L'autisme avec TDAH avec Sonia (2/2)
S01:E10

L'autisme avec TDAH avec Sonia (2/2)

Episode description

Nous continuons notre découverte de l’autisme avec TDAH avec Sonia !

Partie (2/2)

Invitée : Sonia

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La semaine dernière.

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Aujourd'hui, je reçois Sonia.

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Bonjour Delphine.

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Bonjour Sonia. Et on va parler ensemble d'un terme qui n'existe même pas en français,

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le AuDHD. C'est-à-dire l'autisme et TDAH, les deux en même temps.

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Je vais être honnête, mais chez moi, jusqu'à, je dirais,

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il y a un an, deux ans, c'était horrible. C'est l'enfer sur Terre,

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pour moi. Le social, dès l'enfance, ça a commencé.

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Déjà, quand on est juste TSA, on est bizarre. Quand on est juste TDAH,

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on est bizarre. Alors, les deux, je ne te raconte pas.

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C'est beaucoup de rejet, c'est de l'humiliation,

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c'est beaucoup de « t'es bizarre», t'es cataloguée.

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Puis en plus, je pense que beaucoup d'autistes sont des gens qui sont gentils,

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qui n'ont pas envie de faire du mal aux gens. Donc,

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ils se laissent faire. Moi, je me suis beaucoup laissée maltraiter à l'école.

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Je "mimickais" à l'école. L'école, le collège, le lycée,

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dans le milieu professionnel. Quand j'ai commencé en tant que jeune adulte aussi,

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j'ai subi beaucoup de harcèlement, de mise à l'écart.

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Et puis, c'est ta valeur sans arrêt qui est remise en cause.

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Je n'aime pas dire "tes bizarreries", mais c'est comme ça qu'on est qualifié.

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Et qu'on se sent tellement en décalage et on ne comprend tellement pas le monde et les gens.

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Et moi qui ne supporte pas de comprendre, ça m'a rendu très malheureuse donc en fait.

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Qui ne supporte pas de ne PAS comprendre.

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De ne pas comprendre le monde, les gens, les relations,

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tout ça. Comment ça fonctionne. Pourquoi quand j'étais enfant je voyais quelqu'un qui me plaisait

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bien j'allais le voir, il dit "tu veux être ma copine" et puis voilà.

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Si l'enfant répondait oui, moi je disais "ok c'est ma copine".

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Et dans ma tête c'était acté, c'était ma copine.

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Parce qu'apparemment il faut avoir une conception,

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(enfin en France c'est normal mais eux ils l'avaient) que bah : non mais on est copines quand on

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fait ci, on fait ça. Alors que pour moi bah non : on joue ensemble,

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on est copines. Et que donc du coup, je sais pas,

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c'est des règles sociales qui étaient pas claires.

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Bah elles étaient trop complexes. Alors que moi j'avais tendance à le voir de manière simple.

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Tu me dis que ce truc est blanc, bon bah c'est blanc tu vois.

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C'est pas kaki ocre.

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Ouais c'est pas crème blanc cassé je sais pas quoi.

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Non c'est tu vois, tu me dis, je sais pas, tu vas me dire "je t'apprécie beaucoup,

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t'es quelqu'un avec qui j'aime passer du temps" et puis tu vas pas m'appeler,

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bah je vais pas comprendre.

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Pourtant la phrase était claire.

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Oui mais parce que les intentions de la personne en fait,

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ils y mettent pas la même chose que moi. Moi je vais mettre quelque chose de beaucoup plus

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puissant, beaucoup plus profond, alors que la personne c'est juste "bah oui j'aime bien,

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voilà, mais enfin, après..." Et tout ça c'est extrêmement difficile à vivre d'essayer de se calquer

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sur les autres. J'ai jamais réussi de toute façon.

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Et puis maintenant j'ai arrêté parce que ça me fatigue.

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J'ai autre chose à faire de mon énergie, voilà. Donc au niveau professionnel après ça c'est plutôt

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le côté TSA tu vois. Mais le côté TDAH aussi on paraît un peu perché.

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On parle vite, on parle trop, on a 1000 idées à la fois,

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on est sur 1000 projets en même temps, on veut être partout en même temps,

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on veut tout faire en même temps. Pour peu qu'on soit aussi hyperactif,

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on bouge partout, on ne tient pas en place tu vois.

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Et ça c'est lourd à porter aussi. C'est fatigant pour les gens.

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Nous ça nous fatigue aussi parce que c'est des choses sur lesquelles il faut avoir un contrôle.

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Et puis c'est vrai qu'une personne, quand on voit une personne qui a fait du stimming,

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c'est à dire qui a des mouvements, les mains, la tête,

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les pieds, des mouvements pas incontrôlés mais...

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Même ça c'est agaçant, pour les autres.

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C'est pas incontrôlé mais c'est des mouvements liés à l'activité,

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à calmer.

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Mais c'est ce qui aide à contrôler justement. Et que forcément quand on nous demande d'arrêter de

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le faire, on n'a plus aucun outil pour contenir tout ça.

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Et chez le TSA, ça va être tout ce qui est stéréotypie.

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Ca va être tu vois, les stéréotypies, c'est par exemple : t'es content,

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tu vas te mettre à taper dans les mains. Tu vas faire hi-hi-hi comme ça tu vois,

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ou ça va être... Attends je confonds, c'est peut-être le flapping.

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Ouais je crois qu'il y a le flapping.

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Oui ça c'est le flapping. Les stéréotypies c'est,

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attends, j'ai un trou.

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Faire pareil que la personne?

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Non.

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Non ça c'est le le mirroring, faire du miroir aussi.

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T'as les écolalies aussi. Je l'ai encore et ça c'est terrible.

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Quand il y a des gens que je croise dans la rue,

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et puis il y en a une, elle va parler avec une petite voix,

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elle va dire un truc, je ne peux pas m'en empêcher il faut que je le répète,

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c'est horrible. Les gens se font "Mais arrête Sonia,

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c'est pas respectueux!". Mais non en fait c'est pas ça,

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c'est juste que...

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C'est instinctif.

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C'est comme ça. Il faut que, tu vois, c'est parce que le stimuli est puissant et il faut qu'il sorte. sorte.

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Une voix spéciale, il faut la rendre pareil, faire le même écho,

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ou alors une chanson la finir.

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C'est ça. Et donc on parlait de tout ça parce que,

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j'en étais à l'école...

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Professionnel.

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Milieu professionnel. Voilà, et que donc mon profil à moi fait que,

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en plus avec un haut potentiel, je m'ennuie vite au travail.

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J'ai vite fait le tour, je comprends très vite les choses,

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je fais très vite des liens. Le TDAH aussi aide pas mal à le faire aussi,

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pour peu que ça nous intéresse, sinon ça devient un enfer aussi.

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Et que c'est déjà tellement difficile de se trouver en soi-même quand on a ces deux troubles-là,

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va te trouver professionnellement. Qu'est-ce que tu veux faire ?

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Je ne sais pas. Moi, j'ai envie d'être cuisinière,

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maîtresse, pompier, police, faire de la... Je ne sais pas,

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m'occuper des chiens, aller dans des refuges, être bénévole.

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Je voulais tout faire.

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Aventurière, astronaute, bien sûr.

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Et puis, comme le TDAH ne s'est pas priorisé, bah quel est le métier qui te plaît le plus ?

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Je ne sais pas, je les aime tous. Puis le TSA va faire,

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moi j'ai besoin de sécurité et de stabilité quand même,

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donc on ne peut pas changer tous les quatre matins.

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Oui, mais bon, moi je suis TDAH et en fait, si on ne change pas tous les quatre matins,

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je me fais chier. Voilà, donc je me suis retrouvée à faire 20 000 travails différents.

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Bon, après, il y a aussi mon histoire de vie qui fait que j'ai dû travailler pour subvenir à mes

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besoins, donc j'ai fait pas mal de boulots. Mais clairement,

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je tiens pas en place. L'année dernière que j'ai faite,

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tu vois, j'ai été sept ans professeure des écoles.

