La bipolarité avec Léa Vigier (1/2)
S01:E01

La bipolarité avec Léa Vigier (1/2)

Paris

Episode description

Aujourd’hui, nos recevons Léa Vigier, conférencière et aventurière, qui vient nous parler de bipolarité.

Invitée : Léa VIGIER www.instagram.com/lea_bipolaire

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Léa Vigier pour parler ensemble du trouble bipolaire.

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Bonjour Léa.

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Hello Delphine.

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Alors je suis hyper ravie de te recevoir Léa parce que je t'ai découverte sur les réseaux et je trouve que ce que tu fais

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est assez incroyable et vu qu'on parle pas assez en plus de toutes ces choses sur les

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neuro-atypies, toutes les variations mentales, psychiques,

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cérébrales, neuro-développementales, plein de termes,

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du coup je veux bien que 'on fasse un peu tous connaissance avec toi,

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ce que tu fais dans la vie et pour promouvoir notre merveilleuse maladie.

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Pour moi, c'est la première fois que je fais un podcast avec quelqu'un qui est bipolaire.

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Je suis super contente. Très hâte de voir de quoi on va échanger ensemble.

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Je pense qu'on va toutes les deux apporter pour expliquer ce qu'est la maladie.

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Peut-être que je me présente rapidement.

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Oui, c'est un podcast très libre.

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Je m'appelle Léa Vigier, j'ai 32 ans. Et aujourd'hui,

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ce que je fais, c'est que je sensibilise à la bipolarité,

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aux maladies mentales. J'essaye de casser les tabous,

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les stigmates dessus. Et je le fais au travers de grandes aventures pour pouvoir toucher le plus de

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monde possible. Ne pas venir avec un discours très noir,

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culpabilisant, mais plutôt venir avec des aventures qui emmènent les gens au travers de mes aventures et qui leur permet

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au travers de ça de mieux comprendre la maladie mais aussi d'avoir de l'espoir et de se dire ah tiens si cette fille est

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malade mentale et est bipolaire et qu'elle réalise ses rêves ça veut dire qu'il y a de l'espoir,

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ça veut dire aussi que les bipolaires ne sont pas que cette image qu'on peut tous avoir,

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en tout cas moi, que j'ai eue au tout début, de fou en asile,

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en camisole, dangereux pour la société.

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Instable.

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Voilà, exactement. Et donc, c'est ça ce que je fais.

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Et donc, pour donner aux auditeurs des petites idées des aventures,

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l'été dernier, j'ai fait un tour de France avec une pancarte,

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"Je suis bipolaire, tu m'invites?". Et sans argent.

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C'est comme ça d'ailleurs que je t'ai connue.

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Ah, c'est comme ça que tu m'as connue.

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Et j'ai trouvé que c'était extraordinaire.

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J'ai fait aussi des aventures comme de l'alpinisme.

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J'ai fait l'ascension de plusieurs sommets, dont le dernier à plus de 7000 mètres.

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Je fais aussi de la plongée en apnée pour aller en haute profondeur.

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Et donc, à chaque fois, il y avait ce challenge d'inspirer,

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sensibiliser. Et puis aussi, on en parlera je pense ensemble,

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de qu'est-ce qu'on met en place dans sa vie pour pouvoir réaliser ses rêves,

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pour pouvoir peut-être faire des choses qui pourraient nous rendre instables en tant que bipolaire,

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mais grâce à tout ce qu'on va mettre en place, au final on va pouvoir rester stable et pouvoir

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aller au bout de nos ambitions. Et alors, moi je suis un exemple où on va dire que moi la vie que je veux avoir on va dire

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qu'elle va être très aventurière. Mais ce message,

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il est pour toutes les personnes et tout type de rêve qu'on peut avoir.

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Bien sûr, on peut avoir un rêve de vouloir boire du chocolat chaud avec un chat,

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avec un plaid, c'est tout à fait OK.

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Je valide ! Je valide ! Je valide de pouvoir avoir le job qu'on veut,

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de pouvoir rencontrer l'amour, de pouvoir fonder une famille,

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de pouvoir partir faire un voyage, seul ou avec ses amis.

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Voilà, il y a tout type de rêve. Et c'est vrai que pour beaucoup de personnes quand on entend le diagnostic d'une maladie

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mentale on se dit bon bah ça y est ma vie est foutue et j'aurai une vie compliquée,

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éloignée de la société voilà..

