"L’hypersensibilité, ce n’est pas être faible" - Emmanuel (2/2)
S01:E27

"L’hypersensibilité, ce n’est pas être faible" - Emmanuel (2/2)

Episode description

L’hypersensibilité, ce n’est pas être faible, c’est justement un kaléidoscope de ressentis sur le monde, nous explique Emmanuel, dans la suite de ce podcast.

Partie (2/2)

Invité : Emmanuel

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La semaine dernière.

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Aujourd'hui, je reçois Emmanuel. Bonjour Emmanuel.

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Bonjour Delphine.

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Et on va parler ensemble d'hypersensibilité. Et c'est un sujet très,

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très vaste. On va pouvoir parler justement du monde qui est autour de toi,

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puisque évidemment, en tant qu'hypersensible, on a tous ces ressentis qu'on a décrits.

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Mais c'est bien de savoir aussi comment tu vis avec tout ça dans la société.

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Alors des fois bien, des fois mal. Comme dirait Henri Dès.

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Pour citer un artiste absolument extraordinaire.

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Je suis ironique.

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Si j'avais cru un jour qu'on citerait Henri Dès sur ce podcast.

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Je le cite parce que dans la famille, on a été forcé d'en écouter.

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Donc forcément, McDonald's, je connais. Ce n'est pas pour autant que je trouve que c'est de la

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grande gastronomie.

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Il est vrai, mais c'est vrai qu'Henri Dès, je pense que c'est beaucoup plus insidieux.

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Ça s'immisce. Du coup ce que je te propose c'est d'explorer un petit peu l'impact de tout ce qu'on vient de décrire sur

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ta vie personnelle, professionnelle, sociale et aussi émotionnelle.

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Donc comment ça se passe dans ta vie de tous les jours avec ça ?

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Quand tu vis au quotidien, quand tu vas au travail par exemple,

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ce genre de choses.

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Au niveau du travail, de tout temps on va dire, j'ai eu la chance de pouvoir avoir des jobs qui

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m'intéressaient beaucoup, donc l'aspect ludique, trouver un plaisir à faire quelque chose,

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à connecter des trucs, à réfléchir... Donc ça j'ai toujours aimé,

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y compris à côtoyer des gens. Je n'aime pas, en fait on me dit souvent dans ma famille que je suis

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asocial, je le vois pas comme ça. Je n'aime pas les gens,

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mais j'aime des gens. En fait pour schématiser, j'aime pas les mouvements de foule idiots,

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donc ça ça me déplaît. J'aime pas être forcé de suivre le mouvement parce qu'il faut suivre le mouvement comme un mouton

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de Panurge. Voilà, ça, je n'aime pas. Par contre,

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côtoyer des gens et pouvoir échanger avec eux, ça,

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oui. Mais quand on est hypersensible, c'est parfois très compliqué parce qu'on n'est pas compris.

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On exprime des choses ou on exprime un ressenti.

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En face, c'est le désert. Donc, c'est très difficile.

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Ouh, c'est le désert. Attention, je ne mets pas de jugement de valeur.

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Oui, bien sûr. C'est juste que ce que tu exprimes est différent.

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En tout cas touche des sphères qui ne sont pas...

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Enfin c'est un peu la tour de Babel, c'est presque comme si on ne parlait pas la même langue,

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c'est Rencontre du Troisième Type, et il faut apprendre à se comprendre.

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Et c'est très difficile. Et quand on fait ça avec des êtres qu'on aime et bien c'est encore plus dur quand on ne se comprend

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pas. C'est pour ça que moi ça génère une souffrance qui est vraiment très très forte.

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Par contre quand on se comprend, ça génère à l'envers le même bonheur.

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C'est fantastique de se comprendre à demi-mot, au quart de mot ou à pas de mot du tout,

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ça c'est un sentiment on exulte totalement.

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Et au travail, tu arrives à t'en sortir quand même?

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Alors, il faut trouver des, comme on dit de façon moderne,

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des stratégies. J'ai horreur de ce mot-là, appliqué à ce genre de trucs.

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Mais on est obligé de trouver des trucs pour fonctionner,

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parce que le phénomène de dissonance cognitive avec le monde du travail,

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aujourd'hui, en plus compte tenu des incertitudes du monde,

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le fait que les entreprises ne vont pas, en général,

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pas du tout dans le sens qu'il faudrait, quand on parle de surconsommation ou de puissance

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extractive, de fatiguer la Terre. Parce que la Terre,

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elle s'en sortira bien sans nous mais nous, je ne sais pas.

