La dépersonnalisation avec Capucine (2/2)
S01:E12

La dépersonnalisation avec Capucine (2/2)

Episode description

Nous continuons les explications sur la dépersonnalisation avec Capucine !

Partie (2/2)

Invitée : Capucine

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La semaine dernière.

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Aujourd'hui, je reçois Capucine. Bonjour Capucine.

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Bonjour Delphine.

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Et on va parler ensemble de dépersonnalisation et de déréalisation.

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Deux grands mots qu'on ne connaît pas forcément très très bien,

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mais nous allons pouvoir voir ensemble de quoi ils retournent.

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Comment tu vis avec tout ça dans ton quotidien ?

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Et les répercussions que ça peut avoir, notamment sur ta vie personnelle,

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les proches etc. Donc je te propose qu'on passe à cette petite partie.

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Parce que justement, c'est vrai que là, on a évoqué un petit peu ça sur le fait que toi quand tu

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communiques à des gens, quand l'entité innommable de ta tête dit au corps de Capucine d'exprimer qu'il y a une dépersonnalisation

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ou une déréalisation qui est en cours, tu préfères ne pas le faire parce que les gens ont peur.

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Ben en fait, je crois que je ne l'ai jamais fait sur une petite crise.

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Mais parce que je ne sais pas trop si c'est les gens qui vont avoir peur ou si c'est moi qui projette que les gens vont

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avoir peur.

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C'est toujours un peu des deux, de toute façon.

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Oui, je pense un peu des deux. Mais c'est vrai qu'en fait,

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les gens, en fait, ils n'y peuvent rien. La chose qu'ils peuvent le plus pour me sortir de ma

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crise, c'est un peu continuer d'interagir avec moi de manière normale et sans me faire penser à ma

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crise. Et en fait, si je leur dis que je suis en crise,

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ils ne vont pas le faire. Ils vont bloquer, ils vont paniquer.

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Et ça va pas m'aider. Du coup, des fois, je le dis,

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après, "j'ai fait une grosse crise, là". Et ils vont être en mode,

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"ah ouais ?" et je vais être en mode, "ouais". Et ils vont être en mode,

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"mais t'aurais dû me le dire". Et je vais être en mode,

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"bah, ça aurait amené quoi que je le dise, en fait".

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Parce que du coup, ça ne changerait rien si t'as quelqu'un,

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par exemple, qui te fait un câlin, ou qui te dit que du coup,

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il est là, ou te faire voir un peu ce qu'il y a autour,

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comme peut-être décrire des choses qui sont autour, ou... ou...

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Je sais pas trop. Je pense pas que ça m'aiderait beaucoup.

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C'est peut-être très très bête ce que je dis.

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Ouais, mais c'est parce que j'ai pas l'habitude de le faire.

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Donc c'est vrai que j'ai jamais trop testé. Après je sais que j'ai déjà testé,

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du coup tu m'as dit d'écrire des trucs. Ca il y a une technique pour sortir des crises,

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qui est, je vais l'expliquer super mal...

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Mais c'est très bien ce que tu fais !

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Mais c'est en gros il faut je crois regarder 5 choses,

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toucher 4 choses, sentir 3 choses goûter 1 chose et entendre 2 choses.

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Enfin, c'est quelque chose comme ça.

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Les cinq sens, remettre les cinq sens.

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Ouais, remettre les cinq sens pour se ré-ancrer dans le réel.

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Alors moi, ça marche pas du tout, ça m'envoie encore plus en crise.

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Je suis là en mode, "oh là là, qu'est-ce que c'est bizarre ce truc".

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Puis en plus, quand je fais des trucs random comme ça,

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je me dis, "mais qu'est-ce que tu fous, Capucine ?

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Enfin, vraiment, ta gueule".

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Pourquoi tu sniffes le chien de la voisine ?"

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Ouais ! "Pourquoi tu sniffes le chien de la voisine ?

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Ce n'est pas réel, tu es en train de sniffer le chien de la voisine!"

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Oui effectivement, c'est vrai que tout ce qu'on dit ici,

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c'est vrai pour rappel, c'est uniquement ton expérience et ce qu'on a pu avoir comme information

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autour de nous. Mais chaque trouble reste tout de même unique à chaque personne qui le vit.

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Et donc des choses qui peuvent marcher pour l'une des personnes peuvent ne pas marcher pour une

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autre personne.

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Ouais, carrément.

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Et ça c'est totalement ok. Et on peut essayer de s'inspirer,

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poser des questions, faire des groupes de paroles,

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ça il n'y a pas de soucis. Et ça permet de faire avancer le groupe.

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Et donc ensuite, individuellement, chaque personne,

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(mais là on a l'expérience de Capucine qui a la gentillesse de la partager),

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mais effectivement c'est possible que ça ne marche pas forcément pour tout le monde.

