c'est ce que je voulais te poser comme question parce que vu que je pense que tu t'es beaucoup renseigné

49:44

aussi sur ces choses-là, est-ce que tu sais d'une manière un petit peu plus dans le terrain?

49:53

La réponse va être ça dépend. Tu peux finir de poser ta question,

49:56

mais la réponse sera ça dépend.

49:58

Parce que c'est vrai que moi, en tant que personne cis,

50:03

vu que je n'ai pas vécu ce changement, enfin pas ce changement,

50:10

mais en tout cas ce questionnement identitaire, je ne sais pas trop comment je réagirais en fait par rapport à un enfant

50:18

et surtout un enfant jeune. Parce que, bon, à partir de l'âge de Léon,

50:23

on peut effectivement se dire que l'enfant a vécu dans la société,

50:26

a eu des pensées construites autonomes, etc. Mais si c'est plus jeune que Léon,

50:32

tu vois, je ne sais pas trop comment je réagirais moi en tant que personne.

50:34

Moi, j'ai envie de te dire que, parce que j'ai l'impression que ton arrière-pensée derrière ça,

50:43

c'est peut-être l'enfant de 4 ans, il me dit « Hey,

50:46

yo, je suis un garçon, mais demain, il me dira qu'il est un dinosaure.»

50:52

Oui, je n'ai pas envie d'avoir une influence quelconque dans un sens ou dans un autre.

50:58

Genre, est-ce que ce serait si grave que cet enfant change d'avis?

51:02

Et d'ailleurs, même... Enfin, c'est pas rare qu'on passe par des phases différentes pendant une

51:08

transition.

51:09

Ah oui, bien sûr, j'ai déjà été un tigre blanc.

51:11

C'est pas ce que je voulais dire. Enfin, c'est pas rare,

51:18

par exemple, que bon, moi je suis une personne non-binaire,

51:20

donc... Après, je dis, ça s'applique pas, ça se trouve,

51:22

dans trois ans, je suis un mec et on le sait pas.

51:24

Oui, enfin ça, de toute façon, il n'y a que toi qui sais.

51:26

Mais j'ai observé vraiment plusieurs fois, et c'est vraiment pas rare,

51:32

que des personnes assignées d'un certain genre à la naissance passent par une phase où elles se pensent non-binaires pour

51:42

finalement se dire « Ah non, en fait, c'était ça ».

51:45

Et c'est aussi une forme de tâtonnement, en fait,

51:48

parce que le...

51:49

C'est un petit peu comme la bisexualité.

51:51

Ouais, c'est un peu comme la bisexualité. Enfin, c'est pas pareil parce que c'est pas la sexualité,

51:57

mais oui, c'est un petit peu comme la bisexualité.

51:59

Oui, parce qu'il faut pas confondre la sexualité,

52:01

le genre, le sexe biologique.

52:06

Alors, le sexe biologique, c'est une notion que, personnellement,

52:10

j'évite de manier parce que la plupart des gens vont la manier avec un niveau SVT quatrième.

52:16

Il se trouve que la biologie, c'est beaucoup plus complexe que ça.

52:19

Déjà, tout le monde est une femme, si on part par là.

52:22

Vrai.

52:22

Les hommes sont juste des...

52:24

Eh oui, mais viens, on ne fait pas de la biologie de SVT quatrième.

52:28

Mais, enfin, de fait, il y a beaucoup plus de variétés,

52:31

même dans les génomes, que ce qu'on essaye de nous faire croire.

52:37

On dirait la conspirationniste de base. Non, non,

52:41

mais ce que...

52:42

Oui, c'est quand même plus complexe, même si...

52:44

Que ce qu'on pense quand on s'est arrêté au bac, quoi.

52:45

Voilà.

52:45

C'est ça que je veux dire. Et du coup, c'est... Pour moi,

52:51

la notion de sexe biologique, c'est pas une notion que je maîtrise.

52:54

Oui, mais ça reste différent dans tous les cas de la notion de genre.

52:57

C'est-à-dire que même si on a un bac plus 18 en gamètes et en...

53:03

Si on a un bac plus 18 en gamètes, on est vachement plus au courant que le genre et le sexe,

53:07

ça n'a rien à voir.

53:08

Voilà, exactement. Parce que du coup, c'est vraiment différent.

53:11

Parce qu'il y en a un, c'est déterminé biologiquement et après,

53:15

à voir dans quelle case on le met.

53:17

Mais tu vois, pour prendre un exemple que je connais un petit peu,

53:21

même si je ne suis vraiment pas du tout spécialiste,

53:24

quand on est là, ouais, XX, femme, XY, mec, ok, qu'est-ce que tu fais de toutes les personnes

53:30

intersexes?

53:31

Ah bah bien sûr, oui, oui, totalement.

53:32

Tu vois, et on n'est pas, enfin, il y a plus de variété encore que ça.

53:35

Et d'ailleurs, ces personnes-là ont beaucoup de difficultés.

53:38

Oui, oui, c'est un enfer.

53:39

Oui, oui, bien sûr.

53:40

Parce que ça arrive encore, malheureusement, qu'on ait des médecins qui vont mutiler des enfants

53:50

quasiment à la naissance, en mode, ah bon, votre enfant,

53:53

il n'est pas tout à fait comme il faudrait.

53:55

C'est ça, on va choisir pour vous.

53:57

On va choisir pour vous, puis alors potentiellement,

53:59

on a mal choisi.

54:00

Ça devient presque de l'eugénisme, du coup, mais en plus,

54:02

même a posteriori, l'enfant étant né.

54:04

Oui, oui, oui. Puis, enfin, il y a des histoires horribles où on se dirait,

54:10

mais non, ça n'existe pas. Et en fait, si, carrément,

54:12

où des enfants hyper jeunes vont avoir su... Enfin,

54:16

ils arrivent à l'âge de 12 ans et ils ont subi 10 opérations,

54:18

quoi. Et pour aucune raison vitale. Parce qu'en soi,

54:24

je ne suis pas contre faire des opérations parce que,

54:26

je ne sais pas, ton enfant, ses poumons ne fonctionnent pas bien et du coup,

54:29

il faut opérer, machin. Super, faites-le, sinon c'est de l'eugénisme.

54:32

Même si on parle vraiment de la partie génitale de l'enfant,

54:38

etc. Si, admettons, il y a un problème génital qui fait que si vraiment il y a un problème qui

54:43

bloque la vessie, qui fait des problèmes vraiment qui peuvent être vitaux pour l'enfant,

54:47

mais ça n'a rien à voir.

54:48

Oui, c'est vraiment juste des opérations de conformation,

54:53

alors même qu'il n'y avait pas de problème ni de risque de développement de problème d'ordre

55:00

fonctionnel.

55:01

Oui, oui, oui, tout à fait, tout à fait, oui. Bah oui,

55:04

parce qu'en plus, là, après, on vient dans les mêmes choses que les horreurs perpétrées sur les

55:08

femmes qui se font exciser. C'est que c'est des histoires de biais de connaissances,

55:13

de biais de, je sais pas quoi, enfin, en tout cas d'habitude.

55:16

Non, pas seulement parce que c'est pas seulement une histoire d'habitude parce que,

55:20

par exemple, on parle des femmes qui se font exciser,

55:22

c'est un gros problème, etc. Est-ce qu'on peut parler des campagnes de stérilisation forcées sur les personnes dans les

55:30

dom-toms qui ont été perpétrées par la France?

55:33

Ah oui, mais après, on a les reliquats de la colonisation aussi.

55:36

Là, on est juste sur du racisme pur et simple et également de l'eugénisme finalement.

55:42

Oui, c'est ça, exactement. En fait, je pense que finalement,

55:46

cette histoire de transphobie, elle est beaucoup plus large que juste la transphobie,

55:50

parce qu'en réalité, la transphobie existe parce que les personnes veulent eugéniser,

55:55

en tout cas homogénéiser l'univers connu. Et du coup,

56:00

la transphobie n'est qu'une sorte de coup collatéral qui fait partie de quelque chose de plus

56:07

grand.

56:07

Ah bah, pas d'hétéropatriarcat, pas de transphobie.

56:10

Voilà.

56:10

Enfin, clairement, en fait, si tu veux, je vais encore citer Juliet Drouar,

56:18

on va croire que c'est mon auteur préféré.

56:20

Mais t'as le droit d'en avoir plusieurs.

56:22

Non, j'en ai plusieurs. Il se trouve que juste la conversation est venue,

56:25

qui a écrit Sortir de l'hétérosexualité, me semble-t-il.

56:31

Où en gros, je vais hyper résumer, parce que c'est tout un livre.

56:37

Eh bien, vous irez lire le livre.

56:38

Vous irez lire le livre. Très bon livre, par ailleurs.

56:43

Où en gros, il explique que l'hétérosexualité n'est pas juste une orientation sexuelle,

56:51

c'est un système de domination. C'est un système qui nécessite de créer une différence nette entre

56:57

un homme et une femme, puisque s'il n'y a pas de différence nette,

57:00

comment fait-on pour instaurer ensuite un rapport de domination?

57:05

Oui, et en plus comme c'est basé que sur la reproduction de l'espèce,

57:09

du coup c'est encore plus facile d'asseoir ça, parce que bon,

57:13

effectivement, dans la nature, pour se reproduire,

57:16

t'es bien obligé de mettre des gamètes mâles avec des gamètes femelles,

57:18

mais il y a quand même d'autres formes de sexualité qui existent dans la nature.

57:22

C'est juste que là...

57:23

Les lions sont gays. Oui. Il n'y a pas qu'eux, mais les lions sont gays.

57:29

C'est vrai que je pensais aux singes qui ont plein...

57:31

Oui, il y a aussi les singes. Mais on parle souvent des singes et pas assez des lions.

57:36

C'est vrai.

57:36

Ils sont gays.

57:39

En même temps, on aurait pu le savoir vu comment ils se posent de manière lassive.

57:43

Tout est terrible. C'était un petit peu problématique ce que tu viens de dire.

57:48

Un chouille, un chouille. On est d'accord. Alors,

57:51

qu'est-ce que j'étais en train de dire? Un truc problématique,

57:53

nous avons dit. Ah oui, et donc du coup, effectivement,

57:58

aujourd'hui, je pense qu'il y a eu cette normalisation par la reproduction et qui a servi le

58:05

patriarcat et du coup, cette hétéronormalisation à vouloir effacer toutes les homosexualités,

58:11

toutes les bisexualités.

