La semaine dernière.
Les psychologues qui sont spécialisés là-dedans, etc.,
ben je ne sais pas, ils créent quelque chose. On a le mode d'emploi pour l'humain normal.
C'est ça.
Enfin, normal, neurotypique. On ne peut pas avoir le mode d'emploi pour le neuroatypique ?
Oui, et en plus, on peut avoir toutes les variations du spectre pour d'autres troubles.
Enfin, ça peut être super. Donc, si jamais vos plans ne sont pas comme prévus,
respirez un grand coup, relativisez.
Oui, non. Tu sais, les petites boîtes là où, du coup,
tu fais "si vous faites ceci", "vous avez fait ceci?",
"Oui, dirigez-vous vers..."
Oui, c'est ça. Exactement, ce serait super. Un livre dont vous êtes l'autiste.
Ah j'adore !
Ce serait une très bonne idée ! On va exploiter ça.
Merveilleux ! En plus on a des idées créatives pendant le podcast,
c'est parfait.
Mais par exemple je parlais tout à l'heure d'hyperfixation.
En ce moment, je suis dans les hyperfixations culinaires.
Je ne mange que la même chose en ce moment, c'est des gnocchis à la poêle avec un petit peu de bouillon de bœuf par dessus
à la fin de cuisson.
Je comprends, j'ai eu aussi une fixation gnocchique.
Ou alors, les pâtes Rana, les raviolis, je ne mange que,
et ça depuis des années maintenant, que celles au jambon cru.
Les autres, je ne les aime pas, parce qu'il y a plusieurs aliments dans le même ravioli,
et ça, je ne peux pas. Je n'aime pas que les aliments se touchent.
Effectivement.
Quand je vois que sur le paquet, il y a mozzarella-bacon dans mon ravioli,
je vais dire "non, vous me faites un côté ravioli mozzarella,
un autre côté ravioli bacon". Et puis voilà. J'accepte les mélanges que quand les mélanges ne se
voient pas, quand je ne vois pas les aliments. Ca ne me dérange pas sur une pizza,
ça ne va pas vraiment me déranger parce que c'est un tout,
pour moi la pizza est un aliment. Et si ce n'est pas écrit sur la boîte du ravioli,
sur le sachet, je vais sentir un peu quand même parce que le goût et la texture ne sera pas la même et je n'aime pas que
les textures se mélangent.
Et si c'est une texture en tout mixé ?
Tout mixé ça va, parce que c'est la même, c'est une seule.
Sauf que pour avoir goûté ces raviolis mozzarella-bacon...
C'est deux textures.
C'est deux textures différentes et je ne supporte pas.
Ca peut me donner des relents. Sans avoir envie de vomir mais ça peut me donner des relents.
Au secours.
Alors que les raviolis au jambon cru ils ont une forme parfaite.
Ils sont petits donc tu peux en prendre plusieurs sur ta fourchette.
Ils sont bien pliés donc parfois quand ils sont encore un petit peu secs sur les rebords.
Il ne faut pas qu'ils soient trop cuits.
Il ne faut pas qu'ils soient trop cuits parce que quand c'est mou et que la farce sort,
on ne mange pas ceux-là. Alors que quand ils sont bien fermés et bien fermes,
c'est parfait. Et il n'y a qu'un aliment et il est mixé donc c'est bon.
Il n'y a pas de morceaux, il n'y a pas d'ajout de trucs,
de machins non. Laissez-moi avec mon uniformité.
Du coup tu aimes bien les purées.
Alors non justement
Voilà mesdames et messieurs et tutti quanti, maintenantvous avez compris ce qu'est la richesse de l'autisme. l'autisme.
Voilà, c'est à dire que les purées je n'aime pas ça.
Si elles sont écrasées, il y a des morceaux, je n'aime pas.
Mais quand elles sont trop lisses, c'est trop lisse,
je n'aime pas.
Donc il faut un moit-moit.
Mais non, non plus. Mettez-moi l'ingrédient en entier et je me débrouille avec ça.
Vous me le transformez histoire que je vois ce que c'est.
Parce que quand je mange une pizza, j'ai envie de pizza.
Quand je mange une purée trop lisse, j'ai peur qu'il y ait un morceau dedans.
Quand je mange une purée écrasée, j'aime pas qu'il y ait des morceaux dedans,
donc je n'aime pas les purées, et je n'aime pas la texture.
Même avec la seule façon où je peux en manger, c'est quand je mange de la viande avec,
comme ça je mets...
Il y a déjà des morceaux différents.
Il y a déjà des morceaux différents. Donc je mets ma purée sur la viande comme ça je sais que s'il y a un morceau ça ne me
choquera pas.
C'est vrai que quand il y a un morceau dans une purée très lisse c'est extrêmement affreux.
C'est affreux, on a des vrais problèmes. Mais je peux ne pas finir ma purée uniquement parce que j'aime pas manger comme ça. ça.
Ah oui alors que moi je vais me forcer.
Je gâche pas. En général j'essaie quand même de me forcer à manger.
Mais c'est dur. Je peux passer beaucoup plus de temps.
Et généralement je mange en premier des choses que je n'aime pas.
Là pour le coup c'est compliqué.
Moi aussi en premier.
Et ça, ça choque tout le monde.
Bah oui parce qu'ils disent que c'est pas possible.
Du coup si quelqu'un te vole le truc c'est le meilleur truc.
