Les TCA avec Inès (2/2)
S01:E16

Les TCA avec Inès (2/2)

Episode description

La suite de notre échange sur les TCA et l’anorexie mentale avec Inès.

(Partie 2/2)

Invitée : Inès

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La semaine dernière.

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Aujourd'hui, je reçois Inès et nous allons parler ensemble de troubles du comportement alimentaire.

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Et donc c'est vrai que, comme tu disais, recalculer ou ne plus calculer justement qu'est-ce qu'on

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va pouvoir manger ? Quoi choisir ? Qu'est-ce que c'est avoir faim ?

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Comment ça se passe avec les proches, avec les amis,

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au niveau professionnel ? Quand tu es revenue dans cette vie quotidienne,

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comment tu l'as vécu justement ?

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Alors, en fait, du coup, deux mois et demi après l'hospitalisation,

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quand je suis retournée faire une visite de contrôle à l'hôpital,

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parce qu'en fait, à la base, j'aurais dû continuer en hôpital de jour.

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Mais vu qu'il y avait le Covid et que les patientes,

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on est toutes des personnes à risque, il n'y avait plus vraiment de personnes qui avaient le droit

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de rentrer dans l'hôpital. Donc, en fait, je faisais hôpital de jour par téléphone.

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Et j'ai dû trouver une psychiatre du côté de Chambéry,

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un peu à la "oneguen". Et en septembre, quand j'ai fait ma visite de contrôle et que le médecin m'a pesée et qu'il a vu

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que j'avais tout perdu mon poids, etc. Il m'a dit,

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en fait, moi, si j'étais moi, là, je vous réhospitalise.

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Là, vous êtes de nouveau en sous-poids et en danger,

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donc pour moi, je vous réhospitalise. Sauf que je venais de trouver un boulot.

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Et du coup, j'ai dit non, non, non. Et en fait, j'ai été traumatisée par l'hospitalisation,

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je n'avais qu'une peur, c'était retourner à l'hôpital.

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Et j'ai dit non. J'ai dit, prescrivez-moi des compléments alimentaires et je vais m'en sortir comme

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ça. J'ai eu des compléments alimentaires qui sont hyper protéinés,

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hyper caloriques. J'ai mangé des compléments alimentaires jusqu'à...

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Je crois que les derniers, je les ai mangés en 2023.

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C'était les bouteilles ?

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Les petits yaourts qui font 400 calories par pot.

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Sauf que là encore, j'avais la maladie qui était présente parce que ça,

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c'est censé être un complément alimentaire. Ce n'est pas censé remplacer.

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Et du coup, moi, ça a remplacé mon petit déjeuner et ça me faisait le goûter.

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Mais bon, j'ai réussi à survivre comme ça et à ne pas continuer à perdre du poids.

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J'ai stabilisé, en fait. Je ne prenais pas de poids,

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vraiment. Je prenais, je perdais, je prenais, je perdais,

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mais j'avais stabilisé. Et en fait le seul truc qui m'animait c'était la peur de me retrouver en

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hospitalisation à nouveau. Donc en fait je me suis dit je vais me battre et je me suis dit en plus c'est pas l'hospitalisation qui

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va forcément me sauver. C'est à dire que j'ai constaté que oui l'hospitalisation m'a sauvée sur le moment mais en fait quand

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je suis sortie de là bah en fait j'avais rien appris.

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C'était une procédure d'urgence en fait.

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Ce que tu voulais c'était quelque chose de concret qui te permette de tenir sur la durée.

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En fait il faut tous se rééduquer. Quand je dis que la maladie a rééduqué le cerveau et le corps,

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la guérison, c'est rééduquer à nouveau son corps et son cerveau pour dire,

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il faut que tu manges plus, il faut que tu apprécies ce que tu manges,

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c'est manger par exemple en pleine conscience. Donc j'ai été accompagnée par des psychiatres sauf

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que c'était pas une spécialiste. Ensuite là quand je suis arrivée à Lyon bah là j'ai en fait trouvé une diététicienne qui

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elle est spécialisée dans les TCA. Et je la remercie énormément parce qu'en fait c'est elle qui m'a sauvée de l'engrenage dans

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lequel mon cerveau il était. C'est elle qui m'a aidée à reprogrammer mon cerveau,

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qui m'a aidée à comprendre qu'est-ce que j'aimais,

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qu'est-ce que j'aimais pas. Elle me donnait des objectifs,

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j'avais des missions et au final des fois j'en étais même fière d'aller la voir et de dire aujourd'hui j'ai réussi à manger

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ça, cette fois-ci j'ai réussi à manger ça. C'est sûr que c'est un investissement parce que ce n'est pas remboursé par la

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sécu la diététicienne.

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Comme les psychologues c'est pas remboursé.

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Non, parce que c'est pas des médecins, contrairement aux nutritionnistes.

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Mais la thérapie que j'ai eu avec elle, couplée en plus,

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elle fait de la sophrologie, ça m'a beaucoup aidé sur les anxiétés.

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Et on dit qu'une personne atteinte d'anorexie pour vivre au quotidien,

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faut plus qu'elle pèse, faut pas qu'elle se pèse,

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faut pas qu'elle pèse sa nourriture, faut pas tout ça.

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Et bah sachez que moi je fais tout le contraire.

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Enfin je me pèse jamais, parce qu'en fait la balance c'est une angoisse pour moi,

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que ça soit que j'ai pris du poids ou perdu du poids.

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Récemment j'ai reperdu du poids et en fait c'était une angoisse,

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parce qu'en fait il y a la petite voix de la raison qui me dit "c'est pas bien Inès" et la voix de la maladie qui dit "hey

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bien joué" tu vois. Et du coup, le fait de peser mon alimentation,

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c'est ce qui me sauve aujourd'hui, parce qu'en fait,

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je pèse des quantités normales pour quelqu'un à manger.

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Si je ne pesais pas, je mangerais moitié moins, voire deux tiers de moins de ce que je mange.

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Alors que là, ça te fait un cadre, en fait.

