La semaine dernière
Aujourd'hui, je reçois Gaël, et on va parler ensemble de terreurs nocturnes.
Bonjour Gaël.
Bonjour Delphine.
Justement, ce serait intéressant de pouvoir essayer de voir ce que ça donne sur ta vie personnelle,
professionnelle, sociale, émotionnelle, dans ton quotidien,
comment ça se passe en interaction avec les gens...
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ça ?
Déjà il y a peu de gens qui le savent, parce que souvent les gens qui le savent c'est des gens qui ont dormi avec moi ou
autre, donc tu ne le dis pas. Alors, la réponse est en plusieurs volets.
Globalement, je n'en parle pas trop parce que ça ne m'handicape pas tant que ça dans ma vie de tous
les jours. Globalement, ce n'est pas quelque chose que je porte et quand je vais travailler,
quand je vais au théâtre, quand je vais quoi que ce soit,
quand je vis en fait, je n'ai pas quelque chose de lourd sur moi à porter.
Le seul point qui est un peu chiant au jour le jour,
c'est que quand je fais des crises en fait je ne me suis pas reposé la nuit donc je suis resté 8h
dans le lit. Je dors beaucoup donc moi tu vois les trucs du sommeil ça ne me concerne pas c'est
vraiment le café et le stress.
Gaël 31 ans, grand enfant.
Mais par contre du coup je peux rester 8h dans le lit à faire semblant de dormir et en fait mon
corps ne s'est pas reposé, mon cerveau ne s'est pas reposé,
et au contraire il était en situation de stress intense.
Et ouais donc du coup le lendemain, il y avait vraiment ce truc de "ohlala c'est dur d'aller
travailler, c'est dur de se lever". Tu sais il y a ce truc où j'ai mal à la tête,
je suis pas bien parce que juste tout est un peu flou quoi.
Là où c'est un peu plus handicapant, c'est plus effectivement quand je dois dormir quelque part ailleurs ou avec des gens
que je connais pas forcément. Bon bah déjà il y a la vie sentimentale, il faut... il faut... faut...
Eviter de tuer tous ses dates, oui c'est vrai que c'est mieux.
Eviter de tuer tous ses dates, c'est c'est plutôt pas mal et puis tu vois ça la fout mal,
c'est ton premier date, tu lui hurles dessus "lâche moi me tue pas !"
tu vois la personne à un moment...
"Salut t'as bien dormi ?"
Bah écoute du coup il y a un peu ce côté là, donc les dates,
mais aussi aller dormir chez des potes tu vois. Genre il y a un truc où je me refuse un peu parfois d'aller dormir chez
des amis ou en tout cas rester dormir en dehors de chez moi parce que d'un coup imagine tout le monde découvre que je suis
complètement zinzin ou quoi que ce soit. Donc avec des potes quand on part en vacances tous
ensemble, les gens qui ne le savent pas, je suis obligé de les prévenir : je leur dis "peut-être que cette nuit je vais
me réveiller, ou en tout cas une nuit dans les vacances je vais me réveiller,
je vais être au milieu de la...". Donc je suis obligé de leur expliquer un peu ce qu'il faut faire,
ce qu'il faut pas faire, que c'est normal, qu'il y a aucun problème et j'imagine toujours les gens qui sont en mode "ok
pourquoi tu me dis ça mec?"
Mais justement c'est une très bonne remarque que t'as là.
C'est est-ce que tu as déjà eu des gens qui t'ont fait des remarques une fois que tu leur as expliqué ? expliqué ? ?
Non non les gens sont cool. Les gens sont vraiment cool avec ça parce que personne ne se rend
vraiment compte de ce que c'est. Et tu vois, c'est pas un trouble vraiment grave alors quand je leur explique effectivement
"juste fais attention, m'approche pas sinon je vais te frapper,
si tu vois que j'ai un couteau dans les mains bah t'approche vraiment pas".
Mais donc du coup je pense que là ils me prennent un peu pour un taré.
Mais j'ai jamais eu de réflexion, au contraire c'est plutôt genre un sujet de blague très gentil
des gens. Mais voilà donc le seul truc un peu handicapant c'est quand j'ai pas spécialement envie de le dire à des gens ou
alors peut-être que je vais pas avoir la capacité de le dire à des gens.
Genre c'est une soirée, on a fini tard plutôt que prendre le,
il y a plus de métro, j'ai pas envie de prendre un taxi,
je suis fatigué, je vais pas rester chez les gens et je me force quand même à partir parce que j'ai pas eu le temps d'expliquer aux gens. gens.
Donc ça handicape un petit peu quand même. Parce que tu minimises beaucoup depuis tout à l'heure mais ça prouve que le regard
des gens et la perception de la société n'est pas forcément toujours bienveillante même si la plupart du temps les gens
qui sont autour de toi restent très bienveillants.
