Hypersensible, quand le cerveau ne coupe jamais vraiment - Emmanuel (1/2)
S01:E26

Hypersensible, quand le cerveau ne coupe jamais vraiment - Emmanuel (1/2)

Episode description

Quand les émotions deviennent physiques, mais permettent de ressentir le monde différemment. Emmanuel nous parle de son hypersensibilité.

(Partie 1/2)

Invité : Emmanuel

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Emmanuel. Bonjour Emmanuel.

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Bonjour Delphine.

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Et on va parler ensemble d'hypersensibilité. Et c'est un sujet très,

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très vaste. Alors tout d'abord, Emmanuel, on va essayer de faire un peu connaissance avec toi.

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Si tu veux bien te présenter qui tu es, quelles sont tes passions dans la vie,

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un peu dans les grandes lignes.

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J'ai fait des longues études, je vais avoir bientôt une soixantaine d'années en septembre prochain et j'ai travaillé dans

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des métiers d'ingénieur. Après ça a dérivé plutôt vers des fonctions plus de marketing mais orienté market intelligence

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donc beaucoup d'analyses de données et de réflexion,

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qui est un sujet que j'aime beaucoup.

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Parce que tu réfléchis beaucoup.

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Disons que je ne m'arrête jamais de réfléchir.

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On va voir ça justement, on a tout notre temps pour en parler.

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Et du coup, comment tu pourrais définir un petit peu cette particularité que tu as,

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donc l'hypersensibilité? Comment tu pourrais un peu nous décrire ça avec tes mots?

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Qu'est-ce qui te vient en premier quand on te parle d'hypersensibilité?

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Ressentir plus de choses, avec plus de nuances, et plus de relations entre ces différents ressentis. ressentis.

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Un petit peu nexialiste, c'est ça ?

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Oui il y a un côté...

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Pour les fans, les fans de S-F trouveront peut-être.

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C'est une référence à Van Vogt, un livre qui s'appelle La Faune de l'Espace,

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où il décrivait l'épopée, un peut façon Star Trek,

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d'un vaisseau, à travers différentes nouvelles, apparemment sans lien,

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mais qui ont un lien, et dans lequel tous les membres d'équipage sont des spécialistes de

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différentes spécialités, mathématiciens, physiciens,

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biologistes, philosophes, psychologues, etc., évidemment j'en oublie,

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et qui ont tous une expertise extrêmement poussée dans leurs spécialités,

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et une nouvelle discipline qui s'appelle le nexialisme qui consiste en fait à n'être spécialiste de rien mais à pouvoir

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faire des connexions entre les différentes spécialités.

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Et il se trouve que dans leur épopée façon Star Trek,

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ils découvrent des formes de vie extraterrestres et aucun des spécialistes experts en leur domaine n'est capable de trouver

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la solution pour communiquer, pour résoudre le problème etc.

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Sauf le nexialiste parce qu'il va prendre les informations là où il faut,

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en faire la connexion et voir ça de manière globale et avec la capacité de comprendre la complexité des relations entre

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les différentes disciplines. C'est quelque chose qui,

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d'ailleurs, je trouve, a une résonance extrêmement contemporaine aujourd'hui.

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Ah bon? Alors, on rappelle évidemment, c'est un petit peu le moment "merci Jamy",

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on rappelle que l'hypersensibilité n'est absolument pas un trouble psychiatrique puisque c'est juste un trait de fonctionnement

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particulier qui est souvent lié à, déjà, sensibilité,

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donc les sens, les cinq sens, donc la vue, l'odorat,

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le toucher, l'ouïe et le goût (mais à moindre mesure,

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parce que c'est uniquement présent dans la bouche).

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Et également, une forte réactivité émotionnelle et une grande profondeur de traitement des

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informations, donc justement ce qu'on vient de dire par rapport au nexialiste.

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Donc, c'est important de pouvoir bien différencier ça avec une pathologie,

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puisque c'est vraiment un fonctionnement au même titre que l'autisme ou les autres fonctionnements neurodéveloppementaux

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qu'on peut avoir. Mais je suis sûre qu'Emmanuel,

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tu as dû avoir beaucoup de personnes qui ont dû te sortir des « mais tu es trop sensible ».

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Alors, je n'avais pas de mots, en fait, pour décrire le décalage que je ressens,

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parce que c'est une des premières émotion ou sensation ou ressenti en tout cas qu'on a vis-à-vis

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du reste de nos semblables, c'est qu'on se sent totalement décalé.

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Et donc comme on est décalé, on dit on n'est pas dans la norme.

