Le Stress Post Traumatique avec Cécilia (1/2)
S01:E13

Le Stress Post Traumatique avec Cécilia (1/2)

Episode description

Aujourd’hui, nous recevons Cécilia, qui vient nous parler du stress post traumatique.

(Partie 1/2)

Invitée : Cécilia

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui je reçois Cécilia.

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Bonjour !

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Et on va parler ensemble de stress post-traumatique.

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Oui, un gros mot, un gros mot.

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C'est vrai, ça fait un peu bande-annonce de films noirs.

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Clairement, même apocalyptique. Mais non, pas du tout.

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C'est vrai. C'est juste de l'anxiété et envie de crever,

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sinon tout va bien.

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C'est ça, en gros c'est ça.

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Justement, ma chère Cécilia on a un peu envie de faire connaissance avec toi.

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Si tu veux bien te présenter. Qui es-tu ?

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Je m'appelle Cécilia, j'ai 25 ans, plutôt 26, notez vos agendas.

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Et moi, je travaille dans le cinéma d'animation et je fais aussi de la BD, voilà. voilà.

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De manière brillante, vraiment, si jamais...

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Adorable, vraiment, merci beaucoup. Donc, c'est ça,

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mes activités principales. Et je suis aussi impliquée dans la communauté brésilienne et j'aime beaucoup tout ce qui s'y rapporte, voilà. voilà.

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C'est vrai que tu parles couramment portugais, ce qui n'est pas du tout mon cas.

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Complètement aléatoire mais voilà. Juste pour dire que je suis une personne qui a des centres d'intérêt bien spécifiques disons donc. disons donc. donc.

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Est-ce que ce serait pas un petit lien avec certains autres épisodes ?

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Ouuuh teasing... Et donc tu as accepté de venir nous en parler aujourd'hui.

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Et je te remercie énormément parce que c'est vrai que,

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qui dit stress post-traumatique, dit qu'il y a eu un traumatisme.

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Oui tout à fait. Je sais pas si tu veux que j'explique mon traumatisme,

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enfin ma réaction, tout ça...

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Alors moi je ne force personne à quoi que ce soit.

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Donc tu te sens libre durant tout cet entretien à dire exactement ce que tu souhaites dire et ce que tu souhaites partager

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à nos auditeurices.

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Bien sûr. Bah écoutez, je vais raconter mon expérience avec le stress post-traumatique.

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Parce que je pense que c'est bien que les gens soient informés.

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Parce que si je fais cet épisode avec toi, c'est un peu aussi pour de la prévention.

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Parce que moi c'était vraiment vraiment un très gros mot pour moi,

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le stress post-traumatique, c'était un truc. On a tous l'image du soldat qui revient de la guerre,

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traumatisé, de ces films un peu sur la guerre du Vietnam,

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etc. On fait beaucoup de blagues là-dessus. Et moi,

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personnellement, ça me fait rire aussi. Mais c'est vrai que c'est une image qui fait peur et moi,

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c'était quelque chose dont je pensais ne jamais pouvoir être atteinte.

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Et quand j'ai eu ce diagnostic de stress post-traumatique,

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c'est vrai que ça m'a surprise parce que je ne pensais pas du tout que c'était possible pour moi.

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Je ne sais pas si ça fait sens. Mais du coup comment c'est arrivé,

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je vais faire quelque chose d'assez sobre histoire de ne pas aller dans trop de détails.

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Mais il y a un an de ça, ma mère a été diagnostiquée d'un cancer.

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Et elle va très bien aujourd'hui d'ailleurs, si vous vous demandez.

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Elle a une guérison totale, cancer du sein. Et à l'annonce de cet événement,

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j'ai eu une espèce de comment dire, de déphasage un peu si je puis dire,

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mais j'ai très bien encaissé le diagnostic de ma mère.

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Et en fait, j'ai été absolument solide comme un roc pendant tout son traitement,

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c'est-à-dire toute sa chimio, je l'accompagne à l'hôpital.

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Vraiment, j'ai été extrêmement solide, très fonctionnelle.

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Et en fait, je pense que j'ai fait ce qu'on appelle une décompensation plus tard.

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Parce que plus tard, après, j'ai dû partir dans une autre ville pour mes études.