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C'est pour ça que le salut il vient de gens comme nous.

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Et je prends chaque occasion au travail sur les personnes qui sont un petit peu réceptives pour essayer de communiquer ce

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type de message. Alors c'est très difficile, parce qu'au départ ça demande une pédagogie donc ça

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demande de se réfréner, ce qui est très dur, ça demande de comprendre qu'en face,

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ils ne sont peut-être pas du tout au fait de toutes les informations techniques.

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Parce qu'encore une fois, l'approche ne doit pas être une approche d'opinion,

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mais une approche basée beaucoup plus sur des faits scientifiques.

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La physique, elle est répétable, elle est falsifiable.

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Falsifiable, ça veut dire qu'elle peut être testée.

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Il ne s'agit pas d'une croyance obscurantiste en quelque chose.

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C'est d'ailleurs le problème que c'est repris par des médias,

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des politiques, et même des scientifiques, qui pervertissent l'information scientifique pour en faire du militantisme ou

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de l'opinion. Ça ne devrait pas. Mais si on s'en tient à un certain nombre de faits,

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il y a des ordres de grandeur qui permettent d'apprécier les choses.

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Et une fois qu'on a apprécié les choses, on peut commencer à agir.

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Faire comprendre rien que ce genre de concept à des gens qui vivent un peu comme le homard dans l'eau chaude qui ne s'aperçoit pas

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que l'eau est en train de bouillir parce qu'il part à l'eau froide,

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c'est très dur. Parce que, ou il y a une incompréhension,

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au moment où il y a une compréhension il y a en général un déni qui est très fort,

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et s'il n'y a pas le déni ça génère beaucoup d'anxiété ou de désespoir.

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Or il ne doit pas y avoir de désespoir puisque le salut...

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Alors je sais que ça fait très chrétien mais ce n'est pas du tout le sujet.

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Surtout qu'il y aura des choses à dire sur les religions en termes de bienfaits pour l'humanité.

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Notamment le salut de l'humanité viendra par les gens.

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Quand on a fait arrêter de fumer dans les restaurants,

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ce n'est pas venu des restaurateurs, ce n'est pas venu des politiques,

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ce n'est pas venu des industriels. C'est venu des gens.

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Ils ont bien fait.

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Et pour le coup, là, j'émets une opinion, ils ont bien fait.

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Mais factuellement, les méfaits du tabac sont connus.

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Maintenant, factuellement, le plaisir que provoque le tabac chez un certain nombre de fumeurs,

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il est aussi documenté.

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Oui. De toute façon, ce qui existe, il faut juste observer les foules,

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un peu la fouloscopie, la fameuse chaîne...

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Mais je ne veux pas tomber dans une sorte d'hygiénisme autoritaire ou dictatorial.

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Ce n'est pas du tout le sujet. Le sujet, je pense,

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et pourtant je suis un violent rentré, mais je le suis en discours comme ça,

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parce que je ne ferai pas de mal à une mouche.

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C'est juste que tu as trop d'émotions, en fait.

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Dès l'instant où on dit "il faudra arrêter ceci" ou "il faudra arrêter cela",

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dès qu'on y réfléchit cinq minutes, si on le fait au niveau d'un état,

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d'une entreprise et tout, c'est une dictature directe.

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Vouloir le bonheur des gens malgré eux en leur imposant des lois,

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ça va rapidement, pas du tout vers le bonheur des gens,

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en fait. Et c'est pour ça que je pense que la prévention,

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l'éducation, l'éducation au sens acquisition de connaissances,

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c'est la seule chose qui permette d'avoir une vision pour aller dans le bon sens d'un équilibre de notre espèce vis-à-vis de

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tout le reste du vivant, de l'écosystème qu'est la planète Terre avec tout ce que ça comporte.

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Et c'est pour ça que le seul militantisme, si on peut dire,

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que je peux faire, c'est, un, s'informer. Quand je dis s'informer,

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c'est scientifiquement, pas prendre l'opinion de Madame Michu.

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Désolé s'il y a une vraie Madame Michu. Une fois qu'on est informé,

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partager. Et une fois qu'on a partagé, essayer de prendre quelques actions pour commencer à

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infléchir le truc. On ne va pas révolutionner la planète à soi tout seul.

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Oui mais toi ça te fait vibrer parce que c'est quelque chose justement où tu ressens au quotidien,

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quand tu le vois autour de toi dans le monde, quand tu entends les choses,

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même olfactivement tout ce que tu peux voir autour de toi.

