La semaine dernière
Aujourd'hui, je reçois Vincent Leconte et on va parler ensemble de TOCs !
Hello Delphine !
Ça va Vincent ?
Oui, ça va très bien, ravi d'être là.
Je pense qu'après, ce serait intéressant de pouvoir justement parler un petit peu de ce qui se
passe maintenant, au quotidien. Comment tu fais toi pour vivre avec tout ça,
avec ces TOCs, dans le monde d'aujourd'hui, les répercussions que ça a sur ton quotidien par
exemple, sur ta vie personnelle, professionnelle,
sociale, émotionnelle... Parce que c'est quand même des sphères qui touchent beaucoup à ça quand on disait perdre du temps
à répéter plein de choses... Donc, je suis à ton écoute.
Déjà, moi, j'en parle beaucoup autour de moi. J'en parle pour que les gens aient un peu le mode
d'emploi. Parce qu'encore une fois, comme on disait,
pourquoi est-ce que les gens associent les TOC à la maniaquerie ?
C'est une envie d'être rassuré. Parce que la maniaquerie,
il y a des codes un peu clairs. Il y a une tache,
c'est sale. Il y a de la poussière, c'est sale. Les TOCs,
il y a des codes à chaque personne.
Et ce n'est pas logique, du coup.
Et en plus c'est pas logique. C'est à dire que moi par exemple,
(je cite beaucoup le spectacle)
Parce qu'il est excellent, il faut le dire.
Non pas du tout.
Si c'est vrai.
Mais de fait, les répliques me viennent instinctivement.
Parce que ça fait partie de tes recherches. C'est toi même en fait.
Voilà, je raconte dans le spectacle que moi, aussi irrationnel que ça puisse paraître,
toucher la barre du métro me provoque pas trop de stress,
par contre toucher le portable de quelqu'un d'autre me provoque beaucoup de stress.
Parce qu'une fois, j'ai lu le fameux article qui explique que c'est plus sale qu'une cuvette de chiottes un écran portable
ou un clavier d'ordinateur, et voilà c'était terminé.
Parce que c'est ça qui est très fort dans les TOCs.
C'est que des fois ça part souvent d'une anecdote précise,
d'un savoir qu'on entend.
Et c'est comme ça que se forment les croyances dans tous les cas.
Et oui. Et du coup des fois c'est vraiment absolument anodin.
Moi ma peur du nombre 23, elle est arrivée en lisant la fiche Allociné du film "Le Nombre 23" avec
Jim Carrey. On parle pas d'un chef d’œuvre du 7ème art,
on parle d'un film oublié et probablement oubliable.
Je l'ai vu.
Très bien. Moi non ! Alors que ce film m'a pourri la vie !
Ce film m'a pourri la vie et je ne l'ai même pas vu !
Donc c'est fou à quel point ça part de rien du tout !
Et du coup vraiment je pense que c'est important de donner les codes aux gens.
C'est à dire de dire "moi c'est ça, je fonctionne comme ça",
pour qu'ils ne soient pas perdus, justement. Sans trop en dire,
trop en faire non plus, parce que je dis ça parce que souvent les gens me répondent « Ok,
du coup, mais qu'est-ce qu'on peut faire pour t'aider ? »
Et en fait, il y a quelque chose qui est assez contre-instinctif dans les TOCs,
c'est qu'il faut au minimum laisser le monde extérieur rentrer dans les rituels.
C'est-à-dire que les gens, idéalement, doivent pas faire de choses à ma place.
Déjà parce que c'est pesant pour eux et elles, et qu'on n'a pas à leur demander ça,
mais aussi parce qu'en fait ça contre le processus de guérison.
A mon sens, le plus efficace sur les TOCs, (en tout cas ce que j'avais à mon intensité parce qu'après à une intensité plus
forte là on peut commencer à parler d'autres types de médication),
moi par exemple je trouve ça assez fou mais je ne me suis jamais médiqué.
Bah c'est bien.
Ca a marché grâce aux TCC, aux thérapies comportementalistes.
C'est vraiment des exercices pratiques à faire qui consistent en fait à s'exposer à son angoisse,
donc à cette très forte souffrance, et à ne pas faire le rituel,
et à voir ce qu'il se passe. Et ce qu'il se passe,
c'est qu'en fait l'angoisse elle finit par descendre au bout d'un moment.
Parce que le monde ne s'écroule pas autour de nous.
Tous ces scénarios du pire en réalité ils n'arrivent pas,
on ne se fait pas cambrioler tous les jours heureusement.
Donc en fait, on se rend bien compte qu'on s'est exposé,
et qu'il est rien arrivé de grave, que personne n'est mort.
J'emploie volontairement "personne n'est mort", parce que dans le cas de l'hygiène,
c'est des pensées qu'on peut avoir. Et moi les TOCs c'est lié à une angoisse que quelque chose
m'arrive de mal, mais aussi, et peut-être surtout,
l'angoisse que quelque chose arrive aux autres par ma faute.
C'est un rapport très fort et profond à la culpabilité.
De me dire "je vais être responsable" du fait que des gens vont être contaminés par quelque chose et il va leur arriver
des choses de mal et ça sera ma faute. Et potentiellement,
ça va même aller jusqu'à me dire "si ça se trouve ces gens vont mourir" mais en fait,
bon, évidemment personne ne meurt parce que je ne me suis pas lavé les mains.
Ca j'en suis évidemment très conscient. Mais la vraie réalisation concrète et empirique,
pas cérébrale, ça vient en ne faisant pas le rituel et en se rendant compte qu'en fait la vie
continue. Et du coup la prochaine fois qu'on s'expose,
on se souvient qu'on s'est exposé, qu'il n'est rien arrivé de grave,
donc L'angoisse va monter moins haut, redescendre plus vite, etc. etc.
