Le Stress Post Traumatique avec Cécilia (2/2)
S01:E14

Le Stress Post Traumatique avec Cécilia (2/2)

Episode description

La suite de l’épisode sur le stress post traumatique avec Cécilia.

(Partie 2/2)

Invitée : Cécilia

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La semaine dernière.

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Aujourd'hui, je reçois Cécilia.

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Bonjour.

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Et on va parler ensemble de stress post-traumatique.

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Tu nous disais, mais oui, du coup, au quotidien,

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tout ça, tout ça. Et donc, je te propose, ma très chère Cécilia,

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de passer un petit peu à comment ça se passe au quotidien avec ton ami PTSD.

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Ok, au quotidien, alors, au quotidien, je dirais qu'il y a encore des résurgences de mon PTSD,

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c'est-à-dire que c'est surtout mes TOCs qui m'handicapent le plus.

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Et mon anxiété, donc les deux vont de pair. Ils se serrent la main,

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là, bien fort. Et donc, je dirais que quand il y a quelque chose d'inhabituel ou quand quelqu'un ne

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répond pas au téléphone, j'ai beaucoup d'anxiété due à mon téléphone justement,

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ce que j'essaye de travailler. Je dirais que je peux avoir encore cette montée d'anxiété,

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donc je dirais qu'au quotidien, ce qui m'handicape le plus c'est ça.

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Et aussi quand je regarde certaines séries ou films.

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D'ailleurs pendant l'année où j'ai été très très malade,

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je n'ai pas du tout regardé de séries ou de films,

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parce que j'étais tétanisée à l'idée même de pouvoir voir une mort impactante à l'écran.

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C'était pas du tout le moment de regarder Bambi.

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Non absolument pas. C'était vraiment pas le moment le petit re-watching là,

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non c'était pas le moment. Mais du coup oui, j'arrive à revivre,

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on va dire au quotidien, de manière normale. En regardant des séries,

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en faisant toutes ces choses que je faisais avant sans y réfléchir,

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mais que maintenant je médite un peu plus. Mais beaucoup moins,

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c'est à dire maintenant, je me lance une série sans me poser la question de est-ce que quelqu'un va mourir. mourir.

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T'arrives à faire la part des choses entre les personnages fictifs et la vie réelle ?

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Tout à fait. Alors qu'avant ça m'aurait mis dans un état pas possible,

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là j'ai... Mais j'ai encore quand même des petits pics en mode "ah ça me fait un petit truc" mais c'est pas la crise de

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panique où je me roule par terre comme c'était avant quoi.

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Donc je dirais que comment ça impacte au quotidien,

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c'est que des fois j'y pense parce qu'il y a des choses qui m'y ramènent mais...

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Et puis j'y pense quand je prends mes médicaments,

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parce que je me rappelle que "ah oui c'est pour ça que je les prends".

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Évidemment. C'est vrai que ça c'est très ambivalent la prise d'un médicament.

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Des fois, ça te rappelle que en fait tu as ce trouble,

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cette maladie.

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Exactement. Donc c'est les deux. Les fois où j'y pense c'est ça,

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c'est les petits trucs comme ça qui m'y ramènent.

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Mais grâce à la TCC j'ai moins de confrontations difficiles par rapport à ça.

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Et effectivement quand je prends mes médicaments,

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ce qui est paradoxal. Mais sinon au quotidien je dirais que c'est ok.

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Il y a juste certaines choses qui peuvent me rendre agressive,

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donc ça c'est la partie pas cool, et un peu de tabou je pense du stress post-traumatique.

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Parce qu'on parle beaucoup du grand sentiment d'incapacité,

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etc., que ça provoque. Mais j'ai aussi, moi, des tendances agressives qui vont se déclencher si je suis dans un environnement

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trop stimulant, ce genre de choses, où je vais me sentir en danger,

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en fait, où je vais sentir que mes proches sont en danger,

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par exemple, et ça va me rendre assez agressive.

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Ça, c'est tout à fait normal, puisque, en fait, c'est les deux fonctionnements reptiliens de notre

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cerveau, c'est-à-dire le passif ou l'agressif. Donc,

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le passif, bon ça saoule un peu parce que les gens ils bougent pas.

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Mais on se dit c'est pas très grave, ils sont juste là.

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Mais l'agressif on a plus de mal à l'appréhender alors qu'en fait c'est le même schéma,

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c'est un schéma de défense : la fuite ou l'attaque.

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L'attaque c'est un sujet très tabou pour moi, parce que je ne suis pas quelqu'un d'agressif,

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je ne suis pas quelqu'un de violent.

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Vraiment je confirme, Cécilia est une personne extrêmement douce.

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C'est adorable. Mais c'est vrai qu'il y a des circonstances qui peuvent me faire vriller assez

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brutalement. Et ça je dirais que c'est la partie impactante du quotidien qui me met un peu honte aussi par rapport à mon

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entourage. Parce que c'est pas facile de se montrer sous ce jour très primaire,

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très reptilien, très animal comme tu dis, de "oula il y a des ennemis dans la rue,

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je passe en mode jeu vidéo". Je sais pas comment dire mais c'est,

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non mais c'est vrai, il y a des ennemis dans la rue.

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C'est vraiment comme ça que je le vois, et que ma maladie me fait percevoir de cette manière en tout cas. tout cas. cas.

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Mais est-ce que tu as essayé d'en parler ? Alors c'est très naïf ma question.

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Est-ce que tu as essayé d'en parler justement à ces personnes de ton entourage ?

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Pour les prévenir que s'il se passe quelque chose qui déclenche,

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ça te fait devenir comme ça, mais ce n'est pas un état que tu contrôles.

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Et du coup, dans ce cas-là, ils peuvent peut-être t'aider à diminuer ce côté agressif

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artificiellement créé par l'anxiété.

