La dépersonnalisation avec Capucine (1/2)
S01:E11

La dépersonnalisation avec Capucine (1/2)

Episode description

Aujourd’hui, nous recevons Capucine, qui vient nous parler de dépersonnalisation.

(Partie 1/2)

Invitée : Capucine

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui je reçois Capucine. Bonjour Capucine !

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Bonjour Delphine !

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Et on va parler ensemble de dépersonnalisation et de déréalisation.

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Deux grands mots qu'on ne connaît pas forcément très très bien mais nous allons pouvoir voir

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ensemble de quoi ils retournent. Alors du coup ma chère Capucine,

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ce que je te propose c'est en premier lieu de te présenter un petit peu pour nous raconter tout ce

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que tu fais, qui tu es, tout ça.

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Alors du coup je m'appelle Capucine, j'ai 22 ans.

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Je suis actuellement en études de design textile en troisième année.

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A côté je bosse en restauration et voilà. J'ai aussi quelques petits projets de stylisme à côté de

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temps à autre.

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Donc nous avons une personne extrêmement chic avec nous aujourd'hui.

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Et donc Capucine, tu as accepté de venir parler avec nous de dépersonnalisation.

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Donc merci beaucoup à toi d'avoir proposé cet échange,

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parce que c'est vrai que c'est pas forcément facile de parler de ça.

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Et surtout que c'est quelque chose qu'on connait très peu,

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qui est très peu dit, en tout cas qui est très peu pers...

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Oulala, je vais y arriver, les fêtes arrivent, il n'y a plus rien qui va au niveau du cerveau.

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Oui donc c'est en tout cas quelque chose qui est très peu discuté avec le grand public.

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C'est quelque chose qu'on connait très peu. Donc c'est vraiment adorable de venir nous partager

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ton expérience. Surtout qu'effectivement, c'est quelque chose de difficilement descriptible comme

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on va pouvoir le voir ensemble. Donc merci à toi de pouvoir nous partager ton ressenti.

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Et du coup, est-ce que là tu pourrais nous l'expliquer ?

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En tout cas nous le décrire très brièvement, comme si c'était une sorte de petit synopsis qu'on pourra étayer plus tard ? ?

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En fait, la déréalisation ça va être un épisode où on va avoir de gros problèmes avec la conception

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de la réalité. Où en fait la réalité va nous paraître complètement irréelle,

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et on va avoir l'impression d'évoluer dans quelque chose qui n'est pas réel.

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Et la dépersonnalisation, c'est un problème de rapport avec sa personne.

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C'est notre personne. On n'a plus l'impression d'être nous-mêmes.

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On a l'impression d'être hors de nous-mêmes et plus grand chose nous rattache à nous-mêmes.

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Effectivement, c'est vrai que moi je n'ai jamais vécu ça.

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Mais d'après ce que j'avais lu, il y avait une sorte de notion du cerveau qui se met à distance

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pour se protéger, et donc toute l'intégralité de soi-même se met à distance.

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Et donc il y a une sorte de dissociation entre l'individu physique et l'individu dans ta tête.

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Une sorte de coquille ou quelque chose comme ça.

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C'est vrai que les psychiatres, je vais te répéter ce que m'ont dit les psychiatres.

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Ils m'ont expliqué que c'était une sorte de soupape émotionnelle,

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un petit peu quand on avait trop d'émotions, trop de choses qui ressortaient.

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C'était un moyen du cerveau de se protéger en fait.

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Oui, c'est vrai que finalement, c'est comme si tu mettais une barrière entre toi et le monde.

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Exactement, c'est ça. Moi, je le vis vraiment comme si la réalité n'est plus réelle,

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elle ne fait plus mal.

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Et du coup, c'est comme si tu étais une sorte de petite entité à l'intérieur de toi,

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à l'intérieur d'une sorte d'armure qui serait Capucine.

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Après, c'est vrai que moi, je ne le ressens pas tellement.

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Disons que j'ai une grosse émotion, ça va me déclencher une crise.

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Ce n'est pas aussi direct que ça. Mais quand je suis dans des périodes où j'ai beaucoup d'émotions

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ou de choses comme ça, je vais plus avoir tendance à déréaliser.

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Donc c'est lié vraiment à tes émotions, paraît-il.

