Les TOCs avec Vincent Leconte (2/2)
S01:E08

Les TOCs avec Vincent Leconte (2/2)

Episode description

Continuons notre découverte des TOCs avec Vincent Leconte.

(Partie 2/2)

Invité : Vincent LECONTE www.instagram.com/vincent_leconte_

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La semaine dernière

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Aujourd'hui, je reçois Vincent Leconte et on va parler ensemble de TOCs !

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Hello Delphine !

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Ça va Vincent ?

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Oui, ça va très bien, ravi d'être là.

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Je pense qu'après, ce serait intéressant de pouvoir justement parler un petit peu de ce qui se

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passe maintenant, au quotidien. Comment tu fais toi pour vivre avec tout ça,

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avec ces TOCs, dans le monde d'aujourd'hui, les répercussions que ça a sur ton quotidien par

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exemple, sur ta vie personnelle, professionnelle,

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sociale, émotionnelle... Parce que c'est quand même des sphères qui touchent beaucoup à ça quand on disait perdre du temps

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à répéter plein de choses... Donc, je suis à ton écoute.

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Déjà, moi, j'en parle beaucoup autour de moi. J'en parle pour que les gens aient un peu le mode

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d'emploi. Parce qu'encore une fois, comme on disait,

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pourquoi est-ce que les gens associent les TOC à la maniaquerie ?

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C'est une envie d'être rassuré. Parce que la maniaquerie,

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il y a des codes un peu clairs. Il y a une tache,

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c'est sale. Il y a de la poussière, c'est sale. Les TOCs,

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il y a des codes à chaque personne.

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Et ce n'est pas logique, du coup.

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Et en plus c'est pas logique. C'est à dire que moi par exemple,

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(je cite beaucoup le spectacle)

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Parce qu'il est excellent, il faut le dire.

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Non pas du tout.

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Si c'est vrai.

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Mais de fait, les répliques me viennent instinctivement.

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Parce que ça fait partie de tes recherches. C'est toi même en fait.

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Voilà, je raconte dans le spectacle que moi, aussi irrationnel que ça puisse paraître,

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toucher la barre du métro me provoque pas trop de stress,

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par contre toucher le portable de quelqu'un d'autre me provoque beaucoup de stress.

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Parce qu'une fois, j'ai lu le fameux article qui explique que c'est plus sale qu'une cuvette de chiottes un écran portable

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ou un clavier d'ordinateur, et voilà c'était terminé.

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Parce que c'est ça qui est très fort dans les TOCs.

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C'est que des fois ça part souvent d'une anecdote précise,

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d'un savoir qu'on entend.

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Et c'est comme ça que se forment les croyances dans tous les cas.

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Et oui. Et du coup des fois c'est vraiment absolument anodin.

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Moi ma peur du nombre 23, elle est arrivée en lisant la fiche Allociné du film "Le Nombre 23" avec

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Jim Carrey. On parle pas d'un chef d’œuvre du 7ème art,

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on parle d'un film oublié et probablement oubliable.

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Je l'ai vu.

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Très bien. Moi non ! Alors que ce film m'a pourri la vie !

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Ce film m'a pourri la vie et je ne l'ai même pas vu !

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Donc c'est fou à quel point ça part de rien du tout !

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Et du coup vraiment je pense que c'est important de donner les codes aux gens.

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C'est à dire de dire "moi c'est ça, je fonctionne comme ça",

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pour qu'ils ne soient pas perdus, justement. Sans trop en dire,

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trop en faire non plus, parce que je dis ça parce que souvent les gens me répondent « Ok,

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du coup, mais qu'est-ce qu'on peut faire pour t'aider ? »

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Et en fait, il y a quelque chose qui est assez contre-instinctif dans les TOCs,

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c'est qu'il faut au minimum laisser le monde extérieur rentrer dans les rituels.

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C'est-à-dire que les gens, idéalement, doivent pas faire de choses à ma place.

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Déjà parce que c'est pesant pour eux et elles, et qu'on n'a pas à leur demander ça,

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mais aussi parce qu'en fait ça contre le processus de guérison.

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A mon sens, le plus efficace sur les TOCs, (en tout cas ce que j'avais à mon intensité parce qu'après à une intensité plus

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forte là on peut commencer à parler d'autres types de médication),

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moi par exemple je trouve ça assez fou mais je ne me suis jamais médiqué.

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Bah c'est bien.

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Ca a marché grâce aux TCC, aux thérapies comportementalistes.

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C'est vraiment des exercices pratiques à faire qui consistent en fait à s'exposer à son angoisse,

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donc à cette très forte souffrance, et à ne pas faire le rituel,

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et à voir ce qu'il se passe. Et ce qu'il se passe,

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c'est qu'en fait l'angoisse elle finit par descendre au bout d'un moment.

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Parce que le monde ne s'écroule pas autour de nous.

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Tous ces scénarios du pire en réalité ils n'arrivent pas,

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on ne se fait pas cambrioler tous les jours heureusement.

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Donc en fait, on se rend bien compte qu'on s'est exposé,

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et qu'il est rien arrivé de grave, que personne n'est mort.

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J'emploie volontairement "personne n'est mort", parce que dans le cas de l'hygiène,

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c'est des pensées qu'on peut avoir. Et moi les TOCs c'est lié à une angoisse que quelque chose

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m'arrive de mal, mais aussi, et peut-être surtout,

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l'angoisse que quelque chose arrive aux autres par ma faute.

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C'est un rapport très fort et profond à la culpabilité.

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De me dire "je vais être responsable" du fait que des gens vont être contaminés par quelque chose et il va leur arriver

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des choses de mal et ça sera ma faute. Et potentiellement,

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ça va même aller jusqu'à me dire "si ça se trouve ces gens vont mourir" mais en fait,

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bon, évidemment personne ne meurt parce que je ne me suis pas lavé les mains.

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Ca j'en suis évidemment très conscient. Mais la vraie réalisation concrète et empirique,

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pas cérébrale, ça vient en ne faisant pas le rituel et en se rendant compte qu'en fait la vie

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continue. Et du coup la prochaine fois qu'on s'expose,

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on se souvient qu'on s'est exposé, qu'il n'est rien arrivé de grave,

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donc L'angoisse va monter moins haut, redescendre plus vite, etc. etc.

