L'autisme masculin avec Dushan Delic-Illien (1/2)
S01:E17

L'autisme masculin avec Dushan Delic-Illien (1/2)

Episode description

Aujourd’hui, nous allons réaborder le prisme de l’autisme mais à travers une vision masculine, avec Dushan DELIC-ILLIEN.

(Partie 1/2)

Invité : Dushan DELIC-ILLIEN www.instagram.com/dushan_delicillien

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Dushan.

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Bonjour.

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Bonjour Dushan. Et on va parler ensemble de l'autisme masculin,

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qui est un autisme tout à fait particulier, puisque la population mondiale est divisée en divers

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spectres. Et selon les personnes touchées, il semblerait que ce soit différent.

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En effet, oui.

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Du coup, je te propose, mon cher Dushan, de faire connaissance avec toi et que tu puisses nous présenter un petit peu qui tu es. tu es. es.

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Bien sûr, bien sûr. Alors, bonjour, bonjour tout le monde.

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Je m'appelle Dushan et j'ai découvert mon autisme il y a assez peu de temps.

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Il y a à peine quelques années, un an et demi, deux ans maintenant,

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à peine que j'ai découvert que j'étais autiste. Et j'ai un autisme,

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trouble du spectre autistique, sans déficience intellectuelle,

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si je ne dis pas de bêtises exactes, parce que je n'ai pas tous les termes non plus.

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Et voilà j'ai découvert ça à la première séance avec ma psychologue lorsque je l'ai vue.

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Donc au fur et à mesure on a amplifié un petit peu cette hypothèse,

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on est allé un peu plus, on a creusé un petit peu plus loin,

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et aujourd'hui maintenant je vis avec. J'ai toujours vécu avec,

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mais maintenant je suis conscient de vivre avec.

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C'est vrai qu'il y a une grosse différence entre vivre avec et être conscient de vivre avec.

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Quand tu n'es pas conscient tu t'adaptes comme tu peux sans être forcément au courant de «

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qu'est-ce que je suis différent? Est-ce que j'ai juste des bizarreries?

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» Mais en fait, il y a une explication pour à peu près tout.

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Et quand tu t'en rends compte, c'est bien plus simple parce que tu es capable de chercher et de trouver tes outils beaucoup

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plus facilement pour vivre après ça, avec ça.

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C'est vrai. Et justement, on va pouvoir en parler ensemble.

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Justement, concernant ce trouble, puisque le TSA,

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le trouble du spectre autistique, c'est un trouble.

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Je te propose qu'on essaye de vulgariser ça un petit peu pour nos auditeurices qui nous écoutent,

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de manière à pouvoir leur présenter déjà l'autisme en tant que tel.

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Et puis aussi les spécificités d'être un homme, entre guillemets,

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que ce soit biologiquement ou sociétalement. Parce que du coup,

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c'est un peu des deux. Et c'est surtout le deuxième.

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Bien sûr, oui, évidemment.

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Alors, moi, écoute, je m'étais un petit peu renseignée.

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Et c'est vrai que souvent, j'ai vu que concernant l'autisme masculin on a beaucoup de mots qui viennent comme l'autisme "visible",

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l'autisme "typique" avec des guillemets, c'est à dire c'est un petit peu le stéréotype de l'autisme. l'autisme.

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Oui, je suis totalement d'accord. Il y a les exemples dans la pop culture qui ne sont pas des exemples représentatifs de

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ce que représente la majorité des autistes. On n'est pas tous comme dans Rain Man ou Good Doctor ou Sheldon dans Big Bang

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Theory même si j'aime bien ses œuvres. Mais il ne faut pas s'appuyer sur ça pour se représenter

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l'autisme masculin. En tout cas dans ces œuvres, on n'est pas du tout comme ça,

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quand une boîte d'allumettes tombe par terre, je ramasse ses allumettes mais je ne passe pas 3 heures à les compter pour

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savoir combien il y en avait. Donc il y a ces stéréotypes là et c'est beaucoup plus simple.