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Parce que c'est vrai que dans ce que j'avais lu,

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ça pouvait être quelque chose de soit ponctuel, soit quelque chose de persistant ou chronique qui

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était beaucoup plus rare. Donc là c'est vraisemblablement,

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d'après ce que j'avais lu, c'est quelque chose qui apparaîtrait dans des contextes de stress,

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d'anxiété, de traumatisme, voire d'épuisement psychique.

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Donc c'est comme si ton cerveau se détache, comme si on avait un peu peut-être,

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je sais pas, une sorte de... Le premier truc qui me vient à l'esprit,

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c'est dans Docteur Strange, quand ils sortent en forme astrale de leur corps.

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J'ai pas la ref.

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Ah mince. Du coup comme si t'étais un peu le fantôme de toi même et que du coup tu vois un peu ton

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corps qui est là.

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Ouais c'est un peu ça. T'as un peu une sensation d'être au dessus de toi,

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d'être vraiment en dehors de toi et que plus rien ne te raccroche à toi.

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Après là je fais un peu des mix entre déréalisation et dépersonnalisation.

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Mais c'est deux choses qui sont quand même différentes,

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mais qui peuvent arriver en même temps. Moi je sais que ça fait 4-5 ans que j'en fais,

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à peu près. Vers le début, j'avais fait beaucoup plus de déréalisations que de dépersonnalisations.

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Et maintenant, je fais plus de dépersonnalisations que de déréalisations.

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Et "qu'est-ce que tu préfères", j'allais dire.

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La peste ou le choléra.

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Voilà c'est ça ! Il y a une, hum, en termes de ressenti,

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tu sens vraiment la différence ?

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En fait je pense... Je pense que la différence majeure que je sens,

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c'est que, comme je l'ai dit, ça fait 4-5 ans que j'en fais.

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Et du coup, je sais que je ne vais pas mourir. Je sais que ça porte un nom.

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Je sais que je ne vais pas rester bloquée comme ça toujours.

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Je ne le vis pas du tout pareil avec le temps. Parce que maintenant,

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je fais une crise, je sais tout ça et ça m'angoisse beaucoup moins de faire une crise.

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Parce que du coup, tu es consciente qu'en crise, tu es en crise ?

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Oui. Ah oui, parce que quand je suis en crise, je suis en mode,

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"oh là là, la réalité, oh là là, ceci, oh là là,

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cela". Et vraiment, je suis un peu choquée. Je me vois dans le miroir,

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je sais que c'est Capucine dans le miroir. Je sais que c'est le reflet de Capucine.

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Je sais que je vois par les yeux de Capucine. J'ai toute l'histoire de Capucine,

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mais en aucun cas, je ne suis Capucine. Je sais que mon Capucine s'est retrouvé dans cette

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situation à cet instant T. Mais par contre c'est pas moi qui ai mis Capucine dans cette situation à

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cet instant T. Moi je me suis juste retrouvée là comme ça.

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Donc en fait quand tu dis "toi", tu le différencies de Capucine à ce moment là.

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Exactement.

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Il y a vraiment : ton existence n'est pas l'existence de Capucine.

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C'est ça, exactement.

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Et c'est marrant parce que du coup tu dis pas que tu es dans le corps de quelqu'un d'autre et que c'est Capucine qui est

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enfermée. Tu es une entité non nommable dans Capucine.

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Exactement.

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Donc tu peux décrire la vie de Capucine et tout ce qui s'est passé.

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En fait, c'est vraiment comme si on m'avait choppée moi,

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donc cette espèce d'âme innommable comme tu le dis,

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qu'on m'avait mis dans le corps de Capucine à l'instant T avec une sorte de livre,

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avec tous les boutons pour commander Capucine, toute l'histoire de Capucine.

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Comme si vraiment j'avais clé en main un appartement meublé quoi,

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mais je me retrouve là, et je suis là, c'est pas moi.

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Donc ok, je vais continuer de faire vivre Capucine parce qu'il faut bien faire marcher ce corps,

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mais en soi c'est pas moi.

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C'est un peu comme dans Vice et Versa en fait. Les émotions qui sont dans la tête de Rayleigh.

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Un peu ouais.

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Et du coup t'appuies sur les boutons de la console.

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Ouais c'est ça.

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C'est juste que là, il n'y a plus aucun personnage.

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Il y a juste "toi". Mais tu sais pas, une sorte de truc flou,

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tu sais pas exactement qui t'es. Et tu te dis "bon j'ai une super console maintenant,

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donc Capucine va aller à l'école".