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C'est un reboot répété de ton cerveau avec vraiment une réalisation dans tes tripes.

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C'est du sevrage. Vraiment, je remploie la métaphore de l'addiction.

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Mais oui, c'est du sevrage. Montrer qu'en fait, tu n'as pas besoin de ça,

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que ça ne change rien à ta vie. Parce qu'il y a vraiment un truc dans le TOC de...

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Imagine. Pour une fois, je ne vais pas me laver les mains.

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Et imagine, il arrive quelque chose. Tu vas le regretter toute ta vie.

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Et en fait dans les faits, non. Ca va. Le système immunitaire humain est assez fort.

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Sinon je pense que l'humanité serait décédée depuis bien longtemps.

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Tout à fait. C'est assez rigolo de constater à quel point d'ailleurs en fait des fois c'est

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l'inverse. Il y a eu un explosion, enfin j'ai pas les chiffres en tête,

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mais je sais que c'était rigolo. Il y a plein de gens qui disaient "ah mais moi après le covid,

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j'ai jamais eu autant la grippe, parce qu'en fait on s'était tellement protégé que nos systèmes immunitaires s'étaient plus

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exposés". Je ne vais pas rentrer, je ne sais rien à quel point c'est scientifique ce que je

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raconte. Mais je pense que c'est arrivé à beaucoup de gens d'avoir tellement mis de barrières avec

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le gel hydroalcoolique, le contact etc, que du coup nos systèmes immunitaires s'étaient affaiblis.

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Bien sûr, parce qu'en plus le gel hydroalcoolique ça enlève aussi les bonnes bactéries qui sont sur nos mains ce que le savon

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ne fait pas.

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Et du coup en fait, dans les faits, non personne ne meurt parce que quelqu'un ne s'est pas lavé les

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mains. Je ne suis pas du tout anti-hygiéniste. L'idée n'est pas de dire ça.

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Mais de se dire, les conséquences ne sont pas dramatiques.

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Et en fait, oui, de s'en rendre compte, concrètement,

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ça, ça aide, en fait, de ne pas faire le rituel.

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De couper le TOC, d'essayer d'arracher la moule qui est accrochée à notre rocher cérébral.

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Et qui fait son cycle éternel.

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Et qui fait son cycle éternel. Et parce qu'au bout d'un moment,

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ce que m'avait dit ma psy, c'est que en fait, les TOCs,

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au fond, au bout d'un moment, ils sont décorrélés de toute autre angoisse.

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C'est-à-dire que t'as beau avoir fait ta psychanalyse et avoir d'avoir compris d'où ils venaient,

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ils disparaissent pas pour autant. Ils sont ancrés,

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ils sont là. Les moules sont sur le rocher. Et maintenant il faut les décoller ou au moins faire

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en sorte qu'elles soient, qu'elles te drainent pas,

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qu'elles te rongent pas quoi.

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C'est un petit peu comme le stress post-chromatique.

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C'est à dire qu'il y a une sorte de réflexe instinctif qui va agir alors que t'as réussi à

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peut-être reprendre, je sais pas, pour les gens qui ont eu des accidents de voiture,

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pour les gens qui ont vécu un crash d'avion, pour les gens qui ont vécu des viols etc.

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Je ne suis pas un expert du stress post-traumatique.

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Mais encore une fois, c'est un peu comme, je reprends cette métaphore de la drogue,

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mais un alcoolique il peut avoir fait toutes les thérapies du monde et avoir compris pourquoi il

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est alcoolique, c'est pas pour autant que le lendemain il va se lever et il va se dire "ah je ne

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vais pas au bistrot j'arrête, j'ai compris". Et bah les TOCs c'est pareil,

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c'est pas parce qu'on a compris d'où ça venait, que ça s'arrête.

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Donc, il faut faire cette mécanique de s'exposer à l'angoisse,

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de ne pas faire les rituels, etc. Et évidemment,

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ce qui est très important de dire là-dessus, c'est deux choses fondamentales.

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C'est un, moi, je crois beaucoup au concept de pair aidance.

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C'est-à-dire que moi, là, ce que je partage, c'est ce qui a marché pour moi.

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Ce n'est pas une recette universelle. L'idée, moi,

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c'est juste de partager, "voilà, ok, ça, ça a marché pour moi",

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mais je ne vais jamais dire à personne "il faut absolument que tu fasses ça,

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ça va forcément marcher pour toi", "il faut absolument que tu vois cette personne parce que c'est

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sûr, elle a marché pour moi, elle va marcher pour toi".

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Et en fait, ça c'est en travaillant en contact d'une institution comme la Maison Perchée que j'ai

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découvert ce concept. Je leur fais un big up d'ailleurs,

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c'est super ce qu'ils font.

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Oui j'avoue.

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Et en fait de se dire tu vas toujours partager un témoignage de pair à pair.

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C'est à dire "tu as des TOCs, j'ai des TOCs, je te partage ça,

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ça ça a marché pour moi, mais fais-en ce que tu veux".

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C'est ton histoire, je vais pas te donner des solutions tout de suite,

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je vais pas te dire c'est ça qu'il te faut et j'ai pas de formule magique.

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Ca c'est vraiment important d'avoir cette humilité là,

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et de pas croire que, parce que ça a marché pour nous,

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ça va marcher pour tout le monde. Et ça dans la santé mentale,

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je pense que c'est général et c'est très important.

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Et la deuxième chose à dire, qui est très importante aussi,

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c'est de dire que c'est il y a des hauts et des bas.

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Il y a des hauts et des bas et potentiellement il y aura toujours des hauts et des bas.

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La question c'est à quelle intensité et à quel point est-ce qu'on arrive à vivre au moins plus

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normalement. Avant de se dire "je vis normalement",

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se dire "ok, dans un premier temps, je ne vais pas me fixer des objectifs trop trop vite".

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Je vais commencer par vivre plus normalement, avant de vouloir absolument vivre normalement.

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Ce qui est normal parce qu'en fait on a très envie d'atteindre cette espèce d'Eldorado.

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On en a marre de nager, on veut arriver à l'île.

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Mais en fait cette métaphore là, elle a des limites.

