La semaine dernière.
Aujourd'hui, je reçois Aurélie pour qu'on puisse parler ensemble de troubles dys.
Moi, j'aime bien qu'on essaye de voir un peu, justement,
comment tu vis avec au quotidien, maintenant qu'on sait ce que c'est.
Comment je le vis? Très bonne question. Il y a certains troubles dys que j'aurais aimé effacer de ma vie : la dyspraxie et
les troubles dysexécutifs dont on n'a pas parlé d'ailleurs.
C'est vrai qu'on n'a pas parlé des dysexécutifs.
On va peut-être revenir en arrière...
On rembobine !
J'en ai 7 des troubles dys. Il y en a neuf à peu près qui existent.
Il y en a un qui est souvent englobé dans les autres,
c'est la dysmnésie. Et l'autre trouble dys que je n'ai pas,
c'est la dysmusie. C'est genre, tu n'as pas de rythme,
des choses comme ça. Donc en fait, ce n'est pas si important que ça.
En vrai, c'est moins handicapant qu'une dyslexie sévère,
par exemple. Donc moi, j'ai la dyslexie, la dysorthographie,
la dysgraphie qui touche le dessin des lettres, l'écriture.
La dyscalculie, dont on a parlé un peu. La dysphasie,
donc un trouble du langage oral, qui peut se traduire par des difficultés de compréhension et ou
d'expression. Moi, j'ai la mixte. Sinon, ce n'est pas marrant.
Bah oui.
Ah bah oui, sinon, ce n'est pas marrant. Voilà. J'ai la dyspraxie.
Alors, sur les quelques dyspraxies qu'il y a, il n'y en a qu'une que je n'ai pas.
Voilà. Donc, il y a aussi une dyspraxie que j'ai qui fait que du coup la diction (en deux mots)
peut être compliquée, c'est la dyspraxie orofaciale et ça peut aussi engendrer des difficultés.
Par exemple, moi, quand je mange du pain, je me blesse les joues,
l'intérieur des joues. Donc, il vaut mieux me donner du pain de mie.
Je suis comme les petits-enfants. Encore que les enfants,
ils aiment bien le pain. Moi, j'aime bien le pain,
mais le pain, il m'aime pas.
Même avec des tout petits bouts ?
Avec des tout petits bouts ça peut peut-être le faire.
Et c'est pareil, c'est vrai que quand j'étais petite j'ai eu un appareil dentaire comme beaucoup d'enfants et en fait on
me disait "Aurélie tu mets pas bien ta langue dans ta bouche",
"tu positionnes mal ta langue". Et du coup j'ai mis 4 ans l'appareil,
entre 4 et 5 ans.
C'est beaucoup quand même.
C'est beaucoup, mais parce que justement c'est spécialement dû à cette dyspraxie.
D'ailleurs petite dédicace à ma petite soeur qui quand elle avait 3 ans était passionnée par les bagues : "ah fais voir
tes bagues Aurélie!"
Surtout qu'en plus à l'époque, je sais pas mais moi j'en avais un aussi,
et je sais pas toi mais moi je choisissais toujours de mettre des élastiques colorés.
Alors moi je suis, il y avait une transition, mais moi les élastiques non,
elle me donnait des élastiques classiques. Et c'était chiant d'ailleurs à mettre les élastiques
pour moi qui étais dyspraxique, un beau bordel.
Sur chaque bague on pouvait choisir quand elle les changeait pour mettre une couleur.
Ah non, moi j'ai pas eu ça. Alors j'aurais peut-être pu l'avoir mais mes parents n'avaient pas
choisi de me fluoriser. J'en avais une dans ma classe qui avait ce genre de,
justement ce genre d'élastique. C'était rigolo. Après bon voilà,
j'étais déjà très moquée... D'ailleurs j'ai subi un harcèlement assez violent,
on va pas se le cacher. J'en parle dans mon livre d'ailleurs,
il y a tout un chapitre dédié à ça.
Qui est disponible dans toutes les librairies.
Non, pas toutes les librairies.
Rembobinage.
Non il est pas disponible. Il y avait la FNAC, et en fait il est disponible soit sur Amazon soit
sur mon site web. Et sur mon site web vous pouvez avoir la dédicace par l'autrice,
contrairement à Amazon où là tu l'achètes et puis tu n'as pas la dédicace, dommage. dommage.
Dommage. Mais Jeff Bezos.
Mais voilà. En tout cas c'est vrai que le harcèlement ça fait partie d'un gros bloc de ma vie, quoi. quoi.
Dès la petite enfance, justement ?
Et justement, dès le CP. En gros, du CP jusqu'à la fin de mes études,
moi, j'étais jusqu'à bac plus 5.
Même les études sup?
Oui. Et ouais, dis-toi bien que... Alors, moins violent,
heureusement. C'était plus... Ouais, en gros, t'es un boulet,
quoi. Parce que j'étais trop lente, parce que ci,
parce que ça. Et du coup, on voulait pas dans les groupes,
les groupes de sport. Parce que évidemment quand on a de la dyspraxie,
on a des difficultés en sport pour certains.
Genre shooter dans un ballon.
Par exemple pour ne citer que ça. Moi par exemple la piscine,
mon maître nageur, le maître nageur qui m'a appris à nager,
il a dit "Aurélie elle sait nager, on a l'impression qu'elle coule mais elle sait nager".
Résultat... Mais je te jure que c'est vrai !
C'est très positif quand même le gars "mais elle sait nager,
mais elle sait nager !" "Merci monsieur vous êtes sûr que vous maîtrisez votre métier ?"