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Voire très courte...

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Voilà parce que si on n'est pas bien traité, on a une mortalité qui est quand même assez élevée dans cette maladie donc on

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estime c'est 13 ans d'espérance de vie en moins et 50 % des bipolaires qui font des tentatives de suicide ce qui est énorme

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donc c'est comment sensibiliser et expliquer que oui c'est une maladie puis on va pouvoir en parler ensemble je pense et

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en même temps gardons nos rêves gardons l'espoir.

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Oui, parce qu'on reste humain, c'est ça qui est le plus important et si on perd nos rêves si on perd tout notre imaginaire

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finalement qu'est-ce qu'on devient ? On perd cette humanité qu'on a tous le droit d'avoir !

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Et du coup est-ce que tu penses que toi tu as un fonctionnement particulier ?

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Tu le définirais comment pour toi personnellement ?

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Alors je pense qu'il y a, en fait ce qui est intéressant c'est que déjà il y a une bipolarité et

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il y a des bipolarités. Donc, on va dire qu'on va expliquer la bipolarité,

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si c'est ça que tu me demandes.

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Oui, c'est une merveilleuse transition en plus vers cette partie un petit peu plus didactique.

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Donc, la bipolarité, si on veut l'expliquer de manière simple et universelle,

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on va dire que c'est une alternance entre deux phases.

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Une phase qu'on va appeler UP et qui va être une phase dans laquelle on va avoir une hyperactivité

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au niveau cérébral, physique et au niveau aussi de comment on va voir la vie.

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Et on va la voir de manière beaucoup plus colorée,

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de manière beaucoup plus belle. Et souvent, on dit,

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voilà, tu es dans un état d'exaltation. Donc ça,

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c'est la phase up. Et puis la phase down qui à l'inverse va être donc une sous-activité de ton cerveau qui marche beaucoup

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moins vite, de ton corps aussi ce qui amène à vouloir beaucoup plus dormir à avoir beaucoup moins envie de faire de choses

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et de comment on voit la vie et là on va plutôt avoir un filtre plus noir et blanc de la vie on va beaucoup moins voir la

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beauté de la vie et donc on va trouver tout ça assez déprimant.

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Ce qui est important, c'est que c'est une maladie.

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C'est marrant parce que j'ai eu beaucoup de personnes que j'ai pu rencontrer qui me disaient « Ah,

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mais je pensais que les maladies mentales n'étaient pas des maladies,

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parce qu'il y a mental après. » Et donc du coup,

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ils se disent « Bon, c'est dans la tête. » Alors oui,

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c'est dans la tête, parce que dans la tête, il y a le cerveau.

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Mais le cerveau peut être cassé aussi.

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Exactement, mais le cerveau, il va sécréter. Et il va sécréter voilà,

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il y a la sécrétion des neurotransmetteurs qui vont t'amener à avoir de la motivation,

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à avoir la vie de la bonne manière à trouver des solutions,

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etc et puis après il y a aussi la sécrétion des hormones et ça dans la bipolarité c'est aussi une sécrétion du coup qui

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est dérégulée et qui fait que par exemple quand tu vas avoir certaines hormones en excès tu vas

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avoir beaucoup plus de motivation, tu vas par exemple tomber amoureux beaucoup plus facilement,

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tu vas avoir envie des autres, avoir une hypersexualité beaucoup plus importante et du coup à l'inverse quand tu n'en as

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plus, il n'y a plus de tout ça donc on est vraiment sur une maladie.

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Il n'y a pas à dire "tu peux changer comme ça juste par la pensée",

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non.

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Comme dirait psychologue, "Si vous aviez une jambe cassée Delphine et bien vous n'iriez pas faire un marathon et vous vous

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sentiriez légitime à dire je suis malade car j'ai une jambe cassée et bien c'est pareil sauf que c'est dans la tête et ça

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se voit pas".

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C'est exactement ça et donc c'est là où on a un travail de sensibiliser à ça pour que les personnes comprennent que c'est une

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maladie, que les personnes n'y peuvent rien qu'elles ne sont pas coupables et qu'elles ne sont aussi pas responsables de

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leurs actions quand elles sont dans les phases et dans les crises.