Mais personne me vole mon truc. Personne ne me vole mon assiette.
Sinon je mors, je tape, je fais un truc, je sors un taser.
Moi j'ai une façon spécifique de manger le pain.
Oui, moi aussi. Alors attention, est-ce que tu commences par la partie en dessous qui est un peu
trop grillée ? Ensuite tu manges les rebords un peu blancs ?Après
tu manges la croûte croustillante ?
Et tu finis par la mie. Oui !
On va se serrer la main.
Vous voyez pas mais là on est vraiment.
Voilà comment les autistes mangent le pain. Est-ce que tu aimes le pain de mie?
Alors ça dépend lequel.
Le pain de mie sans croûte.
Alors sans croûte ça va. Mais en vrai je trouve que ça n'a pas très bon goût.
Non ça n'a pas bon goût. Et la texture me dérange.
Mais le vrai pain de mie japonais c'est presque comme une brioche.
Et ça c'est bon.
Ça c'est pas mal. Mais j'aime bien, ça c'est un truc qui peut surprendre.
Mais j'aime bien le pain de mie avec des graines.
Parce qu'on les voit les graines.
Elles sont entières.
Et je sais ce que c'est et ça ne me dérange pas. Mais il y a des matières aussi que je ne supporte pas. pas.
Dieu du ciel, si on part sur les matières on en a pour deux heures de podcast !
Quand quelqu'un, par exemple, griffe un tableau ça ne me dérange pas,
mais le sopalin j'ai horreur de ça. Je ne supporte pas toucher du sopalin,
la texture, la matière, le fait que deux feuilles de sopalin se frottent,
rien que ça, ça me trigger.
Le côté un peu alvéolé.
Oui, sec. Sec, rapeux. Pareil avec les éponges sèches,
je ne peux pas les toucher.
Ah oui je vois ce que tu veux dire.
Quand une éponge est sèche, trop sèche, je ne peux pas.
Les craies, je ne peux pas. La ceinture de sécurité sur l'horizontale...
Mais pas sur la tranche.
Sur la tranche non, c'est parce que c'est parfaitement lisse.
Non non, je veux dire quand tu vois ta ceinture.
Le fait de mettre ses doigts dessus !
Gratter à l'horizontale.
Ah non non non, ça c'est pas possible.
Parce que c'est horrible.
Ça, ça fait du poil aux dents comme je dis.
Oui, exactement.
C'est horrible.
C'est comme, j'explique cette sensation là, c'est comme si,
imagine croquer dedans. C'est, voilà. J'ai imaginé l'éponge sèche et croquer dans l'éponge sèche,
je ne ferais jamais ça.
Mais il y a des trucs qu'on ne peut pas croquer dedans.
Genre par exemple, une fourchette dans une assiette.
En effet, oui.
On est en train de se faire des triggers mutuels,
c'est horrible.
Mais oui, il y a des matières, il y a des textures,
il y a des aliments, il y a des odeurs aussi.
Ah oui.
Les odeurs, l'essence...
Sephora.
Je ne comprends pas.
Ah non, l'essence, c'est un enfer.
Ah non, l'essence, c'est horrible. L'essence, le blanco,
tout ça, les odeurs que les gens adorent, je déteste.
Toutes les odeurs chimiques, la peinture chimique.
L'aquarelle, c'est bien.
Alors par curiosité je vais quand même sentir mais je ne vais pas passer un bon moment.
Mais ça c'est la curiosité aussi qui est problématique.
Mais après passer devant un Sephora par exemple,
mettre du parfum.
Impossible.
Le seul truc c'est de pouvoir avoir un parfum qui a...
Justement j'ai découvert une marque, malheureusement c'est une marque très chère,
c'est Serge Lutens, mais c'est une marque où justement ils vendent ça encore dans les flacons de parfum à l'ancienne avec
le petit réceptacle, le petit bouchon en verre. Il n'y a pas de pchit en fait,
c'est un bouchon en verre et on retourne le flacon et ça met un petit peu de parfum sur le bouchon et on peut se le mettre
un petit peu sur soi, sur la peau.
Tu t'imbibes.
Mais très peu. Et en fait, cette odeur là, comme c'est des parfums avec des fragrances naturelles et qui sont beaucoup moins
fortes, j'ai réussi à trouver. Oui Muta ? C'est mon chat.
Il a envie de participer aujourd'hui. Il a beaucoup de choses à dire sur l'autisme comme c'est un
homme, c'est un chat mâle.
Il rentrerait dans le sujet. Il rentrerait totalement dans le sujet.
Mais c'est possible qu'il soit autiste ce chat. Mais en tout cas c'est vrai que toutes ces odeurs
là, il peut y avoir des odeurs très violentes.
Moi les parfums j'ai pas de problème, parce que j'ai pas de problème avec le mien.
Oui voilà avec le mien ça va.
Le mien ça va, parce que c'est le mien, c'est mon odeur.
Et je l'ai trouvé pour qu'il soit comme moi même.
Voilà. Et d'autres odeurs, le parfum de ma mère par exemple moi j'adore.
La mienne c'est trop compliqué parce qu'elle met Shalimar et c'est avec de l'ambre.
Hyper fort ça c'est dur. Ma mère avait un parfum très réconfortant,
alors que celui de mes petites soeurs je supporte pas.
Quand j'ouvre le placard de la salle de bain, il y a tous leurs parfums dissimulés,
je me prends une bouffée à chaque fois que je l'ouvre.