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J'ai lâché, du coup, on s'est rencontrées parce que je me disais,

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tiens, si je faisais un peu de doublage, parce que quand j'étais plus jeune,

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je voulais faire des métiers artistiques. Et puis,

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au niveau familial, ça a coincé. On ne m'a pas laissé faire ce que je voulais.

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Et donc, j'ai exploré ça aussi, théâtre, doublage,

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tout ça. Et puis après, j'ai fait le tour et je me suis dit,

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en fait, ce milieu-là, ce n'est pas mes valeurs parce que je suis quelqu'un de très intègre.

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Donc moi je n'irais pas faire du lèche-botte ou passer de la pommade si je trouve que c'est un

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milieu qui est injuste, enfin de ma conception, de ma perception,

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je n'y vais pas, je ne vais pas aller m'abîmer. Et si c'était pour encore me suradapter et passer à

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côté de qui je suis, je lui dis non, ce n'est pas la peine.

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A quel prix ? Maintenant je n'arrête pas de dire combien ça va me coûter et à quel prix.

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Et maintenant je refuse de payer cher, c'est fini.

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Et au final, ça m'a conduit vers l'écriture. Donc j'étais en mode "ouais ça y est je vais me faire

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publier". En une semaine, j'ai pondu une saga dans ma tête.

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Enfin sur papier, 8 tomes, 2 arcs d'écriture, j'ai tous les personnages,

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toutes les intrigues. Et puis au bout d'un an, je me suis dit "bah tiens je pourrais peut-être être

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correctrice dans l'édition". Comme ça, ça me permettrait de rester dans le milieu du livre,

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et puis d'écrire à côté. Et de contenter mon profil TSA du je vais être à la maison,

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pas trop de social, parce que ça me fatigue. Jusqu'à ce que les ressources viennent à manquer.

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Et puis il faut trouver un autre travail. Donc rebelote,

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je ne peux plus être enseignante, c'est pas possible.

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Donc je me suis dit, je vais refaire animatrice,

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parce que j'ai été animatrice aussi il y a plus de 10 ans.

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Parce que je peux aménager mes horaires, je peux choisir le nombre d'heures que je fais,

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il y a des pauses dans la journée. Il y a quand même plein de compétences que j'ai qui sont utiles pour moi et pour tout

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le monde dans le cadre de ce travail là. Et puis en attendant,

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je fais ma formation, et puis quand j'ai fini ma formation,

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je me lance en auto-entrepreneur et puis au revoir l'animation.

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Et puis au final mon côté social, sociable. En fait je suis une autiste hyper sociable,

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peut-être que c'est à cause de mon TDAH, ou grâce à mon TDAH ça dépend comment on l'aborde.

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Mais j'ai toujours voulu aller vers les autres, j'ai toujours voulu avoir des amis,

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être entourée. C'est aussi pour ça que j'ai eu beaucoup de blessures.

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Parce qu'il y a des autistes qui sont plutôt en retrait et très discrets.

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Alors que moi pas du tout. Avec des gros sabots,

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franc parler, qui ment pas, qui est honnête, qui dit tout ce qu'il y a dans sa tête.

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Ou qui peut aussi se faire marcher dessus sans faire exprès quand les gens sont malveillants.

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Oui bah pour se faire, pour être, pour s'intégrer parce que voilà,

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devoir porter...

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Et c'est ça d'ailleurs qui est très, très traître.

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J'étais en train de me dire, je me suis dit.. C'est que on pense que les personnes TSA n'ont pas envie d'avoir des gens

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très dans l'introversion, la solitude etc. Non, des fois il y en a qui sont extrêmement

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masochistes, et qui adorent... Enfin non c'est faux,

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ils ne sont pas masochistes, bien sûr. En tout cas qui ont ce besoin social et c'est juste que ça leur coûte énormément

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parce que le nombre de cuillères - ah on n'a pas parlé de ces histoires de cuillères.

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C'est à dire que c'est comme si pour une journée on avait X cuillères à disposition.

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12, 12 cuillères.

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Voilà, 12 cuillères, donc une cuillère par heure.

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Et il y en a, ça va leur coûter un 18ème de cuillère de se lever.

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Mais des fois, pour se lever quand on a un TSA et/ou TDAH,

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ça va coûter peut-être une, deux cuillères, trois cuillères.

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En fait moi les cuillères, je les réserve vraiment pour des choses qui je sais me coûtent cher.

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Ca va être des transports en commun par exemple.

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Ca va être une soirée avec des amis, ou une fête.

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Ca peut être la balade de mes chiens. Ca me coûte une journée de travail,

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en fonction de ce que tu as à faire dans le travail.

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J'ai arrêté la théorie des cuillères parce que je trouvais qu'elle ne me convenait pas.

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Et en fait tu vas déterminer par exemple : un trajet pour aller à Paris,

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c'est une cuillère. Un trajet en avion, c'est deux cuillères.

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Une relation avec, un moment social avec des collègues,

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là pour le coup ça peut être 4 cuillères, alors qu'avec une amie proche c'est même 0 cuillère.

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Parce que parfois il y a des gens qui tapent pas du tout dans ta batterie sociale.

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Donc en fait c'est comme ça que moi les cuillères je les utilisais.

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Et maintenant j'ai une nouvelle manière d'exprimer en fait la charge que ça peut représenter,

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et le poids, et le coût. C'est qu'en fait, pour moi,

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tous les matins on se lève avec un sac vide, tu vois,

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un sac à dos vide, tu vois. Et qu'en fait, à chaque fois que tu vas faire face à quelque chose qui

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va te coûter, tu vas ajouter une pierre. Une pierre,

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deux pierres, trois pierres, etc. A un moment, ça fait super lourd.

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Voilà. Et qu'en fait, pour moi, mon sac, à la fin de la journée,

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quand je rentre à la maison, il faut qu'il soit rempli à la moitié,

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grand max. Parce qu'une fois arrivée à la maison,

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je décompense et je vide mon sac. Ce qui fait que le lendemain matin,

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je me retrouve avec un sac vide. Et rebelote, je continue ma journée.

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Sauf qu'en fait, moi, mon sac, j'ai déjà du mal à le remplir à la moitié.

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Souvent, il est rempli quasiment en entier. Donc ce qui fait que,

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quand je décompense le soir, il se vide à peu près à la moitié.

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Donc j'ai toujours mes pierres, en fin de journée,

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de moitié de sac. Et puis parfois, même souvent en fait,

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j'ai plus de place dans mon sac. Donc j'en mets dans mes poches,

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les poches de manteau tu vois. Je représente ça comme ça.

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Puis après c'est dans les chaussures. Et donc en fait,

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tu rentres chez toi, et tu te retrouves à enlever les pierres que t'as dans les chaussures,

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dans les poches, mais tu peux même plus vider ton sac.

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Puis après, tu peux même plus vider tes poches. Et bim tu finis en burn out.

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Et donc en fait, le seul moyen de ne pas mettre de pierres dans son sac,

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ou d'en mettre le moins possible, c'est d'identifier tous les déclencheurs qui font que ces pierres

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elles s'ajoutent, de jouer dessus.

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De choisir lesquelles on prend.

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Ouais, de les prioriser, quand on y arrive. Voilà et de faire comprendre aussi à son environnement

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que ça, ce n'est pas que je ne peux pas le faire.

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Je peux le faire, mais en fait, moi, après, derrière,

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je n'ai plus de vie. Je ne vis plus. Je rentre, je dors,

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je ne mange plus. Je ne suis même plus capable de m'occuper de moi,

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de mes chiens. Je veux dire, une vie qui se résume à se lever,

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aller bosser, se coucher, mais qui veut ça, en fait ?

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Sauf que c'est la partie invisible du handicap. Et les gens ne le voient pas,

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parce qu'ils te disent au boulot, "ah mais t'as pas du tout l'air autiste".

