Les TOCs avec Vincent Leconte (1/2)
S01:E07

Les TOCs avec Vincent Leconte (1/2)

Episode description

Aujourd’hui, nouveau sujet, nous recevons Vincent Leconte, comédien, auteur et metteur en scène, qui vient nous parler des TOCs.

(Partie 1/2)

Invité : Vincent LECONTE www.instagram.com/vincent_leconte_

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Bonjour et bienvenue dans Voix Plurielles, je m'appelle Delphine et ici on parle avec empathie de vies différentes pour une

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même humanité. Aujourd'hui, je reçois Vincent Leconte et on va parler ensemble de TOCs !

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Hello Delphine !

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Ça va Vincent ?

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Ouais ça va très bien, ravi d'être là.

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Je suis hyper contente de te recevoir parce que j'ai vu ton spectacle.

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On va pas trop spoiler parce que tu vas nous expliquer tout ça.

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Tout à fait, ne divulguâchons pas comme disent les Québécois.

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Absolument. Et j'ai très très hâte que tu nous racontes un peu plus tout ça.

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Du coup je te propose en premier de te présenter.

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Et peut-être de nous raconter un petit peu ton parcours de vie,

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tout ça, qui tu es... Pour que nos auditeurices puissent avoir une petite idée.

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Oui tout à fait. Moi je travaille principalement dans le domaine artistique et plus spécifiquement

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dans le théâtre. Et dans ce joyeux univers je suis un peu multicasquette.

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Je suis principalement comédien mais ça m'arrive aussi d'être metteur en scène.

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Brillant.

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Arrêtez, vous me flattez. Je suis aussi conteur j'ai mon recueil de contes personnels,

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je suis formateur en improvisation théâtrale principalement,

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je peux aussi écrire, des fois on me paye pour écrire.

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C'est toujours avec une grande joie, j'aime beaucoup écrire.

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J'ai un peu comme ça plein de casquettes et c'est très chouette parce que du coup mes semaines ne

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se ressemblent jamais.

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C'est l'intérêt de l'intermittence,du métier de comédien,

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comédienne n'est-ce pas ?

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Tout à fait, après il y a des gens qui sont plus ou moins spécialisés mais moi j'aime bien justement faire une semaine en

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tant que metteur en scène, puis une semaine en tant que comédien puis une semaine à travailler sur

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de l'écriture. J'aime bien cette diversité, ça me convient très bien.

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Et c'est vrai qu'on ne s'ennuie jamais avec toi Vincent.

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J'espère.

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Je confirme, en tout cas pour ma part. Et du coup tu as accepté de venir nous parler des TOCs.

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Alors dit comme ça c'est un petit mot de trois lettres qui peut être finalement une onomatopée.

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Presque oui.

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C'est vrai, on pourrait se croire dans un dessin animé.

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Tout à fait. TOC c'est un sigle pour trouble obsessionnel compulsif.

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Un trouble mental dont je suis atteint depuis, je pense que l'apparition des premiers symptômes

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c'est à peu près à l'adolescence, on va l'évoquer évidemment.

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Mais il y a eu tout un voyage personnel vis-à-vis de ce trouble mental,

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avec des années très difficiles et aujourd'hui ça va beaucoup mieux.

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C'est un peu le jour et la nuit par rapport à ce que ça a pu être mais ils sont toujours là,

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ils sont toujours présents dans ma vie.

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Ils font partie de toi.

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Tout à fait. J'avais vu une image assez belle une fois sur Instagram d'une femme qui,

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c'était plutôt sur la dépression, mais en gros il y avait avant où il y avait vraiment un énorme

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oiseau hyper imposant, hyper menaçant qui était perché sur son épaule et après il y avait la deuxième image c'était maintenant

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et l'oiseau était toujours là mais il était devenu tout petit sur l'épaule et presque mignon ou

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mignoble, à la fois mignon et ignoble. Et en fait j'aimais bien ce que ça disait,

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ça aussi on va en parler, mais que parfois si on veut absolument guérir,

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c'est à dire que si on se dit "mon trouble mental va complètement disparaître",

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on se fixe un objectif qui sera presque peut-être inatteignable.

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Et l'essentiel c'est surtout de vivre avec et de faire en sorte que l'oiseau très menaçant devienne un petit oiseau perché

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sur l'épaule, qui est là quand même, qui fait partie de nous,

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mais qui au moins ne nous écrase plus. Ou en tout cas beaucoup moins.

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Et voilà, les TOCs sont toujours là dans ma vie mais c'est plus un petit oiseau maintenant qu'un

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gros corbeau terrible.

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Et que tu connais du coup sous toutes ses coutures cet oiseau ?