C'est un reboot répété de ton cerveau avec vraiment une réalisation dans tes tripes.
C'est du sevrage. Vraiment, je remploie la métaphore de l'addiction.
Mais oui, c'est du sevrage. Montrer qu'en fait, tu n'as pas besoin de ça,
que ça ne change rien à ta vie. Parce qu'il y a vraiment un truc dans le TOC de...
Imagine. Pour une fois, je ne vais pas me laver les mains.
Et imagine, il arrive quelque chose. Tu vas le regretter toute ta vie.
Et en fait dans les faits, non. Ca va. Le système immunitaire humain est assez fort.
Sinon je pense que l'humanité serait décédée depuis bien longtemps.
Tout à fait. C'est assez rigolo de constater à quel point d'ailleurs en fait des fois c'est
l'inverse. Il y a eu un explosion, enfin j'ai pas les chiffres en tête,
mais je sais que c'était rigolo. Il y a plein de gens qui disaient "ah mais moi après le covid,
j'ai jamais eu autant la grippe, parce qu'en fait on s'était tellement protégé que nos systèmes immunitaires s'étaient plus
exposés". Je ne vais pas rentrer, je ne sais rien à quel point c'est scientifique ce que je
raconte. Mais je pense que c'est arrivé à beaucoup de gens d'avoir tellement mis de barrières avec
le gel hydroalcoolique, le contact etc, que du coup nos systèmes immunitaires s'étaient affaiblis.
Bien sûr, parce qu'en plus le gel hydroalcoolique ça enlève aussi les bonnes bactéries qui sont sur nos mains ce que le savon
ne fait pas.
Et du coup en fait, dans les faits, non personne ne meurt parce que quelqu'un ne s'est pas lavé les
mains. Je ne suis pas du tout anti-hygiéniste. L'idée n'est pas de dire ça.
Mais de se dire, les conséquences ne sont pas dramatiques.
Et en fait, oui, de s'en rendre compte, concrètement,
ça, ça aide, en fait, de ne pas faire le rituel.
De couper le TOC, d'essayer d'arracher la moule qui est accrochée à notre rocher cérébral.
Et qui fait son cycle éternel.
Et qui fait son cycle éternel. Et parce qu'au bout d'un moment,
ce que m'avait dit ma psy, c'est que en fait, les TOCs,
au fond, au bout d'un moment, ils sont décorrélés de toute autre angoisse.
C'est-à-dire que t'as beau avoir fait ta psychanalyse et avoir d'avoir compris d'où ils venaient,
ils disparaissent pas pour autant. Ils sont ancrés,
ils sont là. Les moules sont sur le rocher. Et maintenant il faut les décoller ou au moins faire
en sorte qu'elles soient, qu'elles te drainent pas,
qu'elles te rongent pas quoi.
C'est un petit peu comme le stress post-chromatique.
C'est à dire qu'il y a une sorte de réflexe instinctif qui va agir alors que t'as réussi à
peut-être reprendre, je sais pas, pour les gens qui ont eu des accidents de voiture,
pour les gens qui ont vécu un crash d'avion, pour les gens qui ont vécu des viols etc.
Je ne suis pas un expert du stress post-traumatique.
Mais encore une fois, c'est un peu comme, je reprends cette métaphore de la drogue,
mais un alcoolique il peut avoir fait toutes les thérapies du monde et avoir compris pourquoi il
est alcoolique, c'est pas pour autant que le lendemain il va se lever et il va se dire "ah je ne
vais pas au bistrot j'arrête, j'ai compris". Et bah les TOCs c'est pareil,
c'est pas parce qu'on a compris d'où ça venait, que ça s'arrête.
Donc, il faut faire cette mécanique de s'exposer à l'angoisse,
de ne pas faire les rituels, etc. Et évidemment,
ce qui est très important de dire là-dessus, c'est deux choses fondamentales.
C'est un, moi, je crois beaucoup au concept de pair aidance.
C'est-à-dire que moi, là, ce que je partage, c'est ce qui a marché pour moi.
Ce n'est pas une recette universelle. L'idée, moi,
c'est juste de partager, "voilà, ok, ça, ça a marché pour moi",
mais je ne vais jamais dire à personne "il faut absolument que tu fasses ça,
ça va forcément marcher pour toi", "il faut absolument que tu vois cette personne parce que c'est
sûr, elle a marché pour moi, elle va marcher pour toi".
Et en fait, ça c'est en travaillant en contact d'une institution comme la Maison Perchée que j'ai
découvert ce concept. Je leur fais un big up d'ailleurs,
c'est super ce qu'ils font.
Oui j'avoue.
Et en fait de se dire tu vas toujours partager un témoignage de pair à pair.
C'est à dire "tu as des TOCs, j'ai des TOCs, je te partage ça,
ça ça a marché pour moi, mais fais-en ce que tu veux".
C'est ton histoire, je vais pas te donner des solutions tout de suite,
je vais pas te dire c'est ça qu'il te faut et j'ai pas de formule magique.
Ca c'est vraiment important d'avoir cette humilité là,
et de pas croire que, parce que ça a marché pour nous,
ça va marcher pour tout le monde. Et ça dans la santé mentale,
je pense que c'est général et c'est très important.
Et la deuxième chose à dire, qui est très importante aussi,
c'est de dire que c'est il y a des hauts et des bas.
Il y a des hauts et des bas et potentiellement il y aura toujours des hauts et des bas.
La question c'est à quelle intensité et à quel point est-ce qu'on arrive à vivre au moins plus
normalement. Avant de se dire "je vis normalement",
se dire "ok, dans un premier temps, je ne vais pas me fixer des objectifs trop trop vite".