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Oui, j'en ai parlé à mes proches de confiance, mes amis,

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c'est surtout les personnes avec qui je sors dans la rue,

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donc typiquement mes amis, mon partenaire, ma sœur,

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je suis très proche. Je les ai prévenus, effectivement,

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que je pouvais avoir ces tendances-là, parce qu'en fait,

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même mentalement, je ne suis plus trop la même personne.

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Et ça se voit, parce que c'est des personnes qui me connaissent excessivement bien,

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et d'un coup, qui me voient complètement changer de comportement ou d'attitude.

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Et c'est vrai qu'avant, je n'en parlais pas par pudeur,

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mais au final, ça les inquiétait quand même, parce qu'ils ne comprenaient pas,

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ils étaient là, "mais ceci est bizarre, là" ! Et donc,

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je les ai prévenus, effectivement, qu'il y avait des situations,

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des déclencheurs qui peuvent me mettre dans cet état où j'ai besoin d'être stabilisée.

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Et ils l'ont tous très bien compris les personnes avec qui j'en ai parlé.

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Donc ça c'est top, je suis bien entourée par rapport à ça.

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Et je suis bien protégée dans la rue. Si je ressens

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cet état, j'ai juste à me mettre un petit peu sur le côté,

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ou sentir que la personne est à côté de moi, sentir que je ne suis pas en danger.

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Les personnes sont compréhensives, il suffit juste de le dire.

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Dieu merci ça ne me prend pas énormément de temps pour me calmer si je sens que je suis entourée.

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Juste me tenir la main ou me rassurer, quelques secondes suffisent.

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Mais des fois c'est vrai que j'ai besoin de me poser,

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de fuir un peu la foule, s'il y a beaucoup de bruit,

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s'il y a beaucoup de stimulation, je vais avoir tendance à avoir besoin d'aller dans un endroit

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plus calme par exemple. Mais ces personnes là le comprennent.

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Ça c'est hyper positif. Et du coup, est-ce que ça...

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Parce que là on est plutôt dans la sphère personnelle.

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Et dans la sphère professionnelle, t'as jamais eu de soucis à ce niveau là ?

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Parce que c'est toujours difficile la sphère professionnelle,

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parce que du coup il y a moins d'affects, enfin en tout cas l'affect est différent.

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Et du coup t'as pas été soumise à ce genre de choses ?

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Parce qu'en plus comme tu fais de l'animation, imagine tu dois animer une scène où il y a quelqu'un

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qui est mort.

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C'est une question très intéressante. Alors dans la sphère professionnelle ça m'a pas trop posé de

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soucis, si ce n'est au début de mon traitement, parce que j'étais complètement dans le vent.

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Et j'ai des collègues que j'adore dans mon travail actuel,

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donc ça va peut-être changer d'ici là. J'en ai parlé à un collègue parce que c'est la personne dont je me sentais le plus

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proche, et je peux dire que c'est un ami maintenant.

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Et il voyait que j'étais différente, donc quand il y a des questions évidemment j'y réponds,

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donc je lui ai expliqué, mais je lui ai dit de ne pas le dire autour de lui,

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de ne pas le dire à mon chef.

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Parce que c'est toujours très difficile la sphère professionnelle.

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Tout à fait. Et puis j'ai pas envie d'avoir un regard différent par rapport à moi,

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qu'on me juge incompétente au travail, ce genre de choses.

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Mais bon, j'ai la chance de travailler dans l'animation,

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et effectivement il y a tout type d'animation. Mais là je suis sur un projet très family friendly,

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il n'y a pas de mort.

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Après, ceci dit, Bambi c'était pour les enfants.

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Tout à fait. Mais là non, on va dire que ça va. Mais j'évite absolument d'en parler à part si

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nécessaire. Parce que c'est, je trouve que ça relève du privé,

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et j'ai pas envie d'être spécialement catégorisée de ce handicap.

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J'ai pas envie que ce soit perçu comme un handicap face à ma compétence.

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Parce que si je dois animer quelqu'un qui meurt,

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et maintenant grâce à la TCC, je pense que ça ne m'affectera pas autant.

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Ou peut-être que je me sortirais par une pirouette en me disant "peut-être que cette scène je la

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donnerais bien à un collègue".

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"Il est évanoui".

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Oui voilà, ou peut-être que je m'arrangerais d'une certaine manière.

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Mais pour l'instant ça ne m'a pas posé problème spécifique non.

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Mais du coup tu penses qu'on a encore du travail à faire au niveau professionnel pour intégrer ce genre de troubles ou handicaps ? ?

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Oh oui je pense que tous les troubles ou les handicaps,

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franchement la santé mentale et l'aspect professionnel,

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c'est pas 2 milieux qui font bon ménage je trouve.

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Après j'ai de la chance parce que je suis dans un milieu très arrangeant au niveau des horaires,

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à partir du moment où on bosse 8h par jour c'est bon,

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tu peux bosser de 8h à 17h comme tu peux bosser de 10h à 20h si tu veux,

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ça regarde que toi. Donc ça c'est bien, donc je pense que dans mon milieu j'ai de la chance.

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Mais c'est sûr que oui au niveau professionnel il y a beaucoup de choses à améliorer.

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Après ça dépend du traumatisme de chacun.

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Donc toi t'as plutôt tendance à essayer de trouver des gens au niveau professionnel qui

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t'entourent, en qui tu as confiance, qui deviennent des amis,

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des copains. Et du coup tu passes par ce biais là pour être en sécurité aussi dans le milieu professionnel. professionnel.

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Oui, si j'ai une personne en qui j'ai confiance, ça me rassure.

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Et je sais que cette personne est là, comprend, et j'ai pas trop besoin de m'épancher sur le sujet,

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cette personne va comprendre. Et puis voilà, j'aime bien aussi faire mes petits tours,

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sortir un peu. J'ai de la chance de pouvoir sortir de mon open space pour prendre un peu l'air.

