Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une
même humanité. Aujourd'hui je reçois Aurélie pour qu'on puisse parler ensemble de Troubles Dys.
Bonjour Aurélie.
Bonjour Delphine, comment tu vas?
Super bien, je suis ravie de te voir en vrai, puisque c'est la première fois qu'on se rencontre.
Exactement, tout à fait. Il y a Muta qui est avec nous aussi.
Il est toujours là. Dans tous les podcasts, il rôde.
Justement, ma chère Aurélie, je te propose qu'on commence déjà par faire un peu connaissance avec
toi. Donc si tu peux un peu te présenter, je sais que tu fais beaucoup de choses dans la vie.
Ok oui, je fais beaucoup de choses dans la vie et entre autres mon métier que j'ai créé en août
2018, c'est le fait d'être conférencière sur les troubles dys justement.
Et j'en ai 7, on m'appelle parfois à tort Blanche-Neige et les 7 Dys,
j'aime bien qu'on m'appelle comme ça j'avoue. Il y a quelques mois,
au mois de mars, j'avais fait fin mars, j'avais fait un talk justement sur mes 7 troubles dys et je m'étais déguisée en
blanche neige. Et depuis je me suis dit mais en fait c'est trop un bon personnage pour représenter
ça, voilà.
J'avoue que c'est une très très bonne idée. Après je ne sais pas si les 7 troubles dys correspondent à chaque nain en termes
de personnalité ? Peut-être pas sûr.
Euh, ça dépend lesquels, voilà ça dépend lesquels.
Après moi, ah bah il y a Muta qui miaule.
Mais ne t'inquiète pas Muta tu as le droit de participer au podcast.
Viens avec nous !
Viens !
Il se sent un peu tout seul le pauvre enfant.
Viens Chachin !
Viens Chat-minet ! Bah oui ! Il se sentait seul parce que je suis sûre qu'il a dû probablement,
lui, avoir un peu de dyspraxie par moment.
Dyspraxie je sais pas. Mais peut-être TDAH au moins !
Oh oui, oui, ça, c'est un chat.
Bah oui parce que moi j'ai 7 troubles dys et mon TDAH du coup.
C'est le jackpot.
Ouais, bah ouais, c'est ce que je dis souvent d'ailleurs dans mon livre.
Oui parce que je suis aussi autrice du livre "Moi,
neuroatypique, le secret de ma résilience" qui a reçu l'année dernière le prix rédactionnel des Talenteo Awards 2025 ce
qui est pas rien.
Et on applaudit sans bruit car c'est un podcast.
Et ouais voilà les sourds te remercieront. Donc oui effectivement du coup je suis aussi l'autrice d'un livre qui s'appelle "Moi,
neuroatypique, le secret de ma résilience" qui est sorti le 15 août 2024.
Et puis l'année dernière j'ai reçu ce fameux prix déjà,
parce que c'est une autobiographie avec des trucs et astuces pour les dys et les TDAH,
mais pas que, ça peut être utilisé par d'autres personnes et également parce qu'il est accessible
au plus grand nombre. C'est-à-dire qu'en fait, quand tu as la version papier,
quand tu achètes la version papier, tu as aussi gratuitement accès au livre audio et au e-book.
Trop bien!
Parce que moi, en tant que dyslexique sévère, alors moi,
j'ai la dyslexie la plus embêtante parce que j'ai celle avec des problèmes de reconnaissance des
lettres. Donc moi, j'ai mis du Arial 12 aligné à gauche.
Parce qu'avec la dyspraxie, la fluidité de lecture est beaucoup mieux quand c'est du aligné à
gauche plutôt que du justifié. Le justifié, ça fait que les mots ne sont pas forcément tous espacés
de la même façon.
Bah oui, bien sûr ! C'est génial.
Et puis après, il y a aussi le fait que je n'ai pas voulu mettre de césure,
évidemment. Parce que les césures quand tu sais,
c'est pas que tu sais pas lire, mais quand tu lis avec une dyslexie et que tu as du mal à
comprendre, à accrocher les syllabes entre elles,
forcément que si le mot est coupé en plein milieu,
c'est compliqué.