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Oui, parce qu'effectivement, comme j'ai voulu, comme tu l'évoquais,

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faire un spectacle, un seul en scène qui s'appelle « En mains propres »,

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sur les troubles obsessionnels compulsifs, ça m'a amené à beaucoup d'introspection sur ma propre

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histoire, mais aussi à beaucoup me renseigner sur ce trouble.

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Même si je commence le spectacle en disant que je ne suis pas docteur en psychiatrie et que l'idée,

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ce n'est pas du tout de faire une conférence, de fait,

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j'ai accumulé pas mal d'informations. Et ce spectacle a été validé par des psychiatres donc a

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priori j'ai dit, enfin en tout cas des gens qui travaillent dans le domaine psy,

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je sais pas si ce sont des psychiatres je suis un peu perdu des fois dans ces trucs psychologues,

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psychanalytiques et tout ça, mais en tout cas des gens qui travaillent dans le domaine de la santé mentale visiblement m'ont dit

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que je racontais pas trop de bêtises, au contraire.

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Voilà j'ai fait un partenariat aussi avec l'association française de personnes souffrant de

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troubles obsessionnels compulsifs, l'aftoc, et c'était très fort parce que du coup il y a beaucoup de bénévoles et de de

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membres de cette association qui sont venus voir le spectacle,

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ça a occasionné des moments de commune humanité très très forts,

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avec des débriefs chargés à la fin des spectacles.

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Mais ça pareil, je pense que j'aurai l'occasion d'en reparler.

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D'en reparler, exactement. Mais en tout cas, je pense que c'est très important ce que tu fais parce que c'est vrai que si

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on se connaît soi-même, c'est la meilleure façon aussi de pouvoir vivre avec quelque chose qui ne va pas spécifiquement

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disparaître effectivement. Donc la connaissance est finalement le moyen d'avoir moins peur d'accepter et donc de pouvoir

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avoir ce petit oiseau comme tu dis. J'aime bien cette métaphore,

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je vais la garder pour plus tard. Et donc aujourd'hui tu viens nous parler sur Voix Plurielles de tout ceci pour encore

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une fois participer à toute la communication que tu fais déjà sur ce sujet et on te remercie

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énormément. Je pense que c'est très important de pouvoir avoir des gens comme toi qui osent prendre la parole pour parler

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de divers troubles ou même de problématiques qui ne sont pas forcément ouvertes et pas forcément simples d'accès au grand

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public donc merci beaucoup et d'ailleurs, excellente transition à propos du grand public qui ne connait pas forcément ce

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trouble. Je te propose qu'on essaye toi et moi de leur expliquer en quoi ça consiste les TOCs.

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Bien sûr, petit moment C'est Pas Sorcier.

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Exactement. Merci Jamy !

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De rien Fred ! Trop bien et ben oui alors effectivement la clé pour comprendre les TOCs réside donc dans un peu décortiquer

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ce fameux sigle. Donc T pour trouble, voilà, trouble mental.

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Et après O pour obsessionnel. Donc le TOC ça va être avant tout une pensée obsessionnelle,

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donc qui tourne en boucle dans notre tête, qui va être provoquée en réaction à une angoisse,

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à quelque chose qui nous stresse. Et la source de l'angoisse va vraiment tourner en boucle dans

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notre tête, comme une obsession, et va très vite nous pousser à effectuer cette phase compulsive,

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le C, la deuxième phase, qui consiste en un rituel.

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On pourrait presque parler de rituel conjuratoire.

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Il y a presque quelque chose de magique dans ce processus-là.

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C'est un rituel qui est là pour répondre à l'angoisse pour la faire baisser.

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Enfin supposément baisser, en réalité ça n'arrange rien de fonctionner comme ça.

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Mais en tout cas dans le processus du TOC, on a l'impression que c'est la seule solution,

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c'est la seule chose qui va nous permettre d'aller mieux.

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Et c'est même au delà de ça, c'est la seule chose qui va permettre qu'il n'y ait pas de conséquences graves à ce qui est

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en train de se passer. Et donc ce rituel, pourquoi est-ce qu'on parle de rituel compulsif,

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c'est parce qu'il faut qu'il soit bien fait, il faut qu'il soit bien réalisé,

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de la bonne manière, selon un ensemble d'étapes.

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Et c'est compulsif parce que si ce n'est pas bien fait,

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on recommence du début, il faut refaire le rituel entièrement.

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Et parfois, c'est même après avoir fait le rituel,

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si tout d'un coup on est perturbé, même une, deux minutes après ou même quelques secondes,

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il faut quand même refaire le rituel du début, ce qui peut amener à le répéter un certain nombre de

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fois. Et c'est du coup cette phase compulsive, ça c'est des termes assez techniques je pense que le mieux pour bien comprendre

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c'est de donner un exemple.

