L'autisme avec TDAH avec Sonia (1/2)
S01:E09

L'autisme avec TDAH avec Sonia (1/2)

Episode description

Aujourd’hui, nous recevons Sonia, qui vient nous parler de l’autisme avec TDAH, un cas particulier d’autisme.

(Partie 1/2)

Invitée : Sonia

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Sonia !

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Bonjour Delphine !

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Bonjour Sonia ! Et on va parler ensemble d'un terme qui n'existe même pas en français,

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le AuDHD, c'est-à-dire l'autisme et TDAH, les deux en même temps.

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Ça fait beaucoup de choses en même temps, d'ailleurs.

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Mais avant de nous spoiler un peu ces deux troubles associés,

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ce que je te propose, c'est de te présenter un petit peu à nos auditeurs et auditrices.

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Je m'appelle Sonia, donc. J'ai toujours des difficultés à me présenter parce que pour le coup là je suis vraiment la définition

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de l'atypie. C'est à dire que j'ai mille vies, je suis touche à tout,

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je fais mille choses, et c'est compliqué pour moi de choisir quelques termes ou quelques bouts.

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Donc voilà, je ne saurais pas me définir plus.

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C'est vrai que tu es une personne extraordinaire puisque tu fais beaucoup de choses dans la vie.

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Nous on s'est rencontrées en doublage.

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Oui dans un stage de doublage.

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Un stage de doublage exactement. Et effectivement ça a matché très vite.

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Mais tout de suite ! T'es arrivée, "C'est où le doublage?",

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"c'est là!". Et bim, direct !

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Je pense qu'il y a eu peut-être une sorte de reconnaissance atypique mutuelle,

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peut-être ?

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Je ne sais pas, mais en général, c'est vrai qu'entre atypiques,

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il y a une espèce de connexion qui se fait directe.

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Alors après, pas forcément entre tous les gens atypiques,

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parce que les atypiques sont différents et les gens sont différents.

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Mais c'est vrai que les connexions que je peux ressentir comme ça avec des personnes atypiques,

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il y a toujours une partie de nos personnalités,

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de notre caractère, qui est quand même assez similaire du fonctionnement aussi.

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C'est vrai. Et finalement, on s'est bien trouvées.

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On s'est même retrouvées au théâtre.

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Ouais, théâtre d'impro

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Donc encore une de tes nombreuses vies.

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Grave.

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C'est vrai parce que du coup t'as beaucoup de côtés très artistiques aussi.

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J'ai un côté, oui je suis quelqu'un d'assez créatif,

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plutôt d'artistique c'est vrai. Après j'ai eu une vie aussi qui m'a demandé d'être beaucoup en

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survie. Donc quand t'as besoin de t'adapter, de te suradapter,

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pour mener ta barque, tu développes pas mal de compétences,

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pas mal de masques, pas mal de déguisements jusqu'à te perdre.

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Et te retrouver finalement.

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Ouais. Pour ça il faut bosser sur soi quand même.

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Mais on va pouvoir en parler de tout ça. Parce que ça fait un grand chemin effectivement pendant

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toute ta jeune vie.

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Je suis vieille quand même.

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Ohlalala !

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En tout cas ça se voit pas. On me donne toujours 10 ans de moins !

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C'est vrai, c'est vrai.

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Il paraît que ça c'est aussi chez les autistes c'est comme ça,

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ils font toujours plus jeune que leur âge.

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C'est un bon tips pour, voilà, pas besoin de crème spécifique.

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Tout à fait.

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Et donc oui effectivement beaucoup de choses variées et diverses dans ta vie.

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Et je pense que nos auditeur.ices ont peut-être besoin de certaines petites explications sur,

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effectivement, ce dont on va parler aujourd'hui.

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Parce que comme ça mêle deux troubles, que sont l'autisme et le TDAH,

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je pense qu'on pourrait peut-être les aiguiller un petit peu.

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Qu'est-ce que tu en penses, ma chère Sonia ?

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Oui. Après, je ne pense pas être forcément très objective dans le sens où,

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par-dessus, il y a un autre trouble qui s'ajoute,

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qui est le trouble anxieux généralisé, qui est dû à la suradaptation que nos handicaps invisibles

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demandent. Après, ça peut être compensé aussi par un haut potentiel intellectuel,

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ce qui est aussi mon cas. Donc la manière dont je peux en parler n'est pas le reflet 100 % d'un pur

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profil TDAH TSA seulement.