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Et c'est ok. Je préfère préciser, mais c'est vrai que d'ailleurs c'est important aussi quand même de dire que c'est pas

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une psychose et que tu n'es pas folle. Et que c'est pas non plus une perte de contrôle.

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C'est juste plus de la protection. Et dans cette technique de protection,

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vraisemblablement, ça reste quand même angoissant à vivre.

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Et donc voilà, au niveau psychiatrique c'est bénin,

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mais par contre au niveau du ressenti émotionnel c'est très dur à vivre.

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Mais après en fait, dans ce genre d'état, il y a une sorte de..

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Au début c'est un peu angoissant, maintenant ça m'angoisse beaucoup moins comme je l'ai dit

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auparavant. Mais il y a une sorte de distance qui est prise avec toutes les émotions.

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Vu que la réalité n'est plus réelle, je m'en fous un peu.

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Des fois il peut se passer des trucs de ouf dans ma vie,

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après je vais faire une crise, je vais être là en mode "je m'en fous,

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quelqu'un est mort, rien à faire". Enfin c'est hyper dur à dire,

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mais en fait, vu que la réalité n'est plus réelle,

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les choses de la réalité ne nous touchent plus.

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Parce qu'elles n'existent pas.

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Exactement elles n'existent pas. Ou alors ce qui touche Capucine ne me touche pas,

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puisque je ne suis pas Capucine.

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Oui puisque t'es en prison dans son corps.

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C'est ça. Donc Capucine, ses problèmes, j'en ai un peu rien à faire en fait.

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Et j'ai une question peut-être stupide, parce que je sais qu'on en avait un petit peu parlé.

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Mais par exemple, tout ce qui est modifications corporelles,

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les piercings, les tatouages, tous ces trucs là,

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vu que c'est sur le corps de Capucine, est-ce que c'est des choses qui peuvent quand même aider au

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niveau de toi, entité non nommable dans Capucine,

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de se rendre compte par exemple de douleurs physiques ?

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Ou quand tu fais un piercing, ou quand tu fais un tatouage,

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est-ce que ça peut aider à te réapproprier à toi-même le corps de Capucine ?

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Je ne pense pas. Parce que je ne prends pas les décisions de me faire..

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Pour les gens qui nous écoutent et qui ne me voient pas,

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j'ai des piercings et des tatouages. Et quand je prends les décisions de me faire des piercings ou

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des tatouages, je ne les fais pas en pleine crise.

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J'essaie de ne pas trop prendre de décisions en pleine crise.

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De toute façon je n'ai pas trop envie de prendre des décisions en pleine crise,

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j'en ai juste rien à faire.

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Oui puisque de toute façon ça n'existe pas.

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Oui c'est ça je suis là "roulons-nous par terre, ça nous occupera".

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Non c'est faux je ne fais pas ça ! Mais oui non,

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c'est pas des décisions que je prends quand je suis en pleine crise.

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Du coup non, je dirais que ça n'a pas trop de lien.

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Après, peut-être qu'inconsciemment, c'est pour me réapproprier le corps de Capucine.

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Je ne sais pas, je ne l'ai pas conscientisé.

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C'est juste une question un peu naïve, dans le sens où,

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pour en avoir discuté avec différents types de personnes qui ont différents types de neuroatypies,

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j'ai l'impression que le marquage d'un tatouage, par exemple,

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ou ce genre de choses, ça a pu aider certaines personnes avec des neuro-atypies pour une guérison ou alors un ancrage d'une information

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importante à retenir, etc. Et du coup, je me demandais,

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est-ce que dans le cas de la dépersonnalisation ou de la déréalisation,

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est-ce que vu que tu considères que le corps de Capucine n'est pas le tien,

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est-ce que ça a un impact ? Donc vraisemblablement,

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la réponse est non, puisque tu t'en fiches.

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Oui, puisque de toute manière... Non, c'est vrai que ça nous...

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Non, ça n'a pas d'impact particulier, je dirais.

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Du coup, au tout début, on discutait un petit peu de tes proches,

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ta famille notamment. Et donc leur réaction face à ça ?

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Parce que toi, la dépersonnalisation t'as dit que c'était arrivé il y a 4 ans environ c'est ça ?

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4-5 ans ouais ça a commencé il y a 4-5 ans.

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Et du coup à ce moment là, ta famille, ils ont réagi comment ?

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Alors au début je leur en ai pas parlé. J'ai mis,

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en fait je leur en ai parlé un an après avoir commencé à en faire.

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Ah oui, d'accord.