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C'est ça, ça me fait un cadre qui me rassure. Pareil j'ai,

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et ça c'est peut-être des traits qui se rapprochent par exemple du TDAH et de l'autisme,

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c'est à dire que j'ai des aliments que je vais manger tout le temps,

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les préférer, j'ai des phases. J'ai eu ma phase que j'ai encore un petit peu où je me fais cuire des pâtes que je mets au

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Airfryer et après je trempe dans un yaourt. Débile !

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Mais j'adore ça. Et en fait c'est du coup vivre au quotidien la maladie.

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Quand on en sort, pas quand on est guéri, même quand on est guéri c'est réapprendre.

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Quand on sort de crise quoi.

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C'est ça, c'est réapprendre à apprécier les petites choses de la vie.

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C'est aussi apprendre à écouter ses envies sans laisser la maladie parler.

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Parce que des fois on a du mal à savoir qui parle.

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Moi des fois je sais pas si si c'est la maladie qui me dit qu'elle n'a plus faim ou qu'elle n'aime pas quelque chose ou

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est-ce que c'est vraiment moi qui n'aime pas ça ?

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Et il y a des moments où je deviens schizophrène.

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Je me dis, qui est dans ma tête ? Qui c'est qui parle ?

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Qui c'est qui est dans le corps ? Des fois, c'est limite si je ne suis pas témoin de mon propre corps et que mon corps fait

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ce qu'il veut derrière. C'est hyper compliqué parce qu'en fait,

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il faut constamment être en débat dans sa tête. Tout est source d'angoisse.

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Les repas, les repas de fête... Les repas de fête,

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s'il vous plaît, c'est un enfer, c'est une source d'angoisse.

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C'est en face de nous aussi avoir des proches qui ne comprennent pas ce qui se passe dans notre

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tête. Ils disent mais pourquoi tu ne veux pas ? Pourquoi tu culpabilises ?

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Qu'est-ce qui t'angoisse ? En fait, tu ne sais pas,

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c'est viscéral, tu sens la sensation dans le vide.

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Et il y a une fois où en fait, je me disais il faut que je mange,

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il faut que je mange, ce n'est pas bien et tout.

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Et je me suis forcée et j'ai mangé, c'était de la crème de marron.

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C'était un dessert, la crème de marron et tout, j'étais en déplacement.

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J'ai dit, vas-y, il faut que je le mange et tout.

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Et je me suis forcée et j'ai mangé le truc. J'ai été malade avec une sorte de gastro pendant deux

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semaines. Mon corps a complètement rejeté les choses.

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Donc en fait c'est le quotidien d'une anorexie qui est sur la voie de la guérison,

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qui est sortie de l'hôpital, ou même qui est encore malade.

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C'est un combat constamment avec soi-même. Et du coup c'est hyper compliqué au niveau des relations

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de famille, c'est hyper compliqué au niveau des relations amicales,

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c'est difficile au niveau de la vie sociale. Même la vie amoureuse en fait ça devient hyper

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compliqué, parce que surtout les relations sociales et les relations amoureuses,

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c'est à dire de faire rentrer quelqu'un dans ta vie et lui expliquer bah non en fait je pourrais pas manger avec toi dans

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tous les restaurants, non je pourrais pas aller faire des bouchons lyonnais avec tous mes amis,

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non je peux pas faire des restaurants d'équipe toutes les semaines ou tous les jours,

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non je ne peux pas faire. Enfin voilà c'est plein plein de moments de sociabilité qu'on se refuse.

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Aujourd'hui, je suis capable de manger au restaurant.

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Je trouve toujours un truc à manger, sauf si on m'emmène dans un bouchon lyonnais,

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s'il vous plaît, ne le faites pas. Là, c'est vraiment me tirer une balle dans le pied et me prouver

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que je suis malade. Je n'ai pas besoin de ça, mais je suis capable aujourd'hui d'aller dans des

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restaurants japonais, des restaurants chinois, des restaurants libanais,

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tout type de restaurant.

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Tu peux manger quand même dans un restaurant, à trouver quelque chose,

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tu n'es pas juste en spectatrice.

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Il y a eu des fois où j'étais spectatrice. Il n'y a pas longtemps,

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il y a eu un restaurant d'équipe et j'ai dit à ma collègue,

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ne choisis pas ce restaurant, je ne pourrai pas manger.

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Bien sûr, elle l'a choisi. Et on s'est retrouvés dans un restaurant où les seuls repas végétariens,

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c'était soit des trucs avec des pommes de terre et du fromage fondu dessus,

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soit c'était des burgers.

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Oui c'est pas très facile.

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Donc, j'ai un peu fait l'affront, c'est mon côté rebelle.

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Je suis venue au restaurant et je les ai regardés manger.

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Juste pour prouver le truc du dire, ok, je veux bien faire des efforts.

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Mais je ne peux pas tout faire non plus. Je ne suis pas une surhumaine.

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Je vais mieux, c'est sûr. J'ai fait énormément de chemin,

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c'est sûr. Je suis là aujourd'hui. C'est grâce à ma famille,

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c'est grâce à mes amis.

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C'est grâce à toi surtout.

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Oui, mais c'est vous tous qui m'avez donné une énorme force de me dire,

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continuer à me battre, même mon chat. Aujourd'hui,

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vous savez que j'ai adopté mon chat en 2021, donc un an après ma sortie d'hospitalisation.

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Et c'était aussi le moyen de me dire, en fait Inès,

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là t'as quelqu'un pour qui tu te bats tous les jours,

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c'est mon bébé quoi, et du coup ça voulait dire si je me faisais hospitaliser,

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qu'est-ce qu'il advenait de mon chat ?

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Mais j'ai l'impression que ça revient beaucoup ça en termes de santé mentale.