58:12

Oui, tout ce qui trouble en fait la frontière entre les genres.

58:15

C'est ça.

58:15

Parce que si tu troubles la frontière, tu dé... Attends.

58:21

Enfin, tu délégitimises, voilà, merci. Tu délégitimises ton rapport de domination que tu as

58:27

installé. Et du coup, des personnes trans qui vont bouger de l'un à l'autre ou même,

58:32

pire, gasp!, être ni l'un ni l'autre. OK, qu'est-ce qu'on en fait,

58:39

en fait? Ouais. Et pareil pour des personnes qui ne sont pas hétéros et qui,

58:45

du coup, ne jouent pas leur rôle dans le rapport de domination.

58:49

On n'est pas en train de dire que votre petit couple hétéro est forcément un rapport de domination,

58:54

mais quand même, il a été construit pour l'être.

58:56

Oui, c'est ça. Mais c'est juste qu'en fait, après,

58:58

je pense que c'est pour ça aussi qu'il y a des personnes qui se sentent attaquées dans leur

59:03

hétérosexualité.

59:04

Par l'existence des personnes bi, gay et trans. Voilà,

59:08

exactement.

59:09

Parce que, en fait, si on acceptait tout le monde,

59:13

en fait, tout le monde serait content. Il n'y aurait pas de problématique à être hétéro,

59:18

homo, bi, pan, tout ce qu'on veut. Et même poly.

59:23

Le polyamour, la polysexualité, c'est des choses qui ont été normalisées par le mariage,

59:31

par l'Église. Mais du coup...

59:35

Si je peux me permettre, le mariage, alors oui, évidemment,

59:41

l'Église, notamment catholique, a eu une forte influence,

59:45

mais en fait, à la base, le mariage, c'est une affaire de continuité de la transmission des biens.

59:52

Oui, à la base, si on a instauré le mariage monogame,

59:56

c'était pas en mode à la morale, c'était une question d'héritage,

59:59

c'était pour déterminer quels enfants avaient le droit d'hériter ou pas.

1:00:02

C'est bien en plus du patriarcat. Maintenant, on est sur le full capitalisme.

1:00:05

C'est voilà. Et du coup, mais vraiment, après, et le patriarcat et le capitalisme marchent dans la

1:00:12

main. Ce sont des rapports de domination.

1:00:13

Oui.

1:00:14

Et en fait, ce qu'on dit depuis tout à l'heure, c'est que ce serait vraiment mieux si on abolissait

1:00:17

les...

1:00:17

Rapports de domination non consentie.

1:00:18

Rapport de domination non consentie. C'est vrai, pas de kink shaming à cette antenne.

1:00:25

Absolument, aucun shaming ici. Et d'ailleurs, c'est pour ça que c'est bien de dire aussi,

1:00:31

quand je peux avoir des propos qui sont rattrapés par mes propres biais sociétaux,

1:00:37

parce que tout à l'heure...

1:00:38

Sur les lions lassifs.

1:00:39

Tout à fait, les lions lassifs.

1:00:41

Les hommes hétéros ont le droit d'être lassifs aussi.

1:00:43

Absolument, exactement. Et tu as totalement raison.

1:00:45

Et c'est vrai que même moi, je suis imparfaite en tant que personne parce que j'ai encore des biais

1:00:51

sociétaux.

1:00:52

Et moi donc? Et moi donc? Delphine, tu ne te rends pas compte.

1:00:56

Non, mais tu es un être parfait.

1:00:58

Bien sûr. C'est connu.

1:01:00

C'est bien connu. Justement, en tant qu'être parfait,

1:01:07

est-ce que tu pourrais un petit peu nous parler justement des autres livres que tu as écrits justement parce que tu n'as pas...

1:01:15

Qui sont tous parfaits d'ailleurs.

1:01:17

Absolument, on le rappelle. Parce qu'il n'y a pas que Coquille d'œuf et nos auditeurs seront probablement très contents de

1:01:24

connaître ce que tu as fait par ailleurs.

1:01:26

Eh bien d'accord. Alors en 2017, quand j'étais encore modèle photo,

1:01:30

j'ai écrit L'art de la pose, un livre sur les modèles photos,

1:01:34

mais aussi sur le rapport au corps et à l'image.

1:01:36

Il a été récemment cité dans des recherches scientifiques par un enseignant-chercheur.

1:01:43

Mais c'est génial!

1:01:43

Quel délire!

1:01:44

Mais je pense que c'est hyper important parce qu'en plus,

1:01:46

dans ce milieu-là, c'est un milieu qui est très strict et pas forcément dans le bon sens du terme.

1:01:53

Et je pense que pouvoir écrire ça, c'est un petit peu comme on avait entendu il n'y a pas si

1:01:58

longtemps que ça, les histoires de mannequins qui avaient témoigné,

1:02:02

qui avaient écrit des livres à ce sujet. Toutes,

1:02:06

parce que c'est principalement des femmes, n'ont pas pris la vocation d'écrivaine après.

1:02:14

Bien sûr, mais je pense que ce livre-là s'inscrit aussi dans la même lignée explicative aussi de

1:02:22

voir...

1:02:23

Oui, alors à l'époque où je l'ai écrit... Pardon,

1:02:25

je t'ai coupé la parole.

1:02:26

Non, non, non, t'inquiète pas.

1:02:26

Comme une personne neuroatypique. C'est pas vrai,

1:02:29

parce que les neurotypiques, ils coupent tout le temps la parole.

1:02:31

C'est vrai. Mais en fait, j'ai remarqué...

1:02:33

Mais eux le font de façon violente.

1:02:35

Oui, en fait, j'ai remarqué... Non, mais parce que c'est très drôle,

1:02:37

parce que du coup, bon, moi, vous savez que je suis autiste et du coup...

1:02:41

J'ai beaucoup d'autisme en moi.

1:02:43

Tu as beaucoup d'autisme.

1:02:43

L'autisme est très fort dans cette personne.

1:02:47

This is not the autisme you're looking for !

1:02:47

J'ai aussi le TDAH, mais en fait, il est submergé sous l'autisme.

1:02:54

Non, c'est pas vrai. Ce que m'a dit mon psy, c'est qu'en fait,

1:02:57

j'utilise tellement d'énergie à compenser le TDAH qu'il ne m'en reste plus pour l'autisme.

1:03:03

Ah, intéressante hypothèse.

1:03:04

Littéralement, c'était son argument pour me faire prendre de la ritaline,

1:03:08

parce que je disais, mais regarde, je suis tout le temps à l'heure,

1:03:10

tout va bien. Il m'a dit, mais imagine, si cette énergie que tu mets à être à l'heure et à faire tous ces trucs qui sont

1:03:17

pas des trucs de TDAH, tu pouvais l'utiliser pour autre chose.

1:03:22

Ce serait incroyable!

1:03:24

Genre pouvoir mieux te gérer en tant que personne autiste.

1:03:27

Ouais, après, je peux aussi faire d'autres trucs,

1:03:29

tu vois, je peux choisir sciemment de mettre cette énergie dans mon travail d'écriture et de quand même continuer à masquer

1:03:34

comme une merde. Qu'est-ce que vous allez faire,

1:03:39

en fait?

1:03:39

Les choix aberrants des artistes, vraiment. Mais du coup,

1:03:42

c'est très drôle parce qu'avec Florence, vous n'avez pas forcément entendu toute cette conversation

1:03:47

puisque nous avons lancé...

1:03:48

Nous avons parlé off the record.

1:03:50

Absolument, nous avions des conversations en off et comme de réels re-sta.

1:03:57

Mon dieu, so 2000. Non mais ça, c'est les années 90.

1:03:59

Il n'y a vraiment que les re-sta qui ont des conversations privées et qui ne sont pas enregistrées.

1:04:04

C'est vraiment... La seule catégorie de personnes qui a des conversations privées,

1:04:08

c'est les re-sta, finalement.

1:04:09

Non, non, mais elles, elles ne les ont pas en privé,

1:04:10

elles les ont en off.

1:04:12

Ah ouais!

1:04:12

C'est ça, la subtilité!

1:04:14

La subtilité! Pardon, continue ta phrase!

1:04:16

Enfin bref, voilà, exemple parfait. Donc avec Florence,

1:04:21

nous passions notre temps.

1:04:22

Ah, tu veux dire qu'on a eu des conversations d'autistes!

1:04:24

Oui!

1:04:24

Oui, oui, on a eu des conversations hyper autistes.

1:04:26

Hyper autistes.

1:04:26

Quelle dinguerie!

1:04:27

Ah là là, et on s'excuse en permanence de se couper.

1:04:29

Bref, c'est le fun.

1:04:35

C'était drôle. J'ai ri, moi aussi. J'ai étouffé mon rire.

1:04:39

Je me suis éloigné du micro, mais je vous promets,

1:04:43

j'ai ri de bon cœur.

1:04:46

Ah oui, donc du coup, nous parlions de ton livre sur...

1:04:49

Oui, quand je l'ai écrit, il y avait... En fait, si tu veux,

1:04:54

à la base, j'ai cherché des liens, des gens m'écrivaient pour me dire,

1:04:58

yo, tes modèles, c'est vachement intéressant. Est-ce que tu peux me donner des conseils?

1:05:02

Et au bout de dix messages comme ça, je me suis dit,

1:05:05

bon, il y a bien quelqu'un qui a donné des conseils quelque part vers qui je pourrais les renvoyer.

1:05:07

Non, absolument pas. Et du coup, les seuls ouvrages par des modèles slash mannequins,

1:05:15

mais en l'occurrence, c'était un peu différent ce que je faisais,

1:05:17

mais ça allait concerner les violences. Enfin, globalement,

1:05:22

les violences, les TCA, les... Voilà, mais il n'y avait pas vraiment...

1:05:26

Enfin, il n'y avait pas de matériaux par et pour les modèles.

1:05:30

Il n'y avait pas de modèles expliquant en quoi consistait son travail.

1:05:34

Oui.

1:05:35

Et du coup, j'ai fait ça, parce qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse,

1:05:38

comme je disais tout à l'heure. Je me suis sacrifié.

1:05:41

Oh là là. Le don au monde.

1:05:44

Et voilà, il y a... Et apparemment, ça a été utile,

1:05:48

vu qu'on est dix ans plus tard et que ça a été cité.

1:05:51

Ensuite, je suis parti en Biélorussie.

0:00

El famoso Biélorussie.