Mais ça reste de la bienveillance, j'ai l'impression,
due à une incompréhension ou mécompréhension de ce que tu vis réellement.
Je pense que les gens s'en foutent un peu globalement.
Il n'y a jamais personne qui n'a pas été prévenu qui m'a vu faire une crise ou en tout cas je ne le sais pas peut-être que
c'est arrivé mais qu'on ne me l'a jamais dit.
Ils sont enterrés. Très loin.
Tu sais genre la personne elle m'a vu comme ça faire "ah pas les araignées pas les araignées !".
Elle s'est dit "on ne va pas lui en parler, on va vraiment pas lui en parler,
on a eu une soirée très alcoolisée oulala oulala et bah peut-être qu'on ne va pas le réinviter Gaël". Gaël".
C'est horrible.
Mais du coup je pense que les gens ils se rendent pas trop compte.
Aujourd'hui je fais à peu près un épisode par mois.
Alors c'est très dur à compter parce que je pense que foncièrement j'en fais un peu plus.
De terreurs nocturnes ou de somnambulisme ?
C'est compliqué parce qu'en fait je te l'ai dit,
il y a ce truc de somnambulisme, ce truc de terreur nocturne et ce truc de sommeil un peu.
Je comprends que c'est quand même des trucs un peu liés mais qui sont pas exactement la même chose et globalement je regroupe
tout ça dans un seul truc. Des fois j'ai des problèmes de sommeil et puis je mets ça dans le même
bac. Et donc à peu près une fois par mois, je pense que j'en fais un peu plus mais c'est juste que vu que c'est pas un truc
où activement je me lève, je sors de mon lit, je me retrouve au milieu de nulle part et du coup je
ne le comptabilise pas. Tu vois dans ma tête c'est,
vu que je n'ai pas le souvenir, donc du coup il y a assez peu de gens qui me voient avoir des terreurs nocturnes ou du somnambulisme
ou appelle le comme tu veux, et je pense que tant que je l'explique aux gens et qu'ils ne l'ont pas
vécu, ils s'en foutent. Je pense que si quelqu'un même s'il est prévenu mais qu'on ne se connait pas énormément il me voit
en plein milieu de la nuit courir en criant, il va vraiment se dire "waouh c'est chelou".
Après je pense pas forcément, parce que c'est vrai que quand on a fait la retraite,
quand on avait fait la retraite de théâtre avec notre troupe il y a quelques années,
ou même là il y a pas si longtemps, tout le monde avait été extrêmement bienveillant et c'est vrai que je me souviens qu'il y
a quelques personnes qui avaient mentionné le fait que tu parlais ou que tu disais des choses en dormant et c'est pas des
personnes qu'on avait rencontrées depuis très longtemps puisque notre troupe est assez jeune.
Oui bah je pense que globalement les gens s'en foutent et c'est pas un truc où ils se sentent
menacés ou quoi que ce soit.
Mais c'est quand même important de noter qu'il faut prévenir pour pouvoir te protéger et protéger
les autres personnes aussi.
C'est important parce que je sais que c'est un moment où je pourrais donner des coups.
Et donc, autant prévenir les gens.
Du coup, comme stratégie pour te préserver et pour aider tout le monde,
c'est quoi ? On prend un lit de 3 mètres sur 3 mètres ?
Pourquoi ?
Pour justement que tu puisses t'étaler pour mettre les coups que tu veux.
Ouais, bon après, tu vois, vu qu'il y a vraiment cet accès au fur et à mesure au corps,
etc., ça ne m'est jamais arrivé, en étant adulte en tout cas.
En étant enfant beaucoup. Je finissais souvent en dehors de mon lit,
genre par terre, quand j'étais enfant. Maintenant,
en tant qu'adulte, ça ne m'arrive jamais. Mais je pense que c'est lié au fait que le cerveau se
réveille peu à peu. Et le moment où j'accède aux jambes et que je me lève,
je saute vraiment en dehors de mon lit.
Oui, donc du coup, il n'y a pas de chute.
Non, ce n'est pas une chute.
Donc finalement ton cerveau a réussi à s'adapter seul sans même que t'aies à...
Ouais je sais pas comment ça se passe, je te dis,
de mes 17 ans à mes 25 ans, un truc comme ça, je pensais que j'étais plus somnambule.
"Je suis guéri !"
"Ouais, trop bien je suis guéri !"
Et est-ce que t'as essayé de t'enregistrer ou de te filmer la nuit pour voir ?
On m'a toujours dit que si on s'enregistrait en dormant,
on dormait très très mal.
Oui parce qu'on sait qu'on est vu.