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C'est un peu ça.

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Et est-ce que ça dure longtemps ?

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Alors ça, ça dépend énormément. Chez les autres gens je sais pas exactement.

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Mais chez moi, ça fait, du coup ça fait 4-5 ans.

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Avant j'étais plus à 5-6 crises par jour. Maintenant je suis plus à 3-4 crises par jour qui vont durer entre 5 minutes

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et une heure grand max, mais récemment j'ai fait un épisode une crise qui a duré 5 jours.

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Ah oui, donc y compris la nuit et tu te réveilles...

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Et je me réveillais j'étais toujours dans ma crise.

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Et c'est vrai que là 5 jours c'était vraiment long.

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Pour le coup j'étais là "les gars c'est pas marrant"

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"Je suis coincée dans Capucine."

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"Elle commence à me faire chier cette Capucine".

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Oui effectivement. Mais donc ça veut dire que encore aujourd'hui,

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tous les jours, il y a au moins une crise qui arrive.

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Plus d'une même par jour.

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Et du coup, tu as appris à te dire que ça faisait partie de toi et que du coup,

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maintenant, tu connais le corps de Capucine.

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Non, parce que c'est comme si à chaque fois, je revenais en étant une nouvelle âme.

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Ah, donc nouvelle expérience à chaque fois.

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Nouvelle expérience à chaque fois. Je connais l'expérience,

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mais nouvelle expérience à chaque fois.

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Ah, donc le manuel est toujours là. Tu peux feuilleter le manuel,

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mais par contre, l'entité innommable, C'est pas la même.

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C'est pas la même, exactement.

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Ah c'est intéressant, parce que du coup ça veut dire que dans ta dépersonnalisation,

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Capucine le vaisseau reste toujours, mais par contre l'âme qui voyage,

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donc toi, puisque tu t'appelles toi.

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Ouais c'est ce que je ressens, c'est être cette âme,

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pas être Capucine. C'est différent à chaque fois.

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Ouais je dirais que c'est une nouvelle âme à chaque fois.

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En fait c'est un peu le docteur dans Doctor Who.

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J'ai pas la ref...

11:01

Ah mince ! Le docteur dans Doctor Who en fait c'est...

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Alors moi j'ai pas vraiment regardé Doctor Who Ne me jetez pas de pierre s'il vous plaît.

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Vraisemblablement c'est juste que, quand il doit régénérer son corps,

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il est immortel. Mais s'il doit mourir entre guillemets,

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il va régénérer son corps en une autre forme. Donc c'est très pratique,

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ça change d'acteur. Mais il va régénérer son corps dans une autre forme,

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et en fait cette nouvelle forme va avoir un caractère qui est un peu différent quand même.

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Donc du coup, les souvenirs sont là, mais c'est pas exactement le même.

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C'est le même sans être le même.

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Ok ouais c'est à peu près ça.

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Du coup ça me fait penser un peu... En fait tu es un extraterrestre immortel qui a beaucoup de

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régénérations. Un seigneur du temps.

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Peut-être.

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Mais du coup, si tu sais que ce n'est pas toi, mais que c'est toi,

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c'est un petit peu comme si ton âme est différente à chaque fois,

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mais que ça reste quand même toi. Est-ce qu'on peut considérer qu'il y a une sorte de sous-couche supplémentaire qui est

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le toi, encore plus que l'entité innommable ?

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Je ne sais pas du tout. Franchement, je ne saurais pas répondre à cette question.

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Je saurais pas dire.

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Peut-être que je me pose trop de questions. Mais c'est très intéressant,

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parce que ça fait très Inception du coup. Tu descends des strates de toi-même en fait.

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En plus ce qui est un peu marrant, c'est que je suis rêveuse lucide.

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Du coup d'autant plus de questions avec ces histoires de réalité.

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Ah oui bien sûr oui ! Donc pour rêveuse lucide donc on explique à nos auditeurs.

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C'est le fait de pouvoir être conscient qu'on est dans un rêve.

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Donc effectivement toi si tu déréalises ou que tu dépersonnalises,

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c'est presque comme si c'était un rêve. Sauf que pour le coup c'est pas pendant une période qui est

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censée être un rêve.

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Ouais bah souvent quand je déréalise ou que je dépersonnalise,

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je regarde ma main pour savoir si c'est un rêve ou pas.

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J'explique que c'est une technique pour savoir si on est dans un rêve ou pas.