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C'est-à-dire qu'en tout cas, chez les hommes, c'est un des nombreux avantages d'être né homme,

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c'est que ça se décèle plus facilement parce qu'on va apprendre à ne pas trop montrer ses émotions,

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être plus renfermé, il faut être viril, il faut être dur,

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il faut être solide. Soyez vous-même et puis laissez-vous exprimer par tout simplement votre

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sensibilité, elle est personnelle et chez l'autisme,

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elle s'amplifie. D'une certaine manière, on a une sensibilité bien plus grande.

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On est touché par beaucoup de choses qui ne devraient pas nous toucher à ce point à certains

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moments. Tout ce qui va être aussi des hyperfixations,

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que ce soit des hyperfixations alimentaires, sur des personnages dans des livres,

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dans des films, etc. Pour des musiques aussi, on peut avoir des attraits un petit peu obsessionnels pour certaines choses

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sans que ce soit non plus nuisible pour la vie.

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Oui tout à fait, ça c'est comme dans l'autisme féminin.

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C'est juste que ça ne va pas être les mêmes intérêts d'un point de vue sociétal,

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on n'a pas été éduqué de la même manière, et donc ça ne va pas forcément...

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Je dis forcément parce que c'est vrai qu'il peut y avoir tout type d'intérêt,

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même dans l'autisme masculin, tout type d'intérêt spécifique.

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Mais c'est vrai qu'en moyenne ça va peut-être davantage se montrer par les trains comme Sheldon par

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exemple, que quelque chose qui soit peut-être plus sociétalement du type féminin.

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Évidemment, c'est surtout que c'est aussi la raison de pourquoi c'est bien plus dur à déceler chez les femmes déjà parce

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qu'on n'a pas tous les outils à notre disposition.

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Et puis c'est on va dire c'est plus facile entre guillemets à déceler chez un homme,

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peut-être parce que ça a été fait comme ça.

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Oui, que toutes les études ont été faites sur des hommes.

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C'est la difficulté, c'est que on n'a pas assez d'études sur la santé mentale féminine,

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qui est bien plus tout aussi complexe que la santé mentale des hommes.

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Sauf que, évidemment, toutes les recherches vont d'abord aller vers les hommes et on met la santé mentale des femmes de

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côté. On se dit, ah mais non, c'est juste que les femmes sont plus sensibles donc c'est normal.

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Pas forcément. Il y a un trouble qui est, à ma connaissance en tout cas,

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plus présent chez les femmes, c'est le trouble borderline.

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De ce que je sais en tout cas c'est plus présent chez les femmes que chez les hommes,

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et on n'a pas mis les ressources nécessaires pour déceler ça chez les femmes justement.

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Ce qui fait qu'il y a un espèce de blocage aujourd'hui,

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ce que tu me disais aussi, c'est compliqué de se faire diagnostiquer.

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Déjà c'est compliqué d'avoir un diagnostic quand on est adulte et selon le trouble ça va aussi

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dépendre de ton genre.

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Oui tout à fait. Et on ne parle même pas des personnes non-binaires.

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Ce qui va être encore plus compliqué.

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De toute manière, c'est vrai qu'en termes de diagnostic,

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la psychiatrie est encore très genrée, très binaire.

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Et du coup, il y a la plupart des études qui sont que sur les hommes.

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Et les études historiques, en tout cas, qui ont été faites sur les femmes,

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ne sont pas les plus glorieuses. On ne va pas citer Freud,

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par exemple, mais disons que ses idées n'étaient peut-être pas les plus progressistes.

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Ah bon?

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Bizarrement. Bizarrement.

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Peut-être que c'était lui aussi qui avait besoin d'avoir une psychothérapie.

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Oui, j'ai pas vraiment de doute quand tu me dis ça.

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Mais c'est vrai que, pour rappeler quand même les bases de la base,

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l'autisme, ce n'est pas une maladie. Ça ne se guérit pas,

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entre guillemets. Ça n'empêche ni l'intelligence,

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même s'il y a plein de types d'intelligence, ni les émotions,

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au contraire. Mais c'est juste un fonctionnement neurologique différent.

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Exactement.

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C'est-à-dire que ça fait partie des troubles neurodéveloppementaux,

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c'est-à-dire qui sont présents dès la naissance au niveau de la configuration du cerveau,

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de comment le corps fonctionne de base. Et du coup c'est ce fonctionnement-là qui est important de

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comprendre. Que ce soit les autres, pour les gens qui sont atteints de ce trouble.