En fait, c'est plus le tiret du 6, c'est le tiret du dys.
Ah c'est pas mal franchement.
Je te donne les pleins droits, je te donne les pleins droits sur cette blague.
Ok bah je la referai plus tard, c'est pas mal. Merci à toi Delphine.
Mais de rien, tout le plaisir est pour moi.
Donc voilà pas de césure. Et puis chaque phrase commence et termine sur la même page,
ça c'est hyper méga intéressant et voilà.
Mais même pour les gens qui ne sont pas dyslexiques c'est très stressant d'avoir juste un mot à la fin d'une phrase de l'autre côté.
Non mais exactement, et puis ouais voilà c'est de se dire que c'est voulu.
Je suis en auto-édition parce que je n'avais pas envie de me battre avec une maison d'édition pour me dire "je ne veux pas
que ce soit comme vous voulez, c'est trop compliqué".
Du coup j'ai pour ambition depuis cette année de créer ma propre maison d'édition,
qui va s'appeler Dyslire du coup.
Et on applaudit de nouveau. En tout cas comme dit précédemment,
tu fais vraiment plein plein de choses, et effectivement pour des causes multiples.
Parce que ça peut servir à la fois pour les personnes qui,
comme toi, ont des troubles dys, le TDAH, mais aussi pour les proches,
pour sensibiliser aux neuroatypies. Et ça, je pense que c'est vital aujourd'hui de montrer au monde qu'on a une variété
de gens qui y vivent et que chacun peut avoir sa place.
Le tout, c'est de comprendre comment l'autre fonctionne a minima.
Exactement. Et puis, ça m'arrive aussi de faire des accompagnements,
justement, parce que de toute façon, pour tous les enfants,
on n'a pas la notice. Mais un enfant neuroatypique,
c'est d'autant plus compliqué à comprendre comment il fonctionne.
Une fois qu'on comprend comment on fonctionne, même moi,
quand j'ai compris comment je fonctionnais, finalement,
j'allais beaucoup mieux. J'ai mieux accepté mon handicap.
Parce que c'est un handicap, c'est considéré comme un handicap.
À ce titre, en tant que travailleur, on a le droit d'avoir la reconnaissance de la qualité de
travailleur handicapé. La fameuse RQTH que je prône à chaque fois que je vais en entreprise.
Puisque là justement à l'heure où on enregistre ce podcast,
demain je serai chez Planity pour faire deux interventions,
une sur l'accessibilité numérique et les troubles dys,
et l'autre ce sera un atelier dans la peau d'un dys.
Et vraiment ça c'est nécessaire en fait en entreprise ou même auprès du grand public parce que t'as des parents qui se posent
des questions, qui ne savent pas trop sur quel pied danser,
moi, je suis là pour finalement leur dire OK, il y a telle ou telle difficulté,
il faudrait faire tel ou tel bilan. D'ailleurs, j'ai aussi produit pas mal de choses,
de ressources là-dessus. Moi, par exemple, j'ai fait un guide,
en gros, un guide des premiers secours pour accompagner les dys,
où tu as du coup les bilans à faire, l'âge auquel tu peux justement commencer à diagnostiquer,
quels sont les aménagements qu'on peut mettre en place pour ces personnages et aussi des exemples de plusieurs personnes
célèbres qui sont dys.
Ca c'est génial quand il se passe ça, quand on voit qu'il y a quand même des gens célèbres que les
gens aiment entre guillemets. C'est de pouvoir se dire que la reconnaissance est accessible à tous
et à toutes. Et de se dire que finalement, si eux,
ils ont pu avoir cette reconnaissance, moi aussi,
je ne suis pas seule dans ce...