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C'est de regarder sa main ça marche très très bien.

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Mais c'est sûr que ça fait beaucoup de liens avec la réalité, finalement. finalement.

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Oui, j'ai un rapport avec ces questions de réalité qui est très...

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Est-ce que tu sais d'où ça pourrait venir ?

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Il y a beaucoup de choses qui poussent à penser que ça vient d'un trauma.

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Mais je ne connais pas ce trauma, je l'ai sûrement oublié.

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En tout cas, il est enfermé à clé.

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Oui enfermé à clé dans un recoin du cerveau. Mais il y a beaucoup de choses dans mon parcours qui

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mènent à penser à ça.

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D'accord oui. C'est vrai que souvent le diagnostic qui est fait par un psychiatre - on rappelle que c'est un trouble qui

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est diagnostiqué par un psychiatre, qu'il y a un vrai suivi.

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Donc psychiatre et ou psychologue après. Parce que c'est vrai que c'est toujours utile aussi

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d'avoir un suivi psychologique. C'est vraiment, il peut y avoir le récit de toi,

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ce que tu as raconté, de ton vécu, qui peut aider à ce diagnostic.

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Donc, ça peut permettre de remonter à ce trauma.

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Mais il y a aussi, ça peut être aussi, il faut bien sûr pouvoir exclure toute cause qui n'est pas neurologique ou prise

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de substance. Parce que là, ton cas, il est vraiment,

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il existe en tant que tel. Tu ne prends rien pour arriver dans cet état.

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Les premières fois où ça m'est arrivé, c'est quand je fumais des joints.

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Ne faites pas ça les enfants.

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Surtout ne faites pas ça. Et en fait, les premières fois,

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je fumais pas beaucoup. Honnêtement j'étais pas une grosse fumeuse.

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Je fumais en soirée, comme ça, avec mes copains.

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Et en fait, la première fois que ça m'est arrivé,

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je pensais que je faisais un bad. Du coup sur le moment où je me suis inquiétée,

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parce que je pensais que je faisais un bad, du coup forcément j'étais là en mode "je vais mourir

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les gars". Et ils étaient là "non tu vas pas mourir".

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Mais voilà et après ça m'est réarrivé quelques fois quand je fumais.

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Et du coup je me disais "je fais juste des bad, en vrai ça arrive à tout le monde,

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c'est pas la fin du monde". Et en fait, un jour je fais mes soi-disant bad,

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et donc je vais me coucher, je me réveille le matin,

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ça va mieux, je me lave les dents, ça repart.

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Sauf que là t'étais plus sous l'influence.

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Sauf que j'étais là, je me suis dit "il est long l'effet de ce joint quand même".

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Et puis après l'après-midi ça continue, j'étais là,

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"il est long l'effet de ce joint". Et puis le lendemain,

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puis le surlendemain. Et j'étais en mode "bon, là c'est plus l'effet du joint".

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Et j'ai appelé ma meilleure amie, je lui ai raconté,

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et c'est vrai qu'elle m'a dit "je connais une fille qui fait de la déréalisation,

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de la dépersonnalisation". Elle m'a dit "renseigne-toi là-dessus,

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parce que ça ressemble beaucoup quand même". Et du coup,

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je me suis renseignée, et j'étais en mode "c'est vrai que ça ressemble beaucoup".

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Et après j'ai consulté et on m'a confirmé que c'était bien ça quoi.

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Oui, dans tous les cas, c'est ça qui est important.

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C'est de pouvoir avoir quelqu'un qui accompagne et qui peut permettre d'avoir un bon suivi etc.

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Mais dans tous les cas, il y a beaucoup de troubles psy qui se déclarent à l'adolescence ou au

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début de l'âge adulte, et qui vont être déclenchés par X, Y. Y.

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Moi c'est ce qu'on m'a dit. Ce que le psychiatre m'a dit à l'époque,

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il m'a dit... La première psy que j'ai vue était horrible.

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Vraiment, c'était une femme atroce qui me faisait culpabiliser,

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qui me disait, "oui, ben voilà, vous avez fumé, maintenant,

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il faut assumer". J'étais là, "mais tu crois que j'assume pas les conséquences de mes actes,

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là" ? Enfin, bon, vraiment, elle était complètement folle,

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cette dame. Elle avait vraiment des paroles très culpabilisantes.

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Mais bon, j'ai appris après que que c'était connu,

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qu'il ne fallait pas aller voir cette femme, mais bon,

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sur le moment, moi, je ne le savais pas.