0:00

El famoso Biélorussie. J'ai commencé à écrire mon grande œuvre qui n'a toujours pas de maison

1:05:59

d'édition. J'ai écrit un autre roman qui s'appelle Yggdrasil Network qui est en français malgré

1:06:06

son... C'est plus une histoire... C'est une histoire d'addiction.

1:06:14

Métaphorisé par des super pouvoirs.

1:06:16

Oh, c'est marrant parce que dit comme ça, moi, j'aurais pensé au mythe nordique,

1:06:22

un peu Yggdrasil, tout ça.

1:06:24

Ah ouais, mais c'est parce que je suis un peu un chouffin.

1:06:27

Un chouffin? C'est quoi? C'est comme un chou fleur?

1:06:30

Tu ne sais pas ce que c'est un chouffin?

1:06:30

Mais non!

1:06:31

Waouh, alors un chouffin, c'est un terme non mélioratif.

1:06:41

Bon, l'image de base du chouffin, c'est un peu le gros nounours de Festival Metal avec sa barbe et il adore le Seigneur

1:06:48

des Anneaux et Donjons et Dragons et il boit une bière d'une certaine marque,

1:06:53

qui est la Chouffe. C'est de là que vient le mot chouffin.

1:06:58

D'accord!

1:07:00

Malheureusement, j'ai commencé à utiliser le mot chouffin il y a trois semaines parce que quelqu'un

1:07:04

me l'a mis dans la tête, ça va s'arrêter dans quelques semaines,

1:07:06

mais on est aujourd'hui et donc j'ai employé le mot chouffin.

1:07:08

Je comprends.

1:07:10

Alors que trois mois plus tôt, j'aurais dit oui, tu vois.

1:07:13

Oui, mais ça c'est normal. C'est juste que dans ton cerveau autistique,

1:07:17

tu as décidé de mettre ce petit mot dans la petite boîte des mots qu'on dit en ce moment.

1:07:22

C'est ça. Mon petit cerveau est une petite éponge.

1:07:24

Oui, mais c'est pour ça que tu fais des livres.

1:07:26

Eh oui. Après, les mots sont dans les livres et je n'ai plus besoin de les utiliser dans la vie.

1:07:30

Attends.

1:07:31

Tu ne peux plus parler.

1:07:34

Oui, il y a un... En fait, c'est de l'anticipation avec une touche de fantasy à la fin.

1:07:42

Ok, d'accord. Du coup, on pourrait croire qu'on est dans le vrai monde,

1:07:45

mais en fait, non.

1:07:45

Bon, de toute façon, on n'est jamais vraiment... En fait,

1:07:48

en réalité, c'est intéressant ce que tu dis, quand on écrit un livre,

1:07:54

même Coquille d'œuf, il y a un world building, en fait.

1:07:56

Ah oui, oui, oui.

1:07:57

Même si ce n'est pas de la fantasy, en fait, tu es en train quand même de peindre,

1:08:01

ne serait-ce qu'en choisissant les éléments du monde que tu choisis de développer,

1:08:05

tu es en train de faire du world building, même si ça se passe dans le,

1:08:07

entre guillemets, vrai monde.

1:08:09

Oui, le monde réel, entre guillemets, sans magie,

1:08:11

sans rien.

1:08:11

Voilà, donc j'ai écrit Yggdrasil Network, qui est un livre,

1:08:15

et dedans, il y a des arbres à la fin, qui mettent fin au capitalisme.

1:08:21

Enfin, ils commencent le processus, en tout cas.

1:08:24

C'est bien.

1:08:24

C'est un peu dur.

1:08:25

On espère que cette anticipation verra le jour.

1:08:29

Non, mais il a...

1:08:30

Non, mais je veux dire que le propos...

1:08:32

Ah, oui. Alors, c'est mal parti.

1:08:35

Oui, je crois.

1:08:37

C'est mal parti. Cela dit, j'ai commencé à l'écrire en 2017,

1:08:40

parce qu'il s'était passé quelque chose qui m'avait mis en colère et qui m'avait rendu désespéré.

1:08:47

Quoi donc?

1:08:49

Alors là, no clue...

1:08:51

Aucune idée ! Mais en tout cas, il y a la Startup Church qui existe dans ce roman.

1:08:58

Bref, c'est marrant. Du coup, j'ai fait ça. Ensuite,

1:09:02

j'ai fait une BD qui s'appelle Tu n'auras pas mon silence et qui parle de syndrome de stress post-traumatique après une

1:09:10

relation abusive marquée par le viol conjugal.

1:09:13

Oui.

1:09:14

Voilà. Inspirée d'une histoire vraie.

1:09:19

Absolument. Juste une. Une.

1:09:21

Une. Voilà. Cela étant dit, dans cette BD, il y a un Pikachu.

1:09:25

Ah ouais?

1:09:26

Ouais.

1:09:27

Eh ben écoute.

1:09:28

Non mais c'est pas un vrai Pikachu.

1:09:29

Mais je sais que cette BD-là, ça m'avait beaucoup interpellée aussi.

1:09:32

Il faudra que je vois pour la trouver soit à la médiathèque,

1:09:34

soit l'acheter.

1:09:35

Tu fais ta vie.

1:09:36

Voilà. Parce que je pense que c'est très important de parler de ce sujet.

1:09:41

Merci. Mais tu verras la structure est... Enfin je me suis amusé avec la structure.

1:09:47

L'objet BD tu veux dire?

1:09:50

L'ordre dans lequel je raconte l'histoire. Je me suis basé sur la structure de comment ça se passe

1:09:59

le PTSD au tout début.

1:10:00

Ah, intéressant. Très cool. Écoutez, j'espère que nos auditeurices pourront aller lire aussi cette

1:10:05

BD. Moi, je suis très friande de BD. Je trouve que c'est un support magnifique.

1:10:10

C'est un vecteur d'expression.

1:10:12

J'ai adoré bosser sur de la BD parce qu'il y avait cette composante technique qui me protégeait en quelque sorte de ce que

1:10:20

j'étais en train de faire. J'ai fait énormément de cauchemars.

1:10:23

pendant que j'écrivais la BD, pour des raisons évidentes,

1:10:25

je pense que ce n'est rien comparé à si j'avais choisi d'en faire un roman.

1:10:29

Ah oui, parce que du coup, le fait qu'il y ait une BD,

1:10:31

t'as des illustrations qui restent quand même posées,

1:10:33

comme quand tu fais un film, alors que du coup, un roman,

1:10:36

t'as ton imaginaire qui peut...

1:10:37

Non, pas tout à fait. C'est qu'en fait, j'étais dans ce que j'étais en train de raconter,

1:10:41

mais il y avait toujours cette couche de technicité,

1:10:43

de je dois choisir qu'est-ce qui se passe dans quelle case,

1:10:45

combien de cases je mets par... Comment je mets en scène?

1:10:48

En fait, un scénario de BD, c'est à moitié un scénario,

1:10:50

à moitié un découpage technique, si vous voyez ce que je veux dire.

1:10:52

c'est la liste des plans d'un film.

1:10:55

Un peu storyboard, quoi.

0:00

Un peut storyboard à moitié, sauf que je ne sais pas dessiner,

1:10:58

du coup c'est des mots, mais littéralement c'est des tableaux.

1:11:02

Bob se tient à côté de la plante verte.

1:11:04

Non mais littéralement, je veux dire, les colonnes de mon tableau,

1:11:07

c'était numéro de case, décor, action, dialogue.

1:11:11

Trop bien, et après t'as bossé avec l'illustratrice.

1:11:13

Avec l'illustratrice, Stéren, qui a dessiné les planches.

1:11:18

Transition de ouf, l'illustratrice de Coquille d'œuf.

1:11:21

Ah j'avoue, l'illustratrice de Coquille d'œuf, Hélène,

1:11:23

c'est vrai.

0:00

Ne laissez jamais parler deux autistes ensemble.

1:11:26

Jamais, de toute la vie. Eh bien, c'est Hélène Lecam qui a fait les illustrations de Coquille

1:11:31

d'œuf. Nous nous sommes rencontrés car mon éditrice Camille a décidé,

1:11:35

elle n'a rien décidé, elle m'a demandé mon avis et je l'ai donné.

1:11:39

Elle m'a envoyé le profil d'Hélène, elle m'a dit,

1:11:41

regarde, c'est son travail, qu'en penses-tu? Je lui ai dit,

1:11:44

j'aime bien son truc avec les feutres, si elle fait avec les feutres,

1:11:48

moi je suis chaud de faire avec elle et donc j'ai fait avec elle.

1:11:51

Parce que vous ne voyez pas évidemment car c'est une illustration mais en fait c'est une illustration qui est faite entièrement

1:11:57

au feutre et c'est du feutre qui n'est pas forcément colorié à fond dans les coins.

1:12:02

Il reste des petits endroits blancs, il reste pour faire les ombres on peut mettre deux feutres les uns sur les autres donc

1:12:09

c'est à la fois très brut et en même temps très naïf.

1:12:14

Et du coup, ça exprime très, très bien à la fois l'enfance et en même temps la force de ce qui est

1:12:23

raconté. Donc, ça met le monde dans un... En tout cas,

1:12:31

la patte est très claire, elle est très caractérisée.

1:12:34

Et du coup, il y a différentes illustrations, que ce soit pour la couverture ou à l'intérieur même

1:12:40

du livre. et c'est vrai que ça permet d'avancer aussi dans l'histoire,

1:12:46

de voir les évolutions du personnage, mais vraiment avec un trait très caractéristique qu'on voit

1:12:53

pas tout le temps, je trouve.

1:12:55

Je suis vraiment hyper heureux de ce truc-là parce qu'elle a vraiment donné une identité graphique au bouquin que moi j'avais pas

1:13:03

du tout en tête au début. Bon, d'abord, il ne faut pas me demander ce que j'imagine en illustration parce que ce n'est pas

1:13:11

mon métier. Mais clairement, je n'aurais jamais eu l'idée de dire « Eh,

1:13:15

viens, on fait des trucs et on feutre ». Et en fait,

1:13:17

ça donne cette espèce de regard à hauteur d'enfant sur le truc et qui vient faire écho aussi.

1:13:25

C'est pour ça que je tiens le livre à la page 70,

1:13:29

où il y a une double page d'illustration. ça vient faire écho à cette scène où en gros ils sont en train de faire des arts

1:13:37

plastiques. Ils ont récupéré une porte que quelqu'un a jetée dans la rue,

1:13:43

ils sont en train de faire une fresque et il y a cette espèce de scène que j'ai clairement volée à

1:13:47

Stargate SG1. J'ai pas volé la scène mais j'ai volé les trois lignes de dialogue.