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Ah, mais j'en parlais à personne. J'en avais parlé quand même qu'à ma meilleure amie,

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c'est quelque chose que je cachais, même. A l'époque,

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j'allais très mal en termes de moral. C'est quelque chose que je cachais par tous les moyens

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possibles de le cacher. Enfin, j'étais pas du tout à l'aise avec ça.

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Donc là, 4-5 ans après, j'ai fait un grand chemin d'en parler dans un podcast.

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Et c'est vraiment bravo à toi.

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Merci beaucoup. beaucoup. Mais c'est vrai que quand j'en ai parlé au début à ma famille,

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je ne me souviens pas trop de la réaction de mon père,

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ni de celle de ma grand-mère. Mais ma grand-mère,

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je pense qu'elle a dû avoir une réaction pépette parce qu'elle a toujours des réactions pépettes à

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tout. Donc voilà, mon père, je pense qu'il a dû pas trop réagir comme d'habitude.

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Et par contre, je me souviens très bien de la réaction de ma mère.

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Je me souviens de deux choses qu'elle m'a dit qui m'ont beaucoup marquée par rapport à ça.

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La première fois que j'en ai parlé, elle m'a dit « Ah ouais ?

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J'ai pas l'impression. » J'étais là, mais comment ça,

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t'as pas l'impression ? C'est dans ma tête ou dans la tienne que ça se passe ?

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C'est du coup le fait d'être pas forcément crue.

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Ouais, d'être pas forcément crue. Et puis ce truc hyper déplacé de dire "j'ai pas l'impression".

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J'étais là, mais what ? Qu'est-ce qui se passe ?

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Qu'est-ce que tu racontes ? Je te fais part de quelque chose de très personnel.

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Ouais, c'est ça, j'étais là. Et il y a deux ans,

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on était en voiture et on parlait du coup de la déréalisation et de la dépersonnalisation.

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C'est quand même un sujet qu'on aborde des fois,

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même si souvent ça se passe mal, mais c'est quand même un sujet que je continue d'aborder.

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Et elle m'a dit "oh tu sais Capucine, on est tous un peu dans nos pensées".

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J'étais là, "mais il y a quand même des gens qui ont fait dix ans d'études pour poser un nom

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là-dessus. Et toi, tu penses que je suis un peu dans mes pensées comme tout le monde".

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J'étais là, quand même.

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C'est difficile à recevoir.

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Oui, c'est difficile à recevoir. Surtout quand ça vient d'une maman,

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c'est difficile à recevoir.

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C'est vrai qu'en termes de santé mentale, il y a malheureusement beaucoup de biais qui font que beaucoup de gens sont là

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"on est tous un peu hypersensibles", "on est tous un petit peu bipolaires",

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du coup, "on est dans nos pensées". Mais il y a vraiment des gens qui souffrent.

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Oui, c'est ça, ils dévaluent complètement ce que tu vis en le réduisant à néant.

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Alors qu'en fait, c'est quelque chose dont on souffre dans la vie,

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qui a un vrai impact sur nos vies. Et que ta propre mère nie complètement l'impact que ça a sur ta

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vie, je sais que ce n'était pas voulu de la part de ma mère.

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Oui, ce n'est pas malveillant, bien sûr.

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Non, pas du tout.

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Mais ça fait quand même du mal à la personne qui va à toi.

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C'est maladroit.

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C'est ça.

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Donc, ouais. Et après, sinon, les autres gens à qui j'en ai parlé...

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J'ai souvent mes amis qui me posent des questions.

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Parce qu'il y a pas mal de gens autour de moi qui savent que j'ai ce problème-là.

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Parce que du coup, maintenant, j'en parle assez librement.

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Et c'est vrai que souvent, ils se posent beaucoup de questions.

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Ils essayent de comprendre et je leur explique, mais je leur explique n'importe comment parce que

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c'est hyper dur à expliquer. Ils sont là, "je ne comprends pas ce que tu vis,

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mais OK, ça a l'air horrible, mais je ne comprends pas".

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Du coup, en général, je dis aux gens que c'est un peu comme si tu faisais un bad trip parce que je

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trouve c'est un peu...

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Car il y a tellement de gens dans le monde qui ont pris de la drogue que du coup ils comprennent mieux ! mieux ! !

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C'est ça exactement ! Mais je me dis un bad trip c'est quelque chose que les gens connaissent plus ou moins. ou moins. moins.

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C'est plus médiatisé ouais.

12:04

C'est plus médiatisé.

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C'est malheureux quand même de se dire que le bad trip est quand même plus médiatisé qu'un vrai trouble. trouble.

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Ouais, mais du coup ouais c'est vrai que c'est souvent de ça que je le rapproche.

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Ca ressemble un petit peu à ce genre de choses donc.