Je vais commencer par vivre plus normalement, avant de vouloir absolument vivre normalement.
Ce qui est normal parce qu'en fait on a très envie d'atteindre cette espèce d'Eldorado.
On en a marre de nager, on veut arriver à l'île.
Mais en fait cette métaphore là, elle a des limites.
Parce que oui, il y a des moments où on va dans un processus de rémission (je préfère parler de
rémission que de guérison, pour ce que je disais au début de l'objectif potentiellement inatteignable). inatteignable).
Juste apprivoiser son oiseau quoi.
Voilà on va retomber en fait. Et on va retomber et c'est ok.
C'est vrai, c'est vrai.
C'est vrai, c'est vraiment complètement ok. Même si sur le coup,
c'est très, très dur parce qu'en fait, on se dit « Ah,
je repars de zéro. » Mais en fait, non. Ça, s'il y a une croyance à déminer,
c'est peut-être celle-là. En fait, non, on n'est pas reparti de zéro.
Parce que finalement, tout ce qu'on a appris, on va pouvoir s'en resservir pour les autres moments
où ça va rechuter, pour les autres moments. En fait,
on aura quand même déjà un apprentissage qui se sera fait dans notre cerveau,
donc on sera mieux préparé.
Complètement. Mais du coup, moi, c'est assez fou parce que en soi,
dans ma vie actuelle, j'ai trouvé plein de... Alors déjà,
ils sont beaucoup moins forts qu'avant. Les restants,
ça y est, je sais comment ils marchent, donc j'ai trouvé plein de stratégies.
Je mets des gants pour mettre mes chaussures. J'ai des stratégies pour m'exposer au minimum à
l'angoisse. Et du coup, ça ne me pose plus vraiment de problème de vivre avec.
Donc je sais qu'ils sont là, je suis toujours attentif au fait que peut-être dans un moment de
fragilité, ils pourront peut-être revenir en force.
Et du coup, de ce qu'on disait, je suis prêt, j'ai des ressources pour,
je sais que je n'hésiterai pas à repartir en thérapie si besoin,
etc. Mais en soi, à l'heure actuelle, ça va, ils ne me posent pas de soucis.
Donc quand tu dis comment tu vis à l'heure actuelle,
j'ai mes petites techniques, j'ai mes petites astuces,
je communique beaucoup dessus, mais ça va. Tu m'aurais posé cette question (et c'est ça qui est
fou, et c'est ça qui est beau) il y a un an, ma réponse aurait peut-être pas été la même.
Tous les mois, depuis maintenant des années, je fais quelque chose où je me dis "ça c'est fou,
il y a encore un mois, deux mois, j'aurais pas pu le faire".
Et il n'y a pas du tout que de la souffrance dans la lutte contre les TOCs.
En fait il y a plein de gros moments de joie : le bonheur de simplifier sa life,
de simplifier sa vie, et de se dire "c'est fou, j'aurais pas pu faire ça avant mais j'ai réussi
maintenant". Mais au moment de la grosse crise, il n'y avait pas une soirée où j'étais pas bouffé
par les TOCs. Je savais pas trop ce que j'avais, j'étais en coloc,
mes colocs c'étaient parmi mes meilleurs amis, ils comprenaient pas ce qui m'arrivait,
moi je comprenais pas ce qui m'arrivait. C'était là tous les jours.
C'étaient des minutes, des heures cumulées, gaspillées pour le faire.
Mes parents (et pourtant qui sont pourtant des personnes très aimantes),
en fait, la manière que j'ai eu de leur en parler,
ça a été par le spectacle. C'est à dire qu'il y a un truc où j'ai jamais réussi à leur parler vraiment des TOCs avant qu'ils voient
le spectacle. J'imagine la claque que ça a dû être pour eux et elle,
pour lui et elle. Mais voilà, il y avait toute cette espèce de grande pudeur qui s'est intercalée là dessus et j'arrivais pas.
Je pouvais en parler à des amis, mais même quand j'ai eu le diagnostic,
même quand je comprenais ce qui se passait, j'arrivais pas à en parler avec mes parents.
C'est difficile la relation parent-enfant ?
Ben, c'est difficile. En fait, en plus, s'ils écoutent ça,
j'espère qu'ils le prendront pas mal, parce que je les aime d'amour, mais... mais...
On les aime tous d'amour, nos parents.
Oh, ça dépend. En fait, mes parents, quand ils ne comprennent pas quelque chose et quand ils sont
stressés, leur réaction, c'est de s'énerver, c'est de se stresser eux-mêmes.
Et en fait, ça, c'est complètement contre-productif.
C'est-à-dire que de hausser la voix sur quelqu'un qui est en train de se laver les mains,
tu peux être sûr qu'en fait, il va d'autant plus se laver les mains.
D'autant plus se laver les mains.
Parce que tu rajoutes du stress sur du stress. Et le carburant des TOCs c'est l'angoisse.
Donc plus tu stresses, plus tu fermes la personne,
moins elle a envie de t'en parler, et plus ça augmente ses TOCs.
Donc moi pendant très longtemps, le pire endroit pour mes TOCs c'était limite la maison familiale.
Parce que je sentais que c'était pas un environnement safe.
E voilà, et c'est pas grave. Y'a pas du tout de rancune.
Mais le moment où ils ont vu le spectacle, ça a été un moment fort.
Ils se sont pris une belle tornade dans la tête.
J'ai pas fait le spectacle pour ça par ailleurs.
Mais il s'avère que par le spectacle j'ai pu leur en parler.
et ça a été très fort. Et après évidemment, la relation intime.
Moi pendant la période TOCs, j'ai eu une relation de 6 ans.