1:13:53

Ça va, trois lignes de dialogue, je pense qu'ils peuvent être sympas.

1:13:55

Ça va. Écoute, personne ne sait la Goldwyn Mayer chose,

1:14:01

Metro Goldwyn Mayer, ne s'est plaint.

1:14:03

Le lion, encore. Non mais franchement.

1:14:05

Il est gay lui aussi. Bon, on s'égare. Mais en gros,

1:14:09

voilà, les quatre ados participent tous un peu à la fresque et il y a Léon qui commence à dessiner

1:14:15

un truc, mais il dessine en tout petit dans le coin.

1:14:17

Parce qu'il n'ose pas. Et je crois que c'est Mati ou Elula,

1:14:19

quelqu'un. C'est Mati. Mati. Vraiment la best meuf.

1:14:24

La best meuf.

1:14:25

C'est vraiment la best. J'aime beaucoup Elu, mais clairement,

1:14:29

si demain tu me dis qu'il faut que tu choisisses entre Mati et Elu,

1:14:32

je suis désolée Elu, mais c'est Mati.

1:14:34

La femme forte, c'est un peu...

1:14:37

Mais c'est à l'état que forte, elle est vraie.

1:14:39

Elle a du vécu, elle est complète.

1:14:44

C'est une collégienne. On lui met beaucoup de pression quand même.

1:14:48

Non, mais en fait, tu vois, à son stade de vie, elle a réussi à s'épanouir à ce stade,

1:14:53

tu vois? Ouais. C'est ça qui est beau quand même.

1:14:55

Elle est super.

1:14:56

Donc comme ça, ça lui profile un lycée de ouf.

1:15:00

Ah ouais, là...

1:15:00

Le lycée, c'est toujours pourri.

1:15:02

Le lycée, c'est toujours pourri. Ouais, et du coup,

1:15:04

il est en train de dessiner en tout petit, et donc Mati lui dit plus grand,

1:15:10

et Léon proteste en disant mais attends si je rate je vais gâcher tout votre truc ce qui est un truc qui n'arrive pas dans

1:15:15

Stargate pour le coup. Ça je ne l'ai pas volé. Finalement je n'ai volé que le "plus grand".

1:15:20

Plus grand.

1:15:21

Waouh, vol de ouf.

1:15:23

Vraiment une... Non mais moi je sais très bien à quoi je faisais référence quand j'ai écrit cette

1:15:28

scène. Il y a clairement une inspi. C'est pour ceux qui...

1:15:34

D'ailleurs il y a un... Bon d'abord tout SG1 est un peu autiste.

1:15:38

Beaucoup de séries un peu dans la fantasy.

1:15:41

C'est un peu comme si les écrivains pour la télé,

1:15:43

c'était un peu des autistes. Non, mais en gros, c'est un épisode où ils ont visité une planète où

1:15:58

on choisit des enfants, on leur met plein de nanorobots pour les booster dans le cerveau dès leur

1:16:03

plus jeune âge. Ils passent dix ans à apprendre dix mille trucs.

1:16:06

De l'eugénisme, c'est fou.

1:16:10

Et par exemple, il y a une petite fille qui s'appelle Mérine,

1:16:14

je crois, qui est spécialisée sur les technologies d'une aquata,

1:16:19

etc. Et en gros, l'idée, c'est que quand ils atteignent un certain âge,

1:16:23

on prend tous les nanos robots de leur cerveau, on en injecte un par citoyen et du coup,

1:16:29

tout le monde a profité de leur savoir. Le problème,

1:16:31

c'est que comme ils avaient des robots dans le cerveau,

1:16:33

leurs connexions ne se sont pas développées naturellement.

1:16:36

Et du coup, ils sont little better than... Comment on dit quand on...

1:16:43

Aide-moi, s'il te plaît.

0:00

Trépanné.

1:16:46

Je voulais dire lobotomisé et ensuite j'ai dit trépanné.

1:16:49

Mais bon, tout le monde a compris. Et du coup, O'Neill n'est pas très content quand il apprend ça.

1:16:55

Il y a un rapport à l'enfance dans Stargate. Je suis en train de le re-regarder.

1:16:58

Il y a un rapport à l'enfance dans Stargate, c'est ce que je trouve hyper intéressant en réalité.

1:17:03

Et c'est vraiment une constante. Il y a énormément d'épisodes avec des enfants et il y a toujours un développement par rapport

1:17:10

au rapport de tous les personnages. Et en plus, tous les personnages ont un rapport très différent

1:17:15

à l'enfance.

1:17:16

C'est fou parce que dans les séries fantastiques,

1:17:19

fantasy SF, etc., il y a rarement des enfants.

1:17:24

Et tu vois, juste avant, j'ai revu Charmed, qui date de la même époque.

1:17:28

Enfin, tu vois, c'est la trilogie du samedi, on sait très bien.

1:17:31

Il y a des enfants, bon, vers la fin. Il y en a un peu au fil de la série,

1:17:34

mais c'est vraiment beaucoup moins. Et il n'y a pas ce développement du rapport à l'enfance comme

1:17:40

dans Stargate SG1.

1:17:41

Oui, moi, je ne voyais pas du tout d'enfants dans Charmed.

1:17:43

Bah, alors, il y a celle qui voit les trolls dans les saisons du début,

1:17:49

mais elle est là sur un épisode. Après, la plupart des enfants de Stargate sont là sur un épisode,

1:17:54

mais il n'y a pas réellement de... Enfin, si, il y a un truc en mode,

1:17:57

ah, il faut avoir son enfant intérieur, sinon tu peux pas voir les fées et machin,

1:18:01

mais ouais, il n'y a pas vraiment de... Bon, et ensuite,

1:18:05

les soeurs, enfin, Piper notamment, commencent à avoir des enfants,

1:18:08

mais en fait, j'ai... Ouais, je sais pas, le traitement des personnages des enfants n'est jamais...

1:18:15

Ils n'ont pas vraiment de place.

1:18:19

Ils ont une place, mais il n'y a pas de discours sur leur enfance.

1:18:24

Tu vois ce que je veux dire ou pas?

1:18:26

C'est-à-dire qu'on ne parle pas de ce qu'ils vivent?

1:18:28

D'abord, on ne parle pas de ce qu'ils vivent, ça c'est sûr.

1:18:31

Enfin, tu vois, tout l'arc de... Alors d'abord, Chris,

1:18:35

excuse-moi, mais la plupart du temps, c'est soit un bébé qui est un props,

1:18:39

en fait, ou alors il a 20 ans et c'est Drew Fuller qui est venu jouer le rôle et voilà.

1:18:44

Parce que si c'était un props quand il a 20 ans, ils ont fait des progrès en technique.

1:18:50

Non mais c'est un vrai bébé mais ça pourrait être un props,

1:18:53

c'est pareil quoi. Et Wyatt, il a juste un seul arc,

1:18:56

c'est ah non, des gens vont vouloir, il est hyper puissant et donc des gens vont vouloir le tourner vers le mal et il faut

1:19:01

éviter qu'il soit tourné vers le mal.

1:19:02

C'est un outil quoi.

1:19:03

Ouais c'est vraiment un outil quoi. Et donc dans cet épisode de Stargate,

1:19:08

donc Jack O'Neill n'est pas content parce qu'il se dit j'ai vraiment pas envie qu'on lobotomise

1:19:13

Meryn, elle est hyper sympa.

1:19:15

Bah oui.

1:19:15

En plus c'est un être humain.

1:19:17

Oh dis donc.

1:19:18

Et donc, il la kidnappe.

1:19:21

Je veux faire le bien, du coup, je la kidnappe.

1:19:23

Non, non, mais en fait, en gros, il la kidnappe. En fait,

1:19:25

il veut la convaincre. Parce qu'en fait, c'est vrai que si elle,

1:19:29

elle disait, en fait, je veux pas qu'on prenne les nanorobots,

1:19:32

je renonce le devoir envers le peuple, ça vaut pas le coup.

1:19:37

On la forcerait pas. Et du coup, l'enjeu, c'est de convaincre Meryn qu'effectivement,

1:19:43

on va lui faire du mal en lui retirant ses nanorobots,

1:19:46

qu'elle a genre 12 ans, il me semble, à ce moment-là,

1:19:49

qu'à un moment, il y a Carter qui lui dit « Mais la plupart des choses intéressantes qui me sont

1:19:52

arrivées, c'était pas avant mes 15 ans. Tu sais pas,

1:19:55

en fait, ce qu'on s'apprête à te prendre. » Et donc,

1:20:00

O'Neill l'emmène passer une journée à l'école. Et donc,

1:20:04

elle arrive dans cette classe d'art plastique. Ça tombe bien.

1:20:10

C'était justement la classe d'art plastique, mon Dieu.

1:20:12

Et elle est hyper premier degré, enfin vraiment l'autisme coded est très fort et donc il lui dit bah vas-y dessine et elle

1:20:24

commence à essayer de dessiner les plans d'un générateur à un aquada

0:00

Ah bah oui, parce qu'elle sait que ça !

0:00

Le pinceau est beaucoup trop épais, je ne peux pas y arriver et il est là non mais peins quelque chose que tu aimes et elle

1:20:37

est en mode mais je ne comprends pas de quoi tu parles.

1:20:39

Il finit par lui dire, tiens, les fleurs sur le bureau de ma collègue Carter,

1:20:44

t'as qu'à peindre ça. Et une fois de plus, elle est en mode,

1:20:47

ah, mais j'ai pas les bonnes couleurs et si j'avais une coupelle,

1:20:49

je pourrais mélanger les fleurs.

1:20:50

Parce qu'elle a été complètement objectifiée.

1:20:51

Et elle est là, mais non, putain, mais peins une fleur!

1:20:55

Et d'ailleurs, il lui crie un peu dessus, mais c'est très tendre.

1:20:59

Il est là, mais non, mais tu sais quoi, ne te contente pas d'une seule fleur,

1:21:01

peins-moi tout un jardin! Et elle est en mode, mais c'est pas la réalité!

1:21:04

Il est là : justement! Et bon, à la fin de l'épisode,

1:21:08

on a quand même fait, ça s'appelle l'Averium, on lui a quand même pris ses robots parce que,

1:21:12

enfin, il y a un...

1:21:14

Triste. Mais en même temps, elle avait l'air de ne pas être capable de pouvoir vivre non plus.