De laque, de parfum, de tous les produits cosmétiques qu'elles ont.
Je déteste.
C'est sûr que les cosmétiques, les shampoings, j'ai cherché des choses où les odeurs ne m'agressent pas. pas.
J'allais illustrer l'odeur, je sais pas si tu vas comprendre ma vision de la chose mais une odeur
claire, une odeur aiguë.
Oui, genre des fleurs très fortes par exemple.
Des odeurs fraîches et aiguës. J'insiste sur le fait,
la tonalité pour moi.
Je vois bien, aiguë c'est un petit peu comme les pchit de chiottes.
Oui, exactement. C'est exactement ça, ça c'est des odeurs aiguës.
Ah là là, mon Dieu. Je ne sais pas si vous voyez aiguë,
mais on est vraiment sur une fragrance qui agresse.
Ça pique.
Voilà. Quelque chose qui tape un peu le nez, qui pique presque les yeux.
Comme une note très aiguë qui pourrait faire mal aux oreilles,
en fait. Mais naturellement, on va associer ça avec la sonorité,
en fait.
C'est vrai que ça, c'est aussi une caractéristique de l'autisme,
c'est de faire des associations intersens.
Pour comprendre. Pour les interpréter et les comprendre.
Oui, parce que c'est trop complexe, la vie.
Oui, mais voilà, bienvenue dans notre monde. On a des odeurs aigües,
des matières qu'on n'aime pas, des parfois très spécifiques,
comme l'horizontale de la ceinture. C'est impossible.
Oui, mais on arrive à vivre quand même.
On arrive à vivre.
Et du coup, c'est quoi les moments pour toi où c'est le plus difficile?
Encore aujourd'hui.
Alors encore aujourd'hui, ça va être à m'adapter aux grandes foules.
Impossible. Impossible quand il y a trop de monde et trop de bruit.
Et ça va dépendre du contexte et de mon envie. Quand j'ai pas envie d'aller dans,
en fait quand je veux aller quelque part et qu'il y a malgré moi trop de monde je vais être très
irritable. Parfois désagréable. Malgré moi.
Mais c'est une sorte de colère qui masque l'intensité émotionnelle.
Exactement. A la fête de la musique par exemple,
je cherchais un restaurant avec mon père et mes soeurs,
et il y avait énormément de monde. Et ça m'énervait,
tout ce monde et tout ce bruit, parce que nous on voulait juste être tranquillement à manger un
steak. Donc c'était assez dur. Mais c'est pas une grande difficulté.
Je peux aussi ne pas savoir comment aborder des conversations.
Ne pas savoir comment les maintenir quand je ne suis pas à l'aise.
Là ça va, je suis à l'aise donc j'y arrive bien.
Mais quand c'est quelqu'un que je ne connais pas beaucoup ou que je viens de rencontrer...
Est-ce qu'on va parler du bon sujet? Est-ce que la personne va être intéressée ?
Est-ce que je ne vais pas paraître bizarre? Est-ce que je ne vais pas avoir l'impression d'être un
chatGPT quand je parle? C'est un truc des fois quand j'écris par message à des gens que je
rencontre, je leur dis "pardon si je parle comme chatGPT,
je ne suis pas à l'aise comme ça par message". Je ne sais pas comment m'exprimer,
je suis obligé de faire des phrases un peu robotiques.
Parce que je n'aime pas le langage SMS non plus.
Donc c'est pas logique, c'est pas bien formé et ça m'énerve.
Mais je vais pas savoir comment aborder, faire de nouvelles rencontres.
Moi j'utilise beaucoup de smileys du coup.
Oui aussi énormément. Quasiment à tous mes messages.
Ouais pareil. Parce que sinon je me dis mais en fait elle est horrible ma phrase.
Pour être sûr que ça soit bien compris, que comment je ressens la chose,
j'utilise toujours tel smiley pour telle situation,
pour pas paraître froid. Et ça me met mal à l'aise de ne pas en utiliser.
Quand j'en utilise pas pendant un message, je vais en mettre 12 pour les messages d'après.
Les mails du coup t'es obligé d'être plus formel.
Oui. Ça me dérange moins par mail parce que par mail pour moi je l'ai associé à ce côté formel.
Même quand je parle avec quelqu'un que je connais,
je me sens obligé d'être formel par mail, c'est bizarre.
Si toi tu m'envoies un mail, je te répondrais formellement.
Cordialement.
Vraiment je te dirais "cordialement Dushan". Avec mon nom de famille.
"Bonjour Delphine"... Je serais très cordial. Par message t'aurais reçu un "ok" c'est tout.
Smiley !
"Ok smiley". Parce que là, un ok, un OK sec c'est détestable.
Horrible à recevoir. Et quand on l'envoie, on fait volontairement ça pour montrer qu'on n'est pas content. content.
Ou alors on l'a fait, mais pas exprès. Et le message d'après,
c'est... "Hiiii". Petit spoiler.
Oui voilà tu mets un smiley. Après, quand tu oublies d'en mettre un,
tu en mets un ou deux après. Il faut rattraper absolument ça.
Je crois que tu l'as fait hier quand on discutait.
J'ai dû le faire aussi.
Je plaide coupable.
Je comprends parfaitement.
Et du coup, oui, ça fait beaucoup de stratégies que tu as trouvé pour t'adapter.