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On ne peut jamais savoir à l'avance.

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C'est ça.

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Mais on n'est jamais marié avec son psychologue ou son psychiatre,

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donc on peut demander des avis complémentaires.

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C'est pour ça que très vite, je lui ai dit, "Madame,

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je vais arrêter de venir vous voir". Elle m'a quand même fait promettre que je ne me suiciderai

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pas. J'étais là, ok. J'étais là, bon. Merci, Madame.

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Mais bon, il se trouve qu'après cette femme, du coup,

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j'ai fini par aller voir d'autres gens. Et j'ai mis du temps,

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parce que forcément, je me suis dit "le corps médical ne peut rien pour moi".

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Mais en fait cette femme ne représentait pas le corps médical.

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Et t'as bien eu raison. Et c'est très important là ce que tu dis.

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C'est que oui effectivement, ce n'est pas parce qu'une personne du corps médical a été peut-être

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maladroit ou maladroite, néfaste, des choses négatives pour vous,

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qu'il ne faut pas continuer à essayer de se soigner et de trouver des solutions.

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Ça, c'est vraiment quelque chose que j'ai appris quand j'ai du coup refait le bas,

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que j'ai malheureusement mis du temps à faire. Mais une fois que je l'ai fait et que je suis tombée sur des professionnels

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compétents, j'étais là en mode, "OK, en fait, je ne suis pas folle".

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En fait, ce que j'ai, ça porte un nom. Il y a d'autres gens qui ont ça.

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Je ne vais peut-être pas dire tout va bien, mais en quelque sorte,

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tout va bien.

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Il y a quelqu'un qui croit à ce que je dis.

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Oui, il y a quelqu'un qui croit à ce que je dis. Je ne suis pas juste la folle du bus.

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Parce que quand j'expliquais ça à mes proches, ils étaient là en mode « Ok,

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la folle du bus ». Là, c'est vrai que vraiment, je pense que le fait de mettre un nom dessus,

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ça m'a vraiment enlevé un poids. Et aussi, le jour où on m'a dit « Ah,

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mais ça, ça passe ! » J'étais là en mode « Ah ouais,

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ça passe ! » Ça veut dire que je ne vais pas garder ça toute ma vie.

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Il se trouve que là, ça fait 4-5 ans, c'est pas passé mais on garde espoir.

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Mais bien sûr. C'est ce que j'avais lu justement.

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On en parlait en off tout à l'heure c'est que ce qui est fou,

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c'est que il y a 50 à 70 % de la population qui va vivre au moins un épisode,

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mais transitoire de dépersonnalisation dans sa vie.

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Mais dès qu'on passe à la dépersonnalisation, déréalisation en termes de troubles chroniques,

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là, on chute à 1 à 2 % de la population. Parce qu'effectivement...

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Alors après, ça reste beaucoup quand même. On est quand même plusieurs milliards.

19:31

Ca en fait du monde.

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Ça fait quand même du monde. Mais en tout cas, c'est là qu'on peut voir qu'effectivement,

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ça peut être transitoire, ça peut passer. Et après,

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dans tout ce qui est chronique, ça reste quand même un trouble guérissable,

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entre guillemets.

19:45

C'est vrai que c'est ce que m'ont dit les psychiatres.

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Et en fait, ce qui est un peu marrant, c'est que j'ai l'impression après ça,

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c'est vraiment une impression, c'est pas du tout quelque chose de fondé,

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mais en fait quand on fait ça, on a l'impression que c'est le cerveau qui débloque un truc.

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Et je me dis "mais maintenant que mon cerveau a appris à faire ça,

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comment il peut le désapprendre"? Comment mon cerveau peut arrêter de faire ça,

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alors que maintenant il sait le faire et que c'est devenu un réflexe quoi ?

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Ouais c'est une bonne question.

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Alors qu'en fait, il se trouve que il y a des moments où ça s'arrête,

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et les gens arrêtent d'en faire. Donc évidemment que c'est possible,

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mais c'est vrai que c'est dur à mentaliser quand on en fait,

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de se dire qu'un jour on arrêtera en fait.

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Après je me dis si on prend par exemple un parallèle avec les addictions.

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Les gens qui sont addicts à quelque chose, ils vont pas se dire que ça va être facile d'arrêter

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leur addiction, alors que c'est faisable quand même.

