Dépression : ce qu’on ne dit jamais quand on va mal - Reda (2/2)
S01:E22

Dépression : ce qu’on ne dit jamais quand on va mal - Reda (2/2)

Episode description

La suite de notre épisode sérieux-joyeux sur la dépression avec Reda !

(Partie 2/2)

Invité : Reda www.instagram.com/redartiste

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La semaine dernière...

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Aujourd'hui, je vis bien, même avec une dépression.

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Parce que tout mon travail qui s'est étalé quand même sur trois bonnes années de visite chez le psy

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deux fois par semaine, remboursé par la sécu, merci.

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Parce que c'est tarpin cher.

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"On va pas rembourser 75 balles"... Mais bon... J'ai fini par trouver cette psychologue qui est extraordinaire. extraordinaire.

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Ouais.. Non moi j'ai une complémentaire. En fait,

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c'est remboursé à 50 % et le reste, c'était ma complémentaire santé.

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Trop bien.

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Oui, mais je paye cher ma complémentaire. Tout devrait être pris dans la sécu, normalement. normalement.

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Normalement, oui.

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Et donc, c'est un parcours qui est propre à moi, évidemment.

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Mais maintenant, j'arrive à vivre plutôt normalement.

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Et quand il m'arrive des épisodes, pas aussi grave que ce qui m'est arrivé en septembre dernier,

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des épisodes de morosité accrue disons-le comme ça,

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j'essaye de contrebalancer par des actions qui me plaisent et qui me font du bien.

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Les fameux contre-comportements.

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Exactement. Ce qui, quand c'est pour toutes ces fois où je suis à la fac pour mes études,

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me convient parce que je m'y sens bien. Je sais pas si c'est parce que je suis un enfant d'immigré avec une éducation de

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"il faut que tu sois bon dans ce que tu fais". Et donc quand je suis effectivement bon dans quelque

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chose, j'ai cette satisfaction de bien faire mon travail.

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C'est important d'être fier de soi.

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Donc moi je me sens bien à la fac parce que justement je suis fier de moi.

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Et donc je fais mon travail même quand ça ne va pas,

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je fais mon travail, et ça va bien. Quand je suis,

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par exemple, avant je travaillais pour une galeriste qui a des idées d'extrême droite par exemple.

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Peut-être que vous, peut-être que vous ne me voyez pas,

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vous ne me voyez pas, c'est le principe d'un podcast,

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mais imaginez-vous un très bel homme, mais arabe.

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Pourquoi mais?

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Parce que ma patronne est raciste en fait. Donc quand je devais faire avec ma dépression et d'un autre côté j'aimais ce que

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je faisais, à savoir m'occuper d'une galerie d'art,

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travailler sur des expositions, mais devoir continuellement écouter des phrases du "mais tu sais

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les arabes sont des voleurs", "mais en plus vous êtes des sauvages",

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"tu t'es pas rasé on dirait un terroriste"...

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C'est horrible.

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C'est que la partie émergée de l'iceberg hein.

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Oh mon dieu...

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C'est pas grave, c'est pas grave... Elle voulait voter Zemmour aux dernières présidentielles,

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mais votre serviteur a très bien travaillé et elle a voté Nathalie Arthaud,

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j'ai beaucoup travaillé. Elle voulait pas voter Mélenchon parce qu'il était marocain.

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Elle reste quand même raciste.

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Voilà, mais qui a une conscience de classe.

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Dieu du ciel...

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Donc ça dépend du milieu finalement.

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Ça dépend du milieu, mais ça veut dire qu'il y a quand même des...

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Le racisme joue énormément sur l'insécurité. Le racisme,

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le fait de se sentir... Quand je dis l'insécurité,

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c'est le fait de ne pas se sentir accepté.

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Bien sûr.

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Je pense que les personnes queer aussi ont des grosses difficultés.

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Et donc si on est queer et dépressif, v'là la difficulté...

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J'ai écouté une chanson d'un chanteur rappeur qui s'appelle Danil,

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qui s'appelle Brouillon, le titre de la chanson,

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et qui je pense parle à énormément de jeunes issus de l'immigration.

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Parce que ça vient de son album qui s'appelle SMIG qui vient de Smigli,

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qui est "immigré" globalement, mais qui est spécifiquement les enfants de parents qui...

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Ah oui, d'accord, ok. Donc la génération 2.

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La génération 2. Donc nous, qui, par exemple, mes parents ne m'ont jamais appris à parler arabe.

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Pourtant, là, on est vraiment dans un podcast de linguistique,

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depuis tout à l'heure.

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Exactement. Bien sûr. Haja le top. Ils ne m'ont jamais appris parce que pour...

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On va dire la blague c'était, comme ça eux peuvent parler entre eux sans qu'on comprenne,

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la réalité des faits est que j'ai grandi dans une ville très bourgeoise.

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Ils ne voulaient pas que tu te sentes exclu.

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Et donc, ne pas m'apprendre cette langue, ça me permettait d'être plus facilement intégré.

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Avant, je ne voyais pas forcément le principe, mais maintenant,

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je conscientise la chose. Je l'ai vu que finalement,

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il y avait quand même cette part, même si je n'étais pas particulièrement intégré plus que ça,

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j'étais quand même plus intégré que d'autres copains.

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Tu restes un bel arabe.