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Parce que oui, il y a des moments où on va dans un processus de rémission (je préfère parler de

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rémission que de guérison, pour ce que je disais au début de l'objectif potentiellement inatteignable). inatteignable).

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Juste apprivoiser son oiseau quoi.

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Voilà on va retomber en fait. Et on va retomber et c'est ok.

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C'est vrai, c'est vrai.

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C'est vrai, c'est vraiment complètement ok. Même si sur le coup,

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c'est très, très dur parce qu'en fait, on se dit « Ah,

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je repars de zéro. » Mais en fait, non. Ça, s'il y a une croyance à déminer,

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c'est peut-être celle-là. En fait, non, on n'est pas reparti de zéro.

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Parce que finalement, tout ce qu'on a appris, on va pouvoir s'en resservir pour les autres moments

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où ça va rechuter, pour les autres moments. En fait,

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on aura quand même déjà un apprentissage qui se sera fait dans notre cerveau,

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donc on sera mieux préparé.

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Complètement. Mais du coup, moi, c'est assez fou parce que en soi,

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dans ma vie actuelle, j'ai trouvé plein de... Alors déjà,

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ils sont beaucoup moins forts qu'avant. Les restants,

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ça y est, je sais comment ils marchent, donc j'ai trouvé plein de stratégies.

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Je mets des gants pour mettre mes chaussures. J'ai des stratégies pour m'exposer au minimum à

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l'angoisse. Et du coup, ça ne me pose plus vraiment de problème de vivre avec.

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Donc je sais qu'ils sont là, je suis toujours attentif au fait que peut-être dans un moment de

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fragilité, ils pourront peut-être revenir en force.

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Et du coup, de ce qu'on disait, je suis prêt, j'ai des ressources pour,

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je sais que je n'hésiterai pas à repartir en thérapie si besoin,

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etc. Mais en soi, à l'heure actuelle, ça va, ils ne me posent pas de soucis.

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Donc quand tu dis comment tu vis à l'heure actuelle,

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j'ai mes petites techniques, j'ai mes petites astuces,

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je communique beaucoup dessus, mais ça va. Tu m'aurais posé cette question (et c'est ça qui est

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fou, et c'est ça qui est beau) il y a un an, ma réponse aurait peut-être pas été la même.

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Tous les mois, depuis maintenant des années, je fais quelque chose où je me dis "ça c'est fou,

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il y a encore un mois, deux mois, j'aurais pas pu le faire".

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Et il n'y a pas du tout que de la souffrance dans la lutte contre les TOCs.

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En fait il y a plein de gros moments de joie : le bonheur de simplifier sa life,

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de simplifier sa vie, et de se dire "c'est fou, j'aurais pas pu faire ça avant mais j'ai réussi

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maintenant". Mais au moment de la grosse crise, il n'y avait pas une soirée où j'étais pas bouffé

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par les TOCs. Je savais pas trop ce que j'avais, j'étais en coloc,

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mes colocs c'étaient parmi mes meilleurs amis, ils comprenaient pas ce qui m'arrivait,

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moi je comprenais pas ce qui m'arrivait. C'était là tous les jours.

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C'étaient des minutes, des heures cumulées, gaspillées pour le faire.

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Mes parents (et pourtant qui sont pourtant des personnes très aimantes),

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en fait, la manière que j'ai eu de leur en parler,

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ça a été par le spectacle. C'est à dire qu'il y a un truc où j'ai jamais réussi à leur parler vraiment des TOCs avant qu'ils voient

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le spectacle. J'imagine la claque que ça a dû être pour eux et elle,

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pour lui et elle. Mais voilà, il y avait toute cette espèce de grande pudeur qui s'est intercalée là dessus et j'arrivais pas.

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Je pouvais en parler à des amis, mais même quand j'ai eu le diagnostic,

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même quand je comprenais ce qui se passait, j'arrivais pas à en parler avec mes parents.

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C'est difficile la relation parent-enfant ?

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Ben, c'est difficile. En fait, en plus, s'ils écoutent ça,

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j'espère qu'ils le prendront pas mal, parce que je les aime d'amour, mais... mais...

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On les aime tous d'amour, nos parents.

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Oh, ça dépend. En fait, mes parents, quand ils ne comprennent pas quelque chose et quand ils sont

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stressés, leur réaction, c'est de s'énerver, c'est de se stresser eux-mêmes.

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Et en fait, ça, c'est complètement contre-productif.

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C'est-à-dire que de hausser la voix sur quelqu'un qui est en train de se laver les mains,

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tu peux être sûr qu'en fait, il va d'autant plus se laver les mains.

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D'autant plus se laver les mains.

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Parce que tu rajoutes du stress sur du stress. Et le carburant des TOCs c'est l'angoisse.

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Donc plus tu stresses, plus tu fermes la personne,

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moins elle a envie de t'en parler, et plus ça augmente ses TOCs.

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Donc moi pendant très longtemps, le pire endroit pour mes TOCs c'était limite la maison familiale.

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Parce que je sentais que c'était pas un environnement safe.

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E voilà, et c'est pas grave. Y'a pas du tout de rancune.

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Mais le moment où ils ont vu le spectacle, ça a été un moment fort.

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Ils se sont pris une belle tornade dans la tête.

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J'ai pas fait le spectacle pour ça par ailleurs.

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Mais il s'avère que par le spectacle j'ai pu leur en parler.

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et ça a été très fort. Et après évidemment, la relation intime.

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Moi pendant la période TOCs, j'ai eu une relation de 6 ans.

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C'est le jour et la nuit entre le début de notre relation et la fin de cette relation au niveau des

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TOCs. Et c'est pas facile de vivre avec quelqu'un qui a des TOCs.

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Parce que les rituels sont très présents. Et pour le coup c'est très dur,

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malgré tout ce que je disais qu'il faut pas faire entrer les autres dans tes rituels etc,

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c'est très dur quand t'es en couple avec quelqu'un de résister à ça.