Oui oui, en plus c'est un très bon maître nageur d'ailleurs,
du nom de Clovis, c'est ça qui est marrant.
C'est pas vrai ! Mais les maîtres nageurs ils ont tous des noms bizarres !
Moi j'ai eu un maître nageur il s'appelait Attila.
Mais non !
Mais si ! Je te jure. Bah voilà. Attila et Clovis.
Bah dis donc franchement il faudrait qu'ils se rencontrent ces deux là !
Sait-on jamais? Peut-être qu'ils se sont déjà rencontrés.
Peut-être !
Mais bref, dédicace à Clovis qui m'a appris à nager.
Ce n'était pas une mince affaire. Il a été très courageux.
Mais ouais, en fait, j'ai appris à nager en même temps que mon petit frère qui a trois ans de
moins, à peu près. Et du coup, c'est vrai que moi,
quand je suis arrivée en CM2, sixième, j'ai commencé à faire de la natation.
J'ai dit "mais oui moi j'ai mon brevet de natation",
"Aurélie tu vas garder la ceinture", "putain mais sérieux quoi!".
Pardon pour les gros mots. Mais sérieux quoi c'est abusé.
Ouais, et c'est surtout que t'as pas la confiance d'autrui par rapport à ce que tu sais faire.
Ouais c'est ça. Et puis du coup j'ai jamais su faire le crawl.
Enfin j'essaye de faire le crawl, mais alors là le délire quand t'es dyspraxique pour faire le
crawl quoi.
Bah oui parce que le problème, c'est que la natation y'a quand même...
Encore moins le papillon !
Ah bah le papillon je te rassure, même les gens pas dyspraxiques ils se noient.
Alors mon petit frère a su faire le papillon vraiment très bien.
Il a fait de la natation pendant des années et des années.
Voilà, il a fait des kilomètres et des kilomètres de natation.
En papillon exclusivement.
Non non c'est pas qu'en papillon. Mais franchement j'ai un petit frère qui s'est débrouillé très
bien en natation. C'est pas Florent Manaudou mais pas loin.
Bref tout ça pour dire qu'effectivement la natation,
tout ce qui est sport, j'ai fait de l'escalade aussi.
Monter en tête pas possible. Donc j'ai pas pu faire de compétition.
Par contre j'étais à arbitre, arbitre départemental et régional,
donc complètement cool. Je suis super contente de l'avoir fait.
Ok je ne servais à rien, mais j'ai eu une médaille,
en vrai j'ai eu une médaille d'argent grâce au fait que j'étais avec l'équipe qui a gagné la
médaille d'argent. J'étais venue pour soutenir l'équipe,
j'ai eu la médaille d'argent, j'ai rien fait. Non c'est pas j'ai rien fait,
j'ai arbitré. C'était très intéressant comme expérience,
ça permet aussi de se dire en fait le sport c'est pas que le sport en soi genre je monte des pistes
machin, des voies pardon. C'est aussi arbitré. Parce que les arbitres,
moi maintenant je joue aux échecs, donc je sais à quel point les arbitres c'est hyper méga
important. Si t'as pas d'arbitre, tu peux pas constater le coup illégal,
et si t'as fait deux coups illégaux et ben boum partie perdue.
Et c'est comme ça qu'on gagne des parties des fois par hasard.
Non, mais l'arbitrage, ça demande une maîtrise du sport quand même.
Ouais, enfin, disons que tu peux être mauvais à l'exécution,
mais tu peux regarder et faire attention au chronomètre,
à tout ça et tout.
Oui, puis connaître très bien les règles, savoir être vigilant.
Je pense que justement, on parlait tout à l'heure d'avoir sa place dans la société,
et je pense que justement, quelqu'un qui est très bon dans le domaine,
parce qu'il est passionné etc. Et puis on le sait toi et moi,
quand on est TDAH ou quand on a des neuroatypies,
généralement il y a des passions qui se font, et qui sont tellement pures et ancrées en nous qu'on est capable d'être finalement
sans le vouloir des experts finalement. Et je pense que c'est aussi une reconnaissance tu vois.
Alors moi par exemple, tu vois mon niveau aux échecs n'est pas non plus énorme,
je suis non classée pour ceux qui connaissent un peu les échecs,
je suis 1399.
C'est déjà bien !
Oui non, c'est un truc basique pour les adultes. Donc j'ai aucun classement.
Alors j'ai fait quand même quelques compétitions.
J'ai été, si, j'ai eu un trophée, c'est vrai. Mais c'était indépendant de ma volonté.
J'ai gagné 3 points sur 7 je crois, je sais plus exactement.
Et ouais à la fin d'une part d'un tournoi où on annonce le classement,
et en fait moi ce qu'il faut savoir, c'est que je suis responsable santé sociale et handicap pour le CDJE45 qui est le comité
départemental du jeu d'échecs du Loiret, et également pour la ligue Centre-Val-de-Loire aux échecs.
Donc on a en fait une personnalité à cette table.
Ca dépend ce que t'appelles personnalité.
C'est toujours pareil.
Néanmoins voilà. Tout est relatif effectivement.
Mais néanmoins c'est vrai que c'est quelque chose qui me passionne,
dans le sens où, alors moi je ne suis pas non plus une as des mat en un coup,
en deux coups, trois coups, enfin bref. Mais j'ai quand même ce délire de me dire "mais tiens qu'est-ce que les gens se
poseraient comme question s'ils avaient quelqu'un en face d'eux qui joue aux échecs ?",
"qu'est-ce qu'ils aimeraient savoir?". Et finalement,
le fait de jouer un peu aux échecs, le fait de m'intéresser aussi au journalisme puisque c'est ce que je voulais faire quand
j'étais jeune...