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Donc ça prouve qu'on peut quand même recalibrer son cerveau,

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même si c'est devenu un réflexe. Comme la cigarette,

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c'est un réflexe pour beaucoup de personnes parce que c'est quelque chose de très addictif,

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et en fait on peut quand même arrêter. Avec, effectivement,

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ça demande beaucoup d'efforts, ça demande un travail sur soi énorme.

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Parce que il y a quand même toute une addiction physique,

21:00

chimique. Ca fait beaucoup de travail, mais c'est faisable.

21:05

Mais c'est vrai que pour moi, c'est pas tout à fait pareil,

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parce que la cigarette, ça demande de gros efforts,

21:11

mais c'est assez factuel. Si tu te... Même si c'est très dur,

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évidemment, d'arrêter de fumer, si tu te dis « Ok,

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je ne fume pas de cigarette », tu ne fumeras pas la cigarette,

21:21

même si tu en as très envie. Tu as un levier concret dessus,

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en fait. Un levier d'action. Alors que la déréalisation,

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t'as aucun levier dessus quoi. C'est vraiment ton cerveau qui lance une crise comme ça "allez c'est

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parti, je ne suis plus là".

21:37

"Et je suis là". C'est le manège à sensations.

21:41

C'est ça. C'est, autant on peut lancer des crises quand on veut,

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en tout cas moi je peux lancer une crise si j'ai envie de lancer une crise.

21:47

Ah donc tu peux t'auto mettre dans cet état. En mode protection si ça va pas bien.

21:51

Tu peux dire "bon ça y est, entité prends le contrôle,

21:55

je te laisse le corps de Capucine".

21:56

Ouais mais en fait c'est quelque chose que je fais très très rarement,

21:59

ça me... Je pense que je peux peut-être compter sur les doigts d'une main les fois où je l'ai fait.

22:03

Mais tu peux t'en sortir si besoin ?

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Alors non par contre, je peux pas en sortir comme je veux.

22:09

Je peux rentrer comme je veux, mais je peux pas en sortir comme je veux.

22:12

Oui effectivement c'est sûr que c'est plus compliqué vu comme ça du coup.

22:15

Mais si jamais je pouvais en sortir comme je voulais,

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j'aurais une bonne partie de mes problèmes de réglés dans la vie.

22:23

"Bon je m'ennuie" pouf !

22:27

Mais c'est vrai que ouais, si je décide de lancer,

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bah en fait, étant donné que je connais mes déclencheurs,

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enfin je connais une partie de mes déclencheurs.

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Je connais mes déclencheurs, les choses qui me déclenchent systématiquement des crises,

22:40

je les connais. Donc si j'ai envie de lancer une crise,

22:43

hop je prends un déclencheur, ça lance la crise quoi.

22:45

Mais après la plupart de mes crises, je les choisis pas,

22:51

elles sont là, elles arrivent, je suis en mode "bon bah ok c'est reparti".

22:54

Mais du coup, si tu as des déclencheurs que tu connais,

22:57

est-ce que tu peux essayer de prévenir des crises ?

22:59

Je peux prévenir certains déclencheurs. Par exemple,

23:04

souvent quand tout ce qui est discussion autour de la réalité,

23:10

c'est souvent des discussions que je vais couper.

23:12

Je vais dire, "est-ce qu'on peut ne pas parler de ça,

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parce que ça va me déclencher une crise". Donc ça,

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c'est un déclencheur sur lequel j'ai un levier d'action.

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Après, il y a un autre déclencheur qui est tout ce qui est choses bizarres.

23:24

Par exemple, une fois j'étais en cours, il y a eu une alarme incendie et en l'espace d'une

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demi-heure, une heure, j'ai vu trois personnes qui avaient leur pull à l'envers.

23:34

Effectivement, très curieux.

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Alors, vraiment, rien de fou, mais juste curieux,

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bizarre. Et ça m'a lancé une crise.

23:41

Parce que c'est en lien avec la réalité, tous les trucs genre le chat noir nanani dans Matrix et tout. tout.

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Ouais, c'est ça, exactement. Et les trucs un peu où tu te dis,

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mais ok, c'est trop bizarre ça. Eh bien, crise.

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Ah oui. Donc là, pour le coup, c'est plus difficile à désamorcer.

23:55

Ça, je ne peux pas désamorcer ce genre de choses.