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Et souvent maintenant je réponds "oui mais parce que tu vois pas ce que ça me coûte,

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et tu le verras pas, tu le verras jamais". Et là j'ai la chance d'être tombée dans un cadre en

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fait, dans une équipe là où je travaille d'animation,

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qui est vachement à l'écoute. Bon moi je pense que c'est des neuro-atypiques aussi parce que je

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trouve ça quand même..

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Fort bizarre que tout le monde soit à l'écoute !

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...que bizarrement ça passe tu vois. Qu'on m'accepte dans mon entièreté.

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Et puis c'est l'objectif que je me suis fixé aussi,

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de me dire "maintenant j'arrête de masquer". Parce que ça le masking ça coûte tellement cher.

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C'est pareil, ça me coûte plus cher de masquer que finalement d'être moi-même.

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Ben oui parce que ça fait tout le temps, c'est non-stop.

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C'est ça, donc après bien sûr il faut que je maintienne quand même un certain niveau de masking

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pour être adaptée socialement. Pas paraître impolie,

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pas interrompre les gens quand ils parlent... La bienséance.

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Il y a un petit sac de qu'est-ce qui est utile en masquage.

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C'est ça, mais tout ce qui concerne la bienséance et la vie en collectivité,

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tout le monde doit mettre de l'eau dans son vin pour que ça se passe bien.

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Donc ça, bien sûr que je le fais.

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Il y a certains neurotypiques qui devraient avoir aussi des cours de masquage.

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Oui, ça serait bien. Mais après, je n'accepte plus de me suradapter pour ne pas déranger l'autre.

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Pour ne pas inconforter l'autre. Parce que il n'y a pas de raison que moi je préserve l'autre et

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que lui il ait sa vie, mais que moi je fiche la mienne en l'air,

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en fait.

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Oui, surtout que ça te demande plus d'efforts.

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Mais bien sûr. De base, à partir du moment où on...

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Surtout quand on est TDAH. À partir du moment où on met un pied par terre le matin,

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on est déjà en adaptation.

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Ah bah, évidemment.

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Voilà. Sauf si chez toi, tu t'es acceptée 100%, que t'as lâché prise sur plein de trucs,

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et que... Bon. Mais on peut dire, à partir du moment où tu mets un pied dehors,

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t'es déjà en suradaptation, en fait. Donc... Et ça,

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les gens, ils le voient pas. Ils pensent que, ben,

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ils sont... t'es comme eux, ça demande rien... Mais si.

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En fait moi je suis déjà en suradaptation. Parce que je cache mon flapping,

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je cache mes stéréotypies, je cache mon impulsivité,

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je dois me contrôler pour t'écouter jusqu'au bout,

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pas te couper la parole déjà, retenir tout ce que j'ai envie de te dire parce que à chaque mot j'ai envie de réagir à ce

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que tu me dis donc je le mets en tampon dans ma tête,

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je me concentre aussi pour pas oublier ce sur quoi je voulais intervenir.

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Et puis plus tu parles, plus c'est long, plus j'oublie,

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plus je m'impatiente. Mais ça faut que je le contrôle.

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L'impulsivité de passer du coq à l'âne, tu vois.

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Ou, tu es en train de parler, et là mes yeux se posent sur tes bocaux,

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et j'en vois un qui n'a pas d'étiquette par exemple.

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Et je me dis "oh bah tiens il n'y a pas d'étiquette sur tes bocaux",

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non mais ton bocal. Ils sont tous étiquetés. Ne t'inquiète pas,

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c'était juste un exemple.

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La grosse neuroatypique : "oh mon dieu j'ai un de mes bocaux qui n'est pas étiqueté !"

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Mais c'est ça en fait. Je vais te parler d'un truc super sérieux,

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mon regard va se poser sur un truc, ou je vais entendre quelque chose,

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et je vais le placer dans la conversation, tout en continuant.

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Et les gens ils sont là "mais pourquoi elle le dit".

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Alors qu'effectivement ça n'a rien à faire dans la conversation.

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Mais ça aussi c'est un effort que ça nous demande pour être dans quelque chose de normal entre guillemets. guillemets.

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Mais tu sais que ce podcast me fait travailler moi-même tout ce côté atypique de papillonner

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partout, essayer de pouvoir bien ranger aussi en fonction des catégories,

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les différentes parties qu'on va dire. D'accepter les erreurs aussi.

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C'est la clé.

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Parce que forcément c'est juste une discussion en fait.

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Donc il y aura forcément des petits moments qui vont avoir,

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bon voilà, il va y avoir peut-être un moment où je vais bégayer,

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un moment où je vais oublier mon mot. Et bien je me dis "bon c'est pas grave".

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C'est ma propre petite thérapie hebdomadaire.

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Oui, après si ça te fait du bien et que ça te permet aussi de mieux te comprendre et d'être mieux

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en toi-même.

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En tout cas, je me dis surtout que ça a un but aussi pour pouvoir expliquer à tous les gens qui nous écoutent plein de choses

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qui sont jamais dites donc c'est surtout ça aussi.

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Et donc là tu vois je suis en tampon sur ce que je voulais te dire parce que j'ai pas fini vu qu'on

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a digressé.

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Pardon ! Surtout qu'en plus moi j'étais en tampon de pouvoir dire ça !

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Trop de tampons !

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Trop de tampons ! Donc par rapport aux pierres et au fait que je suis dans un bon environnement boulot parce que voilà ils

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sont très dans l'accueil de ces neuroatypies. De toute façon ils le voient bien que je suis

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complètement en décalage. Ca se voit comme un nez au milieu d'une figure puisque j'ai dit que j'acceptais de démasquer pas

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mal, et que en fait, ils m'autorisent au boulot,

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tu vois. Ils arrivent à identifier quand est-ce que c'est trop pour moi.

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Ils le voient à ma posture, ils le voient à mon visage,

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et mon directeur souvent me dit, "Sonia, t'as pas besoin de 5 minutes,

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là ? Va prendre 5 minutes", tu vois, va prendre 10 minutes.

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Et même si je prends 15 minutes, on ne m'en veut pas.

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Ou on va comprendre, tu vois. Je peux me balader avec mon casque anti-bruit au boulot,

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on va rien me dire. Même maintenant, enfin, parfois je mets des boules caisse plus le casque

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anti-bruit, tu vois, parce que même le casque, des fois,

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ça suffit pas. Et voilà, il y a des fois, je ne suis pas capable d'encadrer un jeu dans la cour parce qu'il y a trop de

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bruit, parce que je suis déjà trop surstimulée, trop chargée.

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Et donc, on va accepter que cette fois-ci, ce ne soit pas moi qui le fasse.

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Donc, en fait, ils acceptent beaucoup de jouer sur les déclencheurs.

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Et je le présente toujours comme ça, en disant que ce n'est pas que je ne veux pas le faire.

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Je peux le faire, mais le problème, c'est que moi,

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je ne sais pas quel est l'effet à long terme. Et que si je le fais quand même,

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il se peut que dans une semaine je ne sois pas là,

18:56

ou que je manque de plus en plus de journées de travail.

18:59

Parce que ça aussi dans ma vie professionnelle, ça a été un énorme fléau.

19:03

Je colle des absences. Enfin là ça va, avec ce travail là j'y arrive maintenant.

19:09

La ritaline aide vraiment beaucoup. Merci à celui qui a inventé ça,

19:14

parce que bon dieu mais je revis. Enfin je vis en fait,

19:17

c'est pas je revis c'est je vis.

19:19

Tu n'es plus en survie. Après ceci-dit, la ritaline encore une fois on précise que c'est un médicament qui n'est prescrit

19:26

que par les psychiatres. Et que du coup il faut que,

19:32

c'est personne-dépendant aussi. Donc il faut que ça puisse fonctionner aussi pour la personne.

19:37

C'est à dire il faut vérifier que c'est bon.

19:38

En fait, il faut être diagnostiqué TDAH, déjà de base.

