Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une
même humanité. Aujourd'hui, je reçois Gaël, on va parler ensemble de terreurs nocturnes.
Bonjour Gaël.
Bonjour Delphine.
Alors Gaël globalement on va essayer de faire un peu ta connaissance aujourd'hui et si tu veux
bien, je veux bien que tu te présentes pour dire un peu qui tu es,
qu'est-ce que tu fais dans la vie, tout ça...
Ohla, c'est une question vaste ! Qui je suis ? Eh bien,
Gaël. J'ai plein d'activités puisque déjà on a une troupe de théâtre ensemble,
donc c'est une de mes quêtes dans la vie. Qu'est-ce que je fais d'autre ?
Depuis peu je me lance en politique, et puis aussi j'ai un travail,
puisque je suis directeur d'un service dans une entreprise qui bosse sur des logiciels open source.
J'aime bien que tu mettes ton travail dans 3ème activité,
un petit peu comme si c'était l'annexe de ta vie.
Je considère que j'ai plein de quêtes dans ma vie.
Et tu sais, j'en ai un peu marre qu'on parle tout le temps de notre boulot quand on se présente ou
des choses comme ça. Pour moi c'est juste une de mes nombreuses quêtes que mon travail.
Et bien je suis totalement d'accord avec toi. C'est vrai que c'est beaucoup plus sympa de se dire qu'on a plein d'activités à
son actif qu'un seul travail.
Exactement.
Et pourquoi tu as accepté de venir parler de terreurs nocturnes aujourd'hui ?
Parce que tu me l'as demandé
On va dire après que je soudoie les personnes pour venir parler de leur neuro-atypie.
Non, tu ne les soudoies pas, tu les harcèles. Ce n'est pas pareil.
Mon Dieu, un gros mot. Non, j'essaye surtout que les gens puissent comprendre un peu ce que c'est
effectivement. Et c'est vrai que ça fait un peu un gros mot,
terreur nocturne. La nuit, souvent, quand on est enfant,
ça fait peur. Terreur, c'est un mot très fort. Donc,
c'est vrai que je suis bien contente que tu puisses venir nous éclairer un peu dans cette nuit.
Eh bien, je me verrai être votre lanterne.
Oh, c'est le comédien en toi qui parle là. Et comment tu pourrais définir un peu justement ce que c'est vite fait une terreur
nocturne, dans quoi ça se...
C'est pas toi qui devais préparer toute cette partie-là ?
C'est un piège.
Non, c'est absolument préparé.
Ok, bon, je ne m'y connais pas énormément, mais ça fait partie d'une famille qui s'appelle les
parasomnies, il me semble, puisque c'est tous les troubles qui interviennent à un moment où on n'est pas dans un sommeil profond. profond.
C'est ça. ça.
C'est ça ? C'est bon, j'ai bon ? bon, j'ai bon ?
Non, mais totalement. C'est-à-dire que c'est différent du somnambulisme,
entre guillemets, dans le sens où ça se produit dans le sommeil lent,
effectivement, mais où ton cerveau, il va être en ébullition,
donc lui, il reste éveillé. Et donc, effectivement,
tu as des zones motrices qui fonctionnent, mais ta conscience est endormie.
Je me suis quand même un peu renseigné un peu plus,
puisque je crois qu'on parle de ça après, mais terreur nocturne,
somnambulisme, en fait c'est plus compliqué que ça,
c'est pas que des terreurs nocturnes que j'ai. On en parle maintenant ?
On en parle plus tard ?
Oh bah de toute manière "go with the flow" comme on dit.
Ok. Donc... Avec tous les symptômes, c'est très compliqué,
puisque tout se marie un peu. Et donc, je fais à la fois des terreurs nocturnes,
sûrement des épisodes de somnambulisme, mais également un troisième truc qui est,
alors je n'ai pas le nom exact, mais qui est un moment de confusion,
en fait, dans l'éveil. Et globalement c'est un mélange des trois,
mais qui est représenté notamment par les terreurs nocturnes quoi.
Oui, c'est ça. C'est ça qui est assez bizarre, on va dire.
C'est-à-dire que c'est très proche de l'éveil, mais en même temps,
ta conscience ne va pas être suffisamment allumée pour que ça puisse rentrer dans ta mémoire d'éveil. d'éveil.
Oui, exactement. Je réponds là ? réponds là ?
Moi, j'ouvre les portes. Je ne suis que le guide. ne suis que le guide.