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Parce qu'en fait, si la personne a pas l'habitude de se laver les mains aussi aussi souvent que

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toi, très vite, ça va occasionner un contact physique,

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sensuel, (je ne parle même pas de sexuel) mais un contact physique,

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sensuel, qui est stressant. Et ça, c'est très perturbant à vivre pour quelqu'un en face,

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de ne pas pouvoir tenir la main dans la rue, de ne pas pouvoir faire des câlins à certains moments parce que la personne

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sort des toilettes. C'est dur. Donc, beaucoup de respect et d'admiration pour mon ex-copine qui a eu beaucoup de courage

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et a été très aidante. Mais c'est dur, ça c'est dur.

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Et les TOCs viennent se loger dans plein d'endroits intimes très facilement.

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Parce que c'est un endroit en l'occurrence, quand on a des TOCs comme moi du rapport au toucher compliqué parce que hygiène

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des mains et hygiène en général. Ben voilà, oui sans entrer dans les détails intimes,

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il y a des choses qui sont complexes. Et même sans entrer dans les détails intimes,

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pour parler juste de sensuel, de câlin et tout ça,

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c'est complexe. Et ça fait s'interroger beaucoup,

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parce qu'en face, la personne en souffre, et en même temps,

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on n'y peut rien. Et du coup, il y a deux personnes qui en souffrent,

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donc beaucoup de dialogue, beaucoup de communication,

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beaucoup de compromis par le haut. Et voilà, avec toujours quand même le cap que,

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OK, au début, je lui demandais beaucoup plus de participer à des choses de rituels,

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genre de descendre les poubelles à ma place... Mais tu vois c'est une charge mentale tellement

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forte pour l'autre personne. Et en fait progressivement l'idée c'était pas que ça reste comme ça,

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c'était pas qu'il y ait un statut quo. Ca je pense que ça aurait pas été entendable pour l'autre

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personne. Et c'est normal.

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Bien sûr. Parce que finalement en fait ce qui compte c'est que tu es toi,

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tu n'es pas ta maladie. Et du coup ta maladie fait partie de toi.

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Mais du coup le but c'est que les gens s'adressent à nous et nous nous adressons aux gens en tant que personnes et pas en

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tant que malades. Parce qu'on n'est pas malade, on n'EST pas malade.

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On est des personnes avec une maladie qui impacte certains aspects de notre vie.

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Mais du coup si on se considère en tant que personne,

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c'est là qu'on peut avoir les meilleures discussions,

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la meilleure communication et comme tu décrivais justement les compromis par le haut,

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la compréhension des proches etc. Parce que c'est ce moment où on se considère comme deux humains et où on va essayer d'avancer ensemble

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pour que ce soit mieux pour tout le monde dans une vie classique plutôt que de se dire il y en a un

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qui traîne un malade.

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Pour le coup mes proches ont été très aidants. Il y a eu cette difficulté de communiquer avec les parents mais pour le reste

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mes amis, mon ex-copine ont été très aidants. Beaucoup d'amour et d'affection.

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Pour ça, ça a été indispensable dans le processus de rémission.

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Bien sûr, et je pense que les parents en plus aussi apportent énormément beaucoup d'amour.

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Enfin beaucoup d'amour aussi, mais c'est juste que j'ai l'impression que au niveau de la relation parent-enfant il y a

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aussi beaucoup d'émotionnel qui joue aussi.

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Ils sont inquiets.

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Voilà c'est ça, sauf qu'en fait vu qu'il y a beaucoup de troubles psy qui sont drivés par

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l'angoisse, du coup l'inquiétude des parents va perturber le cycle de rémission.

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Il n'y a aucune mauvaise intention, c'est que de l'amour.

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C'est juste qu'il y a cette surcouche émotionnelle qui est normale,

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qui est compréhensible, mais qui du coup perturbe nous,

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les personnes neuroatypiques. Et du coup c'est pour ça que ça demande aussi une sorte de pédagogie

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pour les parents, qui n'est pas forcément faisable toujours quand on est en crise forte,

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qui n'est faisable que quand on a justement réussi à pouvoir avoir un peu de recul.

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Et je pense que c'est pour ça que ton spectacle a été aussi incroyable pour tes parents.

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Parce que du coup t'as pu avoir tout le recul nécessaire pour pouvoir leur présenter ça de manière

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non émotionnelle, puisque t'étais en train de le jouer.

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Et je pense que si on arrive à avoir cette communication avec les parents des personnes

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neuroatypiques, et bien si on arrive à avoir cette communication où il n'y a pas cet émotionnel

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anxieux qui déteint, c'est là où on aura la meilleure transmission de ce qui se passe en tant que

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neuroatypique. Et je pense que là, c'est là où tu as réussi une immense performance en termes de pédagogie. pédagogie.

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Avec aussi, je pense... d'être doux avec soi-même sur le fait que des fois on a la flemme de faire

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de la pédagogie, ou c'est trop dur, ou en fait on n'a pas les mots.

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Et en fait... Et c'est ok.

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Et c'est OK !

20:11

Non mais dans le sens où des fois, dans le processus des TOCs,

20:15

tout expliquer tout le temps c'est épuisant. Et puis aussi au bout d'un moment,

20:20

il y a un truc où en fait on se rend compte qu'on en parle beaucoup,

20:23

qu'on ne parle presque, pas que de ça, mais énormément.

20:27

Et on ne veut pas tout relier aux TOCs dans notre vie.

20:29

Parce que, comme tu l'as dit, à un moment donné,

20:30

on veut avoir d'autres discussions avec ses parents que de parler des TOCs.

20:34

C'est juste que, ou avec sa copine, ou avec ses amis.

20:36

C'est juste que c'est tellement présent dans notre vie que,

20:38

des fois, oui, ça prend de la place. Mais en même temps,

20:42

ce n'est pas si ce n'est pas que cette place, elle est...

20:47

Enfin, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas souhaitable d'en parler tout le temps,

20:50

tout le temps, tout le temps non plus. À des moments,

20:52

on a le droit d'avoir la flemme d'expliquer. Et on a le droit d'avoir envie d'avoir envie.

20:58

On a le droit d'avoir envie d'avoir d'autres types de discussions avec nos proches et que tout ne

21:04

tourne pas autour de ça. Parce que comme tu l'as très justement dit (et je pense que c'est ça qu'une initiative comme la

21:13

mienne essaye de transmettre) c'est que oui on n'EST pas que son trouble.

21:18

On est...