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Donc... mais c'est vrai que c'est aussi compliqué je dirais,

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d'avoir un trouble aussi inexplicable. Parce que c'est un truc,

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si tu ne l'as pas vécu, tu ne peux pas imaginer ce que c'est.

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Oui bien sûr. Parce que du coup, comme c'est en plus très subjectif parce que c'est dans ta tête,

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c'est très difficile de pouvoir prouver quoi que ce soit.

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Et toi pour autant tu le vis de manière très difficile.

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Oui, et puis il y a des troubles que je pense que les gens peuvent un peu s'imaginer,

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imaginer, comprendre ce que c'est.

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Bien sûr.

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Et là, c'est vrai que les proches, même avec toute la bonne volonté du monde,

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ils ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas imaginer ce que c'est.

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Après, je me dis s'il y avait aussi peut-être plus de tentatives,

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comme tu es en train de faire là maintenant tout de suite,

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c'est-à-dire d'en parler beaucoup plus librement.

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Et déjà, ce que tu fais même avec tes proches globalement,

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d'en parler à tes amis et tout. S'il y avait plus de tentatives comme ça,

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peut-être qu'à force d'avoir plein d'explications unitaires de chaque personne qui fait de la

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déréalisation ou de la dépersonnalisation, une fois qu'on a toutes ces discussions unitaires,

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ça peut permettre de faire une sorte de moyenne et donc de pouvoir prendre ce qui est le plus

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simple à imaginer.

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C'est vrai que moi, c'était quelque chose, avant que ma meilleure amie m'en parle,

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je n'avais jamais entendu parler de ça. Et moi du coup j'ai passé peut-être 2-3 jours à en faire

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sans savoir ce que c'était. Et je me souviens, mais j'étais là,

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je pleurais et je pleurais et je pleurais, "mais je suis folle,

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je suis complètement folle", et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.

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C'est vraiment une détresse.

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J'avais pas de mots à mettre là dessus, j'avais pas de réponse,

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j'avais pas d'explication. J'avais juste, j'ai fumé un joint et je suis en bad trip depuis 3 jours.

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Et j'étais là, c'était ce que je pensais. Il y a toujours cette légende urbaine de "tu vas rester

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bloqué". Et j'étais là "mais purée je suis restée bloquée".

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"Si tu louches tu vas rester comme ça toute ta vie".

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Et ouais, du coup j'étais là "pff".

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Parce qu'en plus t'étais seule à ce moment là.

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En fait je venais d'arriver dans ma première école.

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Et du coup c'était la crise où... En gros, j'avais déjà fait des crises,

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mais la crise où je suis restée bloquée, le premier jour où je suis restée bloquée,

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c'était le jour de la rentrée.

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Catastrophe.

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Et je me suis retrouvée avec des gens que j'avais rencontrés la veille en soirée,

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dans un amphi.

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À être coincée dans le corps de Capucine.

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À être coincée. C'était pas trop dépersonnalisation,

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c'était plus déréalisations à ce moment-là. Mais à être là en mode,

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"la réalité"... En plus, la réalité n'avait pas l'air réelle.

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J'étais dans un espèce de dôme immense avec genre 600 personnes.

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A écouter un mec parler de l'alcoolisme. J'étais là.

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"Où suis-je ?"

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What the fuck ? Je pense que ça ne m'a pas aidée à décrocher de ma crise.

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J'imagine bien. Mais du coup, tu penses que ce que tu as vécu il y a 4-5 ans,

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c'était les pires moments de ton trouble par rapport à ce que tu as aujourd'hui ?

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Ou tu l'as apprivoisé davantage ?

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Je pense que ces premiers jours, c'était les pires parce que je pensais que j'allais crever.

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Parce que je ne comprenais pas ce que j'avais, je n'avais pas de mots dessus.

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Du coup, ces premiers jours, ça a été vraiment les pires.

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Parce que je pensais que j'étais folle tout simplement.

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Parce que je n'avais jamais entendu parler de ça et j'étais là "mais je suis folle les gars".

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Non en fait je ne suis pas folle, alerte spoiler,

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je ne suis pas folle.

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"Oh mon dieu!"

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Et c'est vrai que même une fois que j'avais le mot dessus,

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ça me faisait quand même très très peur au début.

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Et maintenant j'ai beaucoup moins peur. Maintenant je suis beaucoup plus amorphe en quelque sorte

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face à ça. Mais encore maintenant, maintenant, les moments les plus violents de ce trouble,

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pour moi, c'est quand je fais des très grosses crises.

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Oui, celles où tu dis une à deux fois par an.