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Après, là, je t'ai donné une définition universelle.

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Oui.

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Et après, en fonction des bipolaires, on va avoir des phases up et down plus ou moins fortes et plus ou moins longues avec

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aussi plus ou moins d'alternance.

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Et plus ou moins de symptômes aussi.

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Voilà. Et plus ou moins de symptômes. Et donc, c'est là où on va dire qu'il y a plusieurs

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bipolarités. Et c'est ça qui rend quand même le diagnostic plus difficile.

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Parce que ça ne va pas être exactement pareil d'une personne à l'autre.

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Par exemple, il y a beaucoup de personnes qui peuvent avoir des hauts qui ne sont pas très hauts.

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Oui, c'est les hypomanies.

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C'est ça.

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Moi, par exemple, je suis bipolaire de type 2. Donc,

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à ce jour, je n'ai pas fait de manie. J'ai fait que des hypomanies.

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Ça ne veut pas dire que c'est moins fort, ça veut juste dire qu'on n'a pas les mêmes symptômes dans ce qui est ressenti

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et ce qui est vécu. Donc effectivement, c'est ça qui peut jouer sur les perceptions en termes de

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UP. On peut confondre avec la dépression aussi.

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Exactement. Beaucoup, beaucoup de psychiatres vont diagnostiquer à tort quelqu'un de dépressif chronique psychologique parce

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qu'il va le voir du coup plusieurs fois sous dépression,

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il ne verra pas les moments où ça va mieux parce que le patient ne va pas voir le psychiatre quand il va mieux et que lorsque

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ça va mieux, en effet c'est un up mais ce n'est pas non plus un up qui est flagrant et qui se voit directement et qui va

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inquiéter directement les proches. Et donc ça pour te donner un chiffre,

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c'est 60 % des bipolaires qui sont diagnostiqués à tort dépressifs.

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Ce qui, du coup, pose des gros problèmes aussi au niveau du traitement.

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Exactement. Tu as tout à fait raison. Le problème,

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c'est que les personnes qui vont être dépressives vont être traitées avec des antidépresseurs,

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ce qui, dans une grande partie des cas, ne va pas traiter la bipolarité et surtout,

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dans une bonne partie des cas, va l'accentuer.

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Ca va partir en up une fois que tout est résolu.

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C'est ça, ça va emmener du coup la personne, pour expliquer peut-être aux gens,

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les antidépresseurs ils viennent réactiver la sécrétion de la sérotonine.

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La sérotonine qui est un neurotransmetteur qui te permet de trouver des solutions à tes problèmes et de voir la vie de manière

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plus colorée.

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Grosso modo c'est la joie.

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C'est ça, et ça vient du coup de le réactiver et ça permet que ça se resécrète et le problème c'est que quand t'es bipolaire

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bah le problème c'est que tu manques pas de sérotonine tout le temps t'es dérégulé donc en dépression tu en manques mais

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par contre en up t'en as beaucoup trop et si du coup en plus on met des antidépresseurs bah du coup on va t'emmener directement

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vers les hauts et de manière fort et très rapide et malheureusement plus on va vers des hauts forts plus derrière les bas

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vont être forts et donc du coup ce traitement là va aller accentuer ta bipolarité,

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moi ça a été le cas ça l'a accentué année après année,

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crise après crise et donc du coup peut-être je peux te poser la question tu dis donc,

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toi tu avais des hypomanies, est-ce que tu pourrais décrire quels étaient les symptômes et peut-être pourquoi c'était difficile

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à être distingué ?

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C'est vrai que les hypomanies c'est assez traître parce que ça donne un petit peu l'impression que

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on est juste content. Alors certes, on est content,

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mais par contre, il y a aussi dans ces symptômes-là,

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c'est très vicieux parce qu'il y a la privation de sommeil.

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Moi, j'ai lu, je pense, l'intégralité des fanfictions Harry Potter la nuit sans arrêt.

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Je pense que j'ai vidé Internet de ces fanfictions et en fait,

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je ne me rendais pas compte que j'avais cette privation de sommeil parce que je lisais et je n'avais pas besoin d'aller aux

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toilettes, je n'avais pas soif, je n'avais pas faim,

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je n'avais pas envie de dormir, j'étais juste concentrée sur lire ces histoires.