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Oui tout à fait.

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Et bien alors il y a un TOC... Les trois familles de TOCs les plus courants je pense,

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je ne pense pas dire de bêtises en parlant de ça,

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c'est les TOCs qui sont liés à l'hygiène, les TOCs qui sont liés aux nombres et les TOCs qui sont liés aux vérifications

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répétées. Je vais prendre les vérifications répétées parce que même si moi je suis pas trop atteint

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par celui-là, je pense que c'est vraiment l'un des plus répandus et auquel beaucoup de gens peuvent

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s'identifier souvent. C'est celui dont on me parle à la fin du spectacle,

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les gens me communiquent qu'ils ont ce TOC-là, parfois de manière très légère,

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et du coup je pense que c'est un bon exemple. Donc on sort de chez soi,

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on sort de chez soi et tout d'un coup la pensée intrusive (on parle de pensée intrusive) va arriver et nous dire "est-ce que

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t'as bien fermé la porte à clé?". Ca va pas juste être une petite phrase qui va arriver comme ça

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dans l'air, ça va tourner en boucle et on a beau se dire "si si je l'ai fermée",

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"si si je l'ai fermée", "si si je l'ai fermée",

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ça revient "mais t'es sûr?", "mais est-ce que t'es sûr?",

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"mais est-ce que t'es sûr?", "mais est-ce que t'es sûr?"

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Oui parce que, ne pas confondre avec les personnes qui sortent de chez elles et vont se dire "ah

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mince, est-ce que j'ai bien fermé la porte?" et qui peut-être après vont oublier et passer à autre

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chose. Non, là on parle bien d'une pensée qui devient de plus en plus importante et qui du coup s'impose comme devenant quasiment

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la seule pensée jusqu'à ce qu'on le résolve.

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Tout à fait, d'où ce terme d'obsession. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas passer outre,

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mais c'est au prix d'un très gros effort émotionnel.

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D'ailleurs, je me permets une petite digression.

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Très souvent moi, c'était assez rigolo quand, j'ai très vite parlé assez facilement du fait que j'avais des TOCs autour

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de moi parce que ça me paraissait important que les gens sachent.

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Et puis en plus de ça, ça a été pour moi un tel soulagement de mettre des mots sur ce qui m'arrivait à l'époque où j'ai eu

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vraiment ma très très grosse crise dans les années 2015-2016.

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Déjà je me suis pas senti seul et comme tu le disais très justement,

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ça m'a permis d'un peu plus comprendre ce qui m'arrivait.

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Et donc j'avais un peu ce sentiment qu'il fallait,

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c'était important aussi d'expliquer aux gens voilà,

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en fait c'est ça qui m'arrive et voilà pourquoi je me comporte de telle manière.

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Parce que évidemment mes proches étaient un petit peu perdus par rapport à ce qui se passait (et c'est normal) et donc je

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me suis mis à parler très facilement des TOCs autour de moi et du coup très souvent j'ai eu ce retour de gens qui me disaient

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"ah mais moi aussi j'ai des TOCs". Et en fait quand je creusais,

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des fois c'était vrai, des fois c'était des gens qui avaient vraiment des TOCs,

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mais des fois c'était juste des gens qui étaient juste maniaques.

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C'est-à-dire qu'ils disaient, "ah oui, moi aussi,

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je te comprends, moi aussi, je ne supporte pas comme mon appart est mal rangé".

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Parce qu'on confond très souvent les TOCs avec la maniaquerie,

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parce que comme je le disais, un des TOCs les plus répandus,

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c'est sur le côté de propreté. Et en fait, quand tu creusais,

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alors ça pouvait, ça handicapait sans doute ces gens.

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L'idée, ce n'était pas de dire, ils n'avaient rien compris et ce n'était pas malveillant.

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Il y avait une envie de créer une forme de communauté de,

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"je te comprends, je suis avec toi" et c'était très bienveillant.

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Mais en fait je leur disais "si toi tu laisses ton appartement mal rangé,

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que tu vas en soirée, est-ce que tu vas y penser toute la soirée ?"

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Et si tu y penses toute la soirée, même en arrière plan (c'est à dire que tu peux quand même passer une bonne soirée mais

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il y a une petite musique entétante en fond qui te répète que ton appartement est mal rangé) et est-ce qu'une fois que

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tu rentres chez toi, la première chose que tu vas faire c'est ranger ton appartement mais pas n'importe comment selon un

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rituel précis et en tout cas pendant un certain temps assez invariable,

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c'est à dire il faut vraiment commencer par telle chose,

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finir par telle chose respecter telle ou telle étape et la plupart du temps c'était pas le cas les gens n'aimaient juste

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pas la saleté. Ce qui peut être très entendable et parfois très handicapant.