C'est le jour et la nuit entre le début de notre relation et la fin de cette relation au niveau des
TOCs. Et c'est pas facile de vivre avec quelqu'un qui a des TOCs.
Parce que les rituels sont très présents. Et pour le coup c'est très dur,
malgré tout ce que je disais qu'il faut pas faire entrer les autres dans tes rituels etc,
c'est très dur quand t'es en couple avec quelqu'un de résister à ça.
Parce qu'en fait, si la personne a pas l'habitude de se laver les mains aussi aussi souvent que
toi, très vite, ça va occasionner un contact physique,
sensuel, (je ne parle même pas de sexuel) mais un contact physique,
sensuel, qui est stressant. Et ça, c'est très perturbant à vivre pour quelqu'un en face,
de ne pas pouvoir tenir la main dans la rue, de ne pas pouvoir faire des câlins à certains moments parce que la personne
sort des toilettes. C'est dur. Donc, beaucoup de respect et d'admiration pour mon ex-copine qui a eu beaucoup de courage
et a été très aidante. Mais c'est dur, ça c'est dur.
Et les TOCs viennent se loger dans plein d'endroits intimes très facilement.
Parce que c'est un endroit en l'occurrence, quand on a des TOCs comme moi du rapport au toucher compliqué parce que hygiène
des mains et hygiène en général. Ben voilà, oui sans entrer dans les détails intimes,
il y a des choses qui sont complexes. Et même sans entrer dans les détails intimes,
pour parler juste de sensuel, de câlin et tout ça,
c'est complexe. Et ça fait s'interroger beaucoup,
parce qu'en face, la personne en souffre, et en même temps,
on n'y peut rien. Et du coup, il y a deux personnes qui en souffrent,
donc beaucoup de dialogue, beaucoup de communication,
beaucoup de compromis par le haut. Et voilà, avec toujours quand même le cap que,
OK, au début, je lui demandais beaucoup plus de participer à des choses de rituels,
genre de descendre les poubelles à ma place... Mais tu vois c'est une charge mentale tellement
forte pour l'autre personne. Et en fait progressivement l'idée c'était pas que ça reste comme ça,
c'était pas qu'il y ait un statut quo. Ca je pense que ça aurait pas été entendable pour l'autre
personne. Et c'est normal.
Bien sûr. Parce que finalement en fait ce qui compte c'est que tu es toi,
tu n'es pas ta maladie. Et du coup ta maladie fait partie de toi.
Mais du coup le but c'est que les gens s'adressent à nous et nous nous adressons aux gens en tant que personnes et pas en
tant que malades. Parce qu'on n'est pas malade, on n'EST pas malade.
On est des personnes avec une maladie qui impacte certains aspects de notre vie.
Mais du coup si on se considère en tant que personne,
c'est là qu'on peut avoir les meilleures discussions,
la meilleure communication et comme tu décrivais justement les compromis par le haut,
la compréhension des proches etc. Parce que c'est ce moment où on se considère comme deux humains et où on va essayer d'avancer ensemble
pour que ce soit mieux pour tout le monde dans une vie classique plutôt que de se dire il y en a un
qui traîne un malade.
Pour le coup mes proches ont été très aidants. Il y a eu cette difficulté de communiquer avec les parents mais pour le reste
mes amis, mon ex-copine ont été très aidants. Beaucoup d'amour et d'affection.
Pour ça, ça a été indispensable dans le processus de rémission.
Bien sûr, et je pense que les parents en plus aussi apportent énormément beaucoup d'amour.
Enfin beaucoup d'amour aussi, mais c'est juste que j'ai l'impression que au niveau de la relation parent-enfant il y a
aussi beaucoup d'émotionnel qui joue aussi.
Ils sont inquiets.
Voilà c'est ça, sauf qu'en fait vu qu'il y a beaucoup de troubles psy qui sont drivés par
l'angoisse, du coup l'inquiétude des parents va perturber le cycle de rémission.
Il n'y a aucune mauvaise intention, c'est que de l'amour.
C'est juste qu'il y a cette surcouche émotionnelle qui est normale,
qui est compréhensible, mais qui du coup perturbe nous,
les personnes neuroatypiques. Et du coup c'est pour ça que ça demande aussi une sorte de pédagogie
pour les parents, qui n'est pas forcément faisable toujours quand on est en crise forte,
qui n'est faisable que quand on a justement réussi à pouvoir avoir un peu de recul.
Et je pense que c'est pour ça que ton spectacle a été aussi incroyable pour tes parents.
Parce que du coup t'as pu avoir tout le recul nécessaire pour pouvoir leur présenter ça de manière
non émotionnelle, puisque t'étais en train de le jouer.
Et je pense que si on arrive à avoir cette communication avec les parents des personnes
neuroatypiques, et bien si on arrive à avoir cette communication où il n'y a pas cet émotionnel
anxieux qui déteint, c'est là où on aura la meilleure transmission de ce qui se passe en tant que
neuroatypique. Et je pense que là, c'est là où tu as réussi une immense performance en termes de pédagogie. pédagogie.
Avec aussi, je pense... d'être doux avec soi-même sur le fait que des fois on a la flemme de faire
de la pédagogie, ou c'est trop dur, ou en fait on n'a pas les mots.
Et en fait... Et c'est ok.
Et c'est OK !
Non mais dans le sens où des fois, dans le processus des TOCs,
tout expliquer tout le temps c'est épuisant. Et puis aussi au bout d'un moment,
il y a un truc où en fait on se rend compte qu'on en parle beaucoup,
qu'on ne parle presque, pas que de ça, mais énormément.
Et on ne veut pas tout relier aux TOCs dans notre vie.
Parce que, comme tu l'as dit, à un moment donné,
on veut avoir d'autres discussions avec ses parents que de parler des TOCs.