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Ou pour les personnes elles-mêmes, pour mieux se comprendre.

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Parce que c'est vrai que ça influence, comme tu le disais,

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la communication sociale, la perception sensorielle,

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les intérêts spécifiques, on en a parlé, et puis tout ce qui est façon de penser,

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de traiter les informations, de pouvoir justement évoluer dans l'environnement.

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Mais il y a beaucoup de choses qui sont des mystères complets pour certains cas d'autisme.

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Moi, par exemple, je sais que j'ai beaucoup d'incompréhension sur la non-rationalité des gens.

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Je ne vais pas comprendre certains caractères, certains comportements,

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certaines attitudes, certaines normes avec lesquelles je ne vais pas être à l'aise parce que je ne les comprends pas et

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je ne comprends pas pourquoi c'est normal. Par exemple,

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le simple fait de ghoster quelqu'un par message,

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par exemple, c'est bête, mais je ne comprends pas.

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En quoi c'est compliqué de dire à quelqu'un "ah j'ai plus envie de parler" ?

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C'est un exemple parmi tant d'autres mais c'est un des exemples qui est le plus commun aujourd'hui

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avec les réseaux sociaux. Donc c'est beaucoup plus facile de se faire ghoster par quelqu'un que d'aborder une conversation

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et devenir ami avec quelqu'un dans la rue. Donc c'est plein de petites choses,

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des incompréhensions générales, de ne pas comprendre certaines émotions.

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Moi, ça m'arrive de ne pas ressentir des émotions au même stade que certaines personnes à certains

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moments. Par exemple, aux enterrements, je ne suis pas triste parce que je préfère que la personne soit décédée et qu'elle arrête de souffrir. de souffrir. souffrir.

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Tu vas rationaliser en fait. Ca va être logique donc ça va t'aider.

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C'est ça. Je pleure pas beaucoup pour la disparition de certaines personnes.

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La seule raison qui pourrait me faire pleurer, par exemple,

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pour la mort d'un proche, c'est "Ah, je le verrai moins",

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enfin, "je le verrai plus." Et c'est la seule chose.

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Ça, c'est pas parce que cette personne est partie.

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Si cette personne avait besoin de partir, la vie a fait que.

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Et c'est OK.

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En fait, c'est vraiment la logique versus les normes sociales.

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Exactement.

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Parce que du coup c'est vrai que la disparition de quelqu'un,

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si c'est dans la logique des choses, alors l'émotion associée va être très pragmatique.

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Mais ça ne veut pas dire que tu ne ressens pas fort,

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tu peux ressentir une tristesse intense.

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En fait, il y a aussi tout ce masque autistique qu'on a un petit peu tous eu à un moment ou à un

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autre dans notre vie. C'est compliqué de montrer ce qu'on ressent parce que c'est compliqué de

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comprendre ce qu'on ressent. Je ne sais jamais si je suis content,

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pas content... Précisément. Je ne vais jamais être sûr de mes sensations,

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de mes ressentis, si je passe un bon moment ou quoi que ce soit,

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ça va être difficile de cerner même pour moi-même.

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Est-ce que ça pourrait pas être lié, parce que ça en fait j'avais lu un livre justement quand j'ai lu Goupil ou Face de Lou

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Lubie sur la cyclothymie et la bipolarité, elle parlait justement des émotions secondaires.

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C'est à dire pas forcément juste la joie, la peur,

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la colère, mais une colère-joie ou une tristesse-joie.

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Et en fait moi je sais que je ressens beaucoup d'émotions complexes et du coup c'est pour ça que des fois j'ai aussi du

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mal à identifier. J'ai aussi du mal à identifier justement exactement si je suis contente là ou pas parce que du coup il

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y a plus qu'une seule émotion primaire.

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C'est exactement ça. C'est exactement ça que je ressens,

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tu l'as très bien expliqué.

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Alors après peut-être que moi aussi j'ai eu un diagnostic TSA il y a pas très longtemps et que du coup... coup...

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Peut-être ! Ca doit pouvoir jouer à mon avis, peut-être que ça aide un petit peu.

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Mais après je suis une femme, je me sens femme dans mon genre,

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donc j'ai été éduquée avec mes stéréotypes de genre,

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et donc du coup ça n'impacte pas du tout de la même manière mon autisme et la façon dont c'est exprimé. exprimé.