1:21:18

Écoute, par ailleurs, l'interventionnisme américain est également un truc,

1:21:23

donc en vrai, c'est pas... Bon, politiquement, il y a un...

1:21:29

Il y a une lecture de ces épisodes où c'est pas plus mal qu'ils aient pas réussi à empêcher le truc d'un certain point de

1:21:34

vue. Et en fait, en gros, le truc, c'est qu'en allant à l'école,

1:21:38

elle a appris ça. Et du coup, désormais, sur cette planète,

1:21:41

les enfants à qui on a pris leur nanorobot, ils vont à l'école.

1:21:47

Parce qu'ils faisaient pas ça avant. Genre le seul système d'enseignement,

1:21:50

c'était que le...

1:21:51

Aaah, du coup y'a un peu de progrès.

1:21:51

Et du coup, il y a un peu de progrès. Mais donc, cette scène avec la fleur,

1:21:54

et c'est là qu'il lui dit plus grand, et elle s'apprête à encore dire non,

1:21:59

c'est pas exact, plus grand, et c'est vraiment une scène,

1:22:02

elle m'émeut aux larmes à chaque fois que je la vois.

1:22:05

Quel délire, je viens de passer un quart d'heure à parler de Stargate SG1.

1:22:08

Oui, mais en même temps, ça explique aussi tout ce que t'as mis dans le livre.

1:22:14

Cette scène-là, quoi.

1:22:15

Oui, bien sûr, mais en tout cas, l'émotion par rapport à comment les enfants...

1:22:21

Voilà, l'objectification, la tristesse de se dire est-ce qu'elle avait vraiment vécu des choses?

1:22:26

Oui, oui. Parce que oui, de fait, il y a une... Enfin,

1:22:30

c'est un fait. Les enfants qui sont choisis pour avoir tous ces nanorobots et pour devenir des puits de savoir qui vont

1:22:39

ensuite transmettre à leur peuple, Ils ont une fonction purement utilitaire et il y a un truc qui

1:22:47

est audible, c'est, bon, il y a la menace des Goa'ulds,

1:22:50

si les Goa'ulds, ils arrivent et qu'on n'a pas récupéré ses connaissances,

1:22:53

on ne pourra pas se défendre et donc on risque de tout se faire tuer.

1:22:58

Oui. Et du coup...

1:23:00

Mais est-ce que la fin justifie les moyens?

1:23:01

Ouais, est-ce que la fin justifie les moyens? Enfin bon,

1:23:05

pour le coup, l'épisode est assez fin là-dessus,

1:23:07

il nous laisse nous faire notre propre opinion parce qu'il y a vraiment ce truc de...

1:23:11

Il y a un peu un dilemme du tramway, en fin de compte,

1:23:14

dans cet épisode. Mais il y a vraiment ce truc où...

1:23:20

Oui, mais les enfants sont traités comme des sujets avec leurs propres opinions et même Meryn,

1:23:26

au début, c'est un peu... C'est même pas présenté.

1:23:30

Genre, O'Neill est de cette opinion, mais c'est jamais présenté comme « Ah,

1:23:34

cet enfant ne sait pas ce qui est bon pour elle ».

1:23:36

Tu vois ce que je veux dire? Et après, on peut être d'accord ou pas avec ce qu'elle pense,

1:23:41

mais n'empêche qu'elle est toujours en dépeinte comme étant un sujet.

1:23:44

Ce qui est mieux quand même qu'un objet, effectivement.

1:23:46

C'est vraiment mieux qu'un objet.

1:23:48

Je pense que tu l'as bien remis aussi dans Coquille d'œuf parce que justement,

1:23:53

Léon commence à vraiment vivre, entre guillemets,

1:23:56

quand il arrive dans le bunker et qu'il fait des choses avec les autres.

1:24:00

Oui.

1:24:00

Parce que du coup, il peut lâcher cet effort mental de « à quoi je dois ressembler?»

1:24:07

À quoi je dois ressembler et surtout, comment ne pas provoquer une crise d'angoisse à ma mère?

1:24:14

Ouais, et puis même les autres, parce qu'il y a quand même les autres enfants.

1:24:17

Ouais, il y a aussi le harcèlement scolaire qui existe.

1:24:20

Mais d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que ce harcèlement scolaire,

1:24:23

la façon dont tu l'as présenté, j'ai trouvé que c'était très bien,

1:24:25

parce qu'à la fin, vu qu'il y a cette aura... de réalisation de la part de Léon qu'il peut être

1:24:38

lui, qu'il s'est fait couper les cheveux proprement,

1:24:41

qu'il a des vêtements à sa taille, etc., etc., qu'il peut les mettre vraiment.

1:24:47

En fait, il n'y a plus ce demi-truc bizarre, ce sur quoi les enfants se moquaient finalement au

1:24:52

début.

1:24:52

Oui, il y a moins de points d'achoppement parce qu'en fait...

1:24:57

Tu peux toujours te moquer de quelqu'un, mais si cette personne,

1:25:00

elle est bien dans sa peau, alors évidemment si tu commences à la taper ou si c'est vraiment tout

1:25:04

le temps, bon voilà, mais n'empêche que si cette personne,

1:25:09

elle est bien dans sa peau, ça aura beaucoup moins d'impact.

1:25:11

Bien sûr, tu peux évidemment prendre une personne qui est bien dans sa peau et te mettre à la harceler jusqu'à ce qu'elle ne

1:25:16

soit plus bien dans sa peau, c'est parfaitement possible.

1:25:19

Ça existe, on est d'accord.

1:25:20

Néanmoins, le fait qu'il ait cet espace où il peut être lui,

1:25:24

ça lui permet aussi de développer entre guillemets la force de résister derrière aux attaques de

1:25:30

l'extérieur.

1:25:31

C'est ça, exactement. Et donc du coup, finalement,

1:25:33

c'est une résistance assez douce parce que c'est juste je m'appelle Léon.

1:25:36

Et du coup, les autres enfants, ils sont en mode...

1:25:40

Ok. Et ils ne peuvent pas réagir mal parce qu'en fait déjà,

1:25:45

c'était un harcèlement très fort, mais pas par des gens qui ont la volonté de faire du mal

1:25:50

violemment. C'était plus un harcèlement...

1:25:54

Eh t'es pas comme nous.

1:25:56

Ouais.

1:25:57

Ce qui est quand même très...

1:25:58

C'est très violent, on est d'accord, mais c'est plus facilement curable,

1:26:02

entre guillemets, transformable en quelque chose de plus sain,

1:26:05

justement avec la fin où il est plus confiant.

1:26:10

J'ai envie de citer Ted Lasso.

1:26:13

Je t'en prie.

1:26:15

Be curious, not judgmental. En fait, je pensais ça parce que ce que tu as dit,

1:26:21

ça m'a fait penser à... En fait, ça construit une curiosité aussi.

1:26:24

Alors, pas dans le sens où Léon devient une curiosité,

1:26:27

mais tu vois toute la scène où il se presse un peu et lui demande,

1:26:31

mais du coup, tu fais pipi debout, comment ça marche,

1:26:33

etc. Des questions qui sont... Bon, si c'était des adultes qui les posaient,

1:26:36

ce serait vraiment pas cool.

1:26:37

Mais là, c'est des enfants, donc c'est vraiment une curiosité naïve.

1:26:40

Mais là, c'est des enfants et il y a des espèces de naïveté,

1:26:41

genre, attends, comment ça marche? Ouais. Tu vois?

1:26:45

Et j'aime bien cette scène aussi parce que c'est pas...

1:26:51

Comment dire? C'est un peu ce que je disais, tu vois?

1:26:55

Franchement, si demain, je fais mon coming out à quelqu'un...

1:26:59

Enfin, c'est plus vraiment un coming out à ce stade,

1:27:01

c'est plus lui signaler que c'est pas ça le bon pronom.

1:27:03

Au fait.

1:27:06

Et que la personne me demande, mais du coup, tu fais pipi debout?

1:27:11

C'est 90 % de la moquerie, quoi.

1:27:14

Oui, ou alors vraiment une maladresse...

1:27:16

Ouais, c'est bizarre, quoi.

1:27:18

Ouais, puis tu dis pas... En plus, c'est pas vraiment une question que tu poses la première.

1:27:22

Oui, en plus, oui. En plus, ouais, vraiment.

1:27:24

Bonjour Florence, première fois qu'on se rencontre.

1:27:25

Tu fais pipi debout? Eh ben cool.

1:27:28

Alors? Tu fais pipi debout? Ouais, si. Et toi? Alors moi,

1:27:31

pareil. Moi, en fait, ça dépend.

1:27:32

De biais.

1:27:33

Des fois...

1:27:34

De la tête en bas.

1:27:35

Il se trouve que j'ai des rhumatismes et donc...

1:27:37

C'est ça, j'ai une chaise.

1:27:43

Ouais, je sais plus où j'allais avec ça, mais ça ouvre de la curiosité.

1:27:49

Là où quand Léon était bizarre, mais qu'on savait pas exactement pourquoi,

1:27:56

ça faisait juste du rejet genre t'es pas comme il faut.

1:27:58

C'est ça, j'ai peur.

1:27:59

Alors que maintenant qu'il y a un mot pour dire en quoi il est différent,

1:28:03

c'est...

1:28:06

C'est-à-dire? C'est ça. Explique-nous maintenant.

1:28:08

C'est ça.

1:28:09

Et je pense que c'est vraiment l'histoire, tu as littéralement décrit la différence entre,

1:28:14

voilà, méconnaissance, entraîne peur, entraîne violence et cris et agressions et machin,

1:28:21

alors que si tu transmets de la connaissance, donc là en l'occurrence,

1:28:24

bon voilà, bonjour, je suis Léo, Léo, Léon.

1:28:27

Il aurait pu s'appeler Léo.

1:28:28

C'est vrai, mais c'est à cause des lions tout ça.

1:28:30

C'est à cause des lions. Il n'y a pas de lions dans Coquille d'œuf.

1:28:34

Contrairement à ce qu'on...

1:28:35

Aux idées reçues!

1:28:37

On est un peu en train de donner l'impression depuis tout à l'heure qu'il y a des lions dans

1:28:39

Coquille d'œuf. Je tiens à remettre la vérité en place.

1:28:43

Il n'y a pas de lions dans Coquille d'œuf, je suis désolé.

1:28:44

Il n'y a pas de lions, désolée.

1:28:46

Il y a Minou.