19:41

T'as pas de diagnostic, t'as pas de ritaline.

19:43

Bien sûr.

19:44

Ensuite selon ton degré, est-ce que t'as besoin ou pas,

19:47

on peut te proposer la ritaline ou pas.

19:49

Oui voilà c'est ça. C'est en fonction. En tout cas c'est pour dire aux personnes qui nous écoutent qui pourraient s'imaginer :

19:54

ne pas faire d'auto-médication et surtout avoir un suivi.

19:58

Cardiaque et tout.

19:58

Et vérifier que tout ceci est adapté. C'est juste de la prévention de base pour rappeler que c'est un médicament prescrit

20:08

par un spécialiste.

20:09

Et que les absences au boulot, (t'as vu j'arrive à mettre en tampon,

20:13

je suis trop fière)

20:15

Oui ! TDAH - jingle jingle.

20:15

Oui ! Et que c'est vrai que c'est difficile à vivre parce que forcément quand t'es pas diag,

20:23

tes collègues se posent des questions. On pense que t'es fainéante,

20:26

que "ça va, moi aussi je suis fatigué pourtant j'ai un boulot",

20:29

"moi aussi j'ai des migraines, j'ai un boulot". Les gens pensent que chez toi c'est la fête quand

20:34

t'es pas là. Alors que toutes les fois où j'ai manqué le boulot,

20:37

moi j'étais au lit et je décollais pas du lit. Et j'étais là avec mon mal-être,

20:40

j'ai mal à la tête, et je suis fatiguée tu vois.

20:45

Le fait de pouvoir jouer maintenant sur les déclencheurs et de dire "le problème c'est que si moi

20:51

je le fais, je risque d'être absente, ça risque de mettre l'équipe en difficulté",

20:58

"j'ai pas envie de passer pour quelqu'un qui est pas fiable",

21:01

"j'ai pas envie de passer pour quelqu'un qui n'est pas sérieuse ou ne se sent pas concernée par son

21:05

travail". Parce que j'aime bien quand même ce que je fais,

21:07

et que ça demande des aménagements. Mais tu vois,

21:11

c'est vrai que c'est difficile à accepter, parce que les gens vont se dire "bah oui mais pour nous

21:15

aussi c'est dur", "pour nous aussi le bruit on aime pas".

21:17

Donc j'ai envie de dire "après vous aimez pas, mais vous arrivez peut-être à faire avec".

21:22

Et tant mieux ! Parce que vous, une fois que vous êtes sortis de cet espace là,

21:25

vous êtes disponible pour faire autre chose. Moi je sors de cet espace là,

21:28

le bruit je l'ai dans ma tête jusqu'à le lendemain matin (si j'ai réussi à dormir).

21:33

Si j'ai pas réussi à dormir, je l'ai encore dans la tête.

21:38

C'est des choses que j'arrive pas à évacuer. Et du coup ça s'accumule.

21:41

Ou sinon la réponse que je leur donne, c'est que si vraiment ça les met dans des états pas

21:46

possible, peut-être que toi aussi, tu as quelque chose à creuser.

21:49

Mais tu peux pas me faire porter la responsabilité et m'accuser,

21:53

finalement, que c'est injuste, alors que ça se trouve,

21:56

tu as la même chose que moi. Moi, maintenant, je refuse ces catégories,

22:00

je mets des limites, et je suis très fière d'arriver à les poser.

22:03

Parce qu'avant, je n'y arrivais pas. Mais de dire non,

22:06

d'expliquer pourquoi, de dire que ce n'est pas que je ne veux pas,

22:08

ou que je ne peux pas, c'est qu'il y a un coût que je ne suis pas capable d'assumer,

22:15

je ne suis pas certaine d'assumer. Alors après avec mon directeur on a fait des tests par rapport

22:19

aux horaires. Parce que j'ai eu besoin de travailler un peu plus pour gagner mieux ma vie.

22:22

Et on a fait des tests et voilà. Après on a ajusté en fonction de.

22:27

Mais c'était une discussion. D'humain à humain.

22:30

Complètement. Et puis vraiment hyper prévenant, il me dit on fait un test,

22:33

on fait un point à la fin de la semaine, on voit comment ça se passe" tu vois.

22:36

Et puis il n'hésite pas à... Bon après je pense que c'est quelqu'un de sensible aussi,

22:43

et qui est très observateur. Donc dès qu'il voit qu'il y a un truc...

22:47

Et c'est ce que j'ai dit aussi. Il ne faut pas hésiter à me le signaler,

22:50

parce que moi, c'est le problème de l'autisme aussi,

22:53

c'est qu'on a tendance à se déconnecter complètement de son ressenti.

22:56

C'est à dire moi je peux oublier d'aller faire pipi de la journée.

22:58

Ou bien je te dis "je vais faire pipi, là". On m'appelle,

23:02

un truc nanana, c'est bon, j'ai oublié. Et après je vais te redire une heure plus tard "ah là là mince il faut que j'aille faire

23:09

pipi". Hop je suis redérangée, j'ai oublié.

23:10

Et après on a mal au ventre.

23:12

Et puis au bout de 5h je fais "raaah faut que j'aille faire pipi !".

23:14

Et puis on me dit "mais Sonia ça fait 3 fois que t'es allée faire pipi".

23:17

"Non non en fait je devais déjà y aller il y a 5h".

23:20

"Mais comment?", les gens me disent, "comment tu peux oublier d'aller aux toilettes?".

23:24

Parce qu'il y a autre chose. Il y a autre chose qui arrive.

23:27

C'est.. On en oublie de boire, on en oublie de manger.

23:28

On oublie parfois même, tusais, tu portes un truc lourd sur ton dos et tout.

23:32

Tu sens même plus le poids du truc. Ca fait partie.

23:36

Donc c'est pour ça je leur ai dit : si vous voyez sur ma tête que j'ai besoin d'une pause,

23:43

dites le moi, parce que moi je suis pas forcément capable de le sentir en moi même que j'en ai besoin. besoin.

23:49

Surtout qu'en plus avec le masking et l'apprentissage à toujours vouloir contrôler et faire absolument tout comme il faut

23:54

pour rentrer dans les cases, bah du coup c'est même pire qu'oublier.

23:57

C'est qu'on se force à faire ce qui est censé être fait de manière normale.

24:03

Oui puis il y a ce côté perfectionniste aussi chez moi qui veut tout bien faire dans un certain

24:08

ordre. Chaque chose à sa place, chaque chose en son temps.

24:13

Et que si je n'ai pas fait ça, puis ça, puis ça,

24:16

puis ça, je ne peux pas faire le truc. Donc non,

24:18

il faut d'abord que je fasse. "Non mais Sonia, va prendre une pause".

24:20

"Non, je n'ai pas fait ça d'abord". "Oui mais il faut que tu prennes".

24:22

"Oui mais après je vais oublier parce que TDAH".

24:24

Merde, j'en étais où ? Et puis est-ce que je serais motivée pour reprendre là où je me suis arrêtée

24:27

? C'est pénible, c'est fatigant, je me fatigue clairement,

24:33

je me fatigue, je m'épuise.

24:36

Mais du coup là ce que tu décris, j'ai l'impression que tu décris en fait juste une société plus

24:42

inclusive. Dans le cadre de ton travail par exemple.

24:49

L'équipe. Parce que c'est pas comme ça dans toutes les écoles.

24:50

Exactement, mais je veux dire en tout cas dans ce cadre,

24:53

dans ce micro cadre là, c'est un peu ce que ça donnerait si la société était plus inclusive.

24:59

Oui parce que pour le coup je me sens super bien au boulot.

25:01

J'ai plaisir à y aller, j'y vais jamais à reculons.

25:03

Et que je me sens tellement en sécurité que j'ai pas peur de poser des limites,

25:11

de dire ce qu'il en est. J'ai pas peur d'être rejetée,

25:15

j'ai pas peur d'être étiquetée, catégorisée, discriminée même,

25:21

ou mal aimée, ou pas acceptée du tout. Et ça, c'est vraiment cool.