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Comme on n'est pas dans la norme, on dit qu'on a une pathologie etc,

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etc. Alors qu'en fait il s'agit juste de se dire qu'on perçoit,

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je ne vais même pas dire différemment, mais on perçoit en général plus loin,

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avec plus de connexions. C'est un petit peu comme certains,

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quand on fait des tests d'audition, certaines personnes entendent presque à la limite de l'infrason ou presque à la limite

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des ultrasons, alors que d'autres ont une amplitude de capacité auditive qui est plus restreinte.

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De la même manière, on a constaté que certains individus sont daltoniens.

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Alors là, comme ça pose un problème pour certaines choses quotidiennes,

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on parle de pathologie, mais il y a des gens qui arrivent à voir les couleurs avec une capacité de nuance que d'autres n'ont pas.

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Pourquoi? C'est comme ça, on est tous différents.

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Donc, la notion de différence ne me paraît pas appropriée parce qu'on est 8 milliards sur la Terre,

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mais on est tous différents de base. Donc, la notion de différence n'est pas un facteur

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différenciant, justement, pour faire un jeu de mots.

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Tu sais d'ailleurs que, vu qu'il y a environ 20 à 30 % de la population qui présenterait cette

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forte sensibilité. A 30 % on est clairement sur un tiers.

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Donc on n'est plus dans une différence, on est juste dans une variation normale.

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Il y a juste un tiers de la population qui va avoir ce range là de sensibilité.

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Bah c'est plutôt bien de se dire que justement on est nombreux à pouvoir ressentir beaucoup de choses. choses.

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Oui, moi aussi quand j'ai vu le pourcentage, je me suis dit "ah c'est bien,

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je me sens moins seule", de me dire qu'il y a autant de gens finalement qui vont avoir aussi cette possibilité de voir le

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monde d'un œil différent.

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Oui, ça, je trouve ça vachement bien. C'est quelque part...

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D'abord, le fait, quel que soit ce qu'on a, même si ça nous rend unique,

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le fait de savoir que parmi nos semblables, il y a des gens qui ont vécu des expériences

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similaires, c'est extrêmement rassurant parce que ça élimine une partie de ce décalage, justement. justement.

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Oui, ça veut dire qu'on a juste des gens qui sont comme nous.

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Et même s'ils ne sont pas exactement comme nous,

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il y a quand même un overlap, en tout cas quelque chose qui se recouvre suffisamment commun pour qu'on puisse se reconnaître

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comme un groupe, entre guillemets. Donc ce qui est effectivement beaucoup plus rassurant.

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De ce point de vue-là, oui, mais ça n'empêche pas un fort sentiment de décalage qui mène souvent à

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se sentir très incompris.

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Oui, c'est vrai. Et d'ailleurs, ce qui est important de noter aussi,

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c'est que l'hypersensibilité, il n'y a aucune discrimination de genre.

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C'est autant chez les hommes que chez les femmes.

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Il n'y a aucune discrimination aussi de type de sociabilisation,

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c'est à dire qu'il y a autant de personnes hypersensibles chez les introvertis que chez les

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extravertis. Et du coup c'est pas une question de "je suis timide donc je suis hypersensible",

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non, c'est juste vraiment une autre façon de ressentir et après en fonction de comment on est dans la société par rapport

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aux normes, aux dogmes, aux biais sociétaux, ça ne va pas forcément s'exprimer pareil pour les

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femmes que pour les hommes, pour les hypersensibles introvertis que pour les hypersensibles

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extravertis. Finalement, c'est la société qui va créer les difficultés.

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Parce qu'on veut mettre ça dans des cases et il y a des moments,

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il y a des choses qui rentrent, en tout cas, dans aucune case existante.

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Créons nos propres cases, j'ai envie de dire.

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Alors, l'homme a toujours voulu classifier, on est d'accord.

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Moi-même, j'aime beaucoup les symétries, les classements,

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les comparaisons, mais... Je trouve très dommage et dommageable le fait que nos sociétés actuelles,

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et notamment dans le monde professionnel, donc je mets les médias dedans,

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c'est-à-dire qu'en tant qu'auditeur libre, on voit un média,

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c'est donc un support professionnel, mais on y est touché en tant que particulier.

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On met les choses dans des cases. Ça m'a fait penser notamment à la manière dont on veut réduire une personnalité avec un

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disque séparé en quatre zones et avec la zone du dominant,

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la zone du perceptif...

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Le bleu-rouge-vert-jaune?

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Oui, le bleu-rouge-vert-jaune, où on dit un individu se réduit à quatre zones et en gros,

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ceux qui seront patrons seront les rouges agressifs.

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Je me dis, d'abord, je trouve ça totalement inadapté et extrêmement réducteur et finalement dévalorisant pour ce qui fait

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la richesse de quelqu'un dans n'importe quelle société.

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Société au sens compagnie, pas société aux sens civilisation.

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Parce que bien évidemment, tu es dans les quatre couleurs.