Ouais ouais c'est ça, donc non. Et puis en plus t'imagines,
il faudrait que je laisse une caméra tourner genre toutes les nuits,
pour potentiellement choper un truc. Ou alors ça veut dire que toutes les nuits j'ai des terreurs nocturnes et tu vois c'est trop
complexe à mettre en place donc franchement voilà c'est aussi pour ça que j'avais pas été à la
clinique du sommeil. imagine je prends un rendez-vous pendant un an et demi ils me disent "bah on a
rien, vu il faudra revenir dans un an et demi".
C'est à dire qu'en fait c'est suffisamment handicapant pour que tu cherches à avoir des professionnels qui t'aident mais
c'est suffisamment peu handicapant pour que le retard d'aide au niveau de la structure de santé qui met je ne sais pas combien
de temps à t'obtenir un rendez-vous te refroidisse.
En fait donc t'es un peu dans cet entre deux de : ça va pas assez vite pour que tu puisses t'y
intéresser, mais en même temps t'arrives à vivre quand même avec.
Je te dis, je vis 100 % bien avec. Des fois je suis un peu fatigué quand je me réveille,
je suis un peu ronchon. Je t'avoue que c'est plus un handicap pour les autres que pour moi.
Alors pour le bien d'autrui !
Mais tu vois, il n'y a pas un truc où c'est suffisamment handicapant pour aller voir vraiment des
médecins, chercher des solutions ou quoi que ce soit.
Franchement si c'est le seul truc que j'ai, je le garde à l'infini par rapport à d'autres maux que
d'autres peuvent avoir, c'est rien du tout.
Oui mais c'est pas parce qu'il y a d'autres maux qui sont "pires" entre guillemets,
selon je ne sais pas quel critère, que ce que tu vis n'est pas légitime.
La légitimité de quelque chose existe indépendamment de son degré de gravité.
Et d'ailleurs j'étais en train de penser au fait que tu disais tout à l'heure que tu dormais
beaucoup, enfin tu avais besoin de beaucoup de sommeil.
Est-ce que tu penses que le fait d'avoir besoin de beaucoup de sommeil est lié à ce somnambulisme et ces terreurs nocturnes
que tu as de manière récurrente ? Qui nécessiterait peut-être de s'autoriser une plage de sommeil plus grande au cas où pour... ? pour... ? ?
J'ai pas la réponse, mais je pense que j'ai toujours beaucoup dormi et ça me va très très bien
comme ça. Mais non je suis pas sûr que ce soit lié les deux.
Je pense juste que j'ai besoin de sommeil parce que tu vois,
même quand je fais des épisodes de terreurs nocturnes,
et que je sais que j'en ai fait parce qu'on m'a dit "là tu t'es levé et tu as couru partout",
j'ai pas besoin de faire une sieste ou quoi que ce soit derrière tu vois.
J'avance et puis ça sera le soir que je récupérerai.
Non je pense pas que ce soit lié.
Après c'est vrai que te connaissant, t'es quand même quelqu'un qui va de l'avant et qui avance quelles que soient les difficultés
ou l'adversité. Donc c'est pour ça que je te pose la question vraiment d'un point de vue émotionnel
et sensoriel. Est-ce que tu penses...
Non mais en fait c'est marrant parce qu'on en parle et je fais des micro-liens en même temps.
En fait depuis que je suis tout petit, la nuit c'est un moment que je déteste.
Ah.
Et quand j'étais petit, j'avais tout le temps déjà une lumière pour dormir.
La veilleuse ! Est-ce que c'était une veilleuse avec une petite prise ?
Et ça faisait une petite...
Non mais j'avais quasiment une lumière blanche tu vois.
Ah oui d'accord en fait tu avais le plafonnier allumé.
Non c'était une table de chevet, mais je crois que c'était une lampe Hercule le dessin animé.
Oh waouh !
Mais j'en suis plus exactement sûr. Mais en fait la nuit,
c'était un moment qui était vraiment pas cool pour moi.
Je me rappelle, j'avais dessiné pour me protéger,
une espèce de serpent. J'avais dessiné un monstre en fait,
que justement je voyais dans mes cauchemars. Et je l'avais collé dans ma chambre,
pour qu'en gros il me protège des autres cauchemars tu vois.
Parce que c'était quelqu'un du monde des cauchemars,
du coup il pouvait combattre les autres.
Sûrement. En plus j'ai peur des serpents, et c'était littéralement un espèce de dragon serpent.
Donc en fait c'est ta peur qui permet justement...
C'est un peu cathartique.
Déjà très intelligent à ton jeune âge.
Je sais pas mais donc du coup, la nuit, c'était vraiment un moment de "pas cool".
Et j'ai eu très vite une télé en plus dans ma chambre.
Vraiment terrible, parce que là j'ai regardé...
Plein de choses qui passent très tard et qui sont pas du tout...
Non non, rien d'interdit aux enfants. Mais juste,
la plupart de mes références en fait, c'est des références qui ont 10,
15, 20 ans d'avant moi. Parce que c'était les trucs qui passaient la nuit sur le câble.