21:19

On a tellement d'autres choses à faire en fait.

21:21

On n'est pas... Ouais, plutôt que de se laver les mains !

21:25

Mais c'est vrai, on a tellement d'autres choses à faire !

21:28

Le temps qu'on regagne quand les rituels baissent en intensité.

21:35

Mais moi c'est fou, je me suis vraiment dit "Mais j'ai du temps dans une journée en fait !

21:40

Il y a 24h, je croyais qu'il n'y en avait que 12 !".

21:42

Et vraiment, il y avait vraiment un truc de "que vais-je faire de tout ce temps".

21:46

Au début j'étais un peu perdu, j'étais un peu en mode "Mais...

21:47

j'ai du temps !". Toute ma vie, c'était tellement organisé en ayant mis le petit cube des TOCs dans

21:54

l'emploi du temps, que tout d'un coup, quand j'ai regagné ce temps là,

21:56

c'était presque perturbant.

21:58

Je pense que c'est le meilleur gain que tu puisses faire de toute ta vie.

22:01

Même gagner des milliards en fait. Quand tu gagnes du temps qui n'était pas prévu d'exister...

22:06

Mais au début c'est très perturbant. Tu es en mode "bon je vais scroller sur mon portable".

22:13

Et puis après, au bout d'un moment, tu apprends à en faire des choses chouettes.

22:16

En te connaissant de toute façon tu devais te dire "oh mon dieu j'avais 15 projets que je voulais

22:19

faire, c'est parfait je vais pouvoir les mettre dans ce temps" !

22:22

Oui alors méfie-toi parce que moi je suis Jean-Michel Mille-idées mais je suis aussi des fois Jean-Michel Flemme donc oui

22:31

oui bon.

22:31

J'espère pour toi que tu es des fois Jean-Michel Flemme !

22:34

Non non bien sûr ! Mais voilà. Mais c'était marrant.

22:37

Oui, on a tellement mieux à faire que de se laver les mains pendant une heure.

22:42

Bien sûr, c'est une reconquête sur sa vie quoi.

22:46

Ah bah ça, j'imagine bien. Et c'est ça qui est incroyable.

22:49

Et d'ailleurs, justement, ça me fait une très belle transition.

22:52

Ça ne fait que des très belles transitions.

22:53

Des transiclasses, comme dirait quelqu'un que je connais.

22:56

Des transiclasses !

23:00

Et oui, ce que je trouve fou, c'est que là, on a parlé de vivre avec,

23:05

de voir un peu les regards des autres... Et là tu commences à amener un peu ce côté que j'aime

23:12

bien, c'est le côté : bah oui j'ai un trouble psy,

23:15

et en fait j'ai appris plein de trucs grâce à ça,

23:19

et j'ai plein d'avantages maintenant, j'ai plein de forces,

23:22

j'ai plein d'apprentissages, j'ai plein de perspectives dans la vie.

23:25

C'est le moment positif. Du coup, qu'est-ce que tu pourrais nous dire par exemple sur le qu'est-ce que ça t'a appris sur

23:33

toi-même ? Est-ce que tu t'es découvert des trucs grâce à ça,

23:35

justement ? Toute ta thérapie, toute ton avancée,

23:37

l'écriture du spectacle, etc. Est-ce que maintenant,

23:40

t'as des super talents, des super pouvoirs ?

23:47

J'en parle beaucoup. En fait, moi, ce que j'aime beaucoup dans « En mains propres »,

23:50

c'est que ce spectacle, pour moi, il touche à l'universel sur la santé mentale.

23:54

C'est-à-dire qu'à la fois, il est très pédagogique,

23:58

donc il permet aux gens d'apprendre plein de choses sur un trouble qui est à la fois très présent et comme tu l'as dit en

24:03

même temps encore assez méconnu (ce qui est assez fou).

24:06

Mais en fait il y a plein de choses dans les TOCs dans lesquelles tout le monde pour moi peut se

24:12

retrouver. Et il y a plein de choses du spectacle qui touchent à l'universel et dans lesquelles tout le monde peut se retrouver

24:18

d'une manière ou d'une autre. Et en fait pour moi les TOCs c'était,

24:20

c'est une vraie leçon de vie. Ca paraîtrait clichos dit comme ça,

24:25

mais c'est vrai. En fait moi ça m'a, et je pense que c'est des leçons auxquelles on peut toustes

24:31

s'identifier. Et c'est une leçon que je continue d'apprendre.

24:35

C'est vrai j'ai pas...

24:36

Mais on apprend toute sa vie mon cher Vincent.

24:39

Oui j'ai pas fini la quête principale et terminé les quêtes secondaires.

24:44

Le jeu il est pas à 100 %. Mais c'est qu'en fait on peut pas tout contrôler dans sa vie.

24:49

Ah bon ?

24:50

Et oui. On aimerait hein ? Et en même temps ça serait tellement pas souhaitable.

24:54

Ca serait tellement pas souhaitable, parce que c'est ça la beauté de la vie.

24:57

C'est le petit chaos mignon.

25:00

La vie se nourrit de prises de risques. En fait on prend des risques tout le temps.

25:04

Se lever le matin c'est un risque.

25:06

Attention c'est hyper risqué de respirer. Est-ce que tu savais que la vie est une maladie sexuellement transmissible et mortelle ? ?

25:14

Oui oui je connais cette jolie phrase. Mais du coup c'est fou parce qu'en fait,

25:20

c'est d'apprivoiser l'absence de contrôle et se dire que même c'est se réconcilier avec l'inattendu. l'inattendu.

25:27

C'est beau ce que tu dis.

25:28

Mais non mais c'est vrai !

25:30

Scénariste, écrivain.

25:31

C'est tellement chouette. En fait, tu réapprends à marcher dans la rue l'esprit libre.

25:40

A accueillir un instant après l'autre. Et de se dire "je ne peux pas tout contrôler,

25:48

je ne maîtrise pas tout, il faut que je lâche". Et un autre truc aussi,

25:53

une autre leçon très forte, c'est qu'on ne peut pas toujours tout bien faire.

25:59

Et ça c'est une grande leçon pour Vincent Leconte.