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Je n'avais jamais quitté le foyer familial, etc.

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Et à cette époque-là, ma mère, elle est déjà beaucoup mieux.

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Sauf qu'en arrivant dans la nouvelle ville en question,

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là, il s'est passé un phénomène qui est que j'étais dans une angoisse,

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mais pas possible, de manière permanente. C'est-à-dire que j'étais,

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à la tombée de la nuit, ce qui était un petit peu l'heure à laquelle j'amenais ma mère à l'hôpital,

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le moment où je veillais un peu sur elle, j'étais en panique absolue,

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je ne pouvais plus fonctionner en tant qu'être humain normal.

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Et c'était une anxiété, mais je ne peux même pas décrire le niveau d'anxiété.

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J'étais un fantôme, en fait. Ddonc je suivais mes études le jour normalement,

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j'allais faire ma formation etc, et le soir quand je rentrais,

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je dînais etc, ça se manifestait toujours quand j'étais seule.

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Donc en gros quand j'étais entourée à l'école ou avec mes collocs ça se passait très bien.

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Mais à partir du moment où j'étais seule, je n'étais plus un être humain.

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J'étais que du stress, que de l'angoisse et voilà,

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c'est pour raconter brièvement.

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En tout cas, merci beaucoup d'avoir partagé ça avec avec nous tous qui écoutons.

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C'est un peu lourd, je sais, mais bon.

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C'est vrai que c'est toujours très compliqué parce qu'effectivement,

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le stress post-traumatique, ça veut dire que c'est après un traumatisme.

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J'insiste bien là-dessus parce qu'effectivement,

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ça ne dépend ni de la gravité de ce qui s'est passé,

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de l'événement, ni de la force, entre guillemets,

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de la personne qui le vit. C'est-à-dire que ce stress,

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c'est une menace pour la vie. C'est une atteinte à ta santé mentale,

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voire physique. Mais il faut bien comprendre que c'est réel pour la personne et que ce qui est raconté comme le traumatisme

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initial, peu importe sa gravité et peu importe la force de la personne qui le reçoit,

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ça amène ce traumatisme, enfin ça amène ce stress derrière.

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Donc il ne faut pas minimiser ce moment là. Surtout qu'il y a des personnes qui ont vécu entre guillemets ce qu'on pourrait

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qualifier de trauma et qui n'ont pas en fait, qui ne se reconnaissent pas dans le mot traumatisme parce qu'ils ne l'ont pas

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vécu de la même manière. Donc c'est vraiment une question de vécu et il faut respecter le vécu de

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la personne.

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Ouais tout à fait. D'ailleurs c'est intéressant ce que tu dis,

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parce qu'à l'époque où j'ai vécu mon traumatisme,

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je l'appelle comme ça mais c'est vrai que j'avais même pas conscience que c'était un traumatisme,

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parce que pour moi en fait tout s'est bien passé au moment où ma mère m'a fait l'annonce de son

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cancer, où j'ai suivi son traitement etc. En fait à ce moment là,

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j'avais absolument pas conscience d'avoir vécu un traumatisme.

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Et c'est que plus tard, quand je suis partie dans cette fameuse ville (que je ne nommerai pas mais envers laquelle en plus

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j'avais des sentiments assez positifs et j'étais plutôt contente de faire cette formation-là).

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Malgré ces conditions que je dirais idéales, c'est là que j'ai fait une décompensation dans le

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terme psychiatrique. C'est ça, c'est une décompensation.

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Parce que j'étais loin de ma mère. Et j'ai commencé à développer une grosse thanatophobie,

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c'est-à-dire que je m'inquiétais tout le temps pour mes proches de manière paralysante et ça me

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menait à des TOCs. C'est-à-dire que j'avais beau avoir ma mère au téléphone une heure,

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après, l'heure d'après, je me disais, mais si ça se trouve pendant l'heure où je l'ai pas eue,

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il lui est arrivé un truc de ouf. C'était que des trucs où ça me développait des TOCs pour éviter qu'il arrive des choses

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à ma mère ou à mes proches. Et c'est vrai qu'à ce moment là,

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je me posais pas du tout la question de si j'étais atteinte d'un traumatisme.