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TSA trouble du spectre autistique.

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De l'autisme oui. Et TDAH donc trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.

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Tout à fait.

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Donc le spectre par lequel je peux l'aborder n'est pas forcément celui de quelqu'un d'autre.

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Et c'est bien de le rappeler. Mais c'est aussi très intéressant d'avoir justement un avis d'une

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personne ancrée dans le réel, qui vit au quotidien ce genre de troubles.

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Voilà. Donc, l'AuDHD, comme on dit en anglais, c'est un...

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A priori, on aurait tendance à dire que c'est un profil à part entière,

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qui est indépendant du TSA. Enfin, c'est pas indépendant,

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mais c'est un profil en plus, en fait. Il y a le TSA d'un côté,

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le TDAH de l'autre, puis après, il y a l'association des deux,

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qui est aussi un profil. Et c'est un profil qui est assez paradoxal.

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Parce que quand l'autiste a besoin de routines, de rituels,

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que tout soit prévu en avance, planifié, bah lui le TDAH ce qu'il aime c'est la nouveauté,

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c'est la spontanéité, l'impulsivité (pour peu qu'on ait un profil impulsif dans son TDAH),

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le renouveau, tester des expériences nouvelles,

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voir des gens, se socialiser. Alors que l'autiste lui,

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la socialisation ça le fatigue. Donc en fait ça c'est un exemple parmi d'autres.

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Mais en fait ce profil là il est pour moi en tout cas difficile à vivre parce qu'un jour c'est

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blanc, non, un jour, c'est noir. J'ai l'impression de danser sur un pied,

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puis sur un autre, avoir le cul entre deux chaises.

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Ce n'est pas évident de trouver un équilibre qui contente à la fois ce côté TSA et ce côté TDAH.

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Il y a toujours des jours ou des moments dans ma vie où je vais être plus dans le profil TSA et d'autres où je vais être

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plus dans le profil TDAH. Et là le travail que j'essaye de faire depuis que j'ai été diagnostiquée,

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c'est d'essayer d'allier les deux. Enfin non, c'est pas depuis que j'ai été diagnostiquée,

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même si ça fait un an que j'essaye. Parce que quand j'ai été diagnostiquée,

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j'ai d'abord investi l'identité du TSA, rejetant complètement celle du TDAH.

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en doutant bien sûr que "suis-je vraiment autiste?".

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Et une fois qu'en fait ce profil là a été intégré,

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j'ai traité celui du TDAH. Donc ça c'était l'année dernière,

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le TDAH. Et là maintenant j'essaie de faire converger les deux ensemble et de trouver quelle est

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mon identité là-dedans. Quelle est ma manière de fonctionner avec ces deux troubles-là,

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tout en prenant en compte aussi que les déclencheurs de ces handicaps peuvent être aussi dus au

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trouble anxieux, et que parfois je peux aussi avoir du mal à trouver un équilibre.

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Parce que mon côté haut potentiel va venir compenser voire surcompenser.

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Ce qui fait que je me dis "ça va, j'ai aucune difficulté",

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puis à la fin de la journée je suis crevée, je suis juste bonne à aller coucher et j'ai plus de vie. vie.

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C'est le revers de la médaille de cette adaptation effectivement.

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Et d'ailleurs, c'est très intéressant que tu dises qu'aujourd'hui ces deux diagnostics différents sont reliés aujourd'hui en

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un profil particulier. Parce que c'est vrai que ça a pu entraîner des diagnostics incomplets ou des errances médicales pour

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des personnes qui, comme toi, ont les deux. Et donc finalement se sentir un peu n'appartenir à

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rien, être un peu nulle part, au milieu de...

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C'est pas forcément un sentiment d'appartenance, c'est plus savoir qui on est,

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comment on fonctionne, d'avoir accès à ça et de ne pas se comprendre,

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de ne pas savoir comment on fonctionne, de ne pas savoir comment on mène sa barque.

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En fait c'est une angoisse terrible. Et que l'autre particularité aussi,

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c'est que moi je suis une fille. Et que les filles elles masquent déjà de base beaucoup plus.