Genre Hélène et les garçons et tout, c'est vraiment pas notre génération mais pour autant ça passait sur AB1 ou un truc
comme ça. Et je regardais ça et je m'endormais très tard.
Parce qu'en fait il fallait que je tombe de sommeil à un moment quand j'étais enfant.
Et de même en fait, tous les moments de dormir, c'était des moments que je détestais,
parce que j'avais envie de faire des trucs. Et donc du coup la sieste,
c'était un moment que je détestais. Quand on était en vacances,
genre vacances d'été, on partait chez ma tante. Et là il y a un truc où "ah bon bah on a mangé,
c'est l'après on va faire une sieste". Tout le monde va faire une sieste et j'étais en mode "Mon
dieu, qu'est-ce que je vais faire?". Et donc du coup peut-être que j'ai toujours détesté de dormir quand j'étais enfant
aussi, parce que j'avais tous ces cauchemars et tout.
C'était le monde dangereux en fait.
Il y a un truc, l'ordinateur de la famille, il était dans ma chambre.
Il y avait tout dans ta chambre !
Mais l'ordinateur de la famille, il était dans ma chambre.
Et je me souviens d'un truc où j'étais dans mon lit en train de jouer,
et ma mère elle regardait un film. Mais sauf que,
sans casque tu vois, c'était avec les hauts parleurs.
Et elle me disait "regarde pas le film, c'est un film d'horreur."
Mais pourquoi ?
Je pense que c'est... Bon, c'est pas grave, tu vois,
ça arrive, vous pouvez pas savoir. Mais en fait,
c'était un film, je crois que ça s'appelle The Descent.
C'est un truc de spéléologie où il y a des meufs qui font de la spéléologie et elles sont attaquées par des monstres qui
courent sur les murs.
Super.
Exactement. Ce monstre qui court sur les murs dans mes cauchemars de terreurs nocturnes,
il me pourchasse souvent, en fait.
Le même ? Encore aujourd'hui ?
C'est très compliqué parce que j'ai dû voir dix frames du film.
Oui, ça peut s'imprimer. Moi, je sais que j'ai eu des cauchemars avec un truc en particulier parce
que j'ai vu, sans faire exprès, quelque chose et du coup,
c'est resté ancré pendant super longtemps.
Encore maintenant, dans mes terreurs nocturnes, c'est ce truc-là ou alors ça va être des épisodes où je me fais chasser par
quelque chose. Souvent, ce qui revient, c'est des boules avec des piques ou des troncs d'arbres avec des piques qui me foncent
dessus. Des araignées genre Aragog de Harry Potter ou des...
Bien bien velue.
Ou alors celle du Seigneur des Anneaux, selon votre franchise.
Shelob.
Et voilà. Du coup, c'est plutôt de ce truc-là. Je pense que les épisodes les plus effrayants,
c'est quand même quand c'est des humains qui m'attaquent.
L'humain fait peur, c'est ce qu'il y a de pire. Surtout en plus quand ça ressemble presque pas à un
humain, beaucoup à un humain, mais pas énormément.
Les épisodes de chasse où je me fais chasser par des êtres humains,
c'est vraiment des trucs où après ça me réveille.
C'est des moments les plus intenses parce que j'ai vraiment ce truc de "mince,
qu'est-ce qui m'arrive en fait". Parce que c'est très proche de la réalité.
Quand c'est une araignée géante qui me course, le lendemain tu vois,
je suis capable d'en rire. Quand je me fais courser par des êtres humains...
Savoir dissocier la réalité de la fiction...
Ouais c'est ça c'est vraiment difficile.
Mais en vrai je me demande si... Parce que je sais que t'as une imagination très florissante et que t'es quelqu'un de très
sensible aussi, d'hypersensible dans la vie. Et du coup je me dis,
peut-être que cette hypersensibilité et cette imagination très vive font aussi que tes cauchemars et tes terreurs sont aussi
intenses. Parce que tout ce que tu décris là depuis tout à l'heure,
c'est hyper riche.
C'est pas si riche que ça. Parce que globalement des troncs d'arbre avec des piques,
ça reste quand même globalement pas ouf tu vois.
Ouais, ouais ouais, je sais pas si c'est lié. Bah j'espère pas,
parce que t'imagines, ça serait terrible de, à cause de mon imagination,
ça me fait voir des choses affreuses. Ca serait affreux tu vois ?
Ce serait lié aussi peut-être à de l'anxiété, du stress ?
Enfin en tout cas, ce petit mix ferait que du coup t'as un super bouquet magnifique mais qui fait peur quoi. peur quoi. quoi.
Ouais ouais c'est vrai.
Et comment ton entourage perçoit ça ? Parce que tu dis que justement,
t'étais somnambule et que tu faisais des terreurs nocturnes quand t'étais enfant.