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Je pensais juste que j'étais angoissée, que je vivais mal ma transition dans une autre ville.

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Parce que je me disais c'est vrai que j'ai jamais bougé de ma ville initiale.

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Je pensais que c'était beaucoup de changements et beaucoup de maladaptations j'ai envie de dire.

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Mais non, en fait c'était vraiment comme tu dis le traumatisme.

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Et c'est vrai qu'on ne le reconnait pas forcément toujours au moment où on le vit.

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Bah parce que du coup c'est quelque chose qui est déjà passé et on est dans l'après.

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J'avais lu une phrase que j'avais bien aimée, c'était "le traumatisme ce n'est pas ce qui est

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arrivé, c'est ce que le corps en a fait".

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C'est assez juste, parce que pour le coup moi ça c'est pas..

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Les symptômes, j'en ai eu aucun l'année, la fameuse année.

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C'est vraiment un an après que tout a pété. Et c'est vrai que je pense que c'est là où mon corps a décidé de tout lâcher

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en mode au secours, appel à l'aide.

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Un peu comme si tu t'étais pas permis de lâcher quand ta maman avait besoin de toi.

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Oui je pense.

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Et que du coup maintenant que ça allait mieux, t'as eu tout le retour de bâton.

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Complètement, c'est complètement ça.

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Mais c'est quelque chose qui est quand même très important à comprendre,

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c'est quelque chose de très réel même si c'est dans la tête.

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J'insiste toujours sur ce point là : c'est pas parce que c'est dans la tête que ce n'est pas vrai.

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On dirait Dumbledore. Mais c'est vrai que c'est complètement neurobiologique parce qu'on a le cerveau qui reste bloqué en

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mode survie. Même quand le danger n'est plus là.

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Puisque tu disais que ta maman est guérie aujourd'hui.

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Oui tout à fait.

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Et en fait dans ton cerveau il y a quand même ce mode survie qui est toujours activé.

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Exactement. Et ça c'est le truc le plus handicapant je pense.

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Parce que ça provoque une anxiété énorme, c'est à dire un mode survie comme tu dis,

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une méfiance. Moi aussi j'avais beaucoup d'agressivité,

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de TOCs, que si je ne rentre pas à cette heure-là,

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que je ne l'appelle pas à cette heure-là, il y a un truc qui va mal se passer.

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Et ça s'étendait en plus à tous mes autres proches,

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petit à petit. C'est-à-dire mon partenaire, ma sœur.

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En fait, tous ceux qui étaient vraiment très proches de moi,

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je commençais à développer cette même thanatophobie envers eux.

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Une thanatophobie, je le reprécise, c'est la peur de la mort.

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Exactement, la peur de la mort. Et ce qui était paradoxal,

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parce qu'avant, je n'avais pas cette peur de la mort.

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Et je tiens à préciser que d'ailleurs, je n'ai pas vraiment peur de la mienne,

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ce qui est paradoxal. Mais c'est vrai que ma propre mort m'indiffère assez peu assez lourdement

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d'ailleurs, mais celle des autres était une préoccupation majeure,

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et effectivement physique dans le corps. C'est à dire que je le ressentais physiquement.

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J'étais incapable de me consacrer à mes hobbies cette année d'études.

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Cette fameuse année, j'étais tous les soirs dans ma chambre,

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limite en train de vriller ou à me faire du mal d'une manière ou d'une autre,

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ou à saboter mes soirées quoi. En gros c'est ça.

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Du coup il y avait beaucoup de ce qu'ils appellent altération émotionnelle,

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de la honte, de la culpabilité, toutes ces choses là...

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Beaucoup parce qu'en plus c'était, dans mon cas, parce que je sais que tous les traumatismes sont

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différents bien sûr, et j'ai été un petit peu informée avant grâce à MeToo,

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tous ces mouvements, que les viols etc. pouvaient apporter ce genre de stress post traumatique.

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Mais je ne me voyais pas, ni comme un soldat de la guerre,

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ni comme une personne ayant subi ce genre de violence.

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Donc je me disais c'est un événement qui arrive à beaucoup de gens,

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pourquoi en faire des caisses. Je minimisais beaucoup ma douleur.

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Mais force est d'avouer que ça a un impact énorme sur le quotidien et le ressenti.