Mais tu es toujours jeune !
C'est gentil. Et bien en fait, ça fait que finalement je suis arrivée à faire journaliste.
Bon bénévole. Mais journaliste échecaine. Et tous les gens aiment bien mes interviews et me disent "mais Aurélie c'est trop
bien parce que même à l'écrit on a l'impression de t'entendre".
Ah c'est trop bien !
J'oralise en fait, j'oralise beaucoup mes écrits.
C'est très bizarre dit comme ça mais voilà.
Mais justement je pense que c'est ça qui est intéressant aussi.
C'est d'avoir ta patte. Parce que dans le journalisme tu peux pas être juste comme tout le monde,
il faut que t'aies ton propre...
Ton charisme !
Exactement !
Et c'est vrai que là, tu vois la semaine dernière,
il y avait un championnat de France d'échec pour les aveugles et malvoyants,
et ça se passait justement à Saint-Jean-de-Bré à côté d'Orléans.
Et c'est moi qui ai fait un peu la communication journalistique bénévolement sur cet événement.
Et les gens, à un moment j'ai interviewé la première féminine d'ailleurs.
Et c'était génial parce qu'en fait, c'était vraiment une interview fluide,
sympa. Et c'est vrai que je trouve que ces interviews-là,
c'est des interviews authentiques, et c'est ce que je veux en fait,
moi, en tant que journaliste bénévole, dans ce que je fais en fait.
De toute façon, c'est ça qui est important, c'est de pouvoir aussi trouver quelque chose qu'on aime
et justement, avoir la reconnaissance pour ce qu'on fait,
c'est hyper important parce que justement...
Et les gens aiment ma voix apparemment.
Mais c'est vrai que tu as une voix très douce en fait.
C'est gentil. Et surtout souriante d'après ce que les gens me disent.
En tout cas les aveugles, c'est ce qu'ils me disaient.
"Comment tu sais que je suis souriante ?"
Je pense que ça joue, parce qu'en fait c'est vrai qu'on entend le sourire.
Avec l'hypersensibilité que j'ai, je peux voir au niveau des voix ou juste au niveau des yeux,
quand les gens vont parler ou regarder ou juste être,
mais en fait on peut déceler qui va être gentil pour de vrai.
Moi j'avais un radar justement quand j'étais petite.
Je l'ai encore, mais quand j'étais petite je voyais les gens qui étaient méchants,
en mode "il ne faut pas que je m'approche, au secours".
C'est bien de pouvoir se protéger aussi. Parce qu'en vrai au quotidien,
t'as pas dû avoir forcément tout le temps des moments faciles,
surtout dans l'enfance.
On peut parler de la tentative de suicide ?
Tout est ouvert ici.
A plusieurs reprises j'ai failli faire des tentatives de suicide.
Donc oui. Mais grâce finalement à la persévérance,
à la résilience aussi, j'ai réussi à remonter la pente,
et finalement je suis là où je suis aujourd'hui,
ici. Ici à Issy.
Voilà magnifique jeu de mots. Mais je pense que ça c'est très important de le souligner,
justement parce que les gens ne se rendent pas forcément compte qu'avoir un trouble,
avoir une neuroatypie, avoir un quotidien qui est différent,
ça peut rendre aussi vulnérable. Et le fait qu'il y ait des gens qui s'en amusent et qui,
pour eux, ça ne va pas être grand-chose dans leur quotidien,
ça peut être énorme.
Oui, surtout quand c'est répétitif.
C'est du harcèlement.
Oui, il y en a un qui était dans ma classe qui me disait "baisse les yeux".
Oh, wow.
Et moi, il était beaucoup plus grand que moi. Donc,
c'était impressionnant pour moi. Donc, voilà, c'est vrai que c'est...
Bon. Après, en fin de seconde, au milieu de seconde,
il a fini par arrêter de m'embêter. Il est même venu me voir en me disant,
"mais Aurélie", en me disant en pleurant, "comment tu fais pour accepter d'avoir des notes aussi
faibles?", "Comment tu pourrais accepter d'avoir des notes aussi faibles?"
Je pense à... Je peux me tromper, mais peut-être que ses parents lui foutaient une pression de
dingue par rapport aux notes. Moi, j'ai eu la chance,
merci papa, merci maman, d'avoir des parents qui ne m'embêtaient pas avec les notes,
tu vois. C'était pas genre, "ouais, il faut que t'aies la moyenne",
nanananana. Enfin, en sport, v'la le délire.
"Mais le ballon !"
Une fois en seconde, j'ai fait du basket. Petite anecdote de dyspraxie,
pour le coup rien à voir avec le sport, mais plus à voir avec l'orientation dans l'espace,
tout ce qui est vision spatiale, visio-spatial. C'était en juin 2017,
j'allais voir un ami que tu connais peut-être, je ne sais pas,
notre ami Christophe Luder, qui est un humoriste nain,
on était dans l'avenue des Champs-Elysées, et mon mari me fait "Tiens,
regarde Aurélie, il y a un drapeau de la France sous l'Arc de Triomphe".
Mes yeux passent trois fois devant l'Arc de Triomphe,
mais ne le voient pas. Mais en fait, c'est mon cerveau qui ne détecte pas.
Parce que du coup, c'était dans un ordre de volume et de forme qui fait que du coup...