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Le fait d'avoir un animal duquel on est responsable et bien ça nous aide beaucoup avec nos maladies

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diverses et variées. Parce que la personne, enfin la personne,

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le chat, l'animal, ne va pas juger. Et le fait que l'animal ne juge pas,

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ça nous rend encore plus heureux ou heureuse de l'aider,

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de pouvoir participer à son bien-être. Et donc cette responsabilisation aide aussi à se dire je

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dois être là pour cet animal.

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Au début avant d'avoir mon chat, j'étais chez mes parents et du coup il y avait le chien,

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donc Happy. Et Happy a été mon psy pendant un bon moment.

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C'est à dire que quand j'allais pas bien, quand j'avais envie de parler,

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et en fait des fois on a juste envie de parler, mais pas avoir forcément quelqu'un qui nous réponde

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derrière, je parlais à mon chien et il me donnait un amour inconditionnel.

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Et en fait il le sentait quand j'allais pas bien.

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C'est à dire que d'un coup, il allait juste venir et poser sa tête sur moi,

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et je savais que, en fait il sentait que j'étais en anxiété,

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et que du coup il fallait m'aider, et voilà. Et en fait c'est vrai que la vie sociale,

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la vie au boulot, tout ça, c'est hyper compliqué.

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Moi pendant très longtemps et encore maintenant j'ai peur de rencontrer des gens.

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Il y a des applications qui font pour des rencontres amicales,

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mais c'est souvent des trucs qui tournent autour de la bouffe.

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On a la chance et la malchance d'être dans le pays où la gastronomie c'est le nerf de la guerre.

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C'est à dire que on est à table, on parle de bouffe.

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On est en pause, on parle de bouffe. On raconte notre week-end,

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on dit ce qu'on a cuisiné, on dit qu'on a fait nos courses,

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on dit qu'on a fait des restos. La vie d'un français tourne autour de la nourriture, honnêtement. honnêtement.

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Il y avait une phrase qu'on mentionnait beaucoup dans ma famille,

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c'était qu'il y a beaucoup de familles françaises où on vit pour manger au lieu de manger pour

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vivre. Et c'est vrai que vu qu'il y a beaucoup de spécialités,

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qu'on fait tout autour des restaurants, des plats,

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que les familles se rencontrent autour de la table et qu'il y a un peu cette envie aussi de faire

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partie d'un groupe. Si on ne mange pas pareil, et on le voit bien avec les personnes qui ont des régimes alimentaires différents

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comme les véganes, les végétariens, les sans gluten...

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Il y a plein de personnes qui ont pour diverses raisons des régimes alimentaires différents,

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et ça impacte leur relationnel. Donc évidemment que dans le cas d'une maladie aussi impactante par

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rapport à la nourriture, c'est sûr qu'en France c'est pas le meilleur pays effectivement.

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Et du coup honnêtement, moi ce que j'ai, si j'avais un conseil honnêtement à dire,

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c'est de parler en fait. Moi j'ai arrêté de trouver des excuses en disant "non merci non ça va merci j'ai pas faim" avec

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toujours un grand sourire. Encore maintenant mon père se moque de moi quand il me propose quelque chose à manger et que

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je le regarde je fais "non merci, merci". Et là,

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il me regarde en mode "pourquoi j'ai demandé en fait". "pourquoi j'ai demandé en fait". Voilà.

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Ecoute c'est un progrès. Ça veut dire qu'au moins,

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il a compris que c'était au delà de juste "j'ai pas faim" et que c'est un réflexe, etc. etc.

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C'est ça, c'est que en fait, il y a plein de choses que on ne veut plus forcément manger.

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Il y a plein de choses c'est encore difficile. Je serais incapable.

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Je commence à manger un peu de la crème, etc. Mais la cuisine au beurre,

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la truc, tout ça, c'est hyper compliqué pour moi.

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Et quand je vais en manger, ça va me coûter beaucoup.

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Je vais pas manger comme n'importe qui. J'ai besoin de tout peser.

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Donc à partir de ce moment là, c'est quand même un peu compliqué.

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Même les repas, ou les repas de nouvel an par exemple avec des potes,

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ou les soirées avec les amis. Moi j'ai des amis,

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on fait des soirées toutes les semaines, et en fait à chaque fois on cuisine les uns pour les

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autres. Sauf qu'ils mangent, il est 22h et sauf que moi j'ai des TOCs.

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Dans mes TOCs alimentaires j'ai plein d'autres TOCs.

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Notamment le fait de peser, le fait de manger à la même heure tous les jours,

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que ce soit le midi ou le soir. Le midi je suis devenue un peu plus flexible.

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Wouah !

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Attention c'est funky ! Mais le soir c'est, je ne peux pas manger passé 20h,

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sinon mon cerveau : complètement en mode "ah bah non j'ai plus faim".

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Ah oui.

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Et en fait c'est juste ça. Et donc du coup c'est vrai que c'est difficile.

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Au début tu te dis, bah comment je vais faire, je vais aller à une soirée,

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je vais aller à un truc et je suis pas capable de manger.

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Je vais t'offrir une balance lance portative.

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C'est ça, mais du coup, en fait, ce que j'ai commencé à faire,

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c'est que mes soirées avec mes potes, je leur ai dit : j'ai une anorexie,

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ça se passe comme ça, je ne suis pas capable de manger avec vous,

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du coup, est-ce que ça vous dérange si les soirs où on fait soirée,

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soit je mange avant et je viens et on fait soirée et tout,

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(parce qu'en général, on se rejoint même à 20h30,

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donc j'ai le temps de manger chez moi et de les rejoindre),

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soit je ramène, si on se rejoint par exemple à 19h ou 19h30,

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en fait, je ramène ma popote de chez eux et je mange mon repas que j'ai fait.

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Et en fait ça passe crème en fait.

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Normalement les gens qui comptent pour toi, ou en tout cas les gens importants,

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c'est des gens qui sont capables de comprendre cette difficulté.

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Mais après en fait le problème, c'est que eux c'est des bonnes pâtes,

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ils sont vraiment pas chiants. Genre c'est pas compliqué,

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même les repas de nouvel an, si je leur dis bah non mais je fais mes courses dans mon coin et je

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ramène mon truc, ils sont en mode pas de soucis tu fais ce que tu veux Inès.