Non mais effectivement, c'est ça le plus étrange,
c'est le moment où je ne sais pas si je suis réveillé ou non,
je ne sais pas si c'est un rêve ou non, et du coup effectivement,
parfois, ça peut m'arriver d'être persuadé le lendemain matin que quelque chose était un rêve,
mais un rêve très très fort, et en fait que quelqu'un me dise "bah non,
vraiment tu t'es levé, t'as hurlé, tu m'as crié dessus" ou quoi que ce soit.
Et en fait, moi il y a un film qui me faisait penser,
c'était Inception, où tu sais il y a des strates dans les rêves.
Alors moi c'est pas des strates dans les rêves, c'est des strates dans le réveil.
Et en gros il y a vraiment ce truc où là mon cerveau il est endormi,
donc ça veut dire que je dors. Je peux faire des rêves,
des cauchemars, etc. Je me souviens très peu de mes rêves et de mes cauchemars de manière assez
normale. Quand je ne fais pas des terreurs nocturnes,
je ne m'en souviens quasiment pas. Il y a le moment où je vais atteindre un niveau d'éveil au
niveau de mes membres. Des fois, ça peut être juste les bras,
juste les membres supérieurs. Et donc là, je vais bouger,
je vais gigoter dans le lit, mais je ne peux pas me lever parce que mes jambes ne seront pas
réveillées. Après, je vais avoir mon corps entier qui est en éveil.
Là, c'est le moment où je me lève et je peux sortir de la pièce et me retrouver dans une autre pièce. pièce.
Donc c'est parcellaire en fait, c'est à dire que t'as pas un réveil classique comme quand on se
réveille après la nuit. Ou d'ailleurs dans les phases d'éveil normal qu'on a à la fin de chaque cycle de sommeil où on a
une sorte de mini réveil. Là en fait tu vas te réveiller,
mais il y a une sorte de buffer qui fait que tu vas te réveiller bout par bout.
Exactement. Mais en plus ça arrive pas à chaque fois.
Quand je te dis tu vois ça peut arriver que je fasse un épisode de terreur où j'ai juste gesticulé énormément dans mon lit
et peut-être crié ou quoi que ce soit, et il y en a un autre où je vais me retrouver en plein milieu de mon salon à me dire
"mince mais qu'est-ce que je fous ici" en fait, "qu'est-ce que je suis venu chercher ici",
et c'est que bien plus tard, souvent c'est le lendemain,
où je me dis "ah oui parce que je me souviens j'avais fait ce cauchemar" etc,
et en fait après là j'ai parlé du corps, mais il y a aussi l'esprit.
Et il y a vraiment ce truc d'esprit, de "là je suis à 100 % dans le rêve",
"là je suis à 70 % dans le rêve et 30 % dans l'éveil".
Donc du coup j'ai conscience un peu de ce qui se passe,
mais ça fait un c'est un peu comme si je me regardais,
comme si j'étais à côté de moi et je me regarde me réveiller,
me lever, faire des choses mais je peux rien y faire et vraiment c'est le même effet que d'être à côté de soi. côté de soi. soi.
Donc c'est presque comme de la dissociation d'esprit,
puisque du coup tu visualises un petit peu ce que tu vis,
sans pour autant avoir le contrôle sur la conscience de ce que tu es en train de faire.
C'est une sorte de conscience un peu séparée en deux.
C'est un peu comme dans la série Jackie Chan. Il y avait le talisman,
je crois du cochon ou du coq, qui permet de faire...
ah non c'était du mouton ! Le talisman du mouton,
qui permettait de faire une projection astrale. Et c'est un peu pareil,
il y a une projection astrale de moi qui est à côté et qui regarde et qui fait "mais qu'est-ce qui se passe ?". se passe ?". ?".
Je pense que nos auditeurs seront peut-être plus au fait de Doctor Strange que de Jackie Chan en
termes de projection astrale.
Mais je n'ai pas fini ! Et du coup après, on arrive à une espèce de 50-50,
où là c'est un peu comme si j'étais vraiment dans mon corps : je vois ce que je vois,
et je sais ce que je fais. Je suis en train de savoir ce que je fais mais je n'ai pas de contrôle.
Et tu vois, peu à peu, je vais retrouver des strates comme ça,
vraiment à la Inception où eux ils descendent de plus en plus,
mais moi je remonte de plus en plus.
Tu résous le puzzle pour regagner le contrôle sur toi-même.