26:00

Parce que Vincent Leconte, notamment dans les relations sociales,

26:03

il a beaucoup de mal avec l'idée d'avoir fait du mal potentiellement aux gens,

26:07

de s'être comporté de la mauvaise manière, d'avoir dérangé quelqu'un,

26:10

quelqu'une, etc. Et en fait, ou de ne pas avoir été le bon élève de la vie,

26:18

le bon élève de la vie, pas qu'en classe. Et c'est pas...

26:24

Comme tout le monde, j'ai des... Enfin, je veux dire,

26:28

on a tous des problèmes avec notre ego. Moi, j'ai à la fois des endroits où j'ai une très grande

26:32

confiance en moi, et des endroits où j'ai pas du tout de confiance en moi,

26:35

comme énormément de gens. Mais c'est pas un truc de mégalomanie de "je suis destiné à tout bien

26:41

faire". C'est plus un truc de "si je ne fais pas tout bien,

26:43

qu'est-ce qui va arriver ?", "qu'est-ce qui va m'arriver ?",

26:46

"est-ce qu'on va encore m'accepter ?", "est-ce qu'il n'y a pas des gens qui vont souffrir à cause

26:51

de moi ?". Ca se logeait là-dedans les TOCs. Alors bien sûr,

26:53

il y a plein d'autres explications. C'est arrivé à l'adolescence parce que c'est un moment de changement où je subissais

27:00

du harcèlement scolaire. Ca s'est décuplé à un moment d'incertitude.

27:04

Je ne suis pas en train de faire ma psychanalyse en direct,

27:06

mais en tout cas, il y avait un truc où ce truc de bien faire,

27:10

c'était important de bien faire. Parce que les conséquences derrière étaient potentiellement

27:17

désastreuses. Et en fait c'est tellement fort et agréable de se dire,

27:22

d'apprendre qu'en fait, on fait pas tout bien dans la vie.

27:25

Et c'est pas grave. Et c'est OK !

27:27

Et c'est OK. Il y a des journées nulles on est nul.

27:31

Evidemment c'est une question de degré. Ne nous faisons pas du mal et ne faisons pas du mal aux

27:36

autres, évidemment. Mais...

27:39

On peut avoir la flemme en toute bienveillance.

27:42

Ok de foirer un examen. Ok à un moment donné d'avoir été maladroit.

27:48

Ok. Voilà, toujours la possibilité de s'excuser.

27:51

Tant qu'on n'a pas fait un désastre, évidemment,

27:53

on s'entend bien. Mais voilà, on va pas toujours tout bien faire.

27:58

On va pas avoir 20 sur 20 à la vie tous les jours.

28:00

Et parfois même, on aura moins que la moyenne. Parfois même une note désastreuse.

28:04

Et c'est comme ça, en fait, c'est la vie. Si c'était plat tout le temps,

28:08

c'est-à-dire si c'était toujours 20 sur 20, 20 sur 20,

28:10

ou 10 sur 20, 10 sur 20, 10 sur 20... ça serait si chiant !

28:15

Donc en fait.

28:16

Puis de toute façon il n'y a pas d'objectif à la vie.

28:18

A la fin on meurt, point. Mais je veux dire le but c'est le chemin.

28:20

Ah mais ça c'est une autre grande question et nous pourrions parler pendant des heures !

28:23

Non mais le but c'est le chemin. C'est, tant qu'on est vivant,

28:26

faisons des choses en fait.

28:27

Bah oui oui. Non mais oui. Parce que de toute façon,

28:29

tout ça n'a absolument aucun sens, donc autant passer un bon moment.

28:34

Mais voilà, ça c'est pas incantatoire.

28:38

Et "un bon moment" qui n'est pas le titre de ce podcast.

28:40

Nous sommes bien placés pour savoir, toi comme moi,

28:43

que des fois notre cerveau nous empêche. C'est pas parce qu'on se dit,

28:46

"ah et quand même on a qu'une vie, profitons-en",

28:49

que tout d'un coup, formule magique et on se dit,

28:51

"oh tiens, ma bipolarité a disparu", "mes TOCs ont disparu,

28:54

il a suffi de réaliser et c'est fou, c'était si simple".

29:00

Mais l'idée n'est pas de donner des leçons faciles évidemment.

29:05

Mais c'est quand même, je pense que là, c'est quelque chose d'universel dans lequel on peut tous se

29:09

retrouver. De ouais, en fait, on ne peut pas toujours tout bien faire.

29:13

Mais on peut apprivoiser son oiseau.

29:14

Mais on peut apprivoiser son oiseau. Après ce qui est dingue dans les TOCs,

29:19

c'est qu'en fait, comme on revient à un état de normalité avec des gros guillemets,

29:25

en fait, c'est important de régulièrement se souvenir du chemin parcouru.

29:32

Pour deux raisons. La première c'est que, en fait,

29:37

au bout d'un moment, quelqu'un remarque quelqu'un qui se lave beaucoup les mains,

29:41

quelqu'un qui a une posture bizarre pour ne pas toucher son jean parce qu'il est allé aux toilettes

29:47

avec. Quelqu'un qui met dans les poches, personne ne le remarque.

29:51

Et même au-delà de ça, nous-mêmes, nous-mêmes, on revient à un truc normal,

29:57

donc on ne remarque plus ces choses-là. Et même au-delà de ça,

30:01

la deuxième chose, c'est qu'en fait, le cerveau,

30:03

c'est un mécanisme de protection. C'est des moments difficiles de vie,

30:06

donc il dit "allez, archive de la mémoire, on oublie au maximum".

30:09

Et je comprends pourquoi, mais en même temps c'est important des fois de se souvenir d'où on vient pour célébrer où on est

30:16

maintenant. Et moi je me suis forcé à faire une fête pour célébrer le fait que j'allais beaucoup

30:24

mieux pour les TOCs. Je me suis fait un tatouage pour me rappeler,

30:29

de fou d'échec parce que j'adore les jeux, mais aussi le fou par rapport à la santé mentale.

30:36

Pour me rappeler régulièrement quand je le regarde.

30:39

"Mais rappelle-toi d'où tu viens".

30:40

Mais les tatouages je pense que c'est quelque chose de très particulier pour les personnes qui ont

30:44

des soucis de santé mentale. Parce que tu vois moi j'ai fait exactement la même chose.