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Tu vois ils sont vraiment en mode tu fais comme tu veux.

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Mais quand il y a un investissement émotionnel plus important...

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C'est pas la bonne chose à dire, parce qu'en fait dans ces amis là,

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il y a mon meilleur ami, je peux pas dire qu'il n'y a pas d'investissement émotionnel dans l'histoire. l'histoire.

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Mais il n'y a pas le poids peut-être par exemple...

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Du passé. C'est ça. Ce qui a été très dur avec moi,

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et qui me blesse encore, c'est d'entendre ma famille ou des amis me dire : "en fait j'aimerais bien partir en voyage avec

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toi Inès mais en fait ça m'angoisse par rapport à la bouffe".

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Et je me demande pourquoi. "En fait, j'ai peur que tu ne trouves pas à manger et que ça soit trop compliqué pour toi de

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faire que des restos, etc". Et c'est vrai que quand je voyage,

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je voyage seule. Ça m'arrive de voyager seule, j'aime bien.

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Mais en fait, je ne vais pas me faire des restos quand je vais voyager seule.

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Je vais aller faire des courses et je vais m'acheter de la nourriture que je vais pouvoir peser.

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Parce que ma balance, je l'emmène partout. Elle a fait Madrid,

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elle a fait Barcelone, elle a fait Londres, elle a fait Basingstock...

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Je l'emmène partout ma balance. Donc en fait les gens,

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malgré que je vais mieux, ils peuvent pas s'en passer d'avoir encore cette perception de moi en mode "Inès ne va pas manger

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de lait entier", "elle va pas manger de crème", "elle va pas manger de lardons".

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Je suis végétarienne parce que j'aime pas la viande.

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Ce n'est pas l'anorexie qui fait que je ne mange pas de viande,

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c'est vraiment que je n'aime pas le goût. Par contre j'adore le poisson.

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Mais voilà, il y a ce problème là, où ma mère jusqu'à cette année,

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jusqu'au mois d'octobre, à chaque fois je lui proposais "tu veux venir à la maison",

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"tu veux qu'on aille se faire un truc toutes les deux",

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"tu veux qu'on se fasse un week-end entre filles",

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"tu veux qu'on voyage ensemble", ma mère trouvait toujours des excuses en mode "oui peut-être pas

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tout de suite", "non mais ce week-end je veux rester à la maison",

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"non mais viens plutôt toi à la maison". Et en fait un jour on a percé l’abcès.

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C'est juste que ma mère m'a dit "devant toi je sais pas quoi faire".

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En fait son cerveau trottait, cavalait à fond en mode "est-ce que ce que je vais faire c'est

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assez". Et en même temps elle pouvait pas s'empêcher d'avoir ce regard vers moi de quand je mangeais genre "est-ce qu'elle mange

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assez", "est-ce qu'elle mange pas assez". En fait on était beaucoup dans ce conflit intérieur sans

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se dire les choses, la peur en fait chacune de son côté.

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Moi la peur de pas faire assez pour ma mère, pour mes parents,

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pour leur montrer que je vais mieux, et mes parents qui avaient l'impression que j'allais pas

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mieux, mais qu'ils osaient pas dire quoi que ce soit.

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C'est hyper compliqué.

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C'est très difficile je trouve pour les parents qui ont un enfant avec un trouble psy.

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Je pense que c'est très difficile, parce qu'il y a probablement une forme de culpabilité immense de se dire "mince je n'ai pas

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réussi à accompagner mon enfant avant qu'il y ait ce problème" et "peut-être que je ne l'ai pas

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détecté assez tôt", "peut-être que je n'ai pas réussi à accompagner mon enfant après la déclaration

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de ce problème". Et du coup il y a une sorte sorte d'essai un peu maladroit,

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je pense, d'essayer de combler un peu quelque chose qu'ils ont peut-être pas bien fait,

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pas fait, mal fait ou je ne sais pas quoi. Et je pense qu'en fait,

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ce que tu disais tout à l'heure est très juste. Le fait d'avoir cette communication plus la

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confiance dans l'un dans l'autre, dans un sens comme dans l'autre,

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des parents vers l'enfant et l'enfant vers ses parents,

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de se dire juste aujourd'hui on est adultes tous et donc on peut aujourd'hui avoir une relation qui soit autre que toujours

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centrée en fait sur la maladie.

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C'est ça, c'est que moi maintenant j'essaie de dire : "non mais en fait considérez-moi comme

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normale". Je trouverais toujours un truc à manger,

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je trouverais toujours un truc, même si des fois c'est plus compliqué.

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Mais en fait ce que je demande, c'est un peu le pacte à chaque fois,

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c'est-à-dire tu veux manger au restaurant, ok, préviens-moi c'est quoi le restaurant,

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comme ça j'ai le temps d'anticiper, de regarder la carte.

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J'ai des amis aussi qui me disent "tu veux manger où,

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vas-y je choisis le restaurant, on te fait confiance".

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Ou alors ils me proposent des choix et ils m'ont dit "parmi ceux-là c'est lequel qui te plaît le

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plus". Et ça marche super bien en fait. Et avec ma famille,

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là cette année par exemple pour Noël, ça a super bien marché.

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Parce que j'ai pu manger quasiment comme eux, plus facilement.

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Donc le repas du 24, le problème c'est que moi je prends pas d'apéritif ni rien,

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donc du coup en fait c'est pendant qu'ils prennent l'apéritif que moi je mange mon repas.

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Parce qu'en fait eux ils ont le temps de manger et qu'ils attendent de digérer.

20:10

Mais en fait moi je vais pas attendre après les huîtres,

20:13

après le foie gras, et après la totalité, et qu'il est 23h pour commencer à manger,

20:18

ça fait un petit peu tard. Et du coup on trouve des mécanismes comme ça,

20:24

genre je mange un petit peu comme eux mais pas totalement comme eux.

20:26

Et pour le repas du 25 par exemple, on a fait un test cette année.