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C'est quelque chose qui va être exacerbé par cette hypersensibilité qui fait que t'as encore plus

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toutes les causes.

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En fait je le vois plus fort et je vois plus les conséquences.

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C'est ça.

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Ou les liens.

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Et du coup, ça fait un peu cette ambiguïté, non pas ambiguïté,

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mais cette dissonance par rapport à ton travail qui n'est pas sur ces rails.

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Ou par rapport à la plupart des gens. C'est un peu comme dans un corps humain,

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quand on vit dans un monde qui est complexe. Je vais prendre un exemple simple.

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Le corps humain, quand la température augmente de 1 degré,

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on n'est pas bien, on a de la fièvre. La température augmente de 2 degrés,

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ce n'est pas un simple plus 1. C'est qu'on multiplie par 10 les problèmes.

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C'est-à-dire que cognitivement, on n'arrive plus,

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on ne peut plus conduire, on ne peut plus marcher.

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Et puis, ça fait déconner à peu près tous les organes.

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Donc, il y a tout le système complexe qui commence à dysfonctionner.

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Et puis, si on augmente à 42, on meurt. Donc, on voit bien que ce n'est pas linéaire et on voit

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bien que c'est complexe. Tout est lié.

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Et justement, en termes de complexité, est-ce que tu pourrais nous dire un peu comment toi,

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ton hypersensibilité, ça se manifeste par rapport à ta créativité ou même dans ta vie de famille,

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cette hypersensibilité-là? Est-ce que du coup, ça va changer peut-être,

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je ne sais pas, ta manière de communiquer, les activités que tu aimes faire?

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Je suis quelqu'un d'assez idéaliste je pense. J'aime le beau.

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Alors ne me demandez pas de définir ce que c'est,

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parce que il nous faudrait un autre épisode. Et puis là pour le coup c'est éminemment casse gueule,

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parce que ça fait intervenir les goûts et les couleurs,

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et ça c'est quelque chose de personnel. Donc quelqu'un qui aime le rouge et quelqu'un qui aime le bleu ils seront peut-être pas d'accord. d'accord.

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Mais peut-être qu'ils aimeront le violet ensemble.

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Et ça veut pas dire que le rouge est plus beau que le bleu ou le contraire.

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Donc là il y a une question de goût qui intervient.

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Enfin en tout cas ta propre notion.

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C'est difficile. Je ne sais pas trop comment répondre à ça.

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Je sais que tu aimes beaucoup jouer par exemple.

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Alors un des grands bonheurs dans ma vie, c'est de voir le côté ludique des choses.

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J'ai toujours aimé les jeux de mots, j'ai toujours aimé les lettres,

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même si j'ai pas assez lu quand j'étais jeune. J'ai toujours aimé faire des liens dans les

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différentes choses. Par exemple regarder les étoiles,

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un des trucs que je faisais quand j'étais enfant,

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que je continue toujours à faire en tant qu'adulte,

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c'est de faire des connexions entre les différentes étoiles et de dessiner quelque chose comme les

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constellations, mais pas forcément des choses qui sont les constellations.

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Tes propres constellations.

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De voir des formes dans les nuages. Bon c'est un test de Rorschach géant on pourrait dire.

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Oui mais c'est illimité !

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Mais ça c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Alors,

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même si j'ai pas toutes les compétences, pas toujours l'énergie,

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surtout en ce moment, j'aime beaucoup fabriquer des choses qui ont souvent des matières organiques.

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Je n'aime pas trop travailler le métal, même si j'en vois l'utilité.

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Tu as peint des figurines en métal.

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J'ai peint avec ça, mais j'aime travailler le bois.

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Petit, j'aimais faire des cabanes, des choses comme ça.

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Des choses qui sont très organiques. Et pourtant,

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j'adore les symétries. Donc quelque chose très matheux,

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très carré, ça j'aime bien. Et d'ailleurs ça c'est une force pour l'hypersensibilité d'avoir...

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Moi j'ai eu une formation d'ingénieur, mais j'ai un tempérament d'artiste.

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Et le fait d'avoir eu une formation d'ingénieur,

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c'est énorme, parce que non seulement c'est pas du tout incompatible avec la capacité artistique,

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la capacité d'émotion, etc... Mais au contraire ça permet de la structurer et de l'étendre.

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Et surtout d'avoir, en tout cas, d'essayer d'avoir une approche plus objective ou en tout cas

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objectivée des choses. Ce que beaucoup de nos semblables n'ont pas.