Exactement, t'es obligé de... En plus moi je l'ai découvert très tard.
J'ai toujours dû faire avec et à essayer de m'adapter.
Donc aujourd'hui j'ai une adaptabilité facile dans certains contextes,
mais une adaptabilité générale compliquée. C'est à dire que quand c'est individuel ça va pas me poser de problème et je
vais me comporter un peu comme la personne se comporte.
En caméléon.
Je vais faire le caméléon constamment. Quand c'est dans des grands groupes,
j'ai constamment peur d'être moi-même.
Mais c'est fou ce que tu dis.
Ce qui est très dur aussi, c'est que peu importe la journée que je vais passer,
quand je vais rentrer chez moi, je vais me dire que j'ai été odieux toute la journée.
C'est horrible, parce que c'est faux. Les gens m'ont pas fait une seule remarque.
Les gens, on a rigolé ensemble, on a fait des vannes.
Parce que les gens dans mon entourage m'aiment tel que je suis.
Mais quand je vais rentrer chez moi, je vais me dire "à un moment j'ai dit cette phrase là",
et la personne a réagi de telle façon, donc ça veut dire qu'elle va y penser énormément,
elle me déteste, c'est foutu, je sors plus jamais,
calme-toi, tu ressors demain si tu veux, il n'y a pas de soucis,
personne ne se souvient de ce que tu as dit à ce moment là,
ou si toi tu as été mal à l'aise de prononcer cette phrase là personne n'a peut-être pas forcément été mal à l'aise de la
recevoir. Parce que tu interprètes tout, tout est surinterprété.
Faudrait qu'on arrive à s'excuser envers nous même.
Non parce que j'essaie déjà de ne plus m'excuser d'exister auprès des gens.
Donc s'excuser auprès de moi même...
D'avoir été trop dur.
Ouais, bah..
Ou alors de s'accepter et de se dire peut-être en fait...
Oui mais dans ce cas t'excuses pas. Parce que t'excuses pas de t'accepter.
T'as pas à t'excuser de t'accepter. Oui, et tu as complètement raison petite créature.
Oui et Muta est totalement d'accord avec ce point,
il ne s'excusera pas de vouloir ses croquettes.
Oh là là, petit coeur !
Mais il nous donne l'impression qu'il n'a pas mangé depuis 2012 alors qu'il a mangé il y a une
heure. Voilà. Mais c'est le chat.
Et il part bouder ailleurs. Il roule des fesses, il montre son mécontentement.
Tout à fait. C'est l'autisme dans sa grandeur.
Mais ça va aussi amplifier plein de petites choses.
Par exemple, les cerveaux nocturnes qui vont être bien plus créatifs ou productifs de nuit,
ce qui est mon cas. Quand tu es atteint d'autisme comme ça,
tu ne dors plus. Ce qui fait que quand je me dis à 2h du matin,
"bon allez, je vais me coucher", 2h10 j'ai un pic d'énergie d'idées et d'envie d'écrire d'un coup,
tout me vient. Et j'ai deux décisions : soit je sacrifie ma nuit pour écrire et donc je sacrifie ma journée de demain parce
que je la passerai à rattraper mon sommeil, soit je dors et dans ce cas je prends le risque d'oublier mon idée ou de pas
avoir la motivation pour la mettre en place demain.
Et ça mène à aussi autre chose que je voulais dire.
Quand on a des plans dans la journée, on a un plan par jour.
On peut pas en mettre deux.
Quand j'ai eu ma journée concert-casting, j'étais très angoissé parce que c'était la première fois
que je faisais ça. Et j'étais à deux doigts d'annuler le casting,
parce que je ne pouvais pas mettre les deux en même temps.
Alors que j'avais facilement deux heures et demie entre les deux.
Et que j'avais le temps.
Oui, mais on ne sait jamais.
Mais on ne sait jamais. Ce qui fait que...
Et ça fatigue beaucoup plus en plus. Est-ce que je vais avoir encore de l'énergie pour être au top de mon énergie pour le
deuxième plan?
Exactement. Typiquement, aujourd'hui, on a ça. Je n'ai consacré que ça.
Et si quelqu'un ce soir me propose « Viens, on fait ceci »,
je vais dire « Non! » J'ai déjà eu quelque chose ou j'ai déjà quelque chose,
je ne peux pas faire autre chose. Demain, je sors boire un verre avec des amis,
même boire un verre, à une certaine heure, c'est-à-dire que tout le reste de la journée,
j'ai le temps, mais je veux consacrer ma journée à ma préparation psychologique à,
ce soir, je vais avoir ça. Donc, je ne peux pas mettre autre chose vendredi parce que j'ai déjà quelque chose de prévu le soir. soir.
De toute manière, on gère en fonction de ses énergies.
C'est ça qui est hyper important.
Et si jamais il y a l'odeur... "L'odeur", bien sûr,
encore une fois, les odeurs ! Si jamais il y a l'horreur qu'un plan ne se passe pas comme prévu ou qu'il y ait un aléa qui
se profile en plein milieu de ton truc, c'est mort.
Ça va être très très dur de se remettre. Et c'est ce dont je parlais tout à l'heure,
si j'ai pas prévu de voir quelqu'un, je ne veux pas voir cette personne.
D'où le fait que je ne viendrai jamais vers quelqu'un que je reconnais dans la rue.
Parce que je n'ai pas prévu de voir cette personne.