20:30

C'était ma diététicienne qui m'a recommandé, et ça marche super bien,

20:33

et je le recommande à des patientes qui ont une anorexie.

20:36

C'est de faire plutôt les repas où c'est chacun qui mange un peu ce qu'il veut.

20:42

C'est à dire qu'à table, on met plein de trucs. Donc ça peut être du libanais où on va mettre du

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taboulé libanais, du houmous, des falafels... Enfin où il y a vraiment un peu tout et c'est chacun qui pioche ce qu'il veut

20:51

et qui met dans son assiette.

20:52

Plein de plats et on ne sert pas sur assiette.

20:54

C'est ça et du coup il n'y a pas de jugement. Et là,

20:56

nous, on a fait quoi ? On a fait une fondue chinoise.

20:59

Une fondue chinoise ou japonaise. Mais du coup, c'est dans un bouillon où on a fait cuire de la viande pour ceux qui voulaient

21:05

de la viande, du poisson pour ceux qui voulaient faire du poisson,

21:08

du tofu pour ceux qui voulaient faire du tofu. Et plein de légumes.

21:11

Et des vermicelles de riz pour ceux qui voulaient manger.

21:13

Et en fait, c'était chacun qui servait et qui prenait ce qu'il voulait.

21:16

Et mes parents, ils m'ont vu me régaler et passer un repas en mode normal.

21:19

Et j'étais trop contente.

21:21

Ça, c'est un gros progrès. C'est une super victoire.

21:23

C'est ça. On s'est fait un week-end entre filles,

21:27

deux jours complets à Paris. Et genre ça s'est super bien passé.

21:32

Pareil pour l'alimentation, ça l'a rassurée au point qu'à Noël ils nous ont offert une semaine au

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ski. Donc là je suis honnête, dans deux semaines je pars au ski une semaine avec ma famille,

21:43

on est en demi-pension, ça va être le défi de tous les défis.

21:51

Est-ce que je vais arriver à manger ? Et en même temps,

21:53

je me dis, si je n'y arrive pas, au pire des cas,

21:56

je sais déjà que dans ma tête, je vais prévoir dans mes affaires de quoi manger au cas où il y a des soirs ou il y a des

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midis, je sois trop en difficulté pour manger quoi que ce soit.

22:08

Et que du coup, pour être sûre, parce qu'en fait,

22:11

oui, je peux faire l'effort de goûter. Oui, je peux faire l'effort de manger.

22:15

Mais en fait, vaut mieux quoi ? Que je mange une potatoes et c'est tout ?

22:19

Ou vaut mieux que je mange mon repas à côté et que je continue à prendre du poids comme je

22:23

l'entends, comme ce qui est prévu, avec le bon apport calorique,

22:28

le bon apport de protéines, le bon apport de féculent,s

22:31

de tout en fait.

22:33

En fait c'est juste ne pas faire dans la violence mais faire dans la compréhension.

22:38

C'est ça, je peux essayer, je peux manger, mais il ne faut pas que ce soit sur une longue période.

22:43

Donc je sais que sur la semaine, il y a peut-être des fois où il y aura des repas,

22:46

je vais moins manger. Je fais de l'effort physique,

22:49

ça sera déjà plus facile.

22:50

En fait, c'est comme si tu partais, mais avec un parachute.

22:53

Oui, c'est ça.

22:54

Comme ça, au moins, tu es sûre d'avoir ce qu'il te faut.

22:56

Et ça te fait une sécurité à l'avance.

22:59

Exactement, c'est exactement ça. En fait, vivre avec l'anorexie quand elle devient chronique,

23:04

c'est prévenir toutes les situations de stress. Parce que là,

23:12

tu as encore le négociateur du FBI qui rentre en scène et qui dit "écoute,

23:18

on teste, on y va, si tu le sens, tant mieux, si tu le sens pas,

23:25

t'as un plan B". Et en fait, ça marche. Ça marche super bien.

23:29

Déjà, c'est moins stressant et au moins, ça évite que le négociateur,

23:32

il se dise, "tu vois, je te l'avais dit, allez maintenant,

23:34

tu manges plus".

23:35

C'est ça. Et là, moi, en fait, je me suis plus en mode non,

23:38

non, mais on teste et si ça marche, bah voilà, et si ça marche pas,

23:42

c'est pas grave. Et en fait t'essayes, et derrière,

23:46

c'est une petite victoire. Parce que même, en fait,

23:49

là aussi, ce qui est important, c'est qu'il n'y a pas de petite victoire dans cette maladie.

23:54

Il n'y a pas de petite victoire. C'est-à-dire que même un matin,

23:59

se lever, c'est une victoire. Une journée sans pensée négative,

24:06

c'est une victoire. Manger un carreau de chocolat,

24:11

c'est une victoire. Tout est une victoire. Réintroduire un aliment dans son alimentation qu'on n'a pas mangé depuis très

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longtemps, c'est une victoire. Et tout ce qu'il faut retenir c'est : tout est victoire et il faut

24:24

pas culpabiliser. Si pendant une semaine, t'as envie de manger le même repas matin,

24:28

midi et soir, bah tant pis, tu manges le même repas matin,

24:30

midi et soir. Si ça te permet d'avancer et ça te rassure et ça te fait du bien,

24:35

tu le manges. Tout en respectant bien sûr qu'il y ait,

24:37

parce qu'en fait le problème de l'anorexie aussi,

24:39

c'est qu'il faut un bon apport en graisse et un bon apport en protéines.

24:43

C'est le plus important, parce que c'est ce qui nourrit le cerveau.

24:45

Donc faut pas non plus te dire pendant une semaine,

24:49

matin, midi et soir tu bouffes que des pâtes. Non.

24:51

Ou que des légumes.

24:53

Ca c'est le régime des étudiants !

24:57

C'est ça, il faut trouver l'alimentation qui permet,

25:00

qui te plaît, et en même temps qui rentre dans cette dénutrition.