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Encore une fois, l'opinion par rapport à des choses avec une approche plus scientifique.

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Quand je dis scientifique, il ne s'agit pas de dire c'est un matheux,

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c'est un physicien ou un biologiste. C'est juste une sorte d'honnêteté intellectuelle,

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la méthode scientifique, la méthode falsifiable.

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C'est à dire, on fait un truc, on essaie de tester.

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Et c'est pour ça que je suis souvent en phase avec les gens qui disent il faut essayer de retourner à des sources qui ne

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sont pas trop discutables. Quand on fait des ordres de grandeur,

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oui on peut être imprécis. Mais au moins ça permet de fixer les choses.

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Et ça permet d'éviter à ce que certains se retrouvent à faire des calculs quand ils ont des interros en 1ère et qu'ils trouvent

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une voiture qui pèse 2g, ça les choque pas.

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C'était une voiture jouet.

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C'est dans ce sens là d'ailleurs...

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Mais c'est vrai que la méthode scientifique, je t'ai vu même l'appliquer dans le ludique,

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puisque tu refais des règles, tu précises des points de règle...

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Pour m'approprier quelque chose, j'ai besoin d'aller très loin dans l'analyse de ce quelque chose.

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Et quand je dis l'analyse, il ne s'agit pas d'aller dans un point précis.

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Il s'agit de le faire de façon nexialiste et scientifique.

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C'est-à-dire, quand j'ai un jeu, je ne m'intéresse pas que au jeu.

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Je m'intéresse... Cette règle, elle s'inscrit dans quel contexte?

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Le jeu, il a été fabriqué dans quelle usine? C'est quel pays?

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Ça veut dire quoi au niveau géopolitique? Etc. Et je fais des connexions sans arrêt sur ça.

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Et j'ai une question peut-être un petit peu plus intime on va dire,

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mais dans les émotions il y a une émotion qui est quand même très importante dans la vie humaine

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c'est l'amour. Et comment tu aimes?

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C'est un problème puisque l'amour n'est pas prouvable.

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Oh non !

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Donc là, ça devient quelque chose qui est plus du domaine de la conviction ou de la croyance.

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Et c'est très, en tout cas pour une approche scientifique,

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c'est beaucoup plus difficile à appréhender. Alors,

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qu'est-ce qui fait qu'on aime?

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Et comment toi, tu aimes?

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Moi, c'est entièrement. Ça correspond à certaines valeurs.

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C'est très chevalerie, on va dire. D'ailleurs, c'est réciproque.

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Ça n'est pas sexué dans ma bouche. Puisque ma femme,

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c'est exactement ça. C'est-à-dire qu'on se donne à l'autre et on est prêt à donner sa vie pour

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l'autre. Alors, dans un autre ordre d'amour, qui est un amour filial,

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c'est exactement la même chose pour mes enfants.

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C'est-à-dire, si leur arrive quelque chose, ma première réaction,

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c'est qu'est-ce qui sera le mieux pour eux? Ça rejoint un petit peu l'altruisme.

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Dans l'amour, il y a forcément de l'altruisme. Si c'est la notion d'amour possessif,

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c'est pour moi plus tout à fait de l'amour. L'amour,

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c'est un partage. Donc forcément, il y a de l'altruisme.

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Et donc, tu vois des choses différemment. La manière dont tu vas aimer justement ta femme,

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tes enfants, les gens justement qui sont importants pour toi,

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la façon dont tu vas les aimer ça va convoquer toutes tes sensibilités.

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C'est à dire, c'est ce qui génère d'ailleurs les plus gros bonheurs mais les plus grosses

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frustrations. Parce que quand on se comprend pas avec des êtres qu'on aime,

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la souffrance elle est immense, elle est proportionnelle à l'amour qu'on porte aux gens.

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Mais donc tu penses que ta manière d'aimer les êtres qui sont chers à tes yeux et à ton coeur,

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est-ce que tu penses que tu as une manière exacerbée de le faire ?

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Par rapport à...

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Oui, je suis excessif. Pour prendre quelque chose de beaucoup plus prosaïque comme mot,

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par rapport aux poétiques, oui, je suis excessif.

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Ça t'envole, tu es enflammé de ça.

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Je vais même le dire d'une manière, je fais encore référence à un célèbre auteur de

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science-fiction, pas le même que Van Vogt, mais donc des années 40,

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50, 60, plutôt 40, 50 d'ailleurs. C'est Théodore Sturgeon,

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qui a écrit un bouquin qui s'appelle Les Plus qu'Humains.