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Oui, ou même un peu plus. Trois, quatre fois par an,

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à peu près. Par exemple, ça m'est arrivé il n'y a pas longtemps,

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j'étais au travail, j'étais en train de travailler,

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et je sens la crise qui monte, qui monte, qui monte,

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qui monte et ça ne s'arrête pas de monter. Et mes collègues qui sont là,

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"Capucine, tu es sûre que ça va ? Tu n'as l'air pas bien là".

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"Non, non, ça va les gars, je suis un peu fatiguée".

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"T'es sûre t'as vraiment pas l'air bien là". Et j'ai fini par leur dire "en fait là faut que je

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rentre chez moi, il faut que je rentre chez moi".

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Parce que j'étais... En plus, du coup, ce que je fais en restauration,

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c'est que je suis serveuse. Donc, je dois interagir avec des gens,

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je dois être concentrée sur plein de choses impossibles.

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Vraiment, s'il y a bien un truc qui est impossible à faire quand on est en crise,

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c'est ça, quoi.

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Déjà, quand on n'est pas en crise, c'est un métier difficile.

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Oui, déjà que j'ai du mal quand je ne suis pas en crise.

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Alors, quand je suis en crise, je ne vous dis pas.

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Et du coup, j'ai dû expliquer ça à ma manager, quoi,

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ce qui était un peu gênant en plus. Enfin, ça ne devrait pas l'être.

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On est bien d'accord, ça ne devrait pas l'être.

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Ca ne devrait pas l'être. Mais en tout cas moi j'ai ressenti ça à ce moment là,

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où j'étais pas très à l'aise d'en parler. Et du coup j'ai dû rentrer chez moi.

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Et en fait, même rentrer chez moi, à savoir que j'habite près de Bastille,

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et je travaillais à Bastille, vraiment j'avais genre 7 minutes à pied peut-être pour rentrer chez

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moi. C'était compliqué de rentrer chez moi, parce que j'avais du mal à marcher quoi.

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Marcher qui est quand même le truc le plus simple.

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Bah oui mais si c'est pas ton corps !

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Ouais c'est ça ! Et en fait la crise était tellement violente qu'une fois,

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j'ai fait une crise aussi. Je suis rentrée chez moi.

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C'était en rentrant chez moi que j'ai fait cette crise.

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Pour le coup, j'arrivais à marcher, mais je ne savais plus où j'habitais.

18:13

C'est-à-dire que j'avais les clés de chez moi. Je savais qu'à un moment dans ma vie,

18:18

j'avais vécu là où je vivais. Mais est-ce que je vivais toujours là ?

18:23

Je l'ai su en mettant la clé dans la serrure. Et là,

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je me suis dit, « Ok, j'ai la clé, elle ouvre la porte,

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normalement, je vis là. »

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Quelle terreur.

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Et aussi, une fois, désolée, je suis en train de raconter toutes les fois que j'ai fait des crises terribles. terribles.

18:38

Mais il n'y a pas de soucis.

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En fait, à savoir qu'il y a quelque chose qui m'angoisse beaucoup dans la vie,

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en général, c'est de m'endormir avec quelqu'un dans mon lit et de me réveiller toute seule.

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Je pense que ça angoisse déjà un peu tout le monde.

18:53

Mais moi qui ai un problème avec la réalité, de me dire,

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est-ce que cette personne existe ? Est-ce que ça s'est passé ?

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Est-ce que c'est réel ? Ça me rend zinzin. Et donc,

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j'étais avec un garçon que je voyais à l'époque.

19:07

Et on s'endort vers minuit, peut-être. Et moi, à savoir que j'ai un sommeil de plomb.

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Un sommeil, mon gars, je dors. Et donc, je m'endors et je me réveille vers 2h du matin,

19:20

comme ça. Et en fait, je me dis, "mais je suis toute seule dans le lit,

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là". Je regarde l'heure, il est 2h du matin. Je me suis endormie il y a 2h avec ce garçon que je

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fréquentais dans mon lit. Et je me réveille 2h après,

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seule dans mon lit. Genre c'est même pas j'ai dormi jusqu'à 13h il est parti parce qu'il devait

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aller au travail. Non, non, non, plein milieu de la nuit,

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le mec a disparu quoi. Et en fait en général, je dis toujours quand je m'endors avec des hommes que

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je connais plus ou moins, je leur dis toujours "si tu pars,

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il n'y a pas de problème, tu pars quand tu veux,

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par contre tu me réveilles juste, tu me tapes sur l'épaule,

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tu me réveilles". Ca me réveille, je me rendors après,

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il n'y a pas de soucis, mais comme ça j'angoisse pas.