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Il y en a qui font bien des poses clopes, moi je prends une pose air.

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On devrait peut-être y penser plus souvent effectivement.

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Donc oui mon mécanisme je dirais que c'est ça. C'est de trouver une personne en qui j'ai confiance

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et aussi m'écouter. C'est à dire écouter mon corps me dire,

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"OK là je suis dans un mauvais état". Je vais sortir un petit peu,

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faire un tour, revenir. Ça prend 5 minutes, ça ne perturbe pas du tout mon travail et ni la productivité. productivité.

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Et il y a des moments spécifiques où tu trouves que c'est plus difficile que d'autres ?

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Ou c'est très dépendant d'un déclencheur aléatoire ?

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Comme tu parlais tout à l'heure de la foule etc.

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Ou alors il y a des moments qui sont encore fixes ou c'est dur ?

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Comme tu disais au tout début, le soir...

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Attends tu peux répéter ?

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Pardon j'ai fait une phrase de 10 km. C'était par rapport au fait que là tu as illustré deux

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moments. Les moments où ça peut arriver, par exemple qu'il y ait quelqu'un dans la rue et que ça te déclenche un stress

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qui te déclenche de l'irritabilité. Là, c'est plutôt que tu ne peux pas prévoir,

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c'est juste que ça arrive dans ton environnement.

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Mais après, tu décrivais au début le fait que tu avais des crises régulières vers le soir.

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Là, c'est des choses qui sont plus calées dans des moments spécifiques.

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Oui, tout à fait. C'était au début. En fait, dans le stress post-traumatique,

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il y a une évolution selon la manière dont vous êtes ou non traité malheureusement.

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Mais dans mon cas, au début quand j'étais pas traitée ou au tout début de ma thérapie,

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ouais c'était très timé dans le temps. C'est à dire que c'était le soir vraiment où j'avais ces

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crises là. Aujourd'hui c'est plus trop le cas. C'est à dire que voilà,

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je suis pas spécialement fan de la nuit qui tombe tôt etc,

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mais ça me déclenche plus de crise comme c'était le cas avant.

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C'est à dire que maintenant j'appréhende ça avec plus de calme.

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Donc je pense que ça c'est une question qui a évolué,

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c'est à dire que à l'époque c'était le cas, plus maintenant.

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Ok, ça c'est plutôt positif. Donc en gros finalement,

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t'as un petit peu ta petite stratégie de mieux vivre avec la TCC,

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les médicaments, et puis parler aux proches.

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Oui c'est ça. Je pense que l'important c'est d'être bien entourée,

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d'être bien suivie. Et franchement la guérison j'y crois.

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Mais c'est sûr que c'est vraiment pas facile, et il y a des jours où même on n'y croit pas,

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on se dit "putain je suis coincée comme ça pour toujours,

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c'est foutu". Mais c'est pas vrai, faut combattre ce genre de moments.

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Parce que c'est pas vrai.

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Déjà en tout cas rien qu'avec tout ce que tu nous racontes depuis le début,

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moi je vois qu'il y a un énorme progrès. Si tu faisais des crises le soir comme ça,

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et que maintenant c'est plus juste au niveau d'événements qui t'arrivent,

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c'est déjà un immense progrès. Que nous applaudissons toutes et tous sans faire de bruit.

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Pour les micros.

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Évidemment pour les micros. Non effectivement, c'est vrai que je vois une évolution dans la

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thérapie. Et ça c'est génial. Donc oui, franchement croyez-y.

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Si j'avais quelque chose à dire, ce serait vraiment : il faut vraiment y croire,

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il faut vraiment se dire, il faut vraiment reconnaître son trouble.

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Ça c'est le plus dur. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui vivent avec des stress

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post-traumatiques, qui ne se rendent pas compte, ou qui ne veulent pas faire les démarches pour

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aller mieux, ou qui ne se connaissent pas bien. Parce que moi je ne me connaissais pas bien à

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l'époque. C'est-à-dire que niveau émotionnel, je me disais "mais pourquoi je suis comme ça".

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J'avais tendance à m'énerver, alors qu'au final,

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en général, s'écouter, c'est le plus important, finalement.

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Et ne pas avoir peur de demander de l'aide aussi à des professionnels.

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Tout à fait. Ce qui peut être compliqué, parce que le système de santé,

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c'est long, cher.

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Pas du tout remboursé par la Sécurité sociale.

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Absolument pas. Donc, j'ai cette chance de ne pas avoir à me soucier des moyens mis en œuvre.

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Mais oui, on est très inégaux face à ça, oui, ça, c'est sûr. c'est sûr. sûr.

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Et en termes des autres ? Entre guillemets, si on axe un peu notre regard plus sur comment toi tu

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te sens à l'intérieur. Quelle est ta façon de voir et de gérer tout ça ?

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Si on se place un peu du côté de tous les gens qui gravitent autour de toi,

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est-ce que tu penses que ta famille ou tes collègues,

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tes amis, la manière dont ils perçoivent ce trouble-là ?

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Est-ce que tu penses qu'ils ont bien compris ?

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C'est intéressant. Je pense que... Honnêtement, non.

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Si je dois être totalement honnête. Parce que, comme j'ai dit tout au long de cet épisode,

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le truc, c'est que le stress post-traumatique, c'est un gros mot qui fait peur et qu'on associe à

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des clichés bien précis. Donc, je pense que quand on annonce ça à quelqu'un,

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en tout cas, je l'ai vu dans les yeux des personnes à qui je l'ai dit,

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c'est "ça fait peur", "c'est un truc de ouf ce qui lui arrive" et tout.

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Alors qu'en réalité, oui c'est quand même quelque chose à prendre au sérieux.