1:28:47

Il y a Minou et Minou est extraordinaire.

1:28:49

C'est vraiment le meilleur personnage avec Madame Mirabelle et Mati et Idriss et...

1:28:53

Voilà, ça fait beaucoup de genre du coup. Mais c'est vrai que Madame Mirabelle est très bien.

1:28:57

C'est la professeure et elle est très bien. Et justement,

1:29:01

elle prend aussi... un peu son courage à deux mains,

1:29:04

parce que même si elle a subi elle-même des difficultés dans sa vie,

1:29:08

puisque du coup, je ne vais peut-être pas tout spoiler..

1:29:10

Elle est lesbienne voilà.

0:00

Voilà, elle est lesbienne et tout.

1:29:13

Elle vit en colocation avec son amie très chère, Cybèle.

1:29:17

Voilà, mais vous l'aimez? Oui. Et du coup, elle a dû subir aussi des difficultés dans sa vie.

1:29:25

Probablement, puisque c'est une vieille dame qui est institutrice lesbienne dans les années 90.

1:29:29

Voilà, donc je pense qu'elle a vu, peut-être pas trop dans les années 70,

1:29:33

mais en tout cas tout le reste du temps.

1:29:34

Oui, c'est ça.

1:29:35

Et du coup, elle embrasse la différence de Léon.

1:29:46

Elle l'accueille.

1:29:47

C'est ça, merci. Elle accueille la différence de Léon,

1:29:49

au début d'une manière un peu gauche, parce que ça reste quand même différent de son prisme qu'elle

1:29:55

a connu. Mais vu qu'elle a dû déjà enfoncer des portes pour exister,

1:30:00

c'est plus facile pour elle d'avoir cette ouverture avec Léon.

1:30:06

Alors tu vois, je trouve ça intéressant que tu dises que c'est de façon gauche.

1:30:10

Elle ne sait pas trop comment...

1:30:11

Parce qu'elle est parfaite?

1:30:12

Oui, mais dans le sens où elle ne veut pas lui faire du mal,

1:30:15

elle ne sait pas trop comment s'adresser...

1:30:16

Alors en réalité, mon intention, c'était plus un respect du consentement et de ne pas imposer une

1:30:21

aide qui n'est pas sollicitée, c'est plus... Pour moi,

1:30:23

la première scène où elle en parle, c'est vraiment en mode,

1:30:28

bon... Ce que je veux que tu saches, l'idée principale avec laquelle je veux que tu ressors de

1:30:35

cette entrevue, c'est si tu as besoin et envie que je t'aide,

1:30:40

je suis disponible.

1:30:41

Ça, on le ressent 100%, le fait qu'elle ait à fond le consentement et tout.

1:30:46

Mais au début, son prisme de vie est ouvrable en permanence,

1:30:57

mais il n'a pas encore été ouvert par une personne comme Léon.

1:31:00

Je vois ce que tu veux dire.

1:31:01

C'est la première fois qu'elle...

1:31:03

C'est son premier élève trans.

1:31:05

Non mais voilà, c'est ça.

1:31:06

Non mais probablement.

1:31:07

Et c'est dans ce sens-là que je disais qu'elle est un petit peu gauche parce que du coup,

1:31:10

c'est une personne ouverte de base. Donc en fait,

1:31:12

elle va forcément pouvoir s'ouvrir et accueillir Léon.

1:31:17

Et de toute façon, on le voit très bien avec cette histoire de consentement et tout.

1:31:19

Mais tu vois, le tout début, elle est un peu en mode,

1:31:23

OK.

1:31:24

Ouais, comment j'aborde le chose?

1:31:26

Bah oui, parce qu'elle veut bien faire. Elle veut pas que Léon se sente mal.

1:31:30

Elle veut dire les bons pronoms, faire les bonnes choses,

1:31:33

etc. Et du coup, on sent le début.

1:31:37

En fait, le truc aussi, c'est que cette situation,

1:31:40

elle se présente parce qu'elle a obtenu une information qu'elle n'aurait pas dû obtenir.

1:31:44

En plus. Donc, en plus, elle a le stress de se dire mince.

1:31:46

Parce que c'est l'un des ados qui est venu lui dire,

1:31:48

yo, Léon, machin, besoin de soutien. Je fais des phrases très construites,

1:31:53

c'est super. Je suis écrivain. Bon. Et du coup, il y a...

1:32:04

Attends, j'essaie de ne pas dire un truc trigger.

1:32:08

Parce qu'évidemment, le premier truc qui m'est venu à l'esprit,

1:32:11

c'est... Bon, moi, je connais bien le viol.

1:32:15

Oui, je comprends, oui.

1:32:16

Non, mais tu vois, c'est pas parce que je connais bien un sujet que c'est confortable d'aller en parler à quelqu'un alors

1:32:23

que je n'aurais pas dû avoir les informations qui m'ont donné l'information de « il faudrait en parler avec cette personne

1:32:30

».

1:32:30

Bien sûr, pour revenir sur le sujet dont tu viens de parler,

1:32:33

c'est même si on peut avoir justement... De par le fait que plus d'une femme sur deux...

1:32:38

Bref, en tout cas, une personne sur deux... Non,

1:32:41

pas une personne sur deux, une femme... Bref, une femme et plus sur deux.

1:32:44

Une personne minorisée sexuellement.

1:32:47

C'est ça. J'essayais de trouver la bonne formulation inclusive.

1:32:52

Une personne sur deux, pas un homme cis.

1:32:54

Bon, beaucoup de personnes.

1:32:55

Voilà, une personne sur deux qui n'est pas un homme cis.

1:32:57

Oui, c'est ça. Après, il y a également des hommes cis dans le...

1:33:01

Mais bon, c'est pas la majorité.

1:33:03

Mais du coup, peut-être un peu, mais pas trop du coup.

1:33:05

Ça fait une longue phrase. Bref, toujours est-il que sur ce sujet-là,

1:33:10

c'est toujours délicat, si tu as appris quelque chose concernant une personne,

1:33:14

d'aller vers la personne et de dire...

1:33:17

En fait, je suis au courant qu'il t'est arrivé de ça,

1:33:19

voire tu viens de me raconter cet épisode, j'ai identifié que c'était ça,

1:33:24

mais tu n'as pas l'air de t'en rendre compte. Et genre,

1:33:27

en fait, dans quelle mesure est-ce que c'est à moi de te le dire?

1:33:30

Dans quelle mesure est-ce que ça va pas faire plus de mal que de bien au moment T?

1:33:35

Après tout, je n'ai pas la formation de thérapeute,

1:33:38

mais en même temps, je sais que tu vas pas avoir de thérapeute et du coup,

1:33:41

je peux pas juste me...

1:33:43

Est-ce qu'on considère non assistance à personne en danger ou pas?

1:33:46

C'est quoi la limite entre ma responsabilité et à quel point c'est pas...

1:33:51

Intrusif dans ta vie.

1:33:53

C'est ça, merci, intrusif le mot que je cherchais.

1:33:55

C'est dur, c'est dur.

1:33:56

Dans ma tête, j'étais not my story to tell, mais...

1:33:58

Mais oui, c'est ça. C'est ça, mais du coup... C'était la voix de la troisième personne.

1:34:06

Et pardonnez-moi, sursaut.

1:34:08

Je te pardonne d'avoir sursauté, mais ne recommence pas.

1:34:12

Plus jamais, plus jamais, plus jamais. Promis, promis promis...

1:34:15

Paul va vraiment s'amuser.

1:34:16

Oui, je pense que Paul va beaucoup s'amuser. Où en étais-je?

1:34:21

Ah oui. Et donc du coup... Est-ce que tu penses que...

1:34:28

Jamais.

1:34:31

Est-ce que tu...

1:34:32

C'est très mauvais pour la santé.

1:34:33

Oui, je pense que c'est... Tu penses, mais heureux les simples d'esprit.

1:34:36

Des fois, je me dis que les gens qui n'ont pas conscience de certaines choses,

1:34:39

c'est peut-être plus facile d'être heureux.

1:34:43

Alors, vous ne m'avez pas vu, mais j'ai haussé les épaules d'un air dubitatif.

1:34:46

Je n'ai pas de réponse.

1:34:48

Et nous n'allons pas rentrer dans ce débat maintenant.

1:34:51

Mais j'aimerais bien te poser une dernière question.

1:34:53

C'est... Est-ce que sur ce livre pour enfants, quid du regard des adultes,

1:35:04

est-ce que tu as pensé aux adultes aussi en écrivant ce livre?

1:35:07

Alors moi je pense que c'est un truc, je pense que tu as lu le livre parce que c'était moi qui l'avais écrit et qu'on avait

1:35:12

parlé etc. et ça t'a intéressé. Mais en réalité,

1:35:15

tout bon livre pour enfants a aussi une lecture pour un regard adulte.

1:35:19

Ça, je suis totalement d'accord avec toi. Mais du coup,

1:35:22

est-ce que tu as pensé aux deux ou tu t'es dit ce sera un livre pour enfants qui sera bien écrit,

1:35:26

donc ça parlera à des adultes?

1:35:27

Non, je ne me suis pas dit ça. Non, il y a vraiment...

1:35:31

En plus, si tu veux, ça, cette collection-là, Le Grand Bain,

1:35:34

c'est vraiment... L'idée de la collection, c'est mon premier roman comme les grands.

1:35:38

Mais il y a une notion quand même de... On va potentiellement le lire avec ses parents,

1:35:43

etc.

1:35:43

D'accord, ok.

1:35:44

Et du coup, il y a vraiment cette espèce de double lecture.

1:35:46

Qu'est-ce que je suis en train de dire à l'enfant?

1:35:48

Qu'est-ce que je suis en train de dire aux parents?

1:35:50

Et les deux vont ensemble, en fait. En vrai, je vous encourage à relire vos bouquins pour enfants que vous aviez quand vous

1:36:01

étiez enfant.

1:36:02

J'ai lu un livre, c'était « Je ne t'aime pas, Châtaigne ».

1:36:04

C'était sur l'adoption d'un chat.

1:36:07

Je ne le connais pas, mais ça a l'air très bien.

1:36:09

Extraordinaire livre.

1:36:10

Mais je vous encourage vraiment à les relire et à essayer de comparer votre regard de maintenant avec votre regard d'enfant et

1:36:16

vous verrez qu'il y a des choses qui ont changé.