C'est ça, et c'est vrai qu'il y a beaucoup de parents qui me disent qu'on se sent très seuls,
on ne sait pas où aller, on ne sait pas quoi faire,
on n'est pas du tout orientés. Alors c'est vrai que là,
du coup, on est plutôt chanceux parce que je crois qu'en 2027,
rentrée 2027, je crois, ou peut-être un peu plus,
on ne sait pas encore, mais il va y avoir des diagnostics,
des dépistages obligatoires.
Ah en école ?
Apparemment. Alors peut-être pas, je ne sais pas si c'est en école ou pas mais en tout cas j'avais lu ça l'année dernière
dans un magazine pour les parents.
Bah c'est vrai que si c'est le cas, ce serait vraiment bien.
Parce que le nombre d'échecs scolaires qui sont dus justement à une mécompréhension alors que
l'enfant... Les dyslexiques ne sont pas des personnes bêtes,
les personnes avec n'importe quel trouble ne sont pas des personnes bêtes.
D'ailleurs, on va citer en personne célèbre Einstein,
qui lui-même était dyslexique, potentiellement aussi dyscalculique.
C'est ça qui est énorme, parce que c'était un mathématicien et le gars,
il était dyscalculique. Tu te dis, mais comment il a fait pour pondre le E = MC²?
Et là, en fait, c'est qu'il était accompagné par d'autres copains mathématiciens.
Et en fait, moi, j'ai fait des études d'informatique.
Et dans mes deux études d'informatique, j'avais de la physique appliquée.
Donc physique appliquée avec des composants électroniques et compagnie.
Et en fait j'étais meilleure en physique appliquée avec des trucs mais de fou,
des transformées de Laplace, des transformées de Fourier,
j'y arrivais super bien. Par contre dès lors que c'était dénué de sens,
et bien en fait dès lors que c'était des maths mais sans être appliquées,
j'étais incapable de le faire. Parce qu'il n'y avait pas de sens.
Le lien.
Et puis, il y a aussi que nous, les dyscalculiques,
si on prend l'exemple de la dyscalculique que moi j'ai,
j'en ai plusieurs des dyscalculiques pour le coup.
Les nombres pairs, les nombres impairs...
En tout cas, en fait, on a une logique inversée. C'est-à-dire que moi,
par exemple, j'arrive très bien sur des problèmes hyper complexes,
par contre des problèmes simples bah c'est compliqué.
Parce que mon cerveau il est adapté pour réfléchir sur des problèmes compliqués.
Et puis en plus des fois dans les mathématiques, moi je me souviens parce que j'ai fait une école d'ingénieur avant d'être comédienne.
Et en fait j'aimais bien faire tout ce qui était l'algèbre,
faire tout ce qui était les intégrales tous ces trucs là,
ça allait. Mais des fois pour calculer vite genre les retenues et ben des fois c'était plus
difficile. Alors après je sais pas si c'est de la dyscalculie ou des trucs comme ça.
Parce que pour moi c'était juste que mon cerveau il avait décidé de dire "salut".
Il y a peut-être ça aussi. Donc j'oserais pas dire que c'est ça parce que pour moi c'est pas la
même chose. Mais je comprends du coup ton point de dire ton cerveau il va avoir une appétence pour certaines façons de réfléchir
et du coup pour d'autres façons de réfléchir... Parce qu'en plus les gens je pense qu'ils amalgament beaucoup ce que c'est les
mathématiques. Alors qu'il y a les mathématiques très théoriques où il va y avoir beaucoup de
réflexions cérébrales, même la topologie c'est des mathématiques il n'y a pas de calcul.
Donc du coup c'est vraiment une façon d'appréhender les choses.
Et ça ne va pas être toutes les branches des mathématiques.
Comme si on disait t'es informaticien, répare-moi mon ordinateur.
"Oui mais moi j'ai fait que des logiciels".
Exactement. On dirait que ça sent le vécu, non?
C'est vrai que j'ai beaucoup côtoyé d'informaticiens et d'informaticiennes de par mon école
d'ingénieurs. Et c'est vrai que souvent, l'informatique,
pour les gens qui n'en font pas, on a l'impression que ceux qui en font peuvent tout résoudre.