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Oui, moi, j'étais à peu près au centre.

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C'est fou comme c'est étonnant !

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Et ça dépend des cas, en plus. Puisque ça varie au cours du temps,

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au cours de l'âge, au cours de la vie.

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Ah ben, ça, quand le monde du travail aura compris que nous ne sommes pas des robots,

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mais que nous sommes des êtres sentients.

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Ça, c'est une chose. Et l'autre chose, c'est qu'on confond un support scientifique pour pouvoir analyser quelque chose et

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le classifier pour aider à comprendre avec une sorte effectivement de loi ou de labellisation qui devient extrêmement dogmatique

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et exclusif, au sens "ça n'appartient plus à" de tout ce qui n'est pas dans cette case-là.

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Et ce type de, je dirais de classification sociétale,

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a été un des facteurs, pas le seul, loin de là, qui a conduit à des comportements totalement

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communautaires. Au sens, on est entre nous, on est dans un club en quelque sorte et tout ce qui ne fait pas partie du club

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est forcément mécréant, hostile, voire opposé à nous.

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Oui c'est à dire communautaire dans le sens sectaire.

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Dans le sens sectaire.

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Oui tout à fait. Bah c'est c'est effectivement très dommageable.

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Et justement si on reprend un peu l'hypersensibilité,

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poum - titre - souligné - deux points. Donc on a dit que ça pouvait concerner les cinq sens et les

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émotions. Donc après, dans les émotions, il y a tout ce qui va être conflit,

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ambiance, les valeurs morales, l'injustice, ce genre de choses,

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et également tout ce qui va être art sous toutes ses formes.

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Donc, je te propose qu'on fasse une sorte de petite liste à cocher pour savoir comment tu ressens

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les différentes choses. Alors, petit 1, le goût. Comment ça se passe chez toi,

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le goût?

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Alors, c'est compliqué parce que déjà, tu prends un sujet qui ne fait pas intervenir que le goût.

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Ah bah oui parce que c'est vrai que le goût est lié à l'odorat.

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Le premier rapport que tu as avec la nourriture, il est visuel.

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Et je dirais même, avant ça il est même dans ton souvenir.

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Ca peut être un souvenir olfactif que tu as eu par le passé qui va générer une attente,

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un plaisir que tu n'as pas encore eu.

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La madeleine de Proust.

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"Ah le flan de ma grand-mère!"

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Ceci dit le flan de ma grand-mère est délicieux.

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Voilà et quand tu vas... En l'occurrence c'était pas le cas mais c'était pour prendre un archétype.

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Mais le souvenir qu'on a eu de quelque chose qui était extraordinaire,

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quand on retrouve un plat qui est similaire, on a une attente par rapport à ça.

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Donc, on élimine tous les artefacts, mais qui participent à la construction du goût.

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Au moment où on goûte, justement, on fait appel à toutes ces choses-là,

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à la mémoire olfactive, à la mémoire tout court,

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parce que ça a pu se passer dans une certaine ambiance,

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avec certaines personnes, ça a pu être lié à un événement particulier,

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heureux ou malheureux d'ailleurs. Pourquoi j'aime pas les épinards (c'est pas le cas),

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pourquoi j'aime pas les épinards? C'est plutôt le cas de Laurent,

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il se reconnaîtra, parce que petit on l'avait obligé à en manger ou il y en avait qui avaient été peut-être mal nettoyé

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et depuis il dit qu'il aime pas. Maintenant il y a prescription.

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Donc le goût est éminemment personnel et subjectif,

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et au moment où on goûte, l'hypersensibilité fait qu'on va pouvoir associer justement plus,

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on va convoquer beaucoup plus de ses souvenirs, de ses autres sens,

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de sa réflexion, par rapport à ce qu'on est en train de goûter,

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faire des connexions avec des sujets qui n'ont a priori rien à voir.

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Oui c'est ça la force justement. C'est une foison de liens neuronaux sur un point particulier.

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Oui je ne saurais pas mieux dire.

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C'est sorti comme ça.

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Donc c'est très compliqué d'isoler. Il faut toujours avoir en tête,

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et c'est ce que j'ai, et comme en plus je n'arrête jamais de réfléchir sur ces sujets,

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à chaque fois ça fait appel à tout un tas de choses.

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C'est pour ça que j'ai été pas mal content de voir cette notion de nexialiste que je reprends pour

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mon propre compte. Je vais prendre un exemple même plus simple que la gastronomie qui peut faire appel si on ne parle que

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du goût. Après, il y a la sensibilité et l'éducation du goût.

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Oui, un petit peu comme dans Ratatouille, quand Rémi justement va tester pour toute la colonie de

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rats. "Snif, c'est bon, ça, c'est pas toxique".