25:06

Parce qu'on ne parle pas, (ma diététicienne serait fière de moi si elle m'entendait le dire),

25:11

on ne dit pas que l'on grossit, on dit que l'on démaigrit.

25:17

Et aujourd'hui j'ai un IMC qui est encore loin d'être le minimum.

25:21

C'est à dire que le minimum c'est 19.

25:24

J'aurais dit 18 mais j'étais plus sûre.

25:28

Je crois que c'est 18 ou 19. Aujourd'hui je crois que je suis un IMC entre 16 et 17.

25:34

T'es presque arrivée !

25:37

Ouais mais en fait pour y arriver, il faut encore que je prenne je crois minimum 5 kilos je crois.

25:46

Que tu enlèves 5 kilos négatifs.

25:48

Voilà j'enlève 5 kilos négatifs. Donc en fait c'est énorme,

25:51

parce que sachant que j'arrivais à prendre on va dire,

25:53

pendant un moment j'arrivais à prendre 1 kilo par mois.

25:56

Mais j'étais capable d'en perdre 2 en un mois aussi.

25:59

Comment dire que le chemin il est encore très long,

26:03

très très long.

26:04

Mais t'es beaucoup plus armée aussi, enfin t'es mieux armée aujourd'hui.

26:07

C'est ça et j'assume ma maladie. Et je sais qu'elle fait partie de moi.

26:12

Je sais qu'au fond de moi, je m'en débarrasserai jamais complètement.

26:16

Je sais qu'elle aura beaucoup de conséquences sur ma vie cette maladie,

26:21

notamment sur la partie des enfants. Je sais qu'elle a une conséquence sur mon anxiété,

26:28

ce qui fait qu'aujourd'hui bah oui je suis traitée j'ai des antidépresseurs,

26:32

des anxiolytiques. Mais c'est plus, j'ai plus le brouillard dans ma tête que j'avais avant.

26:38

Et du coup je me rattache à ça, et je me dis chaque jour,

26:42

c'est un pas. On recule, bah c'est pas grave, on va continuer à avancer derrière ça,

26:48

on lâche rien. Et surtout, on est honnête avec soi-même et on communique aux autres ce dont on a

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besoin. Et voilà, après, dire aussi qu'il faut s'entourer des personnes comme nous qui ont été guéries de la maladie ou des

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personnes comme nous qui sont malades, ben non. Parce que peut-être que ces personnes,

27:15

elles peuvent mieux te comprendre, mais c'est aussi des personnes qui peuvent soit t'embarquer dans

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une rechute, soit te faire te sentir encore plus...

27:27

Une espèce de comparaison.

27:28

Ouais c'est ça et culpabiliser en mode "ah mais moi je vais mieux,

27:31

mais elle elle va pas mieux, est-ce que je suis un problème".

27:34

En fait par exemple quand je vois quelqu'un dans la rue qui va être dans une maigreur extrême,

27:40

ça me génère, et la personne je ne lui ai pas parlé,

27:43

mais juste de la croiser ça me génère une angoisse monstrueuse.

27:46

Parce qu'en fait il y a une part de moi qui dit "mon dieu j'étais comme ça" et il y a une part de moi qui me dit "mais mon

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dieu t'es énorme maintenant Inès".

27:54

Ouais, le combat permanent...

27:55

C'est le combat permanent.

27:57

Mais aujourd'hui j'ai l'impression que t'as beaucoup plus de force que par le passé.

28:02

Parce que t'as cet entourage médical, enfin en tout cas des soignants,

28:08

ou t'as pu trouver des soignants qui te correspondent.

28:11

Et donc du coup cet accompagnement là, comme tu parlais de ta diététicienne qui t'aide et qui te

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suit, qui te donne du vocabulaire qui te correspond,

28:20

qui te donne des objectifs qui te correspondent.

28:22

Ça, c'est hyper positif parce que ça veut dire que ça te permet d'avancer avec la maladie au lieu

28:28

d'avancer contre elle. Et je pense que si on avait fait ce podcast quand tu étais à l'hôpital,

28:36

je pense qu'on n'aurait pas du tout eu la même Inès, en fait. en fait. fait.

28:40

C'est ça. Et après, il n'y a pas de traitement miracle.

28:43

L'hospitalisation, c'est pas ce qui va faire guérir,

28:45

j'en suis la preuve. Les antidépresseurs, les anxiolytiques,

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c'est pas ça qui va faire guérir non plus. C'est ce qui permet de calmer la petite voix de temps en temps quand on a un

28:54

trop plein émotionnel, c'est ce qui permet de canaliser ce trop plein émotionnel,

29:00

mais c'est pas ce qui guérit non plus. Moi ce qui m'a beaucoup aidée,

29:04

c'est au final des thérapies alternatives. J'ai fait du coup de la sophrologie avec ma

29:10

diététicienne, ce qui m'aide beaucoup au niveau de la respiration quand je sens les angoisses

29:14

monter. J'ai fait de la microkinésie qui lui a permis de déterminer des blessures que j'ai pu avoir dans le passé dans mon

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corps, ce qu'on appelle des flèches, qui me les a enlevées.

29:25

Donc c'est des thérapies qui sont alternatives parce que ça touche plutôt au spirituel.

29:29

J'ai été suivie aussi par une coach de vie, mais qui était spirituelle parce qu'elle avait des dons

29:36

de médiumité, et qui elle m'a appris plein de choses sur moi.

29:40

J'ai fait aussi ce qu'on appelle, c'est quelqu'un qui coupe les liens émotionnels

29:46

transgénérationnels. C'est-à-dire qu'elle remonte dans les générations pour voir comment ça se fait

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que tu as ce bagage émotionnel-là. Pourquoi tu en es arrivé là ?

29:55

Et en fait, toutes ces petites thérapies mises toutes bout à bout,

29:59

heureusement, j'avais un soutien avec ma famille.

30:01

C'est ma mère qui a beaucoup cherché ces thérapies-là pour m'aider,

30:04

qui me les a proposées. Moi, au début, je l'y allais pour elle.