25:28

Et du coup, je suppose que tu aimerais bien qu'en dehors de ce micro-cadre,

25:34

la société soit comme ça.

25:36

Ah bah ouais. Franchement, tu sais que quand j'ai fait mon dossier MDPH,

25:39

la psychiatre m'a demandé...

25:41

MDPH, pour les gens qui ne savent pas ce que c'est,

25:44

c'est la maison départementale pour les personnes handicapées.

25:48

Tout à fait. Bravo.

25:52

C'est pour demander justement une reconnaissance de son handicap.

25:55

Ça peut être dans le cadre professionnel, ça peut être aussi pour demander une aide financière.

26:00

Ça dépend des handicaps.

26:01

Humaine aussi.

26:02

Humaine.

26:03

Matériel.

26:04

Matériel. Les cartes de stationnement, tous ces trucs-là.

26:07

Voilà. Et donc, ma psychiatre, elle m'avait dit, "est-ce que vous voulez demander une carte ?".

26:13

Coupe-file, place de parking, ou pour s'asseoir dans le bus et le train,

26:18

le RER. Et j'ai dit, non, c'est bon, maintenant,

26:21

j'y arrive. À cette époque-là, j'avais dit ça. J'ai dit,

26:26

non, mais c'est bon, j'arrive à patienter. Je me débrouille toujours pour trouver une caisse où il

26:29

y a trois personnes. Je me débrouille toujours pour essayer de m'asseoir dans le RER.

26:37

Et quand tu ne le prends pas à Châtelet à 19h...

26:39

On est bien d'accord!

26:42

Ou les bus quand le RER B n'est pas interrompu entre Massy et Croix-de-Berny et que voilà,

26:49

et les bus-relai... Et donc j'avais dit non. Sauf que maintenant en fait je regrette.

26:55

Parce que quand t'es dans un état de fatigue pas possible,

27:00

c'est la croix et la bannière pour te ramener chez toi.

27:03

Surtout quand tu dois prendre les transports en commun,

27:05

qu'il faut être serré comme des sardines, à crever de chaud,

27:09

à sentir les odeurs des gens, entendre les téléphones,

27:11

les bips, les musiques dans les écouteurs trop fort,

27:13

les discussions de machins, les enfants, le bruit du RER qui vibre,

27:17

les vitres qui sont ouvertes, le courant d'air frais,

27:20

le bruit des rails, les bip bip bip bip, et les stations qui sont annoncées dix fois avant

27:26

d'arriver, dix fois avant de partir tu vois. Il faut encore encaisser ça.

27:31

Il faut encaisser après le trajet donc tout l'effort physique à pied après pour te ramener chez toi

27:38

tu vois. Quand en plus tu rajoutes une migraine qui te donne des nausées,

27:41

envie de vomir, des vertiges et compagnie, moi plusieurs fois mon compagnon il est venu me chercher

27:46

au boulot quoi. Parce que j'étais dans un état pitoyable.

27:51

Et là je regrettais de pas avoir cette carte pour la présenter,

27:55

pour dire aux gens excusez-moi mais j'ai vraiment besoin de m'asseoir tu vois.

27:58

Et là je fais un parallèle qui n'a absolument rien à voir,

28:01

je vais parler de l'endométriose. Mais quand t'as tes ragnagnas,

28:05

que tu rajoutes là-dessus sur ces handicaps invisibles,

28:09

ton mal de bide à cause de l'endométriose, ben en fait là je me suis dit j'aurais aimé avoir cette

28:14

carte. Déjà rien que pour ça, juste pour soulager.

28:18

Il faudrait une carte pour l'endométriose.

28:21

C'est un autre débat.

28:22

C'est un autre sujet.

28:22

Et en fait j'en suis venue à finir par m'asseoir par terre.

28:28

Je m'asseyais par terre parce que j'en pouvais plus.

28:32

Alors après ceci dit, moi j'ai pas par exemple la carte inclusion mobilité,

28:36

mais quand je précise que j'ai un handicap invisible,

28:40

les gens me laissent la place. Et je peux quand même montrer un justificatif si j'ai besoin,

28:46

puisque j'ai le papier qui atteste. Donc tu peux toujours montrer le papier.

28:51

Ca me met extrêmement mal à l'aise. Les gens en fait,

28:55

même avec la carte en fait, ils vont dire "bah ça se voit pas".

28:58

Oui c'est ça, "bah vous êtes vachement jeune mademoiselle".

29:01

"Bah vous avez l'air bien" ou je sais pas quoi. Et j'ai pas,

29:05

en fait, quand t'es déjà dans cet état là, à partir du moment où tu sors ta carte (si tu l'as) pour

29:09

demander ta place, c'est que déjà t'en peux plus.

29:12

Si en plus il faut que tu te retrouves à négocier avec 5 personnes pour que quelqu'un te laisse ta

29:16

place, et que t'es à te justifier parce qu'on te croit pas,

29:20

j'ai pas l'énergie. Donc en fait la carte, j'ai regretté,

29:25

mais je l'aurais pas sortie je pense.

29:27

Bah oui, parce qu'en fait le problème, c'est qu'on a trop ce mal-être social des gens autour qui

29:33

vont juger.

29:33

Oui, complètement.

29:34

Et ça m'est déjà arrivé plein de fois d'avoir des gens qui disent effectivement « Vous êtes

29:39

vachement jeune, mademoiselle. » Ou alors « Franchement,

29:43

si vous êtes handicapée, vous n'avez qu'à prendre les places réservées»,

29:45

parce que j'étais assise sur un strapontin. Il y a une dame qui m'avait dit « Vous n'avez qu'à vous asseoir sur les places

29:52

handicapées. Vous auriez pu demander, etc. » Je fais « J'étais assise et machin.

29:55

» « Allez-y, demandez. » Je lui dis «vous pouvez aussi demander » ou je sais pas.

30:00

Heureusement il y a une dame gentille qui a bien voulu laisser.

30:05

Mais c'est vrai que ça peut être très violent quand on est déjà mal en soi,

30:08

qu'on essaye de se remettre dans son monde parce qu'il y a trop de gens,

30:11

trop d'odeurs, trop de...

30:12

Et puis qu'on veut juste rentrer chez soi en fait.

30:14

C'est difficile des fois.

30:14

Et il faut encore absorber ça. Non pas l'énergie.

30:18

Tu prends sur toi et tu serres les dents. Tu pries pour arriver chez toi vite.

30:25

Et l'autre truc aussi qu'on avait fait, c'était une demande d'AAH,

30:31

donc l'allocation aux adultes handicapés. Parce que j'expliquais que j'avais beaucoup d'absences au

30:37

boulot, que je fais des, c'est pas des malaises mais j'ai ces états-là même au boulot où je suis

30:44

incapable de fonctionner. Et quand tu travailles avec des enfants c'est une mise en danger,

30:51

parce que tu ne peux pas veiller correctement à la sécurité des enfants.

30:54

Donc tu n'es pas en état de travailler. Et le souci c'est que ça fait une perte financière énorme,

30:59

parce que je suis quelqu'un de responsable, je ne vais pas travailler dans ces états là,

31:03

je veux être fiable et solide pour que les enfants se sentent en sécurité avec moi.

31:09

Ce qui est tout de même une réflexion totalement normale je dirais.

31:12

Et qu'il y a même des personnes qui n'ont pas nos troubles qui ne se posent même pas cette question. question.

31:18

C'est vrai. On a eu une formation la semaine dernière,

31:20

il y a des gens qui auraient dû se sentir concernés qui n'y étaient pas.

31:22

J'étais vénère. J'avais que l'envie de leur dire,

31:24

c'est pour vous qu'on parle, les gars. Mais ça aussi,

31:29

j'ai dû le gérer. La colère. Qui n'arrivait pas à redescendre pendant deux heures.