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Parce que, de part le fait qu'on soit des femmes,

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la société nous demande déjà de nous adapter etc.

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Donc nous. les filles ont très vite compris très jeunes,

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qu'il y a des choses à pas montrer etc. Là où chez les hommes c'est beaucoup plus compliqué,

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bien qu'il y ait des hommes qui y arrivent très bien.

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D'ailleurs on n'en parle pas assez mais il y en a beaucoup qui sont en errance et qui ne sont pas diagnostiqués parce qu'ils masquent

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très bien.

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On ne minimise pas du tout ce qui se passe aussi pour les hommes.

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C'est juste que chez les femmes il y a cette surfatigue liée au masquage.

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Parce que le masquage est déjà inhérent à, même les femmes neurotypiques.

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Le statut de la femme, même neurotypique exactement.

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Je ne sais plus pourquoi on disait ça.

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Parce qu'on parlait justement de cette identité de se sentir un peu tiraillée entre deux mondes,

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le TDAH, le TSA. Et du coup, ce tiraillement, ce que tu décrivais très bien,

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le côté j'ai besoin de structure du TSA et j'ai besoin de nouveauté du TDAH.

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De ne pas tout faire péter.

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C'est rigolo parce que moi, je suis bipolaire. Et donc ça me fait penser un petit peu aux up et down que je peux avoir en

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bipolarité. Donc là c'est complètement différent,

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parce qu'il ne s'agit pas d'émotion ou d'humeur mais c'est deux états qui coexistent.

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Bah en fait chez le TDAH c'est la dopamine, c'est ça,

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qui fait l'espèce de up et down. Et qu'en fait on a plus de difficultés à,

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comment dire, à réceptionner sur nos synapses la dopamine.

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En fait on sécrète de la dopamine de ce que j'ai compris,

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on sécrète de la dopamine comme tout le monde, c'est juste que nous au niveau neuronal en fait on

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la reçoit moins bien. Et que pour la recevoir à une dose qui nous satisfasse et bien il faut qu'on puisse déclencher des

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choses qui nous permettent d'en sécréter à haute dose pour espérer assimiler une dose qui soit,

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pour nous, satisfaisante. Et donc voilà, je ne sais plus ce que je voulais dire,

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comme d'habitude.

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C'est bien, on a l'illustration en direct.

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C'est terrible. Je disais quoi ?

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On parlait de la dopamine.

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Ah les up and down. Et que du coup, chez le TDAH,

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ça va être ça. C'est qu'à partir du moment où il va s'enflammer pour une activité,

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je dit n'importe quoi, il a développé un intérêt,

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comme chez le TSA d'ailleurs, pour l'aquarelle. Chez le TSA,

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on va acheter tous les bouquins, on va acheter de la peinture,

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on va se renseigner à mort, on va aller voir des expos,

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ça va tourner autour de ça. On va s'y mettre et on va faire de l'aquarelle.

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Ca peut durer, ou après, une fois qu'on a fait le tour,

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on arrête et on passe à autre chose. Alors que chez le TDAH,

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ça peut être ça aussi, mais ça peut être que j'achète tous les pinceaux,

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toute la peinture, tous les livres tous les carnets,

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tous les types de feuilles, tous les machins, et une fois que j'ai tout,

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j'ai plus envie de le faire.

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Une sorte de magnifique collection, mais...

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Voilà. Et après, on a ce... Pour peu qu'on l'ait rangé dans un endroit pour pouvoir y avoir accès

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et le faire. Parce qu'à partir du moment où on a des rideaux,

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des placards, on oublie. Donc on met ça dans des étagères ouvertes.

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Tous les jours, on regarde ce fichu matériel d'aquarelle et tous les jours,

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on se dit, il faut que je fasse de l'aquarelle. Il faut que je fasse de l'aquarelle.

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Je n'ai pas envie de faire de l'aquarelle. Ça a l'air si intéressant.

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Ah là là ! Et en fait, ce matériel d'aquarelle devient un poids.

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Et moi je le supporte plus, et au bout d'un moment,

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soit je le revends, soit je le donne, soit je le mets dans un endroit où je ne le vois plus pour

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l'oublier. Et donc voilà, les ups du TDAH c'est ça.