30:07

Et en fait, maintenant, je la remercie parce que je l'ai fait aussi pour moi,

30:10

au final. Parce que c'est ça qui m'a sauvé la vie et m'a sorti la tête de l'eau beaucoup plus vite que si j'avais pataugé

30:17

toute seule avec les médecins. Donc en fait il n'y a pas de remède miracle par rapport à la

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maladie, il faut juste trouver ton remède à toi, celui qui te convient.

30:25

Et moi c'est le côté spirituel qui m'a beaucoup aidée.

30:29

C'est d'apprendre ce qui a pu se passer dans mes générations passées,

30:33

c'est ce qui a pu se passer et que j'ai pu intérioriser des traumatismes intérieurs qui font

30:39

qu'aujourd'hui, j'ai pu avancer et comprendre. OK,

30:42

j'ai ce comportement-là ou j'ai telle réaction parce qu'il m'est arrivé ça.

30:47

Et du coup, qu'est-ce que tu dirais à une jeune personne,

30:52

donc femme ou homme, même si on sait qu'il y a beaucoup plus de femmes,

30:55

qu'est-ce que tu dirais à une jeune personne qui,

30:57

aujourd'hui, se trouve dans une situation d'anorexie mentale et qui découvre ça la concernant ?

31:05

Si elle n'arrive pas à en parler, si elle n'arrive pas à demander de l'aide,

31:13

à le vocaliser, comme moi j'ai pu faire, dire "Maman,

31:16

j'ai besoin d'aide, je veux me faire hospitaliser"...

31:18

C'est très dur. C'était les paroles les plus dures de ma vie que j'ai pu prononcer.

31:22

Et en même temps je vois le soulagement que ça a pu provoquer chez ma mère.

31:27

C'est peut-être de commencer par faire des messages d'alerte,

31:34

des SOS, en fait. Des fois, c'est juste ça, de dire un SOS,

31:41

ça ne va pas bien, et de laisser le temps de venir.

31:45

En fait, le meilleur conseil, c'est de parler, mais parler,

31:50

ce n'est pas évident pour tout le monde. Et peut-être qu'il faut y aller par étapes,

31:54

trouver quelqu'un avec qui on se sent assez en confiance.

31:57

Ça peut être un inconnu, en fait, des fois. C'est juste des fois aussi de faire la démarche,

32:01

de dire, je vais aller voir un médecin. Peut-être que je n'irai le voir qu'une fois,

32:05

mais j'ai besoin de vider mon sac avec cette personne-là.

32:07

Et en fait, de le vocaliser à quelqu'un d'extérieur,

32:12

de le vocaliser à la voix haute, des fois, c'est là où ça nous permet de vraiment prendre

32:18

conscience de ce qu'on a.

32:20

Peut-être un chien alors, comme toi, tu as fait avec Happy.

32:22

C'est ça, c'est ça. Mais en fait, c'est d'avoir le...

32:26

C'est con, mais c'est dur. C'est se confronter au regard extérieur.

32:30

Je sais que c'est extrêmement difficile.

32:33

C'est comme un miroir donc en même temps...

32:34

C'est ça. De se juger. Parce qu'on a l'impression que tout le monde nous juge,

32:39

tout le monde nous regarde, tout le monde regarde notre assiette,

32:41

tout le monde nous regarde ce qu'on fait etc. Donc c'est hyper difficile de se confronter au regard

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des autres. Et en même temps en plus il ne faut pas qu'on se compare.

32:51

C'est vraiment dans notre cerveau c'est très compliqué.

32:53

Parce qu'en fait on ne peut pas s'empêcher de comparer si quelqu'un à la table mange moins que

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nous, on est en mode...

32:58

"Mince, j'ai trop mangé".

32:59

C'est ça. Si quelqu'un dit, j'ai raté un... Moi, le truc qui me rend le plus malade,

33:03

c'est quand quelqu'un me dit, "j'ai loupé mon repas" ou "j'ai pas mangé depuis ce matin" ou "j'ai pas mangé depuis hier

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soir". C'est une angoisse pour moi. Parce qu'en fait,

33:12

je me dis, moi, j'ai mangé quatre repas, en fait,

33:14

entre-temps. J'ai fait un petit déjeuner, un déjeuner,

33:17

un goûter et le dîner.

33:20

Alors que si ça se trouve, cette personne avait mangé huit pizzas à son dernier repas.

33:24

Et on ne le sait pas.

33:25

Mais c'est ça.

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C'est juste l'expression qui met en alerte la dualité qu'il y a dans ton cerveau et qui est en

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mode, "mon Dieu, il faut que je fasse ça". Ou "maintenant,

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il faut que je fasse autre chose". Et la confrontation totale entre les deux.

33:39

C'est ça. Et en fait, moi, je pense que mon seul conseil que je pourrais donner,

33:44

c'est si on n'arrive pas à demander de l'aide, déjà de montrer qu'on a besoin d'aide.

33:51

Parce que peut-être que la personne en face, elle trouvera plus facilement les moyens

33:55

d'accompagner. Ça peut être, par exemple, la personne,

33:59

elle voit que tu fais un signal d'alerte et elle te dit,

34:00

"écoute, je sais que ça ne va pas trop en ce moment,

34:04

j'ai potentiellement quelqu'un qui pourrait t'aider,

34:09

c'est si tu veux on y va, tu peux y aller seule ou avec moi,

34:15

mais voilà c'est sa carte tu peux prendre rendez-vous quand t'en as envie".

34:18

En fait des fois juste de savoir qu'on a cette porte ouverte sans jugement c'est le premier pas, des fois. des fois. fois.

34:28

Finalement, c'est un beau message parce que c'est un message à la fois pour les personnes qui souffrent de ça et pour les

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personnes qui sont autour. C'est juste communiquer et être ouvert et tolérant.

34:38

C'est très beau. Et justement, en parlant de choses très belles,

34:44

moi, j'aime bien finir ce podcast, en règle générale,

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par une impression un peu plus douce, quelque chose qui parle d'un point de vue un peu artistique.