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Je pense qu'il y a des personnes maniaques à un niveau très très sévère et des personnes atteintes

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de TOCd qui sont maniaques. Mais c'est important de de..

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De bien séparer parce que c'est pas la même chose.

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De remettre un peu le TOC au centre du cerveau, l'église au centre du village.

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C'est pas la même chose.

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Et encore une fois c'est pas un jugement de valeur.

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Pas du tout.

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C'est juste qu'on parle bien de troubles qui sont différents.

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Ce n'est pas la maniaquerie, c'est complètement différent.

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Il y a vraiment cette histoire de rituel, cette histoire d'obsession.

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Donc, c'est pour ça d'ailleurs que ce nom-là n'est pas maniaquerie.

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Sinon, ce serait la même chose.

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Oui, complètement. Et donc, pour reprendre l'exemple des vérifications répétées,

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il y a cette phrase « Est-ce que j'ai bien fermé la porte ?

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» qui va tourner en boucle. Et cette phrase, elle est vraiment liée à des angoisses.

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C'est-à-dire qu'on a des scénarios qui vont se créer dans notre tête "si jamais j'ai pas fermé la porte il va forcément

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arriver quelque chose de grave". C'est jamais anodin parce qu'évidemment sinon on se dirait "c'est

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pas grave". On va se dire forcément "c'est peut-être le jour où je vais être cambriolé",

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"c'est peut-être le jour où je sais pas ouais je vais être cambriolé".

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Et du coup il faut absolument que j'aille vérifier si la porte est bien fermée.

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Donc on va remonter, on va vérifier si cette porte est bien fermée.

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Mais à nouveau phase compulsive, on va pas juste vérifier et partir.

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Il va falloir appuyer par exemple un certain nombre de fois sur la poignée,

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tourner la clé dans la serrure d'une certaine manière,

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parfois se répéter dans la tête des phrases "c'est bon la porte est bien fermée,

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c'est bon la porte est bien fermée, c'est bon la porte est bien fermée",

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voilà par exemple trois fois ou plus selon selon notre rituel.

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Et c'est qu'à partir de ça qu'on va estimer que c'est bon on peut y aller.

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Mais là où c'est vicieux, c'est que il y a le côté compulsif,

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donc souvent on va redescendre, on va avoir l'impression qu'on n'a pas fait le rituel,

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donc on va remonter, etc. Et selon le degré de gravité du TOC,

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ça va se passer une ou deux fois. Ou alors on est plutôt dans une phase de rémission et donc on va

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arriver à passer outre, mais ça on en reparlera peut-être plus à la fin.

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Mais ça peut, on peut remonter comme ça 4, 5, 6,

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7, 8 fois, voire plus, pour les personnes atteintes de manière les plus sévères.

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Et en fait du coup c'est, de fait, on se rend bien compte à quel point c'est handicapant dans la

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vie de tous les jours. Et en clair, voir ça nous empêche de vivre normalement,

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parce que c'est des minutes qui sont vraiment gaspillées pour rien,

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du coup on va louper son métro, du coup on va arriver en retard,

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etc.

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Oui et encore une fois, on précise bien, comme ce n'est pas de la maniaquerie,

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c'est encore moins une question de volonté. Il n'y a pas de volonté propre.

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C'est à dire qu'il faut absolument résoudre cette obsession de manière rituelle.

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Et même si on sait à l'intérieur que c'est idiot,

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on ne peut pas s'en empêcher. C'est du coup, arriver en retard,

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on n'a pas envie d'arriver en retard, mais le TOC fait qu'il faut absolument résoudre ça jusqu'au

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bout.

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Complètement. Et c'est même pire que ça, c'est à dire qu'il y a beaucoup d'études sur les TOCs qui montrent que dans la très

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grande majorité des cas, les personnes atteintes de TOCs sont conscientes que leur rituel est

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irrationnel. C'est à dire que moi personnellement,

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quand j'avais, bon moi j'avais pas trop les vérifications répétées,

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mais j'avais beaucoup le TOC de l'hygiène donc c'est à dire beaucoup me laver les mains (d'où le titre du spectacle "En

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mains propres"). Et j'avais beaucoup le TOC des nombres,

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c'est à dire qu'il y avait des nombres qui étaient positifs et des nombres qui étaient négatifs.