Or, c'est très vaste.
C'est le fameux « répare-moi mon imprimante ». Toi qui es dans l'informatique,
répare-moi mon imprimante. En fait, non. Il y a des gens...
Moi, j'ai eu la chance de faire BTS IRIST, donc Informatique et Réseau pour l'Industrie et les
Services Techniques, qui est un BTS qui n'existe plus.
Et en fait, dans ce BTS, on faisait de la programmation et du réseau.
Donc moi, j'ai touché aux deux, si tu veux. Et bon,
c'est vrai que j'étais meilleure quand même en programmation qu'en réseau.
En réseau les typologies de... Oulala mon dieu...
J'avais une très bonne moyenne en programmation,
par contre en réseau j'étais une quiche. Même si j'adore la quiche !
Effectivement c'est délicieux, on valide cette assertion.
Mais c'est vrai que souvent les gens qui, en fait c'est juste une question de mécompréhension.
Parce que pareil, j'ai travaillé dans les neurosciences du coup,
et en fait à chaque fois il y avait des gens qui me disaient "toi qui travailles sur le cerveau qu'est-ce qu'il dit mon
médicament", "je suis malade en quoi". Mais je ne suis pas médecin !
Et en plus je ne suis même pas médecin spécialiste de ça.
Et le pire c'est que moi par exemple j'ai une malformation de naissance qui fait que j'ai souvent
des névralgies d'Arnold. Et qu'est-ce qu'on me donne pour calmer ça,
on me donne du Xanax, alors que pas forcément je suis angoissée.
Je ne suis pas forcément angoissée. On me donne du Xanax pour couper la connexion entre le nerf et
le cerveau. Et ouais !
Ca a le mérite d'être radical.
Donc oui effectivement les médicaments, dis-moi quel médicament tu prends,
je te dis avec quelle maladie ça fonctionne : pas toujours.
C'est ça, on est d'accord, ça c'est vrai. Pour la bipolarité il y a beaucoup de médicaments qui sont aussi utilisés pour
l'épilepsie par exemple.
Oui j'en ai entendu parler effectivement.
Donc finalement voilà, toute spécialité est complexe.
Et donc c'est pareil.
Exactement, et puis forcément il y a des fois où il y a des comorbidités.
C'est très souvent qu'il y a des comorbidités. J'ai le TDAH avec les troubles dys,
je veux dire ma dyspraxie engendre une dyscalculie visuospatiale par exemple.
Justement, à propos de ces merveilleux petits termes dont on parle depuis tout à l'heure,
je te propose que nous passions à une petite partie que j'aime appeler de manière affectionnée la
partie Jamy et Fred.
Tu sais que tu es une très très très grande fan de C'est pas Sorcier.
Mais oui, moi toute mon enfance.
J'ai adoré. Mais pareil. Moi, je me souviens quand j'étais en CM2 ou CM1 même,
je regardais tous les soirs 17h ou 17h30 je sais plus exactement.
C'était après l'école.
C'était après l'école, et là je me mettais d'abord la télé devant Jamy et Fred j'étais trop contente ! contente ! !
Avec le générique.
Le camion mais emblématique. Emblématique !
C'était génial.
J'ai adoré franchement, je suis vraiment déçue que ce soit terminé,
mais je regarde quand même de temps en temps les Jamy.
Oui, les Epicurieux, le Monde de Jamy.
Voilà, exactement. Et je crois que, effectivement,
notre génération, elle a vécu avec ça. Et franchement,
c'est top parce que c'était de la vulgarisation.
Quand tu disais quand même que Jamy n'est pas du tout scientifique à la base.
C'est ça qui est énorme.
Il a l'esprit scientifique.
Exactement, mais du coup, c'est un mec qui fait des exposés.
Et moi d'ailleurs en tant que dyspraxique j'ai une très bonne,
enfin je suis assez bonne à l'oral. Et mes exposés,
à chaque fois je faisais un exposé j'y mettais du coeur,
j'y allais à fond et tout. Et très souvent à part quelques exceptions près,
j'avais des très très bonnes notes, j'ai eu des 20 sur 20.