C'est juste que, ou avec sa copine, ou avec ses amis.
C'est juste que c'est tellement présent dans notre vie que,
des fois, oui, ça prend de la place. Mais en même temps,
ce n'est pas si ce n'est pas que cette place, elle est...
Enfin, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas souhaitable d'en parler tout le temps,
tout le temps, tout le temps non plus. À des moments,
on a le droit d'avoir la flemme d'expliquer. Et on a le droit d'avoir envie d'avoir envie.
On a le droit d'avoir envie d'avoir d'autres types de discussions avec nos proches et que tout ne
tourne pas autour de ça. Parce que comme tu l'as très justement dit (et je pense que c'est ça qu'une initiative comme la
mienne essaye de transmettre) c'est que oui on n'EST pas que son trouble.
On est...
On a tellement d'autres choses à faire en fait.
On n'est pas... Ouais, plutôt que de se laver les mains !
Mais c'est vrai, on a tellement d'autres choses à faire !
Le temps qu'on regagne quand les rituels baissent en intensité.
Mais moi c'est fou, je me suis vraiment dit "Mais j'ai du temps dans une journée en fait !
Il y a 24h, je croyais qu'il n'y en avait que 12 !".
Et vraiment, il y avait vraiment un truc de "que vais-je faire de tout ce temps".
Au début j'étais un peu perdu, j'étais un peu en mode "Mais...
j'ai du temps !". Toute ma vie, c'était tellement organisé en ayant mis le petit cube des TOCs dans
l'emploi du temps, que tout d'un coup, quand j'ai regagné ce temps là,
c'était presque perturbant.
Je pense que c'est le meilleur gain que tu puisses faire de toute ta vie.
Même gagner des milliards en fait. Quand tu gagnes du temps qui n'était pas prévu d'exister...
Mais au début c'est très perturbant. Tu es en mode "bon je vais scroller sur mon portable".
Et puis après, au bout d'un moment, tu apprends à en faire des choses chouettes.
En te connaissant de toute façon tu devais te dire "oh mon dieu j'avais 15 projets que je voulais
faire, c'est parfait je vais pouvoir les mettre dans ce temps" !
Oui alors méfie-toi parce que moi je suis Jean-Michel Mille-idées mais je suis aussi des fois Jean-Michel Flemme donc oui
oui bon.
J'espère pour toi que tu es des fois Jean-Michel Flemme !
Non non bien sûr ! Mais voilà. Mais c'était marrant.
Oui, on a tellement mieux à faire que de se laver les mains pendant une heure.
Bien sûr, c'est une reconquête sur sa vie quoi.
Ah bah ça, j'imagine bien. Et c'est ça qui est incroyable.
Et d'ailleurs, justement, ça me fait une très belle transition.
Ça ne fait que des très belles transitions.
Des transiclasses, comme dirait quelqu'un que je connais.
Des transiclasses !
Et oui, ce que je trouve fou, c'est que là, on a parlé de vivre avec,
de voir un peu les regards des autres... Et là tu commences à amener un peu ce côté que j'aime
bien, c'est le côté : bah oui j'ai un trouble psy,
et en fait j'ai appris plein de trucs grâce à ça,
et j'ai plein d'avantages maintenant, j'ai plein de forces,
j'ai plein d'apprentissages, j'ai plein de perspectives dans la vie.
C'est le moment positif. Du coup, qu'est-ce que tu pourrais nous dire par exemple sur le qu'est-ce que ça t'a appris sur
toi-même ? Est-ce que tu t'es découvert des trucs grâce à ça,
justement ? Toute ta thérapie, toute ton avancée,
l'écriture du spectacle, etc. Est-ce que maintenant,
t'as des super talents, des super pouvoirs ?
J'en parle beaucoup. En fait, moi, ce que j'aime beaucoup dans « En mains propres »,
c'est que ce spectacle, pour moi, il touche à l'universel sur la santé mentale.
C'est-à-dire qu'à la fois, il est très pédagogique,
donc il permet aux gens d'apprendre plein de choses sur un trouble qui est à la fois très présent et comme tu l'as dit en
même temps encore assez méconnu (ce qui est assez fou).
Mais en fait il y a plein de choses dans les TOCs dans lesquelles tout le monde pour moi peut se
retrouver. Et il y a plein de choses du spectacle qui touchent à l'universel et dans lesquelles tout le monde peut se retrouver
d'une manière ou d'une autre. Et en fait pour moi les TOCs c'était,
c'est une vraie leçon de vie. Ca paraîtrait clichos dit comme ça,
mais c'est vrai. En fait moi ça m'a, et je pense que c'est des leçons auxquelles on peut toustes
s'identifier. Et c'est une leçon que je continue d'apprendre.
C'est vrai j'ai pas...
Mais on apprend toute sa vie mon cher Vincent.
Oui j'ai pas fini la quête principale et terminé les quêtes secondaires.
Le jeu il est pas à 100 %. Mais c'est qu'en fait on peut pas tout contrôler dans sa vie.
Ah bon ?
Et oui. On aimerait hein ? Et en même temps ça serait tellement pas souhaitable.
Ca serait tellement pas souhaitable, parce que c'est ça la beauté de la vie.
C'est le petit chaos mignon.
La vie se nourrit de prises de risques. En fait on prend des risques tout le temps.
Se lever le matin c'est un risque.
Attention c'est hyper risqué de respirer. Est-ce que tu savais que la vie est une maladie sexuellement transmissible et mortelle ? ?
Oui oui je connais cette jolie phrase. Mais du coup c'est fou parce qu'en fait,
c'est d'apprivoiser l'absence de contrôle et se dire que même c'est se réconcilier avec l'inattendu. l'inattendu.