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Pardon, je me suis un peu perdue dans la question.

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Non, non. C'est tout à fait ça. Et c'est d'ailleurs ça qui est très problématique.

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Comme il n'y a pas de valeur de qu'est-ce qui est grave ou pas grave,

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puisque c'est complètement indépendant de la gravité,

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on va dire objective, d'un événement, puisqu'il peut arriver n'importe quoi.

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Je sais pas mais si une personne voit tomber une brique depuis le haut d'un mur et que ça lui tombe

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même pas dessus, juste voir tomber une brique et qu'après ça lui fait un stress post-traumatique de peut-être la mort de

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mourir écrasé ou je ne sais pas quoi, ça peut exister puisque c'est pas en lien avec l'événement de base. base.

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Ouais complètement. Mais tu parlais de culpabilité,

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et c'est vrai que pour moi c'était un élément fort parce que,

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en fait, ma mère n'a pas choisi d'avoir un cancer,

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la pauvre. Et il y avait cette double culpabilité de non seulement elle se sentait mal d'être

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malade et de nous imposer. Je mets des très gros guillemets parce que ma mère est une personne qui est très discrète et qui

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n'aime pas trop s'imposer. Mais elle n'aimait pas nous imposer,

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qu'on l'amène à l'hôpital, tout ça. Elle détestait.

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Et moi, j'avais cette énorme culpabilité de, non seulement elle était malade,

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mais en plus, j'avais développé une réaction face à cette maladie,

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ce qui a été... En fait, je l'ai cachée. A ce jour,

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je ne lui ai pas dit... Je lui ai dit que je souffrais de stress post-traumatique,

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mais je ne lui ai pas dit pourquoi. Parce que je ne voulais pas qu'elle se sente mal par rapport à

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cette annonce. Parce que déjà, la pauvre, elle a eu un cancer.

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Si en plus, on lui disait... En plus, ta fille,

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maintenant, elle est folle à cause de toi. C'est quelque chose qui n'est pas plaisant,

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je pense. Et donc, la culpabilité, dans mon cas,

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était forte. Parce que je ne voulais pas que ma mère se sente mal par rapport à ça.

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Et donc, je lui ai toujours... A ce jour, elle ne le sait pas.

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Elle connait mes problèmes mentaux car elle est psychiatre.

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Petite annonce au passage donc j'ai dû lui parler par rapport à mes médicaments etc de tout ça.

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Mais je ne lui ai pas parlé du pourquoi.

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Après de toute manière ça reste à chacun de savoir ce qu'il ou elle souhaite faire en termes de

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communication. Moi personnellement je prône toujours la communication,

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mais après c'est ma façon de faire. C'est pas la "bonne" façon,

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c'est juste moi. Et en plus de ça, ce que je pense qui est le plus important,

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c'est surtout de se dire que chaque chose qui arrive,

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que ce soit le cancer de ta maman, que ce soit ce que toi tu vis actuellement,

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en fait c'est la faute de personne, c'est juste arrivé.

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Et en fait elle n'a pas à se sentir coupable par rapport à toi,

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et tu n'as pas à te sentir coupable par rapport à elle.

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Parce que c'est deux choses qui sont indépendantes.

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Ah mais complètement.

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C'est le seul truc que je peux apporter de petite pierre à l'édifice.

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Je tiens à dire aux personnes qui souffrent de stress post-traumatique,

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ce n'est jamais de votre faute, ni des circonstances quelles qu'elles soient.

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J'aimerais que les gens le sachent, il n'y a pas à se sentir honteux ou coupable.

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Même si je suis encore sur ce chemin de guérison moi-même.

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Mais je tiens à dire qu'il ne faut vraiment pas en avoir honte.

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Et c'est vrai que comme tu dis, la communication est la meilleure chose à faire.

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Mais effectivement ça dépend des circonstances, ça dépend d'où on en est dans sa vie,

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et la relation avec ma mère aussi. Chaque cas est particulier dans tous les cas.

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Bien sûr. Et il ne faut pas juger les personnes qui font ce qu'elles peuvent surtout.

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Oui, complètement. C'est ça, donc petit à petit.