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Et le fait donc d'avoir cette privation-là, les gens ne vont pas forcément le voir à moins de vivre au quotidien avec moi

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parce que le lendemain, je vais quand même être suffisamment opérationnelle pour que ça marche.

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Et vu que je vais avoir cette hyper joie, je vais avoir envie de changer ma garde-robe,

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donc je vais avoir envie de m'acheter beaucoup trop d'affaires qui ne vont me servir absolument à

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rien. Ca m'est arrivé aussi de vouloir complètement changer ma vie,

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de devenir graphiste alors que je dessine aléatoirement.

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D'ailleurs je l'ai vu aussi dans mes aquarelles,

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ma technique de dessin est différente en fonction de mon état mental donc je voyais vraiment la précision aux détails parce

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que je me suis prise pour un peintre où il faut absolument souffrir dans le froid pour réaliser un

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bon croquis, danser sous la lune parce que c'est comme ça qu'on fait en Bretagne parce que c'est le

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pays de tous les folklores... Que des actions comme ça,

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ou alors ne plus savoir exprimer l'amour ou la joie envers autrui et donc la seule solution que j'avais c'était qu'il fallait

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que je touche la personne et que je la secoue parce que du coup il y avait trop d'énergie et j'avais cette envie de secouer

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absolument la personne pour lui montrer que j'avais cet attachement envers elle.

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Et bon, ça ne plaît pas beaucoup, en général, qu'on soit secoué.

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Et puis, évidemment, oui, l'hypersexualité, ça m'est beaucoup arrivé.

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J'avais l'impression d'être nymphomane, alors qu'il y avait d'autres moments,

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j'avais l'impression d'être asexuelle. Donc, les remises en question de ma propre sexualité,

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ça, ça a été beaucoup aussi de variations. Et puis des fois,

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des mises en danger aussi. Je me souviens avoir fait un up pendant le Covid.

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J'avais une entorse juste au début du confinement et j'ai eu la brillante idée d'acheter Just

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Dance, ce qui n'est pas très conseillé avec une entorse.

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Mais il fallait absolument. J'ai eu un projet de faire un cosplay donc je suis sortie pour aller chercher du papier journal

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pour faire du papier mâché... Vraiment, rien de prioritaire mais c'était important et donc dans ces moments-là j'étais sûre

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de moi, moi qui d'habitude n'ai pas trop confiance en moi,

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en tout cas j'ai eu des grandes périodes de ma vie,

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la quasi-totalité avant ma prise en charge thérapeutique on va dire,

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où j'avais pas de confiance en moi, où c'était très difficile d'avoir une estime positive mais dans les moments de tout

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allait bien, pas de problème je pouvais partir dans des...

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Oui, oui, ça c'est vraiment un point. Il y a quelque chose,

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c'est quand tu es dans les up, tu acquiers une estime,

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une confiance en toi qui est énorme, et qui est vraiment très très agréable.

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Et c'est la raison pour laquelle on va pas se dire qu'il y a un problème quand je suis en up.

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Parce que pour nous les up, surtout du coup quand derrière on va vivre des down de dépression,

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les up c'est les meilleurs moments qu'on peut vivre...

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Bah on a l'impression d'être enfin heureux.

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Exactement. On est là "ça y est, je suis enfin en haut,

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je suis au top, je me sens trop bien, je brille" et donc du coup on aimerait pouvoir être comme ça

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tout le temps.

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Surtout qu'en termes de timing, moi j'avais lu dans mes recherches et aussi quand j'ai eu la psychoéducation à l'hôpital de

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jour où j'étais en clinique de jour, que les up durent moins longtemps en moyenne que les down,

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puisqu'on peut avoir de quelques jours à quelques semaines,

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allez quelques mois vraiment mais c'est très rare pour les up,

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alors que pour les down on est sur minimum on est sur un mois,

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plusieurs mois voire si c'est pas traité, plusieurs années donc c'est pas du tout les mêmes ratios

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et on sait qu'en plus, il y a ce fameux effet de crash,

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comme pour les drogues, en fait, où dès qu'on a plus toute cette sérotonine et qu'on arrive au point où on l'a vidée et

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où on est dans le deuxième mode qui se casse, et tout retombe,

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et là, c'est la chute.