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Ah oui, Le Gestalt.

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Et pour moi, l'amour qu'on porte à l'être qu'on aime,

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la notion de couple, on crée un plus qu'humain. C'est-à-dire que l'existence de l'entité couple a fait quelque chose qui

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est plus que la somme des deux individus. C'est-à-dire que vous êtes individuel,

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mais par contre, il y a quelque chose... On est individuel,

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on est des individus, on est unique chacun, mais on a aussi une troisième création,

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qui est ce couple, qui est une entité à part entière.

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Et du coup, tu le ressens émotionnellement dans la relation cette entité supplémentaire.

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Ah oui, oui, oui. Oui, il y a... Alors, on est un couple assez fusionnel et c'est vraiment du genre

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Humpty-Dumpty, c'est-à-dire il y en a un qui commence une phrase et l'autre qui la finit.

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Et c'est d'ailleurs frustrant parce que quand il y en a un qui ne va pas à la même vitesse que

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l'autre, il complète et ça frustre l'autre qui n'a pas pu finir d'exprimer ce qu'il a à dire,

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etc. Mais ça crée également une frustration, parce qu'il y a des fois,

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il faut se réfréner pour ne pas supplanter l'individu qui est en face de nous.

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Parce que le plus qu'humain ne doit pas prendre le pas sur l'individu.

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Justement c'est intéressant ce que tu dis.

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Et ni le contraire hein.

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Comment elle réagit par rapport à ton hypersensibilité ta femme ?

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Elle est aussi hypersensible. Donc il y a déjà, alors ça facilite les choses parce qu'implicitement

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on a ça en commun. Mais il ne s'agit pas que je dirais de mettre un mot scientifique sur quelque

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chose, sur un état ou une capacité. Il y a aussi un certain nombre de valeurs qu'on a...

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On a un grand, grand tronc commun sur la notion du beau.

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On ne l'a jamais défini d'ailleurs de manière très explicite avec des mots.

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On n'a pas fait une définition de dictionnaire ou de mathématiques.

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Mais il se trouve qu'on a une grande convergence dans ce qu'on trouve beau ou dans ce qu'on trouve

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pas beau. Évidemment, il y a des choses sur lesquelles elle va aimer le rouge et moi le vert,

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mais ou le contraire.

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Oui, parce que vous avez des hypersensibilités qui sont quand même un petit peu différentes.

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Ah bah oui, par exemple, elle, elle est beaucoup plus sensible à l'art pictural que moi.

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Pourtant, je le dis, voir un paysage de nature me fait pleurer mais ce qu'elle va ressentir en

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regardant un tableau, ça va lui raconter beaucoup plus une histoire qu'à moi.

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Moi il faut que je l'aborde d'une manière assez technique pour que je commence à comprendre "ah

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ouais, d'accord, c'est pas qu'un barbouillage" ou on a,

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même un barbouillage très très bien fait. Je dis barbouillage volontairement pour montrer le côté péjoratif qu'on pourrait

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avoir. Il faut que je comprenne une démarche beaucoup plus technique vis-à-vis de la peinture,

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alors que l'émotion c'est direct, ça n'est pas raisonné,

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ça va directement dans les tripes on pourrait dire.

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Justement donc ta femme merveilleuse, qui te comprend totalement sauf quand elle ne te comprend

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pas, perçoit cette particularité de manière sans y réfléchir puisque c'est également son quotidien.

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Mais est-ce qu'il y a des gens qui justement t'ont aidé ou t'ont blessé dans la manière dont ils

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ont pu réagir?

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Mes enfants, les deux. Pas les deux enfants, mais trois enfants ont fait les deux,

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c'est-à-dire qu'ils m'ont blessé profondément quand on se comprend pas,

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et c'est réciproque. Moi, j'ai fait pareil avec mes enfants.

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Mais les trois m'ont apporté énormément. Par exemple,

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en termes de valeur, quelque chose qu'on a avec ma femme,

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c'est qu'on a considéré, dès l'instant où on les a conçus,

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même avant de les concevoir, qu'un enfant, quel que soit son âge,

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un être vivant, humain, quel que soit son âge, c'est une personne à part entière.

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Ce n'est pas un sous-homme en devenir, un sous-mensch humain,

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pas homme ou femme, encore une fois, ça n'est pas sexué.