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Oui, mais je suis plus intégré que d'autres copains à moi,

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comme un ami d'enfant qui s'appelle Julien, qui lui parle arabe et français,

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mais qui lui parlait arabe. Il était moins intégré que moi.

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Il était vu comme étant un moins bon français alors qu'il est né en France.

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C'est tellement horrible... A moindre mesure, mon grand-père alsacien n'avait pas appris à ses enfants à parler alsacien

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pour éviter justement les amalgames par rapport à l'Allemagne de la seconde guerre etc.

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Bon c'est à moindre mesure parce que...

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Oui mais ça reste... En fait déjà je trouve que c'est une perdition,

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c'est dommage déjà de ne pas élargir...

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Bah ça désenrichit...

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Oui ça désenrichit de ne pas agrandir les cultures,

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parce que c'est dans la diversité que naît la tolérance.

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Et du coup cet environnement très marqué par des biais sociaux,

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les deux Noël, le Noël avec les jouets et le Noël avec les huissiers, moi j'ai... moi j'ai... j'ai...

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Oh là là! Ah non mais Reda, il faut que tu fasses un stand-up.

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Un one-man.

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Ah, je suis un homme du peuple. J'ai tout connu. Non mais c'est pour ça,

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le truc du très petit, au final, j'ai été confronté à ce truc-là,

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des jugements moraux, de "ah bah tu peux pas venir à..."

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parce qu'il faut acheter des cadeaux. Il y a des trucs un peu compliqués.

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"Nous on va en vacances au ski". Merci, dans dans cette ville,

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il y a quand même une structure qui m'a permis d'aller au ski.

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Bon je me suis pété les jambes, mais qui m'a permis d'aller au ski.

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Tout ce que je dis est véridique. Mais en soi j'y serais jamais arrivé si la ville n'avait pas aidé

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à ce moment là. Donc c'est plutôt compliqué. Et maintenant que je suis un adulte et que je grandis dans un environnement

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soit de centre-gauche, soit de droite, je vois que ça mine le moral particulièrement.

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Ça et les défaites politiques constantes qui nous minent le moral.

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Mais est-ce qu'on n'est pas habitué? Oui.

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Mais le problème, c'est que du coup, on s'habitue à un état dépressif comme étant un état de norme.

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Exactement. Et les personnes qui me procurent un certain mal-être,

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mais que je ne peux pas effacer de ma vie parce que c'est littéralement mon travail ou des choses

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comme ça, eux considèrent que cet état de mélancolie est un état lambda normal.

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Et donc les fois où ils me voient plus enjoué...

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Souvent, d'ailleurs, par des épisodes de bipolarité inverse,

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où je suis débordant d'énergie, ils me disent que je suis un drogué parce qu'ils n'ont pas

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l'habitude de me voir joyeux. Alors que je fais des blagues tout le temps,

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mais je fais des blagues cyniques, alors que d'habitude j'essaye d'être juste moi.

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C'est vrai que ça peut presque faire penser à tout ce qui est changement de personnalité,

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dépersonnalisation, ce genre de choses. Je pense d'ailleurs,

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tu viens de dire mélancolie, parce qu'en fait, dans les dépressions sévères,

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on peut atteindre un stade qui s'appelle la dépression mélancolique.

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Et la dépression mélancolique peut même amener à des formes de hallucinations ou vraiment des états de perte de repère avec

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le réel. Et du coup, ça m'y faisait penser quand tu as dit mélancolique.

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Mais voilà.

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Plus jamais ce genre d'intervention, tu nuis au propos.

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Ohlala ! Non mais en vrai je pense que tu as raison.

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Parce que les gens qui nous entourent, c'est hyper important,

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ça peut aider beaucoup à aller mieux. Moi je sais que j'ai de la chance d'avoir un compagnon qui est à l'écoute et dans

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l'empathie, mais comme il n'a jamais fait de dépression de sa vie des fois c'est difficile pour lui de concevoir l'état dans

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lequel je suis. Donc il va essayer de m'aider, mais c'est un peu une aide à tâtons.

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Et je me demandais justement, dans ta famille, est-ce que quand tu étais plus petit,

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notamment le moment où tu as eu ta dépression au lycée,

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etc., est-ce après, il y a eu un soutien moral de ta famille?

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En tout cas, ils ont compris ce qui se passe pour toi?

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C'est assez compliqué parce que... En fait, dans la religion,

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de manière générale, dans plusieurs religions, on ne reconnaît pas nécessairement les troubles

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mentaux. Et la dépression étant quelque chose qui est très personnel,

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ma famille ne l'a jamais réellement vécu...

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A titre individuel.

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Oui, à titre individuel. Donc quand j'ai été le premier,

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au départ on me demandait juste de dormir ça irait mieux.

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Parce que dormir règle énormément de problèmes, et c'est vrai qu'en vrai dormir ça règle beaucoup

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de problèmes.

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Mais quand on est en dépression et qu'on passe sa vie à dormir...

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Ca n'aide pas particulièrement. Plus tard, quand je me suis fait du coup interner et qu'ils ont

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décelé tout ça chez moi, je me souviens, sans être une attaque envers ma famille que j'apprécie,

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je les aime d'amour il n'y a pas de soucis, mais je me souviens que ma mère était plus attristée

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par les premiers diagnostics, donc évidemment de la dépression,

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de la bipolarité et de l'autisme.