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Oui bien sûr. En plus ce que tu disais aussi tout à l'heure,

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c'est que c'est un spectre, donc il y a une infinité de ressentis.

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Il n'y a pas deux autistes qui vont être des copier-coller.

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Il y a toujours la subtilité de, moi je ne vais pas avoir de problème,

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moi je ne vais pas avoir de problème émotionnel ou de ressentir certaines émotions différemment,

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mais par contre je vais avoir un cerveau beaucoup plus mathématique et beaucoup plus logique donc je vais être moins ancré

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dans l'irrationnel, l'émotionnel ou la sensibilité.

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Ce qui peut donner parfois l'impression que certains autistes sont très antipathiques.

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Ce qui n'est pas le cas. C'est surtout qu'ils ne comprennent pas les codes de certaines

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sensibilités, ou les émotions ne les ressentent pas de la même façon.

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Ils les vivent mais ne sont pas vraiment capables de les ressentir autour d'eux.

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Oui et de les exprimer aussi à l'entourage, puisque du coup sociétalement les hommes ont toujours été incités à rentrer leurs

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émotions. Et du coup au niveau de l'autisme, il y a beaucoup d'hommes qui vont avoir plutôt une socialisation qui repose

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sur les activités, les centres d'insérêts spécifiques,

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des cadres très structurés etc. plutôt que sur l'émotionnel.

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Enfin en tout cas au niveau de l'autisme masculin du coup.

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Oui c'est un peu ça. Mais ce côté antipathique qu'il peut y avoir,

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c'est pas du tout aussi un truc sur lequel il faut s'appuyer ou il faut avoir peur.

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Parce que il n'y a pas de volonté d'être désagréable entre guillemets.

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Si un autiste semble se moquer un petit peu de ce que tu vas lui raconter,

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ce n'est pas qu'il s'en moque, c'est qu'il interprète à sa façon l'information qui rentre comme

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n'importe qui. Quelqu'un qui va décrocher d'une conversation très rapidement,

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quelqu'un qui va être hyper enthousiaste, c'est la même façon de fonctionner.

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Chacun vit sa vie sociale d'une manière différente et pour cet autisme là en particulier pareil.

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C'est pas, faut pas se sentir vexé ou pas écouté.

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C'est juste qu'il écoute à sa façon. Il enregistre l'information sans pour autant montrer,

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avoir montré d'intérêt, mais parce que c'est pas,

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pour lui c'est pas logique de montrer que ça intéresse,

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puisqu'il t'écoute. Et le fait qu'il t'écoute suscite déjà qu'il est intéressé.

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Oui c'est ça. Parce qu'en fait les conclusions logiques que tu vas faire dans ton esprit vont être "tes" conclusions logiques

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mais vont pas être forcément "les" conclusions normées de la société.

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Et les langages de l'amour, (quand je dis amour avec un grand A,

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bien sûr ça compte pour l'amitié), enfin les langages relationnels d'intérêt d'une personne envers une autre vont être différents

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selon tes propres logiques et les logiques des normes sociales.

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Et du coup il peut y avoir cette incompréhension,

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alors qu'en fait toi tu vas être très engagé relationnellement parlant avec quelqu'un.

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C'est ça. J'ai des amis, amis ami-i, ami-e, qui sont également atteints d'autisme,

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mais qui font, qui te montrent l'amour amical d'une autre façon.

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Moi j'ai besoin par exemple de montrer que j'aime mes amis donc je vais envoyer des messages,

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je vais prendre des nouvelles. Et le lendemain je vais disparaître complètement,

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ne pas vraiment donner de nouvelles. Mais ça veut pas forcément dire que je suis plus ami ou que ça

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va pas, c'est juste que ma batterie sociale elle est...

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Vide.

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Ou elle alterne. Je vais avoir des phases où je vais avoir besoin de voir des gens,

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besoin de parler, besoin d'exprimer ce que je ressens,

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parce que il faut que ça sorte. Et d'autres moments où j'ai rien envie de faire,

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j'ai rien envie de dire. Mais c'est pas pour autant que je vais pas apprécier ces personnes là.