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Et quand on leur a parlé tout petit, alors bien sûr,

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on a bêtifié avec eux, parce qu'il y a un plaisir régressif,

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mais on leur a parlé toujours comme à des personnes à part entière.

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Évidemment, on ne leur a pas expliqué la critique de la raison pure mais on leur a jamais je dirais donné par exemple dès

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l'instant où ils ont été en capacité de manger les mêmes choses que nous,

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ils ont mangé les mêmes choses que nous. Pas dans les mêmes quantités,

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on a adapté un certain nombre de choses. Mais on n'a jamais considéré qu'ils avaient une tranche de jambon et une purée

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pendant que nous, on avait...

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Un rôti.

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Un rôti, etc.

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Une ratatouille.

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Ou une ratatouille, ou j'en sais rien. Donc, de ce point de vue-là,

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pareil, quand ils demandent, quand ils ont posé des questions sur comment on fait des enfants,

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ou je ne sais rien, qu'est-ce que c'est qu'un pays,

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etc., on n'a jamais fait du simplisme. On a essayé de synthétiser des propos ou de les simplifier,

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mais jamais à outrance.

22:50

Une adaptation à l'âge et à la taille de l'enfant.

22:53

Il y a des notions qui n'étaient pas en capacité d'appréhender.

22:56

Donc, celle-là, on leur a dit honnêtement, bon, ça,

23:00

tu ne peux pas, il faudra attendre. Plutôt que de leur dire "ah non,

23:04

ton grand-père, il est parti, il est en sommeil".

23:07

Non, quand quelqu'un est mort, on n'a jamais caché la notion de décès.

23:13

On a accompagné, on a été très présent, mais on n'a jamais caché ces réalités.

23:18

Et ça crée à la fois une force, ça crée quelques fois des faiblesses.

23:24

Parce que comme on est dans une société qui essaye de cacher un certain nombre de poussières sous

23:29

le tapis, la notion de mort, la notion de vieillesse,

23:32

la notion de "tu ne fais pas partie de la norme" etc,

23:34

ça crée de la souffrance. Quand on essaye de mettre des choses,

23:39

d'être honnête, être honnête au sens sincère, honnêteté intellectuelle,

23:45

l'approche scientifique, c'est difficile dans le monde d'aujourd'hui.

23:49

Mais pour moi c'est la seule voie.

23:51

Et là tu nous as parlé beaucoup de ta famille nucléaire.

23:55

Mais il y a d'autres gens aussi qui t'ont quand même aidé ou blessé dans les deux sens ?

24:04

Qui ont affecté ou influencé ton hypersensibilité ?

24:08

Dans les gens pour qui j'ai une affection particulière oui.

24:11

Tous les amis proches certainement. Ils m'ont apporté énormément,

24:14

tous. Pas la même chose. Mais oui, ça c'est très important.

24:20

Donc, il y a une sorte de remise en question constante avec l'entourage que tu acceptes de faire

24:26

rentrer, les proches, les gens importants.

24:31

Je ne comprends pas la question.

24:32

Oui, ce n'était pas du tout clair. C'est-à-dire que les proches que tu as décidé de faire rentrer

24:39

dans ta vie, donc pas le côté mondain dont tu parlais,

24:42

que tu n'aimais pas trop, ceux que tu veux faire rentrer,

24:45

les humains que tu veux faire rentrer dans ton cercle proche,

24:49

ces personnes-là t'ont permis de te remettre en question à chaque fois,

24:58

de t'aider à avancer par rapport à justement ta position.

25:03

Sans parler de remise en question, ça c'est beaucoup plus quand même ma famille proche,

25:09

c'est-à-dire femme et enfants. Et après, dans un deuxième cercle,

25:12

les parents, mais pour des raisons différentes. C'est plus qu'ils m'ont permis de comprendre que ne pas avoir les mêmes

25:21

perceptions que moi... C'est pas un mal. Pendant longtemps,

25:28

j'ai jugé que tout ce qui n'était pas moi avait tort.

25:31

J'ai été élevé comme ça. Alors je ne parle pas de mes parents,

25:35

je dis le monde d'une manière générale, la société judéo-chrétienne dans laquelle on est.

25:42

On revoit ça d'ailleurs dans d'autres continents aujourd'hui,

25:45

il n'y a pas de problème. Je le dis parce que c'est mon expérience à moi,

25:48

je ne le dis pas parce que c'est la seule civilisation qui a eu ce travers.