Non parce que je regagne pas le contrôle, c'est un truc qui se fait sans que je le veuille ou que je le contrôle ou quoi
que ce soit. C'est juste des fois ça va être 25%,
30%, 50%, 80%, c'est aléatoire. Et en fait, il y a ce moment où je vais me réveiller,
et souvent en fait c'est marrant parce que j'ai plusieurs réveils,
je me réveille et je fais « ah, là c'est bon, je suis réveillé »,
mais c'est pas moi qui contrôle mon corps, et après je recontrôle mon corps et je fais « ah,
là c'est bon, je suis réveillé, je contrôle bien mon corps »,
mais je ne sais absolument pas ce que je fais. Et souvent c'est le moment où je me réveille et je
suis « ok », et donc du coup je change de quête secondaire tu vois,
je me dis "je suis dans la cuisine sans savoir pourquoi,
ah bah j'ai dû vouloir aller me chercher un verre d'eau".
J'ai oublié entre temps tu sais, entre le moment où je me suis levé et le moment où...
Parce que t'accèdes pas aux mêmes endroits dans ton cerveau.
En fait t'as l'endroit de la motricité, tu vas avoir l'endroit de l'action,
tu vas avoir l'endroit... C'est comme si du coup tu réveillais ton cerveau par bouts.
Ouais c'est exactement ça, je réveille mon cerveau par bouts.
Et donc du coup mon cerveau il complète. Parce que tu vois là,
quand je suis à 90 % de conscience, bah ça y est,
j'ai repris contrôle sur quasiment tout. Mais il reste 10 %.
Et en fait ces 10 %, je ne sais pas pourquoi je suis venu dans cette cuisine et donc mon cerveau
complète, il se dit "ça devait être pour aller chercher un verre d'eau" et donc du coup il y a une espèce de truc mécanique
d'aller chercher un verre d'eau, de boire un verre d'eau,
mais là je ne suis pas encore réveillé à 100 %.
C'est la reconstruction en fait, c'est un peu comme si tu étais une IA en apprentissage.
Vraiment pas du tout. C'est vraiment ce truc de la toupie,
et du coup après je vais me coucher et c'est que le lendemain où je vais avoir mon vrai réveil et je vais me dire "ah mais
c'était un rêve" et il y a quelqu'un qui va me dire "non non,
tu t'es vraiment levé, t'as vraiment crié ""pas les araignées pas les araignées"" et t'es parti en courant de la chambre". courant de la chambre". la chambre".
Ca sent le vécu.
C'est typiquement le genre de trucs qui peuvent arriver.
Mais d'ailleurs en parlant de "qu'est-ce qui peut arriver" et de pourcentages,
ça me fait une magnifique transition vers le fait que les terreurs nocturnes,
c'est des phénomènes qui sont déjà rares. Chez les enfants en tout cas,
puisque entre 4 et 10 ans, on a environ 3 % des enfants qui font des erreurs nocturnes,
mais chez les adultes ça tombe à 1 % ce qui est très faible.
J'avais pas les mêmes stats.
On a pas les mêmes sources peut-être.
Je sais pas. J'avance un petit peu par rapport à ton...
à ce que tu me disais comme planning. Mais il y a une vidéo que j'avais vue il y a quelques
temps... Je peux refaire une petite partie de mon histoire ou est-ce que c'est...?
Oui bien sûr !
Ouais allez c'est bon, j'arrête de me demander. Bon globalement,
quand j'étais petit, je faisais souvent des crises de somnambulisme.
Je me retrouvais dans d'autres pièces, quoi que ce soit,
et le moment où je suis allé en études supérieures,
j'ai déménagé de chez mes parents et donc du coup je me suis retrouvé tout seul.
Avec personne pour faire garde-fou.
Donc du coup je me suis toujours dit "ah bah c'est bon,
je suis plus somnambule, génial".
Erreur fatale.
Bah non mais tu vois il y a vraiment ce truc de, effectivement,
il y a un truc de : je fais souvent des rêves vraiment bizarres mais je suis plus somnambule.