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Mais c'est pas, en fait dans la tête des gens, c'est terrifiant.

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Parce qu'ils lient traumatisme avec gravité objective du traumatisme,

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et pas avec gravité de ce que tu vis après.

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Oui je pense qu'il y a beaucoup de fantasmes autour de cette condition.

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Et c'est vrai que les gens, je vois dans leurs yeux,

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ça change. C'est la guerre, c'est vraiment ça. Et franchement je pense qu'il y a une mesure à avoir dans la réaction que

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vous avez, si vous avez un proche atteint de stress post-traumatique.

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Il faut être là, il faut écouter. Moi j'ai parlé de mes déclencheurs.

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Il faut écouter les personnes qui vous disent "oui ça ça me déclenche",

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"est-ce qu'on peut prendre une petite pause", "ça c'est ok".

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Ca c'est la réaction bien à avoir. Mais c'est sûr que je pense qu'ils n'ont pas tous compris.

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Ils n'ont pas bien compris pris mes proches. Ils ont entendu le mot, proches. Ils ont entendu le mot,

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ils se sont dit "waouh c'est juste terrifiant". Mais non ils se sont pas forcément informés sur la

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condition. Et c'est sûr que c'est un gros mot qui fait vraiment hyper peur.

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Et je pense qu'ils se doutent pas des enjeux, ou de ce que ça implique réellement au quotidien.

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Ils ont pas bien compris, mais ils me font confiance.

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Ils me font "ok Cécilia elle a besoin de ça, on fait".

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C'est déjà pas mal, mais c'est sûr que l'information en tant que telle pédagogiquement j'en doute fort. fort.

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C'est vrai que c'est en fait c'est un peu comme s'ils se disaient "ah mon dieu Cécilia elle a fait

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la guerre, elle est allée au Vietnam, elle a fait...

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Rambo". Et en fait tu leur dis juste "bah moi en fait quand je vois un verre d'eau à moitié plein,

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bah vu que je le vois à moitié vide, ça me déclenche des angoisses pas possibles".

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Et du coup ils se disent "mais comment ça on m'a vendu Rambo,

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et là c'est juste un verre d'eau". Alors qu'en fait ça peut être hyper grave si pour toi c'est grave de voir le verre d'eau à

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moitié vide ou à moitié plein. C'est que t'as besoin qu'il y ait des gens,

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qu'il y ait des moyens qui soient mis en place pour t'aider à ce que ça aille mieux.

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Surtout que tu vois fréquemment quand même des verres d'eau.

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Enfin, c'est pas du tout ton cas. Je suis en train de faire un magnifique comparatif qui n'a rien à

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voir avec toi. Mais c'était pour expliquer un peu que de dire que c'est des choses qui sont

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beaucoup plus anodines. Et peut-être que c'est ça aussi.

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C'est qu'ils se disent, mince, je m'attendais à avoir Rambo.

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En fait, c'est un truc du quotidien. Et du coup,

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peut-être qu'ils se disent pourquoi on en fait tout un foin ?

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Alors qu'en fait si, on en fait tout un foin parce que c'est le principe du truc.

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Ouais ouais carrément. C'est vrai que les gens s'attendent à,

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quand je vois la guerre, quand je vois les armes,

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c'est terrible pour moi. Mais au final, ce que j'ai vécu,

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c'est la quasi perte d'un proche, ce qui est finalement un événement grave quand on y pense.

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Oui c'est vrai que relativement en plus c'est un traumatisme d'un événement qui en soi est grave.

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Oui tout à fait. C'est à dire que la perte d'un proche c'est terrifiant,

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ça pourrait faire peur à n'importe qui. Mais c'est sûr que quand on l'explique,

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les gens sont un peu terrifiés aussi par cette question parce que la mortalité c'est pas quelque chose où on a plaisir à

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s'informer dessus. Donc dans mon cas spécifique en plus,

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c'est ce truc là. C'est vrai que c'est un sujet lourd etc,

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mais ça se manifeste par "oui j'aime pas trop quand il y a du bruit,

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haha, ça me fait peur". Et les gens sont là "quel rapport?".

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Mais c'est sûr que, bah oui effectivement, je pense que même Rambo,

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s'il entendait des explosions, il aurait peur.

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Peut-être qu'il ferait partie des 70 % qui ne font ensuite pas partie des 5 à 8 %.

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Peut-être que Rambo a un stress post-traumatique,

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et que quand il entend des ballons exploser il a peur.

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Et quand on dit "Rambo il a peur d'un ballon de baudruche",

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on le regarde en mode "what, pourquoi". Mais moi c'est un peu comme ça que je le vois.

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Oui un événement grave s'est produit, et du coup j'ai peur de certaines choses qui te le

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rappellent. Mais qui sont, pour la plupart des gens,

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anodines, en vérité.

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Oui, mais ce n'est pas parce que c'est pour la plupart des gens anodin.

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Je veux dire, le sucre, c'est anodin pour la majorité des gens.

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Et les diabétiques, il faut qu'ils se posent vachement de questions.

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On ne va quand même pas dire que les diabétiques,

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ce n'est rien du tout.

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Ah oui, c'est clair.

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Oui, c'est important quand même. Et donc, j'en déduis que tu as dû beaucoup te masquer et suradapter. suradapter.

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Oh oui, au début, je ne le disais à personne, parce que j'avais honte.

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J'avais de la culpabilité que je portais par rapport à ma mère,

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mais en plus il y avait ce truc de, je voulais fonctionner entre guillemets normalement.

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Je fais le geste. Donc j'avais pas envie d'être en mode "non j'ai pas envie d'aller au centre

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commercial, parce que ça va me déclencher tel ou tel problème".

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Non j'avais pas envie. J'avais pas envie que les gens me voient comme différente.