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Et ça va être comme ça aussi dans la relation sociale.

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A partir du moment où on a une connexion avec quelqu'un,

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cette personne, on va vouloir lui parler tout le temps,

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la voir tout le temps. Et puis, au bout d'un moment,

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ça retombe comme un soufflet. Et c'est pour ça que parfois,

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on peut passer pour des personnes qui, finalement,

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ne côtoient les autres que par intérêt, parce qu'il y a eu une grosse période hyper intense,

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que d'ailleurs, peu de gens arrivent à absorber.

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C'est assez fort. Et puis, d'un coup, tout retombe et il n'y a plus personne.

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Soit parce que le TDAH oublie ou parce que c'est passé dans une autre catégorie de relation,

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plus calme, plus platonique.

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C'est à dire que la relation ne s'en va pas. Ce n'est pas parce qu'il y a une perte d'intérêt.

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C'est juste qu'il y a un changement dans le type de relation.

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Ca déclenche pas la même satisfaction qu'au début,

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en fait.

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En termes de dopamine. Mais par contre en termes de fidélité amicale ou amoureuse ou peu importe,

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ça, ça reste. Pour ne pas confondre justement, c'est pas un désintérêt,

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c'est juste un changement de dynamique. C'est un petit peu peut-être comme quand on a...

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Il y a beaucoup de gens qui décrivent les périodes d'euphorie de début d'amour et qu'après ça se

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calme. C'est un peu ça du coup mais pour tout.

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Oui, c'est juste que ça déclenche... C'est pas le même type de satisfaction,

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en fait. On est plus dans quelque chose qui est réconfortant,

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qui est en fond, qui est chaleureux, rassurant, sécurisant.

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Et ça n'est plus un... On vient plus prendre son shot,

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quoi, en fait. C'est plus ça. Et qu'après, ça peut être une vraie souffrance,

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parce que quand tu oublies, en fait, tu penses à tes amis,

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mais tu oublies de les contacter, ou tu as des amis qui préfèrent t'avoir au téléphone.

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Je sais que, merci le TSA, je n'aime pas être au téléphone.

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Je préfère les textos ou à la rigueur les vocaux.

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Parce que les vocaux, avec mon TDAH, du coup, je ne coupe pas la parole.

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Je peux déblatérer tout ce que j'ai à dire. Si j'oublie,

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je réécoute mon vocal et je reprends là où je me suis arrêtée.

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Et ça permet vraiment de transmettre le fond de sa pensée.

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Et mon côté TSA est content parce que ça permet de bien choisir ses mots,

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de bien poser sa réflexion, etc. Et donc là, ça devient un peu compliqué quand tu as des amis qui veulent t'avoir au téléphone

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et que toi, tu préfères les avoir par écrit. Forcément,

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ça crée beaucoup de loupés et on ne prend plus forcément de nouvelles.

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Et puis les personnes, on dira du coup, si elles s'intéressaient vraiment à moi,

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elles m'appelleraient.

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Il y a une mécompréhension du fonctionnement. De ce double fonctionnement un peu paradoxal.

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Il peut y avoir une vraie compréhension, mais il n'y a pas l'acceptation derrière.

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Parce que du coup ça demande à ces personnes là de s'adapter en retour à toi.

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Mais comme c'est pas dans ce sens là que ça fonctionne habituellement,

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ben eux ça leur demande un effort qu'ils n'ont pas envie de faire.

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Et que comme nous on l'a toujours fait cet effort là,

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ben pourquoi ça changerait. Donc c'est ce qui met fin aussi parfois à des relations.

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C'est sûr qu'en plus vu que là il y a les deux, autisme,

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enfin en tout cas TSA et TDAH, ça fait vraiment beaucoup de fluctuations.

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Et en plus l'un peut masquer l'autre.

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Oui complètement, ou compenser.

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Oui c'est ça.

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Plutôt que masquer c'est plutôt compenser. Enfin oui,

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du coup, ça masque aussi, mais ça ça se compense entre eux ouais.

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Donc c'est vrai que on peut passer à côté. Déjà qu'on passe à côté de l'autisme chez la femme.