Il y a quelques années, j'ai rencontré quelqu'un,
on s'est mis en couple, et en fait c'est cette personne là qui m'a dit "mais t'es somnambule",
"bah non je suis plus somnambule depuis que j'ai 17 ans,
je suis plus somnambule depuis à peu près cet âge là",
"mais si si, tu te réveilles la nuit, tu te lèves,
tu cries, etc", "ah merde, putain". Et donc du coup,
c'était quand même un peu dérangeant. Donc du coup,
j'avais pris rendez-vous avec un médecin généraliste,
mais spécialisé sur les questions du sommeil, pour voir ce qu'il en était,
donc il m'avait expliqué un peu tout ça. Et aujourd'hui,
moi je suis pas entièrement diagnostiqué, c'est pour ça que c'est encore un peu flou,
parce que je devais prendre rendez-vous dans une clinique du sommeil pour savoir ce qu'il se passe.
Je sais pas si quelqu'un a déjà essayé de prendre un rendez-vous dans une clinique du sommeil,
c'est genre un an, un an et demi de préparation tu vois,
de donner un rendez-vous.
Oh là là, c'est à dormir debout le temps pour pouvoir faire un rendez-vous !
Pardon.
Tu leur dis ou pas que je me lève et que je pars.
Ce sera noté.
Donc voilà, s'il y a des gens qui me connaissent un peu,
ils savent que l'organisation et moi c'est pas dingo,
donc prévoir quelque chose pendant un an, un an et demi,
c'était juste impossible. Donc j'ai jamais été faire ces tests,
en plus il faut dormir là-bas, c'est un peu compliqué quoi...
Oui parce qu'ils font un enregistrement, attention je lis mes notes,
polysomnographique.
Exactement, il fallait que je fasse un enregistrement polysomnographique,
c'est sur l'ordonnance, je vais encore l'avoir quelque part.
Et donc du coup donc voilà... Et donc, j'ai à peu près tout ce diagnostic,
toute cette vie. Donc, je continue. Et il y a un an,
peut-être un an et demi, je ne sais pas, il y a Dr Nozman qui avait fait une vidéo YouTube sur les
terreurs nocturnes. Et moi, je savais déjà que j'en faisais.
Mais en fait, personne n'en parle. Littéralement,
jamais personne n'en parle.
C'est pour ça que ce podcast existe.
On parle un peu de paralysie du sommeil. Il y a un peu tout le monde qui voit ce que c'est la
paralysie du sommeil. Le démon qui est sur le corps etc.
Mais en fait, le somnambulisme et les terreurs nocturnes,
personne n'en parle jamais. Et du coup je me dis "wow génial,
il y a quelqu'un qui en parle, c'est trop bien" et donc du coup je raccroche les ponts,
mais dans cette vidéo (je m'en rappelle plus très bien parce que ça va faire au moins un an ou deux
qu'elle est sortie, donc vu que j'ai la trentaine ça fait sûrement 5 ans qu'elle est sortie) mais
dans cette vidéo, il expliquait qu'il y a beaucoup d'enfants qui sont somnambules,
c'est assez fréquent.
Alors oui, moi je parlais uniquement des pourcentages des terreurs nocturnes.
Le somnambulisme c'est beaucoup plus.
J'avais un truc genre 15 % 20 %
C'est ça, le somnambulisme, les enfants, il y a 20 % des enfants,
à peu près 15-20 %, qui font du somnambulisme. Mais par contre les terreurs nocturnes ça c'est
vraiment beaucoup plus faible.
Je ne savais pas qu'il y avait une différence sur les terreurs nocturnes.
Et donc ce qu'il explique, c'est qu'il y a des portails dans la vie,
sûrement avec des changements hormonaux ou je ne sais quoi,
qui disent, à peu près à l'adolescence, les 20 % de somnambulisme,
terreurs nocturnes etc, ça diminue à.. En fait on passe de 20 % à 10 %,
ou peut-être même à 7 %. Et ensuite vers la vingtaine,
il y a encore un énorme creux, et plus tu vieillis...
Du coup on a à peu près 2 à 4 % des adultes qui sont somnambules.
Exactement. Mais en fait, même dans la vie d'adulte,
il y a encore une fois des portails. Et en fait entre les 30 ans et les 60 ans,
il y a des changements. Alors je me souviens plus exactement de la vidéo,
je raconte peut-être des bêtises et je veux pas mal le paraphraser,
mais globalement, quand tu loupes un de ces portails bah...
Rendez-vous au portail suivant.
Rendez-vous au portail suivant et c'est tout. Je suppose que ça change en fonction des personnes,
c'est pas des âges fixes ou quoi que ce soit. Et donc du coup ça expliquait ça plutôt pas mal.
Et donc j'avais vraiment cette stat, il y a beaucoup d'enfants,
mais après ça diminue très fortement, et les adultes qui sont atteints de somnambulisme ou en tout cas de troubles comme
ça, c'est quelques pourcents et c'est très très rare.