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Donc, il y a des gens, on peut leur mettre des produits tout venant,

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ils verront pas la différence entre un poulet de batterie et un poulet de Bresse,

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par exemple. Je vais prendre un sujet même plus simple.

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Quand je suis dans l'état qui va bien, c'est-à-dire un état de perception pas perturbé par trop de

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choses, quand je regarde je dirais l'horizon même s'il n'est qu'en partie visible,

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un paysage type nature. Donc on va prendre quelque chose de simple : on est au bord de la plage,

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donc on voit l'horizon assez loin, le ciel, la mer,

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j'ai instantanément un certain nombre de choses qui sont convoquées,

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je vois la totalité de la planète Terre et j'arrive,

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comme si j'arrivais à dézoomer complètement, un peu comme dans le début du film Contact,

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c'est pour ceux qui l'ont vu, j'arrive à dézoomer et de voir que la partie que je vois,

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en fait, est partie d'un tout qui est incommensurablement plus grand.

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Le big picture.

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Et ça permet, en tout cas, d'avoir ce terreau pour pouvoir faire les connexions.

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Ça ne veut pas dire qu'elles sont faites automatiquement,

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mais dans mon cas, j'en fais beaucoup.

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Donc du coup, si on prend le goût et donc, je suppose,

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l'odorat aussi pour les connexions, et l'ouïe, tu vas faire un lien entre tous tes sens au niveau connexion. connexion.

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Par exemple, oui. Vous prenez un chips.

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Un chips.

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D'ailleurs c'est une chips, je crois que c'est féminin.

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Une petite pomme de terre frite.

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Oui quelque chose de croustillant. Il y a un son.

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Ah oui bien sûr. Oui totalement.

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Et le son d'ailleurs, ça a été démontré.

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Ca joue beaucoup au fait qu'on aime beaucoup les chips.

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Voilà, ça a été démontré. Les choses qui sont croustillantes,

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comme les cacahuètes, les chips ou les choses comme ça,

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ça fait partie d'une addiction. J'aime pas trop ce mot dans ce cas là.

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Du plaisir en tout cas qu'on a.

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Ca accentue l'expérience.

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Et ça donne un petit goût de reviens-y.

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Le fameux petit goût de reviens-y.

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D'ailleurs, on dit : ne pas manger de cacahuètes,

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c'est facile. Manger une cacahuète et s'arrêter,

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c'est très difficile.

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Même impossible.

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Dans mon cas, c'est un challenge permanent.

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Surtout celles qui se décortiquent. Mais du coup,

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là, pour le goût, c'est vrai qu'on n'a pas trop la notion d'un goût qui va pouvoir entraîner une douleur tellement on a

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une sensibilité à ce goût? C'est assez peu fréquent,

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en règle générale, à moins d'avoir...

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Alors, il y a des gens pour qui un plat absolument merveilleux tire des larmes.

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Personnellement, ça n'est pas sur ce type de support que moi,

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je vais le plus loin dans les émotions. C'est vraiment beaucoup plus sur la musique.

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Oui, le côté auditif.

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Ou la nature. C'est-à-dire le visuel, la perception qu'on vit dans un vaisseau qui est le seul

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viable, que ça, on fait partie d'un tout. Un tout,

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a priori, qui n'a pas vraiment de centre, d'ailleurs.

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Ça, c'est merveilleux. Moi, ça m'est arrivé de pleurer en voyant le ciel étoilé.

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Ça m'est arrivé de pleurer en voyant un arbre. Pour la musique,

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tout le temps, ça me génère vraiment parmi les émotions les plus nuancées.

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Alors, musique, évidemment...

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Plutôt orchestrale.

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Moi, c'est plutôt classique, au sens, on va dire,

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les musiques à partir du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe.

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Les grands romantiques.

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Pas seulement. Pour moi, j'en mets un, par exemple,

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à part, c'est Bach.

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Oui, bon, après...

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En tant que romantique, Bach, c'est pas trop le profil,

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mais il y a des choses... Par exemple, ça m'est arrivé de jouer le début de la Toccata en ré mineur de Bach sur un orgue

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dans une église. J'ai, rien que de penser à la sensation,

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ça me génère énormément d'émotions. Il y a certains morceaux de musique par certains interprètes qui me tirent les larmes

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à chaque fois.

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Mais donc, du coup, là aussi, ça convoque plusieurs sens et les émotions,

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du coup.

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Ah ben oui, la musique est essentiellement émotionnelle.

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Et encore une fois, je ne parle pas de qualité. Je dis simplement que la musique dite classique...

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C'est celle qui te fait le plus vibrer.

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Personnellement, c'est celle qui me fait le plus vibrer.

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J'ai essayé de théoriser, c'est un bien grand mot,

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pourquoi on pouvait ressentir toutes ces nuances,

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ces palettes d'émotions avec le classique et pas avec une chanson qui peut nous procurer énormément

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de plaisir, encore une fois.