C'est beau ce que tu dis.
Mais non mais c'est vrai !
Scénariste, écrivain.
C'est tellement chouette. En fait, tu réapprends à marcher dans la rue l'esprit libre.
A accueillir un instant après l'autre. Et de se dire "je ne peux pas tout contrôler,
je ne maîtrise pas tout, il faut que je lâche". Et un autre truc aussi,
une autre leçon très forte, c'est qu'on ne peut pas toujours tout bien faire.
Et ça c'est une grande leçon pour Vincent Leconte.
Parce que Vincent Leconte, notamment dans les relations sociales,
il a beaucoup de mal avec l'idée d'avoir fait du mal potentiellement aux gens,
de s'être comporté de la mauvaise manière, d'avoir dérangé quelqu'un,
quelqu'une, etc. Et en fait, ou de ne pas avoir été le bon élève de la vie,
le bon élève de la vie, pas qu'en classe. Et c'est pas...
Comme tout le monde, j'ai des... Enfin, je veux dire,
on a tous des problèmes avec notre ego. Moi, j'ai à la fois des endroits où j'ai une très grande
confiance en moi, et des endroits où j'ai pas du tout de confiance en moi,
comme énormément de gens. Mais c'est pas un truc de mégalomanie de "je suis destiné à tout bien
faire". C'est plus un truc de "si je ne fais pas tout bien,
qu'est-ce qui va arriver ?", "qu'est-ce qui va m'arriver ?",
"est-ce qu'on va encore m'accepter ?", "est-ce qu'il n'y a pas des gens qui vont souffrir à cause
de moi ?". Ca se logeait là-dedans les TOCs. Alors bien sûr,
il y a plein d'autres explications. C'est arrivé à l'adolescence parce que c'est un moment de changement où je subissais
du harcèlement scolaire. Ca s'est décuplé à un moment d'incertitude.
Je ne suis pas en train de faire ma psychanalyse en direct,
mais en tout cas, il y avait un truc où ce truc de bien faire,
c'était important de bien faire. Parce que les conséquences derrière étaient potentiellement
désastreuses. Et en fait c'est tellement fort et agréable de se dire,
d'apprendre qu'en fait, on fait pas tout bien dans la vie.
Et c'est pas grave. Et c'est OK !
Et c'est OK. Il y a des journées nulles on est nul.
Evidemment c'est une question de degré. Ne nous faisons pas du mal et ne faisons pas du mal aux
autres, évidemment. Mais...
On peut avoir la flemme en toute bienveillance.
Ok de foirer un examen. Ok à un moment donné d'avoir été maladroit.
Ok. Voilà, toujours la possibilité de s'excuser.
Tant qu'on n'a pas fait un désastre, évidemment,
on s'entend bien. Mais voilà, on va pas toujours tout bien faire.
On va pas avoir 20 sur 20 à la vie tous les jours.
Et parfois même, on aura moins que la moyenne. Parfois même une note désastreuse.
Et c'est comme ça, en fait, c'est la vie. Si c'était plat tout le temps,
c'est-à-dire si c'était toujours 20 sur 20, 20 sur 20,
ou 10 sur 20, 10 sur 20, 10 sur 20... ça serait si chiant !
Donc en fait.
Puis de toute façon il n'y a pas d'objectif à la vie.
A la fin on meurt, point. Mais je veux dire le but c'est le chemin.
Ah mais ça c'est une autre grande question et nous pourrions parler pendant des heures !
Non mais le but c'est le chemin. C'est, tant qu'on est vivant,
faisons des choses en fait.
Bah oui oui. Non mais oui. Parce que de toute façon,
tout ça n'a absolument aucun sens, donc autant passer un bon moment.
Mais voilà, ça c'est pas incantatoire.
Et "un bon moment" qui n'est pas le titre de ce podcast.
Nous sommes bien placés pour savoir, toi comme moi,
que des fois notre cerveau nous empêche. C'est pas parce qu'on se dit,
"ah et quand même on a qu'une vie, profitons-en",
que tout d'un coup, formule magique et on se dit,
"oh tiens, ma bipolarité a disparu", "mes TOCs ont disparu,
il a suffi de réaliser et c'est fou, c'était si simple".
Mais l'idée n'est pas de donner des leçons faciles évidemment.
Mais c'est quand même, je pense que là, c'est quelque chose d'universel dans lequel on peut tous se
retrouver. De ouais, en fait, on ne peut pas toujours tout bien faire.
Mais on peut apprivoiser son oiseau.
Mais on peut apprivoiser son oiseau. Après ce qui est dingue dans les TOCs,
c'est qu'en fait, comme on revient à un état de normalité avec des gros guillemets,
en fait, c'est important de régulièrement se souvenir du chemin parcouru.
Pour deux raisons. La première c'est que, en fait,
au bout d'un moment, quelqu'un remarque quelqu'un qui se lave beaucoup les mains,
quelqu'un qui a une posture bizarre pour ne pas toucher son jean parce qu'il est allé aux toilettes
avec. Quelqu'un qui met dans les poches, personne ne le remarque.
Et même au-delà de ça, nous-mêmes, nous-mêmes, on revient à un truc normal,
donc on ne remarque plus ces choses-là. Et même au-delà de ça,
la deuxième chose, c'est qu'en fait, le cerveau,
c'est un mécanisme de protection. C'est des moments difficiles de vie,
donc il dit "allez, archive de la mémoire, on oublie au maximum".
Et je comprends pourquoi, mais en même temps c'est important des fois de se souvenir d'où on vient pour célébrer où on est
maintenant. Et moi je me suis forcé à faire une fête pour célébrer le fait que j'allais beaucoup
mieux pour les TOCs. Je me suis fait un tatouage pour me rappeler,
de fou d'échec parce que j'adore les jeux, mais aussi le fou par rapport à la santé mentale.