25:52

Donc la société judéo-chrétienne a dominé le monde parce qu'elle l'a dominé militairement,

25:59

technologiquement, économiquement. Et donc, forcément,

26:02

ce qu'elle faisait, ce qu'elle disait, ce qu'elle prônait,

26:04

c'était la vérité. Sauf que c'était essentiellement des opinions et des modes de vie.

26:10

Donc, ça, quand on creuse un peu, ça pose un problème fondamental,

26:15

philosophique. Côtoyer des amis qui sont différents,

26:20

qui n'ont pas le même mode de vie. Pendant longtemps,

26:22

j'ai été éduqué comme ça. Comme j'ai eu une formation d'ingénieur où on nous a expliqué que faire

26:27

des grandes études, c'est bien. Vous serez l'élite,

26:29

vous serez machin, etc. Et puis, en gros, tout le reste,

26:31

c'est des crétins, des débiles. En fait, ça rend extrêmement,

26:36

je dirais, autiste au sens négatif du terme.

26:40

Oui, c'est-à-dire ce que les gens pensent être l'autisme.

26:43

L'insulte que les gens donnent.

26:45

Voilà, quand on dit que c'est autiste, c'est-à-dire qu'en fait,

26:47

on est totalement déconnecté de la diversité du monde en croyant que détenir toutes les vérités

26:52

pour tout. Et j'ai été éduqué comme ça. Quand on rentre dans une école d'ingénieurs,

26:56

on vous dit, vous serez l'élite. Je l'ai entendu d'ailleurs pour mes enfants,

26:59

parce qu'il y en a deux qui ont fait ça et on leur a expliqué qu'ils étaient l'élite.

27:05

Et c'est très dangereux quand ça n'est pas accompagné de tout un certain nombre de choses.

27:11

Je veux dire, rien ne remplace une expérience. Et puis,

27:13

il y a tout un tas d'activités. Je ne parle pas de métier.

27:16

Il ne s'agit pas de faire quelque chose pour être rémunéré forcément.

27:19

Mais il y a tout un tas d'activités où il n'y a absolument pas besoin de faire des activités d'ingénieurs et qui sont une

27:24

démonstration éclatante de l'intelligence humaine.

27:26

Oui.

27:27

Donc de dire que la réussite c'est faire une grande école,

27:33

gagner plein de pognon et devenir un patron, moi j'ai mis 40 ans à m'en défaire.

27:39

Mais tu as réussi et on peut être fier de toi. Mais ça c'est une chose hyper importante effectivement de se dire qu'il y

27:49

a toute cette éducation, en tout cas le carcan qu'on peut avoir par la famille qu'on a au début ou

27:58

la société, la période dans laquelle on a vécu, le lieu de vie,

28:04

etc. Toutes ces choses-là qui peuvent impacter au quotidien sur une perception erronée de qui on est et de ce qu'on peut

28:12

faire, justement.

28:12

Parce qu'en fait, quand on se pose les vraies questions,

28:15

qu'est-ce qu'on veut dans la vie? Essentiellement,

28:19

être heureux.

28:51

C'est vrai.

28:51

Alors il y a des choses qui aident, je suis d'accord.

28:51

Avoir du confort matériel, des amis, aimer quelqu'un,

28:51

oui. Tout ça, ça aide énormément. C'est même, je dirais...

28:51

Bon aimer quelqu'un c'est fondamental, gagner de l'argent ça l'est moins.

28:51

C'est nécessaire, malheureusement ou heureusement,

28:51

dans la société dans laquelle on est...

28:51

Oui, l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue fortement...

28:51

Oui, puis bon voilà, on peut passer des heures sur la nécessité de l'argent ou pas,

28:51

si y'a pas d'argent ça veut dire qu'il y aura du troc...

28:51

Mais dès l'instant qu'il y aura des humains qui utiliseront leur puissance pour dominer leur prochain et le dominer de manière

28:56

exagérée. Donc, si je pousse à l'extrême ces rapports maître-esclave,

29:02

dès l'instant où il y aura des gens qui feront ça,

29:04

qu'ils aient un gourdin ou une bombe nucléaire, ça donnera la même chose.

29:07

Ça donnera des rapports de force et des inégalités,

29:10

des choses comme ça.

29:11

Mais soyons positifs. Je te propose qu'on passe à cette partie un peu douce et positive,

29:20

pour ne pas rester dans la bombe nucléaire et le gourdin.

29:23

C'est histoire de mettre un peu en lumière justement,

29:28

de montrer les avantages que tu peux avoir avec cette particularité.