1:36:22

Ouais, et tu vois, ce que je veux dire aux enfants,

1:36:26

alors c'est hyper caricatural parce que c'est en fait beaucoup plus nuancé que ça,

1:36:30

mais globalement on pourrait dire que je veux dire aux enfants,

1:36:33

yo, t'as le droit d'exister comme tu es. Je dis beaucoup yo en ce moment,

1:36:36

c'est pareil.

1:36:37

C'est une partie des petites cases.

1:36:39

L'épongerie.

1:36:39

L'épongerie.

1:36:42

Tu as le droit d'être absolument la personne que tu es et tu mérites que les personnes te laissent être la personne que tu

1:36:49

es. Et pour les parents, il y a ce côté un peu encouragement à plus être dans l'écoute parce qu'en

1:36:59

vrai... Pour moi, j'ai pas d'enfants, mais j'ai beaucoup d'expérience à avoir eu des parents.

1:37:08

Non mais surtout, là, je commence à arriver à l'âge où tous mes amis ont des enfants.

1:37:14

Je vois extrêmement bien à quel point elles sont fatiguées.

1:37:20

Et moi, déjà, je suis hyper fatigué et stressé de vivre sous le capitalisme.

1:37:25

Alors imagine si j'avais un enfant en plus. Franchement,

1:37:27

je pense...

1:37:28

Surtout que niveau capitalisme, le nombre de couches à acheter...

1:37:31

Oui, en plus. Mais oui, il y a vraiment une espèce d'économie du temps,

1:37:37

de l'attention, de l'argent qui devient décuplée quand t'as un enfant.

1:37:44

On pourrait partir très loin dans cette conversation,

1:37:46

on va pas le faire maintenant. Ce que j'essaye de dire,

1:37:51

c'est que je comprends que quand t'es parent, des fois,

1:37:55

t'as pas la disponibilité mentale de te dire « Attends,

1:37:59

je vais m'arrêter et être dans la super écoute et être le parent non-violent parfait,

1:38:03

etc. » Des fois, il faut juste être efficace et je suis pas du tout en train d'essayer de justifier

1:38:10

les violences éducatives. Simplement, on peut pas faire la séance de thérapie de couple à chaque

1:38:16

fois qu'il y a une conversation. C'est dommage d'ailleurs.

1:38:20

Peut-être qu'on pourrait faire un truc à propos du capitalisme.

1:38:23

Ah bon?

1:38:24

Mais du coup, en fait, ce que j'essaie de dire, c'est que je comprends que c'est énormément de pression d'exister dans le

1:38:30

monde et d'avoir la responsabilité d'un être humain.

1:38:33

Ah, c'est énorme.

1:38:33

Et genre, littéralement, t'as un job dingo, c'est-à-dire que tu dois faire en sorte que cet être

1:38:39

humain reste en vie. En plus, arrive à l'âge adulte avec pas trop de traumas,

1:38:43

tu vois, alors que toi-même, t'as déjà des traumas qu'on t'a légué de tes parents,

1:38:45

enfin, tu vois.

1:38:46

Et en plus, quand il est adulte, ça reste quand même ton enfant.

1:38:49

En plus. Voilà, et il y a tout un truc, bon bah ne faites pas comme la maman de Léon,

1:38:55

tu peux pas juste, enfin la relation ne peut pas être dans les deux sens,

1:39:03

tu peux pas, tu dois accueillir les émotions de ton enfant,

1:39:06

tu ne dois pas demander à ton enfant d'accueillir toutes tes émotions sans...

0:00

Enfin chacun a vécu la quantité de vie qu'il a vécu quoi,

1:39:12

donc tu peux pas non plus.

1:39:13

Voilà. Et du coup, je pense que c'est possible de se dire « Désolé,

1:39:18

mais en fait, moi, je suis occupé à survivre dans le capitalisme et à faire en sorte que l'enfant

1:39:22

ne meure pas physiquement. J'ai pas le time d'accueillir ces questionnements de genre.

1:39:28

En plus, j'y connais rien. » Et je pense que c'est aussi une façon de dire « Mais en fait,

1:39:34

chers parents, it takes a village. Tu peux demander de l'aide aussi?

1:39:38

» Tu peux, et potentiellement, mais alors ça, je pense que ça sera pas entendu,

1:39:45

ton enfant a souvent raison, en fait, quand il te dit ce dont il a besoin.

1:39:53

De toute façon, plus les enfants sont jeunes, moins ils sont déviés par une société qui veut

1:40:00

imposer des choses hors d'eux. Et donc du coup, plus ils sont jeunes,

1:40:05

plus ce qui vient d'eux est forcément la vérité entre guillemets de par l'existence naïve de ce

1:40:12

truc.

1:40:12

Tu vois, il y a un concept en éducation qui me tend.

0:00

Je te sens tendu.

1:40:19

Je suis un petit peu tendu. C'est le concept de caprice.

1:40:24

Les enfants ne font pas de caprice. Les enfants expriment un inconfort.

1:40:27

Les enfants expriment un besoin. Les enfants expriment une émotion.

1:40:30

Ce ne sont pas des caprices.

1:40:31

Alors moi je vais te dire un truc que souvent les gens n'aiment pas mais je suis partisane de ce n'est jamais la faute de

1:40:37

l'enfant, c'est toujours de la faute des parents.

1:40:39

Dans le sens où si le parent va mal, si le parent exprime des choses à son enfant alors que ça ne

1:40:45

concerne pas l'enfant, s'il y a des émotions qui n'ont pas été réglées chez le parent,

1:40:51

qui vont vers l'enfant, enfin plein de trucs comme ça,

1:40:54

c'est pas la faute de l'enfant si du coup les réactions derrière sont pas optimales.

1:41:00

C'est juste que le parent ne s'est pas pris en charge lui-même pour avancer.

1:41:10

Et c'est hyper dur!

1:41:11

Ah non mais archi dur!

1:41:12

Vraiment, encore une fois, on est en train de marcher sur une ligne un petit peu compliquée,

1:41:18

mais je pense que toi et moi, on est parfaitement au courant à quel point c'est dur d'élever un

1:41:23

enfant. Mais déjà, on trouve ça dur d'exister.

1:41:25

Mais déjà, mais c'est sûr, attends, moi déjà, je pense que mes parents,

1:41:28

ça a dû être un enfer de s'occuper de moi, même s'ils disent,

1:41:32

ouais, bon, c'était bien, gentille petite fille,

1:41:34

tout ça, tout ça. Mais c'est quand même super dur de s'occuper d'un enfant autiste non

1:41:39

diagnostiqué, hypersensible, anxieux. Voilà, très compliqué.

1:41:44

Je ne vois pas de quoi tu parles.

1:41:45

Exactement. Et d'ailleurs, ça fait écho aussi ce qu'on disait,

1:41:50

alors qui n'a pas été prouvé, il n'y a pas de cause à effet prouvée.

1:41:54

Mais le diagramme de Venn n'est pas loin d'être un cercle.

1:41:58

Exactement, parce que les scientifiques ont quand même montré de grosses corrélations entre les personnes qui ont des discussions

1:42:12

de genre avec elles-mêmes. C'est très bizarre ce que j'ai dit.

1:42:15

C'est vraiment étrange.

0:00

Qui, en tout cas, se posent des questions de genre sur qui elles sont et le fait d'avoir un trouble

1:42:26

du spectre autistique.

1:42:28

Beaucoup de personnes autistes ont un rapport avec leur genre qui ne relève pas de la cisidentité et beaucoup de personnes

1:42:36

trans se trouvent être quelque part sur le spectre autistique.

1:42:39

Exactement.

1:42:40

Et ça, c'est des statistiques, c'est vrai.

1:42:44

Exactement. Et du coup, il y a des études qui sont faites scientifiquement pour pouvoir avoir des meilleures informations

1:42:50

à ce sujet, pour avoir des meilleures informations à ce sujet.

1:42:56

Mais c'est très intéressant parce que déjà, l'autisme en tant que tel,

1:43:01

c'est quelque chose qui n'est pas... Bon, pendant très longtemps,

1:43:05

on a juste dit que c'était binaire. Vous êtes soit Asperger,

1:43:07

soit l'autre personne qui a découvert l'autisme,

1:43:10

mais qui du coup est sur le côté plutôt autisme.

1:43:13

Est-ce que c'est un nazi lui aussi?

1:43:14

Alors, lui, non, moins. Parce qu'Asperger, aujourd'hui,

1:43:17

on est bien au courant de la problématique de cette personne.

1:43:20

Déjà, dès que quelqu'un me dit « je pense que tu es Asperger »,

1:43:22

je suis là.

1:43:23

Non, alors du coup, merci bien.

1:43:26

Je ne suis pas sûr de te faire confiance en tant que personne.

1:43:29

Alors, il y a beaucoup de gens qui ne le savent pas,

1:43:30

mais effectivement, Asperger est un monsieur fort peu recommandable.

1:43:34

Mais l'autre personne qui avait découvert justement l'autisme,

1:43:38

mais plus par la phase autisme avec déficience cognitive.

1:43:43

Donc les personnes autistes qui ont des difficultés justement à l'apprentissage.

1:43:46

Ah, celles qu'on ne peut pas rendre productives dans le capitalisme.

1:43:49

Exactement. Les autistes, les capitalistes n'aiment pas,

1:43:51

exactement.

1:43:53

Ils n'aiment aucun type d'autisme.

1:43:54

C'est vrai.

1:43:55

Les capitalistes ne nous aiment pas.

1:43:56

Ils essayent de rentabiliser les autistes qui ont plus de capacités cognitives.

1:44:04

Les autistes qui arrivent à masquer.

1:44:07

Voilà, exactement. Beaucoup les femmes aussi.

1:44:10

Parce qu'en soi, c'est pas parce que tu n'arrives pas à exprimer ta pensée que tu n'as pas de

1:44:13

pensée.

1:44:14

Oui.

1:44:14

Très bon. Est-ce que tu as vu Soudain?

1:44:17

Soudain.

1:44:17

C'est un film.

1:44:18

Eh bien non.

1:44:19

Bah, va le voir.

1:44:19

Je vais soudainement aller le voir, du coup.

1:44:21

C'est un très bon film. Il fait trois heures, par contre,

1:44:23

donc on va bien aux toilettes avant.

1:44:24

Ah bah oui, effectivement. Et du coup, j'ai bien fait de ne pas le voir au cinéma.

1:44:27

Alors, en réalité, c'est pas un film sur l'autisme,

1:44:29

mais il est cool. Va le voir.