C'est très très rare, mais après comme il semblerait que ces phénomènes soient héréditaires,
on peut aussi anticiper. Si jamais la famille ou les proches ont ce genre de troubles,
on peut le retrouver aussi par antécédent.
Ok je savais pas ça.
Et aussi on sait très bien que, ça par contre, il y a favorisation de ces troubles avec le stress,
je ne t'apprends rien. La privation de sommeil, parce que du coup ça perturbe le cycle de base.
La fièvre puisque c'est dans des, enfin la fièvre,
de base, ça perturbe aussi au niveau du cerveau,
on peut avoir des délires et ce genre de choses donc ça favorise aussi au niveau du sommeil.
L'alcool évidemment, ça on ne le rappellera jamais assez,
et certains médicaments, puisque c'est tout ce qui est interaction qui joue sur le cerveau.
Ca c'est un truc que mon médecin que j'avais vu il m'avait dit,
parce qu'en fait, pourquoi est-ce que j'avais été voir ce médecin,
et pourquoi est-ce que c'était problématique, c'était pendant le Covid,
le confinement, je m'étais fait opérer des dents de sagesse.
Oh bah dis donc tu choisis ton moment...
Ouais, genre vraiment, bon moment quoi. C'était vraiment,
je me fais opérer, et peut-être deux jours plus tard,
on est confiné. Tu vois, un truc comme ça.
Je compatis, j'ai eu une entorse le jour du confinement.
Donc là, tous les dentistes, ils avaient arrêté de travailler.
On m'avait filé un... En gros, je m'étais fait opérer à côté de mon boulot à l'époque,
qui était du coup loin de chez moi. Et il y avait un seul cabinet de dentiste dans la ville qui était resté ouvert pour
un peu tous les cabinets, tu vois.
Donc je suppose une attente...
Qui n'était pas mon cabinet.
De surcroît. Voilà.
Et en gros, j'étais... J'avais vraiment mal. Jamais eu aussi mal de ma vie.
Et je commençais à avoir globalement tous les symptômes de l'infection et des trucs comme ça,
voilà. Et je me souviens, je l'avais appelé le cabinet là,
et je lui avais dit "j'ai mal à en crever" quoi.
Il m'avait renvoyé une ordonnance de doliprane. En plus il m'avait envoyé la facture.
Donc globalement, je lui avais expliqué "je ne paierai pas votre facture en fait monsieur,
et surtout vous ne comprenez pas, j'ai mal".
Sur une échelle sur 10 ? Douze.
Il m'avait filé de la codéine tu vois. C'est un mix avec daphalgan.
C'est ça, daphalgan codéiné.
Et donc du coup, je faisais des terreurs nocturnes tous les jours,
en plus de la douleur aux dents. Donc du coup j'avais tout le temps mal et je pouvais pas dormir.
Du coup j'avais pris rendez-vous avec ce médecin et il m'avait expliqué,
en gros, il faut absolument éviter tout ce qui finit en -ine.
Donc notamment la codéine, mais aussi la caféine,
mais aussi donc la cocaïne (haha)
Ah bon?
Du coup en gros, tout ce qui finit par -ine globalement dans ces styles là,
ça influe beaucoup sur le sommeil et ça peut provoquer ces épisodes.
Et donc du coup maintenant, j'essaie de pas boire de café trop tard genre vers 15h et quelques,
j'essaye d'éviter. Je fais vachement attention quand je prends de la codéine,
d'ailleurs j'en prends plus en fait, parce que je sais que ça me fait des épisodes assez forts en fait. fait.
Mais la codéine, on n'en parle pas assez, mais c'est vraiment une molécule qui n'est pas anodine du
tout, et il y a énormément de gens, moi je sais que ma mère,
ma sœur et moi, on est extrêmement sensibles à cette molécule et tous les dérivés opiacés
d'ailleurs, et donc c'est un enfer à chaque fois.
Opiacés, c'est parce qu'ils sont haut dans la hiérarchie ?
Oui, c'est ça. On espère que les auditeurs ont de l'humour aujourd'hui !
Mais en tout cas, il faut pas négliger le fait que la codéine c'est pas du tout anodin.
Je m'en suis rendu compte effectivement, donc maintenant j'essaie de faire attention.
Et voilà donc du coup effectivement, vu que je suis quelqu'un d'un peu stressé,
je pense que ça favorise vachement les épisodes de terreurs nocturnes.