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Donc il fallait que je fasse les rituels un certain nombre de fois et surtout pas un certain

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nombre d'autres. Et en fait, au fond, moi, j'ai toujours su,

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notamment sur les nombres, que c'était irrationnel.

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C'est très rigolo de dire des nombres irrationnels ou des nombres négatifs,

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parce que du coup, quand on rentre dans le langage mathématique,

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les nombres négatifs, ce serait genre moins 2.

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Oui, tout à fait. Alors que là, c'était beaucoup plus lié à des superstitions,

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comme le nombre 13, ou le chiffre de la bête, 666.

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Des nombres maléfiques.

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Voilà, des nombres maléfiques, tout à fait. Et du coup,

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dans un sens, c'est encore plus terrible, parce qu'en fait,

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au fond, on sait très bien que ce qu'on fait est absurde.

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Donc non seulement ça nous pollue la vie, mais en plus,

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au fond, on a la conviction que c'est complètement irrationnel de répéter trois fois dans sa tête

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une formule magique, qu'au fond, on sait que si on ne la fait pas,

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il ne va rien arriver de mal.

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C'est un petit peu comme une addiction, en fait.

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Oui, complètement. En fait, on ne peut pas s'en empêcher.

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Et c'est très juste que tu parles d'addiction parce que moi j'ai été très frappé de me rendre compte à quel point il y a

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des parallèles entre les phénomènes de TOCs et les addictions à des drogues.

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C'est vraiment, il y a vraiment un rapport au manque et il y a vraiment un rapport à "c'est plus

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fort que nous". On a beau savoir que c'est pas bon pour nous,

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on a beau savoir qu'il n'y a aucun intérêt, il n'y a aucun sens à faire ça,

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on ne peut pas s'en empêcher. Parce qu'en fait la souffrance physique et mentale que ça procure,

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parce que comme le disait très bien Nicolas Desmorans quand il en avait parlé "c'est des

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souffrances physiques, c'est physiquement que ça nous fait mal".

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Et c'est aussi mental. Et en fait c'est tellement fort,

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c'est à dire que quand on est vraiment au bas du bas du bas dans les TOCs,

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quand ça va vraiment pas bien, en fait, ne pas faire le rituel,

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c'est une telle souffrance qu'on achète la paix sociale.

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On dit 'allez bon, c'est bon je vais la répéter trois fois dans ma tête cette phrase",

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parce que je ne veux pas du tout m'exposer au fait de passer ma soirée à être hyper mal et à avoir ce truc qui tourne en

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boucle dans ma tête. A un moment donné j'ai envie de le lâcher et j'ai envie de passer une bonne

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soirée. Mais là où c'est extrêmement pervers, c'est qu'en fait en faisant ça,

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on ne fait qu'entretenir l'addiction. Donc il y a un vrai parallèle assez frappant entre les

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drogues et les TOCs.

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Sauf que du coup toi tu ne consommes rien. Tu as juste ta tête qui s'auto-consomme.

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Je consomme beaucoup de savon c'est ma cocaïne à moi.

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Un rail de soap.

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Un petit rail de lait vanillé. Mais effectivement il n'y a besoin de rien consommer.

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Après ce n'est absolument pas surprenant que, pour moi,

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que la toxicomanie frappe plus les personnes atteintes de troubles mentaux quand on se renseigne

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sur la santé mentale. Et tu le sais aussi bien que moi si ce n'est mieux,

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il y a des pathologies qui sont cumulatives.

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Tout à fait. D'ailleurs là je pense que c'est lié aussi à l'anxiété les TOCs.

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Bien sûr. Ca parle beaucoup d'anxiété, d'un rapport à l'angoisse sur lequel il faut absolument

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travailler en profondeur. Mais oui c'est assez frappant,

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mais en fait je pense que, par exemple quelqu'un qui a des TOCs et qui devient alcoolique,

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c'est juste qu'il a trouvé une autre manière d'oublier ses problèmes,

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il a trouvé une autre addiction. Mais ouais il y a un phénomène.

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Pour éteindre le cerveau...

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Complètement. Donc tu vois c'est très juste de parler d'addiction le mot n'est pas galvaudé.

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C'est aussi fort que ça.

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Mais d'ailleurs, moi ce que je trouve incroyable c'est qu'on en entend quand même très peu parler

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des TOCs. Parce qu'en général on va parler de TOCs mais dans le mauvais sens.

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C'est à dire qu'on va dire "ah oui t'as des tics,

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t'as des TOCs", mais c'est pas réellement un TOC,

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T-O-C, trouble obsessionnel compulsif. Alors qu'en réalité il y a quand même 2 à 3 % de la population qui est touchée

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par des TOCs au cours de sa vie. C'est pas anodin quand même 2 à 3 %.