Donc tes parents ils ont vu ça et ils ont réagi comment ?
Il faudra leur demander.
"Allo papa de Gaël bonjour"
Bah non, mais c'était un truc connu. Donc dès tout petit en fait,
on me parlait, on me disait de retourner me coucher et puis je retournais me coucher.
En fait ils avaient le réflexe : ton calme et doux,
et de te renvoyer dans ton lit.
J'ai pas dit que c'était un ton calme et doux. J'ai dit qu'ils me parlaient.
Globalement je pense que c'est tellement lointain qu'ils ont le réflexe de me parler,
de me dire d'aller me coucher parce qu'en fait je pense que c'est ce que n'importe qui ferait.
Donc ils l'ont pris de manière assez assez calme finalement.
Ca a été juste "Gaël fait des terreurs nocturnes et il est somnambule,
on va agir comme ça".
Mais les gosses qui sont somnambules, on en entend tellement parler.
Tu disais tout à l'heure 20%. C'est énorme. Donc,
que ton gosse soit somnambule, je pense que c'est complètement normal.
Tous les parents réagiraient de la même façon. Je pense qu'en tout cas,
beaucoup de parents réagiraient de la même façon.
Non, mais c'était une question... Parce que du coup,
après, quand t'es devenu grand, je suppose que tu n'as plus dormi avec tes parents.
Effectivement, à 25 ans, j'ai arrêté.
Ca me paraît être effectivement une bonne date. Mais quand on parlait des dates,
du coup, les personnes avec qui tu as été ou tu es,
comment ça s'est passé ? Est-ce qu'il a fallu un temps d'adaptation justement ?
Parce que c'est des personnes qui vraisemblablement,
enfin en tout cas, c'est des gens qui te côtoient au quotidien si c'est des gens qui dorment avec
toi. Et du coup on n'est plus sur "est-ce que je vais dormir avec des amis" de manière ponctuelle.
Ouais bon alors pour des... Vraiment, en date, première fois qu'on se voit,
ça m'est jamais arrivé. Ou en tout cas, on me l'a jamais dit après.
Ca expliquerait peut-être pourquoi d'ailleurs !
"C'est pour ça qu'on s'est pas revus ! Ohlala !"
"Ca c'était hyper bien passé, pourquoi ?" Et tu sais,
à l'étrangler, en plein visage, "lâche moi!"
"Eh ben c'était super de t'avoir connu à une prochaine fois, voilà." voilà."
Et avec des personnes avec qui j'ai été en relation plus longtemps,
bah... Et sur les moments, les épisodes, en fait,
de somnambulisme, terreur nocturne ou quoi que ce soit,
c'est des gens qui m'ont plutôt aidé, en fait, et même à comprendre comment régler ça.
Qui me parlaient, qui m'ont donné les tips, justement,
de parler de manière douce, juste pour que je retourne me coucher.
Il y a eu l'épisode de la codéine, où là, c'était tous les jours.
Et en plus, ça reste quand même quelque chose d'un peu violent,
tu vois. C'est quand tu te bouges dans le lit, quand tu commences à te débattre,
quand tu commences à tout ça, la personne qui dort,
elle se prend des coups. Elle ne dort plus. Non,
mais tu vois, il y a un truc un peu violent. Donc ça,
c'était assez difficile. C'est pour ça notamment que j'ai été voir le médecin.
Arrêter de prendre la codéine, ça a été une très bonne solution.
Par contre, après, j'avais très mal aux dents. Voilà.
Mais globalement, tu as été bien accompagné par les personnes qui étaient dans ton quotidien de
manière régulière.
Bien sûr, oui. Les gens sont assez humains globalement et ils sont capables de comprendre.
Maintenant, je peux comprendre aussi que quand tous les jours,
il y a quelqu'un à côté de toi qui te crie dans les oreilles en pleine nuit...
Au bout d'un moment t'en aies marre quoi.
Il y a eu des moments où tu t'es senti blessé justement d'une réaction d'un proche ?
Non, je crois pas.
Ça s'est toujours passé de manière compréhensive ?
T'as plus appris en fait ?
Oui, alors après il y a ce truc où les gens font des blagues et ça me dérange pas trop qu'on fasse
des blagues. Juste il y a eu une fois où je me suis réveillé et je suis parti plutôt violemment
etc, et en fait il y avait la même blague tout le temps de "mais si,
je me souviens, tu t'étais placé en crabe comme ça".
Mais en fait vu que c'était, à chaque fois qu'on voyait des potes,
c'était la même blague en permanence... Mais non mais ça s'était pas passé comme ça,
parce que du coup pour le coup j'avais accédé à la conscience,
je savais comment ça s'était passé. Et je comprends que c'est une blague et tout ça,
mais vu que c'était permanent, c'était un peu relou.