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Et inversement j'ai des amis à moi qui ne me montrent pas de signes affectifs particuliers,

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qui ont des problèmes avec le contact physique par exemple,

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ou qui vont pas forcément prendre de nouvelles ou envoyer des messages,

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mais j'ai pas besoin qu'ils me prouvent leur amitié parce que je sais que quand on est ensemble et

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qu'on se voit, il n'y a rien à prouver.

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Oui, c'est une fidélité multiple, entre guillemets.

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Parce que je sais que ces personnes-là, si jamais elles ne voulaient plus me parler,

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je reçois un message dans deux jours qui me dit "on n'est plus potes,

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on ne parlera plus, salut".

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Ça a le mérite d'être clair en tout cas.

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Ça a le mérite d'être clair.

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Et c'est vrai qu'on devrait peut-être s'inspirer justement du fonctionnement autistique pour clarifier les communications entre personnes. entre personnes. personnes.

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Exactement.

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Beaucoup moins d'hypocrisie.

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Ce serait tellement plus simple.

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Mais c'est vrai que c'est très complexe parce que,

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en plus comme on a dit tout à l'heure, la majorité des études sont faites sur les hommes.

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Et donc en fait on va avoir une majorité des diagnostics qui vont être de 3 à 4 hommes autistes

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pour une femme, alors qu'en fait il y a peut-être les 3 à 4 hommes autistes qui auront été détectés seront les 3 à 4 hommes

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autistes qui rentrent dans les stéréotypes des études sur l'autisme qui ont été faits donc ça.

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Donc ça n'inclut pas les hommes qui expriment l'autisme de manière différente parce que comme on a dit ça reste un spectre

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donc forcément on n'est pas...

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C'est ça, c'est comme si tu avais le spectre entier des couleurs et que tu disais "non mais il n'y

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a que le orange".

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Alors le orange franchement...

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Et le orange... Il y a une infinité de variations,

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de teintes de couleurs différentes.

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Oui et puis comme on dit, c'est un spectre des couleurs.

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C'est à dire que les couleurs se mélangent, se fondent les unes dans les autres il y a plus ou

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moins de blanc, plus ou moins de noir.

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Il faudrait donc changer la méthode de diagnostic probablement.

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Moi j'aime bien imaginer que pour moi ça pourrait se passer plutôt par une forme de test-quiz,

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entre guillemets, de manière très vulgaire, je raconte ça de manière très grossière et vulgaire.

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Mais un peu comme le test des types MBTI, alors qui n'est pas le truc le plus fiable du monde, mais... mais...

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Ouais, dégrossir quoi.

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Elargir un petit peu, à montrer avec des échelles différentes.

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Parce que tout n'est pas... On ne va pas passer du curseur 0 au curseur 100 d'un coup pour montrer

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"il a 100%, il est autiste, il a 87%, on n'est pas sûr".

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Non, c'est juste qu'il l'est, mais il est autant que l'autre,

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mais à une échelle ou avec un fonctionnement différent.

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Il n'y a pas assez de spécialisation dans les praticiens.

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Puis autisme, c'est un terme trop large alors que deux autistes ne vont pas fonctionner du tout de

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la même façon. Comme je te disais tout à l'heure,

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il y a ceux qui ne vont pas exprimer leurs émotions et qui vont être beaucoup plus pragmatiques

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avec un cerveau très mathématique, et t'en as d'autres qui vont être bien plus sensibles.

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Et c'est pourtant deux façons de fonctionner qui sont complètement opposées,

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et pourtant ils ont le même trouble. Donc les tests aujourd'hui qui sont faits pour déceler

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l'autisme, c'est principalement autour des autistes le premier exemple que j'avais donné,

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le côté plus pragmatique à la Sheldon.

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Le plus représentatif, le plus stéréotypé.

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Le plus stéréotypé oui exactement. Celui qui va par exemple faire une crise si jamais il n'a pas la marque de pâte qu'il prend

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habituellement au marché. Ca m'arrive parfois, mais...

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Oui mais c'est parfois, c'est pas juste une personne qui va être tout le temps comme ça.

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Parce qu'il y a plein de petits trucs qui vont s'ajouter et qui vont faire que tu es toi.

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Et d'ailleurs la plupart du temps c'est l'environnement aussi qui pénalise beaucoup les personnes

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autistes, parce que c'est pas un environnement qui les inclut.