Donc cette personne n'a rien à faire dans mon quotidien de ma journée.
Non mais c'est ma logique.
Oui bien sûr. Cause à effet.
Exactement.
Mais est-ce que tu as vu des changements dans ta façon d'appréhender le monde et ton quotidien entre avant le diagnostic
et après le diagnostic?
Je relativise beaucoup plus. Déjà je suis bien plus rassuré.
Je ne me dis plus que c'est moi qui suis bizarre.
Pour moi c'est tous les autres qui sont bizarres.
Mais non, plus sérieusement... C'est pas bizarre c'est juste différent.
Donc déjà j'ai relativisé par rapport à ça et j'ai fini par m'accepter.
Ensuite je me pose beaucoup moins de questions, ou en tout cas quand je me pose des questions je sais pourquoi je me les
pose. Et il n'y a pas de mystère de "qu'est-ce que j'ai",
"pourquoi je suis comme ça", "pourquoi je suis bizarre",
"pourquoi je ne suis pas comme tout le monde". Non non c'est bon,
on se pose. Là t'as cette réaction qui est compliquée à gérer,
pourquoi t'arrives pas à la gérer. Mais tu sais pourquoi,
tu sais dans quel cadre. Et maintenant c'est à toi de trouver la piste de pourquoi t'arrives pas à
la gérer, comment tu pourrais mieux la gérer. Mais si t'as pas la matière initiale,
tu peux pas avoir ces conclusions. C'est pour ça que c'est très important d'avoir toujours la piste
de ce qu'on a. Il y a des gens qui s'en fichent et franchement bravo à vous.
Mais en ce qui me concerne, je ne peux pas ne pas savoir.
Parce que depuis tout petit je sais que j'ai un truc.
Oui c'est ça. Et puis du coup ça fait une sorte de,
enfin un soulagement, de se dire...
Ah c'est que ça.
En fait c'était pas du bluff.
Déjà c'était pas du bluff, et en plus de ça je me suis dit "c'est bon,
c'est que ça, je suis pas un psychopathe, je suis pas un fou malade qui va se faire interner,
je suis pas schizophrène, j'ai pas 12 personnes dans ma tête".
C'est bon, je suis autiste, comme plein de gens.
Comme plein de gens super d'ailleurs. C'est juste quelque chose de différent.
Exactement, c'est un fonctionnement différent, comme tous les troubles.
Mais en tout cas, comme celui-là, c'est le mien.
J'ai compris que je n'étais pas bizarre, mais que j'étais différent.
J'ai des bizarreries et j'en suis fier. Mais à l'époque,
je l'ai caché. Aujourd'hui, si tu ne m'acceptes pas comme je suis,
ce n'est pas moi le problème.
Et justement, ton entourage, comment il le perçoit,
ton trouble?
Ma mère, sa première réaction m'a beaucoup fait rire.
Elle m'a dit, "ça explique beaucoup de choses". Et moi ça m'a fait rire parce qu'avec ma mère on s'est mutuellement analysé
avec les jours qui ont suivi. Et j'ai conclu la chose suivante,
c'est que ma mère l'est également.
Ah oui d'accord.
Parce que j'ai appris après que c'était héréditaire.
Je ne le savais pas en fait.
Oui c'est vrai on a oublié de le préciser.
C'est héréditaire et je suis aujourd'hui persuadé.
Sans faire leur diagnostic à leur place ou à la place d'un professionnel,
mais je suis persuadé que mes deux parents sont atteints d'autisme,
et d'autismes différents.
Oui c'est ça, c'est pas forcément les mêmes.
Ma mère est exactement comme moi. Sur beaucoup de sujets on a une manière de fonctionner qui est
très très similaire, c'est pour ça que je me permets de dire que ma mère l'est très probablement.
Parce qu'elle n'est pas choquée de l'apprendre. Quand je lui ai dit "maman je pense que tu l'es,
tu devrais peut-être consulter", elle me dit "ça m'étonnerait pas du tout".
Et on a les mêmes façons de fonctionner. Des fois on s'embête mutuellement.
Quand je vois qu'elle aligne bien tout sur la table basse,
la télécommande dans tel sens, à telle place, avec à côté tous les objets qui sont rangés par
taille et par ordre, et que je lui dis "moi avec mon autisme j'arrive pas à faire telle chose",
elle me dit "arrête avec tes excuses" et moi juste je bouge un des objets de sa composition,
elle me regarde et fait "ok je comprends". Et elle remet droit tout parce qu'elle n'est pas
capable de voir le désordre. Et mon père, et mon père a le côté dont on parlait tout à l'heure,
beaucoup plus pragmatique, mathématique, logique.
C'est ce qu'il me dit. Mon père par exemple ne comprend pas ma sensibilité.
Ce qui pourrait être un sacré indice aussi. Il ne comprend pas ma sensibilité.
Mais ça ne veut pas forcément dire qu'il n'est pas sensible.
Non non non, il l'est.
C'est dans la compréhension de l'autre.
Il ne comprend pas ma sensibilité, ma manière d'exprimer.
Il l'est à sa façon, ce qui fait qu'on a toujours l'impression quand on lui raconte quelque chose
qu'il n'en a rien à faire. au fond de lui il est fier.
Et c'est un truc que moi j'ai du mal à capter avec lui aussi.