En dehors de ça, ça a jamais été blessant.
Oui c'est juste que il faut recadrer le fait que ça reste quelque chose qui n'est pas désiré par toi donc bon si on peut
éviter aussi d'en mettre 18 couches...
Ouais voilà. Ca me dérange pas du tout d'en rire et de faire des blagues,
parce que moi j'imagine, je vois ça en pleine nuit,
mais forcément j'explose de rire. Il y a un truc c'est quand même assez drôle.
Mais c'est plus effectivement, ne pas refaire tout le temps la même blague,
la même machin, la même truc...
Donc finalement en fait ça t'a beaucoup appris sur toi même d'avoir ces terreurs nocturnes.
T'as pu en faire un peu une partie de toi, dompter ses chevaux un peu fous.
Ouais après encore une fois, c'est pas un truc qui me,
c'est pas quelque chose qui m'handicape tant que ça.
Donc je pense qu'il n'y a pas grand chose à dompter.
Après effectivement, il y a des moments où si j'ai besoin de créer quelque chose qui est plutôt dans la poursuite ou dans
l'idée du cauchemar, bah vu que je vis ces cauchemars et je vis ces poursuites,
je pense que je suis un peu plus à même de les décrire.
Je suis plus à même de les rejouer sur scène ou quoi que ce soit.
Donc ça t'aide créativement.
Ouais sûrement. Ca m'aide à être un peu plus précis.
C'est toujours bien.
Oui oui.
D'avoir un peu, de pouvoir retourner un peu en force quelque chose qui reste quand même perturbant.
Parce que le sommeil, c'est assez fondamental dans la vie.
Et tu penses que le fait de faire des terreurs nocturnes ça influence aussi ta façon d'être ?
Ta personnalité je veux dire.
Bah ça doit influencer puisque vu que ça influence en fait ma volonté à sortir de chez moi pour
aller dormir ailleurs, ça influence forcément en fait.
J'ai un côté un peu plus casanier tu vois. Je pense,
pour moi, c'est important d'être chez moi, d'avoir mon lit,
d'avoir mes draps, d'avoir machin.
D'avoir tes repères, limite, physiques, inscrits dans tes muscles,
de "ce couteau est là".
Bien sûr. Mais tu vois, il y a un truc où, chez moi,
je sais que j'ai une porte qui est fermée. Une porte qui donne sur l'extérieur,
que je ne peux pas ouvrir en étant en crise de somnambulie.
Ah oui parce que du coup si c'est fermé à clé, t'es pas capable d'ouvrir des clés.
Je dirais pas jusque là, mais ça demande en fait un tas d'efforts qui font que c'est compliqué.
Je peux ouvrir des poignées tu vois. Une poignée de porte,
je peux l'ouvrir. Mais les clés, ça va sûrement faire du bruit donc tu vois,
il y a un moment ou un autre, je vais me réveiller.
La porte elle est froide, c'est pas une porte en bois,
donc forcément ça va sûrement... Donc ça influe sûrement sur mon côté casanier de pas vouloir être trop tard quelque part
où je ne suis pas chez moi. Après, est-ce que ça influence beaucoup d'autres choses dans ma vie ?
Je ne sais pas.
Et qu'est-ce que tu voudrais dire à quelqu'un qui découvre aujourd'hui qu'il a ça ?
Un peu comme moi, quand à 25 ans, j'ai fait « Quoi ?
Je ne suis pas guéri depuis 2017 ! » Je ne sais pas si c'est moi le mieux placé pour dire quelque
chose, mais déjà, essayer d'en parler avec ses proches.
Il y a des solutions à chaque fois, à tout. vraiment le fait de prendre moins de caféine,
de ne pas prendre tout type de drogue... On dit la codéine,
mais si la codéine ça fait ça, je pense que la morphine ça doit être terrible...
L'héroïne, la cocaïne...
Les drogues illégales globalement.
Moi ça m'a vachement aidé.
Parce que c'est vrai que tu fumes pas toi non plus,
tu bois pas beaucoup, donc je pense que ça influerait davantage,
effectivement, si tu buvais plus d'alcool ou si tu étais fumeur.
En tout cas, toutes les substances plus ou moins psychotropes.
Essayer de régler globalement sa vie, prévenir les gens.
Moi, je pense qu'il y a un moment où j'ai fait le choix,
du coup, d'être plutôt chez moi et de ne pas trop sortir pour ne pas avoir à l'expliquer tout le
temps, etc. Franchement, moi, il ne m'est jamais arrivé une situation où la personne était "ah bah tu dors pas ici" donc
à partir du moment où on en parle...
Ouvrir la parole de toute manière, c'est toujours extrêmement positif.
Quoi qu'il se passe, la communication c'est ce qui permet de dédramatiser et juste d'expliquer ce
qui se passe.