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Et c'est vrai que lui, je ne lui avais jamais dit de faire ça,

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et j'en ai parlé avec lui après. Après, il m'a dit qu'il n'avait pas osé me réveiller parce que je

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dormais à point fermé, qu'il était 2h du matin. Mais en fait,

20:03

quand je me suis réveillée à 2h du matin, seule dans le lit,

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j'ai fait une crise, mais un truc. Et en fait, ce qui m'a un peu sorti de la crise,

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ça ne m'a pas vraiment sorti de la crise, mais ça m'a désamorcé un petit peu la crise,

20:19

c'est de voir les assiettes sales. Il y avait deux assiettes sales.

20:23

Ah, la preuve qu'il y avait effectivement quelqu'un.

20:26

C'est ça. Et j'étais toujours, la réalité ne me sentait toujours pas réelle,

20:30

mais j'étais en mode, concrètement...

20:33

Il y a des preuves.

20:34

Il y a des preuves.

20:36

Donc en fait du coup, si t'arrives à prouver à ton cerveau certaines choses logiques,

20:44

tu peux réduire un peu.

20:46

Ouais c'est ça. Ca va pas m'arrêter la crise, mais ça va,

20:49

ou en tout cas quand j'ai un élément déclencheur très précis comme ça et que je psychose sur cette

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chose très précise, bah je me dis là "voilà il y avait deux assiettes,

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j'ai pas mangé deux repas hier soir"

21:01

Ah bon ?

21:04

En plus dans deux assiettes différentes. Non.

21:07

"J'aime bien faire la vaisselle mais quand même"

21:10

"Mais quand même". Donc je me suis dit... et ouais ça m'a aidé à désamorcer un peu cette crise.

21:16

C'est dingue quand même. Je pense qu'en fait t'as développé plein d'outils pour t'aider au fil du temps ? temps ? ?

21:24

C'est vrai que je ne me rends pas trop compte si les autres gens qui se sont atteints de ça en

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permanence, ils ont développé beaucoup d'outils ou pas pour lutter.

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Et s'ils font autant de crises que moi. Je ne sais pas si j'en fais beaucoup ou pas,

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je ne me rends pas compte. Mais moi, en ressenti,

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j'en fais beaucoup quand même.

21:51

Si tu es quand même à quatre par jour...

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Ouais c'est ça 4 par jour tous les jours. Y'a un moment...

21:55

Ca me parait beaucoup. Je suis pas psychiatre. Je suis pas psychologue.

22:01

Ca me parait quand même beaucoup.

22:04

Ouais c'est ça ! Un truc un peu marrant aussi, c'est que je voyais une psychologue pendant un

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moment. Je la voyais toutes les semaines. Et toutes les semaines,

22:10

elle me disait « Alors, vous avez fait des crises cette semaine ?

22:13

» J'étais là « Mais madame... Madame, ça fait quatre ans que je fais des crises tous les jours.

22:19

Vous croyez que ça va s'arrêter en une semaine ?

22:21

Non ! » C'était hyper mignon !

22:25

C'était mignon.

22:26

Mais c'est vrai que j'étais là...

22:28

"Ça va mieux Capucine aujourd'hui ?" "Bah écoutez..."

22:31

"Bah écoutez, truc de dingue, ça s'est complètement arrêté",

22:33

voilà. "Ah je suis contente c'est dingue vous me faites un bien fou madame."

22:42

Donc oui c'est vrai que finalement tu masques beaucoup.

22:48

Puisque tu le dis à personne. Même les gens qui y sont au courant tu vas pas leur dire "hey c'est plus moi !" plus moi !" !"

22:56

Ouais non j'évite. C'est quelque chose que je cache beaucoup.

23:00

Et c'est vrai qu'il y a... Jusqu'au point où je peux le masquer,

23:04

je le masque.

23:06

Est-ce que tu penses que c'est dû à la société dans laquelle on est ?

23:10

La question est pas biaisée.

23:13

Pour le coup, honnêtement, j'adore accuser la société.

23:15

Ça, c'est mon truc, accuser la société. Mais ça,

23:19

je pense pas, parce que je pense que c'est vraiment...

23:21

Je pense que même dans une société différente, on en parlerait plus.

23:25

Les gens n'auraient pas forcément les clés pour m'aider quand je suis en crise,

23:28

même s'ils savaient ce que c'était.

23:30

Parce qu'eux ils sont dans la réalité alors que toi t'es partie ailleurs.

23:32

Ouais c'est ça. Et même s'ils étaient conscients,

23:35

même s'ils comprenaient vraiment ce que je vivais,

23:37

ils pourraient pas trop m'aider. Et du coup je leur en parlerais pas trop quand même en fait.

23:41

Donc en fait t'es obligée de t'aider seule.

23:44

Ouais. Après je sais pas si c'est vraiment la bonne manière de faire.

23:48

Bah si ça marche.

23:51

Bon ça marche pas si bien que ça. Non mais c'est pour ça,

23:55

je sais pas si c'est vraiment la bonne manière de faire.