Je pense qu'en plus la génération Jamy et Fred, en tout cas C'est pas Sorcier,
moi je sais que ça m'a donné envie de faire de la science,
ça m'a donné envie d'apprendre les choses aux gens.
De comprendre.
De comprendre et apprendre aux autres.
Et puis l'histoire aussi. Il y a l'histoire etc. Que ce soit l'histoire ou la science,
c'était génial. Et de temps en temps ça m'arrive de me dire,
"tiens mais mince comment ça fonctionne" et puis je regarde,
je tape un mot clé, je marque C'est pas Sorcier et bam je me regarde un petit épisode de C'est pas
Sorcier, et franchement c'est top.
Je suis absolument d'accord avec toi. Et du coup je te propose qu'on fasse ce petit jeu de rôle merveilleux dans le monde
des Troubles dys.
Et d'ailleurs ils l'ont fait avec d'ailleurs des superbes interviews,
c'était génial.
Ils avaient des très bons intervenants.
Notamment sur la petite avec la dyspraxie, j'ai adoré.
Oui mais aujourd'hui du coup moi aussi j'ai une merveilleuse intervenante en ta présence !
C'est vrai, je suis d'accord avec toi.
Il faut toujours être fier de soi, retenez ça les enfants.
Du coup moi ce que j'avais vu, attention je sors la petite pancarte,
c'est que du coup les troubles dys donc évidemment ce sont des troubles neurodéveloppementaux donc
ça se forme dès la naissance, c'est pas quelque chose qui est acquis.
Alors, quand on est dans le ventre de la maman.
Oui c'est ça.
In utero comme on le dit scientifiquement.
En formation de l'humain.
C'est lors de la création du cerveau en fait.
Voilà. Donc ce n'est pas quelque chose d'acquis. C'est acquis par le biais de la formation du
cerveau. Mais en tout cas c'est pas quelque chose qui est apparu a posteriori à cause de
l'environnement. Et donc ça peut affecter certaines capacités spécifiques,
alors nous allons pouvoir vous faire un petit quiz.
Alors, dyslexie.
Est-ce que je réponds ou est-ce que...
Alors, lexie, lexie, lexie, ce serait donc la lecture.
Et oui, la lecture, évidemment.
Exactement. Nous avons également la dysorthographie.
Ça a l'air d'être assez évident, là, quand même.
Oui, l'orthographe, évidemment. Alors c'est vrai que d'ailleurs,
il y a beaucoup de monde qui confond dysorthographie et dyslexie.
Ça peut venir ensemble, mais ce n'est pas obligatoire.
C'est vrai qu'on les voit souvent ensemble, mais c'est bien de le préciser.
J'ai un de mes petits filleul qui n'a pas de dysorthographie,
mais qui est dyslexique.
Ah bah écoute, ça nous donne justement, tout contre-exemple permet de prouver la théorie.
Exactement. Et oui, Jamy.
Merci beaucoup, Fred. Et donc, après, nous avons aussi dans quelque chose de très logique,
la dyscalculie dont on parlait. Donc là, c'est plus le calcul et la logique numérique.
Alors, il y a d'autres choses en plus qui viennent avec un autre trouble dys souvent,
c'est la dyscalculie visio-spatiale. Qu'est-ce que c'est que ce truc?
Je vais t'expliquer. C'est tout simplement une dyscalculie qui fait qu'on a des difficultés
visio-spatiales. Par exemple, la géométrie, ça va être quelque chose de compliqué pour nous.
Tout ce qui va être vision dans l'espace, tu sais,
en troisième, tu avais des volumes, etc. Des trucs comme ça,
des solides, etc.
Genre regarder Google Maps.
Alors, Google Maps, c'est très compliqué pour moi.
Néanmoins, il y a la fonctionnalité Live View qui est géniale pour s'orienter dans l'espace,
mais là, c'est plus la dyspraxie.