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C'est vrai, on avait le couscous royal.

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L'autisme étant vraiment le chapeau...

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La cerise sur le couscous.

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La cerise sur le couscous, le pompon sur la garonne,

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plein de choses. Parce que en plus du fait que c'est très mal compris,

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c'est mal perçu, surtout à l'époque, l'autisme. Aujourd'hui,

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il y a cette aura des gens autistes qui sont inévitablement des gens très intelligents.

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Il s'avère qu'ils m'ont aussi décelé plus tard, du coup,

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HPI et TDAH. Mais du coup, qui l'expliquait.

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T'avais pas encore les mergez.

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Elle était bien plus joyeuse par rapport à ça. "Il est triste et il est un peu mauvais à l'école.

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Mais c'est parce que..."

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Parce que c'est un génie.

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Exactement, parce qu'en fait "il est smart mon fils".

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Donc je suis un peu un enfant, je vais pas dire délaissé parce que c'est pas vrai,

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mais je suis un, surtout dans ce genre de famille où tu es le seul garçon d'une tribu de filles,

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le garçon est un peu mis de côté de manière générale.

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Et après il y a plein d'histoires dans ma famille qui fait que moi je me sentais un peu délaissé.

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Et dans les faits je le suis. Sans être particulièrement...

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J'oublie les mots. Je vous jure je suis français,

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je connais des mots en vrai, je vous jure ! Ça me reviendra pas,

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mais globalement je n'en veux pas. Mais je m'en veux particulièrement à moi même d'avoir minimisé

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ça. Parce que c'est devenu une norme relationnellement avec ma famille,

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et tout tout va mieux. Rien n'allait pas bien, c'était du ressenti.

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Mais maintenant étrangement, suite à mes sœurs qui ont suivi sur des épisodes dépressifs,

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sans aller jusqu'à une TS mais à des épisodes dépressifs,

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ils ont commencé à ouvrir les yeux et à être aussi bien plus ouverts sur les questionnements de la

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santé mentale. Donc ça c'est très très bien, et je les en félicite.

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Parce qu'à leur âge pas tout le monde n'est encore au fait de ça.

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Et c'est des GOAT absolus. Même s'ils ne sont pas très grands et que j'aimerais bien faire 1m80,

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je ne le ferai jamais, c'est pas grave. Moi aussi je me félicite d'ouvrir un peu plus ma boca par rapport à ça quand ça

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ne va pas. Et un peu rentrer dans le lard, parce que c'est aussi ça,

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ne pas minimiser, ne pas dire "bon bah j'ai un peu peur de ma famille,

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de ce qu'ils veulent dire", "j'ai un peu peur de mes amis,

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de ce qu'ils vont dire". Il faut toujours s'ouvrir aux autres quand ça ne va pas,

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parce que sinon les gens diront que tout ce qui se passe est ok et c'est une norme.

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Et si un jour ça ne va pas, ils vont dire "ouais mais tu ne me l'as jamais dit,

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donc soit tu ne me fais pas confiance soit, ah mais comment je peux savoir?"

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Oui, on n'est pas dans la tête des autres.

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Voilà, exactement. On ne vit pas dans la tête de chacun,

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et ce qui peut être évident pour nous ne l'est pas forcément pour d'autres personnes.

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Donc, la communication est la clé.

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Oui, comme à peu près tout le temps. Mais ceci dit,

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je pense que c'est vraiment intéressant ce que tu dis parce que en fait,

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finalement, ce qui est dur quand on est en dépression,

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c'est de faire des actions, d'agir vers quelque chose,

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d'aller de l'avant etc. Et en fait ce que tu dis c'est que finalement le fait de parler et de faire c'est ce que tu fais

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plus aujourd'hui, et en fait c'est ce que ton cerveau de dépressif a au temps T,

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te dit "ah bah non on va rien faire du tout parce qu'on est mieux dans son coin".

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Parce que ça rassure en fait un état dépressif, parce que c'est stable.

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Mais c'est nul et on n'a pas envie de rester dedans,

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même si le cerveau veut rester dedans. Et agir c'est bien.

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Je pense que le cerveau il se sent bien là-dedans,

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c'est un point de confort parce que c'est stable.

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Qu'il connait exactement, parce que beaucoup de personnes qui sont dépressives sont aussi

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extrêmement anxieux de tout. C'est pour ça que anxio dépressif existe.

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Mais oui, l'anxiété généralisée.

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Et donc, ce fameux cerveau qui... Toujours pas médecin.

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Ce fameux cerveau qui se dit, bon, j'ai le choix entre être au chaud dans ma dépression où tout est

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identique, chaque jour se ressemble et tout va bien et je ne me douche pas.

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Ou ça va bien, mais je dois faire des trucs et je n'ai pas le contrôle dessus.

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Je pense que la question est vite répondue pour ce petit cerveau.

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Faut pas l'écouter parfois.

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C'est dur parce qu'il faut écouter une partie.

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Tout comme revenir avec son ex parfois faut pas écouter.

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Mais en vrai des fois c'est un peu comme si on avait genre deux parties du cerveau: la partie qui veut rester dans la dépression

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et la partie qui veut avancer. Et c'est dur d'écouter la partie qui veut avancer mais c'est quand

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même cool, mais elle a raison.