Quand je vais lui raconter ma journée, à lui dire moi j'ai eu un casting,
j'ai eu un tournage, j'ai eu un truc comme ça, et qu'il me fait "ok".
Et sans me poser plus de questions. Au début, je peux le prendre un peu mal à me dire « tu t'en
fout ». Non, non, il ne s'en fout pas, c'est juste qu'il a enregistré l'information,
il faut lui laisser le temps de process, et dans deux jours,
il sera content que ça se soit passé. Et pareil dans son quotidien,
il a besoin que tout soit maîtrisé. Il ne peut pas ne pas contrôler sa vie,
sa maison, son quotidien. Il a toujours la même routine constamment,
il n'y a pas un jour où il ne fait pas la même chose.
C'est pour ça que j'ai des gros doutes sur le sien en tout cas.
C'est qu'il va se lever à la même heure, faire la même chose,
prendre la même chose au petit déjeuner, se préparer à la même heure,
s'habiller à la même heure, faire les choses dans le même ordre,
quand il rentre il fait les mêmes choses. Tout est constant.
J'ai des gens dans ma famille qui font ça aussi.
Et c'est pour ça que je soupçonne qu'il le soit aussi.
Mais le truc c'est que tu ne peux pas forcer quelqu'un...
Je ne le forcerai pas et je ne lui en ai pas parlé.
Je me fais ce petit plaisir moi-même d'analyser mes parents.
C'est un truc personnel. Ma mère est convaincue de l'être,
mais tant qu'on n'a pas de réponse d'un professionnel,
on ne va pas faire de conclusion, c'est un jeu entre nous.
Et mon père, je garde cette information pour moi,
parce qu'il n'en fera rien. Je le connais très bien et si j'ose lui émettre l'hypothèse,
il va me dire "oh pff t'façon".
Mais par rapport à toi, ton autisme, il l'a bien pris ?
Il a mis du temps avant de comprendre.
Après si tu me dis qu'il prend du temps à process.
Oui voilà, il a mis du temps à process aussi l'information.
Il m'a dit "ouais mais autisme ça veut dire quoi?"
Déjà il a posé la question, bravo à lui.
Oui mais voilà, c'est à dire parce que lui quand on lui dit autiste,
il s'imagine tous les exemples stéréotypés.
Évidemment. Et on peut pas le blâmer.
"Mais t'es pas Rainman." Et je fais "non, mais ça n'a rien à voir,
il n'y a pas un type d'autiste, il y a ça, ça, ça et moi je suis plus ça".
Et justement pour revenir sur le jour où on est allé à la fête de la musique,
il a vu que j'étais en colère, que ça commençait à bouillir à cause du trop de monde et que je me
bouchais les oreilles. Il m'a pris par les épaules,
il m'a guidé vers un endroit où il y avait moins de monde lui-même,
et ça, ça m'a beaucoup touché. C'est un petit geste qui peut sembler parfois normal,
venant de lui et c'est une attention qui est très touchante pour moi je trouve.
Je suis d'accord.
Parce que il aurait pu me dire "arrête de faire ton caprice,
on va trouver un endroit et puis c'est bon, patiente 5 minutes".
Non, il a vu que j'allais pas bien, il m'a dirigé vers un autre endroit pour que je puisse
respirer. Et il m'en a reparlé plus tard. Après, on en a discuté un petit peu.
Et aujourd'hui, il le conçoit. Avec toujours des difficultés de compréhension,
mais parce que lui, la psychologie, c'est quelque chose de compliqué.
Il est enfant unique dans une famille avec un père immigré de l'Europe de l'Est qui a toujours été très... très...
C'était pas dans les mœurs.
C'était pas dans les mœurs. C'était en plus qui avait fui le communisme et la guerre,
qui a perdu beaucoup des membres de sa famille là-bas.
Donc, lui, c'était on ne montre pas qu'on est faible.
Montrer ses émotions, c'est montrer une faiblesse.
Typique, le problème, ce qu'on disait tout à l'heure au début,
la société patriarcale...
Oui, mais lui, il avait ses raisons.
J'ai pas dit qu'il n'y avait pas... Tout à fait, tout à fait,
tout à fait. Mais effectivement, ça peut poser des soucis après pour les personnes pour pouvoir
exister en tant que tels.
Exactement, ce qui fait que mon père n'a jamais été très émotionnel.
C'est ce qu'il m'a dit. "J'ai pas un cerveau émotionnel ou sentimental,
j'ai un cerveau pragmatique". C'est-à-dire que lui il faut que les choses soient logiques.
Si c'est pas logique, on s'en fout.
La survie.
Voilà. Et c'est comme ça qu'il fonctionne constamment.
Et ça ne l'empêche pas d'avoir une sensibilité très forte à sa façon,
de vivre les choses comme il les entend, comme il les vit.
Lui il lui faut pas grand chose. Tu lui donnes un beau paysage et de la tranquillité,
il va être très heureux et très serein. Et lui c'est sa manière d'exprimer la joie.
Moi c'est un cadre sain.
Ça s'entend.
Après avec les choses comme je les imagine, bien rangées,
bien classifiées. Mais pour finir avec ça, c'est que s'il s'avère que mes deux parents sont
autistes, sachez que sur 5 enfants je suis celui sur qui c'est tombé.
Le seul. Et j'ai la place du milieu. Donc c'est pour vous dire à quel point on a décidé de tout me
donner d'un coup.
C'est tellement gentil.