Je pense qu'en fait, il y avait peut-être un petit décalage et du coup,
mon cerveau, il fait « Hop! » Disparu.
Tu es donc prestidigitatrice.
Peut-être. Ou alors, tout simplement, peut-être qu'on a mis la cape d'invisibilité d'Harry Potter sur... sur...
C'est ça. Depuis le début, je le savais.
Il y a des fans d'Harry Potter ici?
Je pense qu'aujourd'hui, il y a des fans du monde,
moins des fans de l'autrice.
Oui, voilà. On parle du monde.
Bien évidemment.
Mais effectivement, d'ailleurs, je ne sais pas si vous le saviez,
mais notre ami Daniel Radcliffe est dyspraxique.
Ah mais oui! Mais c'est vrai!
Et ça, tu le vois, en fait, par exemple et c'est marrant parce que je me rappellerai toujours de la première fois que mon
père a vu cet extrait là, genre dans le premier tu vois,
dans l'école des sorciers, à un moment t'as Daniel Radcliffe,
Harry Potter qui fait le bacon avec les oeufs, qui prépare le petit déj pour l'anniversaire de
Dudley. Et à un moment il manque de faire tomber ça,
et mon père me fait "c'est pas possible il est dyspraxique ce gamin" et à partir du 4 il a avoué
qu'il était dyspraxique.
C'est énorme ! Donc en fait il n'avait même pas besoin de jouer son rôle,
il était parfait.
Mais c'était même pas fait exprès. Même à un moment,
alors je ne sais plus dans lequel, mea culpa, mais dans un des films plus vers la fin t'as Ginny
qui lui fait ses lacets.
Oui ! C'est pas le 6 ?
Et c'était pas voulu dans les scènes. Je crois que c'est le 6.
Ils sont dans la maison de Ron.
Oui je vois très bien cette scène, il me semble que c'est à peu près dans ces eaux là.
Mais oui c'était pas voulu à la base.
C'est génial, j'adore les petites anecdotes !
D'ailleurs il n'y a pas très longtemps, une petite année à peu près,
on a appris que notre amie Eva Green était dyspraxique.
Ah, c'est vrai?
Oui.
Pourtant, ça ne se voit pas du tout.
Oui, mais est-ce que tu... Bon, à part, effectivement,
dans quelques scènes pour Daniel Radcliffe. Mais Gérard Jugnot,
apparemment, aussi. Isabelle Nanty. Tu vois, des gens comme ça.
La parole se libère, finalement.
Oui, c'est ça. Et du coup, c'est pour ça que c'est chouette.
Ça veut dire qu'il y a des gens qui osent parler de leur handicap et qui osent aussi en faire une
force. Parce que finalement, ok j'ai ça, mais c'est comme Noah Lyles à l'époque où il y a eu les JO
: tu peux être dyslexique, allergique, et finalement tu peux être champion du monde,
champion olympique même. Donc ouais c'est cool. Et puis c'est pareil Simone Biles elle a dit
qu'elle était TDAH, elle.
Ah oui ça m'étonne pas.
Bon après une autre qui est TDAH sur la scène d'Harry Potter évidemment Emma Watson.
Mais elle fait tellement de choses Emma, c'est incroyable.
Vraiment je trouve que en vrai, on trouve, je trouve en tout cas de tout ce que je connais en
termes de dys en célébrités, je trouve qu'il y a quand même énormément de personnes dys dans dans
le monde du cinéma, dans le monde des comédiens, etc.
Tu sais que justement, moi, j'avais découvert le groupe Yes,
vous aime, donc avec Bertrand Usclat, etc., qui faisait Broute,
tout ça. Et en fait, Pauline Clément, qui est avec eux,
elle est dyslexique et maintenant, elle est à la Comédie Française.
Ah ouais, non, mais comme quoi...
Je me dis, mais en fait, bah voilà, quoi. Juste, laissez-nous vivre.
Exactement. On peut avoir des troubles dys et... Alors,
c'est sûr, ça demande beaucoup plus de travail. C'est vrai que quand t'es comédien et que t'as un
texte à apprendre, bon je l'ai fait à plusieurs reprises,
évidemment moi j'ai plus une mémoire auditive, donc en fait je lis sans comprendre ce que je lis et
puis après j'écoute. Je m'enregistre et comme ça je m'écoute,
c'est trop bien. Même quand je fais mes conférences,
quand je prépare mes conférences, j'ai beaucoup d'appris par coeur.
Bon je laisse quand même place à l'improvisation parce que sinon c'est trop.
Là ce que j'ai fait au mois de mars c'était en exploit.
J'ai réussi à tenir à peu près 17 minutes je crois ou 15 minutes,
une quinzaine de minutes. Mais c'est qu'en fait,
si tu veux, c'était assez marrant, parce que dans ma tête,
c'était la tempête et sur scène, en fait, je gérais très bien en fait.
Et les gens se disent "ah mais c'était génial et tout".
En fait, j'avais un problème de micro et ce problème de micro m'a fait tout gafouiller dans ma
tête. Dans ma tête, c'était la tempête. Tu vois, Blanche-Neige,
elle était sur le sol, éclatée au sol en mode tu sais,
tu vois l'image de Blanche-Neige éclatée au sol après sa course poursuite contre le chasseur ?
Dans ma tête j'étais comme ça. J'étais déjà épuisée avant de venir sur scène.
Et j'ai pas eu les aménagements dont j'aurais eu besoin.