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C'est ça que je voulais dire tout à l'heure. Je disais,

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je ne sais plus, par rapport aux errances de diagnostic,

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ou au fait qu'on soit mal diagnostiquées. C'est pour ça que je te parlais de la femme,

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que c'était différent. Parce que chez la femme, avant d'être diagnostiquée autiste ou TDAH ou quoi,

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on va être diagnostiquée dépressive ou avec un trouble anxieux ou un trouble post-traumatique.

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Qui peuvent exister ceci dit. C'est juste que c'est les couches externes de l'oignon qu'on voit en premier. premier.

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Exactement. Et qu'en fait les spécialistes, alors peut-être maintenant un peu plus,

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mais n'avaient pas forcément ce réflexe d'aller creuser,

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de dire, "bah attends peut-être que ça c'est juste la surface".

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Ou même bipolaires par exemple, il y a des femmes autistes,

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ou même plutôt TDAH je dirais, qui ont été diagnostiquées bipolaires justement à cause de ces

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fameuses phases de up et down, mais qui sont pas en fait dues aux mêmes raisons.

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Du coup, chez toi c'est plus émotionnel, alors que chez moi,

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c'est clairement donnez-moi de la joie, donnez-moi de l'amour,

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donnez-moi de la motivation.

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Ah bah c'est sûr. Et en plus après ça peut, de toute manière,

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tout peut être concomitant. Parce que même au niveau de la bipolarité,

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moi je sais que j'ai aussi le trouble anxieux généralisé comme toi.

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Parce que tu masques aussi.

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Bah oui. Et j'ai aussi le haut potentiel. Bon ça ne s'appelait pas comme ça quand il y a eu le

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diagnostic, parce que j'étais en CP quand il y a eu les tests,

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donc ça s'appelait les surdoués. Mais c'est la même chose.

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Même si bon on n'est pas surdoué pour autant, c'est juste qu'on a le cerveau qui marche différemment. différemment.

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Tout à fait. Mais de toute façon surdoué c'est un terme qu'on n'emploie plus maintenant.

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Et bah heureusement parce que ça fait beaucoup de mal aux enfants.

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On parle de haut potentiel, ouais.

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Et donc c'est vrai qu'en fait tous ces trucs là c'est des choses qui vont être diagnostiquées

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avant. Parce que c'est ce qu'on va voir, on va voir la personne anxieuse,

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on va voir la personne qui a le cerveau qui marche différemment,

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on va voir éventuellement la personne hypersensible,

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bien que ce soit pas un trouble. c'est juste une atypie mais c'est des choses qui vont être détectées et ou diagnostiquées

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et après c'est pareil, moi la bipolarité est arrivée très tard et là dernièrement je suis en cours de finalisation d'un diagnostic.

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Tiens, tiens, tiens, qui aurait pu te mettre sur cette voie là ?

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Je ne sais pas, peut-être une certaine personne donc le nom commence par un S.

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Mais ceci dit c'est vrai que c'est très complexe.

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Parce qu'on en parlait avec la psychologue justement,

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qui s'occupe de ce diagnostic, donc je ne veux pas faire des conclusions hâtives,

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c'est pour ça que comme je n'ai pas encore reçu le diagnostic officiel,

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je n'avais pas trop parlé de ça, parce que je n'ai pas encore eu les termes spécifiques.

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Mais en tout cas au cours de la discussion, c'était très clair que tout ce qui avait été diagnostiqué jusqu'à présent n'était que

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des couches qu'on a enlevées progressivement, jusqu'à potentiellement atteindre cet,

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entre guillemets, ultime diagnostic qui pourrait expliquer également les comorbidités qui se sont

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déclarées a postériori.

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Et puis tout ce que tu n'expliques pas jusqu'à présent et qui continue de te poser problème.

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Tout à fait. Et donc c'est un travail, dans tous les cas,

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de toute une vie. Surtout quand il y a beaucoup de choses qui se croisent.

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Et donc effectivement, pour le cas du TSA/TDAH, on est clairement sur une addition qui n'est pas

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simple du tout. Parce que c'est quasiment de la soustraction,

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mais non réelle, puisque ça s'annule mais ça existe.

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Donc c'est ça qui est incroyable. Et d'ailleurs,

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quand j'avais regardé un petit peu les chiffres,

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on est sur environ 30 à 50 % des personnes qui ont un TSA qui présentent aussi un TDAH.