23:56

Mais c'est vrai que moi c'est un peu comme ça que je,

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que je fonctionne actuellement, et c'est comme ça que je trouve que ça fonctionne le mieux.

24:04

Bah là j'ai l'impression en plus que t'as appris beaucoup de choses sur toi même grâce entre

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guillemets à ce trouble.

24:10

Ah je sais pas. Je pense que ça m'aide beaucoup parce qu'on m'a expliqué que c'était une sorte de

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soupape émotionnelle. Et je pense que si mon cerveau a fait ça,

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c'est qu'il en avait besoin. Et ça, j'ai aucun doute sur les capacités de mon cerveau à savoir ce

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dont il a besoin. Mais je sais pas si ça m'a appris beaucoup sur moi.

24:30

Après c'est vrai que c'est toujours quelque chose.

24:33

C'est un peu horrible ce que je vais dire, mais c'est un peu marrant quand même à vivre.

24:36

Même si c'est quelque chose qui me fait souffrir au quotidien,

24:40

ça a un côté un peu marrant. Enfin t'es là en mode "ouh la réalité".

24:45

De toute façon tous les troubles psy, c'est un peu de près ou de loin des effets qui peuvent s'apparenter à ce que les gens

24:52

recherchent quand ils prennent une drogue X ou Y.

24:54

Oui, c'est ça.

24:57

Ce qui est juste très pénible, c'est que du coup,

25:01

pour nous, ça ne s'arrête pas.

25:03

Oui, c'est ça! Alors qu'eux, au bout de deux heures,

25:06

pomped up.

25:09

Après, je pense que je commence à te connaître un petit peu plus maintenant.

25:14

Et je pense que tu vois, tu dis que t'es quand même assez jeune et...

25:24

La vieille tu sais ! Et ben en fait je pense que t'as une grande maturité qui est peut-être due aussi au fait que t'as dû

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beaucoup réfléchir à plein de choses sur ton existence,

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ta propre vie etc, comment pouvoir gérer ça seule.

25:43

Donc, finalement, ça t'a donné peut-être une grande force de vie,

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peut-être relativiser aussi sur des choses. Parce que je sais qu'on s'était vues aussi dans le

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cadre de ton école. Et je pense que tu fais partie de ces étudiants qui relativisent de fou le

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système scolaire. Parce qu'en fait, à la limite, on s'en fiche des fois de l'existence des

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contrôles, des notations ou des trucs comme ça. Juste faisons-nous plaisir,

26:14

apprenons plein de choses. Et je pense que les gens de ton âge n'ont peut-être pas cette maturité là. là.

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C'est vrai que moi je dirais pas "oui je suis très mature".

26:27

"Il faut garder aussi beaucoup d'enfance."

26:29

Honnêtement je me permettrais pas de dire ça. Mais par contre je pense que voilà,

26:38

après j'ai vécu d'autres choses aussi que ce trouble,

26:42

notamment j'ai fait une grosse dépression, qui du coup a sûrement amené ce trouble.

26:48

C'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est qu'effectivement il y a l'air d'avoir beaucoup de choses qui sont liées à ce

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trouble là, de protection.

26:54

Il y a beaucoup de choses qui sont liées. En fait il est pas venu tout seul.

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Et je pense que c'est plus cette totalité de choses qui,

27:03

c'est sûr, j'ai l'impression que ça nous fait...

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Je pense que tous les gens qui ont des histoires de santé mentale,

27:10

des problèmes de santé mentale, appelons un chat un chat.

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Et ben je pense que ça nous amène à avoir une certaine intelligence émotionnelle,

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une certaine empathie, une certaine considération de l'autre,

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que des gens qui n'ont jamais eu ont peut-être moins.

27:30

Peut-être que je me fais de fausses idées, mais en tout cas moi c'est un peu comme ça que je vois

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les choses. Et je pense que toutes ces choses, ouais ça m'a pas mal appris.

27:40

Peut-être pas sur moi, mais peut-être plus sur la considération de l'autre.

27:46

Et ça m'a fait revoir comment je considère l'autre,

27:50

que l'autre est humain, l'autre a des sentiments,

27:52

l'autre peut souffrir, l'autre existe. C'est un peu marrant pour une fille qui a des problèmes avec la réalité mais ouais

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l'autre existe.

28:00

"Tout le monde existe, sauf moi !"

28:02

C'est ça.

28:04

Wow ! Quelle parole de fin extraordinaire ! Mais tu existes Capucine !

28:09

Et l'entité innommable à l'intérieur aussi ! Promis !

28:13

Bon allez on lui donne un nom là j'en ai marre !

28:16

Bob.

28:16

Bob !