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Oui, oui, carrément, carrément. Et du coup, la question,

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c'est... Bon, il y a 1, il y a le point de réussir à déceler les moments de up et du coup,

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se rendre compte qu'on est dans une bipolarité et pas dans une dépression chronique.

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Et puis après, la deuxième étape, elle est de réussir à accepter qu'on a cette maladie-là.

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Donc, un, c'est ne pas en avoir honte. Et donc ne pas avoir honte d'être malade mentale dans une société qui stigmatise

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énormément les malades mentaux. Donc ça, c'est un véritable travail qui est à faire.

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J'accepte. Dans cette acceptation, c'est j'accepte que je ne suis pas responsable,

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que j'ai une maladie, que ce n'est pas une maladie imaginaire et que derrière,

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vu que ce n'est pas une maladie imaginaire et comme on pourrait avoir un diagnostic de diabète,

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eh bien, en fait, il faut le prendre au sérieux.

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Et il faut, du coup, trouver un bon traitement et puis trouver un bon accompagnement pour pouvoir réussir à s'en sortir

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de cette maladie. Et vu que c'est une maladie qui est invisible et en plus très stigmatisée,

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c'est très dur de la prendre au sérieux. déjà on se dit non mais c'est bon ça va passer,

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non mais c'est bon ça va aller mieux, ok c'est bon j'ai pris un peu un traitement,

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ça va aller mieux etc. On la prend beaucoup moins au sérieux que comme tu disais s'il te manque une jambe ou autre quoi

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et puis en plus on n'a pas envie de la prendre au sérieux parce que plus on doit la prendre au sérieux plus du coup on doit

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accepter notre statut d'être un malade mental et donc là est l'enjeu aujourd'hui,

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parce que toutes ces épreuves, tous ces obstacles empêchent les personnes de pouvoir être

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correctement traitées, accompagnées, et donc de pouvoir atteindre le stade qu'on appelle de

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rétablissement. Et donc un stade de rétablissement,

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c'est pouvoir avoir la vie qu'on a envie de mener avec cette maladie-là.

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De toute façon, on le rappelle, ce n'est pas une maladie qui se guérit,

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c'est une maladie qui se stabilise.

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Oui. C'est une maladie chronique qu'on a à vie, mais dont on peut apprendre à vivre avec et à se

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rétablir. Et donc, du coup, à vivre une vie stable,

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souvent beaucoup plus stable que beaucoup, beaucoup de personnes qui n'ont même pas la maladie.

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Parce qu'on apprend à se connaître finalement.

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Exactement, parce qu'on apprend à se connaître. Et donc,

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qui nous permet d'avoir la vie qu'on a envie de mener.

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Donc là, c'est vraiment ça. C'est vraiment ces étapes-là par lesquelles aujourd'hui,

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on doit se battre. C'est aider les personnes à comprendre que c'est une maladie,

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qu'il ne faut pas avoir honte, qu'en fait, une maladie surtout qui est classée comme sixième

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handicap mondial.

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Ce qui est énorme, mondial, je ne sais pas si vous vous rendez compte,

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ça veut dire tout handicap confondu. Les handicaps invisibles,

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visibles, physiques, psychiques, psychologiques,

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neurodéveloppementaux, donc c'est énorme, 6ème mondial vous vous rappelez sur Terre on est combien

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? 8 milliards ?

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7 milliards

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7 milliards, j'ai mis un milliard de trop.

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Carrément et donc du coup comprendre que oui il va falloir mettre en place plein de choses comme on dit t'as un cancer il

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va falloir mettre en place plein de choses et t'accompagner etc et donc ça c'est la bataille,

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pourquoi c'est la bataille ? Parce que encore un autre chiffre quand même qui est très important

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pourtant, on estime qu'il y a 1,6 million de bipolaires en France,

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ce qui du coup amène à, je crois, être la maladie qui touche le plus de Français.

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Pour donner un peu des ordres de grandeur, le cancer du sein touche 900 000 Français.

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La sclérose en plaques, dont on peut souvent entendre parler,

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touche 100 000 Français. Donc, ce n'est pas une guerre de...

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Ça, c'est plus grave, etc. Mais c'est juste se rendre compte qu'on parle beaucoup de plein de

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maladies, qu'on sensibilise, etc. Et c'est génial et c'est trop bien.

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Mais la bipolarité touche énormément de personnes.