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Le cerveau, et là je suis scientifique, donc, le cerveau,

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quoi qu'il arrive, te programme et programme l'humain pour sa survie.

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Ah oui, oui, tout à fait. Ça, c'est le cerveau reptilien de base,

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il faut survivre.

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Nous sommes des animaux, que vous vouliez ou non.

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Aristote, pour rappel.

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Oui, Aristote, pour rappel. Et par biais de survie,

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qui fait que de manière innée, on respire, de manière innée,

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on mange, on boit. On fait tout pour survivre. Donc,

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si survivre, ça veut dire éteindre la petite voie ou prendre plus de place que l'accoutumée,

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il le fera. Mais en fait, il va falloir un jour,

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à travers des tests, des exercices que vous ferez avec vos médecins,

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c'est savoir s'écouter, savoir ce qu'on veut vraiment.

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Et je vous donne des conseils entre vous et moi,

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et internet visiblement.

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Ah, chaque chemin est unique c'est sûr.

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Exactement. Je donne mes pistes à moi qui m'ont aidé,

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libre à vous de les suivre ou non. Mais faire ces exercices là et essayer vraiment de s'écouter

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pleinement, ça aide. Ne serait-ce qu'à prendre conscience de ce dont on a besoin,

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même si on ne fait pas forcément. Ce dont on a envie à ce moment-là.

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C'est au moins penser à soi. Ça aide. Beaucoup beaucoup de personnes,

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dépressives ou non, minimisent le côté penser à soi,

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moi le premier, puisque je pense le monde avant de penser à ma personne.

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Mais ça c'est parce que t'as ce côté très altruiste,

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l'autisme joue beaucoup aussi dans cette perception du monde.

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C'est pas penser à soi de manière égoïste encore une fois,

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c'est juste penser à soi pour, c'est un peu le principe de quand on est dans l'avion en cas de

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dépressurisation, vous mettez l'oxygène sur votre nez et ensuite vous aidez les autres.

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Exactement.

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Sinon on ne peut pas.

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Du coup. Mais c'est exactement ce que je me dis justement à ces moments là,

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c'est si je ne m'aide pas à l'instant T, je peux pas aider suffisamment de personnes après.

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Après je suis un gros otaku, donc je pense à des enseignements moi.

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"Petit scarabée".

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J'ai pas d'idoles humaines dans la vraie vie, parce qu'il faut brûler ses idoles,

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mais j'ai des personnes qui m'aident au quotidien,

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qui étrangement font rire beaucoup de monde, surtout beaucoup d'adultes.

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Quand je dis qu'un de mes modèles littéralement de vie,

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c'est Spiderman, par exemple. Mais pas Spiderman,

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Spiderman, mais les valeurs qu'il représente, de vivre en homme de bien.

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"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités".

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Alors ça, c'est même pas Oncle Ben qui le disait.

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C'est dans une case à part comme ça, mais Hassoul,

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c'est pas grave. C'est toi qui le dis, il n'y a pas de souci.

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Après Miles Morales, Reda, le Spider-Man arabe.

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Exactement. Il en existe plusieurs des Spider-Man arabes.

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C'est vrai? Parce que je n'ai pas lu les comics. Je sais qu'il y a...

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C'est pas grave!

22:17

Is ok.

22:18

Et c'est ok.

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Et c'est ok. Mais du coup, c'est cool s'ils l'ont fait.

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Oui. Et dans Gurren Lagann aussi, qui est un manga et un animé,

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il y a une phrase qui est très parlante et qui peut aider des gens,

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généralement. Ça aide souvent quand tu ne crois pas en toi.

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C'est "crois en toi et si tu ne crois pas en toi,

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crois en moi qui crois en toi". Et j'aime beaucoup cette phrase.

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C'est un peu méta mais c'est stylé, j'aime bien cette phrase.

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Parce que n'oubliez pas que, à moins que vous soyez un café viet' alors qu'il n'y a rien de viet'

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dans votre café, mais croyez en vous, en vos capacités et en l'idée que vous êtes capable vous-même de vous en sortir par

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vos propres moyens. Vous vous y arriverez. Ou de savoir demander de l'aide.

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Ça aussi.

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Oui, ce n'est pas négatif de demander de l'aide. C'est être suffisamment fort pour accepter qu'il y a un souci qu'on ne peut

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résoudre seul et qu'ensuite on peut aller vers quelqu'un qui va nous aider.

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Exactement.

23:51

Et on participe à cette aide dans tous les cas quand on demande de l'aide.

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Et c'est vraiment très humble de notre part que de reconnaître qu'on n'est pas suffisamment fort

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pour s'en sortir tout seul, ou qu'on n'a pas toutes les connaissances pour s'en sortir.

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Ou toutes les clés.

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Ou toutes les clés. Nous ne sommes pas Passe-Partout.

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Ooooh "de Fort-Boyard". Mon cher Reda, tu sais que j'aime le positivisme,

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que j'aime les choses qui sont justement lumineuses et pleines de ressources.

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Je commence à te connaître, mais du coup, je redoute le "J'aime le positivisme".

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Donc, on va aller encore plus loin dans la détresse,

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dans la tristesse.

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Que nenni! En vrai de vrai, on va faire comme dans Un Bon Moment,

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on va dire des choses positives. Et justement, qu'est-ce que la dépression,

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cette forme noire, dure et triste, t'a permis d'apprendre sur toi?