34:54

Donc, je ne sais pas si toi, de ton côté, tu as des œuvres,

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ça peut être des œuvres littéraires, des tableaux,

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de la musique, un film, peu importe. Juste quelque chose qui te parle par rapport à cette maladie

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que tu vis au quotidien.

35:09

Alors, moi, je lis beaucoup. Alors, beaucoup, beaucoup.

35:13

C'est vrai, je confirme.

35:14

J'ai une addiction, c'est les livres. Et du coup,

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c'est vrai que en fait, je ne suis même pas capable de dire un livre auquel je peux plus

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m'identifier. En fait, ça dépend vraiment des étapes de ma vie.

35:27

Oh tu peux en dire plusieurs.

35:27

Par exemple, j'aime bien lire "L'attrape-cœur" de Katerina Rye.

35:34

Parce que ce jeune qui a plein de troubles psychiatriques,

35:43

profondément dépressifs, mais qui est complètement dans le déni en mode "mais non c'est pas moi le

35:47

problème c'est les autres", qui a des réactions des fois où les gens le regardent en mode "mais

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c'est quoi cette réaction". Et en fait des fois je le lis,

35:55

quand je lis ce livre je fais "ouais bah je suis un peu pareille quoi".

35:59

Donc c'est un peu le bouquin en mode "je suis pas la seule".

36:04

En fait il y a plein de livres sur lesquels, qui peuvent nous aider à avancer.

36:10

J'ai pas un exemple en soi. Une chanson que j'écoute beaucoup,

36:18

pas tant pour les paroles en entier, mais juste pour la dynamique qu'elle me provoque,

36:23

genre quand je l'écoute ça me fait un frisson, et du coup je l'écoute en général quand j'ai une

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petite victoire, c'est la chanson d'Elton John, "I'm still standing",

36:32

qui pour moi en fait, me parle beaucoup. Parce qu'en fait je me dis,

36:35

"punaise j'en ai vécu des merdes, je suis encore là,

36:38

et je suis toujours debout, et je continue". Et en fait quand j'ai besoin,

36:43

même quand j'ai un échec, je suis en mode "vas-y je la mets".

36:46

Et en fait je m'énergise en mode, "en fait Inès t'es toujours là donc continue,

36:51

lâche pas". Donc voilà c'est un peu la musique. Après les livres il y en a plein.

36:56

J'aime beaucoup lire aussi "Ne tuez pas l'oiseau moqueur" parce que pareil en fait c'est à chaque fois des livres où je

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m'identifie aux personnages. Parce que c'est des personnages qui se sentent pas normaux dans le

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sens du terme. Et j'ai lu il y a pas longtemps un livre,

37:13

un livre sur une actrice, c'est une histoire vraie.

37:19

C'est Jeannette... Je ne sais plus quoi. Qui raconte...

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C'était une star, Nickelodeon.

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Oui, la chaîne.

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Et la petite a eu sa mère qui l'a forcée à devenir anorexique pour pouvoir avoir des rôles dans les

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films. Et au bout d'un moment, l'anorexie a pris le dessus.

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Elle avait aussi de la boulimie. Et en fait, de lire son livre,

37:44

ça m'a donné une perspective parce que, pareil, elle a commencé à se faire traiter plus tardivement

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comme moi. Elle a eu la maladie qui a duré de ses quasiment 11 ans jusqu'à plus de 25 piges.

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Donc, pareil, chronique. Et en fait, elle s'en sort aujourd'hui.

38:02

Elle est quand même devenue une écrivaine. Elle fait encore...

38:06

Enfin, elle a une vie, on va dire, presque normale,

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même si son passé est toujours là, en fait. Et c'est montrer que ok on a un passé mais il faut l'accepter et il faut continuer

38:15

à aller de l'avant et pas regarder derrière.

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C'est vraiment joli ce que tu dis. Et tu sais que d'ailleurs moi en termes de petite reco,

38:23

c'est un livre que j'ai lu quand j'étais enfant et qui m'avait beaucoup marquée sur l'anorexie,

38:29

et qui fait que pendant des années je me suis dit "non Delphine tu ne peux pas être anorexique,

38:32

tu n'as pas le droit, ce n'est pas bien, ce n'est pas une chose qu'il faut faire" etc.

38:36

Ça s'appelait "3 filles et 10 kilos en trop".

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Oui je me rappelle.

38:39

C'est un bouquin pour enfants, vraiment, qui justement parlait d'une jeune fille,

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je crois que c'est au collège ou au lycée, qui justement était beaucoup moquée pour son physique.

38:53

Et pour pouvoir être plus à l'aise dans son cercle d'amis,

38:56

et je crois qu'il y avait une histoire avec un garçon ou un truc comme ça,

39:01

du coup, elle arrêtait de manger progressivement,

39:04

de plus en plus, et faire énormément de sport. Et j'ai trouvé que pour un livre pour enfants c'était intelligent de mentionner

39:11

justement cette détresse de quelqu'un donc ça m'avait pas mal marqué sur le sujet.

39:19

Tu m'étonnes.

39:20

Et bien en tout cas Inès je pense que ces recommandations de lecture seront très bien à écouter,

39:28

à lire en même temps qu'écouter "I'm still standing" d'Elton John.

39:32

Nous irons le mettre nous directement après ce podcast.

39:35

Et je voulais te remercier d'avoir accepté de venir nous parler ici,

39:41

parce que c'est toujours très difficile de parler de ce genre de choses.

39:46

Et vraiment merci à toi, car aujourd'hui je pense que tu as pu nous éclairer davantage sur les troubles du comportement

39:54

alimentaire et surtout l'anorexie mentale, donc merci beaucoup Inès.

39:59

Merci Delphine, merci à vous tous de m'écouter.

40:10

Merci d'avoir écouté Voix plurielles. Comprendre,

40:12

c'est déjà faire un pas vers l'autre. C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

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une autre façon de voir le monde.

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