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Mais énormément.

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Et là, le nombre en plus qu'on a, c'est le nombre de diagnostiqués.

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Oui, oui. C'est pour ça que moi, souvent, je dis 2 millions.

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C'est sûr qu'il y en a beaucoup plus qui ne sont pas diagnostiqués,

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qui sont médiagnostiqués en dépression, qui sont médiagnostiqués en schizophrénie,

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borderline, qui sont médiagnostiqués TDAH... Parce qu'en plus comme dans la santé mentale il y a beaucoup de symptômes qui

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s'overlap, qui vont les uns au-dessus des autres mais il faut avoir tous ces symptômes pour avoir,

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(j'ai l'impression de faire une collection) mais pour entre guillemets être dans la catégorie de cette maladie et donc c'est vrai

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que des fois si on prend juste une partie des symptômes on pourrait se dire ah mais oui mais ça

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fait rappeler nanani nanana...

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Et puis après il y plein d'autres diagnostics qui sont beaucoup plus faciles à accepter tu vois moi on a pu me dire ah bah

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"t'es HPI" ah bah oui oui je suis HPI bien sûr ça explique tout bah oui HPI t'es super intelligent bien sûr que t'as envie

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de l'accepter ce diagnostic là. "T'es hypersensible" bah oui voilà je suis hypersensible etc mais c'est pas stigmatisé d'être hypersensible

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donc du coup tu vas directement l'accepter alors qu'on te dit bon bah "en fait non t'es plutôt

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bipolaire", non non en fait je suis plutôt hypersensible haut potentiel intellectuel je crois tu vois donc ça il y a aussi

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ça.

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Après, ceci dit il y a beaucoup de comorbidités aussi c'est à dire qu'on n'a pas,

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enfin c'est rare d'être juste bipolaire, moi je sais que justement l'hypersensibilité,

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j'ai toujours été hypersensible même avant de déclarer la maladie et après,

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j'ai toujours aussi eu un trouble anxieux généralisé et un trouble panique.

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L'anxieté, ce grand ami. Et donc, c'est vrai qu'il y a beaucoup de choses aussi qui peuvent perturber le diagnostic parce

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que souvent, le dernier diagnostic, en fait, ça va être la bipolarité.

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Oui, c'est qu'on n'a pas réussi à traiter. Et du coup,

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on se dit, bon, OK, là, il y a vraiment un souci.

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Alors que tous les autres ont été déclarés, connus,

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catalogués. On les a, oui, c'est gentil. J'ai bien ma collection de cartes Panini.

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Mais derrière, c'est souvent le dernier. Moi, je sais qu'il m'a fallu dix ans d'errance médicale.

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Ça, c'est une maladie qui amène énormément d'errance médicale.

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Parce que même au niveau des psychiatres, tous ne sont pas au fait des subtilités de la maladie

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Pas du tout. Même pas des subtilités, même des basiques.

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Oui, c'est vrai. J'ai voulu être sympa.

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Malheureusement, je n'arrive pas à comprendre pourquoi,

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parce que je me suit dit, de quoi ils parlent alors ?

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Si on est en train de parler quand même d'une maladie psychiatrique qui touche 1,6

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million de Français. Mais je demandais à des psychiatres s'ils avaient été vraiment formés et tout.

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Ils disaient, non, c'est une page que tu vois et basta.

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Et d'ailleurs, à l'époque, c'était même le trouble maniaco-dépressif.

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Oui, oui, oui. Donc du coup, par définition, pour expliquer aux auditeurs,

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maniaco-dépressif, maniaque, c'est la phase up mais très très forte donc du coup par définition ça veut dire qu'ils allaient

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diagnostiquer les personnes bipolaires s'ils avaient une phase haute très très forte et aujourd'hui ça a évolué pourquoi

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c'est aussi important de diagnostiquer un bipolaire même s'il n'a pas des phases hautes très fortes c'est parce qu'il ne

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va pas s'en sortir tant qu'il n'a pas un stabilisateur de l'humeur.

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Exactement.

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Et que si on lui donne d'autres traitements, ça va continuer et il continuera à faire des énormes dépressions chaque année

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ou tous les deux ans.

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Et de pire en pire.

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Et de pire en pire. Donc c'est là où quand même c'est essentiel.