Un autre truc que je peux dire aussi, c'est d'essayer de trouver des gens un peu comme ça.
Parce que moi j'en connais pas beaucoup. Il y a Dr Nozman, mais... mais...
1 % de la population en fait.
C'est énorme 1 % de la population. J'y pensais tout à l'heure en disant que c'était pas beaucoup,
en fait c'est énorme. 1 % t'imagines ?
Alors c'est gros, si on pense au 6 % de bipolaires tout ça tout ça.
Mais ça reste quand même pas énorme. Bon après on passe beaucoup de notre temps à dormir.
Donc oui, c'est vrai que par rapport au temps passé à dormir,
le fait qu'il y ait 1 % de ces personnes qui, quand elles passent ce temps à dormir,
font des terreurs nocturnes et sont somnambules,
c'est sûr que ça fait énorme. Parce qu'on est quoi 7 milliards et des miettes ?
7 milliards je sais pas...
Et c'est 1 % "recensé", c'est toujours pareil.
70 millions du coup c'est ça ? Tu décales la virgule ?
C'est immense alors. Je sais pas combien en France on doit être,
on est 60 millions en France.
Je crois qu'on est un peu plus que 60 millions maintenant.
C'est immense. Ca devrait être un sujet quand même un peu plus discuté.
Mais ça c'est le problème de tout ce qui a trait à la psyché,
toutes les neuro-atypies en règle générale.
Du coup s'il y a quelqu'un qui a la même chose et qui a envie de créer une communauté de gens pour en discuter ou quoi que
ce soit, franchement ce serait un super projet. Moi j'ai vraiment la flemme,
j'ai trop de quêtes en ce moment. Mais ça serait bien,
parce que je te dis, à part Dr Nozman qui en parlait (et je sais même plus si dans la vidéo il dit
que lui il l'est ou pas, j'ai oublié). Mais tu vois,
en plus il est youtubeur, je le connais pas, on s'est jamais rencontré,
mais tu vois j'aimerais bien savoir qu'est-ce qu'il se passe ?
Est-ce que tout le monde a cette espèce de switch de la réalité que j'expliquais quand je retournais... retournais...
Les strates ?
Les strates. Ou est-ce que juste les gens ils ont cet autre symptôme de crier,
de se débattre etc ? Est-ce qu'on partage tous la même chose ?
Est-ce qu'on partage pas tous la même chose ? Voilà c'est des trucs qui seraient assez intéressants. intéressants.
Effectivement, on va faire un débat plus large sur comment ça se passe chez les autres personnes.
Dans tous les cas, vu que ça a lieu dans l'esprit,
dans le cerveau, en général, c'est une personne et une façon d'avoir des symptômes.
C'est-à-dire qu'il y a des recoupements, mais c'est vrai que chaque personne va avoir aussi son
expérience. Donc effectivement, ça peut être très intéressant de voir où sont les recoupements et où sont les spécificités de chacun. de chacun. chacun.
Et on peut inviter dans cette communauté tous les troubles du sommeil,
l'apnée du sommeil, les...
Allez, on fait une soirée, personne ne dort !
Ou justement, on organise un truc où tout le monde dort et tout le monde est chelou pendant la
soirée. C'est une bête de télé-réalité. Mais la nuit.
Tu mets plein de gens qui ont ça et c'est juste trop bizarre.
Tu les mets tous dans la même pièce, tu filmes et c'est trop bizarre.
Bon, écoutez, si jamais quelqu'un veut réaliser ce genre de choses,
contactez-nous.
Et on pourrait voter pour qui on élimine. Non ! Putain c'est affreux.
Eliminer des gens qui ont peur de se faire pourchasser,
de se faire tuer...
Non on les élimine pas, on les réveille pour qu'ils puissent être en sécurité.
Oh c'est horrible, ne faites pas ça. Bah écoute Gaël,
je suis hyper contente en tout cas d'avoir pu discuter avec toi de terreurs nocturnes
Ouais, sachant que depuis tout à l'heure en plus je suis endormi en fait !
Non ! En live, en train de dormir sur l'antenne !
Ca fait une heure que je suis endormi.
J'aurais une dernière petite question, histoire de partir sur une impression un peu plus douce
n'est-ce pas. Est-ce que tu aurais je sais pas, une phrase,
une oeuvre, une musique, quelque chose à dire qui pourrait,
qui serait un peu une image pour toi des terreurs nocturnes,
du somnambulisme ?
Ouais c'est vraiment, en fait vu que tu me l'as dit littéralement 10 secondes avant qu'on
enregistre, j'ai pas eu trop le temps de préparer cette réponse.
Voilà voilà ça dénonce.
Il y a deux choses qui me viennent un peu en tête.
Il y a, ça va être très compliqué parce que j'ai plus le titre de la chanson mais,
dans le film de Cowboy Bebop. C'est hyper précis...