C'est à dire que mon coach m'a dit "ouais t'inquiète tu peux mettre des anti-sèches sur la table"
et tout. Sauf que je suis dyspraxique moi. Et donc si tu regardes sur la table,
bah non c'est pas possible, je peux pas lire en fait.
Moi j'ai besoin des images. Donc en fait les images,
je m'étais fait un genre de palais mental (merci Fabien Olicard),
donc ouais je faisais un genre de palais mental pour m'en sortir si tu veux.
Mais il y avait aussi des... Bah j'ai été en dépression juste avant.
Oui ça n'aide pas, ça mets déjà une fragilité.
En fait j'étais en dépression parce que je racontais quelque chose,
et pourtant je pensais que c'était déjà passé, mais en fait il y a des trucs des fois bam,
il y a des trucs qui se passent et ça te renvoie à ton passé.
Alors bon il y a une technique qui est géniale pour certaines personnes comme moi.
Moi, j'ai déjà essayé : l'EMDR. J'adore l'EMDR. C'est quelque chose qui m'a beaucoup aidée.
Heureusement que j'ai trouvé une psychologue EMDR.
Sinon, je pense que je ne serais pas là pour en parler.
C'est ça aussi qui est intéressant.
L'EMDR, juste pour rappel, c'est la technique de co-stimulation bilatérale avec les mains pour
pouvoir déconnecter...
Et les yeux.
Et les yeux. Pour pouvoir déconnecter un souvenir traumatique de son ressenti traumatique.
Ressenti, oui. C'est-à-dire que si là, par exemple,
je te parlais de mon souvenir, en fait, il est toujours présent,
ce souvenir, mais ça ne fait pas mal.
On efface juste le traumatisme. Et c'est ça qui est intéressant.
Et du coup, ça me fait penser en termes de... Parce que là,
on a parlé un peu des forces, mais brièvement.
Brièvement.
Et moi, j'aime beaucoup les choses positives dans la vie.
Du coup, ce que je te propose, c'est si tu peux mettre un peu en lumière la part positive du fait d'avoir tous ces troubles
dys dans ton quotidien. Est-ce que ça t'a appris des choses?
T'as découvert des forces, des talents, une sensibilité?
Une façon de percevoir le monde différent?
Je crois que tu me connais un peu là. Non, non, mais oui.
Pour ainsi dire effectivement, moi pourquoi j'ai écrit,
pourquoi j'ai nommé mon livre "Moi, neuroatypique,
le secret de ma résilience", c'est que effectivement j'ai vécu des hauts et des bas,
comme tout le monde tu vas me dire. Mais il y a des bas quand même qui étaient très très
importants, que ce soit à l'école ou même effectivement par exemple dans l'emploi.
Parce que j'ai subi aussi de la discrimination dans mon dernier stage de fin d'études,
qui n'a duré que deux mois au lieu de six.
C'est vrai qu'on ne parle pas assez, justement, de la discrimination en entreprise.
Alors, discrimination, sans "-ys". "Allez, un peu de positif dans tout ça,
dis donc, Aurélie". Tout ça pour dire qu'effectivement,
la discrimination, que ce soit au travail, que ce soit à l'école,
etc., c'est des choses dont il faut parler. Et c'est ce que je fais,
d'ailleurs, le plus souvent. C'est de ça que je parle,
en entreprise aussi. Aussi bien à se mettre dans la peau d'un dys.
Et en fait, pour terminer sur cette discrimination,
moi, étant dysphasique, j'ai du mal, je pense que tu l'auras peut-être un peu compris,
j'ai du mal à regarder les gens dans les yeux.
Ça, c'est bon, tu sais, j'ai l'habitude hein. L'autisme,
les gens neuroatypiques, tout ça.
Tout ça pour dire qu'effectivement, moi, on m'a...
J'avais dit que j'étais en situation de handicap,
que j'avais des troubles dys, j'ai tout bien expliqué,
tout bien expliqué les aménagements dont j'avais besoin.
Sauf que c'est un handicap invisible, qui ne se voit pas par définition.
Et comme c'est un handicap invisible, qu'est-ce qui se passe?
Les gens oublient. Donc au bout d'un mois, au lieu de 6,
on m'a dit "oui Aurélie, c'est plus possible, t'es pas assez productive".
Alors ils avaient confondu productivité et rapidité,
cas classique.
Ah oui cas classique.
Et puis en fait et puis aussi "Aurélie t'es passive en réunion".
Comprendre que moi quand on me parle, je ne peux pas regarder les gens dans les yeux.
Parce que si je regarde les gens dans les yeux, en tant que TDAH en plus,
je vais plus me focaliser sur les aspects, les particularités des gens,
physiques des gens... Il y a des fois où ça peut m'arriver,
une fois je me souviens j'avais plus le nom de la prof d'anglais,
j'étais au tout début du truc de mon BTS. Et puis je fais à mon camarade de classe,
je fais "tiens comment s'appelle déjà la prof là,
qui a le vernis à ongles noirs?". Je te jure il était "Quoi?
elle a un vernis à ongles noir !". Moi en fait j'arrive à voir des détails,
c'est énorme. Et bref tout ça pour dire que comme je regarde pas dans les yeux,
les gens croyaient que j'étais passive en réunion.
Alors qu'en fait non, justement si je te regarde pas,
c'est justement parce que je t'écoute, et je suis tout sauf passive en réunion.
Et ouais non c'est vrai que c'est assez marrant quand je raconte ça,
je me dis "mince alors". Et donc bref, tout ça pour dire que j'ai pas eu mon bac plus 5,
j'ai eu un bac plus 4 niveau bac plus 5 en informatique.