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Moi j'ai vu ma vie changer, être bouleversée, bouleversée complètement le jour où j'ai pris un stabilisateur de l'humeur et

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j'ai vu que c'était quoi la vie, quand on la voyait stabilisée,

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j'ai été choquée.

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Ça m'a fait pareil, mais il m'en a fallu trois.

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Tu as dû en tester plusieurs, moi j'en ai testé aussi.

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Donc effectivement, en termes de soins, il y a plusieurs catégories de médicaments qui existent.

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Il y a ce qu'on appelle les antipsychotiques. Donc eux,

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leur travail, c'est de diminuer la phase haute. Il y a également les traitements pour l'épilepsie qui peuvent bien marcher

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aussi sur la bipolarité. C'est d'ailleurs pour ça qu'on les utilise.

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Et en fait, ça, c'est des traitements qui sont plutôt doux.

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Et après, il y a également le médicament phare, entre guillemets,

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celui que les gens vont connaître en général, qui est le lithium,

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qui est la molécule historique qui a été la première utilisée pour le traitement de l'humeur et qui est devenue une référence

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médicale, même si aujourd'hui les médecins utilisent aussi les autres médicaments en fonction du patient et en fonction

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de sa réception aux molécules puisque chaque personne va avoir une réception aussi différente donc c'est pour ça qu'un psychiatre

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est très important tout de même.

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Oui carrément et puis je pense que ce qui est important c'est de garder espoir et de continuer à

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tester, j'ai eu plein de personnes qui m'envoyaient des messages qui me disaient non mais j'ai

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testé un traitement, j'ai eu plein d'énormes effets secondaires donc j'ai envie d'arrêter les

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traitements. Il y en a quand même beaucoup. Il y a vraiment beaucoup de traitements possibles donc il ne faut pas lâcher

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et toutes les personnes que j'ai pu rencontrer elles ont dû tester plusieurs traitements parce que ça dépend vachement de

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notre physionomie, de comment on est, et il y a des traitements qui vont très très bien marcher

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pour certaines personnes, par exemple moi mon traitement il marche bien sur moi mais j'ai plein de personnes qui me disent

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bah non moi j'ai pris 20 kilos ça va pas. Ce qu'il faut faire c'est vraiment continuer à tester,

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garder espoir, parce que clairement vous allez trouver le bon traitement.

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Surtout qu'en plus, il y a la molécule et après il y a le dosage.

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Parce qu'en fonction de la réception, moi, je sais que justement,

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on parlait des hormones. En tant que femme, j'ai mes hormones qui varient aussi avec le cycle

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menstruel. Et du coup, on s'est rendu compte avec ma psychiatre que si on adaptait le traitement en

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suivant ce cycle menstruel, eh bien, ça me stabilisait mieux.

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Donc, on a adapté aussi dans la temporalité.

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Incroyable, trop bien. Et après, deuxième point, c'est aussi parfois il faut accepter que pendant

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un moment, tu aies un traitement qui te stabilise bien et peut-être qui t'amène des effets

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secondaires pas faciles, mais au moins qui te stabilise,

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ce qui s'appelle la période de rémission. Et pourquoi l'accepter ?

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C'est se dire, du coup, je n'aurai pas ça sur le long terme,

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mais ça me permet de me sentir stable et de pouvoir commencer à faire des choix de vie,

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c'est-à-dire des choix d'environnement, c'est-à-dire des choix de routine qu'on va mettre en place pour pouvoir avoir une

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hygiène de vie, un environnement qui va nous permettre de nous sentir beaucoup plus stables et ensuite de pouvoir diminuer

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notre traitement et donc, du coup, diminuer les effets secondaires.

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Donc moi, ce que je conseille, c'est qu'il faut tester des traitements et trouver celui qui nous

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convient le mieux. Mais il faut aussi se dire que,

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parfois, le plus important, c'est d'être stabilisé pour pouvoir,

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derrière, construire, mettre en place plein de choses.

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Et ensuite, tu pourras diminuer, du coup, ton traitement et donc les effets secondaires.

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Et surtout, d'ailleurs, diminuer le traitement avec le psychiatre.

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Bien sûr, ah bah oui.