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Donc oui, j'ai pas menti, mais en fait c'était impossible de mentir,

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parce que les gens voyaient. Les gens avec qui je sors,

19:33

c'est des amis, des proches qui me connaissent, et ils voient mon changement de comportement,

19:36

de visage. Ils me voient freeze et ils sont là "qu'est-ce qu'il se passe".

19:40

Donc au bout d'un moment, j'ai masqué. Mais c'était raté.

19:44

En tout cas, c'est faisable jusqu'à un certain point.

19:49

Mais tu t'es sentie quand même obligée de le faire à certains moments même si c'était pas forcément réussi ? réussi ? ?

19:54

Oui oui oui ah oui bien sûr. Et même comme j'ai dit,

19:59

pendant ma formation, quand on regardait des courts métrages pour l'animation etc,

20:05

il y avait bien des scènes de mort etc. Je bougeais pas,

20:08

j'avais envie de sortir de la pièce physiquement,

20:10

mais je le faisais pas parce que je voulais pas interrompre la séance.

20:14

Je pouvais, on était des adultes, on était plus des lycéens,

20:20

c'est ça que je veux dire. Mais je me retenais de partir,

20:23

alors que physiquement j'en avais envie. Donc oui,

20:25

je masquais, même si à l'intérieur ça me provoquait des réactions terribles,

20:29

oui bien sûr.

20:30

Tu penses que si on était dans une société plus inclusive,

20:34

on prendrait davantage le droit, enfin en tout cas on s'autoriserait davantage à s'écouter ?

20:41

Tu serais sortie du coup ?

20:43

Oui oui complètement je pense. Parce que je pense qu'il y a beaucoup d'efforts qui sont faits.

20:49

Enfin en tout cas, je le vois. Je reviens à la sphère professionnelle,

20:52

mais au travail, on a une cellule anti-harcèlement,

20:56

on a ce genre de moyens de prévention, c'est ce que je trouve cool.

20:59

Après c'est sûr qu'il y a beaucoup à faire. Et puis il y a tellement de troubles et de choses à

21:07

prendre en compte, d'histoires personnelles, je me dis que c'est difficile d'accommoder tout le

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monde. Mais c'est sûr que, en plus il y a ce truc de j'ai pas toujours envie de parler de ma

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condition. Donc j'ai pas envie de dire "excusez-moi madame j'aimerais sortir car je souffre de

21:21

stress pour traumatique". Enfin vous voyez, c'est un peu,

21:25

c'est une question personnelle. Et puis en fait si la société était plus inclusive,

21:30

je ne sais pas comment est-ce que ça se manifesterait pour que je me sente à l'aise de sortir.

21:33

Je ne sais pas si ma réponse est bien.

21:35

Si si je vois ce que tu veux dire.

21:36

Ce serait difficile de sentir "oui là je me sens légitime de sortir".

21:40

Parce que du coup, on a tellement de cette culture en nous depuis si longtemps,

21:43

que du coup même si aujourd'hui d'un coup de baguette magique la société était plus inclusive,

21:48

notre éducation passée du système dans lequel on est actuellement ferait qu'on n'arriverait peut-être pas à s'habituer aussi

21:57

facilement à cette nouvelle société.

22:02

Je pense que peut-être on aurait du mal et au début on n'oserait pas.

22:07

Mais c'est sûr que par exemple, je me souviens que dans cette formation,

22:10

on voyait des films où il y avait des scènes de viol,

22:13

de violence. C'était des vieux films années 50 et compagnie.

22:17

Et puis des dépistions racistes. Enfin c'était pour l'histoire,

22:20

tout ça c'était à titre purement historique etc,

22:22

mais je me dis ça aurait pu déclencher des choses chez certaines personnes.

22:27

Et moi je pense que juste dire "attention", voilà,

22:31

s'il y a des gens qui sont sensibles à ça, voilà,

22:33

"attention il va y avoir ça". Ou des scènes très gores.

22:35

On a dû regarder des extraits où j'étais là. Je suis assez sensible à tout ce qui est gore,

22:40

pas lié à mon stress post-traumatique mais à titre personnel.

22:42

Et des fois, je suis là "est-ce que j'avais envie de voir ce mec se faire couper la jambe".

22:45

Ou j'aurais préféré sortir là par exemple. Et je me dis même pour des trucs qui ne sont pas des maladies mentales ou des

22:52

stress ou des traumas ou je ne sais quoi, même une société plus inclusive dans le sens de

22:56

«Attention, petite information, il va y avoir un mec qui va se faire trucider là à l'écran.

23:00

Ça va être violent. Les personnes qui sont sensibles peuvent sortir.»

23:03

Juste cette petite phrase-là, je pense que ce serait une grande aide, effectivement. effectivement.

23:08

Je me souviens qu'on est allé voir la dernière des Franglaises avec mon compagnon.

23:14

Et en fait, à l'entrée de la salle, il y avait écrit « Attention,

23:19

il y aura des effets pouvant s'apparenter à des effets stroboscopiques».

23:22

Et j'ai trouvé que c'était génial d'avoir prévenu.

23:26

Parce que du coup moi j'ai pu fermer les yeux quand il y avait les effets.

23:33

Ouais clairement. Puis c'est épileptique. Je trouve que c'est même de la santé publique,

23:36

parce que t'imagines des personnes qui font des crises d'épilepsie,

23:40

c'est horrible. Et puis c'est un coup de poker, tu te dis "putain je vais entrer voir ça,

23:45

je sais pas sur quoi je vais tomber, je sais pas sur quel contenu" potentiellement.

23:49

Enfin juste dire, pas besoin d'entrer dans les détails et d'en faire un pataquès,

23:53

mais juste un petit carton en mode "attention il y a ça".

23:55

Voilà, après chacun prend sa décision, et chacun juge le taux.