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Et d'ailleurs, est-ce que tu savais, parce que j'ai fait un petit peu mes recherches de chiffres,

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j'aime bien faire mes petites recherches de chiffres.

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Je me doute.

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Et j'ai vu, alors j'ai trouvé ça incroyable, environ 70 % de la population mondiale vivra au moins un événement potentiellement

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traumatique. Ça veut dire que si on regarde la gravité entre guillemets des événements,

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il y a quand même presque enfin presque les trois quarts de la population qui va vivre un événement qu'on pourra qualifier

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de traumatique.

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C'est fou.

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Mais il n'y a que 5 à 8 % des personnes qui vont développer un stress post-traumatique au cours de

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leur vie. Ce qui fait qu'on voit bien qu'il n'y a pas du tout de corrélation entre la gravité de

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l'événement. Puisqu'il y en a 70 % des gens qui vont avoir un événement grave dans leur vie et qu'on pourrait qualifier de

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traumatique et qui vont avoir ça dans leur vie, mais il n'y a que 5 à 8 % des gens qui vont

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développer ça, le stress post-traumatique.

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Ah, c'est fou.

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Donc, on voit bien que ça n'a rien à voir avec la gravité de l'événement.

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C'est fou, j'avais lu 20 % au lieu de 70. Ça fait beaucoup.

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C'est dire que la vie humaine est dangereuse.

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Oui, clairement.

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C'est fou, 70 % à la vache. Mais en même temps, ce n'est pas étonnant.

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Tout peut déclencher ce trouble.

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Bien sûr, quand on voit le nombre de personnes qui ont subi des viols,

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malheureusement, dans la vie, la guerre, les personnes qui sont,

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la famine, qui sont SDF, les morts graves d'accidents de la route ou ce genre de choses,

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ça fait beaucoup d'événements traumatiques potentiels.

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Oh oui oui c'est sûr. Et puis on est tous humains et chacun de nos proches va mourir.

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Si on veut reprendre mon cas personnel, en fait c'est une réalisation je pense.

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C'est grandir que de se rendre compte que oui chacun de nos proches est inévitablement voué à

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mourir. Et chez certains c'est une réalité qui est facilement acceptable,

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chez moi ça a développé ça. Mais effectivement c'est de la faute de personne.

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Après peut-être que tu es quelqu'un de très, comme on dit,

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comme les moines, les dalai-lama. Tu es très proche,

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tu as une réflexion spirituelle et philosophique très poussée,

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qui fait que du coup chez toi ça a généré ce traumatisme.

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C'est drôle que tu parles de ça parce que je suis bouddhiste.

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Alors pas bouddhiste tibétain, parce qu'il y a différentes écoles de bouddhisme,

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on en parlera peut-être plus tard. Le bouddhisme au contraire,

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m'a aidée à surmonter cette perte de la mort, au contraire.

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Parce que dans le bouddhisme, comme peut-être certains savent,

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il n'y a pas de fin. C'est-à-dire c'est de la réincarnation,

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la fin c'est d'être un Bouddha, c'est d'être éveillé,

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c'est d'atteindre le Nirvana. Donc au contraire,

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ce non-soi et ce cycle de réincarnation m'a aidée personnellement à me dire qu'il n'y avait pas vraiment de début ni de

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fin. Je ne sais pas si ça fait sens. Et ça m'a aidée à y réfléchir,

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donc à plutôt m'apaiser paradoxalement. C'est drôle je voulais en parler un moment,

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mais merci d'avoir lu dans mes pensées.

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Alors moi je ne suis pas bouddhiste du coup, mais je lis dans les pensées.

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Mais très très occasionnellement.

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Bah voilà finalement !

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Oh mon dieu. Est-ce que tu savais d'ailleurs ma très chère Cécilia,

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que le stress post-traumatique était plus fréquent chez les femmes ?

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Ah ça m'étonne pas trop.

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J'ai l'impression que c'est très sociétal ça.

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Bah oui. Je pense que la plupart des femmes vivent quand même des choses qu'on minimise beaucoup.

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Et comme je t'ai dit, moi l'image que j'avais c'était vraiment le soldat revenu de la guerre,

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machin. C'est un truc très masculin en fait. Le stress post-traumatique,

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dans l'idée qu'on s'en fait. Mais dans la réalité,

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je pense que les femmes, de par la nature de personnes opprimées je pense,

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ont plus de chances de vivre ce genre de choses.