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Ah moi, j'avais vu 80, tu vois.

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Ah oui ?

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80 % des personnes TSA ont un TDAH.

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Mais parce qu'en fait, je pense que c'est l'ajout des deux.

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Parce que du coup, mon deuxième chiffre, c'était entre 20 à 30 % des personnes TDAH d'abord,

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qui sont aussi sur le spectre de l'autisme. Et donc finalement,

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quand on ajoute les deux, on arrive sur les 80 %.

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Parce que du coup, c'est l'ajout des deux, c'est juste qu'il y en a qui vont avoir une majorité

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TDAH et un autisme latent, et d'autres qui vont être une majorité autisme et qui vont avoir un TDAH

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latent. Et au final, on tombe sur le même chiffre.

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Mais c'est énorme, parce que ça veut dire que c'est un profil qui est majoritaire.

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C'est à dire l'ajout des deux est plus fréquent que le diagnostic seul.

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Oui, complètement. donc c'est pour ça qu'ils sont en train de se dire que potentiellement en fait c'est pas forcément TSA

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séparé et TDAH séparé mais en fait c'est un profil unique.

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Bien sûr.

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Avec toutes ses nuances bien sûr mais...

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Mais c'est ça qui est fou. Et moi je me dis aujourd'hui en tant que femme,

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en tant que neuroatypique de base, en tant que trouble déjà déclaré,

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qu'on n'arrive pas encore aujourd'hui à favoriser le diagnostic de ce nouveau profil.

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On est en 2025 quand même, bon presque 2026, mais c'est incroyable.

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Parce que c'est énorme en termes de pourcentage.

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Et ça a été complètement passé sous silence. Et là on parle que de notre expérience en tant que

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femme, parce que les hommes aussi derrière ils ont quand même...

21:31

Ouais mais après tu vois, c'est aussi tout nouveau ces diagnostics.

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Enfin tout nouveau... C'est pas tout nouveau, mais je veux dire,

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il y a 20 ans, on ne diagnostiquait pas des femmes TSA,

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tu vois. Et que je dirais que ça doit faire une dizaine d'années,

21:47

je pense, qu'on commence à s'ouvrir là-dessus. Voilà,

21:51

il y a des praticiens qui ne sont pas tous formés de la même manière.

21:55

Ce n'est pas toujours les mêmes praticiens aussi qui font passer les tests,

21:59

tu vois. Entre des psychologues, entre des neuropsychologues,

22:02

entre des psychiatres, ça peut être aussi différent.

22:07

Et que dans cette masse de gens qui sont diagnostiqués,

22:13

il y en a qui sont bien diagnostiqués, il y en a qui sont mal diagnostiqués,

22:17

ou il y en a qui sont sur-diagnostiqués. Donc il y a aussi ce pourcentage d'erreurs qu'il faut

22:22

prendre en compte. Et que comme il n'y a pas de consensus,

22:25

j'ai l'impression, sur la manière de diagnostiquer,

22:29

parce que j'ai l'impression qu'on en découvre un peu tous les jours aussi,

22:34

je peux comprendre que ce soit encore compliqué.

22:37

Et que pour l'instant, pour moi, on est encore en train de faire le tri là-dedans,

22:42

et que il y en a qui peuvent être diagnostiqués alors qu'ils ne le sont pas,

22:45

et il y en a qui ne se sont pas diagnostiqués alors qu'ils le sont.

22:48

Et que voilà, ça ne me choque pas qu'en 2025, ou presque en 2026,

22:54

ce soit compliqué, en fait, pour moi.

22:56

L'évolution de la société, c'est pas posé.

23:00

C'est pas posé, c'est pas clair, il y a encore beaucoup de choses à découvrir.

23:03

Et pour moi, on est juste en train d'enlever des couches vis-à-vis de ça.

23:07

Je pense que dans 10 ans, 15 ans, ça va commencer à,

23:11

peut-être même plus tôt je l'espère, mais ça va déjà commencer à,

23:14

il va y avoir un espèce de noyau, un consensus.

23:18

Et on écoute aussi des patients. Parce que je pense qu'en plus ce qui est difficile,

23:22

c'est que TSA, TDAH, c'est des profils où il y a beaucoup aussi de haut potentiel,

23:33

d'hypersensibilité etc. Donc c'est des gens qui vont se renseigner en plus.