Dyspraxie, attention, roulement de tambour, qui est donc la coordination.
C'est vrai que c'est un peu moins évident.
C'est moins évident, je te l'accorde, effectivement,
la coordination des gestes. Et puis, certains peuvent avoir aussi,
comme je le disais à l'instant, des problèmes d'orientation dans l'espace.
Et c'est mon cas. Sinon, c'est pas marrant.
Donc, ils peuvent être un petit peu en overlapping,
comme on dit, se superposer un peu les uns les autres sur quelques brefs passages du coup,
parce que si on prend la dyspraxie et la dyscalculie ça joue l'un sur l'autre.
Oui c'est ça, tout à fait.
Comme la dyslexie et la dysorthographie, ce genre de choses.
Et après il y a la dysphasie.
Ouais, dysphasie.
Donc ça c'est pour le... Alors phasie, non ce n'est pas un phasme.
J'adore les phasmes c'est un de mes insectes préférés.
Le phasme de Mille et une pattes moi me marquera toujours.
Tu m'étonnes.
"Et attention mesdames et messieurs et tadaaa !"
Et donc là c'est plus le langage oral.
Ouais tout à fait. Alors ça ne s'entend pas vraiment dans ce podcast parce que je suis bien
concentrée etc. Mais c'est pas dit que après le podcast je te parle comme un enfant de 3 ans.
Oh j'ai hâte !
Avec le comportement qui va avec ! Ouiiiii !
Ouiiiiii !
Je crois qu'on a la même folie toi et moi.
Je pense qu'effectivement, c'est une rencontre fortuite mais agréable.
Exactement.
Mais c'est vrai que effectivement, tu parles vraiment très très bien pour avoir de la dysphasie.
Et c'est vrai que tu parlais de la concentration,
mais je crois qu'effectivement les troubles dys s'aggravent quand on est moins concentré.
Il y a plusieurs facteurs qui peuvent faire qu'on est en difficulté.
Déjà tu l'as dit, la concentration, il y a aussi la fatigue,
il y a aussi le stress, voilà. Néanmoins, moi tu vois par exemple,
j'ai fait tout comme toi du théâtre, moi d'ailleurs quand j'étais plus jeune je voulais être
comédienne et journaliste.
Et ben tu as réussi un sur deux donc le deuxième est en cours !
Ouais mais attends, non mais c'est pas ça, c'est pire que ça,
c'est que j'ai un mix des deux. Parce que mon métier c'est quoi?
C'est conférencière. Donc je fais du théâtre sur scène et en même temps j'explique les choses.
Et il y a des fois où je fais aussi des interviews.
Tu es devenue Jamy.
Et ben voilà, je suis Jamy. Mais mince, je devais être Fred à la base !
Un mix des deux, parce que t'es sur le terrain quand même.
Je suis Jamy et Fred, voilà.
Jaffred ?
Pas mal j'aime bien.
Mais c'est vrai que c'est intéressant parce que en fait ce qu'on disait tout à l'heure,
c'est que quand on a un trouble dys, c'est juste comme s'il y avait une surcouche du cerveau qui ne voulait plus qu'on accède
à ce qu'on comprend. Parce que du coup tous les concepts sont compris,
c'est juste que au niveau de la vitesse ou au niveau de l'automatisation ou au niveau du traitement
de certains trucs, c'est là que ça va bloquer. Mais en fait il n'y a aucun retard psychique,
mental ou quoi que ce soit.
C'est un retard cognitif à la base. Tu peux diagnostiquer un trouble dys quand il y a un minimum 18 mois d'écart de retard
par rapport au développement normal. Il faut avoir entre 18 et 24 mois de retard pour que du coup,
ce soit considéré comme... Alors après, il y avait évidemment des tests à faire.
Le premier test... Alors, c'est vrai que souvent,
on dit, oui, allez voir l'orthophoniste, etc. Effectivement,
pour tous les troubles dys, on va avoir un orthophoniste.