23:59

Ça dépend aussi des jours, il y a des jours où par exemple je peux plus encaisser que d'autres.

24:04

C'est à dire qu'il y a des fois ça va pas forcément m'affecter,

24:07

il y a des jours où je suis plus fragile. Le stress post-traumatique c'est aussi quelque chose qui

24:10

fluctue beaucoup. Donc il y a des jours où ça va moins me poser problème que d'autres.

24:14

Mais il y a des jours, effectivement dans ces cas là ,j'aurais

24:16

bien aimé ne pas assister à ça forcément. Pour pouvoir choisir finalement.

24:20

Parce que du coup, si c'est écrit avant, tu peux choisir.

24:22

Mais c'est des choses basiques, mais je pense qu'il serait bien dans une société plus inclusive,

24:28

juste prévenir.

24:30

Finalement ça suffit souvent. Moi je regarde des courts métrages de l'ESMA,

24:35

l'école supérieure des métiers artistiques, un truc comme ça.

24:38

Et en fait avant les courts métrages, il y a les disclaimers : "il va y avoir beaucoup de sang",

24:45

"il peut y avoir des effets lumineux". Et à chaque fois,

24:49

s'il y a quelque chose, c'est écrit devant. Donc je pense que ça commence à rentrer un peu dans les

24:54

mœurs de prévenir. Et je pense que c'est très bien.

24:58

Parce que comme ça au moins les gens peuvent choisir si oui ou non ils le font.

25:02

Au moins c'est écrit.

25:03

Ouais c'est ça, je trouve que c'est bien. Et puis il y a aussi ce truc de,

25:06

t'as été prévenu, tu savais qu'il y avait ça, et puis t'as pris ton choix comme une grande fille,

25:12

un grand garçon peu importe, une grande personne.

25:15

Donc moi je pense que c'est bien de prévenir. Et c'est vrai que,

25:19

de plus en plus, ça rentre dans les mœurs. Surtout dans les films,

25:23

les débuts de jeux vidéo, ce genre de choses, il y a beaucoup plus d'accommodations qui sont

25:27

faites par rapport à ça. Ça touche surtout aux médias,

25:29

mais c'est sûr que dans mon cas précis, "attention il va y avoir de la foule",

25:33

je sais à quoi je m'expose en allant dans certains endroits on va dire.

25:38

Faut pas jouer aux lemmings !

25:38

Donc techniquement par rapport aux médias je trouve que ça c'est cool.

25:44

Parce que PG-13, tous les trucs liés à l'âge, ça ne sert à rien.

25:49

Non, ça n'explique rien.

25:50

On peut très bien avoir 50 ans et avoir des problèmes de stress,

25:54

d'angoisse, ou juste des sensibilités visuelles pour les effets et tout.

25:59

Et avoir 15 ans et avoir aucun problème.

26:02

Ah mais clairement. L'exemple de ma mère, parlons d'elle,

26:05

elle ne regarde pas les films moins de 16 ans parce qu'elle sait que c'est des films d'horreur et

26:08

elle a très peur de ça. Dès qu'elle voit le sigle,

26:11

elle ne le regarde pas. Je trouve ça bien. Mais si en fait elle a peur de certains trucs spécifiques genre les démons et

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s'il y avait juste marqué "attention ce film contient ça,

26:21

ça, ça", peut-être qu'elle le regarderait plus.

26:24

Bah oui parce que au moins ce serait dit dedans. Parce que moins de 16,

26:26

ça n'a pas trop de sens.

26:27

Non ça n'a aucun sens. Ça peut être des scènes suggestives,

26:30

comme ça peut être gore, comme ça peut être du surnaturel.

26:33

Ça peut tout et rien dire. Mais je pense que j'ai l'impression que Netflix fait pas mal d'efforts

26:39

par rapport à ça. En ce moment je vois beaucoup de séries où il y a écrit "attention épisode

26:43

contenant auto-mutilation", ce genre de choses. Enfin bref.

26:45

C'est ça. Je pense que c'est bien aussi pour pouvoir aider les plus jeunes qui ont des difficultés

26:52

aussi, de l'anxiété ou des choses comme ça.

26:54

Ouais complètement. Et comme tu dis, il y a des gars de 15 ans qui regardent tous les Saw à la

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chaîne et ça leur fait rien. Et je suis là...

27:00

Surtout le 6ème opus mon préféré....

27:02

Je n'ai pas regardé les Saw pour des raisons évidentes.

27:05

Moi non plus, jamais. Mais c'est juste que Saw 6 (saucisse) moi ça me fait beaucoup rire.

27:09

Saucisse ! J'adore qu'on ait placé la saucisse dans cet épisode c'est magnifique.

27:12

Mais oui, à qui ça ne fait rien? Et effectivement c'est à toi même de juger avec ton bon sens.

27:17

Mais ouais, la prévention c'est bien.

27:19

C'est un bon mot. Et d'ailleurs sur ces bons mots,

27:23

est-ce qu'on continuerait pas à dire des mots positifs ma chère Cécilia ?

27:28

Parce que effectivement, c'est un trouble très difficile à vivre qui t'a posé beaucoup de soucis et qui est encore difficile

27:37

aujourd'hui. Mais je suis sûre que ça a quand même pu t'apprendre des choses sur toi-même.

27:44

Et qu'est-ce que tu pourrais nous dire justement ?

27:47

Si on essayait de mettre un peu en lumière la part positive de ça ?

27:50

Oh la part positive. Alors je dirais que ça m'a fait grandir de manière émotionnelle par rapport

27:58

aux questions de la mort. Donc en fait, j'ai pu vraiment me poser,

28:01

savoir ce que je pensais de ce sujet qui est un sujet que la plupart des gens évitent.