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J'ai l'impression que ça ne convoque pas les mêmes choses parce que souvent dans une chanson,

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on a aussi les paroles, alors que dans le classique,

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même pour les opéras, on va être beaucoup plus en retrait de la signification et on va être beaucoup plus sur le langage

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universel de la musique en tant que telle.

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En ce qui me concerne, oui.

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Moi, c'est comme ça que je le ressens après.

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Mais pour la musique dite classique, et j'y associe même les musiques plus modernes que je comprends plus trop d'ailleurs comme

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Boulez ou des gens comme ça, et musique de film qui sont pour moi l'héritage direct de la musique

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classique, John Williams des gens comme ça, alors pourquoi ?

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Pour moi elles sont le terreau qui permette justement à des hypersensibles de comprendre toutes ces connexions et donc de

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monter en émotions très très fort. C'est parce que c'est un petit peu comme quand on construit

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quelque chose. Quand on construit un langage, il faut des briques de base,

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on appelle ça le vocabulaire au sens large. Et bien pour la musique,

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il faut du vocabulaire pour construire une maison,

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il faut du vocabulaire, c'est la brique, le ciment,

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les murs, les poutrelles, enfin tous ces trucs là.

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Si on a UNE brique de base, elle peut être super belle,

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vachement bien, mais on ne va pas exprimer grand chose.

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On va avoir une toute petite maison.

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Non, ça dépend. On peut en avoir plusieurs. Mais si elles sont toutes les mêmes,

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ça va être plus compliqué de faire des formes différentes.

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Alors, on me dira qu'avec LEGO, on peut... J'élimine ce genre de cas.

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Oui, mais LEGO, il triche parce qu'ils font des plus ou moins grands.

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Dans le cadre de la musique, quand on a une pompe harmonique très simple,

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finalement, ça ne va pas convoquer tant de choses différentes.

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Parce que l'émotion vient aussi d'une certaine forme d'originalité,

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de ressenti, qui est à caractère un peu unique. Pourquoi ce timbre de voix fait ceci...

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Oui c'est à dire, il va y avoir une émotion mais il va pas y avoir forcément des émotions complexes. complexes.

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Et avoir beaucoup de vocabulaire permet d'exprimer beaucoup de choses.

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Ca veut pas dire qu'on est capable de les exprimer bien,

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mais ça permet, c'est le terreau qui permet potentiellement d'avoir ça.

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C'est pour ça que dans mon cas, je considère que ce type de musique étant plus riche en termes de

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vocabulaire, factuellement.

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Déjà il y a beaucoup plus d'instruments.

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Elle permet de faire plus de choses. Et notamment dans la musique orchestrale,

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il y a tous les timbres des instruments différents,

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j'y mets la voix également.

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On est bien d'accord.

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Et même chaque instrument peut avoir sa sonorité particulière.

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Tel Stradivarius ne va pas sonner pareil qu'un tel autre,

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un Steinway ne va pas sonner pareil qu'un Yamaha etc,

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etc. Et une voix comme la Callas dans Norma, ne va pas sonner pareil que n'importe qui d'autre qui peut être une cantatrice

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absolument géniale aussi.

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C'est vrai qu'il y a eu des spécificités uniques aussi dans le monde des artistes,

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qui font que même pour un même type d'art, ça ne sonne pas pareil avec tel ou tel...

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Moi, je me souviens quand j'étais petit, c'est mes parents qui m'ont raconté,

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quand j'étais vraiment très petit. Je me souviens quand j'avais à partir de 6 ans ou 8 ans,

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mais avant, je ne m'en souviens pas. Mes parents me racontaient que j'étais sur le canapé à

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certains morceaux de musique, pas tous, et que j'étais complètement allongé,

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pratiquement dans un état second quand j'écoutais certains morceaux.

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Une transe émotionnelle en quelque sorte.

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On pourrait dire ça oui. Donc il y avait des morceaux comme le deuxième mouvement de la septième de

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Beethoven, il y avait le boléro de Ravel, il y avait certaines rhapsodies hongroises par Cziffra etc etc. etc etc. etc.

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De toute façon je pense que ça joue aussi par rapport à la personnalité qu'on a.

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Je pense que les choses qu'on aime, quel que soit l'art sur lequel on va aller,

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ce qu'on aime dans chaque type d'art est lié aussi à la personnalité qu'on a chacun.

23:16

Et du coup une forme spécifique va pouvoir résonner en nous d'une certaine manière,

23:25

que ce soit par exemple pour de l'art pictural, de l'art musical,

23:29

ou de l'art vivant en fonction de ce qu'on aime bien.