23:37

C'est des gens avec, parce que TSA on rappelle il y a beaucoup d'intérêts spécifiques.

23:41

Mais TDAH aussi et le haut potentiel aussi.

23:44

Voilà, donc du coup, quand on mêle les trois, on se retrouve avec des gens qui vont être quasiment plus experts de leurs

23:49

propres troubles que les experts qu'ils vont voir.

23:51

Mais expert, même presque plus expert que son propre médecin généraliste.

23:56

Moi ça m'est arrivé, c'est moi qui lui disais que les vitamines dont j'avais besoin,

24:00

je sais pas quoi, c'est fou.

24:02

Et c'est ça qui est incroyable. Et en fait il n'y a pas d'écoute non plus.

24:07

Mais en même temps le biais c'est qu'il y a cette expertise,

24:10

mais en même temps, comme on est nous-mêmes à l'intérieur de nous-mêmes,

24:14

il y a une expertise qui peut aussi nous biaiser.

24:17

Si on ne fait pas attention, c'est facile de nous mettre dans une case,

24:21

parce qu'on sait exactement ce qu'il faut avoir pour être dans la dite case.

24:25

Oui mais moi, vu comment je l'ai vécu, parce qu'avant de me faire diagnostiquer je me suis

24:30

renseignée, je doutais quand même.

24:34

Ah bien sûr : anxiété.

24:35

Je doutais quand même. Je me disais "non mais j'essaie de me coller une étiquette,

24:39

c'est parce que je trouve pas de réponse à mes problèmes,

24:41

donc en fait j'ai trouvé ça". Et même après avoir été diagnostiquée,

24:45

comme j'ai dit tout à l'heure, j'ai encore douté.

24:47

Je me suis dit "mais non c'est pas possible". Donc même en se renseignant et en sachant qu'est-ce

24:54

qu'il fait le TSA, qu'est-ce qu'il fait le TDAH, la phase d'acceptation et de reconnaissance de ça elle est quand même ultra longue. longue.

25:01

Il y a le syndrome de l'imposteur en plus qui vient dessus.

25:03

Mais complètement. J'aurais plus tendance à me méfier d'un patient,

25:07

si j'étais psychologue, neuropsychologue, qui viendrait me voir en disant "je suis autiste et TDAH

25:12

parce que, parce que, parce que". En fait je pourrais me dire "il me recrache les trucs qu'il a vu

25:18

dans un bouquin". Et que je pense que ce qui fait la différence,

25:20

c'est vraiment ce doute, cette remise en question,

25:23

ce manque d'assurance et puis ce sentiment d'être illégitime et de se dire "ouais en fait

25:31

j'arnaque", "mais non en fait j'arnaque c'est parce que c'est facile".

25:37

Et ça prend du temps en fait d'épouser ça. Je sais que moi au bout d'un an,

25:42

je suis tombée en dépression. Parce que forcément,

25:46

tu revois toute ta vie sous un autre angle, il y a des choses qui s'envolent.

25:51

Par exemple tout ce qu'on a pu dire de toi quand t'étais enfant,

25:57

comment on a pu te qualifier aussi grâce à ces diagnostics,

26:01

ça l'explique. Donc finalement ça s'envole, parce que les paroles de ces gens là,

26:06

c'était que ce qu'ils eux percevaient de toi, mais ça n'était pas toi,

26:12

donc ça n'avait plus d'impact. Donc ça c'était cool pour le coup,

26:15

c'était la partie cool du diag. Mais la partie moins cool,

26:18

c'est de se dire, en fait c'est d'être en colère,

26:21

parce qu'on se dit "merde j'en ai chié à cause de ça,

26:26

je vais continuer d'en chier à cause de ça" malheureusement.

26:29

Et que, et que je sais plus ce que je voulais dire.

26:37

TDAH !

26:37

Il faut un jingle pour ça. Mais je disais quoi ?

26:42

On parlait de.... TDAH !

26:48

On va bloquer dessus !