31:35

Je ne sais plus ce que je disais. Oui, voilà. Donc,

31:37

en fait, il y a un gros manque financier parce que,

31:39

tu vois, quand j'ai fait ma demande, j'avais fourni en justificatif sur un contrat de deux ans.

31:46

J'ai claqué quand même 96 jours d'absence. Sur deux ans.

31:51

Ah bah ça arrive.

31:51

C'est énorme. Moi je trouve que c'est énorme.

31:55

Moi aussi je trouve que c'est énorme. J'essaye de me faire juste "l'avocat de la normalité".

31:58

Attends parce que c'est dans le cadre d'un emploi d'enseignante.

32:02

Oui donc ça veut dire que t'enlèves les vacances déjà.

32:04

T'enlèves les deux mois de vacances, les vacances d'octobre,

32:07

de février, d'avril, de noël aussi.

32:10

Oui mais tu travailles quand même dans ces périodes là puisque tu corriges des copies.

32:13

Non mais je te parle de présentiel moi, devant ta classe.

32:16

Donc en fait tout le reste du temps c'est devant ta classe.

32:18

Et sur ce temps-là, 96 jours d'absence. Donc en fait,

32:22

c'est énorme, je trouve.

32:23

Bien sûr. Mais s'il n'y a aucune prise en compte de ce que tu vis,

32:29

de tes neuroatypies, à un moment donné, tu ne peux pas non plus être Superman.

32:33

Oui, mais il y a un manque à gagner. Et forcément,

32:36

c'est plus difficile de subvenir à ses besoins. D'avoir un salaire qui soit correct,

32:45

déjà de base, sans être neuroatypique, vivre avec un SMIC c'est difficile.

32:51

Donc vivre avec moins qu'un SMIC...

32:54

C'est pas possible.

32:56

Voilà. C'est pas possible. Et tu vois, j'avais fait cette demande d'AAH qui allait dans ce sens là aussi parce que je peux

33:06

travailler et fonctionner au travail, mais avec un certain quota horaire.

33:11

Le quota horaire que j'avais défini pour pouvoir fonctionner au boulot et à la maison.

33:15

Parce que c'est ça, en fait. Le truc, c'est que si je travaille trop,

33:18

moi, à la maison, je ne vis plus. Et comme je disais tout à l'heure,

33:21

ce n'est pas une vie que d'être au boulot ou à dormir.

33:25

Pour moi, c'est de l'esclavagisme, en fait.

33:27

Bien sûr.

33:28

Et que donc, finalement, le bon truc, le bon équilibre,

33:31

c'était de travailler entre 10 et 15 heures. Comme ça,

33:34

le reste, effectivement, je pouvais fonctionner normalement chez moi et d'avoir un complément de revenu pour pouvoir avoir

33:40

cet équilibre-là et ce bien-être-là. Ça m'a été refusé.

33:44

Parce qu'on a considéré que je n'étais pas suffisamment en difficulté.

33:48

"Vous n'êtes pas suffisamment malade, madame."

33:50

Bah non, ce n'est pas une maladie.

33:53

Mais en général, c'est ce qu'ils considèrent.

33:54

Donc, je n'étais pas suffisamment en difficulté pour travailler moins que 25,

34:00

20-25 heures, 30 heures.

34:02

C'est ça, la difficulté d'ailleurs du haut potentiel et du TSA à haut niveau,

34:08

de l'autisme de haut niveau. C'est que comme il n'y a pas de déficience intellectuelle,

34:13

on considère qu'on est aussi fonctionnels que les neurotypiques.

34:16

Ouais exactement.

34:17

Sauf que en fait non. Quand on dit haut potentiel,

34:21

c'est pas juste haut potentiel à vivre la vie. C'est juste avoir une façon différente d'avoir le

34:29

cerveau qui fonctionne. Donc on se retrouve avec des difficultés.

34:33

Enfin je veux dire, il y a un diagnostic de trouble du spectre autistique.

34:38

Donc ça veut dire qu'il y a eu trouble neurodéveloppemental.

34:41

Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, c'est la même catégorie que les autistes de plus bas niveau.

34:49

C'est la même chose. C'est sur le spectre. Et ça malheureusement,

34:56

si on parle bien et qu'on présente bien, en fait c'est un petit peu comme,

35:02

c'est un petit peu comme si on était les neuro-atypiques d'Instagram.

35:07

C'est on présente bien.

35:10

Ouais, c'est vendeur. On fait envie, c'est à la mode.

35:12

Voilà, on a l'air tout bien, il n'y a pas de problème,

35:16

on peut parler, on peut faire des interviews.

35:18

Edulcorés.

35:18

C'est ça. "Oh dis donc, on est magnifique, il y a le petit filtre Instagram,

35:23

c'est joli". "Oh là là il y a une maladie ou un trouble ou je ne sais pas quoi,

35:27

oh bah c'est pas grave, ça se voit pas, c'est joli,

35:29

ça passe à la télé". Mais non on a les mêmes difficultés que d'autres troubles qui sont moins

35:36

beaux. Et en plus c'est dégueulasse d'ailleurs pour les autres troubles.

35:40

Donc vraiment, il y a cette différenciation qui est faite par les institutions d'aide.

35:48

Et comme en plus aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a de plus en plus de difficultés à avoir une aide

35:54

actuellement, parce qu'avec les coupes budgétaires c'est plus difficile.

36:01

Il y a un côté de la société qui essaye d'être plus inclusive,

36:03

et de l'autre côté on se débat encore. Et du coup tous les troubles "instagrammables" sont les

36:12

premiers à en souffrir, parce que ça se voit pas.

36:15

Oui. Et tu vois la situation dans laquelle je suis,

36:21

c'est que par rapport à ce que je t'ai expliqué juste avant,

36:24

c'est que il n'y a pas d'AAH. A moins de refaire un dossier avec de nouveaux éléments,

36:30

patin couffin mais bon c'est long, et j'ai pas envie.

36:34

Donc on va te dire c'est pas grave, tu travailles moins.

36:36

Oui, enfin, travailler 10 à 15 heures par semaine,

36:39

qui vit avec 700 euros par mois ?

36:42

Personne.

36:43

Voilà, donc pas le choix. Je suis obligée de travailler plus que...

36:47

Voilà, donc en fait, quand j'étais enseignante, je travaillais 24 heures par semaine en présentiel.

36:51

Je ne prends pas en compte tout ce qui est copié à la maison,

36:53

parce que ça, c'est à la maison, c'est cool, donc ça diffère un peu.

36:57

Mais là, je me retrouve à travailler 33 heures en présentiel.

37:02

C'est le double de ce que tu avais dit comme étant vivable.

37:05

Oui, et qu'en fait, ce qui me sauve, c'est la ritaline.

37:09

Oui, mais du coup...

37:10

Bah ouais, mais je n'ai pas le choix. Je peux pas avoir d'aide.

37:13

"Tu te dopes pour travailler ?"

37:15

En fait, ce n'est pas une drogue à la ritaline.

37:17

Oui, mais je veux dire, en général...

37:20

En fait, c'est considéré, en fait on est fiché aux stups,

37:25

de ce que j'ai compris. Donc, on surveille notre consommation.

37:30

Mais en fait, il n'y a pas d'accoutumance.

37:32

Bien sûr. Dans le cadre d'un TDAH, non. Puisque c'est comme pour la morphine,

37:36

pour les gens qui ont des immenses douleurs. Il ne peut pas y avoir d'accoutumance,

37:39

puisque c'est pour traiter quelque chose.

37:42

Et donc là, la ritaline, c'est une vraie béquille.

37:45

Là, pour le coup, c'est une vraie béquille pour moi.

37:47

Parce que sans ça, je serais incapable de faire les semaines que je fais.

37:51

Et quand j'ai commencé en tant qu'animatrice, j'étais à...

37:54

Oui, je devais être à... 15 ou 20 heures par semaine,

37:59

15 heures peut-être, je ne me souviens plus. Je n'étais pas beaucoup.