Néanmoins, pour moi, la première chose qu'on devrait faire,
c'est finalement un bilan de QI. Parce que ça, de toute façon,
les MDPH, si on veut des aménagements, etc., ils vont vous le demander.
Mais pourquoi c'est intéressant de faire un bilan de QI?
D'abord, tout simplement parce que le bilan de QI,
il n'est pas là pour dire ouais, t'es nul ou t'es trop bon.
Il est là pour voir à l'instant T, je dis bien l'instant T et selon les conditions,
parce que moi, il y a quelques années, j'avais 30 ans,
presque 30 ans en 2021, je suis de 91, donc je viens d'avoir 35 ans.
Joyeux anniversaire?
Je viens, je viens, 28 avril hein.
Ça compte, ça compte.
Ça compte, bon ok ça compte, merci. Mais ouais je viens de dépasser les 35,
et en fait pour mes 30 ans je me suis fait diagnostiquer TDAH.
Et il fallait que je repasse le QI, donc j'ai passé la WISC-4 du coup.
Et j'ai passé la WISC-4 dis-toi bien dans des conditions pas très sympas.
Déjà avec le masque, je porte des lunettes pour ceux qui ne me voyaient pas,
donc masque, plus lunettes, plus les travaux à côté dans la rue,
plus l'imprimante de la psychologue et la neuropsychologue qui faisaient un bruit d'enfer...
J'étais plus concentrée sur la tasse Zoo de Beauval de la neuropsychologue que sur les items
qu'elle me proposait. V'là le délire ! V'là le délire pour te concentrer quand t'es TDAH !
Là c'est très calme ici, franchement c'est super calme par rapport à la...
Quand j'avais fait ma WISC-4, mais oh, l'enfer!
En plus, j'ai passé d'autres examens complémentaires.
J'ai fait un bilan de l'attention et puis elle m'avait fait aussi des choses pour l'autisme.
Moi, je n'étais pas venue pour l'autisme. Elle me fait...
Peut-être qu'il y a de l'autisme. L'autisme n'a pas été confirmé parce que malheureusement...
Et puis d'ailleurs, il y a un post, aujourd'hui on est le 20,
mais actuellement on enregistre cette interview et ce matin,
j'ai vu une publication de Petite Mu', d'ailleurs merci Petite Mu' parce que c'est comme ça qu'on
s'est rencontrées.
Exactement, c'est vrai, on ne le dira jamais assez que Petite Mu' est quand même un média très utile dans le monde du handicap
visible ou invisible. Donc merci à eux.
Merci Petite Mu'. Mais oui tout ça pour dire que,
effectivement, ce matin j'ai vu la publication sur les femmes autistes,
l'autisme féminin, et c'est vrai que voilà, c'est souvent qu'on...
Effectivement il y a ce camouflage. Et d'ailleurs le masking existe aussi chez les dys.
Oui parce que du coup il suffit juste d'être over concentré.
Voilà ! Bienvenue chez moi. Et là oui je suis over concentrée.
Et donc si tu veux mon métier c'est conférencière.
Donc de par le fait, quand je donne des conférences,
je suis à fond. Donc en fait mon cerveau il est focus focus focus focus focus.
Et une fois qu'il a arrêté, c'est comme si t'avais fait un marathon.
Et pouf plus d'énergie, dodo ! Voilà c'est à peu près ça.
De toute manière ça demande beaucoup d'énergie, d'essayer d'aller contre quelque chose de naturel.
Mais je pense que le théâtre m'a beaucoup aidée aussi par rapport au déplacement dans l'espace.
Ah oui.
Pour la dyspraxie. Et la diction aussi, parce que effectivement,
à la base, moi, je suis quelqu'un qui a du mal à articuler.
Oui, la diction. Pas l'addiction.
Ah non, pas l'addiction. Effectivement, tu fais bien de le préciser.
Merci, Delphine. Je pense que les auditeurs vont se dire...
Voilà. C'est...