26:52

Mon dieu quel enfer ! Oui on parlait en fait, du fait,

26:55

les proches, tout ça, et que du coup t'étais à la fois très heureuse d'avoir eu ce diagnostic,

26:59

et soulageant. C'était très soulageant d'avoir le diagnostic mais en même temps c'était pas forcément une libération non plus. plus.

27:06

oui parce que tu te dis, en fait, tu passes par cette phase de te dire "mais je suis mal faite,

27:12

il y a un truc qui est cassé chez moi". Et que j'aurais beau faire tous les efforts que je veux,

27:18

je continuerai à avoir les mêmes problèmes. Parce que même si moi je m'adapte,

27:22

que je fais en sorte d'être plus en accord avec ce que je fais,

27:26

il y aura toujours la partie extérieure, si elle n'est pas éduquée,

27:30

si elle n'est pas informée, si elle n'est pas dans l'acceptation,

27:32

la compréhension, en fait j'aurais encore les mêmes problèmes.

27:36

Et du coup ça m'a vraiment minée. Parce que je me suis dit "oui ça explique tout,

27:41

mais merde j'en ai vraiment bavé". Et qu'est-ce que j'en ai souffert.

27:47

J'en ai vraiment souffert et que je ne le méritais pas.

27:51

Ah bien sûr.

27:51

Et ça c'est super dur de l'accepter.

27:55

Après ceci dit l'autisme, en tout cas tout ce qui est TSA c'est neuro-développemental.

28:02

Ah oui le TDAH aussi.

28:04

Voilà, exactement. C'est pas comme la bipolarité par exemple,

28:07

pour faire un comparatif, qui est un trouble psy acquis,

28:12

c'est vraiment une maladie. L'autisme n'est pas une maladie.

28:16

Le TDAH n'est pas une maladie. C'est juste une façon différente de vivre et d'être.

28:22

Donc ça c'est très important de le souligner quand même parce que,

28:25

quand tu disais "oui mais du coup je serai toujours pas bien,

28:29

j'aurais toujours ça, etc, et je serai quand même différente".

28:33

C'est juste de la différence, c'est pas une maladie.

28:35

Oui, ça maintenant je l'ai accepté. Je te parlais dans le cas où j'ai eu du mal à...

28:39

Bien sûr. Je dis ça pour les auditeur.ices qui nous écoutent.

28:42

Parce que c'est très important de bien notifier que ce n'est pas une maladie.

28:47

Ni l'un, ni l'autre, et donc encore moins le profil des deux.

28:50

L'anxiété ça se guérit et c'est une maladie, un trouble.

28:56

La bipolarité ça ne se guérit pas, mais c'est un trouble qui a été acquis et qui du coup se

29:01

stabilise. L'autisme, le TDAH, c'est juste un développement neuronal différent.

29:10

Mais qui ne s'inscrit pas, malheureusement, dans le fonctionnement de cette société.

29:16

Exactement.

29:17

La société n'est clairement pas faite pour des personnes TSA et TDAH.

29:21

Tant que les mentalités n'évolueront pas dessus,

29:29

que la société n'évoluera pas, on pourra diagnostiquer tous les gens que tu veux,

29:33

on pourra faire tout le travail que tu veux sur soi-même,

29:36

etc, on fera quand même face encore aux mêmes difficultés.

29:41

Et on va quand même devoir s'adapter, se suradapter,

29:45

compenser, prendre de la ritaline pour ceux qui acceptent d'en prendre.

29:52

Je ne suis même pas certaine que j'arriverai à finir ma vie en disant "ça y est,

29:55

je vis enfin dans un monde qui est adapté pour moi".

29:57

Et c'est ça qui est aussi très difficile à accepter et très dur à vivre.

30:04

Maintenant ça va, mais avant, quand tu es vraiment triste et désespéré,

30:11

parce que tu te dis que malgré tout ça, malgré que tu aies des réponses,

30:16

ça veut pas dire que t'en sortiras totalement, tu vois.

30:26

La semaine prochaine.

30:28

Et c'est une très belle transition vers notre deuxième partie.

30:31

Car, effectivement, qu'est-ce qui se passe quand on vit avec tout ça ?

30:36

Qu'est-ce que c'est les retours sociaux, émotionnels,

30:41

professionnels et personnels également ? Quel est l'impact global sur la vie d'être AuDHD ?

30:51

Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.