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Et puis la plupart des violences sexuelles sont commises sur des femmes.

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Je suis pas très étonnée, je dois dire.

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On nous apprend à beaucoup contrôler aussi. Donc finalement toute cette hyper vigilance,

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cet hyper contrôle, ça peut être aussi favorisant d'un stress post-traumatique.

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Puisque comme tu le décrivais, toi t'as contrôlé pendant un certain temps,

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et ensuite t'as fait une décompensation.

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Tout à fait je pense que c'est... Je m'y connais pas énormément sur la question,

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mais je pense que oui les femmes (car j'en suis une jusqu'à preuve du contraire),

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oui on intériorise beaucoup de choses, et on se permet pas forcément d'exprimer toutes les

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émotions. On s'apprend à être fortes. Je sais pas ce qu'un homme pourrait dire sur le sujet,

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mais j'imagine que pareil, mais j'en sais rien en fait.

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Mais je pense que les femmes ont ce poids effectivement,

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de peut-être ne pas trop montrer, ne pas trop être une chochotte aussi,

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machin... Et puis moi j'avais ce truc que j'étais l'aînée de la famille.

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Donc il y avait aussi cette espèce de poids du type "si l'aînée tombe,

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tout tombe". C'est un château de cartes. Je pense que j'ai contrôlé ça en grande partie par rapport

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à ça, oui, peut-être.

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C'est vrai que c'est très complexe comme syndrome.

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Je ne sais pas si on dit syndrome ou trouble.

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Je pense que c'est trouble, je pense, je ne sais pas.

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En fonction du sigle, en français ou en anglais, n'est-ce pas ?

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On a TSPT, ça c'est en français.

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C'est moche, j'y arrive pas.

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J'ai PTSD en tête.

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Bah moi aussi. C'est pas bien, c'est un anglicisme,

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mais j'ai PTSD vraiment dans la tête. TPSP ça ah non...

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C'est très bizarre. Ca fait un peu émission de télévision...

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Je trouve ouais. Très étrange. Qui passe à une certaine heure.

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C'est pas bien, moi je dis PTSD parce que c'est plus simple,

20:11

mais c'est vrai que c'est un anglicisme.

20:14

Et du coup, juste pour conclure un peu sur cette partie pédagogique,

20:18

le diagnostic est donc bien posé soit par un psychiatre,

20:25

soit par un ou une psychologue formée au traumatisme.

20:30

Alors tout à fait. J'ai parlé de mon cas, j'en ai parlé à ma mère,

20:35

parce qu'à un moment ça devenait invivable. Je commençais à me faire du mal.

20:39

C'est pas de l'automutilation, parce que je pense pas que ce terme soit approprié (j'ai très peur

20:46

du sang), mais je me mordais. En fait j'essayais d'avoir...

20:48

C'est de l'automutilation.

20:49

Bon bah ok.

20:51

C'est juste que c'est de l'automutilation qui ne reste pas dans le temps,

20:53

qui ne fait pas de traces.

20:54

Moi je ne supporte pas tout ce qui est tranchant etc.

20:57

Mais il fallait que je ressente quelque chose, et là ça commençait à devenir très problématique.

21:04

Et même en classe quand on regardait des courts métrages où il y avait un sujet sur la mort,

21:08

je devais sortir de la pièce, c'était physique. C'était au mois de décembre 2024,

21:13

ça devenait impossible. Donc, en janvier 2025, j'ai contacté grâce à ma mère,

21:20

une psychologue spécialisée en TCC, donc thérapie cognitivo-comportementale,

21:24

à qui j'ai expliqué tous mes symptômes et qui m'a diagnostiquée de stress post-traumatique.

21:29

Et c'est là que j'ai été complètement choc-barre,

21:32

disons. Voilà, j'ai été très étonnée parce que, comme j'ai dit plus haut,

21:36

je ne pensais pas que ça pouvait être mon cas. Et tout s'expliquait.

21:40

En fait, là, c'était une révélation pour moi. Je me suis dit,

21:42

ah, mais ça explique tout, c'est fou, c'est fou.