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Qu'est-ce qu'elle t'a permis de faire? Qu'est-ce que ça t'a appris?

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Elle m'a appris une chose très personnelle sur moi-même,

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c'est mon rapport à la religion de manière générale.

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Parce qu'ayant grandi dans une famille religieuse.

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Avec les deux choux ? Le chou à la vanille en bas,

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et le.. Pardon.

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Exact... A la vanille ?

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Ouais, j'aime pas le chocolat et je suis pas très pâtisserie au café.

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Donc il reste que la vanille, caramel peut-être.

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Quelle bourgeoise.

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L'intermittente du spectacle pas encore intermittente,

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mais la bourgeoise. La grosse saltimbanque.

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Intermittente inch'allah. Ma famille, du coup, était,

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toute ma famille est religieuse, du coup. Musulmane,

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pratiquante. J'ai beaucoup de famille religieuse du coup,

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qui ont des enfants qui sont religieux.

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Oui par transitivité.

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Par transitivité, par appartenance de classe, et familiale.

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Et j'ai pris conscience plus tard qu'une partie de mon mal-être ne venait pas nécessairement dans

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la religion ou non, mais dans l'idée de ma propre croyance et peut-être du fait que je me

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fourvoyais. Et j'ai décidé de faire, on appelle ça un coming-out athée,

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je sais pas. J'ai discuté après avec ma famille,

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voilà.

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Que ça ne change pas la relation que tu as avec eux.

26:39

Ca ne change absolument rien non. Eux, ils croient en Dieu,

26:39

c'est très très bien. Moi je préfère...

26:39

Croire en toi.

26:39

Alors oui, déjà, car je suis nihiliste. Non je préfère ne pas,

26:44

justement car je respecte toute religion, je préfère ne pas me fourvoyer à faire genre que je crois

26:54

en quelque chose, parce que je pense que c'est le plus gros blasphème possible.

26:59

Je vais peut-être tromper des humains. Dieu il sait que je crois pas en lui je pense.

27:06

"Dieu il sait que je crois pas en lui". Franchement il faudrait placarder cette phrase !

27:09

Honnêtement. Mais à la place, je crois en moi, je crois en l'humain comme personne capable de faire de grandes choses si

27:23

elle est unie, donc je vis là-dedans. Je vais te dire,

27:27

aujourd'hui, je me pose même la question si finalement je ne suis pas dans une autre religion

27:33

possible, à savoir le bouddhisme. Parce que dans ma propre philosophie de vie,

27:39

je pars sur certains principes que je ne cherche plus à être heureux.

27:47

De toute façon, être heureux, c'est un chemin, ce n'est pas une destination.

27:50

Exactement. Mais justement, en fait, si tu cherches le bonheur,

27:55

si tu as l'idée du bonheur, ça signifie que tu veux monter quelque part et monter implique qu'il

28:03

peut y avoir des chutes. Et tu les redoutes, ces chutes-là.

28:07

Moi, je ne cherche pas ça. Je cherche juste à être en paix.

28:11

De temps en temps, il y a des épisodes qui vont bien.

28:13

De temps en temps, il y a des épisodes qui ne vont pas bien.

28:15

Mais tu avances.

28:16

Il faut avancer. Je les prends tels qu'ils sont. Et je garde en tête la meilleure version de

28:23

moi-même, aujourd'hui plus qu'hier, et demain plus qu'aujourd'hui.

28:27

Quoi qu'il arrive j'ai plein de problèmes. Il y a des trucs évidemment je suis très mauvais

28:33

là-dedans, je dis souvent que je ne suis pas une bonne personne,

28:37

c'est que je m'imagine que je suis une moins bonne personne aujourd'hui encore une fois que demain.

28:44

On apprend, on apprend dans les erreurs et quand on fait quelque chose de mal on essaye d'avancer.

28:51

Pareil j'ai arrêté de, j'allais dire boycott mais non,

28:56

d'arrêter la valeur d'une personne à ses actions.

29:01

Parce que je suis pour la réhabilitation dans cette idée là,

29:08

et ça ça aide pas mal aussi sur ce type de morale que j'ai dans mon mood.

29:16

Parce que, en enlevant l'idée que l'homme est mauvais,

29:21

que tel individu est une mauvaise personne, je me dis qu'ils peuvent changer.

29:27

Donc je suis moins face à un conglomérat de personnes très mauvaises et ça y est on ne peut pas les changer. changer.

29:35

C'est juste des mauvais choix ou des mauvaises actions.

29:37

Et la personne en soi, c'est comme les animaux, il n'y a pas d'animal méchant.

29:42

Oui.

29:42

Il y a juste des animaux qui font leur truc, quoi.

29:47

Après...

29:48

Le moustique !

29:49

C'est différent ! Ça je trouve ça quand même un peu plus niche,

29:53

parce que les instincts animaux sont souvent utilisés pour justifier certains trucs très

30:01

masculinistes que j'apprécie pas.

30:03

On est d'accord. Mais ce que je veux dire, c'est qu'en fait les animaux,

30:07

nous on a évolué dans un certain sens donc du coup on a atteint une capacité de réflexion,

30:14

on a créé des choses, que ce soit culturel, artistique...

30:18

Les animaux ils n'ont pas vraiment fait ça, il n'y a pas vraiment d'art.