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Vu le nombre d'humains sur Terre...

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Pas du tout. Ce qui est perturbant pour les TOCs,

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c'est qu'en fait c'est très difficile de faire des études statistiques,

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parce qu'il y a une très très grande diversité d'intensité et une très grande diversité de

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symptômes. Moi autour de moi, j'ai beaucoup de gens,

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je sais parce qu'à la fin du spectacle d' "En mains propres",

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évidemment ça libère beaucoup les conversations.

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Donc moi ça m'est arrivé même plusieurs fois de découvrir que des gens que je connais parfois depuis assez longtemps en

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fait ont des TOCs. Parce que du coup ça libère un peu la parole sur ce sujet.

20:34

Alors des fois c'est des TOCs assez vénères mais il y a plein de gens en fait juste,

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ils vérifient 3-4 fois leur porte avant de partir et c'est tout.

20:44

Et potentiellement, ça restera comme ça toute leur vie.

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Et à l'inverse, il y a des gens comme un très bon ami à moi qui sont hospitalisés pour les TOCs.

20:52

Tout à fait. De toute manière, plus on avance dans les études sur la santé mentale,

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plus on se rend compte que la plupart des troubles sont en fait des troubles spectraux.

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C'est-à-dire que par exemple, le trouble du spectre autistique,

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c'est un spectre. Il y a des autistes qui vont être plutôt sur le début du spectre,

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plutôt sur la fin du spectre. Si tant est qu'il y ait un début et une fin.

21:12

Et après c'est pareil pour la bipolarité, il y a autant de bipolarité que de bipolaires.

21:19

Et je pense que pour les TOCs c'est pareil. C'est à dire que vu que le cerveau c'est quelque chose

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qui est très unique, lié à la personne, il va y avoir des caractéristiques assez quantifiables mais qui vont ensuite être

21:34

appliquées entre guillemets par les personnes selon des schémas différents.

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Donc oui il va y avoir peut-être plein de personnes qui auront des TOCs et qui seront sur le même spectre des TOCs mais

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pas aux mêmes endroits. Et aujourd'hui je pense que c'est ça qui pêche un petit peu dans les diagnostics au niveau des professionnels

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de santé. Parce que, oui effectivement, les TOCs,

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il faut quand même un psychiatre pour pouvoir le diagnostiquer,

21:57

ou en tout cas un psychologue formé. Et en fait je pense que c'est ça qui pose souci,

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c'est qu'à l'heure actuelle on va peut-être minimiser des personnes qui ont un réel handicap,

22:08

mais qui sont à une certaine partie du spectre et qui ne sont pas forcément comme la majorité qui a été étudiée jusqu'à présent.

22:17

Parce que quand tu me dis, la personne qui check trois fois sa porte,

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peut-être qu'en fait, ça lui fait un poids et que c'est lourd,

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même si c'est juste, entre guillemets, de la vérification trois fois.

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Mais si elle ne le fait que deux fois et que ça lui fait une anxiété monstre parce que la troisième

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fois n'a pas été faite, ça reste aussi handicapant même si c'est juste une histoire de trois fois.

22:41

Ca reste dans le même type de handicap. Après effectivement,

22:44

si une personne a vraiment des répétitions encore plus lourdes ou encore plus de types

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d'obsessions, effectivement on n'aura pas les mêmes ressentis.

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Mais ça reste quand même intéressant de pouvoir prendre en compte toutes les personnes qui ont des

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difficultés face à ça.

23:01

Complètement. mais du coup face à cette très grande diversité de diagnostics et d'intensité,

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en fait on se rend compte que c'est très dur à quantifier.

23:10

Mais c'est vrai ce que tu dis. Alors là je partage vraiment un exemple purement personnel.

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Je sais pas si c'est quelque chose qui arrive souvent ou pas dans le processus des TOCs,

23:17

mais moi pendant très longtemps, les TOCs c'était anodin dans ma vie.

23:22

C'est à dire que vraiment, comme je le raconte dans le spectacle,

23:23

je devais aligner mes pantoufles avant d'aller dormir.

23:25

Ca n'empêche pas du tout de vivre normalement ça,

23:27

c'est juste que si je le faisais pas, ça m'empêchait de dormir.