Place du milieu avec 8 ans d'écart et 7 ans d'écart entre les deux générations avant et après moi.
Et en plus le seul enfant autiste et artiste. Parce qu'il faut tout donner au même.
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'artistes qui sont neuro atypiques,
c'est vrai. Mais après au niveau de ce qui est hors famille justement,
dans le milieu artistique ou même auprès de tes amis.
Au niveau de la façon dont tu dont tu leur as parlé de ça,
l'inclusion dans le milieu artistique, ce genre de choses ?
Auprès de mes amis quand je leur ai annoncé, j'ai eu la réaction de mon pote,
mon meilleur ami, qui était "ok".
Il s'entendrait bien avec ton père dis donc.
Lui c'était "ok et ça change quoi de qui tu es par rapport à moi ?".
Et je lui ai dit "rien", il m'a fait "ok, viens on va manger un kebab".
D'autres potes qui sont un peu aveugles qui ont fait "ah bon?".
Pareil, exactement la réaction que mon père aurait pu avoir.
Et ma meilleure amie qui m'a répondu "bah oui", et ce à quoi j'ai répondu "comment ça?",
"bah oui mais tu étais le seul pas au courant". Mais mettez moi au courant vous !Dites
le moi ! Pourquoi c'est à moi de vous annoncer quelque chose que vous saviez déjà,
que vous ne m'avez pas annoncé. C'est dingue ça !
C'est pourtant logique, dites-moi, "Dushan tu es peut-être autiste".
Ce à quoi j'aurais répondu évidemment, "bah non".
Bah écoute en tout cas t'as eu le florilège des réactions positives par chacun de tes amis.
Oui. J'ai eu quand même droit au, "ah mais ça se voit pas que t'es autiste".
Qui est la phrase qui m'énerve le plus probablement parce que il n'y a pas un post-it.
"Je masque très bien."
Il n'y a pas un post-it sur ma tronche. Ensuite on peut masquer très bien les choses.
Moi qui n'ai pas eu le choix comme tu l'as dit, c'était une question de survie.
Donc je dois masquer pour m'intégrer. Donc c'est obligatoire.
Et dans le domaine artistique c'est une putain de force je trouve,
en tout cas mon point de vue.
Tu me fais mes transitions en fait Dushan.
C'est une putain de force. Donc ça me permet d'écrire des choses que j'aime,
que j'ai envie, que j'amplifie. Et j'en suis tellement enthousiaste que ça va extrêmement loin,
parfois trop. Il faudrait peut-être un petit peu freiner parce que je pars beaucoup trop loin dans
mes créations.
Après...
Parce que j'ai besoin que tout ait une explication.
Mais après c'est peut-être juste un curseur à régler.
Oui, ça c'est un truc, un travail qui est à part.
Pareil, dans mon art principal, qui est le théâtre,
c'est pour moi une force énorme, parce que quand j'ai commencé le théâtre,
j'ai commencé aussi tardivement le théâtre, c'est-à-dire qu'à peu près 14-15 ans de ma vie,
il s'est à peu près rien passé, ou pas des choses super.
Et les choses ont commencé à aller bien quand j'ai commencé le théâtre.
Et quand j'ai commencé, je me suis dit « Ok, c'est ça que je veux faire plus tard,
parce que j'ai enfin le droit de m'exprimer.»
Et d'apprendre des monologues de 20 minutes.
Ça c'est un autre détail qui arrivera prochainement probablement.
mais j'avais, enfin on me disait, "ok comment tu exprimes cette émotion?".
Et on me demande comment je le fais, et on m'autorise,
et on m'encourage à le faire. Je me suis dit "mais attends je peux être payé pour ça?",
"vous me dites que je peux être payé pour ça?".
Alors on peut être payé.
C'est pour ça que je dis on peut, parce que pour le moment je ne suis toujours pas payé.
Mais c'est quand on m'a dit oui tu peux exprimer la colère à ta façon,
me proposer ta proposition de comment tu exprimes ce personnage là par telle colère,
par tel désespoir, par telle joie. Moi j'ai été aux anges.
On m'a autorisé, et c'est obligatoire dans ce genre de milieu de s'exprimer avec ce qu'on a
vraiment sur le coeur.
En fait ton genre ne posait plus de problème
Non absolument pas. Et d'ailleurs j'ai déjà joué des rôles féminins aussi.
Oui parce qu'en fait c'est jouer un rôle, donc en plus ça n'a même pas d'incidence sur le genre de
toi-même. C'est juste que tu t'autorises à pouvoir avoir une palette artistique qui est différente.
Exactement. Moi, je n'ai jamais été fermé à l'idée d'un jour,
si on me propose un rôle féminin, je vais dire oui.
Bien sûr.
L'objectif sera bien sûr de ne pas caricaturer et de faire ça le plus proche possible.
Mais un jour, ma professeure de théâtre m'a appelé et m'a dit,
"oui, Dushan, je vais jouer la pièce Huit femmes".
Donc, une pièce composée de huit femmes.
Ah bon?
C'est subtil. Et il manquait une actrice. Et j'étais le seul homme dans le groupe de théâtre en
question et ma prof m'a appelé, elle m'a dit "bon il nous manque une femme est-ce que tu veux?".
J'ai dit "non ne m'en dis pas plus évidemment que j'accepte".
Et je suis rentré dans la salle, j'ai demandé "où est ma robe?".