23:35

Ca va être, moi je sais que je suis très peu sensible par exemple aux mises en scène actuelles de

23:40

la Comédie Française, parce que du coup pour moi c'est tellement vide et brut que je perds en fait tout l'univers que je

23:51

me suis créé autour de l'oeuvre qu'ils sont en train de jouer.

23:55

Donc avec ma personnalité ça ne marche pas. Je perds,

24:01

entre guillemets c'est comme si on avait gommé un petit peu.

24:04

On m'a fait une superbe image qui me racontait plein de choses et on a tout gommé,

24:10

on a fait des bonhommes bâtons.

24:15

Je ressens un peu la même chose. La Comédie Française,

24:19

le théâtre n'est pas du stand-up.

24:20

Ah oui.

24:21

Il y a un minimum des fois de décors, de costumes,

24:25

qui doivent être évocateurs et faire partie de l'évocation.

24:29

Ou alors c'est qu'on fait de l'improvisation, mais là c'est un autre art.

24:32

Bon là on n'est plus dans l'hypersensibilité on est dans les goûts et les couleurs.

24:36

Comme les mises en scène d'opéra, il y en a certains auxquels je n'adhère pas du tout,

24:41

parce que pour moi, ils dénaturent l'œuvre.

24:43

Oui, là, c'est plus les goûts, mais disons qu'après,

24:44

dans le ressenti...

24:44

C'est comme si on repeignait un tableau qui a déjà été fait.

24:47

Non, on ne le repeint pas.

24:48

Ben oui.

24:49

Sauf qu'il faut le restaurer, mais ça, c'est différent.

24:51

Ou alors, c'est que l'auteur lui-même a déjà repeint dessus,

24:53

comme Léonard de Vinci.

24:55

Maintenant, c'est plus complexe que ça, puisqu'il y a certains asiatiques,

25:00

notamment les Japonais, qui ont un rapport aux choses dites artistiques totalement différent.

25:05

Pour qu'une œuvre vive, elle est en constante modification.

25:08

C'est-à-dire qu'elle est, un bâtiment par exemple,

25:11

qui a été fait de manière très artistique, s'il y a une poutre qui se dégrade,

25:14

ils l'enlèvent, ils la remplacent. Ce qui fait que,

25:15

500 ans plus tard, qu'est-ce que ça veut dire?

25:19

C'est le bateau de Thésée.

25:20

C'est le bateau de Thésée, exactement.

25:22

Oui, c'est ça. Quelle est l'origine, finalement? Après,

25:25

il y a aussi les...

25:26

Encore une fois, ça a des résonances aujourd'hui avec l'informatique et la notion d'original.

25:30

Oui.

25:32

Par rapport à une copie.

25:33

Bah après je pense que, justement en tant qu'hypersensible,

25:38

tout ce qui vient de l'intelligence artificielle,

25:40

est-ce que tu ressens que du coup ça n'a pas été fait par un humain ?

25:50

C'est difficile de répondre à une question comme ça.

25:53

J'ai un ressenti extrêmement fort vis-à-vis des intelligences artificielles,

25:56

puisque pour moi, elles sont en train de nous priver de notre puissance d'être.

26:00

Oui.

26:00

Et alors ça, pour un hypersensible, c'est...

26:02

Ça fait mal, oui.

26:04

Ça fait très mal. Et je reconnais la... Comment je pourrais dire?

26:11

La technique. Je ne peux pas parler d'utilité parce que pour moi,

26:15

détruire ce qui fait de nous des humains, je ne trouve pas que ce soit très utile.

26:22

Mais... Je comprends, pour avoir moi-même des attirances vis-à-vis de ça,

26:30

l'intérêt que ça peut susciter et le confort que ça peut apporter sur un certain nombre de choses.

26:36

Maintenant, comme je fais des connexions avec tout un tas de trucs,

26:39

le prix réel à payer sur le long terme, il est effroyable,

26:43

à tout point de vue. Et je ne parle pas de CO2 uniquement.

26:47

Je ne parle pas d'énergie uniquement.

26:50

Éthique et morale.

26:51

Éthique et morale. Alors, je sais que ça fait très discours militant de gauche,

26:56

ce qui n'est pas le cas. Je veux dire, la physique,

26:59

elle n'est ni de gauche ni de droite. Quand on est en train de transformer notre planète en

27:04

poubelle généralisée, ça, c'est ni de gauche, ni de droite.

27:09

Le CO2 en est une partie, la consommation d'énergie en est une partie,

27:12

mais l'humanité, en tant qu'espèce vivante, il faut qu'on comprenne une fois pour toutes que,

27:20

un, on est le problème, deux, qu'on fait partie de cet écosystème,

27:23

et que si on exerce une prédation de plus en plus forte sur quelque chose qui est fini,

27:32

comme dit quelqu'un d'assez connu, on vide les placards et on remplit les poubelles.