38:02

Et puis, quand j'ai eu la décision de la MDPH pour l'AAH,

38:05

j'ai dit à mon directeur, il va falloir que j'augmente mes heures parce que j'ai besoin d'argent.

38:12

Et je trouve ça terrible que j'aie eu un moment de découragement total.

38:18

Je me suis dit, mais en fait, il sert à quoi ce parcours diagnostique ?

38:22

Il sert à quoi ? Parce qu'en fait, je me retrouve à faire la même chose qu'avant.

38:26

Je me retrouve à faire un boulot, un job alimentaire,

38:29

parce que je sais pas quoi faire. Je me retrouve à faire des choses qui sont pas adaptées pour moi,

38:34

même si là ça se passe bien, on arrive à aménager quand même.

38:37

Mais dans l'idéal il y a encore plein de choses sur lesquelles je demanderais des aménagements.

38:42

Mais je le fais pas, parce que je veux pas non plus qu'on porte la responsabilité de mes handicaps

38:46

aussi tu vois. C'est pas parce que moi, on m'a contrainte à le faire pour les autres,

38:50

que maintenant je me sens légitime à le faire à mon tour.

38:53

Non. Mais oui, c'est déprimant de dire "bon bah c'est bien t'as fait ton diag",

39:00

"t'as fait ton parcours introspectif", nanan. Puis au final on repart comme en 40.

39:05

Mais alors justement : transition.

39:10

Mais je suis tellement douée !

39:11

Ah la la la la la ! Mais est-ce qu'on repart vraiment comme en 40 ?

39:15

Parce que moi je pense que je suis sûre même que,

39:18

il y a des choses que t'as apprises de ce parcours sur toi.

39:22

Des choses, peut-être des forces, une part positive de tout ça ?

39:26

Justement, c'est ce que je me suis dit. Je me suis dit,

39:28

d'aspect extérieur, ça a l'air d'être comme avant.

39:32

Je vais travailler, je fais un boulot qui... Je fais beaucoup d'heures,

39:35

je suis fatiguée. Mais j'ai la ritaline, déjà. Ça,

39:39

c'est tout nouveau. C'est-à-dire que même quand je rentre à la maison le soir,

39:42

j'arrive quand même à faire deux, trois trucs. Après,

39:44

je rentre tard, mais voilà. Le week-end, j'arrive à faire des choses parce que,

39:48

bim, ritaline. Sinon, non, je n'y arrive pas. Je me dis,

39:52

déjà, la ritaline m'aide beaucoup. Et là, la ritaline,

39:57

ce n'est pas pour gérer le TSA, parce que même avec la ritaline,

39:59

tu te prends tous les stimuli, tu te prends tout comme sans ritaline.

40:03

C'est pareil. Mais c'est juste que mon cerveau est plus clair,

40:08

ma pensée fonctionne mieux, j'arrive beaucoup plus facilement à mettre des choses,

40:12

des bruits en fond, des pensées en fond, gérer les émotions,

40:16

ça stabilise vachement mes émotions. Par exemple,

40:19

je ne peux pas faire un truc, je ne peux pas le faire.

40:21

Quand je n'ai pas la ritaline, ça va être une frustration qui peut être assez intense et que je

40:29

vais mettre plusieurs heures, voire plusieurs jours à décompenser.

40:33

En fait, ça calme le feu d'artifice du TDAH ?

40:37

Ce n'est pas que ça le calme, mais ça...

40:40

Ça le range ?

40:41

Non, je dirais que ça le calme, oui, peut-être. Je ne saurais pas comment dire,

40:51

mais bon, disons ça, oui, ça le calme.

40:54

Ça l'amenuise, ça met dans des petites cases douces.

40:57

Ça rend plus facile la gestion des choses. En fait,

41:00

c'est moins prise de tête.

41:01

C'est mieux organisé.

41:02

C'est moins lourd. C'est moins lourd à porter, tout ça,

41:03

en fait. Même si tu te prends la même intensité de tout ce dont on a parlé,

41:11

avec la ritaline, c'est plus facilement gérable.

41:14

Et pareil, l'humeur, pour moi, est plus stabilisée,

41:17

forcément, puisque les émotions, je les gère beaucoup mieux.

41:20

Et l'avantage, c'est que moi, ça a réglé mes problèmes de sommeil,

41:23

la ritaline. On dit souvent que l'effet secondaire,

41:25

c'est trouble du sommeil. Moi, à partir du moment où j'ai commencé à en prendre,

41:29

j'ai dormi comme un bébé. J'ai fait mes meilleures nuits comme jamais j'ai dormi.

41:33

C'est trop bien. Comme quoi, chaque personne réagit différemment.

41:37

Parce que l'autre truc de la ritaline, c'est ça que je voulais dire,

41:40

c'est qu'en fait, c'est pas que ça t'enlève ta fatigue,

41:44

mais en fait, ta fatigue, elle ne va pas prendre le dessus.

41:46

Parce que tu es là à encaisser et que du coup ton cerveau va dire fatigué,

41:54

fatigué et il faut aller dormir. Et bien en fait la ritaline va te permettre de mettre cette

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fatigue en fond. Oui je suis fatiguée, mais j'arrive quand même à fonctionner.

42:01

Et quand l'effet de la molécule commence à se dissiper,

42:05

cette fatigue, chez moi en tout cas, elle arrive de manière progressive.

42:09

Et comme je suis dosée de manière à ce que ça arrive de manière progressive vers 20h-20h30,

42:13

à 21h30 je suis au lit et presque je commence ma nuit à 22h.

42:18

Alors qu'avant je me couchais à peu près ces heures-là 22h30-23h mais à 3h du matin je ne dormais

42:27

toujours pas. J'étais pas sur mon téléphone ou sur un livre.

42:30

Non, j'étais dans mon lit, à tourner, tourner dans un sens,

42:33

tourner dans l'autre, j'ai chaud, j'ai froid, je pense à ma journée,

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je refais le fil de ma journée, je refais tous les dialogues.

42:36

Est-ce que j'ai dit un truc de travers ? Qu'est-ce que lui,

42:38

il voulait dire par ça ? Ah merde, j'ai oublié de laver la tasse que j'avais laissée et que j'avais

42:42

dit que je la laverais, mais je le mets en note pour demain.

42:44

Mais demain, j'ai oublié, tu vois. Et impossible de mettre off sur ton cerveau.

42:52

Alors que là, comme la fatigue arrive doucement et puis elle arrive de manière progressive et de

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plus en plus lourde, lourde, en fait, t'as pas le choix que de te laisser aller.

42:58

Parce que, "ah non mais c'est trop" et du coup pouf,

43:01

voilà. Donc oui, c'est différent effectivement, parce que mon environnement de travail est

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différent, avec mes super collègues que je salue au passage,

43:10

je vous fais des gros bisous vous savez qui vous êtes !

43:16

Donc il y a ça, il y a la ritaline comme je disais,

43:18

et le fait que malgré que je fasse quand même 33 heures,

43:23

comme c'est coupé, tu vois. Je fais le service du midi,

43:24

je fais le service du soir, j'ai le choix de faire les vacances ou pas voilà.

43:28

Donc bon ça c'est différent, ça me paraît pour le coup moins pénible,

43:37

même presque agréable je dirais qu'avant. Donc oui effectivement,

43:41

c'est différent. Et puis même, ça m'a permis d'être en relation avec le monde et les autres d'une

43:49

manière différente aussi. Puisque comme on m'accepte et que c'est sécurisant,

43:53

j'accepte aussi de plus en plus de me révéler, de me montrer.

43:58

Et comme c'est très bien accueilli, du coup c'est encourageant.

44:01

C'est un cercle vertueux. Et le fait qu'on me laisse cet espace là,

44:05

cette possibilité d'exprimer tout ça, ça me permet moi aussi de me retrouver.