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Et aujourd'hui je pense que ça pourrait être pas mal d'avoir les neurotypiques qui apprennent davantage à vivre avec les

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autistes, parce que c'est un spectre très large,

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et en plus comme c'est du neurodéveloppemental, c'est pas une maladie,

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c'est juste une façon différente, donc pourquoi on ne nous inclurait pas aussi dans le monde?

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Exactement, moi la plus grande difficulté que j'ai eu par rapport à mon autisme et avant même qu'il

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soit décelé, c'était ma scolarité. Je n'étais pas du tout adapté au système scolaire.

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Tout m'ennuyait et quand je m'ennuie, je ne fais pas d'effort.

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Et ça pourrait être aussi un symptôme, mais ce n'est pas le terme exact,

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mais un attrait qu'on pourrait retrouver chez les autistes.

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C'est si tu n'as aucun intérêt pour certaines choses,

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tu ne vas pas donner du tien. Et je n'ai pas fait le moindre effort à l'école,

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parce que rien ne m'intéressait. Et au moment où je commençais à être intéressé par certaines

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choses, j'avais de bons résultats.

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Évidemment.

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Quand j'ai découvert la philosophie, c'était la seule matière où je commençais à vraiment être

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intéressé, de par la méthode d'apprentissage, les thèmes abordés et la manière dont les cours

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étaient faits. Et là j'avais que des bonnes notes parce que je m'intéressais et je m'impliquais.

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Et tout le reste, je ne faisais rien parce que je ne comprenais pas l'intérêt d'apprendre des choses qui n'allaient pas

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me servir après. Les maths, je savais que j'avais une âme d'artiste,

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donc je n'allais pas continuer après ça. L'allemand,

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pourquoi j'ai fait ça? C'est une question que je me pose encore aujourd'hui.

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J'ai perdu des années de ma vie à apprendre à dire "Schnell",

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mais je ne l'utilise que pour faire des vannes.

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Ben voilà. En tout cas, si tu arrives à utiliser l'allemand pour l'humour,

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tu as tout gagné.

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Ah ben bien sûr.

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Mais je pense que tu as raison. Et je pense qu'en plus souvent quand c'est un garçon qui est en difficulté scolaire ou en

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tout cas qui a l'air de s'en ficher un peu du programme au niveau de l'intérêt etc,

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il est souvent plus stigmatisé par les professeurs justement qui vont dire "ouais c'est un peu la

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racaille, le rebelle etc", qu'une fille.

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Moi j'ai pas eu ça. Moi j'ai plutôt eu ce côté "il a du potentiel,

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mais il ne l'exploite pas."

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"Il le gâche".

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"Il le gâche." "Tu ne fais pas assez d'efforts". "Approfondis le travail à la maison".

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Donc moi ma logique encore une fois qui me disait "mais attends j'ai travaillé 8h pourquoi je vais

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continuer à la maison?". Et quand je rentre chez moi,

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il faut que je retravaille pendant 2h ? Tout simplement non.

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J'écris et j'ai pour objectif aussi de faire de la réalisation et de mettre en film ou en série mes propres créations et

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mes propres projets. Et ce sont des projets que j'écris depuis l'école,

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que j'ai commencé à écrire quand j'étais encore au collège-lycée.

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Et aujourd'hui je continue ça parce que c'est quelque chose qui m'anime énormément.

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C'est mon objectif, et j'avais déjà cette bille en tête,

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je partais déjà bille en tête comme ça, dès que j'avais 14-15 ans.

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Ah bah de toute façon, en général, les passions principales d'un autiste,

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c'est soit, c'est à fond jusqu'à ce que ça change,

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si ça ne, enfin c'est possible que ça ne change jamais.

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Oui bien sûr.

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Mais c'est sûr que je pense que globalement en plus au niveau masculin il y a beaucoup d'attente sociale sur les hommes dans

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cette société qui est encore très patriarcale, avec beaucoup de...

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Il faut être cheveux courts, barbe, gros biscoteaux.

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Je schématise, mais...

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Vous ne me voyez pas, mais cheveux longs, imberbe et tout maigre.

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Vraiment, je suis une honte pour cette société patriarcale et j'en suis fier.

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Mais tu es un humain, Dushan !