28:05

A juste titre, parce que la mortalité c'est pas quelque chose à laquelle on veut penser vraiment je

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pense, de manière générale. Et j'ai pu vraiment me poser et réfléchir,

28:14

et grandir par rapport à ça. Notamment via la spiritualité.

28:18

Attention ne rejoignez pas de secte les enfants,

28:20

mais par rapport à toute spiritualité qui vous convient,

28:24

ou des moyens d'expression différents je dirais.

28:29

Ça m'a permis d'y penser et de mieux l'appréhender.

28:31

J'ai pu aussi me rendre compte que j'étais quelqu'un de courageux,

28:36

d'indépendant. Parce que toutes les démarches que j'ai faites pour me faire diagnostiquer,

28:42

me faire médicamenter, c'est moi qui ai pris le parti de me dire "là ça va pas",

28:46

"là je ne suis plus moi-même, je dois faire quelque chose".

28:50

Et j'ai aussi pu utiliser mon bon jugement pour prévenir les personnes que je jugeais dignes de

28:55

confiance. Je pense notamment au travail, avec le collègue susnommé.

29:00

Bah c'est pas facile de choisir quel collègue prendre pour parler de ça.

29:05

Donc moi je voulais pas que toute la boîte le sache etc.

29:08

Donc ça m'a permis d'affiner mon jugement des gens aussi.

29:14

Et aussi de mieux m'écouter, ce qui était quelque chose que je ne faisais pas,

29:17

parce que j'ai tendance à beaucoup refouler mes émotions.

29:20

Donc maintenant, au lieu de me dire « Hum, c'est bizarre,

29:23

je suis très énervée ». Maintenant je m'assois et je me dis « Mais pourquoi ?

29:25

». Et rien que de se dire « Mais pourquoi ? » ça calme l'enfant intérieur,

29:31

je ne sais pas, l'enfant intérieur, l'enfant indigo,

29:34

tout ça. J'ai l'impression d'être dans les bails bizarres là,

29:37

mais non, juste s'écouter c'est quelque chose que je ne faisais jamais et là ça m'a forcé à le

29:43

faire, ça c'est sûr. Et je pense que chaque adulte a besoin de le faire à un moment dans sa vie,

29:47

ça c'est sûr. Faire un peu son autothérapie en quelque sorte.

29:50

Ouais et puis savoir pourquoi on agit de la manière de laquelle on agit.

29:55

Parce que il y avait des comportements qui ne me ressemblaient pas,

29:58

et j'aurais pu continuer dans cette spirale autodestructrice,

30:01

mais j'ai choisi de ne pas le faire. Et je pense que ce choix,

30:04

c'est quelque chose de positif. Et je vous encourage si vous voyez des choses qui ne vous

30:08

ressemblent pas, à vous poser la question de "pourquoi".

30:11

Genre à prendre un pas de recul et à vous dire "mais pourquoi je fais ça".

30:14

Et des fois il y a des situations comme tu disais,

30:19

d'automutilation déguisée.

30:20

Ça reste de l'automutilation c'est juste que ça ne marque pas.

30:25

Exactement. Je faisais exprès un peu, de prendre de l'alcool,

30:28

de mélanger, de faire des potions magiques, que je ne recommande pas.

30:32

Des fois je prenais des pas de recul, et je me disais,

30:34

"attends, pourquoi tu fais ça ?", "Pourquoi est-ce que tu fais cette potion magique de tous les médicaments qu'il ne faut

30:40

pas mélanger ensemble ?", "Pourquoi ?". Et rien que de se poser,

30:42

de se dire "pourquoi", généralement, ça arrête l'action.

30:45

Parce qu'on se rend compte que c'est toujours pour une mauvaise raison.

30:47

Enfin, en tout cas, dans mon cas, et avec un peu de pratique.

30:50

Je ne dis pas que ça vient tout de suite.

30:51

Oui, dans tous les cas, ça demande toujours du temps de pouvoir mieux se comprendre.

30:55

On ne se comprend jamais 100%, mais en tout cas,

30:58

on est la meilleure personne placée pour le faire.

31:01

Oui, complètement. Et ça m'a permis je dirais de mieux m'écouter et puis de croire dans le futur.

31:06

Ce qui peut être paradoxal quand on est atteint de ce genre de troubles.

31:10

Parce que c'est quelque chose qui vient du passé qui nous empêche d'avancer,

31:13

qui nous tire toujours vers le passé. Mais moi, vu que je vois des améliorations,

31:17

j'encourage tout le monde à penser comme ça. Il faut dire que c'est possible de s'en sortir.

31:23

En tout cas, je suis sur ce chemin je n'en suis pas sortie,

31:27

mais je suis sur le chemin.

31:28

C'est beau ce que tu dis, c'est très beau. Et du coup est-ce que tu aurais un petit mot à dire à quelqu'un qui découvrirait

31:35

ce genre de diagnostic aujourd'hui ?

31:37

Oui bien sûr. Je dirais n'aie pas peur déjà. Parce que moi c'était la première réaction.

31:43

J'étais un peu "wouah wouah la la je suis Rambo".

31:47

Donc ouais la première réaction, première chose,

31:50

je dirais n'aie pas peur fais-toi confiance. Fais-toi aider et sois honnête envers toi-même,

31:56

envers les autres. Et dis ce que t'as envie de dire.

31:58

Surtout genre ne te force à rien. Parce que il y a des personnes qui vont me dire "mais si fais

32:02

ça, fait ça". Enfin écoute-toi, mais ne reste pas seul surtout.

32:05

Je pense que la solitude ça amplifie x10 000 le stress post-traumatique.

32:09

Et j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'écoute,

32:12

qui est compréhensif et qui m'aide à ajuster. Donc c'est vraiment,

32:15

c'est dur parce que t'as envie de te recroqueviller sur toi-même,

32:18

mais vraiment ne reste pas seul. Et à ton rythme,

32:22

va vers le bien sur ton chemin, le temps qu'il faudra,

32:27

les méthodes qu'il faudra, pour telle ou telle personne.