28:16

En tout cas j'ai adoré discuter avec toi Capucine,

28:24

c'était génial. Et pour faire une petite conclusion un peu douce,

28:29

je te propose, si t'as des petites recommandations de choses qui te parlent,

28:33

qui peuvent aider à illustrer un petit peu ce que tu vis,

28:38

si t'as des choses à partager que ce soit livre,

28:41

oeuvre, peu importe...

28:45

Je sais que j'avais commencé à lire La Nausée de Sartre,

28:48

où apparemment il parle de déréalisation. Après c'est un peu chiant à lire en vrai...

28:55

C'est pas... Après il paraît que ça a aidé beaucoup de gens qui faisaient de la déréalisation,

29:01

j'entends. Moi j'ai juste trouvé ça chiant. J'ai trouvé ça très bien écrit.

29:07

Après moi je sais que j'ai pas beaucoup de mal avec les choses longues,

29:10

mais là pour le coup c'est long. Il y a un moment trois chapitres sur "je marche dans la rue et je

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vois des trucs". "Eh ça va".

29:17

Oui long je conçois.

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Mais sinon en beaucoup plus court, ça s'appelle, c'est une chanson de l'UJPK.

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Pas avec Columbine, tout seul. Qui s'appelle "Un autre monde" je crois de mémoire,

29:34

ou "L'autre monde", je crois que c'est "L'autre monde".

29:37

Et où justement il parle de déréalisation. En fait il y a plusieurs...

29:40

En fait, c'est un chanteur qui en parle quand même souvent,

29:45

mais qui n'en parle pas très frontalement. Il ne va jamais dire le mot.

29:47

Mais en fait, quand on en fait et qu'on écoute ce mec,

29:51

il y a plusieurs fois, on est en mode « Là, je sais de quoi tu parles.

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Pas à moi, quand même. » Et c'est vrai que du coup,

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cette chanson, « Un autre monde », il en parle vraiment frontalement.

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C'est vraiment une chanson là-dessus.

30:01

Donc, c'est un petit peu plus clair.

30:03

Oui. Encore une fois, ce n'est pas dit, les mots ne sont pas posés.

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Mais évidemment, il parle de ça.

30:08

C'est super intéressant ce que tu nous donnes comme recommandation.

30:14

Moi je ne vais pas vous faire l'affront de vous sortir tous les trucs genre Matrix.

30:18

En revanche, il y a une BD de Loisel que j'aime beaucoup qui s'appelle Peter Pan.

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Et d'ailleurs Loisel aussi qui avait fait "La quête de l'oiseau du temps".

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Et en fait "La quête de l'oiseau du temps" ça joue beaucoup avec la réalité,

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on s'en rend beaucoup compte à la fin. Donc je ne vais pas vous spoiler,

30:34

mais moi j'ai pleuré à la fin, on ne sait plus trop ce qui est réel.

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Et Peter Pan, c'est sur Peter Pan, et c'est comment Peter est devenu Peter Pan en venant de

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Londres jusqu'au pays imaginaire. Et donc justement la découverte du pays imaginaire et de

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comprendre qu'est-ce qui existe, qu'est-ce qui n'existe pas,

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comment les petits animaux en tout cas les petites bêtes de ce monde là existent ou n'existent pas,

31:06

s'il meurt, qu'est-ce que ça fait ? Et c'est vrai que du coup toutes ces choses un peu sur quelque chose d'un peu magique

31:14

mais qui peut faire un petit peu peur quand même.

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Parce que c'est vrai que le monde de Loisel souvent est un peu gris,

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un peu noir, un peu sale, un peu moche. Mais il y a un peu de magie quand même,

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donc c'est très particulier. Ca me fait penser un petit peu à ça.

31:27

A mon échelle évidemment, puisque je ne vis pas ce que tu vis toi Capucine.

31:31

Mais je pense que du coup, allez écouter ce que tu nous as recommandé.

31:40

Je pense que ce sera vraiment très intéressant. Et sur ces bonnes paroles,

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je vais te remercier immensément Capucine, pour avoir pris le temps de partager tout ça avec nous,

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parce que c'est pas facile.

31:54

Je te coupe.

31:57

Mais bien sûr.

31:57

Allez je te coupe ! Merci à toi de m'avoir aussi donné la possibilité de parler,

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de parler là-dessus, d'exprimer ça et de partager ça.

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A qui voudra bien nous écouter.

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Plein de gens intéressants, je n'en doute pas. Et vraiment,

32:13

merci beaucoup, Capucine.

32:20

Merci d'avoir écouté Voix Plurielles. Comprendre,

32:24

c'est déjà faire un pas vers l'autre. C'était Delphine,

32:26

et à bientôt pour une nouvelle rencontre, une autre façon de voir le monde.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.