30:21

Je dis des bêtises, il y a des fois des formes d'art chez des animaux,

30:25

mais bon.

30:25

Oui oui, comme il y a des sociétés, il y a plein de choses.

30:30

Mais après c'est vrai qu'on fait beaucoup d'anthropomorphisme,

30:32

à éviter. Mais je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il n'y a pas de personnes méchantes,

30:38

il y a juste, ou mauvaises. C'est juste qu'il y a des des choses qui sont faites,

30:43

bon. Et puis bon, ça arrive, des fois ça peut être des erreurs et pas forcément des trucs mauvais

30:49

aussi en soi.

30:49

Je suis d'accord.

30:50

Mais ceci dit, pour revenir sur ta spiritualité, c'est marrant que tu dises que tu as justement eu cette évolution-là parce

30:56

que moi, j'ai eu un peu la même chose. Moi, j'ai été élevée dans une famille où ma mère est

31:02

catholique, plus ou moins pratiquante. Mon père est agnostique,

31:08

donc il doute. Et globalement, j'ai été élevée dans une globale famille catholique.

31:16

En tout cas, de cette confession-là. Et du coup j'ai fait le baptême,

31:22

j'étais trop petite, après j'ai fait la première communion,

31:26

enfin je suis allée jusqu'à la confirmation et tout,

31:29

et je n'ai pas trouvé Dieu.

31:33

Pourtant t'y allais.

31:34

Vraiment j'ai cherché. Et en fait je me suis rendue compte après que je me sentais beaucoup plus à l'aise avec ma propre

31:40

spiritualité et le fait de pouvoir avancer avec mes valeurs morales.

31:44

Et dans le monde, c'est tout, je ne m'affilie pas à une religion en particulier.

31:52

Et du coup je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis,

31:54

par rapport au fait qu'effectivement il y a l'éducation,

31:57

qui fait que culturellement tu as cette religion entre guillemets quasi de naissance.

32:03

Mais derrière, ça ne veut pas forcément dire que tu as zéro spiritualité,

32:07

si tu ne te reconnais pas dedans. C'est juste que du coup tu fais ton propre chemin.

32:10

Et du coup ça me parle pas mal de ce que tu dis là.

32:14

Et euh, qu'est-ce que tu voudrais dire aujourd'hui à quelqu'un qui découvre son diagnostic ?

32:31

Hum. La question elle est très très compliquée. Parce que en fait encore une fois,

32:38

ça dépend de la personne. Si la personne ne s'entend pas forcément très bien avec sa famille,

32:44

je dirais bon bah attention, mais il y a des gens qui sont là pour toi.

32:52

Ta famille généralement veut du bien quoi qu'il arrive.

32:56

Maintenant aussi j'ai cette... Je conscientise que non,

33:03

pas forcément toutes les familles veulent du bien aux autres.

33:05

Il y a ce truc là. Mais trouvez-vous une personne ou des personnes de confiance dans votre

33:15

entourage. Ne restez pas seul, pas parce que j'ai peur qu'il vous arrive quelque chose de mal.

33:24

31-14, 31-14, je répète.

33:31

31-14 oui. Mais pas parce que j'ai peur qu'il vous arrive quoi que ce soit.

33:37

C'est simplement aider à comprendre, c'est aussi aider à parler.

33:42

Et plus vite vous avez quelqu'un ou quelques personnes avec vous dans des moments comme ça,

33:52

qui sont au courant de ça, et plus simplement vous pourrez vivre avec.

33:57

Parce que on va dire que la dépression, vous la portez,

34:02

et une partie de votre dépression est portée par vos proches.

34:07

Plus vite vous côtoyez les bonnes personnes, et mieux tout le monde peut vous gérer si jamais de

34:17

mauvaises choses arrivent. En tout cas, vous pouvez toujours m'envoyer un message sur Instagram,

34:22

je vous enverrai des memes de con. N'hésitez pas !

34:31

C'est la meilleure chose !

34:33

Il y a au moins ce truc là.

34:34

Voilà ! Contactez Reda ! Tu vas recevoir une pluie.

34:40

J'ai cette fâcheuse tendance à dire "envoie un message et je te réponds" à tout et n'importe quoi.

34:46

Vraiment, rien à voir, là c'est juste du shit talk,

34:53

non small talk, comment je dis ça?

34:55

Talk.

34:55

Ah du talk. J'allais acheter des produits de skin care pour ma copine,

35:02

j'avais une super chemise faite en sérigraphie par un pote à moi,

35:06

et la dame de la caisse me disait « Ah, super, votre chemise,

35:11

vous l'avez achetée où? » Je dis « On l'a faite avec un copain.

35:13

» Elle fait « Ah! » Je dis « Eh! » « Ah, c'est super bien.

35:17

» Je dis « Merci. Mais du coup, envoie un message et je t'en fais».

35:22

Elle m'envoie un message, je lui en ai fait.

35:24

C'est trop bien!

35:26

Et maintenant, je fais du pain pour ma résidence parce qu'une fois,

35:29

j'ai dit que je faisais du pain. Et du coup, comme j'ai apporté à juste ma voisine d'à côté,

35:34

je dois apporter aux autres. Quand j'arrive, toutes les semaines,

35:37

je fais 4 kilos, 5 kilos de pain. Maintenant ils m'achètent de la farine mes voisins.