Extrêmement précis en effet. Le film donc, pas série.
Le film pas la série. Il y a une musique, je sais plus comment elle s'appelle?
Je pense que c'est Keep Calling ou un truc comme ça.
Je me rappelle de Spike qui est à côté d'escalier etc.
C'est une musique assez douce et ça me rappelle un peu ça.
Parce que des fois, c'est assez doux aussi de se laisser porter par le somnambulisme,
les torrents nocturnes ou quoi que ce soit. Il y a un truc un peu,
tu te réveilles au milieu de nulle part, tu sais pas comment t'es arrivé là.
Et tu sais, c'est un peu l'appel au voyage, à l'aventure.
C'est un peu Alice au pays des merveilles. Ok bah je sais pas ce que je fais là,
mais il faut bien avancer dans la vie, donc il y a un truc un peu doux.
Et il y a le deuxième truc où ça me fait penser,
c'est plutôt les gymnopédies d'Eric Satie tu sais.
J'en ai déjà parlé, mais moi ça me fait une sensation un peu de noyade et d'étouffement ces
musiques là. Et en fait pareil, une terreur nocturne en fait,
il y a un truc où t'as l'impression d'étouffer, de te noyer...
"Mince qu'est-ce qui m'arrive, j'ai pas demandé ça".
Et je me fais un peu oppresser quoi.
C'est vrai que niveau musique moi aussi je penserais à Une nuit sur le mont chauve ou bien la
Danse macabre de Saint-Saëns, des trucs un peu en dissonance.
Ouais, la danse macabre c'est peut-être un peu un peu trop énervé par rapport à mon ressenti.
Mais tu vois, il y a aussi ce truc un peu doux d'Alice au pays des merveilles : "qu'est-ce que je
fais là, c'est le voyage ?"
C'est vrai qu'Alice au pays des merveilles, on peut jamais vraiment savoir où est le rêve,
où est la réalité.
Ouais, peut-être que...
Et tout le monde est fou !
Et tout le monde est fou. Je me réveille dans ma cuisine et je me dis "je suppose que j'étais là pour me prendre un verre
d'eau, on va continuer ce petit moment de vie qui était pas trop demandé"...
Bah après sinon moi je sais que ça m'avait pas mal ouvert de trucs où j'avais pas des mots,
mais la vidéo de Dr Nozman sur ça, je m'étais dit "ah tiens j'ai des mots de quelqu'un d'autre un témoignage" mais je sais
pas si c'est un témoignage.
Peut-être pas le sien, mais en tout cas un témoignage de quelqu'un.
Et il y avait quoi d'autre ? Inception mais à l'envers.
Il faut regarder à l'envers, et ça fait ça. Parce que moi c'est pas des strates où je vais de plus
en plus bas, c'est des strates où je remonte. Iniquement la deuxième partie d'Inception.
Je trouvais que ça décrivait vachement bien cet effet de "je suis dans la réalité,
je ne suis pas dans la réalité, quand est-ce que je sais que je suis vraiment..."
La perte de repère, le temps qui est distordu.
Et surtout à quel moment est-ce que je sais que je suis dans un rêve et que je ne suis pas dans un rêve ? rêve ? ?
Peut-être que je vais t'offrir une toupie alors la prochaine fois.
Exactement, il me faut une toupie. C'est un vrai truc puisqu'il y a un moment où tous mes...
Cognitivement tout est activé, et pour autant le lendemain,
je vais peut-être pas m'en souvenir de tout ce que j'ai fait.
Ou alors ça va être des bribes d'informations.
Où est-ce que c'est enregistré finalement ...
Ouais ouais, exactement. Voilà, ça répond à ta question ?
C'est une magnifique réponse. Moi j'aime beaucoup les BD,
tout le monde le sait. Je rajouterais Julius Corentin Acquefaques,
Prisonnier des rêves. Qui est donc une BD très kafkaïenne puisque Acquefaques,
Kafka c'est la même chose. Et donc c'est très dystopique,
c'est en noir et blanc. Donc c'est une sorte de peur malaisante un peu,
c'est pas une terreur parce que c'est horrible et que c'est un monstre,
c'est plus la terreur insidieuse des dystopies. Donc voilà,
des poursuites à l'infini des choses sans fin, jeu aussi avec l'objet BD,
c'est à dire qu'il n'y a pas que l'histoire, il y a aussi l'objet.
Donc je trouvais que c'était intéressant. Moi, qui n'ai jamais fait de terreur nocturne,
mais qui ai déjà fait beaucoup de cauchemars, je trouvais que c'était assez illustratif,
finalement. Voilà, c'est ma petite contribution,
ma petite pierre. En tout cas, merci beaucoup, Gaël,
pour cet échange autour des terreurs nocturnes.
Merci, Delphine.
C'était un plaisir. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.
Comprendre, c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
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