Pour me rappeler régulièrement quand je le regarde.
"Mais rappelle-toi d'où tu viens".
Mais les tatouages je pense que c'est quelque chose de très particulier pour les personnes qui ont
des soucis de santé mentale. Parce que tu vois moi j'ai fait exactement la même chose.
J'ai pas envie d'avoir 2 millions de tatouages sur moi.
J'avais juste besoin de UN seul. Le tatouage qui me rappelle que ce n'est pas parce que je suis deux phases dans ma vie
de temps en temps que je ne suis pas une personne entière,
et un tatouage qui me rappelle que la vie c'est bien.
Et que du coup si je le vois de temps en temps ça me le rappelle aussi.
Et j'ai l'impression en fait que les personnes neuroatypiques ont beaucoup plus besoin de sortes de
piliers. Alors pas forcément que sur des histoires de tatouages ou de trucs comme ça.
Mais en tout cas des sortes de mini totems de mémoire pour se rappeler un peu des avancées qu'on a pu faire. pu faire. faire.
Et le spectacle est là pour ça. Je ne l'ai pas fait pour une thérapie,
mais je ne peux pas nier le fait qu'il m'a sans doute aidé de mettre une histoire sur scène et d'en
parler comme ça. Mais l'idée du spectacle avant tout c'était pédagogique et pour toucher des choses à l'universel sur ce
sujet de santé mentale qui me passionne. Mais voilà je trouve que c'est fou,
parce que c'est important aussi des fois de se rappeler d'où on vient,
et de se dire.. Une fois on m'a demandé pour un spectacle,
je devais dire quelle était ma plus grande victoire.
Et j'ai dit : "C'est un geste qui est anodin, c'est mettre mes mains dans mes poches.
Parce qu'avant je ne mettais jamais mes mains dans mes poches.
Et donc c'est cool de me dire que là, à l'heure actuelle,
je suis en train de toucher mon jean, mais il y a encore 3 ans ça m'aurait stressé,
alors que maintenant c'est complètement naturel."
C'est remettre du naturel, de la fluidité, du lâcher prise,
de la détente dans sa vie. Et c'est marrant, parce que j'ai à la fois,
(évidemment, comme on l'aura compris, et là on parle beaucoup des TOCs,
j'ai tout un rapport à l'angoisse et tout ça et aussi à des formes dépressives qui existent)
Oh tu pourras revenir à ce podcast si tu veux Vincent.
Et en fait, aujourd'hui, j'aime bien dire, (et j'en profite tant que c'est là,
parce que peut-être qu'à un moment donné ce sera plus là,
mais tant que c'est là) j'adore dire ça : aujourd'hui je suis un angoissé repenti,
je suis en détente dans ma vie. Et peut-être qu'à un moment donné,
Tu "flex" sur la vie.
je vais retomber dans un bas. Mais tant que c'est là,
je serai plus prêt. Et justement, je profite de ce moment là pour planter des petites graines,
mettre des fondations solides dans le sol. Il y a quand même quelque chose qui pousse,
et le moment où ça redescend, il y a des fondations qui sont là,
qui sont là, qui sont solides. Mais c'est tellement agréable,
c'est tellement agréable de se dire en fait... mais ça a été un parcours.
C'est pas arrivé du jour au lendemain. Et peut-être qu'il y aura des bas derrière.
Mais en fait, ce qui est surtout beau, c'est que aujourd'hui les TOCs pour moi c'est une histoire
d'espoir, de résilience, de rémission, de transmission aussi du coup,
et de victoire. Et c'est pas parce que...
Et on ne va pas applaudir ici car c'est un podcast et nous ne souhaitons pas tuer mon ingé son.
Qu'on embrasse. Mais oui, oui, même si demain, j'ai de nouveau un mois compliqué,
c'est pas du tout un retour à zéro. Il y aura eu toutes ces années où en fait,
j'ai tellement fait victoire sur victoire, et ça c'est trop beau.
Donc ouais, c'est des leçons un peu sur la vie les TOCs mine de rien.
Après toute notre vie nous tentons de mettre en œuvre ces leçons.
On apprend toute la vie.
Je ne suis pas devenu un vieux sage qui a tout compris à l'existence n'est-ce pas ?
Moi aussi j'ai mes moments de doute... Evidemment plus souvent qu'à mon tour.
Mais je pense que ça a participé à ce rapport beaucoup plus apaisé que j'ai avec mes hauts,
mes bas et avec mon angoisse. Ca a été le premier travail là-dessus.
Je te connais depuis deux ans et j'ai vu des changements en toi concernant tes TOCs,
notamment d'hygiène. J'ai vu beaucoup de changements hyper positifs rien que sur ces deux années.
Et pour moi c'est très peu par rapport à des amis ou de la famille que tu as,
que tu connais depuis super longtemps déjà. Il y a eu énormément de changements sur ces deux
années-là. Donc c'est montrer la force d'avancée que t'as réussie à faire.
Mais c'est vrai que, j'ai dit les gens le remarquent pas,
mais en même temps si. C'est-à-dire que, à partir du moment où ça arrive dans la discussion,
ils se rendent compte. Parce que ouais des fois c'est...
c'est pas que ça se voit à l’œil nu, mais les gens qui m'ont connu à l'époque,
quand on en parle, c'est fou, pas la même personne.
C'est parce que tu es une personne incroyable Vincent.
Arrêtez, la flatterie ne vous mènera nulle part.
Mais si, à votre bonheur. Du coup sur ces magnifiques paroles,
je vous propose cher Vincent, une petite conclusion des familles.