23:29

Mais une fois que je l'avais fait, voilà, basta,

23:31

c'était terminé. Mais par contre, quand j'ai eu un moment vraiment de grosse anxiété dans ma vie,

23:37

parce que, fin du diplôme, qu'est-ce que je vais faire de ma vie,

23:41

je ne me sens pas bien dans mes baskets, tout ça,

23:43

là, ça a explosé. Donc, en fait, il y avait presque quelque chose d'assez dormant qui,

23:47

pendant des années, était anodin. Mais au moment où les conditions ont été réunies,

23:52

c'est vraiment parti en sucette. Alors que si j'avais les pantoufles,

23:57

j'avais un petit peu une petite phrase que je me répétais dans ma tête de temps en temps quand j'avais l'impression d'avoir une

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pensée mauvaise contre quelqu'un. Comme je dis dans le spectacle,

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c'est vraiment le cliché de "pensez pas à un ours polaire".

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Evidemment la première chose à laquelle on pense c'est un ours polaire.

24:13

Plus on veut s'empêcher de penser à quelque chose,

24:15

plus on a des chances de le penser. Mais ce que je veux dire,

24:17

c'est qu'en fait pendant un moment, les TOCs, ils sont arrivés de manière très lente dans ma vie.

24:21

Généralement ça s'est infiltré de manière très lente,

24:25

jusqu'au moment où en fait là par contre ça s'est décuplé.

24:30

Et là oui, ça m'a vraiment empêché de vivre normalement.

24:34

Mais pendant toute une partie de ma vie, je vivais très bien avec les TOCs.

24:39

J'avais pas de soucis avec ça. Mais du coup ça montre bien pour moi que c'est jamais anodin.

24:45

C'est comme si on avait quelque chose de dormant en soi.

24:48

Il faut quand même l'adresser un minimum, parce qu'on sait jamais ce que ça peut devenir en

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situation de stress. Au moins d'être conscient que c'est là,

25:00

être conscient que si jamais ça déborde et ça part en vrille,

25:04

il y a des ressources qui existent. On n'est pas seul,

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on sait ce qui nous arrive. Moi j'avais ça, tant que c'était anodin,

25:11

je ne l'adressais pas vraiment dans ma tête, et du coup le moment où ça s'est décuplé j'ai eu l'impression clichée "mais

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je suis fou, je deviens fou".

25:19

On est dans une société qui ne nous forme pas, ne nous éduque pas à écouter notre mental,

25:29

prendre soin de sa santé mentale. On n'est pas du tout dans la prévention.

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On est uniquement dans le traitement. Et du coup,

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vu qu'on est dans le traitement, on ne traite que des symptômes visibles.

25:41

Alors que si on détecte au préalable ce truc-là,

25:45

effectivement, si ça devient plus grave, ça pourrait être vraiment problématique.

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Comment faire pour pouvoir se comprendre, désamorcer,

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savoir qu'il y a des ressources, etc. ? Si on le fait en amont,

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là, on est prêt le jour où il y a la crise qui arrive,

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le jour où on est démuni parce que le cerveau a lâché.

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Mais là, on est prêt. Alors que ce qui se passe,

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c'est complètement l'inverse. C'est, bon, on enterre les trucs pas trop graves parce que ça va nous

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permettre de vivre socialement. Et en fait, le jour où il y a la crise,

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on n'est pas prêts du tout. Moi, je sais que le nombre de personnes à qui j'ai parlé,

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et même moi-même, pour différents types de troubles psy,

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en fait, on n'a jamais été formés à ça. Parce qu'on vit dans une société où,

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en gros, les psy, c'est soit parce que ça va être facile de pouvoir aller parler à un psy,

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c'est un peu bien vu, etc., mais en fait, on n'a rien.

26:31

Ou alors, on est complètement fou à lier. Non, les psychologues c'est des soignants aussi très

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utiles. Et il faudrait qu'on ait plus ce soin de soi qui va au delà de juste le corporel.

26:46

Parce que la santé mentale, ça aide aussi à avoir un corporel qui est sain.

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Et on l'a pas du tout en étant jeune. Moi je sais que le nombre de troubles psy qui ont des

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errances médicales monstrueuses... La bipolarité,

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10 ans d'errance médicale. Les TOCs, 10 ans d'errance médicale.

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Et je pense qu'on pourrait en citer comme ça. Le nombre de femmes autistes qui sont masquées,

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qu'on ne voit pas. Il y en a un pléthore d'exemples.

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Parce qu'on n'a pas cette éducation. Et je pense que ce que tu fais en éduquant les gens avec ton

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spectacle, avec le fait d'avoir fait avec l'association,

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je pense que c'est vital. Parce que c'est comme ça que des gens après pourront avoir les clés pour désamorcer le jour où

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les symptômes handicapants surviennent.

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En tout cas c'est en complément de plein d'autres choses.

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Moi j'aime bien, je pense qu'on est tellement dans un monde très pessimiste sur plein de sujets.