21:44

Et donc avec elle, j'ai travaillé par la thérapie cognitivo-comportementale l'exposition.

21:50

Donc en fait c'est l'exposition à ma thénatophobie.

21:54

Au début c'était aussi simple que de lire le mot "cancer".

21:57

Et donc je paniquais, je pleurais, et puis petit à petit,

22:00

à force de s'exposer à ces choses dures, on finit par amoindrir la peur et la terreur qu'on

22:05

ressent. C'est comme regarder un film d'horreur : la première fois,

22:08

on est terrorisé, au bout de la cinquantième fois,

22:10

bon, un peu moins. Donc c'est une exposition.

22:13

Le corps et l'esprit se rendent compte que le danger pour lequel on est tétanisé et la peur qu'on

22:20

génère, ce danger-là, il n'existe pas.

22:23

C'est ça, exactement. Grâce à elle, j'ai pu poser un diagnostic sur ça.

22:27

Elle m'a diagnostiquée d'anxiété qui était liée à ça et de TOCs.

22:31

Comme je disais, si je n'appelais pas à une certaine heure,

22:33

si je n'étais pas à la maison à une certaine heure,

22:35

je m'imaginais un scénario alors que ça n'avait aucune corrélation.

22:37

Les gens vivent leur vie et des fois, ils ne sont pas à la maison à 19h00.

22:40

Donc voilà, mais grâce à elle, j'ai pu me débarrasser de ces TOCs et de cette peur envahissante on

22:50

va dire. Donc c'est en cours, je dis pas que c'est complètement fini,

22:52

parce que c'est en cours.

22:53

De toute manière c'est pas linéaire le rétablissement.

22:56

Complètement, mais après j'ai dû voir une psychiatre effectivement pour un traitement médicamenteux

23:01

qui là est différent.

23:04

Oui parce que de toute manière les médicaments ne peuvent être prescrits que par un ou une

23:08

psychiatre, puisque c'est eux les médecins entre guillemets du cerveau.

23:12

On n'a pas le choix.

23:13

C'est ça. Et dans mon cas je faisais n'importe quoi avec des médicaments.

23:17

Parce que comme je vous ai dit, ma mère est psychiatre.

23:19

Donc elle m'a ordonné des choses qui étaient mal dosées,

23:22

parce qu'en fait elle ne connaissait pas la gravité de mes symptômes,

23:25

je l'épargnais en fait beaucoup. Sauf qu'on ne peut pas avoir ce genre de relation patient comme ça

23:31

avec sa mère. C'est pas possible. Donc j'ai pris le parti de consulter une psychiatre qui n'était

23:35

pas elle. Et donc j'ai suivi un traitement, et je suis un traitement médicamenteux à l'heure

23:40

actuelle contre dépression, anxiété et qui m'aide aussi pour les TOCs.

23:45

C'est un combo, ça fait tout.

23:47

Bah de toute manière les TOCs, l'anxiété, c'est assez proche,

23:51

c'est assez lié. L'anxiété, les TOCs, le stress post-traumatique,

23:54

c'est une sorte de petite île...

23:58

Ah ouais ouais, une petite île super sympa ! Il y a beaucoup de comorbidités.

24:03

Mais effectivement oui je pense qu'il ne faut pas prendre des médicaments à tire larigot parce que j'ai fait vraiment n'importe quoi

24:09

fût un temps.

24:09

On ne le dira jamais assez : suivez les recommandations de vos praticiens et praticiennes.

24:14

Et surtout communiquez entre vos différents praticiens et praticiennes pour qu'ils puissent connaître vos différents diagnostics

24:22

et qu'ensuite ils puissent faire le dosage et faire les choix médicamenteux en conséquence.

24:29

Tout à fait, parce que je faisais n'importe quoi et au final ça m'angoissait deux fois plus.

24:33

Parce que je prenais des benzodiazépines à mon bon jugement,

24:36

ce qui est une très mauvaise idée, parce que du coup ça m'angoissait deux fois plus quand j'étais

24:40

en manque. Parce que moi j'en prenais que un quand j'étais un peu angoissée,

24:46

sauf que quand votre corps s'habitue, il se déshabitue,

24:48

ça vous angoisse deux fois plus, donc c'était n'importe quoi.