1:44:31

Ok, et bien écoute, j'irai voir cette merveille et je vous encourage à aller voir également ceci.

1:44:37

Soudain, qui est actuellement au cinéma.

1:44:40

Actuellement au cinéma. Et donc oui, c'était pour dire qu'effectivement,

1:44:45

le spectre autistique, c'est pas juste deux pôles,

1:44:49

c'est pas non plus une ligne.

1:44:51

C'est pas oui ou non.

1:44:52

Voilà, et c'est pas une ligne, c'est pas linéaire non plus.

1:44:55

Le spectre va dans le...

1:44:56

C'est un spectre circulaire, c'est-à-dire c'est un petit peu comme quand vous avez les caractéristiques genre j'ai plus de

1:45:05

poils aux jambes, j'ai des yeux bleus d'un côté puis je sais pas.

1:45:09

Tu veux dire qu'il y a des gens qui ont à la fois pas trop de poils aux jambes et les yeux bleus?

1:45:13

Eh ben peut-être.

1:45:14

Je n'y crois pas.

1:45:15

Mais en tout cas voilà ça fait des pics comme ça un peu dans tous les sens et donc ça fait des

1:45:19

échelles qui se remplissent.

1:45:20

Ça fait des étoiles finalement.

1:45:21

C'est ça et à la fin ça fait des petites étoiles.

1:45:23

Donc en fait, ce diagramme en forme d'étoile, c'est ça qui permet de comprendre qu'il y a autant

1:45:28

d'autisme que d'autistes, enfin de personnes qui l'en ont.

1:45:31

Oui, complètement.

1:45:32

Donc c'est ça qui est intéressant à voir. Et donc forcément,

1:45:37

dans les personnes autistes, il va y avoir des personnes qui vont plus ou moins se poser des

1:45:43

questions sur leur genre, des personnes qui vont en fait peut-être pas se poser de questions,

1:45:47

mais qui en fait vont se considérer naturellement comme j'existe et qui ne se posent peut-être jamais de questions sur leur

1:45:52

genre mais qui se verront différemment des autres personnes parce que justement c'est pas comme tu disais parce qu'on ne

1:45:58

fait pas les choses verbalement qu'il n'y a pas aussi une façon d'exister différente et je pense qu'aujourd'hui c'est important

1:46:08

d'ouvrir le dialogue que ce soit par le livre Coquilles d'œuf ou en allant voir le film Soudain.

1:46:15

Qui ne parle pas vraiment d'autisme, mais un peu...

1:46:17

En tout cas, ouvrir le dialogue sur ces choses-là,

1:46:20

parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont liées,

1:46:22

et la neuroatypie est souvent liée aussi aux problématiques LGBTQIA +,

1:46:26

parce que ça reste des existences qui ne sont pas dans les types.

1:46:34

Donc forcément, il y a des liens qui se font.

1:46:37

Oui. De toute façon, en fait, toutes les formes de domination se tiennent la main,

1:46:46

entre guillemets. Il y a... Non mais, pardon, je suis désolé.

1:46:49

La la la la la la... J'imaginais tous les hommes cis,

1:46:54

blancs, hétéros, machins, capitalistes, qui faisaient la la la la en ronde.

1:46:59

En fait, ce que j'essaye de dire, c'est qu'à partir du moment où on est dans un système de

1:47:04

domination, on va favoriser l'existence des autres parce que la réalité,

1:47:10

c'est que ce qu'il y a à la racine de ces choses-là,

1:47:12

c'est l'idée qu'il est pensable qu'un être soit...

1:47:17

En domination par rapport à un autre et que ce soit légitime.

1:47:21

Et une fois qu'on a intégré cette idée à l'intérieur de notre tête,

1:47:25

bon bah ok, les hommes versus les femmes, les personnes cis versus les personnes trans,

1:47:30

les personnes neurotypiques, en fait c'est la même chose.

1:47:33

Ah bah oui, et puis déjà pourquoi on veut faire des versus?

1:47:35

Moi je pense que ce qui est hyper important c'est surtout de ceux...

1:47:38

D'ailleurs c'est pas des versus, c'est des contre.

1:47:40

Parce que c'est pas pareil.

1:47:41

C'est pas pareil.

0:00

C'est pas pareil de dire ça vient des deux côtés,

1:47:44

c'est pas vrai.

1:47:44

Non, non, non, c'est juste qu'on s'en prend plein la gueule.

1:47:47

Bah, ouais.

1:47:48

Alors qu'en fait, on pourrait très bien se dire, bah,

1:47:50

en fait, on fait société, on est toustes ensemble.

1:47:54

Je l'ai bien dit, parce que j'ai beaucoup de mal à dire le S de toustes ensemble.

1:47:59

T'es pas obligée de faire la liaison, tu peux dire toustes ensemble et voilà.

1:48:02

Oui, toustes ensemble, ça marche, mais j'avais envie de montrer le pluriel.

0:00

Toustes ensemble, toustes ensemble, ouais, ouais.

1:48:08

J'ai vraiment honte de moi.

1:48:10

Non, non, mais je comprends, je comprends. Vous ne savez pas,

1:48:13

mais on parle depuis si longtemps. Mais toujours est-il que je pense qu'aujourd'hui,

1:48:18

on fait société. Et donc faire société, ça veut dire être toustes ensemble,

1:48:24

donc que les minorités font partie aussi de la société.

1:48:29

Le but n'est pas de marginaliser des personnes qui sont différentes,

1:48:31

le but est que tout le monde comprenne l'existence.

1:48:35

Non, même les personnes qui ne sont pas labellisées comme étant différentes ne correspondent pas en

1:48:39

réalité.

1:48:39

Bien sûr.

1:48:40

Enfin.

1:48:40

Il n'y a qu'à voir quand on va dans les modèles sur lesquels les pantalons,

1:48:44

les habits, les machins, tous ces trucs-là sont calibrés.

1:48:46

Ah, on ne parle pas de pantalons.

1:48:47

Bah, c'est pénible. Non, mais moi, je hais les pantalons et il n'y a rien qui me va.

1:48:50

Donc moi, ça m'énerve que tout soit fait sous le même modèle.

1:48:55

C'est toujours la même forme qui est faite ou les trois mêmes formes,

1:48:59

sauf qu'on n'est pas trois formes, en fait.

1:49:01

Eh non.

1:49:01

On est plein de formes différentes et du coup, le fait que...

1:49:04

Et puis en plus, de toute façon, on fabrique beaucoup trop de pantalons sur ces trois formes,

1:49:07

on en jette la moitié, mais encore quand je dis la moitié,

1:49:10

je suis vraiment sympa.

1:49:11

Hyper sympa, vraiment. Là, c'est de la gentillesse à son paroxysme.

1:49:15

Je ne sais pas pourquoi je suis gentil avec la fast fashion,

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en fait. C'est quoi mon problème?

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Je pense que tu es gentil parce que tu es bon.

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Enfin, je suis fatigué, surtout. Mais enfin bon, notre métaphore des pantalons n'est pas idéale,

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je pense.

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C'est surtout pour dire qu'en gros, il y a de la diversité et les gens veulent juste voir ce qu'ils

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ont envie de voir. Donc, ils ont envie de voir trois personnes différentes pour mettre les pantalons et certaines personnes

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pour ceux qu'on accepte dans la société. Alors qu'en réalité,

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on est plus.

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En fait, je pense que c'est pas exactement comme ça.

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Je n'arrête pas de te couper la parole.

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Non, non, t'inquiète pas.

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Je pense que c'est pas exactement comme ça. Je pense qu'il y a un côté.

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Tu sais quand tu interroges des personnes qui sont plutôt dans les classes sociales en difficulté?

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Oui.

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C'est pas rare d'entendre des réponses qui... Je sais plus quelle est la question,

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mais... Non, mais c'est pas rare d'en entendre dire que c'est important pour ces personnes qu'il y ait encore une classe

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sociale en dessous d'eux. Tu vois ce que je veux dire?

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Et en fait, on est toujours... On est tous le dominant de quelqu'un dans un certain contexte.

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D'abord à cause de l'intersectionnalité et aussi parce que la cellule familiale va nous donner cette opportunité d'être le

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dominant de quelqu'un. Bon alors sauf quand on est vraiment au début de notre enfance et là on est

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le dominant de personne.

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Mais on s'en fout.

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On ne sait pas qu'on s'en fout, c'est qu'on est occupé à survivre.

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Mais voilà, il y a toujours un moment, même moi,

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tu vois, je n'ai pas de cellule familiale, n'empêche que si demain,

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je décide d'aller faire du mal à un..., je ne vais pas le faire,

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je serai le dominant de cet enfant. Et je pense que l'important,

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ce n'est pas tant, il y a un modèle, c'est ça qu'on a envie de voir,

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il faut s'y conformer. Le fait de créer des modèles sert à pouvoir créer des rapports de

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domination. Et c'est vraiment pas du tout la même logique,

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en fait.

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Oui, mais dans tous les cas, ça provient des mêmes types de personnes qui veulent stigmatiser la société ou stigmatiser les

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pantalons. Enfin, dans les deux cas, ça reste les gros penseurs qui veulent faire du fric ou qui

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veulent surtout...

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Les gars qui sont déjà en position de domination veulent sécuriser leur domination et donc ils vont pas s'amuser à inventer

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une domination anti-hommes cis, sauf pour faire oin-oin dans les médias.

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Eh bien, écoute, Florence, j'aimerais bien te faire la petite question de fin,

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si tu y arrives, parce qu'on a beaucoup parlé.

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Je ne sais pas si je vais y arriver, je vous le dis tout de suite.

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Attention, attention, roulement de tambour. Si on devait retenir qu'une seule chose de notre

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échange, qu'est-ce que ce serait?

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Bravo les lesbiennes.

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Oh, c'est mim's.

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Vraiment, je ne vais pas pouvoir faire plus construit que ça,

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là.

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J'aime beaucoup, ça me plaît.

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À bas le capitalisme et bravo les lesbiennes.

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Bah écoute, je pense qu'on va rester sur ça.

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Allez, je pense que c'est ma profession de foi pour la vie.

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Ouais, on va garder ça. En tout cas, merci beaucoup Florence pour cet échange autour de la question du genre et de ce merveilleux

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livre qu'est Coquille d'œuf.

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Merci de m'avoir accueilli.

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Avec grand plaisir. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.

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Comprendre, c'est déjà faire un pas vers l'autre.

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C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

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une autre façon de voir le monde.

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