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Je trouve ça toujours bien de voir aussi un peu le verre à moitié plein et d'être un peu optimiste.

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Je trouve que c'est cool. Parce que la santé mentale,

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c'est quand même un sujet dont on parle de plus en plus.

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Il y a des vraies avancées, il y a des initiatives,

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soit très collectives, soit institutionnelles, soit individuelles comme ce que tu fais toi,

27:53

qui se montent de plus en plus. Et c'est vraiment super.

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Mais c'est sûr qu'on revient de loin. On revient de la génération,

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mais je ne parle pas de l'âge, je parle de la génération de nos parents,

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donc vraiment la génération juste au-dessus de nous et tout ça,

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pour qui on ne connaît pas du tout ces sujets-là.

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"Le psy c'est pour les fous". Donc c'est sûr qu'on n'est pas encore dans une société où la santé mentale est considérée

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au même niveau que la santé physique, ce qui pour moi devrait être une forme d'évidence.

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On est dans une société où voir un psy c'est cher,

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c'est pas donné à tout le monde.

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Et c'est pas remboursé.

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Et c'est pas remboursé. Moi ça me crève le coeur que des fois,

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je parle à des gens et ils auraient besoin d'un traitement,

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et ils disent "mais non mais ça coûte des sous, ça coûte du temps etc".

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Alors il y a quand même des choses qui commencent à se mettre en place et c'est super,

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il faut vraiment les saluer. C'est pour ça que je dis,

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il faut voir aussi le verre à moitié plein.

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Oui, il y a des associations.

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Complètement. Mais c'est sûr qu'on n'est pas du tout encore dans un monde,

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si on compare vraiment à la santé physique. Aller voir le médecin de temps en temps pour vérifier

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que tout va bien, c'est ok pour tout le monde. Ne pas venir à ton boulot parce que tu t'es pété la

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jambe, c'est ok pour tout le monde. On n'est pas encore dans cet univers-là au niveau de la santé

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mentale.

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Déjà qu'on n'est pas dans cet univers-là pour quelque chose de physique que sont les

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menstruations...

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Complètement. C'est vrai que j'allais dire que même au côté physique on ne peut pas dire que tout

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est parfait du tout. Mais voilà, c'est sûr qu'on en est loin.

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Après c'est chouette de se dire que quand même la parole se libère et il y a quand même des choses

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qui sont faites. Et du coup cette petite révolution qui émerge sur cette thématique là,

29:34

elle est enthousiasmante. Il y a plein de choses à construire et face à ça effectivement on peut se

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dire tellement de choses. Mais on peut se dire, c'est beau,

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tellement de choses à faire, enfin ça commence un peu.

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En fait on est dans la génération du changement, un petit peu.

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Comme si avant nous, il y avait encore cette peur héritée des générations précédentes,

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du trouble mental, etc. Les hôpitaux psychiatriques,

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j'ai vu un film avec, je crois que c'est Mélanie Laurent,

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Le bal des folles, qui est un bouquin aussi. Mais c'est un enfer,

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et c'est le XXe siècle. Enfin, c'est XIXe, XXe, bon,

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entre les deux. Mais vraiment, c'est effarant de voir à quel point c'était juste relégué comme ça,

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la santé mentale, dans les chaussettes.

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Je pense qu'effectivement tu n'aurais pas aimé être trépanée Delphine.

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Ca doit être une expérience pourtant...

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Une expérience si intéressante !

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Très intéressante. En plus, tu cumules, parce que tu es une femme donc on a fortiori...

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Je suis une femme bipolaire. C'est à dire avant : "trouble maniaco-dépressif".

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Donc je pense que j'aurais été qualifiée d'hystérique très vite.

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Non non c'est monstrueux. On revient de très loin.

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Effectivement.

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Mais c'est cool de se dire que...

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Mais je pense que c'est important de se serrer un peu la main,

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de se serrer les coudes entre nous et de se dire que notre génération a pris les rênes,

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et on est en train de changer pour le bien.

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Ca va continuer mais pour le coup je trouve que c'est bien de temps en temps d'être un peu

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optimiste.

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Je pense qu'après ce serait intéressant de pouvoir justement parler un petit peu de ce qui se passe

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maintenant au quotidien. Comment tu fais toi pour vivre avec tout ça,

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avec ces TOCs, dans le monde d'aujourd'hui ? Les répercussions que ça a sur ton quotidien.

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Par exemple sur ta vie personnelle, professionnelle,

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sociale, émotionnelle. Parce que c'est quand même des sphères qui touchent beaucoup à ça.

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Quand on disait perdre du temps à répéter plein de choses...

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Donc je suis à ton écoute.

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Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.