35:43

C'est trop bien.

35:43

Bah attend ça coûte cher !

35:45

C'est vrai mais en tout cas je trouve que c'est beau comme entraide.

35:48

Et je pense que c'est un très beau message sur lequel clôturer,

35:52

(il manque la petite conclusion), ce podcast.

35:54

C'est déjà fini ?

35:55

Mais ça passe si vite avec vous, quand on s'amuse !

35:57

Eh j'ai même pas vu le temps passer.

36:00

Mais ne t'inquiète pas.

36:01

Moi j'ai juste vu 10 minutes de podcast pas branché.

36:07

Vous n'étiez pas là du coup, mais au tout début, il n'y a rien eu.

36:11

Mais ceci dit, avant de laisser nos auditeurices qui sont probablement soit en PLS,

36:18

soit en train de mourir de rire ou de honte, je ne sais pas.

36:24

"Qu'est-ce qu'ils racontent ces deux là?"

36:26

Ohlala mon Dieu ! J'aime bien laisser quand même une petite impression un peu douce à la fin.

36:29

Bien sûr.

36:30

Et ce que je te propose, c'est de laisser un peu à ces personnes qui nous écoutent,

36:38

quelque chose qui te fait penser justement à la dépression.

36:42

Que ce soit quelque chose qui parle de la dépression ou quelque chose qui juste t'y fait penser, pour eux. pour eux. eux.

36:55

Alors ça peut être assez étrange ce que je vais dire,

36:59

mais j'ai une série coup de cœur qui ne parle pas du tout de dépression,

37:07

qui ne parle même pas de tristesse. Elle est joyeuse.

37:12

Par contre, elle évoque un sentiment qui est lié parfois à des épisodes dépressifs,

37:19

parce qu'elle parle de nostalgie. Et cette série qui est sur Arte et qui vient d'apparaître normalement sur Netflix s'appelle Samuel.

37:28

Une série d'animation d'Emilie Tronche qui raconte du coup bah,

37:34

Samuel, 10 ans, qui a un problème mais il ne veut pas en parler,

37:36

il est amoureux de la grande Julie.

37:39

C'est trop bien.

37:41

Et c'est Samuel à l'école qui raconte sa vie. Si vous avez à peu près notre âge,

37:49

entre 20 et 30 ans beaucoup des éléments de la série vous remettront en enfance instantanément.

37:58

On peut aller jusqu'à 35 pour m'inclure.

38:00

Bien sûr, ça parle de Tokyo Hotel. Ça parle des feuilles Diddl.

38:05

Oh, les Diddl !

38:06

Exactement. En plus, à ce moment-là, j'ai souvent des films ou des séries qui apparaissent à des épisodes de ma vie qui ne

38:17

vont pas très bien et qui m'aident. Ce n'est pas nécessairement des très bons films ou très bonnes

38:23

séries. Je sais que quand j'étais du coup au lycée et que j'allais pas bien,

38:30

je pourrais pas te dire si c'était avant du coup ma grosse scène ou après,

38:37

mais c'était le film La vie rêvée de Walter Mitty.

38:40

Oh oui !

38:40

Et je sais que ce film là, qui de facto n'est pas un excellent film.

38:47

Juste feel good.

38:48

C'est un film, excusez-moi du terme, pour les bandeurs de voyages.

38:54

C'est juste ça. Mais c'est un film dont j'avais besoin à ce moment là.

39:01

Samuel est une série dont j'avais besoin à ce moment là,

39:06

et qui en plus est une excellente série. J'ai pleuré de joie en plus.

39:17

En fait ça aborde tellement de thèmes, que je pense ça peut parler vraiment à tout le monde.

39:23

Et j'aime bien encore une fois ce côté parler de nostalgie,

39:28

parce que la nostalgie se lie souvent à la mélancolie,

39:33

qui elle-même se lie à des épisodes dépressifs.

39:35

Tout à fait.

39:36

Donc n'hésitez pas à, j'allais dire vous cultiver,

39:41

mais c'est plus à vous libérer l'esprit, à travers des choses qui n'ont parfois pas forcément à

39:49

voir avec "Allez, je vais mettre un film comique" ou à l'inverse,

39:55

"je vais regarder un truc qui parle de dépression".

39:57

Mon film préféré c'est Vol au dessus d'un nid de coucou,

40:00

ça se passe dans un hôpital psy, crois-moi que quand je suis triste,

40:05

je ne le regarde pas des masses ce film.

40:06

Oui, c'est comme... Mince ! Le cercle des poètes disparus.

40:12

Oui voilà. On regarde pas forcément Le cercle des poètes disparus,

40:15

même si "Captain My Captain", quelle scène de fou.

40:17

Oui, bah après, ça, ça parle beaucoup plus de la dépression pour le coup.

40:20

La dépression, le suicide... C'est comme Nos étoiles contraires,

40:25

le film sur les personnes qui sont malades.

40:29

The Fault in Our Stars.

40:31

The Fault in Our Stars.

40:31

De John Green, yeah, yeah.

40:32

Et ce film là, qui est un livre aussi, parle quand même aussi des maladies qui mènent à la mort.

40:40

Et donc du coup il y a aussi une forme de dépression,

40:44

plus envie de vivre etc, parce que à quoi bon...