Les deux folles du bus. Mais ça nous va, moi ça me va.
Mais c'est ok. Franchement, j'accepte totalement ce rôle de folle.
Et d'ailleurs c'est marrant, parce que pendant quelques années j'ai été bénévole pour l'animation
Renaissance Amboise, une association sur la Renaissance qui faisait un spectacle estival.
C'est pas simple à dire un spectacle estival. Au château d'Amboise.
Donc moi j'étais d'Indre et Loire avant, et en fait je jouais le rôle du bossu de Notre-Dame.
Enfin pas le bossu de Notre-Dame, mais le bossu,
tu vois le mec totalement moche etc.
Ca doit être très jouissif comme rôle.
Mais ouais mais tellement. Mais j'ai kiffé ça, j'ai adoré en fait.
Et plus que les rôles tu vois, où j'étais en dame de cour etc,
j'avais une belle robe tout ça. Non franchement moi j'ai adoré ce genre de rôle.
De toute façon jouer le pitre...
Mais ouais ! Le premier rôle que j'ai joué au théâtre,
c'était un clown dis-toi bien.
C'est peut-être ça ton prochain métier.
Avec les chevilles ça va pas le faire. Ou alors un clown en fauteuil roulant,
ça peut être rigolo.
Oh bah oui pourquoi pas ? Un overboard.
Tu sais je me dis, en fait il y a un truc que je me suis rendue compte,
c'est que il n'y a pas trop, j'ai jamais vraiment vu d'artiste dans le cirque,
en tout cas d'artiste en situation de handicap visible.
Après c'est vrai que pour faire du trapèze c'est un peu difficile.
Oh quoique, tu me diras, si tu prends que les bras...
Non, non, regarde quand il y a eu les JO, il y a eu des trucs un peu comme ça,
là aux derniers Jeux Olympiques d'hiver il y avait un...
Un trapéziste ?
Alors je sais pas s'il était trapéziste, mais il y avait quelqu'un en fauteuil roulant.
Et il me semble, non non c'est possible, pour moi c'est pas impossible.
Voilà. Prochain défi. Je valide ce défi. Ah et d'ailleurs j'étais en train de me dire,
mais toi le diagnostic de tes troubles dys, même si on sait que c'est développé donc in utero,
est-ce que tu l'as eu adulte ou enfant ?
Non enfant. Je l'ai eu à 10 ans. C'est rigolo, j'ai 7 troubles dys,
les troubles dys à 10 ans et 30 ans pour le TDAH.
Ca a mis un peu de temps parce que ça c'est pareil,
on parlait tout à l'heure de l'autisme au féminin mais parlons-en du TDAH au féminin.
Pareil, bon là c'est vrai que vous ne me voyez pas,
mais Delphine me voit, je bouge les jambes, je parais des fois tranquille tout ça,
mais non non on a tous des petits stimuli comme ça.
Moi, je bouge mes doigts et mes orteils, mais c'est subtil.
C'est subtil, c'est bien, c'est rigolo.
Les orteils très mobiles.
Intéressant, je retiendrai. J'essayerai plus tard.
Je pense qu'en vrai, le masking a lieu exclusivement parce qu'on a voulu normer la société selon des normes arbitraires et
qu'il y a eu une sorte de répression si ce n'était pas fait.
Que ce soit les femmes ou les hommes, c'est juste qu'il y a eu beaucoup de patriarcat mis en oeuvre
donc beaucoup les femmes. Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de choses qu'on se force à faire.
Oui totalement. C'est vrai que finalement j'en ai un peu subi les conséquences.
C'est vrai que pour avoir l'air, par exemple, de répondre facilement,
j'apprends des phrases par coeur.
Mais tu es en train de me faire ma petite transition !
C'est même pas fait exprès !
C'est ça ce qui est génial, tu fais toutes mes transitions !
La semaine prochaine
Justement après Jamy et Fred, moi j'aime bien qu'on essaye de voir un peu comment tu vis avec au
quotidien, maintenant qu'on sait ce que c'est.
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