De toute manière, en termes de traitement, vu que c'est pas une pathologie en soi,
c'est vrai que la prise en charge des terreurs nocturnes ou du somnambulisme,
c'est vraiment des mesures d'hygiène du sommeil de base.
C'est à dire se coucher et se lever à heure fixe,
ce qu'on conseille à tout le monde, éviter la privation de sommeil et les excitants,
ce qu'on conseille à tout le monde et aussi, diminuer le stress avant de se coucher.
Alors c'est un très bon conseil pour les personnes anxieuses,
on y reviendra peut-être sur un épisode sur l'anxiété,
mais c'est une autre paire de manches. Mais par contre,
pour les terreurs nocturnes, ce qui est important aussi,
c'est que si vous êtes en contact avec une personne qui est sujette à ce genre de soucis nocturnes,
ça peut être intéressant de prévoir une sécurisation de l'environnement.
C'est-à-dire fermer les fenêtres, surtout si vous vivez dans un appartement ou une maison à
l'étage, enlever les objets dangereux qui peuvent être à proximité,
ne dormez pas avec vos couteaux de cuisine, prévenir les chutes aussi parce qu'on sait jamais.
Imaginons un enfant qui fait des terreurs nocturnes,
qui vit dans un lit superposé, peut-être que c'est mieux de lui laisser le lit du bas par exemple,
ce genre de choses. Et après évidemment il y a tout ce qui est psychologie avec les thérapies comportementales. comportementales.
C'est un truc que j'ai relativement découvert tout seul.
Et puis en plus, les gens qui ont des terreurs nocturnes ou qui font du somnambulisme (mais je pense qu'on en a déjà parlé
plusieurs fois avec des gens) il y a ce mythe tu sais, y a ce mythe tu sais,
comme quoi il ne faut pas réveiller un somnambule parce que sinon il peut rester dans un sommeil
paradoxal. Il y a tout un tas de trucs comme ça. Mais non,
ne réveillez pas quelqu'un qui fait de la somnambulie,
parce qu'il va vous frapper vous ! C'est vous qui êtes en danger,
c'est pas lui. Et est-ce que je dépasse un peu sur ton planning ?
Mais ne stresse pas !
Quand je suis en épisode de terreur nocturne... Je suis vraiment en train de fuir quelque chose qui
veut m'agresser. Mais vraiment. C'est un truc où ça devient très animal.
Ca peut être des araignées, c'est un rondin de bois avec plein de pics,
c'est des gens qui me chassent. C'est des événements tu sais,
c'est un peu traumatique. Tu sais, tous les films qui mettent en scène des chasses à l'homme,
où on envoie quelqu'un dans les bois et il y a 2-3 personnes qui les chassent.
C'est un truc hyper traumatisant. Moi je sais que je ne peux pas regarder ça,
c'est peut-être à cause du fait que je fasse des cauchemars.
Parce que tu les vis toutes les nuits.
Et s'il y a quelque chose qui me bloque à ce moment là en fait,
il y a la réaction primale de frapper. Parce que je suis en stress en fait.
Il n'y a plus de moi ou de sur-moi ou je ne sais pas trop quoi.
Il n'y a plus cette conscience sociale qui dit "non on ne va pas frapper les gens" non.
On est en train de m'agresser, donc du coup forcément,
je me débats. Et effectivement, la première sécurité s'il y a quelqu'un qui fait une crise de somnambulie à côté de vous
: protégez-vous vous-même. N'allez pas toucher la personne,
n'allez pas bloquer la personne, ne retenez pas la personne.
Parlez-lui calmement. Et en fait il y a un peu ce truc de,
si on parle calmement, après je fais "ah oui bah oui il faut juste que j'aille me coucher en fait,
tout va bien". C'est comme un enfant tu vois genre.
J'imagine bien, Gaël le Grimlins qui redevient tout mignon mignon à chaque fois : "tiens va dormir
je te donne un sucre d'orge", "ah cool".
Bah pas après minuit.
Ah oui bah zut. J'oubliais la règle. D'ailleurs, en parlant de vivre tel un enfant,
justement ça me fait une petite transition.
La semaine prochaine.
Bah justement, ce serait intéressant de pouvoir essayer de voir ce que ça donne sur ta vie
personnelle, professionnelle, sociale, émotionnelle,
dans ton quotidien, comment ça se passe en interaction avec les gens ?
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ça ?
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.