40:48

Ah je peux vous conseiller le, du coup aussi à ne pas regarder,

40:52

le film romantique entre guillemets Me Before You,

40:57

Avant Toi je crois en français, avec Emilia Clarke et Sam Claflin,

41:01

qui jouent du coup un homme en fauteuil paralysé et qui est du coup une sorte de romance.

41:07

Parce que je vais vous spoiler la fin globalement.

41:10

On pense que ça y est, au départ il était triste,

41:13

il était dépressif, il voulait mourir, et elle lui donne la joie de vivre,

41:16

super. A la fin il décide quand même de se suicider en Suisse.

41:20

Voilà.

41:21

Oui, après peut-être que c'est plus, fin de vie plus positive que de se tuer lui-même juste comme ça ? ça ? ?

41:27

Ah non, il avait prévu d'aller quoi qu'il arrive !

41:31

Et du coup je me dis du coup bah en fait ?

41:34

Quel est le message ?

41:35

Moi qui suis pour, quand même, ce côté, cet assistanat et de ne pas laisser les gens agoniser,

41:41

je vois l'idée. Mais là, pendant les trois quarts du film...

41:48

On nous a vendu quelque chose.

41:49

On nous a vendu le fait que finalement, il avait enfin,

41:53

il souffrait pas de ça. Donc non.

41:57

Bah à ce moment là, peut-être plus voir...

41:59

Même si j'adore Emilia Clarke et même si j'adore Sam Claflin.

42:02

Quel beau gosse, il s'est refait faire les dents,

42:05

mais bon, ça c'est autre chose. Là, ça sip and gossip.

42:10

Après, peut-être autant regarder à ce moment-là Intouchables,

42:14

parce que dans ce cas-là, c'est beaucoup plus positif.

42:17

Par exemple, oui.

42:18

Et il est quand même assez dépressif au début.

42:20

Bien sûr, et ne pas regarder The Upside Down. Du coup c'est la version américaine d'Intouchables,

42:28

oui ils ont fait une version américaine de ce film.

42:33

Ceci dit si vous voulez apprendre des choses sur la dépression,

42:35

il y a un bouquin qui est super bien qui s'appelle La chute,

42:39

Journal d'une, La chute journal d'un... Mince.

42:46

Journal d'un prisonnier ? Nicolas Sakozy ?

42:47

Non non non !!!

42:49

J'ai mangé 24 yaourts...

42:54

Mince mince mince, c'est sur la dépression en fait justement.

42:57

Et c'est une BD qui est très bien. Carnets du gouffre.

43:01

Chute libre, Carnets du gouffre, voilà ! Et du coup c'est une BD de Caroline,

43:11

Mademoiselle Caroline. Et là pour le coup c'est vraiment sur la dépression,

43:14

ça parle en fait d'une dépression postpartum. Donc ça parle aussi aux femmes qui ont des enfants et qui souffrent ensuite

43:23

de dépression.

43:24

C'est vrai que cette dépression existe.

43:27

C'est vrai qu'à moins que..

43:29

Je ne l'ai pas abordé parce que, bon bah..

43:31

Parce que oui, tu es un homme cis jusqu'à preuve du contraire,

43:34

enfin pas jusqu'à preuve, enfin bref, à ce stade.

43:36

Je suis un homme "cis-tah".

43:40

Sistah ! Mais tu es en soutien des personnes qui ont un utérus.

43:44

Allay ! Oula, je déteste. Ah oui, petit conseil aussi à tous les auditeurs: soyez misandre.

43:53

Je vous jure que ça aide, qu'est-ce que ça fait du bien.

43:58

En fait c'est un peu drôle de détester les hommes.

44:03

Auto-roast.

44:05

C'est comme détester Macron en fait, il y a un côté autothérapeutique,

44:09

ça libère. Prendre conscience en fait qu'on est un peu le problème de tout ça.

44:16

Bah le problème c'est plus l'éducation après.

44:19

Oui mais c'est le reconnaître. Moi maintenant j'ai un nouveau truc qui me fait rire,

44:24

c'est au lieu de, tu vois, la phrase de tous les hommes qui disent « not all men ».

44:31

Et du coup, quand les hommes font quelque chose de bien,

44:34

je dis « not all men».

44:38

C'est la petite parenthèse politique de ce podcast.

44:40

Ah oui, pardon, c'est vrai qu'on n'a pas fini ce podcast qui parlait de dépression,

44:45

car nous ne sommes pas médecins.

44:46

Ah oui, c'est ça la phrase de fin, en fait. Nous ne sommes toujours pas médecins.

44:51

Mais en tout cas, prenez bien soin de vous. Et dans tous les cas,

44:56

je pense que tu as raison Reda, c'est essayer d'agir pour le positif.

45:00

Et n'oubliez pas le 31-14 aussi qui peut vraiment sauver des vies.

45:05

On est de tout coeur avec vous, on vous embrasse,

45:08

et en tout cas moi je te remercie beaucoup Reda d'être venu.

45:14

Merci de l'invitation, ça fait plaisir.

45:16

Pour nous parler de la dépression.

45:17

C'était très agréable, bien plus qu'un épisode dépressif finalement.

45:21

Je ne repartirai pas dépressif.

45:32

Merci d'avoir écouté Voix Plurielles, comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.

45:37

C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

45:39

une autre façon de voir le monde.

45:41

Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.