24:51

Et j'ai réajusté mon traitement aujourd'hui, et j'ai bien fait.

24:53

Donc ne vous faites pas n'importe quoi, ne vous automédicamentez pas.

24:58

Je sais que c'est tentant, je l'ai fait, je ne recommande pas.

25:02

De toute manière oui, c'est très important, mais pour tous les troubles,

25:06

toutes les maladies, tout ce qui existe, surtout dans la santé mentale.

25:11

En plus, des fois, on a l'impression qu'on est guéri alors qu'en fait,

25:15

pas encore. On a juste une stabilité et du coup,

25:18

c'est relatif parce que c'est lié aussi aux médicaments.

25:21

Donc, il faut surtout bien suivre les prescriptions,

25:23

bien suivre la thérapie, bien suivre ces professionnels de santé qui sont là pour nous accompagner

25:28

parce qu'en plus, le PTSD, donc le stress post-traumatique,

25:33

le PTSD français, le stress post-traumatique, c'est réversible.

25:38

Oui, tout à fait.

25:39

Comme l'anxiété, d'ailleurs.

25:40

Oui, ça, c'est la partie, je dirais, positive de ce trouble.

25:44

C'est que c'est quelque chose qui a un avant et un après.

25:47

Bon, là, je suis dans le pendant. Donc, je ne peux pas vous dire...

25:52

Et c'est déjà un grand pas.

25:54

Tout à fait, c'est déjà un grand pas. J'aurais pu rester dans le mauvais présent,

25:59

on va dire. Mais là, je suis dans le bon présent,

26:01

où je me soigne. Mais... Je ne sais plus, on a bougé avec tout ça !

26:06

On disait que c'était réversible.

26:08

Oui c'est réversible tout à fait. Donc oui, ma psychiatre me dit que les médicaments ce n'est pas

26:12

une solution miracle, et de continuer la TCC. Parce que c'est ça qui,

26:15

sur le long terme, va me permettre d'aborder les questions de mort etc,

26:19

sans grande peur et sans grande terreur comme c'était le cas avant.

26:25

Oui. Bah toute manière, les médicaments, il y a deux catégories de médicaments : les médicaments qui vont agir chimiquement

26:34

là où il y a un manque chimique, et les médicaments qui vont agir chimiquement là où il y a un

26:40

manque psychologique. Ou en tout cas là où il y a quelque chose à régler qui est de l'ordre

26:45

psychologique. Et du coup il y en a où on sera obligé de les prendre tout le temps puisque c'est vraiment un mécanisme physico-chimique qu'il

26:54

faut réparer, alors qu'il y en a où ils sont là en béquille le temps qu'on arrive à faire le suivi suffisamment longtemps

27:02

pour pouvoir réparer avec la thérapie.

27:08

Oui, tout à fait. Mais ça, c'est la bonne nouvelle.

27:10

C'est un trouble qui est réversible et qui si bien suivi,

27:16

si bien traité, peut nous faire grandir, même en tant que personne.

27:20

Parce que c'est une épreuve dure, mais de savoir qu'on peut s'en sortir,

27:24

ça fait quand même du bien à la tête. De se dire que ce n'est pas permanent.

27:27

Ouais, c'est quand même quelque chose de cool.

27:30

En fait, la difficulté, c'est qu'il faut réussir à avoir cette reconnaissance par les professionnels de santé et notre entourage

27:39

de, oui, il y a un truc. Oui, c'est arrivé, ce n'est pas à minimiser,

27:43

quel que soit le traumatisme qui a engendré ça. Et ensuite,

27:47

une fois qu'on a cette reconnaissance, c'est cool.

27:50

Enfin, c'est cool. On va pouvoir mettre en place les choses pour pouvoir avancer.

27:55

Ce qui est cool, cependant.

27:56

Oui, voilà. Mais en tout cas c'était ce "cool" cool dans ce sens là.

28:00

Ouais clairement.

28:09

La semaine prochaine.

28:10

Tu nous disais mais oui du coup au quotidien tout ça tout ça...

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Et donc je te propose ma très chère Cécilia de passer un petit peu à comment ça se passe au

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quotidien avec ton ami PTSD.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.