44:08

Tout ce qu'on avait cherché à "non, faut pas que ça se voit",

44:12

t'es pénible", "c'est chiant t'es lourde", "t'es fatigante là".

44:16

Jamais personne ne me dit rien, donc moi je me redécouvre aussi à travers ce qu'ils me renvoient de

44:22

moi. Et j'arrive à dire dire, en fait, "ouais, je suis neuro-atypique,

44:26

mais en fait, je suis cool". Et oui, je peux être fatigante,

44:30

je peux être ceci, mais en fait, ça fait partie du package.

44:32

Et que maintenant, c'est soit vous prenez tout, soit vous prenez rien,

44:34

tu vois. J'ai plus cette peur de me dire "l'autre ne m'aime pas,

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j'arriverai pas à être en socialisation avec lui".

44:39

Il y a suffisamment d'êtres humains sur Terre pour qu'il y ait des gens qui me correspondent.

44:42

La preuve, ma petite Delphine. Voilà, et qu'effectivement,

44:48

en me réparant dans ce sens-là aussi, c'est vrai que mon cercle,

44:52

s'est de lui-même, il y a un tri qui s'est fait entre les personnes qui n'étaient pas capables de

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l'accepter. Je m'en suis pris plein la figure l'année dernière,

44:59

ça a fait super mal mais bon, ça fait partie du jeu.

45:02

Je ne vais pas appeler ça un jeu. Et ce qui fait que maintenant je me retrouve avec des personnes dans mon entourage qui

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sont vraiment dans l'accueil total de qui je suis sans jugement,

45:13

sans critique et bon Dieu que ça fait du bien, et ça c'est cool.

45:16

Ce ne serait pas un super joli mot de la fin ? Moi je trouve que c'est beau ça,

45:22

de se dire qu'on est bien entouré de personnes incroyables.

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Ces personnes se reconnaîtront évidemment.

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Mais bien sûr alors j'embrasse ma nanana...

45:34

Mon chat, nanana...

45:39

Merci !

45:39

En petite conclusion ma très chère Sonia, je te propose que pour nos auditeurices qui voudraient avoir une vision un petit

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peu plus étendue de ce que ça peut être l'autisme avec TDAH,

45:54

si tu as phrases, oeuvres, musiques, quelque chose,

45:59

quoi que ce soit que tu trouves intéressant à ce sujet qui pourrait aider nos auditeurices à avoir une vision encore plus étendue ? étendue ? ?

46:08

Oui, je ne suis pas sûre que ce soit forcément plus clair.

46:11

Parce que comme je te disais tout à l'heure l'AuDHD est un profil encore à part entière

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visiblement. Et que dans les ouvrages, même dans les podcasts,

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les choses comme ça, les vidéos, on va parler de TSA mais en fait,

46:24

il va y avoir des traits de TDAH. On va parler de TDAH mais il va y avoir des traits du TSA.

46:28

Je pense que peut-être qu'on n'arrivera jamais finalement à faire deux profils bien distincts parce qu'on se rendra compte

46:34

qu'en fait il n'y en a qu'un. Mais qu'après il y a plus de TSA,

46:37

un peu de TDAH, plus de TDAH, moins de TSA...

46:39

Un spectre en quelque sorte.

46:41

Ou c'est équivalent tu vois, voilà. Donc les choses.

46:47

Tout ce que j'ai pu lire, voir ou écouter, de toute façon,

46:50

il y a toujours un moment où j'ai tiqué. Là, pour moi,

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on n'est pas vraiment sur du TSA. Et après, tu as des traits qui sont communs au TSA et au TDAH mais qui n'ont pas les mêmes

47:00

origines. Donc ça aussi, c'est encore un distinguo à faire.

47:06

Mais, toujours est-il que il y a des livres que j'ai lus que j'aime bien.

47:14

Il y a "La différence invisible" de Julie Dachez.

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C'est une BD, ça, non ?

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Oui, tout à fait. Moi, elle m'a beaucoup parlé. Et qui m'a pas détendue,

47:28

mais rassurée vis-à-vis de l'autisme chez la femme.

47:32

Parce que du coup, là, c'est le personnage... La BD,

47:36

c'est une femme. Et je trouve que c'est une bonne entrée,

47:41

déjà, pour familiariser.

47:43

Moi, je sais que j'aime bien le format BD. C'est vrai que je l'ai lue,

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et c'est très agréable.

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Ca donne envie, enfin en tout cas pour moi ça m'a donné envie d'en savoir plus,

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non mais de continuer à approfondir le sujet. Mais j'ai commencé à me documenter sur le TSA chez la femme parce que quand

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j'ai commencé, (ah oui ça faudrait que je vous raconte un jour mais peut-être une autre fois).

48:04

J'avais commencé chez le TSA de manière générale,

48:09

j'étais tombée que sur des trucs qui concernaient les hommes tu vois.

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Et donc j'ai dit "oh bah non je me reconnais pas",

48:13

jusqu'à ce que je me dise "ah mais attends peut-être chez la femme c'est différent".

48:16

Et donc effectivement j'étais tombée sur une chaîne Youtube,

48:19

la chaîne de Mésange qui parle que de TSA. Et là dessus je me suis beaucoup reconnue.

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J'ai fait "hum ok". Et il y a aussi une autre chaîne Youtube que j'aime beaucoup,

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qui s'appelle "Johanna en pyjama évoque le TSA".

48:36

Donc elle va parler aussi du profil TSA, TDAH. Et puis très pointue là,

48:46

on sent bien le côté autiste qui veut tout dire,

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qui a tout lu. En plus c'est super bien expliqué,

48:53

elle est très pédagogue je trouve. Et puis elle fait des parallèles aussi avec ses difficultés,

48:57

donc forcément ça te parle puisque c'est fait avec des choses concrètes.

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Bien sûr, la personne étant elle-même sujette au TSA,

49:09

c'est sûr que ça parle plus quand c'est des gens qui sont concernés.

49:12

Et puis ensuite il y a un livre que j'ai toujours pas terminé (je lis 10 livres en même temps) qui s'appelle justement "Mon

49:24

cher TDAH" de Jessica McCabe. Je ne sais pas si on dit comme ça.

49:29

Et qui elle en fait va parler de son TDAH, de tout son parcours.

49:34

Et elle va toujours débuter son chapitre par une situation qu'elle a vécue à un moment de sa vie,

49:41

et puis derrière elle va l'analyser. Elle va dire un peu les tenants,

49:45

les aboutissants. Elle va expliquer quels sont les aménagements qu'elle a fait,

49:53

quels sont les outils pour faire face à ce type de difficultés.

49:57

Moi je le trouve très très bien. Il y a des gens qui n'aiment pas,

50:00

mais moi je le trouve très bien, très enveloppant.

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Et puis à chaque fois que je le lisais, j'étais là "mais moi aussi,

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mais moi aussi quand j'étais enfant, mais oui moi aussi".

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Donc c'est drôle, on a l'impression de se lire aussi soi-même et c'est extrêmement réconfortant,

50:16

ça fait du bien.

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Merci beaucoup Sonia pour ces recommandations. Sur plein de supports différents en plus donc ça va être très riche pour les

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gens qui ont des envies différentes en termes d'apprentissage.

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Je vais te remercier encore une fois parce que c'était un échange...

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Ca fait trop de merci là attends il faut que phiou !

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Il faut que j'aille vider mon sac !

50:38

Mais c'était très très chouette de t'avoir.

50:39

Merci de m'avoir invitée.

50:41

Avec plaisir ! Je pense qu'il y a toujours plein de choses à raconter.

50:46

et je pense que c'est toujours important effectivement d'en parler autour de nous.

50:50

D'être dans la communication, super important.

50:53

Merci pour cette communication douce et éclairée ma chère Sonia.

50:56

Mais je t'en prie.

50:56

Autour donc de l'autisme et du TDAH. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.

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Comprendre, c'est déjà faire un pas vers l'autre.

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C'était Delphine, et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

51:13

une autre façon de voir le monde.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.