Si tu as des recos, une phrase, une œuvre, une musique,
quelque chose qui te parle par rapport à ta singularité et que tu aimerais nous faire partager.
Ouais, parlez parlez-en, autant que vous pouvez. Soyez doux si vous ne pouvez pas.
Mais communiquez, parlez-en à vos proches évidemment.
Aller voir des personnes si vous pouvez, si vous avez les moyens.
Il y a des moyens de se faire aider etc. Oui au début ça fait bizarre d'aller voir un psy quand on y va pour la première
fois, mais c'est nécessaire. Moi je pense que toute personne dans sa vie devrait aller voir un psy.
Il y a quelqu'un récemment qui me disait, qui m'a dit,
"bon pour info" (parce que cette personne, j'allais potentiellement l'engager dans un projet),
elle me dit, "ah bah non, je vais arriver, parce que je vois mon psy,
voilà comme ça tu sais que je vois un psy". Et je lui disais "Mais attends..."
"Bah c'est pas grave."
Moi je suis plus rassuré par quelqu'un qui va prendre en charge ses problèmes en allant voir un psy que quelqu'un qui les
nie et qui met la poussière sous le tapis et du coup ça passe dans de la violence.
(bonjour certains hommes) Tu vois en fait je trouve ça très assurant allez voir des personnes.
Faites-vous aider. Parlez-en. Allez voir l'AFTOC,
c'est des... Le chat est d'accord avec moi je crois.
Le chat a des TOCs. Il a décidé de détruire le canapé.
Le chat a un rituel compulsif sur le canapé. Donc ouais L'AFTOC,
vraiment c'est une association voilà, qui est là pour vous aider.
Les thérapies comportementales encore une fois. Pair aidance,
moi ça a marché pour moi, donc n'hésitez pas. Et j'avoue que je suis pas,
je connais pas tant que ça d’œuvres paradoxalement qui parle vraiment bien des TOCs, bon. bon.
J'en connais une seule, mais c'est pas incroyable.
Disons qu'en fait c'est une pièce de Laurent Baffie qui s'appelle "Toc Toc".
Je l'ai pas vue, je sais pas ce que ça vaut.
Je connais cette pièce là. Alors moi j'ai ri parce qu'il y avait des moments drôles.
Je pense que c'est pas 100 % représentatif mais ça peut faire une ouverture à se renseigner plus derrière. derrière.
Je me suis demandé à quel point c'était un peu freak show mais je l'ai pas vue donc je vais pas la juger. juger.
Je suis mi-figue mi-raisin. Dans le sens où, je pense que ça peut être une découverte entre
guillemets pour novice, et ensuite ouvrir pour justement plutôt aller voir "En mains propres" de Vincent Leconte le jour
où ça ressort ! Et en tout cas je pense aussi qu'aller voir genre La Maison Perchée,
les associations qui parlent...
Complètement. Après ils sont pas dédiés aux TOCs,
ils sont sur d'autres créneaux. Le problème de La Maison Perchée c'est qu'il faudrait une maison perchée dans chaque arrondissement
de Paris et dans chaque ville. Et du coup ils sont débordés les pauvres.
Il faudrait une maison perchée pour les gens atteints de TOCs en fait.
Mais voilà il y a quand même l'AFTOC.
C'est Life TOCs ?
L'AFTOC, A-F-T-O-C. Et du coup en vrai c'est juste que je suis pas,
j'ai pas creusé particulièrement. Je suis sûr qu'il y a des œuvres qui en parlent très bien et que
vous pouvez piocher. Moi, il y a une phrase de Paul Valéry que j'aime beaucoup,
qui pour moi parle beaucoup des TOCs, c'est « le vent se lève,
il faut tenter de vivre ». Et après, il y a plein de musiques qui sont celles qu'il y a dans le
spectacle "En mains propres", parce que j'ai fait des goguettes,
j'ai repris des paroles de chansons et des fois,
il y a des paroles, et des fois, il y a des chansons brutes de décoffrage.
"Can't get it out of my head" de Electric Light Orchestra,
"Can't get it out of my head" évidemment pour moi ça parle grave des TOCs.
Elle est trop belle cette chanson, même si c'est pas du tout ça dont il est question,
mais ça m'a raconté ça.
Mais ce n'est pas grave. C'est ton interprétation et c'est ça qui est important
L'auvergnat, la "Chanson pour l'Auvergnat" que j'ai repris en goguette pour remercier et la psy,
et mes proches qui m'ont aidé. Et "Je suis malade" de Dalida.
On adore Dalida. Et le "Canon" de Pachelbel et l'ouverture de Rossigny.
Et le "Canon" de Pachelbel ça termine la pièce. Va savoir pourquoi ça me parle d'une douceur,
d'une réconciliation avec son corps. Parce que c'est ça aussi qui s'est passé.
De repouvoir d'un coup se toucher le visage.
C'était une très très belle image d'ailleurs.
Pouvoir regarder ses mains. Leur dire pardon pour tout le mal qu'on leur a fait en mettant tellement de savon et leur offrant
tellement de gerçures. Et tout d'un coup, ouais,
se réconcilier avec son corps. Etre de nouveau en douceur avec son corps,
se le réapproprier. Ça me parle de ça, le canon de Pachelbel.
Je crois que sur ces très douces et belles paroles,
nous avons atteint la fin de notre podcast. Je suis désolée Vincent,
je suis obligée de couper car on pourrait parler pendant huit ans car c'est très intéressant ce que tu nous racontes à chaque fois. fois.
Merci beaucoup Delphine.
Je suis très heureuse de t'avoir reçu Vincent. Merci beaucoup Vincent.
Merci à toi, merci beaucoup pour ton accueil.
Pour cet échange autour des TOCs. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles.
Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine, et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcasts Castopod.