30:49

J'ai pas envie d'avoir 2 millions de tatouages sur moi.

30:50

J'avais juste besoin de UN seul. Le tatouage qui me rappelle que ce n'est pas parce que je suis deux phases dans ma vie

30:59

de temps en temps que je ne suis pas une personne entière,

31:03

et un tatouage qui me rappelle que la vie c'est bien.

31:05

Et que du coup si je le vois de temps en temps ça me le rappelle aussi.

31:10

Et j'ai l'impression en fait que les personnes neuroatypiques ont beaucoup plus besoin de sortes de

31:15

piliers. Alors pas forcément que sur des histoires de tatouages ou de trucs comme ça.

31:19

Mais en tout cas des sortes de mini totems de mémoire pour se rappeler un peu des avancées qu'on a pu faire. pu faire. faire.

31:26

Et le spectacle est là pour ça. Je ne l'ai pas fait pour une thérapie,

31:30

mais je ne peux pas nier le fait qu'il m'a sans doute aidé de mettre une histoire sur scène et d'en

31:33

parler comme ça. Mais l'idée du spectacle avant tout c'était pédagogique et pour toucher des choses à l'universel sur ce

31:40

sujet de santé mentale qui me passionne. Mais voilà je trouve que c'est fou,

31:44

parce que c'est important aussi des fois de se rappeler d'où on vient,

31:49

et de se dire.. Une fois on m'a demandé pour un spectacle,

31:55

je devais dire quelle était ma plus grande victoire.

31:58

Et j'ai dit : "C'est un geste qui est anodin, c'est mettre mes mains dans mes poches.

32:02

Parce qu'avant je ne mettais jamais mes mains dans mes poches.

32:04

Et donc c'est cool de me dire que là, à l'heure actuelle,

32:08

je suis en train de toucher mon jean, mais il y a encore 3 ans ça m'aurait stressé,

32:12

alors que maintenant c'est complètement naturel."

32:14

C'est remettre du naturel, de la fluidité, du lâcher prise,

32:19

de la détente dans sa vie. Et c'est marrant, parce que j'ai à la fois,

32:27

(évidemment, comme on l'aura compris, et là on parle beaucoup des TOCs,

32:31

j'ai tout un rapport à l'angoisse et tout ça et aussi à des formes dépressives qui existent)

32:39

Oh tu pourras revenir à ce podcast si tu veux Vincent.

32:41

Et en fait, aujourd'hui, j'aime bien dire, (et j'en profite tant que c'est là,

32:49

parce que peut-être qu'à un moment donné ce sera plus là,

32:51

mais tant que c'est là) j'adore dire ça : aujourd'hui je suis un angoissé repenti,

32:56

je suis en détente dans ma vie. Et peut-être qu'à un moment donné,

32:59

Tu "flex" sur la vie.

33:00

je vais retomber dans un bas. Mais tant que c'est là,

33:05

je serai plus prêt. Et justement, je profite de ce moment là pour planter des petites graines,

33:11

mettre des fondations solides dans le sol. Il y a quand même quelque chose qui pousse,

33:14

et le moment où ça redescend, il y a des fondations qui sont là,

33:18

qui sont là, qui sont solides. Mais c'est tellement agréable,

33:22

c'est tellement agréable de se dire en fait... mais ça a été un parcours.

33:27

C'est pas arrivé du jour au lendemain. Et peut-être qu'il y aura des bas derrière.

33:32

Mais en fait, ce qui est surtout beau, c'est que aujourd'hui les TOCs pour moi c'est une histoire

33:38

d'espoir, de résilience, de rémission, de transmission aussi du coup,

33:44

et de victoire. Et c'est pas parce que...

33:47

Et on ne va pas applaudir ici car c'est un podcast et nous ne souhaitons pas tuer mon ingé son.

33:51

Qu'on embrasse. Mais oui, oui, même si demain, j'ai de nouveau un mois compliqué,

34:01

c'est pas du tout un retour à zéro. Il y aura eu toutes ces années où en fait,

34:07

j'ai tellement fait victoire sur victoire, et ça c'est trop beau.

34:13

Donc ouais, c'est des leçons un peu sur la vie les TOCs mine de rien.

34:16

Après toute notre vie nous tentons de mettre en œuvre ces leçons.

34:21

On apprend toute la vie.

34:22

Je ne suis pas devenu un vieux sage qui a tout compris à l'existence n'est-ce pas ?

34:27

Moi aussi j'ai mes moments de doute... Evidemment plus souvent qu'à mon tour.

34:31

Mais je pense que ça a participé à ce rapport beaucoup plus apaisé que j'ai avec mes hauts,

34:37

mes bas et avec mon angoisse. Ca a été le premier travail là-dessus.

34:40

Je te connais depuis deux ans et j'ai vu des changements en toi concernant tes TOCs,

34:46

notamment d'hygiène. J'ai vu beaucoup de changements hyper positifs rien que sur ces deux années.

34:53

Et pour moi c'est très peu par rapport à des amis ou de la famille que tu as,

34:57

que tu connais depuis super longtemps déjà. Il y a eu énormément de changements sur ces deux

35:01

années-là. Donc c'est montrer la force d'avancée que t'as réussie à faire.

35:07

Mais c'est vrai que, j'ai dit les gens le remarquent pas,

35:09

mais en même temps si. C'est-à-dire que, à partir du moment où ça arrive dans la discussion,

35:13

ils se rendent compte. Parce que ouais des fois c'est...

35:17

c'est pas que ça se voit à l’œil nu, mais les gens qui m'ont connu à l'époque,

35:24

quand on en parle, c'est fou, pas la même personne.

35:29

C'est parce que tu es une personne incroyable Vincent.

35:31

Arrêtez, la flatterie ne vous mènera nulle part.

35:36

Mais si, à votre bonheur. Du coup sur ces magnifiques paroles,

35:43

je vous propose cher Vincent, une petite conclusion des familles.

35:48

Si tu as des recos, une phrase, une œuvre, une musique,

35:53

quelque chose qui te parle par rapport à ta singularité et que tu aimerais nous faire partager.