32:30

Parce que je suis personne pour dire quelle méthode.

32:31

Mais voilà, fais les choses pour toi. Et petit à petit,

32:37

tu verras que ça ira mieux.

32:38

C'est si beau ce que tu dis.

32:40

Bah c'est la base.

32:43

Ah ma chère Cécilia nous arrivons à la fin de ce podcast,

32:48

le temps passe si vite avec vous.

32:51

Quelle flatterie.

32:55

Et j'aimerais laisser une petite impression un peu douce,

32:58

comme ces derniers mots que tu viens de nous dire.

33:01

Est-ce que tu aurais, par hasard, une phrase, une œuvre,

33:05

une musique, quelque chose qui représenterait un peu ton rapport au stress post-traumatique ?

33:13

Alors, moi, ça va être un peu un choix audacieux.

33:15

Ça va être un jeu. C'est Disco Elysium. Si vous ne connaissez pas ce jeu,

33:20

vous incarnez le rôle d'un policier qui ne se souvient de rien,

33:23

parce qu'il a fait une giga cuite, parce que ça n'allait pas du tout dans sa vie.

33:27

Et en fait, c'est quelqu'un de très socialement inadapté et qui se remet d'un stress

33:33

post-traumatique, justement, et qui réapprend tout de la vie,

33:36

parce qu'en fait, il a tout oublié, littéralement tout.

33:38

Donc, il réapprend le monde dans lequel il vit, il réapprend à faire des choses aussi simples que

33:42

cuisiner, que parler à des gens de manière « normale »,

33:45

je mets les guillemets. Et tout au long de cette aventure,

33:48

vous êtes suivi par un collègue à vous qui est une oreille très attentive et qui,

33:52

à la fin du jeu, peu importe ce que vous faites,

33:53

même si vous êtes la pire personne dans le jeu, vous défendra.

33:57

Et je trouve que c'est une œuvre qui, moi, m'a marquée pour ça.

34:00

Parce que ça prouve que les gens sont généralement bienveillants.

34:03

Même si vous êtes la personne la plus bizarre et excentrique qui soit,

34:06

comme le protagoniste de ce jeu, il y aura des gens pour vous épauler et il y a un futur possible.

34:13

Même si vous n'êtes pas forcément la meilleure personne,

34:17

même si vous avez fait des actions ou qu'il vous est arrivé des choses,

34:19

il y aura des gens pour vous écouter, il y aura des gens pour vous soutenir.

34:23

Le jeu est beaucoup plus nuancé que ça. C'est un jeu de nerd.

34:26

C'est un jeu de plateau ou un jeu vidéo ?

34:29

C'est un jeu vidéo. C'est un jeu indépendant, c'est un jeu d'enquête.

34:34

Mais le personnage principal souffre de stress post-traumatique.

34:37

A mon sens. C'est pas canon, mais c'est clairement ce qui s'y apparente le plus.

34:42

Et je trouve que c'est une très bonne représentation de la chose.

34:46

Le personnage est un peu, vous le découvrirez, il est fou,

34:49

mais d'une manière où c'est "relatable", on va dire.

34:55

C'est marrant que tu donnes un jeu vidéo, parce que du coup,

34:58

ça m'a fait penser à l'instant à un jeu indépendant également qui s'appelle Limbo.

35:03

Et c'est une silhouette noire qui ne peut que avancer et qui doit fuir des trucs qui font un peu

35:10

peur. Genre une araignée, genre un rocher qui va s'écraser,

35:15

etc. Et il ne peut que avancer et du coup, si tu meurs,

35:18

tu es obligé de recommencer là où tu étais et essayer d'aller jusqu'au bout.

35:23

Et du coup ça me fait un peu penser à ça, avec les peurs du passé.

35:29

Quand tu disais que c'était plutôt tourné vers le passé le stress post-traumatique,

35:35

ça essayait de nous tirer vers la bas mais qu'on essayait d'aller de l'avant.

35:37

C'est vrai.

35:38

Dans un monde un peu en noir et blanc. On sait pas trop quoi faire.

35:43

C'est clair.

35:45

C'est probablement complètement aléatoire, mais c'est un petit ressenti que j'ai eu quand t'as parlé de jeux vidéo ça m'a fait

35:53

penser à ça.

35:54

Je trouve que c'est très pertinent. C'est pas du tout le même style de jeu,

35:58

mais c'est foncièrement ça. T'es toujours tiré en arrière par des trucs et petit à petit tu deviens plus fort et tu les

36:03

combats. Je pense que c'est une bonne définition.

36:05

Mais jouez à Disco Elysium, c'est vraiment bien.

36:08

Et je trouve que c'est une belle représentation.

36:09

Et ça montre qu'il y a des proches qui peuvent être là pour vous,

36:13

je trouve que c'est une belle autothérapie ce jeu.

36:14

Moi ça m'a fait cet effet là.

36:16

Et bien on espère que plein de nos auditeurices vont être chargés,

36:21

enthousiasmés par ce jeu.

36:22

J'espère aussi.

36:23

Et bien ma chère Cécilia, je crois que "it is time".

36:28

Et bien soit.

36:29

Je te remercie beaucoup en tout cas d'être venue nous parler du stress post-traumatique.

36:38

C'était vraiment un plaisir.

36:38

C'était un plaisir partagé. Merci beaucoup de m'avoir invitée sur l'émission Delphine.

36:42

C'est adorable.

36:44

Un plaisir. Merci d'avoir écouté Voix plurielle. Comprendre,

36:55

c'est déjà faire un pas vers l'autre. C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

36:59

une autre façon de voir le monde.

37:01

Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.