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Je suis un humain avant tout. Et c'est ça qui est beau.

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Mais c'est vrai que cette attente-là et le fait, alors moi je sais qu'à ma propre échelle,

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je me suis beaucoup sentie en décalage permanent.

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Mais je pense que, tu confirmeras peut-être, que le décalage permanent en tant que garçon puis homme c'est quelque chose

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aussi que tu as expérimenté je suppose.

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Oui, parce que je ne correspond pas aux normes qu'on attend,

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déjà psychologiquement parlant et même dans mes passions,

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dans ce que j'aime, dans ce que je voulais faire.

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Je pars dans une filière artistique donc "oh là là il est différent il fait pas médecine" ou "il fait pas de la com" ou

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"il fait pas de la finance". Surprise !

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Oui mais tu peux jouer un notaire.

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Evidemment. Aussi j'ai jamais aimé le foot, que ce soit à regarder,

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donc ça m'a très vite exclu des cours de récré quand tout le monde joue au foot.

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Moi je voulais jouer à d'autres trucs, je voulais faire,

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créer des personnages et les faire exister dans un monde imaginaire.

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Enfin voilà c'était mon kiff, en fait j'adorais ça.

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Et quand tout le monde jouait au foot, moi j'étais dans mon coin en train d'être dans mes rêves et

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dans ma tête. Ou dans mes bouquins parce que je lisais beaucoup encore à ce moment là.

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Donc pareil en termes de normes, et il y avait ce décalage justement dont tu parlais,

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ce décalage de déjà pas rentrer dans les clous,

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que ça se remarque et qu'on te le pointe du doigt.

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Ca a été les difficultés principales aussi de mon enfance,

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c'était de, "ah il est bizarre", "ah il est différent",

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"ah regardez-le"...

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Le jugement.

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Et pour moi en fait on m'a convaincu que c'était moi qui n'étais pas normal.

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Et on m'a fait croire que c'était moi le problème.

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Alors qu'en fait, bah...

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Il n'y a pas de problème.

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Il n'y a aucun problème. Et il ne faut pas hésiter à en parler,

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il ne faut pas hésiter à s'interroger aussi sur soi-même.

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Pas pour culpabiliser, mais pour savoir pourquoi on pense que je suis différent.

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Mieux se connaître.

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Voilà apprendre à mieux se connaître. Déjà pour pas mieux réagir parce qu'il n'y a pas de bonne

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réaction face au harcèlement, à part en parler. Ca c'est difficile d'en parler et surtout quand on te fait croire que t'es un problème. problème.

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Tout à fait.

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Quand tu as déjà en plus peur du contact, peur de parler,

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moi je sais que j'aime pas ça, parler avec des inconnus.

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Quelqu'un va me dire bonjour dans la rue, je vais faire semblant de ne pas avoir entendu.

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Et je vais continuer d'avancer. Et en fait, pendant à peu près 100 mètres,

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je vais réfléchir à est-ce que je me retourne pour dire bonjour ou pas.

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Le débat intérieur.

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C'est constant, c'est constant. Si je croise quelqu'un,

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je vais faire exprès de l'éviter. Quelqu'un que je connais.

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Je vais faire exprès de l'éviter. Pas parce que j'ai pas envie de parler à cette personne.

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C'est parce que j'ai horreur d'aborder cette conversation avec quelqu'un.

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Et que je l'adore ou que je le déteste je ferai la même chose avec n'importe qui.

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C'est la rencontre random.

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Voilà, parce que ça ne va pas dans mes plans. Je n'ai pas prévu de voir cette personne aujourd'hui,

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donc je ne la verrai pas.

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Ce n'est pas possible.

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Ce n'est pas possible.

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Ce n'est pas logique que cette personne soit là au temps T.

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Voilà. Typiquement aussi, la perturbation de plan.

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Il faut que tout soit organisé au cordeau, et si jamais il y a une petite perturbation,

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la journée est fichue.

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La semaine prochaine

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C'est une super belle transition que tu es en train de nous faire là Dushan,

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parce que la prochaine partie c'est justement sur vivre avec tout ça.

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Bah parfait allons-y.

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Et justement comment ça se passe au quotidien, les répercussions,

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tout ça. Donc là c'est génial, c'est parfait.

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