Ça a été très vite. Le spectacle était complètement chaotique,
mais en tout cas l'expérience et l'envie étaient vraiment présentes.
Et je ne suis pas fermé à l'idée.
Surtout qu'en plus là pour le coup c'était spécifiquement des femmes pour le rôle puisque Huit Femmes c'est obligatoirement
entre guillemets des "personnages" féminins. Donc là pour le coup le comédien ou la comédienne qui va jouer le personnage
va jouer un personnage féminin que ce soit un comédien ou une comédienne.
Oui, contrairement au personnage de, par exemple,
Eva Perón.
Dans ?
Eh bien Eva Perón. Je ne sais plus si c'est le nom exact de la pièce mais je crois,
de ce que je crois comprendre, de ce qu'on m'a expliqué,
il faudrait que je me renseigne un petit peu, c'est des personnages féminins écrits pour des hommes. hommes.
Un petit peu comme le théâtre ancien.
Parce que c'est très inspiré de la culture drag queen.
Donc complètement différent.
Et en plus de ça c'est caricaturé à mort mais volontairement.
C'est spécial, il faut apprécier, mais c'est très intéressant à travailler.
Et c'est pas pour autant qu'une femme ne peut pas jouer ces rôles là.
Oui parce que pour le coup, le rôle va différer. En fait c'est le rôle qui va être fait pour un cas spécifique et non pas
comme un rôle qui pourrait être genré au féminin ou au masculin.
J'ai eu la chance de voir les deux versions, on va dire les deux versions binaires.
Oui Muta. Tu veux jouer au théâtre, nous avons compris.
Tu veux expliquer ? Tu veux quel rôle ? Tu veux jouer Hamlet ?
Mais j'ai eu la chance de voir cette pièce et certaines scènes de cette pièce interprétées par des
hommes et par des femmes. Deux différentes, deux personnes que je connaissais qui étaient très
proches de moi. Donc j'ai pu voir deux manières opposées de les jouer.
Et quand tu les joues en tant que femme, c'est des personnages très forts,
très caractérisés, qui ont un caractère marqué, trempé,
parfois un peu flippant. Quand c'est par des hommes,
il y a ce côté diva extrême. Je ne sais pas si c'est clair.
Et c'est hyper intéressant à regarder et à travailler.
Je pense que c'est un petit peu comme la chorégraphie du Boléro de Ravel faite avec des hommes ou
faite avec des femmes, et du coup ça ne rend pas du tout la même chose,
même si la chorégraphie en tant que telle est identique.
Je t'enverrai le nom de la pièce en question.
Avec grand plaisir. Eh bien, mon cher Dushan, nous arrivons à la fin de notre chemin podcastique.
Et je te propose, avant de refermer cette grande parenthèse très agréable,
de, si tu as une phrase, une œuvre, quelque chose qui te parle concernant l'autisme,
que ce soit en lien ou non avec l'autisme, juste quelque chose qui te parle,
si tu veux le partager à nos auditeurices.
Concernant une oeuvre, je ne vais pas aller dans la subtilité de littérature ou d'oeuvres de films,
moi je vais parler tout simplement de Doctor Who,
et principalement de l'interprétation du onzième docteur de Matt Smith qui est à mes yeux très beaucoup plus représentatif
de ce que pourrait être l'autisme ou la neurotypie générale.
La neuroatypie générale pardon. De par, par exemple,
le TDAH, le TSA. C'est un personnage qui représente très bien ces deux aspects en étant touchant.
Il est spécial on va dire, contrairement à Sheldon,
contrairement à Good Doctor où le personnage est caractérisé par ça justement.
Alors que là, le personnage du docteur dans Doctor Who est caractérisé par tout le reste et ça c'est un trait de la personnalité
de cette incarnation du docteur. C'est pour ça que je conseille vivement,
déjà de regarder Doctor Who en général, c'est une super série,
très safe place en plus, avec les queers, avec les neuroatypiques,
avec tout. Tout est super dans cette série, elle est géniale.
Foncez. Et si vous voulez vous sentir un petit peu représenté en tant qu'autiste,
regardez Le 11ème Docteur avec Matt Smith.
C'est une belle reco effectivement maintenant que tu le dis.
Quand tu le sais, quand tu regardes un petit peu avec cet aspect là et cet oeil là,
tu le vois tout de suite, tu le vois tout de suite.
Et une phrase : n'oubliez jamais qu'autiste rime avec artiste.
Oh là là là là là mais qu'est-ce que tu veux que je rajoute après ça.
Mais je fais ce qu'on peut.
Ohlala ! Comédien Dushan !
Evidemment je flatte le micro.
Ecoute en tout cas je suis vraiment ravie. Merci beaucoup Dushan.
Merci à toi.
C'était un superbe échange, très riche, très intense.
Et j'espère que ça va pouvoir donner plus d'informations sur l'autisme et spécifiquement l'autisme au masculin à travers
ton témoignage.
J'espère aussi, j'espère aussi. Merci beaucoup pour l'invitation et la proposition.
C'était très très sympa et très intéressant, j'ai adoré.
Avec grand plaisir.
Tu m'invites quand tu veux.
Ah mais toujours, toujours j'espère. Après pas trop d'épisodes,
parce que sinon ça voudrait dire que tu as beaucoup...
On va parler d'autres choses !
Mais avec grand plaisir merci beaucoup Dushan. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.
Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.