Et résultat pour trouver un emploi, voilà le lien,
donc j'ai failli faire une tentative de suicide suite à ça.
Evidemment. Enfin j'ai dit évidemment, mais voilà c'est pas si évident que ça,
parce qu'il y en a qui n'auraient pas forcément envie de faire ça et se dire "bon c'est pas grave je vais trouver un emploi"
de ça. Mais bref vulnérabilité plus plus plus plus plus.
Et effectivement du coup quand tu tombes bien en bas,
tu te dis "ok bah comment je vais faire pour remonter la pente?".
Parce qu'il y avait les refus d'emploi parce que "désolé mais nous on cherche pas des bacs plus 4,
on cherche des bacs plus 5", ou "vous avez pas assez d'expériences",
ou alors c'était "ah désolé vous êtes, vous avez les compétences mais vous êtes trop lente",
ou alors "désolé on vous prend pas, on connait pas les troubles dys".
Et ça le nombre de fois que j'ai pu me recevoir ce genre de voilà,
ce genre de situation, de phrase en fait. Et j'ai fait ce constat que finalement les troubles dys n'étant pas assez connus
par les recruteurs,
il fallait faire quelque chose. et qui mieux qu'un dys pour parler des troubles dys ?
Et puis finalement c'est ce qu'on me dit souvent : "jamais pour nous sans nous".
Et je suis partie ce postulat là. Et puis en fait moi,
il y avait aussi quelque chose qui me... toujours de ce postulat qu'il n'y a jamais des choses qui
sont faites pour nous. Moi j'étais détentrice d'un bac plus 4 en informatique,
et moi j'adorais créer des sites web etc. Le problème c'est que la plupart des sites web qu'on
voit, ils ne sont pas du tout adaptés aux dyslexiques et aux dyspraxiques.
Ah bah si c'est tout de justifié !
Bam ! du coup je me suis dit "comment je peux faire?".
J'ai essayé de trouver un boulot mais j'ai eu un seul boulot,
j'ai eu un seul boulot et j'ai fini en burn-out.
Heureusement que c'était un CDD et que je savais la date butoir si tu veux,
la fin du truc. Après je me suis posée, enfin libre !
"Libérée, délivrée !" Mais ça c'est pareil, dans La Reine des Neiges,
là, c'est pareil. Elle doit cacher son secret, et puis paf.
Le présent finalement ça devient une beauté, c'est pur quand c'est accepté,
c'est magnifique. Et finalement là où j'ai fait de mon handicap une force,
c'est justement de ce fait je suis capable d'expliquer.
D'ailleurs c'est ce que j'avais fait bénévolement quand j'avais eu la référente handicap,
donc une référente handicap c'est quelqu'un qui s'occupe de la mission handicap dans les grandes
entreprises. Les entreprises de plus de 250 salariés ou agents.
Et du coup, ces personnes-là sont là pour mettre en place les aménagements,
pour vous aider par rapport à la reconnaissance et à la qualité de travailleur handicapé.
Bref, des choses comme ça. Donc, on parle assez peu,
finalement. Moi, quand je vais en intervention, ce n'est pas rare qu'on me dise que "je ne savais même pas que j'avais le
droit à la RQTH". Ou alors "ah oui mais j'ai peur de le dire,
parce que si je le dis j'ai peur de me faire licencier".
Bah oui mais si t'as justement quelqu'un qui est là,
un ou une référente handicap qui est là pour justement permettre ça,
va la voir et c'est ok. T'es pas obligé de lui dire quel handicap tu as,
même si bon c'est toujours mieux quand même d'exposer un peu les difficultés.
Il y a beaucoup d'entreprises qui sont aussi des entreprises qui sont pas françaises et qui jouent un peu des fois avec les
lois françaises parce qu'elles vont avoir des filiales en France et du coup derrière le respect des personnes en situation
de handicap est pas vraiment...
Là je te parle plus des grands groupes où moi je travaille,
donc je sais que ces grands groupes là ils sont sensibles,
voilà. Et en fait, le fait d'aller voir sa mission de handicap et de dire "je suis RQTH,
j'ai besoin de tel ou tel aménagement" voilà, en fait ça permet comme ça à l'entreprise aussi
d'augmenter ses quotas. Mais on n'est pas qu'un quota sur une feuille tu vois,
on est aussi des salariés, des agents qui ont besoin justement de reconnaissance et d'aménagement,
parce que le travail classique n'est pas possible.
Ou il est possible mais avec... D'ailleurs il y a beaucoup de personnes qui finissent en burn-out,
beaucoup de personnes...
Forcément parce que du coup ils se forcent...
Ils masquent, et le masking bam tu finis par te prendre des murs.
Donc il faut faire super attention à ça. C'est vrai qu'aujourd'hui on parle beaucoup de la santé mentale et je pense que
c'est un enjeu de santé publique et voilà. Il faut en parler,
il faut en parler, il faut en parler, si on n'en parle pas personne n'en parlera,
tu vois.
Ah bah ça c'est totalement vrai. Et justement qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui découvre un diagnostic de troubles
dys aujourd'hui?
Alors, je dirais "tu n'es pas coupable", déjà. D'ailleurs,
c'est ce que je dis dans mon livre. Tu n'es pas coupable.
Et puis surtout, l'accepter, mieux se comprendre,
c'est l'accepter, déjà. Parce que, effectivement,
quand on comprend mieux comment on fonctionne, on peut essayer de trouver des stratégies à mettre
en place. Et c'est en mettant ces stratégies en place qu'on vit mieux le handicap.