23:57

Parce qu'il y a un moment, la vie, je ne la contrôle pas,

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et je ne peux pas prévenir des choses un peu bizarres que je vais croiser sur mon chemin.

24:03

Après il y a certaines situations, par exemple quand on part en vacances.

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Quand on change d'environnement, forcément, l'environnement nous paraît un peu étrange.

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Je fais beaucoup de crises quand je pars en vacances ou quand je change d'environnement.

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Oui, tout ce qui a vraiment trait avec ce qui, de près ou de loin,

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est en lien avec la réalité.

24:27

Exactement.

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Du coup, les films qui parlent de ça, ça doit être un enfer pour toi.

24:31

Oui. Oui. Typiquement, Inception. Je l'ai regardé.

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Je l'ai regardé, ça allait à peu près. Parce qu'en fait quand on regarde le film,

24:42

on est pris dans le film. Du coup on réfléchit pas "est-ce que la réalité est réelle" parce qu'on

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est concentré sur le film. Mais après je me suis dit "bon je vais aller dormir direct parce que là

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voilà". Je me suis réveillée dans la nuit en pleine crise.

24:56

Je crois que c'était la seule fois que je me suis réveillée dans la nuit en crise.

24:59

Et j'étais en mode "qu'est-ce qu'il se passe" en pleine nuit.

25:03

Je dormais avec une amie en plus, qui était là genre "mais qu'est-ce qu'il se passe",

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j'étais là en mode "la réalité". Donc ouais non un peu spécial les films.

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Mais aussi un truc un petit peu marrant, c'est que quand je fais des activités très prenantes,

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par exemple regarder un film ou même traîner sur TikTok.

25:21

C'est des choses qui nous prennent, qui nous captent vraiment notre attention.

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On est concentré plus que là dessus. Et une fois que je sors à la fin du film,

25:29

ou quand je coupe TikTok, ou ça peut arriver quand je travaille et que je suis très concentrée

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aussi. Pour les cours par exemple, si je suis en train d'écrire quelque chose et que je suis très

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concentrée, et bien quand je vais sortir de cet état de concentration très intense,

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je vais avoir ce retour à la réalité. Mais ça je pense que ça le fait un peu à tout le monde.

25:51

Alors moi je fais des hyper focus aussi. Et c'est vrai que quand tu reviens à la réalité,

25:55

tu sais plus comment tu t'appelles et .. Si comment je m'appelle,

26:01

je sais. Mais je veux dire, en tout cas, t'as l'impression que le temps il a passé pas du tout

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pareil que du coup...

26:07

Je mets une option après, pour parler du temps.

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Une option pour le temps. Et oui du coup c'est vrai que quand je sors de ces hyper focus là,

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c'est un peu comme si je venais de sortir d'un long sommeil,

26:24

et que je ne savais pas exactement combien de temps j'avais passé.

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Une hibernation.

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Moi, ce n'est pas tellement ça, mais c'est plus vraiment ce truc de « Ok,

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je reviens à la réalité ». Mais du coup, toujours ces questions de réalité.

26:37

Est-ce que c'est la réalité ? La vie de Capucine,

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tout ça, bizarre. Et du coup, je refais ma petite parenthèse temps,

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parce que c'est vrai que c'est quelque chose dont je n'ai pas parlé,

26:47

mais qui est quand même très spécial avec la déréalisation et la dépersonnalisation.

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C'est qu'on peut avoir, alors des fois le temps va s'écouler normalement pendant la crise,

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mais beaucoup de fois, en tout cas dans mon cas,

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beaucoup de fois le temps est distordu. C'est à dire qu'on ne ressent pas le temps comme il passe.

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Et moi il passe jamais plus vite que dans la réalité.

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Par contre, ils passent souvent plus lentement que dans la réalité.

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Par exemple, je sais qu'une des plus grosses crises que j'ai fait de ma vie,

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je sais concrètement qu'elle a duré à peu près trois minutes parce qu'il y avait une musique qui

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passait, une musique précise. Donc elle n'a pas duré plus de trois minutes trente,

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ma crise. Et pourtant, quand je suis sortie de cette crise,

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j'aurais mis ma main à couper qu'elle avait duré deux heures.

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Mais j'en étais persuadée que ça avait duré deux heures.

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C'était sans fin. Ça a duré trois minutes.

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Mais après c'est vrai qu'on ne peut pas mesurer la vitesse des pensées.

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Donc vu que t'es dans ta tête, tu vas peut-être tellement vite que ça paraît super long.