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Pas d'automédication. Surtout qu'en plus, nous, en tant que bipolaire,

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vu qu'on a ces variations d'humeur quand on est stable on se dit "bah c'est bon,

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tout va bien" et il y a énormément de bipolaires justement qui ne sont pas observants de leur traitement parce que dès qu'ils se

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sentent mieux ils s'imaginent qu'ils sont guéris.

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Spoiler alert, on n'est pas guéris, on est stabilisés et du coup c'est très important de garder un traitement stable et

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de discuter avec les soignants pour adapter ensuite en fonction de la réception de notre corps de s'il y a besoin de faire

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des prises de sang, faire les prises de sang et de faire ce suivi personnalisé de manière très monitorée parce que si on

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arrête tout d'un coup, du coup notre corps il est déjà en train de faire le yo-yo de base donc si ensuite on le force à

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faire du yo-yo là c'est pas la bonne idée.

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Carrément et puis c'est toujours ce même sujet de "j'ai honte de la maladie,

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j'ai pas envie de l'accepter, elle est invisible donc je l'oublie vite" et donc du coup je me dis en fait c'est bon je l'ai pas

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vraiment ou ça s'est arrêté et c'est ça qui peut être un peu pervers et comme tu le dis,

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il ne faut absolument pas arrêter sans en avoir discuté avec la psychiatre et y être allé peut-être pas à pas et puis au

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final qu'est-ce que c'est de prendre un médoc tous les jours.

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Je veux dire, moi, je vois un million de personnes tous les jours qui prennent des compléments,

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qui prennent des trucs pour le cholestérol, qui prennent...

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Ou même la pilule pour les personnes qui prennent la pilule.

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Voilà, tous les gens qui prennent la pilule tous les jours.

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Enfin, je veux dire, la pilule, je veux dire, je pense que l'impact sur le corps,

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il est encore plus important que nos stabilisateurs.

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Ne me lance pas là-dessus.

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Non, mais tu vois ce que je veux dire ? Et pourtant,

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ça, on ne l'a pas diabolisé et on est là, ah ouais,

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c'est normal, tu vois. Alors qu'en réalité, c'est quand même assez mauvais pour le corps.

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Et d'ailleurs, pour les bipolaires, c'est personnel,

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parce que je suis très sensible au niveau des variations de mon corps,

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mais j'ai remarqué que les contraceptions hormonales jouaient beaucoup sur ma stabilité d'humeur.

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Ok, super intéressant.

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J'ai été obligée de trouver une solution pour avoir une contraception non hormonale.

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Il n'y en a pas non plus de 3 millions. Je ne vais pas faire non plus l'apologie du retrait à 2

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minutes et demie. C'est vrai que le stérilet au cuivre,

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moi j'ai eu la chance d'être bien réceptive mon corps a été bien réceptif et donc j'ai pu enlever les hormones alors malheureusement

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tout le monde ne peut pas, je sais bien que c'est très difficile la gestion du cycle menstruel chez les personnes qui ont

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un cycle menstruel. Du coup je sais que j'ai eu la chance sur ce coup là mais ça peut jouer aussi vu que le cycle hormonal

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des femmes n'est pas le même cycle que les hommes.

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Nous on est sur un cycle d'un mois alors que les hommes d'après ce que j'ai compris eux c'est des

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cycles beaucoup plus journaliers, c'est pas du tout la même façon de sécréter et donc d'avoir cette évolution donc je pense

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que ça doit peut-être jouer aussi. Un appel aux psychiatres,

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si jamais vous voulez faire des études là-dessus,

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ça peut être intéressant de voir justement la différence biologique entre une biologie masculine et une biologie féminine

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par rapport à ce cycle de l'humeur. Donc, s'ils ont envie de faire des études,

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allez-y ! Mais voilà. Ah oui, on n'a même pas parlé d'ailleurs de la psychothérapie.

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Parce que ça, c'est un chouette complément.

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La semaine prochaine.

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Moi, ce que je propose, c'est que, bon, peut-être que les auditeurs en ont un petit peu marre d'avoir des chiffres et beaucoup

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d'études et une petite partie éducative. Donc, ce que je te propose,

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c'est qu'on essaye de rentrer un petit peu plus dans la façon dont nous,

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on vit personnellement au quotidien cette maladie,

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avec un peu nos tips, la façon dont on est suivi,

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comment on se monitore un peu, comment on s'observe et comment ça se passe comme ça.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod