La semaine dernière.
Aujourd'hui, je reçois Sonia.
Bonjour Delphine.
Bonjour Sonia. Et on va parler ensemble d'un terme qui n'existe même pas en français,
le AuDHD. C'est-à-dire l'autisme et TDAH, les deux en même temps.
Je vais être honnête, mais chez moi, jusqu'à, je dirais,
il y a un an, deux ans, c'était horrible. C'est l'enfer sur Terre,
pour moi. Le social, dès l'enfance, ça a commencé.
Déjà, quand on est juste TSA, on est bizarre. Quand on est juste TDAH,
on est bizarre. Alors, les deux, je ne te raconte pas.
C'est beaucoup de rejet, c'est de l'humiliation,
c'est beaucoup de « t'es bizarre», t'es cataloguée.
Puis en plus, je pense que beaucoup d'autistes sont des gens qui sont gentils,
qui n'ont pas envie de faire du mal aux gens. Donc,
ils se laissent faire. Moi, je me suis beaucoup laissée maltraiter à l'école.
Je "mimickais" à l'école. L'école, le collège, le lycée,
dans le milieu professionnel. Quand j'ai commencé en tant que jeune adulte aussi,
j'ai subi beaucoup de harcèlement, de mise à l'écart.
Et puis, c'est ta valeur sans arrêt qui est remise en cause.
Je n'aime pas dire "tes bizarreries", mais c'est comme ça qu'on est qualifié.
Et qu'on se sent tellement en décalage et on ne comprend tellement pas le monde et les gens.
Et moi qui ne supporte pas de comprendre, ça m'a rendu très malheureuse donc en fait.
Qui ne supporte pas de ne PAS comprendre.
De ne pas comprendre le monde, les gens, les relations,
tout ça. Comment ça fonctionne. Pourquoi quand j'étais enfant je voyais quelqu'un qui me plaisait
bien j'allais le voir, il dit "tu veux être ma copine" et puis voilà.
Si l'enfant répondait oui, moi je disais "ok c'est ma copine".
Et dans ma tête c'était acté, c'était ma copine.
Parce qu'apparemment il faut avoir une conception,
(enfin en France c'est normal mais eux ils l'avaient) que bah : non mais on est copines quand on
fait ci, on fait ça. Alors que pour moi bah non : on joue ensemble,
on est copines. Et que donc du coup, je sais pas,
c'est des règles sociales qui étaient pas claires.
Bah elles étaient trop complexes. Alors que moi j'avais tendance à le voir de manière simple.
Tu me dis que ce truc est blanc, bon bah c'est blanc tu vois.
C'est pas kaki ocre.
Ouais c'est pas crème blanc cassé je sais pas quoi.
Non c'est tu vois, tu me dis, je sais pas, tu vas me dire "je t'apprécie beaucoup,
t'es quelqu'un avec qui j'aime passer du temps" et puis tu vas pas m'appeler,
bah je vais pas comprendre.
Pourtant la phrase était claire.
Oui mais parce que les intentions de la personne en fait,
ils y mettent pas la même chose que moi. Moi je vais mettre quelque chose de beaucoup plus
puissant, beaucoup plus profond, alors que la personne c'est juste "bah oui j'aime bien,
voilà, mais enfin, après..." Et tout ça c'est extrêmement difficile à vivre d'essayer de se calquer
sur les autres. J'ai jamais réussi de toute façon.
Et puis maintenant j'ai arrêté parce que ça me fatigue.
J'ai autre chose à faire de mon énergie, voilà. Donc au niveau professionnel après ça c'est plutôt
le côté TSA tu vois. Mais le côté TDAH aussi on paraît un peu perché.
On parle vite, on parle trop, on a 1000 idées à la fois,
on est sur 1000 projets en même temps, on veut être partout en même temps,
on veut tout faire en même temps. Pour peu qu'on soit aussi hyperactif,
on bouge partout, on ne tient pas en place tu vois.
Et ça c'est lourd à porter aussi. C'est fatigant pour les gens.
Nous ça nous fatigue aussi parce que c'est des choses sur lesquelles il faut avoir un contrôle.
Et puis c'est vrai qu'une personne, quand on voit une personne qui a fait du stimming,
c'est à dire qui a des mouvements, les mains, la tête,
les pieds, des mouvements pas incontrôlés mais...
Même ça c'est agaçant, pour les autres.
C'est pas incontrôlé mais c'est des mouvements liés à l'activité,
à calmer.
Mais c'est ce qui aide à contrôler justement. Et que forcément quand on nous demande d'arrêter de
le faire, on n'a plus aucun outil pour contenir tout ça.
Et chez le TSA, ça va être tout ce qui est stéréotypie.
Ca va être tu vois, les stéréotypies, c'est par exemple : t'es content,
tu vas te mettre à taper dans les mains. Tu vas faire hi-hi-hi comme ça tu vois,
ou ça va être... Attends je confonds, c'est peut-être le flapping.
Ouais je crois qu'il y a le flapping.
Oui ça c'est le flapping. Les stéréotypies c'est,
attends, j'ai un trou.
Faire pareil que la personne?
Non.
Non ça c'est le le mirroring, faire du miroir aussi.
T'as les écolalies aussi. Je l'ai encore et ça c'est terrible.
Quand il y a des gens que je croise dans la rue,
et puis il y en a une, elle va parler avec une petite voix,
elle va dire un truc, je ne peux pas m'en empêcher il faut que je le répète,
c'est horrible. Les gens se font "Mais arrête Sonia,
c'est pas respectueux!". Mais non en fait c'est pas ça,
c'est juste que...
C'est instinctif.
C'est comme ça. Il faut que, tu vois, c'est parce que le stimuli est puissant et il faut qu'il sorte. sorte.
Une voix spéciale, il faut la rendre pareil, faire le même écho,
ou alors une chanson la finir.
C'est ça. Et donc on parlait de tout ça parce que,
j'en étais à l'école...
Professionnel.
Milieu professionnel. Voilà, et que donc mon profil à moi fait que,
en plus avec un haut potentiel, je m'ennuie vite au travail.
J'ai vite fait le tour, je comprends très vite les choses,
je fais très vite des liens. Le TDAH aussi aide pas mal à le faire aussi,
pour peu que ça nous intéresse, sinon ça devient un enfer aussi.
Et que c'est déjà tellement difficile de se trouver en soi-même quand on a ces deux troubles-là,
va te trouver professionnellement. Qu'est-ce que tu veux faire ?
Je ne sais pas. Moi, j'ai envie d'être cuisinière,
maîtresse, pompier, police, faire de la... Je ne sais pas,
m'occuper des chiens, aller dans des refuges, être bénévole.
Je voulais tout faire.
Aventurière, astronaute, bien sûr.
Et puis, comme le TDAH ne s'est pas priorisé, bah quel est le métier qui te plaît le plus ?
Je ne sais pas, je les aime tous. Puis le TSA va faire,
moi j'ai besoin de sécurité et de stabilité quand même,
donc on ne peut pas changer tous les quatre matins.
Oui, mais bon, moi je suis TDAH et en fait, si on ne change pas tous les quatre matins,
je me fais chier. Voilà, donc je me suis retrouvée à faire 20 000 travails différents.
Bon, après, il y a aussi mon histoire de vie qui fait que j'ai dû travailler pour subvenir à mes
besoins, donc j'ai fait pas mal de boulots. Mais clairement,
je tiens pas en place. L'année dernière que j'ai faite,
tu vois, j'ai été sept ans professeure des écoles.
J'ai lâché, du coup, on s'est rencontrées parce que je me disais,
tiens, si je faisais un peu de doublage, parce que quand j'étais plus jeune,
je voulais faire des métiers artistiques. Et puis,
au niveau familial, ça a coincé. On ne m'a pas laissé faire ce que je voulais.
Et donc, j'ai exploré ça aussi, théâtre, doublage,
tout ça. Et puis après, j'ai fait le tour et je me suis dit,
en fait, ce milieu-là, ce n'est pas mes valeurs parce que je suis quelqu'un de très intègre.
Donc moi je n'irais pas faire du lèche-botte ou passer de la pommade si je trouve que c'est un
milieu qui est injuste, enfin de ma conception, de ma perception,
je n'y vais pas, je ne vais pas aller m'abîmer. Et si c'était pour encore me suradapter et passer à
côté de qui je suis, je lui dis non, ce n'est pas la peine.
A quel prix ? Maintenant je n'arrête pas de dire combien ça va me coûter et à quel prix.
Et maintenant je refuse de payer cher, c'est fini.
Et au final, ça m'a conduit vers l'écriture. Donc j'étais en mode "ouais ça y est je vais me faire
publier". En une semaine, j'ai pondu une saga dans ma tête.
Enfin sur papier, 8 tomes, 2 arcs d'écriture, j'ai tous les personnages,
toutes les intrigues. Et puis au bout d'un an, je me suis dit "bah tiens je pourrais peut-être être
correctrice dans l'édition". Comme ça, ça me permettrait de rester dans le milieu du livre,
et puis d'écrire à côté. Et de contenter mon profil TSA du je vais être à la maison,
pas trop de social, parce que ça me fatigue. Jusqu'à ce que les ressources viennent à manquer.
Et puis il faut trouver un autre travail. Donc rebelote,
je ne peux plus être enseignante, c'est pas possible.
Donc je me suis dit, je vais refaire animatrice,
parce que j'ai été animatrice aussi il y a plus de 10 ans.
Parce que je peux aménager mes horaires, je peux choisir le nombre d'heures que je fais,
il y a des pauses dans la journée. Il y a quand même plein de compétences que j'ai qui sont utiles pour moi et pour tout
le monde dans le cadre de ce travail là. Et puis en attendant,
je fais ma formation, et puis quand j'ai fini ma formation,
je me lance en auto-entrepreneur et puis au revoir l'animation.
Et puis au final mon côté social, sociable. En fait je suis une autiste hyper sociable,
peut-être que c'est à cause de mon TDAH, ou grâce à mon TDAH ça dépend comment on l'aborde.
Mais j'ai toujours voulu aller vers les autres, j'ai toujours voulu avoir des amis,
être entourée. C'est aussi pour ça que j'ai eu beaucoup de blessures.
Parce qu'il y a des autistes qui sont plutôt en retrait et très discrets.
Alors que moi pas du tout. Avec des gros sabots,
franc parler, qui ment pas, qui est honnête, qui dit tout ce qu'il y a dans sa tête.
Ou qui peut aussi se faire marcher dessus sans faire exprès quand les gens sont malveillants.
Oui bah pour se faire, pour être, pour s'intégrer parce que voilà,
devoir porter...
Et c'est ça d'ailleurs qui est très, très traître.
J'étais en train de me dire, je me suis dit.. C'est que on pense que les personnes TSA n'ont pas envie d'avoir des gens
très dans l'introversion, la solitude etc. Non, des fois il y en a qui sont extrêmement
masochistes, et qui adorent... Enfin non c'est faux,
ils ne sont pas masochistes, bien sûr. En tout cas qui ont ce besoin social et c'est juste que ça leur coûte énormément
parce que le nombre de cuillères - ah on n'a pas parlé de ces histoires de cuillères.
C'est à dire que c'est comme si pour une journée on avait X cuillères à disposition.
12, 12 cuillères.
Voilà, 12 cuillères, donc une cuillère par heure.
Et il y en a, ça va leur coûter un 18ème de cuillère de se lever.
Mais des fois, pour se lever quand on a un TSA et/ou TDAH,
ça va coûter peut-être une, deux cuillères, trois cuillères.
En fait moi les cuillères, je les réserve vraiment pour des choses qui je sais me coûtent cher.
Ca va être des transports en commun par exemple.
Ca va être une soirée avec des amis, ou une fête.
Ca peut être la balade de mes chiens. Ca me coûte une journée de travail,
en fonction de ce que tu as à faire dans le travail.
J'ai arrêté la théorie des cuillères parce que je trouvais qu'elle ne me convenait pas.
Et en fait tu vas déterminer par exemple : un trajet pour aller à Paris,
c'est une cuillère. Un trajet en avion, c'est deux cuillères.
Une relation avec, un moment social avec des collègues,
là pour le coup ça peut être 4 cuillères, alors qu'avec une amie proche c'est même 0 cuillère.
Parce que parfois il y a des gens qui tapent pas du tout dans ta batterie sociale.
Donc en fait c'est comme ça que moi les cuillères je les utilisais.
Et maintenant j'ai une nouvelle manière d'exprimer en fait la charge que ça peut représenter,
et le poids, et le coût. C'est qu'en fait, pour moi,
tous les matins on se lève avec un sac vide, tu vois,
un sac à dos vide, tu vois. Et qu'en fait, à chaque fois que tu vas faire face à quelque chose qui
va te coûter, tu vas ajouter une pierre. Une pierre,
deux pierres, trois pierres, etc. A un moment, ça fait super lourd.
Voilà. Et qu'en fait, pour moi, mon sac, à la fin de la journée,
quand je rentre à la maison, il faut qu'il soit rempli à la moitié,
grand max. Parce qu'une fois arrivée à la maison,
je décompense et je vide mon sac. Ce qui fait que le lendemain matin,
je me retrouve avec un sac vide. Et rebelote, je continue ma journée.
Sauf qu'en fait, moi, mon sac, j'ai déjà du mal à le remplir à la moitié.
Souvent, il est rempli quasiment en entier. Donc ce qui fait que,
quand je décompense le soir, il se vide à peu près à la moitié.
Donc j'ai toujours mes pierres, en fin de journée,
de moitié de sac. Et puis parfois, même souvent en fait,
j'ai plus de place dans mon sac. Donc j'en mets dans mes poches,
les poches de manteau tu vois. Je représente ça comme ça.
Puis après c'est dans les chaussures. Et donc en fait,
tu rentres chez toi, et tu te retrouves à enlever les pierres que t'as dans les chaussures,
dans les poches, mais tu peux même plus vider ton sac.
Puis après, tu peux même plus vider tes poches. Et bim tu finis en burn out.
Et donc en fait, le seul moyen de ne pas mettre de pierres dans son sac,
ou d'en mettre le moins possible, c'est d'identifier tous les déclencheurs qui font que ces pierres
elles s'ajoutent, de jouer dessus.
De choisir lesquelles on prend.
Ouais, de les prioriser, quand on y arrive. Voilà et de faire comprendre aussi à son environnement
que ça, ce n'est pas que je ne peux pas le faire.
Je peux le faire, mais en fait, moi, après, derrière,
je n'ai plus de vie. Je ne vis plus. Je rentre, je dors,
je ne mange plus. Je ne suis même plus capable de m'occuper de moi,
de mes chiens. Je veux dire, une vie qui se résume à se lever,
aller bosser, se coucher, mais qui veut ça, en fait ?
Sauf que c'est la partie invisible du handicap. Et les gens ne le voient pas,
parce qu'ils te disent au boulot, "ah mais t'as pas du tout l'air autiste".
Et souvent maintenant je réponds "oui mais parce que tu vois pas ce que ça me coûte,
et tu le verras pas, tu le verras jamais". Et là j'ai la chance d'être tombée dans un cadre en
fait, dans une équipe là où je travaille d'animation,
qui est vachement à l'écoute. Bon moi je pense que c'est des neuro-atypiques aussi parce que je
trouve ça quand même..
Fort bizarre que tout le monde soit à l'écoute !
...que bizarrement ça passe tu vois. Qu'on m'accepte dans mon entièreté.
Et puis c'est l'objectif que je me suis fixé aussi,
de me dire "maintenant j'arrête de masquer". Parce que ça le masking ça coûte tellement cher.
C'est pareil, ça me coûte plus cher de masquer que finalement d'être moi-même.
Ben oui parce que ça fait tout le temps, c'est non-stop.
C'est ça, donc après bien sûr il faut que je maintienne quand même un certain niveau de masking
pour être adaptée socialement. Pas paraître impolie,
pas interrompre les gens quand ils parlent... La bienséance.
Il y a un petit sac de qu'est-ce qui est utile en masquage.
C'est ça, mais tout ce qui concerne la bienséance et la vie en collectivité,
tout le monde doit mettre de l'eau dans son vin pour que ça se passe bien.
Donc ça, bien sûr que je le fais.
Il y a certains neurotypiques qui devraient avoir aussi des cours de masquage.
Oui, ça serait bien. Mais après, je n'accepte plus de me suradapter pour ne pas déranger l'autre.
Pour ne pas inconforter l'autre. Parce que il n'y a pas de raison que moi je préserve l'autre et
que lui il ait sa vie, mais que moi je fiche la mienne en l'air,
en fait.
Oui, surtout que ça te demande plus d'efforts.
Mais bien sûr. De base, à partir du moment où on...
Surtout quand on est TDAH. À partir du moment où on met un pied par terre le matin,
on est déjà en adaptation.
Ah bah, évidemment.
Voilà. Sauf si chez toi, tu t'es acceptée 100%, que t'as lâché prise sur plein de trucs,
et que... Bon. Mais on peut dire, à partir du moment où tu mets un pied dehors,
t'es déjà en suradaptation, en fait. Donc... Et ça,
les gens, ils le voient pas. Ils pensent que, ben,
ils sont... t'es comme eux, ça demande rien... Mais si.
En fait moi je suis déjà en suradaptation. Parce que je cache mon flapping,
je cache mes stéréotypies, je cache mon impulsivité,
je dois me contrôler pour t'écouter jusqu'au bout,
pas te couper la parole déjà, retenir tout ce que j'ai envie de te dire parce que à chaque mot j'ai envie de réagir à ce
que tu me dis donc je le mets en tampon dans ma tête,
je me concentre aussi pour pas oublier ce sur quoi je voulais intervenir.
Et puis plus tu parles, plus c'est long, plus j'oublie,
plus je m'impatiente. Mais ça faut que je le contrôle.
L'impulsivité de passer du coq à l'âne, tu vois.
Ou, tu es en train de parler, et là mes yeux se posent sur tes bocaux,
et j'en vois un qui n'a pas d'étiquette par exemple.
Et je me dis "oh bah tiens il n'y a pas d'étiquette sur tes bocaux",
non mais ton bocal. Ils sont tous étiquetés. Ne t'inquiète pas,
c'était juste un exemple.
La grosse neuroatypique : "oh mon dieu j'ai un de mes bocaux qui n'est pas étiqueté !"
Mais c'est ça en fait. Je vais te parler d'un truc super sérieux,
mon regard va se poser sur un truc, ou je vais entendre quelque chose,
et je vais le placer dans la conversation, tout en continuant.
Et les gens ils sont là "mais pourquoi elle le dit".
Alors qu'effectivement ça n'a rien à faire dans la conversation.
Mais ça aussi c'est un effort que ça nous demande pour être dans quelque chose de normal entre guillemets. guillemets.
Mais tu sais que ce podcast me fait travailler moi-même tout ce côté atypique de papillonner
partout, essayer de pouvoir bien ranger aussi en fonction des catégories,
les différentes parties qu'on va dire. D'accepter les erreurs aussi.
C'est la clé.
Parce que forcément c'est juste une discussion en fait.
Donc il y aura forcément des petits moments qui vont avoir,
bon voilà, il va y avoir peut-être un moment où je vais bégayer,
un moment où je vais oublier mon mot. Et bien je me dis "bon c'est pas grave".
C'est ma propre petite thérapie hebdomadaire.
Oui, après si ça te fait du bien et que ça te permet aussi de mieux te comprendre et d'être mieux
en toi-même.
En tout cas, je me dis surtout que ça a un but aussi pour pouvoir expliquer à tous les gens qui nous écoutent plein de choses
qui sont jamais dites donc c'est surtout ça aussi.
Et donc là tu vois je suis en tampon sur ce que je voulais te dire parce que j'ai pas fini vu qu'on
a digressé.
Pardon ! Surtout qu'en plus moi j'étais en tampon de pouvoir dire ça !
Trop de tampons !
Trop de tampons ! Donc par rapport aux pierres et au fait que je suis dans un bon environnement boulot parce que voilà ils
sont très dans l'accueil de ces neuroatypies. De toute façon ils le voient bien que je suis
complètement en décalage. Ca se voit comme un nez au milieu d'une figure puisque j'ai dit que j'acceptais de démasquer pas
mal, et que en fait, ils m'autorisent au boulot,
tu vois. Ils arrivent à identifier quand est-ce que c'est trop pour moi.
Ils le voient à ma posture, ils le voient à mon visage,
et mon directeur souvent me dit, "Sonia, t'as pas besoin de 5 minutes,
là ? Va prendre 5 minutes", tu vois, va prendre 10 minutes.
Et même si je prends 15 minutes, on ne m'en veut pas.
Ou on va comprendre, tu vois. Je peux me balader avec mon casque anti-bruit au boulot,
on va rien me dire. Même maintenant, enfin, parfois je mets des boules caisse plus le casque
anti-bruit, tu vois, parce que même le casque, des fois,
ça suffit pas. Et voilà, il y a des fois, je ne suis pas capable d'encadrer un jeu dans la cour parce qu'il y a trop de
bruit, parce que je suis déjà trop surstimulée, trop chargée.
Et donc, on va accepter que cette fois-ci, ce ne soit pas moi qui le fasse.
Donc, en fait, ils acceptent beaucoup de jouer sur les déclencheurs.
Et je le présente toujours comme ça, en disant que ce n'est pas que je ne veux pas le faire.
Je peux le faire, mais le problème, c'est que moi,
je ne sais pas quel est l'effet à long terme. Et que si je le fais quand même,
il se peut que dans une semaine je ne sois pas là,
ou que je manque de plus en plus de journées de travail.
Parce que ça aussi dans ma vie professionnelle, ça a été un énorme fléau.
Je colle des absences. Enfin là ça va, avec ce travail là j'y arrive maintenant.
La ritaline aide vraiment beaucoup. Merci à celui qui a inventé ça,
parce que bon dieu mais je revis. Enfin je vis en fait,
c'est pas je revis c'est je vis.
Tu n'es plus en survie. Après ceci-dit, la ritaline encore une fois on précise que c'est un médicament qui n'est prescrit
que par les psychiatres. Et que du coup il faut que,
c'est personne-dépendant aussi. Donc il faut que ça puisse fonctionner aussi pour la personne.
C'est à dire il faut vérifier que c'est bon.
En fait, il faut être diagnostiqué TDAH, déjà de base.
T'as pas de diagnostic, t'as pas de ritaline.
Bien sûr.
Ensuite selon ton degré, est-ce que t'as besoin ou pas,
on peut te proposer la ritaline ou pas.
Oui voilà c'est ça. C'est en fonction. En tout cas c'est pour dire aux personnes qui nous écoutent qui pourraient s'imaginer :
ne pas faire d'auto-médication et surtout avoir un suivi.
Cardiaque et tout.
Et vérifier que tout ceci est adapté. C'est juste de la prévention de base pour rappeler que c'est un médicament prescrit
par un spécialiste.
Et que les absences au boulot, (t'as vu j'arrive à mettre en tampon,
je suis trop fière)
Oui ! TDAH - jingle jingle.
Oui ! Et que c'est vrai que c'est difficile à vivre parce que forcément quand t'es pas diag,
tes collègues se posent des questions. On pense que t'es fainéante,
que "ça va, moi aussi je suis fatigué pourtant j'ai un boulot",
"moi aussi j'ai des migraines, j'ai un boulot". Les gens pensent que chez toi c'est la fête quand
t'es pas là. Alors que toutes les fois où j'ai manqué le boulot,
moi j'étais au lit et je décollais pas du lit. Et j'étais là avec mon mal-être,
j'ai mal à la tête, et je suis fatiguée tu vois.
Le fait de pouvoir jouer maintenant sur les déclencheurs et de dire "le problème c'est que si moi
je le fais, je risque d'être absente, ça risque de mettre l'équipe en difficulté",
"j'ai pas envie de passer pour quelqu'un qui est pas fiable",
"j'ai pas envie de passer pour quelqu'un qui n'est pas sérieuse ou ne se sent pas concernée par son
travail". Parce que j'aime bien quand même ce que je fais,
et que ça demande des aménagements. Mais tu vois,
c'est vrai que c'est difficile à accepter, parce que les gens vont se dire "bah oui mais pour nous
aussi c'est dur", "pour nous aussi le bruit on aime pas".
Donc j'ai envie de dire "après vous aimez pas, mais vous arrivez peut-être à faire avec".
Et tant mieux ! Parce que vous, une fois que vous êtes sortis de cet espace là,
vous êtes disponible pour faire autre chose. Moi je sors de cet espace là,
le bruit je l'ai dans ma tête jusqu'à le lendemain matin (si j'ai réussi à dormir).
Si j'ai pas réussi à dormir, je l'ai encore dans la tête.
C'est des choses que j'arrive pas à évacuer. Et du coup ça s'accumule.
Ou sinon la réponse que je leur donne, c'est que si vraiment ça les met dans des états pas
possible, peut-être que toi aussi, tu as quelque chose à creuser.
Mais tu peux pas me faire porter la responsabilité et m'accuser,
finalement, que c'est injuste, alors que ça se trouve,
tu as la même chose que moi. Moi, maintenant, je refuse ces catégories,
je mets des limites, et je suis très fière d'arriver à les poser.
Parce qu'avant, je n'y arrivais pas. Mais de dire non,
d'expliquer pourquoi, de dire que ce n'est pas que je ne veux pas,
ou que je ne peux pas, c'est qu'il y a un coût que je ne suis pas capable d'assumer,
je ne suis pas certaine d'assumer. Alors après avec mon directeur on a fait des tests par rapport
aux horaires. Parce que j'ai eu besoin de travailler un peu plus pour gagner mieux ma vie.
Et on a fait des tests et voilà. Après on a ajusté en fonction de.
Mais c'était une discussion. D'humain à humain.
Complètement. Et puis vraiment hyper prévenant, il me dit on fait un test,
on fait un point à la fin de la semaine, on voit comment ça se passe" tu vois.
Et puis il n'hésite pas à... Bon après je pense que c'est quelqu'un de sensible aussi,
et qui est très observateur. Donc dès qu'il voit qu'il y a un truc...
Et c'est ce que j'ai dit aussi. Il ne faut pas hésiter à me le signaler,
parce que moi, c'est le problème de l'autisme aussi,
c'est qu'on a tendance à se déconnecter complètement de son ressenti.
C'est à dire moi je peux oublier d'aller faire pipi de la journée.
Ou bien je te dis "je vais faire pipi, là". On m'appelle,
un truc nanana, c'est bon, j'ai oublié. Et après je vais te redire une heure plus tard "ah là là mince il faut que j'aille faire
pipi". Hop je suis redérangée, j'ai oublié.
Et après on a mal au ventre.
Et puis au bout de 5h je fais "raaah faut que j'aille faire pipi !".
Et puis on me dit "mais Sonia ça fait 3 fois que t'es allée faire pipi".
"Non non en fait je devais déjà y aller il y a 5h".
"Mais comment?", les gens me disent, "comment tu peux oublier d'aller aux toilettes?".
Parce qu'il y a autre chose. Il y a autre chose qui arrive.
C'est.. On en oublie de boire, on en oublie de manger.
On oublie parfois même, tusais, tu portes un truc lourd sur ton dos et tout.
Tu sens même plus le poids du truc. Ca fait partie.
Donc c'est pour ça je leur ai dit : si vous voyez sur ma tête que j'ai besoin d'une pause,
dites le moi, parce que moi je suis pas forcément capable de le sentir en moi même que j'en ai besoin. besoin.
Surtout qu'en plus avec le masking et l'apprentissage à toujours vouloir contrôler et faire absolument tout comme il faut
pour rentrer dans les cases, bah du coup c'est même pire qu'oublier.
C'est qu'on se force à faire ce qui est censé être fait de manière normale.
Oui puis il y a ce côté perfectionniste aussi chez moi qui veut tout bien faire dans un certain
ordre. Chaque chose à sa place, chaque chose en son temps.
Et que si je n'ai pas fait ça, puis ça, puis ça,
puis ça, je ne peux pas faire le truc. Donc non,
il faut d'abord que je fasse. "Non mais Sonia, va prendre une pause".
"Non, je n'ai pas fait ça d'abord". "Oui mais il faut que tu prennes".
"Oui mais après je vais oublier parce que TDAH".
Merde, j'en étais où ? Et puis est-ce que je serais motivée pour reprendre là où je me suis arrêtée
? C'est pénible, c'est fatigant, je me fatigue clairement,
je me fatigue, je m'épuise.
Mais du coup là ce que tu décris, j'ai l'impression que tu décris en fait juste une société plus
inclusive. Dans le cadre de ton travail par exemple.
L'équipe. Parce que c'est pas comme ça dans toutes les écoles.
Exactement, mais je veux dire en tout cas dans ce cadre,
dans ce micro cadre là, c'est un peu ce que ça donnerait si la société était plus inclusive.
Oui parce que pour le coup je me sens super bien au boulot.
J'ai plaisir à y aller, j'y vais jamais à reculons.
Et que je me sens tellement en sécurité que j'ai pas peur de poser des limites,
de dire ce qu'il en est. J'ai pas peur d'être rejetée,
j'ai pas peur d'être étiquetée, catégorisée, discriminée même,
ou mal aimée, ou pas acceptée du tout. Et ça, c'est vraiment cool.
Et du coup, je suppose que tu aimerais bien qu'en dehors de ce micro-cadre,
la société soit comme ça.
Ah bah ouais. Franchement, tu sais que quand j'ai fait mon dossier MDPH,
la psychiatre m'a demandé...
MDPH, pour les gens qui ne savent pas ce que c'est,
c'est la maison départementale pour les personnes handicapées.
Tout à fait. Bravo.
C'est pour demander justement une reconnaissance de son handicap.
Ça peut être dans le cadre professionnel, ça peut être aussi pour demander une aide financière.
Ça dépend des handicaps.
Humaine aussi.
Humaine.
Matériel.
Matériel. Les cartes de stationnement, tous ces trucs-là.
Voilà. Et donc, ma psychiatre, elle m'avait dit, "est-ce que vous voulez demander une carte ?".
Coupe-file, place de parking, ou pour s'asseoir dans le bus et le train,
le RER. Et j'ai dit, non, c'est bon, maintenant,
j'y arrive. À cette époque-là, j'avais dit ça. J'ai dit,
non, mais c'est bon, j'arrive à patienter. Je me débrouille toujours pour trouver une caisse où il
y a trois personnes. Je me débrouille toujours pour essayer de m'asseoir dans le RER.
Et quand tu ne le prends pas à Châtelet à 19h...
On est bien d'accord!
Ou les bus quand le RER B n'est pas interrompu entre Massy et Croix-de-Berny et que voilà,
et les bus-relai... Et donc j'avais dit non. Sauf que maintenant en fait je regrette.
Parce que quand t'es dans un état de fatigue pas possible,
c'est la croix et la bannière pour te ramener chez toi.
Surtout quand tu dois prendre les transports en commun,
qu'il faut être serré comme des sardines, à crever de chaud,
à sentir les odeurs des gens, entendre les téléphones,
les bips, les musiques dans les écouteurs trop fort,
les discussions de machins, les enfants, le bruit du RER qui vibre,
les vitres qui sont ouvertes, le courant d'air frais,
le bruit des rails, les bip bip bip bip, et les stations qui sont annoncées dix fois avant
d'arriver, dix fois avant de partir tu vois. Il faut encore encaisser ça.
Il faut encaisser après le trajet donc tout l'effort physique à pied après pour te ramener chez toi
tu vois. Quand en plus tu rajoutes une migraine qui te donne des nausées,
envie de vomir, des vertiges et compagnie, moi plusieurs fois mon compagnon il est venu me chercher
au boulot quoi. Parce que j'étais dans un état pitoyable.
Et là je regrettais de pas avoir cette carte pour la présenter,
pour dire aux gens excusez-moi mais j'ai vraiment besoin de m'asseoir tu vois.
Et là je fais un parallèle qui n'a absolument rien à voir,
je vais parler de l'endométriose. Mais quand t'as tes ragnagnas,
que tu rajoutes là-dessus sur ces handicaps invisibles,
ton mal de bide à cause de l'endométriose, ben en fait là je me suis dit j'aurais aimé avoir cette
carte. Déjà rien que pour ça, juste pour soulager.
Il faudrait une carte pour l'endométriose.
C'est un autre débat.
C'est un autre sujet.
Et en fait j'en suis venue à finir par m'asseoir par terre.
Je m'asseyais par terre parce que j'en pouvais plus.
Alors après ceci dit, moi j'ai pas par exemple la carte inclusion mobilité,
mais quand je précise que j'ai un handicap invisible,
les gens me laissent la place. Et je peux quand même montrer un justificatif si j'ai besoin,
puisque j'ai le papier qui atteste. Donc tu peux toujours montrer le papier.
Ca me met extrêmement mal à l'aise. Les gens en fait,
même avec la carte en fait, ils vont dire "bah ça se voit pas".
Oui c'est ça, "bah vous êtes vachement jeune mademoiselle".
"Bah vous avez l'air bien" ou je sais pas quoi. Et j'ai pas,
en fait, quand t'es déjà dans cet état là, à partir du moment où tu sors ta carte (si tu l'as) pour
demander ta place, c'est que déjà t'en peux plus.
Si en plus il faut que tu te retrouves à négocier avec 5 personnes pour que quelqu'un te laisse ta
place, et que t'es à te justifier parce qu'on te croit pas,
j'ai pas l'énergie. Donc en fait la carte, j'ai regretté,
mais je l'aurais pas sortie je pense.
Bah oui, parce qu'en fait le problème, c'est qu'on a trop ce mal-être social des gens autour qui
vont juger.
Oui, complètement.
Et ça m'est déjà arrivé plein de fois d'avoir des gens qui disent effectivement « Vous êtes
vachement jeune, mademoiselle. » Ou alors « Franchement,
si vous êtes handicapée, vous n'avez qu'à prendre les places réservées»,
parce que j'étais assise sur un strapontin. Il y a une dame qui m'avait dit « Vous n'avez qu'à vous asseoir sur les places
handicapées. Vous auriez pu demander, etc. » Je fais « J'étais assise et machin.
» « Allez-y, demandez. » Je lui dis «vous pouvez aussi demander » ou je sais pas.
Heureusement il y a une dame gentille qui a bien voulu laisser.
Mais c'est vrai que ça peut être très violent quand on est déjà mal en soi,
qu'on essaye de se remettre dans son monde parce qu'il y a trop de gens,
trop d'odeurs, trop de...
Et puis qu'on veut juste rentrer chez soi en fait.
C'est difficile des fois.
Et il faut encore absorber ça. Non pas l'énergie.
Tu prends sur toi et tu serres les dents. Tu pries pour arriver chez toi vite.
Et l'autre truc aussi qu'on avait fait, c'était une demande d'AAH,
donc l'allocation aux adultes handicapés. Parce que j'expliquais que j'avais beaucoup d'absences au
boulot, que je fais des, c'est pas des malaises mais j'ai ces états-là même au boulot où je suis
incapable de fonctionner. Et quand tu travailles avec des enfants c'est une mise en danger,
parce que tu ne peux pas veiller correctement à la sécurité des enfants.
Donc tu n'es pas en état de travailler. Et le souci c'est que ça fait une perte financière énorme,
parce que je suis quelqu'un de responsable, je ne vais pas travailler dans ces états là,
je veux être fiable et solide pour que les enfants se sentent en sécurité avec moi.
Ce qui est tout de même une réflexion totalement normale je dirais.
Et qu'il y a même des personnes qui n'ont pas nos troubles qui ne se posent même pas cette question. question.
C'est vrai. On a eu une formation la semaine dernière,
il y a des gens qui auraient dû se sentir concernés qui n'y étaient pas.
J'étais vénère. J'avais que l'envie de leur dire,
c'est pour vous qu'on parle, les gars. Mais ça aussi,
j'ai dû le gérer. La colère. Qui n'arrivait pas à redescendre pendant deux heures.
Je ne sais plus ce que je disais. Oui, voilà. Donc,
en fait, il y a un gros manque financier parce que,
tu vois, quand j'ai fait ma demande, j'avais fourni en justificatif sur un contrat de deux ans.
J'ai claqué quand même 96 jours d'absence. Sur deux ans.
Ah bah ça arrive.
C'est énorme. Moi je trouve que c'est énorme.
Moi aussi je trouve que c'est énorme. J'essaye de me faire juste "l'avocat de la normalité".
Attends parce que c'est dans le cadre d'un emploi d'enseignante.
Oui donc ça veut dire que t'enlèves les vacances déjà.
T'enlèves les deux mois de vacances, les vacances d'octobre,
de février, d'avril, de noël aussi.
Oui mais tu travailles quand même dans ces périodes là puisque tu corriges des copies.
Non mais je te parle de présentiel moi, devant ta classe.
Donc en fait tout le reste du temps c'est devant ta classe.
Et sur ce temps-là, 96 jours d'absence. Donc en fait,
c'est énorme, je trouve.
Bien sûr. Mais s'il n'y a aucune prise en compte de ce que tu vis,
de tes neuroatypies, à un moment donné, tu ne peux pas non plus être Superman.
Oui, mais il y a un manque à gagner. Et forcément,
c'est plus difficile de subvenir à ses besoins. D'avoir un salaire qui soit correct,
déjà de base, sans être neuroatypique, vivre avec un SMIC c'est difficile.
Donc vivre avec moins qu'un SMIC...
C'est pas possible.
Voilà. C'est pas possible. Et tu vois, j'avais fait cette demande d'AAH qui allait dans ce sens là aussi parce que je peux
travailler et fonctionner au travail, mais avec un certain quota horaire.
Le quota horaire que j'avais défini pour pouvoir fonctionner au boulot et à la maison.
Parce que c'est ça, en fait. Le truc, c'est que si je travaille trop,
moi, à la maison, je ne vis plus. Et comme je disais tout à l'heure,
ce n'est pas une vie que d'être au boulot ou à dormir.
Pour moi, c'est de l'esclavagisme, en fait.
Bien sûr.
Et que donc, finalement, le bon truc, le bon équilibre,
c'était de travailler entre 10 et 15 heures. Comme ça,
le reste, effectivement, je pouvais fonctionner normalement chez moi et d'avoir un complément de revenu pour pouvoir avoir
cet équilibre-là et ce bien-être-là. Ça m'a été refusé.
Parce qu'on a considéré que je n'étais pas suffisamment en difficulté.
"Vous n'êtes pas suffisamment malade, madame."
Bah non, ce n'est pas une maladie.
Mais en général, c'est ce qu'ils considèrent.
Donc, je n'étais pas suffisamment en difficulté pour travailler moins que 25,
20-25 heures, 30 heures.
C'est ça, la difficulté d'ailleurs du haut potentiel et du TSA à haut niveau,
de l'autisme de haut niveau. C'est que comme il n'y a pas de déficience intellectuelle,
on considère qu'on est aussi fonctionnels que les neurotypiques.
Ouais exactement.
Sauf que en fait non. Quand on dit haut potentiel,
c'est pas juste haut potentiel à vivre la vie. C'est juste avoir une façon différente d'avoir le
cerveau qui fonctionne. Donc on se retrouve avec des difficultés.
Enfin je veux dire, il y a un diagnostic de trouble du spectre autistique.
Donc ça veut dire qu'il y a eu trouble neurodéveloppemental.
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, c'est la même catégorie que les autistes de plus bas niveau.
C'est la même chose. C'est sur le spectre. Et ça malheureusement,
si on parle bien et qu'on présente bien, en fait c'est un petit peu comme,
c'est un petit peu comme si on était les neuro-atypiques d'Instagram.
C'est on présente bien.
Ouais, c'est vendeur. On fait envie, c'est à la mode.
Voilà, on a l'air tout bien, il n'y a pas de problème,
on peut parler, on peut faire des interviews.
Edulcorés.
C'est ça. "Oh dis donc, on est magnifique, il y a le petit filtre Instagram,
c'est joli". "Oh là là il y a une maladie ou un trouble ou je ne sais pas quoi,
oh bah c'est pas grave, ça se voit pas, c'est joli,
ça passe à la télé". Mais non on a les mêmes difficultés que d'autres troubles qui sont moins
beaux. Et en plus c'est dégueulasse d'ailleurs pour les autres troubles.
Donc vraiment, il y a cette différenciation qui est faite par les institutions d'aide.
Et comme en plus aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a de plus en plus de difficultés à avoir une aide
actuellement, parce qu'avec les coupes budgétaires c'est plus difficile.
Il y a un côté de la société qui essaye d'être plus inclusive,
et de l'autre côté on se débat encore. Et du coup tous les troubles "instagrammables" sont les
premiers à en souffrir, parce que ça se voit pas.
Oui. Et tu vois la situation dans laquelle je suis,
c'est que par rapport à ce que je t'ai expliqué juste avant,
c'est que il n'y a pas d'AAH. A moins de refaire un dossier avec de nouveaux éléments,
patin couffin mais bon c'est long, et j'ai pas envie.
Donc on va te dire c'est pas grave, tu travailles moins.
Oui, enfin, travailler 10 à 15 heures par semaine,
qui vit avec 700 euros par mois ?
Personne.
Voilà, donc pas le choix. Je suis obligée de travailler plus que...
Voilà, donc en fait, quand j'étais enseignante, je travaillais 24 heures par semaine en présentiel.
Je ne prends pas en compte tout ce qui est copié à la maison,
parce que ça, c'est à la maison, c'est cool, donc ça diffère un peu.
Mais là, je me retrouve à travailler 33 heures en présentiel.
C'est le double de ce que tu avais dit comme étant vivable.
Oui, et qu'en fait, ce qui me sauve, c'est la ritaline.
Oui, mais du coup...
Bah ouais, mais je n'ai pas le choix. Je peux pas avoir d'aide.
"Tu te dopes pour travailler ?"
En fait, ce n'est pas une drogue à la ritaline.
Oui, mais je veux dire, en général...
En fait, c'est considéré, en fait on est fiché aux stups,
de ce que j'ai compris. Donc, on surveille notre consommation.
Mais en fait, il n'y a pas d'accoutumance.
Bien sûr. Dans le cadre d'un TDAH, non. Puisque c'est comme pour la morphine,
pour les gens qui ont des immenses douleurs. Il ne peut pas y avoir d'accoutumance,
puisque c'est pour traiter quelque chose.
Et donc là, la ritaline, c'est une vraie béquille.
Là, pour le coup, c'est une vraie béquille pour moi.
Parce que sans ça, je serais incapable de faire les semaines que je fais.
Et quand j'ai commencé en tant qu'animatrice, j'étais à...
Oui, je devais être à... 15 ou 20 heures par semaine,
15 heures peut-être, je ne me souviens plus. Je n'étais pas beaucoup.
Et puis, quand j'ai eu la décision de la MDPH pour l'AAH,
j'ai dit à mon directeur, il va falloir que j'augmente mes heures parce que j'ai besoin d'argent.
Et je trouve ça terrible que j'aie eu un moment de découragement total.
Je me suis dit, mais en fait, il sert à quoi ce parcours diagnostique ?
Il sert à quoi ? Parce qu'en fait, je me retrouve à faire la même chose qu'avant.
Je me retrouve à faire un boulot, un job alimentaire,
parce que je sais pas quoi faire. Je me retrouve à faire des choses qui sont pas adaptées pour moi,
même si là ça se passe bien, on arrive à aménager quand même.
Mais dans l'idéal il y a encore plein de choses sur lesquelles je demanderais des aménagements.
Mais je le fais pas, parce que je veux pas non plus qu'on porte la responsabilité de mes handicaps
aussi tu vois. C'est pas parce que moi, on m'a contrainte à le faire pour les autres,
que maintenant je me sens légitime à le faire à mon tour.
Non. Mais oui, c'est déprimant de dire "bon bah c'est bien t'as fait ton diag",
"t'as fait ton parcours introspectif", nanan. Puis au final on repart comme en 40.
Mais alors justement : transition.
Mais je suis tellement douée !
Ah la la la la la ! Mais est-ce qu'on repart vraiment comme en 40 ?
Parce que moi je pense que je suis sûre même que,
il y a des choses que t'as apprises de ce parcours sur toi.
Des choses, peut-être des forces, une part positive de tout ça ?
Justement, c'est ce que je me suis dit. Je me suis dit,
d'aspect extérieur, ça a l'air d'être comme avant.
Je vais travailler, je fais un boulot qui... Je fais beaucoup d'heures,
je suis fatiguée. Mais j'ai la ritaline, déjà. Ça,
c'est tout nouveau. C'est-à-dire que même quand je rentre à la maison le soir,
j'arrive quand même à faire deux, trois trucs. Après,
je rentre tard, mais voilà. Le week-end, j'arrive à faire des choses parce que,
bim, ritaline. Sinon, non, je n'y arrive pas. Je me dis,
déjà, la ritaline m'aide beaucoup. Et là, la ritaline,
ce n'est pas pour gérer le TSA, parce que même avec la ritaline,
tu te prends tous les stimuli, tu te prends tout comme sans ritaline.
C'est pareil. Mais c'est juste que mon cerveau est plus clair,
ma pensée fonctionne mieux, j'arrive beaucoup plus facilement à mettre des choses,
des bruits en fond, des pensées en fond, gérer les émotions,
ça stabilise vachement mes émotions. Par exemple,
je ne peux pas faire un truc, je ne peux pas le faire.
Quand je n'ai pas la ritaline, ça va être une frustration qui peut être assez intense et que je
vais mettre plusieurs heures, voire plusieurs jours à décompenser.
En fait, ça calme le feu d'artifice du TDAH ?
Ce n'est pas que ça le calme, mais ça...
Ça le range ?
Non, je dirais que ça le calme, oui, peut-être. Je ne saurais pas comment dire,
mais bon, disons ça, oui, ça le calme.
Ça l'amenuise, ça met dans des petites cases douces.
Ça rend plus facile la gestion des choses. En fait,
c'est moins prise de tête.
C'est mieux organisé.
C'est moins lourd. C'est moins lourd à porter, tout ça,
en fait. Même si tu te prends la même intensité de tout ce dont on a parlé,
avec la ritaline, c'est plus facilement gérable.
Et pareil, l'humeur, pour moi, est plus stabilisée,
forcément, puisque les émotions, je les gère beaucoup mieux.
Et l'avantage, c'est que moi, ça a réglé mes problèmes de sommeil,
la ritaline. On dit souvent que l'effet secondaire,
c'est trouble du sommeil. Moi, à partir du moment où j'ai commencé à en prendre,
j'ai dormi comme un bébé. J'ai fait mes meilleures nuits comme jamais j'ai dormi.
C'est trop bien. Comme quoi, chaque personne réagit différemment.
Parce que l'autre truc de la ritaline, c'est ça que je voulais dire,
c'est qu'en fait, c'est pas que ça t'enlève ta fatigue,
mais en fait, ta fatigue, elle ne va pas prendre le dessus.
Parce que tu es là à encaisser et que du coup ton cerveau va dire fatigué,
fatigué et il faut aller dormir. Et bien en fait la ritaline va te permettre de mettre cette
fatigue en fond. Oui je suis fatiguée, mais j'arrive quand même à fonctionner.
Et quand l'effet de la molécule commence à se dissiper,
cette fatigue, chez moi en tout cas, elle arrive de manière progressive.
Et comme je suis dosée de manière à ce que ça arrive de manière progressive vers 20h-20h30,
à 21h30 je suis au lit et presque je commence ma nuit à 22h.
Alors qu'avant je me couchais à peu près ces heures-là 22h30-23h mais à 3h du matin je ne dormais
toujours pas. J'étais pas sur mon téléphone ou sur un livre.
Non, j'étais dans mon lit, à tourner, tourner dans un sens,
tourner dans l'autre, j'ai chaud, j'ai froid, je pense à ma journée,
je refais le fil de ma journée, je refais tous les dialogues.
Est-ce que j'ai dit un truc de travers ? Qu'est-ce que lui,
il voulait dire par ça ? Ah merde, j'ai oublié de laver la tasse que j'avais laissée et que j'avais
dit que je la laverais, mais je le mets en note pour demain.
Mais demain, j'ai oublié, tu vois. Et impossible de mettre off sur ton cerveau.
Alors que là, comme la fatigue arrive doucement et puis elle arrive de manière progressive et de
plus en plus lourde, lourde, en fait, t'as pas le choix que de te laisser aller.
Parce que, "ah non mais c'est trop" et du coup pouf,
voilà. Donc oui, c'est différent effectivement, parce que mon environnement de travail est
différent, avec mes super collègues que je salue au passage,
je vous fais des gros bisous vous savez qui vous êtes !
Donc il y a ça, il y a la ritaline comme je disais,
et le fait que malgré que je fasse quand même 33 heures,
comme c'est coupé, tu vois. Je fais le service du midi,
je fais le service du soir, j'ai le choix de faire les vacances ou pas voilà.
Donc bon ça c'est différent, ça me paraît pour le coup moins pénible,
même presque agréable je dirais qu'avant. Donc oui effectivement,
c'est différent. Et puis même, ça m'a permis d'être en relation avec le monde et les autres d'une
manière différente aussi. Puisque comme on m'accepte et que c'est sécurisant,
j'accepte aussi de plus en plus de me révéler, de me montrer.
Et comme c'est très bien accueilli, du coup c'est encourageant.
C'est un cercle vertueux. Et le fait qu'on me laisse cet espace là,
cette possibilité d'exprimer tout ça, ça me permet moi aussi de me retrouver.
Tout ce qu'on avait cherché à "non, faut pas que ça se voit",
t'es pénible", "c'est chiant t'es lourde", "t'es fatigante là".
Jamais personne ne me dit rien, donc moi je me redécouvre aussi à travers ce qu'ils me renvoient de
moi. Et j'arrive à dire dire, en fait, "ouais, je suis neuro-atypique,
mais en fait, je suis cool". Et oui, je peux être fatigante,
je peux être ceci, mais en fait, ça fait partie du package.
Et que maintenant, c'est soit vous prenez tout, soit vous prenez rien,
tu vois. J'ai plus cette peur de me dire "l'autre ne m'aime pas,
j'arriverai pas à être en socialisation avec lui".
Il y a suffisamment d'êtres humains sur Terre pour qu'il y ait des gens qui me correspondent.
La preuve, ma petite Delphine. Voilà, et qu'effectivement,
en me réparant dans ce sens-là aussi, c'est vrai que mon cercle,
s'est de lui-même, il y a un tri qui s'est fait entre les personnes qui n'étaient pas capables de
l'accepter. Je m'en suis pris plein la figure l'année dernière,
ça a fait super mal mais bon, ça fait partie du jeu.
Je ne vais pas appeler ça un jeu. Et ce qui fait que maintenant je me retrouve avec des personnes dans mon entourage qui
sont vraiment dans l'accueil total de qui je suis sans jugement,
sans critique et bon Dieu que ça fait du bien, et ça c'est cool.
Ce ne serait pas un super joli mot de la fin ? Moi je trouve que c'est beau ça,
de se dire qu'on est bien entouré de personnes incroyables.
Ces personnes se reconnaîtront évidemment.
Mais bien sûr alors j'embrasse ma nanana...
Mon chat, nanana...
Merci !
En petite conclusion ma très chère Sonia, je te propose que pour nos auditeurices qui voudraient avoir une vision un petit
peu plus étendue de ce que ça peut être l'autisme avec TDAH,
si tu as phrases, oeuvres, musiques, quelque chose,
quoi que ce soit que tu trouves intéressant à ce sujet qui pourrait aider nos auditeurices à avoir une vision encore plus étendue ? étendue ? ?
Oui, je ne suis pas sûre que ce soit forcément plus clair.
Parce que comme je te disais tout à l'heure l'AuDHD est un profil encore à part entière
visiblement. Et que dans les ouvrages, même dans les podcasts,
les choses comme ça, les vidéos, on va parler de TSA mais en fait,
il va y avoir des traits de TDAH. On va parler de TDAH mais il va y avoir des traits du TSA.
Je pense que peut-être qu'on n'arrivera jamais finalement à faire deux profils bien distincts parce qu'on se rendra compte
qu'en fait il n'y en a qu'un. Mais qu'après il y a plus de TSA,
un peu de TDAH, plus de TDAH, moins de TSA...
Un spectre en quelque sorte.
Ou c'est équivalent tu vois, voilà. Donc les choses.
Tout ce que j'ai pu lire, voir ou écouter, de toute façon,
il y a toujours un moment où j'ai tiqué. Là, pour moi,
on n'est pas vraiment sur du TSA. Et après, tu as des traits qui sont communs au TSA et au TDAH mais qui n'ont pas les mêmes
origines. Donc ça aussi, c'est encore un distinguo à faire.
Mais, toujours est-il que il y a des livres que j'ai lus que j'aime bien.
Il y a "La différence invisible" de Julie Dachez.
C'est une BD, ça, non ?
Oui, tout à fait. Moi, elle m'a beaucoup parlé. Et qui m'a pas détendue,
mais rassurée vis-à-vis de l'autisme chez la femme.
Parce que du coup, là, c'est le personnage... La BD,
c'est une femme. Et je trouve que c'est une bonne entrée,
déjà, pour familiariser.
Moi, je sais que j'aime bien le format BD. C'est vrai que je l'ai lue,
et c'est très agréable.
Ca donne envie, enfin en tout cas pour moi ça m'a donné envie d'en savoir plus,
non mais de continuer à approfondir le sujet. Mais j'ai commencé à me documenter sur le TSA chez la femme parce que quand
j'ai commencé, (ah oui ça faudrait que je vous raconte un jour mais peut-être une autre fois).
J'avais commencé chez le TSA de manière générale,
j'étais tombée que sur des trucs qui concernaient les hommes tu vois.
Et donc j'ai dit "oh bah non je me reconnais pas",
jusqu'à ce que je me dise "ah mais attends peut-être chez la femme c'est différent".
Et donc effectivement j'étais tombée sur une chaîne Youtube,
la chaîne de Mésange qui parle que de TSA. Et là dessus je me suis beaucoup reconnue.
J'ai fait "hum ok". Et il y a aussi une autre chaîne Youtube que j'aime beaucoup,
qui s'appelle "Johanna en pyjama évoque le TSA".
Donc elle va parler aussi du profil TSA, TDAH. Et puis très pointue là,
on sent bien le côté autiste qui veut tout dire,
qui a tout lu. En plus c'est super bien expliqué,
elle est très pédagogue je trouve. Et puis elle fait des parallèles aussi avec ses difficultés,
donc forcément ça te parle puisque c'est fait avec des choses concrètes.
Bien sûr, la personne étant elle-même sujette au TSA,
c'est sûr que ça parle plus quand c'est des gens qui sont concernés.
Et puis ensuite il y a un livre que j'ai toujours pas terminé (je lis 10 livres en même temps) qui s'appelle justement "Mon
cher TDAH" de Jessica McCabe. Je ne sais pas si on dit comme ça.
Et qui elle en fait va parler de son TDAH, de tout son parcours.
Et elle va toujours débuter son chapitre par une situation qu'elle a vécue à un moment de sa vie,
et puis derrière elle va l'analyser. Elle va dire un peu les tenants,
les aboutissants. Elle va expliquer quels sont les aménagements qu'elle a fait,
quels sont les outils pour faire face à ce type de difficultés.
Moi je le trouve très très bien. Il y a des gens qui n'aiment pas,
mais moi je le trouve très bien, très enveloppant.
Et puis à chaque fois que je le lisais, j'étais là "mais moi aussi,
mais moi aussi quand j'étais enfant, mais oui moi aussi".
Donc c'est drôle, on a l'impression de se lire aussi soi-même et c'est extrêmement réconfortant,
ça fait du bien.
Merci beaucoup Sonia pour ces recommandations. Sur plein de supports différents en plus donc ça va être très riche pour les
gens qui ont des envies différentes en termes d'apprentissage.
Je vais te remercier encore une fois parce que c'était un échange...
Ca fait trop de merci là attends il faut que phiou !
Il faut que j'aille vider mon sac !
Mais c'était très très chouette de t'avoir.
Merci de m'avoir invitée.
Avec plaisir ! Je pense qu'il y a toujours plein de choses à raconter.
et je pense que c'est toujours important effectivement d'en parler autour de nous.
D'être dans la communication, super important.
Merci pour cette communication douce et éclairée ma chère Sonia.
Mais je t'en prie.
Autour donc de l'autisme et du TDAH. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.
Comprendre, c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine, et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.