Même si, effectivement, on vit avec toute la vie et il faut l'apprivoiser un peu comme le renard
dans le Petit Prince.
Le Petit Prince ! Oui !
J'adore ce conte.
D'ailleurs c'est pas les 100 ans du Petit Prince ?
Si, c'est les 100 ans ou 80 ans ?
Mince. Anniversaire.
Oui, c'est un anniversaire.
Oui c'est un anniversaire du Petit Prince.
Je crois que c'est 80...
Je crois qu'ils ont ressorti des choses magnifiques sur le Petit Prince.
Oui, j'avais vu il n'y a pas très longtemps effectivement.
Oui, j'ai vu des livres très très beaux, parce que j'adore Le Petit Prince depuis que je suis toute petite. petite.
Non, je crois que c'est les 80 ans.
C'est 80?
Il me semble.
On est en 2026.
Je l'avais pris en photo, je l'avais envoyé à une copine,
j'ai dit "tiens regarde, j'ai trouvé ça, tu es trop contente".
Ah oui, il y a des magnifiques livres, des rééditions,
toutes les citations les plus connues, on ne voit l'essentiel,
l'essentiel est invisible pour les yeux, on ne peut voir qu'avec le coeur.
Non c'est vrai que j'ai vraiment beaucoup aimé, et d'ailleurs il est disponible en livre audio.
Oui, j'aimerais bien savoir qui c'est qui l'a lu d'ailleurs.
J'irai regarder après.
Il y en a plusieurs qui ont fait des livres audio.
80 ans, c'est ça.
80 ans.
J'ai une bonne mémoire.
Ah ! Vous voyez, la discrimination sur les personnes dys,
la mémoire n'est pas affectée.
Exactement, mais ça dépend de quelle mémoire. Ma mémoire visuelle n'est pas forcément très bonne.
Néanmoins, ma mémoire auditive et kinesthésique,
v'la le délire. Et j'ai aussi une mémoire épisodique très très forte,
puisque mon premier souvenir date de mes un an et demi.
Ah oui, effectivement !
Donc ouais, ça fait une sacrée base de données dans la tête.
Et à partir de cette base de données, est-ce que tu voudrais bien me donner,
parce que j'aime bien laisser un peu une petite impression douce,
et c'est malheureusement, nous arrivons à la fin de ce merveilleux podcast..
J'aimerais tant pouvoir discuter encore 6 heures avec toi !
Je me doute bien. Même 10 heures !
Ah bah voilà dys ! Donc s'il y avait une phrase, une oeuvre,
ça peut être une oeuvre picturale, musicale, peu importe,
du théâtre, qui représente en fait ton rapport à ce trouble là.
Donc soit quelque chose qui en parle directement,
soit quelque chose qui résonne pour toi, peu importe si l'oeuvre en parle,
que tu voudrais partager à quelqu'un ?
Ah c'est pas simple cette question. Une oeuvre qui me parle par rapport à moi.
J'aime beaucoup Alice au Pays des Merveilles.
"Nous sommes tous fous ici."
Non, mais parce qu'en fait, aussi bien le Chapelier fou,
j'apprécie particulièrement la version Tim Burton,
aussi parce que Tim Burton est dyslexique, faut pas se le cacher.
Mais voilà, non c'est vrai que le Chapelier fou,
Alice, avec ses histoires, mais pourquoi ils nous embêtent avec leur écriture?
Moi je préfère les images, clairement c'est moi ça!
Je préfère les images, et d'ailleurs quand je fais mes conférences,
sauf effectivement cas exceptionnel comme celle que j'ai faite justement le 26 mars dernier,
j'ai toujours des images, je mets des images. Et les images c'est mon support pour me rappeler,
c'est un peu mon palais mental mais physique. Et en fait j'aime beaucoup Alice au Pays des Merveilles parce qu'elle passe
aussi de l'autre côté du miroir. Bon alors ça c'est un autre conte,
mais le fait que tu vois elle se retrouve dans un monde parallèle où finalement elle est utile,
elle est plus jugée, finalement tu vois autant dans la vraie vie tu dois être comme ci,
tu dois être comme ça. Et puis elle voit, je sais plus si c'est un lapin,
elle voit le lapin, elle voit un chat, bref et en fait quand elle arrive dans ce monde des
merveilles, ce pays des merveilles, elle est totalement différente,
elle est elle-même en fait. Et moi tu vois quand je faisais encore du théâtre,
finalement ce que j'aimais bien dans le théâtre aussi,
c'était le fait d'être moi-même. Même si, d'être différente mais normale en même temps.
Ah oui je vois.
Ca va peut-être être un peu difficile à comprendre pour les gens,
mais voilà. C'est vrai que c'était cette sensation de se dire "en fait je suis moi-même".
Et même d'ailleurs, une fois je me souviens, j'étais quand même assez moquée de moi,
on se moquait un peu de moi quand j'étais au lycée etc.
Et un jour je suis arrivée à l'école pour carnaval en Vamp.
Oh ! Avec le petit fichu et tout ?
Alors peut-être pas autant, mais je faisais un petit peu la grand-mère.
Et même je prenais la petite voix "alors mon petit fils comment tu vas ?".
J'étais carrément dans le personnage. Et il y a des gens qui se foutaient de ma gueule d'habitude qui me disaient "mais
moi je pourrais pas faire ça, franchement bravo".
Comme quoi tu retournes la situation !
C'est vrai qu'on ose peut-être plus.