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Ouais peut-être. Je sais pas tellement pourquoi il y a ce truc,

27:59

cette distorsion du temps. Ou aussi une fois j'étais à Will of Green,

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et j'ai fait une énorme crise à Will of Green. Du coup je me suis dit "bon je vais rentrer chez

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moi". J'avais perdu mes copains, c'était horrible,

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j'étais toute seule en train de pleurer en pleine crise,

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vraiment l'enfer sur terre. Et pour repartir, il fallait marcher dans la forêt.

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Et le trajet, je l'avais fait à l'aller, ça a duré un quart d'heure.

28:20

Honnêtement ça a duré un quart d'heure. Et le trajet retour,

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j'étais toute seule dans le noir, entourée de gens qui marchaient.

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Horrible.

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Mais tu te mets dans des situations de films d'horreur !

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Ah vraiment c'était, cette crise elle était horrible.

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Et vraiment je marchais et c'était sans fin quoi.

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Alors que je savais concrètement, marcher un quart d'heure,

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c'est pas le bout du monde quoi. Ah bah là c'était le bout du monde.

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Ouais et puis du coup en plus, toi t'es bloqué dans ta tête.

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Donc t'es juste avec ton joystick "avance Capucine".

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Ouais c'est ça. Parce que du coup, ça j'en ai pas parlé non plus,

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mais c'est des situations dans lesquelles en général,

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j'arrive à me mettre en mode pilote automatique.

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C'est à dire que si j'ai une discussion je vais continuer,

29:05

si je suis dans une discussion je vais la continuer,

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si je suis en train de faire quelque chose je vais le continuer.

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Enfin je vais vraiment pilote automatique. Alors je suis moins performante que quand je ne suis

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pas en pilote automatique. Par exemple dans les discussions je vais être un peu plus à l'ouest,

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je vais des fois répondre un peu à côté de la plaque.

29:22

Mais ça va être très léger, c'est très compliqué à déceler pour les gens qui ne me connaissent pas

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très très bien. Il y a une personne qui savait quand j'étais en crise,

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c'était mon ex, et c'est la seule personne qui arrive à déceler.

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Ou des fois, j'ai des personnes qui des fois arrivent à en déceler une,

29:35

mais c'est très très rare.

29:37

Parce que toi tu peux pas ? L'entité à l'intérieur qui est toi,

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innommable, ne peut pas faire dire à Capucine qu'il se passe une dépersonnalisation ou une déréalisation ? déréalisation ? ?

29:47

Alors si je peux le dire, je pourrais le dire. Mais en fait c'est quelque chose que je dis pas,

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parce que les gens autour de moi ils y peuvent rien.

29:54

Ils peuvent rien pour me sortir de là, et ça va juste les faire paniquer,

29:57

ça va me faire paniquer, ça va être de la panique sur de la panique.

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Du coup je préfère juste ne pas en parler. Les seules fois où j'en parle,

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c'est quand je fais des très grosses crises et que j'ai besoin de m'isoler.

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Parce que des fois, j'ai besoin de vraiment tout arrêter.

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Et parce que je fais des trop grosses crises et je ne peux plus être en pilote automatique.

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Mais ça c'est vraiment pas la plupart de mes crises.

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Ca m'arrive 3-4 fois par an peut-être, de devoir tout arrêter ce que je suis en train de faire.

30:21

Mais c'est vraiment des crises qui sont très...

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Lourdes.

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Très lourdes ouais. Tu te doutes bien, ça fait 5 ans que j'en fais,

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et qu'au bout de 5 ans je suis obligée de m'arrêter d'être en train de faire ce que je fais,

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c'est vraiment que la crise est encore... Mais ça,

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ça arrive rarement. Et dans ce cas là, je le dis parce que j'ai besoin de m'isoler,

30:43

et j'ai besoin d'arrêter, et je peux plus continuer ce que je suis en train de faire.

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Donc si je m'arrête de faire ce que je suis en train de faire et que je me barre,

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les gens vont se dire "mais cinglée celle là, pourquoi elle se barre d'un coup"?

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Justement, tu me donnes une parfaite transition vers notre petite partie numéro 2 : comment tu vis avec tout ça dans ton

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quotidien ? Et les répercussions que ça peut avoir,

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notamment sur ta vie personnelle, les proches etc.

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Donc je te propose qu'on passe à cette petite partie.

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Allez !

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.