27:37

C'est sûr. Justement c'est intéressant ce que tu dis là,

27:40

parce que ça me fait penser à justement une notion au niveau de l'hypersensibilité,

27:46

c'est que ton hypersensibilité elle est aussi morale au niveau des valeurs que tu as sur le monde.

27:57

Et du coup je sais qu'on avait discuté il n'y a pas très longtemps d'écologie justement,

28:02

et la claque écologique, toute cette réflexion que tu as par rapport à ça,

28:11

cette sensibilité et donc cette révolte par rapport au fait qu'on est en train de foutre en l'air

28:19

la planète.

28:20

On prend un risque. Je pense que le salut vient de nous.

28:23

Il ne faut pas attendre des industriels et des politiques qu'ils résolvent nos problèmes,

28:30

sachant que, encore une fois, le problème, ce n'est pas l'extérieur et l'Homme va le résoudre,

28:35

c'est nous sommes à l'origine du problème et il faut qu'on arrête les conneries pour dire les

28:39

choses brutalement. Et la première des bêtises qu'on fait,

28:44

malheureusement, c'est de nier que nous sommes partie du problème.

28:48

On fait partie de l'écosystème.

28:50

Est-ce que ce n'est pas parce que tu as cette hypersensibilité que tu as autant conscience de ça et que ça te touche aussi fort? fort?

28:57

Quand je parlais de l'image que quand je vois un paysage,

29:01

je vois la planète entière, c'est ça. Et quand je dis la planète,

29:07

j'arrive après à transposer dans l'univers entier.

29:13

Comment je pourrais dire... Comme tout le monde,

29:21

et peut-être même plus que beaucoup de personnes,

29:23

je ne suis pas capable de devenir Diogène et de vivre avec un verre d'eau et un crouton de pain

29:28

dans une caverne. Encore que le pain il faudrait que quelqu'un le fabrique et je ne suis pas

29:31

boulanger. Ca je ne suis pas capable renoncer à tout ce qui a permis d'améliorer le confort de

29:37

notre vie, oui, pendant cette bulle de deux siècles qui correspond à l'ère industrielle.

29:42

Je reconnais le confort que ça nous a apporté. Le problème,

29:49

c'est qu'on eut devenu des obèses de ce confort.

29:53

Comme dans Wall-E.

29:53

Pour prendre une image. Oui, je trouve que ça, c'est très bien vu.

29:58

Je ne suis pas trop Walt Disney sur un certain nombre d'aspects,

30:03

mais ça, je trouvais que c'était bien vu par rapport au fait que plus on est assisté,

30:10

moins on EST. Et c'est en ce sens que, quand on est hypersensible,

30:15

on voit des dangers que les autres ne perçoivent pas.

30:19

Et en ce qui concerne l'intelligence artificielle,

30:23

je résiste très, très fort, autant que je peux, à une utilisation je dirais superficielle de cet

30:32

outil. Ca peut rendre des services, mais ce n'est pas une IA qui va réfléchir à ma place,

30:36

ce n'est pas une IA qui va exister à ma place, ce n'est pas une IA qui va ressentir à ma place.

30:41

Je ne vis pas par procuration, et ça c'est vachement important.

30:45

Quant au sujet que tu évoquais tout à l'heure sur...

30:49

Je ne suis pas un catastrophiste en disant ça va s'écrouler,

30:55

parce que je pense que le salut il vient de là, et ça,

30:58

ça m'a été enseigné par deux personnes qui sont mon beau-père et ma femme,

31:03

la notion d'altruisme. Quand je dis ça m'a été enseigné,

31:08

ça m'a été transmis. C'est une sorte d'osmose parce que ces deux personnes-là sont les personnes que je connais qui sont

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les plus altruistes. Et l'altruisme, c'est le côté bon samaritain,

31:18

c'est qu'il ne fait pas quelque chose dans l'espoir d'un retour.

31:22

Il le fait parce que prendre en compte l'autre, c'est prendre également en compte soi.

31:29

L'autre, soi, nous sommes des individus, mais nous sommes aussi partie d'un écosystème.

31:35

Je ne vais même pas dire humanité, parce que c'est très anthropomorphique,

31:37

et ça va encore générer l'image que l'Homme est supérieur aux autres espèces vivantes.

31:42

C'est vraiment ce que je ne crois pas. Parce qu'il faut quand même être sacrément con pour transformer notre planète en

31:47

poubelle, consciemment. Mais bon.

31:52

D'ailleurs, il y avait un livre, Demain les chiens,

31:53

où c'était les chiens qui avaient écrit ça, où c'était les chiens qui racontaient l'histoire de la planète avec les anciens

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humains. Et je crois qu'on se rend compte à la fin qu'il y a les fourmis qui vont prendre la

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contrôle ou un truc comme ça. C'était très marrant.

32:11

Enfin, bref.

32:12

Je trouve que ces idées, d'ailleurs, le malheur, c'est qu'elles sont devenues militantes.

32:16

Je ne fais pas du militantisme. C'est totalement apartisant,

32:19

ce genre de discours. La physique n'a pas de parti.

32:21

La physique, c'est la physique.

32:23

Elle existe. D'ailleurs, en parlant de ce qui existe,

32:30

est-ce que tu as aussi des... Des sensibilités, par exemple,

32:36

la sensibilité à la lumière, la sensibilité à des textures,

32:39

pour le toucher, au son?

32:43

Au niveau son, ça c'est certain. Il y a des sons qui me vrillent les oreilles,

32:47

à tel point que quand je fais certains bricolages avec des outils un peu stridents,

32:52

comme scie circulaire ou perceuse dans du béton ou des choses comme ça,

32:56

je mets un casque. La sensibilité à la lumière, ça m'est venu un petit peu plus tard.

33:01

Les lumières des voitures, des phares, les lumières violentes me donnent mal à la tête assez

33:11

rapidement. Au niveau du toucher, il y a beaucoup de fois où j'ai la sensation de,

33:22

c'est pas une brûlure mais un petit peu comme quand on s'est écorché quelque part et qu'on a la peau un peu plus sensible

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à cet endroit là et on regarde, il n'y a absolument rien.

33:31

C'est horrible, moi ça me fait ça des fois sur le bras,

33:34

le bord du bras. Et c'est infernal, ça fait un mal de chien.

33:39

C'est ça, et ça veut dire qu'on ne peut plus porter un pull ou des choses comme ça.

33:44

Ou être étranglé par son propre collier. Du coup tu ne portes pas de collier mais,

33:47

les cravates.

33:48

Non mais j'aime pas. Ca a été très dur de porter des cravates au début,

33:52

pour cette raison là. Je déteste être en serré au niveau du cou.

33:55

Et pourtant j'ai un foulard parce que j'ai des problèmes au niveau cervical.

34:00

Et qui ne serre pas.

34:02

Dans une matière très noble et très douce.

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Non je suis sensible à un certain confort c'est sûr.

34:12

Après ceci dit, je pense que oui, la sensibilité à des vêtements,

34:18

moi je connais des personnes justement qui sont pas capables,

34:20

qui ont vraiment... La texture des chaussettes par exemple,

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horrible, ou alors il faut absolument, les pulls il faut que ce soit du cachemire,

34:30

parce que si c'est pas du cachemire ça gratte.

34:33

Alors la laine, la laine brute style pull irlandais,

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je ne peux pas le porter à même la peau, c'est impossible,

34:40

c'est impossible. Maintenant sur les bras j'y arrive un peu plus,

34:44

parce que j'exerce un contrôle et puis un travail mental là-dessus.

34:48

C'est un peu comme la gestion de la douleur, des choses que j'ai apprises aussi des mêmes deux personnes que j'ai citées

34:54

tout à l'heure.

34:57

On va aller leur rendre visite probablement sous peu du coup.

35:02

J'ai perdu le fil de ce que je voulais dire...

35:04

C'est normal, trop de liens, trop de liens. La laine?

35:07

Ah oui. Euuuh, c'était sur la sensibilité... Ca reviendra tout à l'heure.

35:14

J'ai perdu le fil. Ça se bouscule trop. C'est pareil,

35:19

c'est aussi quelque chose qui m'arrive souvent. Mon cerveau va à toute vitesse et le fait de

35:26

verbaliser ce que j'ai en tête, ça ne va pas assez vite.

35:30

C'est trop lent.

35:30

Ça ne va pas assez vite. Et c'est une frustration qui est proche du désespoir fort,

35:39

instantané.

35:40

Ça fait un sensation de perte, en fait, d'avoir perdu quelque chose qu'on avait et qui était...

35:46

C'est surtout le sentiment d'incapacité et de se sentir prisonnier.

35:51

Ça, c'est très, très difficile. Il y a, par exemple,

35:54

quelque chose... Quand j'en ai parlé à d'autres couples d'amis,

35:58

ils ne ressentent pas ça. Mais quand on ne se comprend pas avec mon épouse...

36:04

c'est une souffrance que je n'arrive pas à supporter.

36:07

La semaine prochaine.

36:16

Justement, j'avais besoin d'une petite transition.

36:19

C'est parfait, la voilà. On va pouvoir parler justement du monde qui est autour de toi puisque

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évidemment, en tant qu'hypersensible, on a tous ces ressentis qu'on a décrits.

36:30

Mais c'est bien de savoir aussi comment tu vis avec tout ça dans la société.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.