Je pense que ça dépend des gens, bien sûr. Mais moi personnellement j'ose beaucoup plus que la
plupart des, que le commun des mortels, parce que justement,
et en fait j'ai jamais, très honnêtement je n'ai jamais voulu être comme les autres.
On m'a toujours dit "c'est chiant, t'es pas comme les autres".
Bah oui mais en fait à quoi ça sert d'être comme les autres.
Si t'es comme les autres, finalement t'es pas authentique,
t'es pas différent. Justement je pense que le fait d'être différente,
moi je l'accepte. Et heureusement pour moi que je l'accepte,
c'est plutôt les autres qui ont du mal à l'accepter parfois par contre.
Là tu vois par exemple la semaine dernière, il y a une dame qui m'a dit "franchement t'es vraiment
une femme exceptionnelle". Moi d'où je suis exceptionnelle ?
En fait je suis moi même. C'était ça tu vois. Et en fait bon,
maintenant j'arrive quand même à accepter les compliments.
Mais tu vois en fait je suis tellement moi même,
je fais tellement les choses avec authenticité, que finalement je vois pas pourquoi je me
cacherais. Alors, il y a des fois où, effectivement,
dans mon métier, je n'ai pas le choix que d'être la haute performance,
etc. Mais il y a des fois où je me permets de relâcher la pression ou des choses comme ça et de ne
pas être... Moi, il y a des fois où ça m'arrive de dire à mon mari,
"est-ce que j'ai le droit d'être un enfant aujourd'hui?".
"Ben oui, bien sûr". Quand on est le week-end, j'ai tellement compensé la semaine pour le boulot,
etc, que, en fait, j'ai dit, je me donne l'autorisation de...
Alors, c'est vrai qu'il y a des fois où les gens regardent dans la rue en mode "c'est qui
celle-là?". Ecoute je m'en fiche, j'ai appris à dépasser ce regard des autres,
et je pense que c'est ça la chose dont je suis plus fière aujourd'hui.
Je trouve que c'est très beau ce que tu dis.
Et les gens me disent que je suis authentique, donc je pense que ça fonctionne plutôt bien.
Je suis un peu un clown, je suis un peu tout en fait.
T'es toi en fait.
Je suis moi.
C'est ça qui est le principal. Et que les gens puissent t'accepter en tant que telle.
Il y a un autre film que j'aime beaucoup. J'ai dit je suis moi,
mais du coup, ça me fait penser à Mirabel, tu sais,
Encanto.
Ah oui!
Mirabel qui est là en mode c'est dur de ne pas être machin.
Et puis, qu'est-ce que tu vois? Je vois moi. Et là,
c'est beau, c'est magnifique. Et je me rappellerai toujours de quand est-ce que j'avais été voir ce
film au cinéma, j'étais même à Disney Village dis-toi bien,
au hasard comme ça, moi TDAH, je dis à mon mari,
"tiens c'est marrant il y a un cinéma, ça te dit?",
"vas-y, il pleut, il fait moche, vas-y, ça te dit on va au cinéma et tout",
genre ah tiens il y a Encanto, j'aimerais bien aller le voir et puis en fait on a été voir
Encanto, on a kiffé notre race, et finalement on est rentrés il faisait jour,
on est sortis il faisait nuit ,et c'était trop bien en fait.
Et voilà.
Des petits moments pris comme ça.
Et en plus elle me ressemble en plus Encanto.
Mirabel ? Oui c'est vrai t'as les cheveux bouclés aussi.
Bon alors là je les ai attachés, mais effectivement je mets les lunettes vertes,
la petite jupe et tout...
Et voilà prochain cosplay.
Ah mais je fais du cosplay ! J'ai Bellatrix, là j'ai commencé à préparer un petit peu un
personnage que j'adore Marie Poppins. Marie Poppins c'est pareil,
c'est toute mon enfance, je connais les musiques par coeur,
que ce soit le 1 ou le 2. Donc vraiment je suis fan des petits dessins d'*** pour enfants.
Pareil, Judy Hopps dans Zootopie, c'est pareil,
elle est exceptionnelle cette lapine. Elle est trop mimi en plus.
Je pense que Zootopie a fait beaucoup justement pour les neuroatypies,
surtout le 2.
Je suis totalement d'accord. Je l'ai vu aussi. C'est magnifique.
Mais en tout cas je pense qu'il faut justement que ça puisse exister davantage des oeuvres qui soient à la fois inclusives
mais pas non plus un martèlement total quoi, juste exprimer des valeurs.
Juste ce qu'il faut. Un soupçon.
Un soupçon. Juste un morceau de sucre qui aide la médecine à couler,
la médecine a couler, la médecine à couler...
Juste un morceau de sucre qui aide la médecine à couler,
la médecine a couler, la médecine à couler...
Je pense que sur cette merveilleuse chanson, nous allons continuer à faire un karaoké de notre côté. côté.
Exactement.
En tout cas, merci beaucoup Aurélie pour cet échange.
Avec grand plaisir, c'était vraiment super intéressant de pouvoir être dans ton podcast.
Et c'est vrai que le sourire était là donc c'est top.
Oui, je pense qu'on a ramené le soleil avec nous.
Je ne sais pas, on ne peut pas voir d'ici.
On ne voit pas très bien effectivement.
On va se persuader.
Voilà, exactement ! Merci beaucoup Aurélie.
Avec grand plaisir, merci à toi, merci aux auditeurs qui nous ont écoutés.
Tout à fait, merci à tous et à toutes. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.
Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.