36:04

Ouais, parlez parlez-en, autant que vous pouvez. Soyez doux si vous ne pouvez pas.

36:09

Mais communiquez, parlez-en à vos proches évidemment.

36:16

Aller voir des personnes si vous pouvez, si vous avez les moyens.

36:21

Il y a des moyens de se faire aider etc. Oui au début ça fait bizarre d'aller voir un psy quand on y va pour la première

36:29

fois, mais c'est nécessaire. Moi je pense que toute personne dans sa vie devrait aller voir un psy.

36:34

Il y a quelqu'un récemment qui me disait, qui m'a dit,

36:40

"bon pour info" (parce que cette personne, j'allais potentiellement l'engager dans un projet),

36:46

elle me dit, "ah bah non, je vais arriver, parce que je vois mon psy,

36:49

voilà comme ça tu sais que je vois un psy". Et je lui disais "Mais attends..."

36:52

"Bah c'est pas grave."

36:55

Moi je suis plus rassuré par quelqu'un qui va prendre en charge ses problèmes en allant voir un psy que quelqu'un qui les

37:03

nie et qui met la poussière sous le tapis et du coup ça passe dans de la violence.

37:10

(bonjour certains hommes) Tu vois en fait je trouve ça très assurant allez voir des personnes.

37:20

Faites-vous aider. Parlez-en. Allez voir l'AFTOC,

37:23

c'est des... Le chat est d'accord avec moi je crois.

37:28

Le chat a des TOCs. Il a décidé de détruire le canapé.

37:31

Le chat a un rituel compulsif sur le canapé. Donc ouais L'AFTOC,

37:38

vraiment c'est une association voilà, qui est là pour vous aider.

37:42

Les thérapies comportementales encore une fois. Pair aidance,

37:45

moi ça a marché pour moi, donc n'hésitez pas. Et j'avoue que je suis pas,

37:51

je connais pas tant que ça d’œuvres paradoxalement qui parle vraiment bien des TOCs, bon. bon.

37:58

J'en connais une seule, mais c'est pas incroyable.

38:02

Disons qu'en fait c'est une pièce de Laurent Baffie qui s'appelle "Toc Toc".

38:05

Je l'ai pas vue, je sais pas ce que ça vaut.

38:07

Je connais cette pièce là. Alors moi j'ai ri parce qu'il y avait des moments drôles.

38:13

Je pense que c'est pas 100 % représentatif mais ça peut faire une ouverture à se renseigner plus derrière. derrière.

38:19

Je me suis demandé à quel point c'était un peu freak show mais je l'ai pas vue donc je vais pas la juger. juger.

38:24

Je suis mi-figue mi-raisin. Dans le sens où, je pense que ça peut être une découverte entre

38:32

guillemets pour novice, et ensuite ouvrir pour justement plutôt aller voir "En mains propres" de Vincent Leconte le jour

38:40

où ça ressort ! Et en tout cas je pense aussi qu'aller voir genre La Maison Perchée,

38:47

les associations qui parlent...

38:49

Complètement. Après ils sont pas dédiés aux TOCs,

38:51

ils sont sur d'autres créneaux. Le problème de La Maison Perchée c'est qu'il faudrait une maison perchée dans chaque arrondissement

38:57

de Paris et dans chaque ville. Et du coup ils sont débordés les pauvres.

39:01

Il faudrait une maison perchée pour les gens atteints de TOCs en fait.

39:02

Mais voilà il y a quand même l'AFTOC.

39:05

C'est Life TOCs ?

39:07

L'AFTOC, A-F-T-O-C. Et du coup en vrai c'est juste que je suis pas,

39:13

j'ai pas creusé particulièrement. Je suis sûr qu'il y a des œuvres qui en parlent très bien et que

39:16

vous pouvez piocher. Moi, il y a une phrase de Paul Valéry que j'aime beaucoup,

39:23

qui pour moi parle beaucoup des TOCs, c'est « le vent se lève,

39:29

il faut tenter de vivre ». Et après, il y a plein de musiques qui sont celles qu'il y a dans le

39:34

spectacle "En mains propres", parce que j'ai fait des goguettes,

39:37

j'ai repris des paroles de chansons et des fois,

39:39

il y a des paroles, et des fois, il y a des chansons brutes de décoffrage.

39:44

"Can't get it out of my head" de Electric Light Orchestra,

39:48

"Can't get it out of my head" évidemment pour moi ça parle grave des TOCs.

39:52

Elle est trop belle cette chanson, même si c'est pas du tout ça dont il est question,

39:55

mais ça m'a raconté ça.

39:56

Mais ce n'est pas grave. C'est ton interprétation et c'est ça qui est important

39:58

L'auvergnat, la "Chanson pour l'Auvergnat" que j'ai repris en goguette pour remercier et la psy,

40:04

et mes proches qui m'ont aidé. Et "Je suis malade" de Dalida.

40:07

On adore Dalida. Et le "Canon" de Pachelbel et l'ouverture de Rossigny.

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Et le "Canon" de Pachelbel ça termine la pièce. Va savoir pourquoi ça me parle d'une douceur,

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d'une réconciliation avec son corps. Parce que c'est ça aussi qui s'est passé.

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De repouvoir d'un coup se toucher le visage.

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C'était une très très belle image d'ailleurs.

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Pouvoir regarder ses mains. Leur dire pardon pour tout le mal qu'on leur a fait en mettant tellement de savon et leur offrant

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tellement de gerçures. Et tout d'un coup, ouais,

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se réconcilier avec son corps. Etre de nouveau en douceur avec son corps,

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se le réapproprier. Ça me parle de ça, le canon de Pachelbel.

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Je crois que sur ces très douces et belles paroles,

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nous avons atteint la fin de notre podcast. Je suis désolée Vincent,

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je suis obligée de couper car on pourrait parler pendant huit ans car c'est très intéressant ce que tu nous racontes à chaque fois. fois.

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Merci beaucoup Delphine.

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Je suis très heureuse de t'avoir reçu Vincent. Merci beaucoup Vincent.

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Merci à toi, merci beaucoup pour ton accueil.

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Pour cet échange autour des TOCs. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.

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Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.

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C'était Delphine, et à bientôt pour une nouvelle rencontre,

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une autre façon de voir le monde.

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