29:32

Est-ce que justement, qu'est-ce que cette particularité t'a appris sur toi-même ?

29:37

Est-ce que tu t'es découvert des forces particulières,

29:40

des talents en étant hypersensible ?

29:44

Bah par exemple une très forte résilience, en fait.

29:47

Mais ça c'est possible parce que je suis très bien entouré par notamment ma femme et mes enfants.

29:54

C'est à dire que du coup tu peux ouvrir cette...

29:58

Et après dans un 2ème cercle, les amis. Alors il n'y a absolument pas de grief contre les parents.

30:04

J'ai été très entouré par les parents et les beaux-parents.

30:07

Mais ils sont âgés, c'est une autre génération. Il y en a un qui est décédé.

30:12

Donc aujourd'hui c'est moins facile d'obtenir vraiment un support et une aide.

30:18

C'est plus maintenant le futur, un peu nous et nos enfants qui encore plus qui font ça.

30:24

Et justement est-ce que aujourd'hui, s'il y avait quelqu'un qui venait à toi et qui te disait « j'ai appris que j'étais hypersensible

30:40

» et cette personne est un peu en panique parce qu'elle ne sait pas trop quoi faire.

30:44

Qu'est-ce que tu lui dirais?

30:51

Encore une fois, faire une réponse simple c'est difficile,

30:54

ça dépend du contexte. Mais globalement j'essaierais de lui expliquer que c'est pas une maladie.

31:00

C'est pas parce qu'on a les yeux bleus qu'on va être moins bien que quelqu'un qui a les yeux

31:04

marrons. Ou mieux d'ailleurs, c'est la même chose que je rêve qu'on arrête de dire que la femme

31:15

soit l'égale de l'homme. Déjà l'homme n'est pas l'égal de l'homme.

31:19

Au sens humain.

31:23

Oui. Bah chacun est différent.

31:25

Exactement, on est complémentaires. C'est ça qui est extraordinaire,

31:30

ça c'est une source d'émerveillement. Et le jour où on sera capable dans nos civilisations de capitaliser sur cette complémentarité

31:42

pour en faire une différence qui est un enrichissement et non pas un facteur de comparaison

31:46

négative, alors là, on aura franchi un cap. Maintenant,

31:49

je suis tout à fait conscient qu'il faut des quotas,

31:52

des choses comme ça. Puisque sinon, justement, ceux qu'on peut voir,

31:56

ils n'ont pas envie de le lâcher.

31:57

Oui, après, c'est sûr que ça crée de la discrimination.

32:00

Mais dans un monde idéal, puisque nous sommes idéalistes et on a dit sur ce podcast,

32:04

du coup, ce serait bien effectivement de pouvoir rendre un petit peu...

32:39

à chaque personne sa propre vie finalement.

32:41

Mais l'hypersensibilité, avoir des choses, des comportements,

32:41

des caractéristiques, voilà, qui font appartenir au spectre autistique,

32:41

ce qui est peut-être mon cas dans une certaine mesure pour en avoir discuté avec certaines

32:41

personnes... fait que ça peut poser des problèmes de socialisation,

32:41

ça peut poser des problèmes dans la norme... Ne pas être forcément dans le moule,

32:48

c'est une difficulté qu'il faut surmonter dans nos sociétés actuelles.

32:51

Ca ne devrait pas être une difficulté. C'en est une,

32:54

mais je pense que ça si on s'entoure bien, surtout,

32:59

il ne faut pas rester seul, ça c'est très important.

33:02

Et il faut bien s'entourer. Quand je dis pas rester seul,

33:05

il ne faut pas céder aux sirènes du premier beau-parleur ou du premier gourou qui va vendre n'importe quoi ou vouloir dominer

33:12

la personne parce qu'elle a soi-disant une faiblesse.

33:18

Personnellement, l'hypersensibilité, pour parler de ce sujet-là,

33:22

moi, m'a donné, je pense, une énorme résilience parce que,

33:25

contrairement aux obscurantistes dont on voit une résurgence aujourd'hui,

33:32

je pense que la connaissance, la vraie, pas l'opinion,

33:35

la connaissance... Le savoir. Le savoir ne doit pas être source d'angoisse.

33:40

C'est comme disait Einstein, l'univers est en expansion,

33:46

ce qu'on sait de l'univers, on met des petits ronds,

33:48

on dessine sur la surface du ballon, puis on gonfle le ballon,

33:51

et on voit que les espaces entre ballons ça ne fait que grandir.

33:53

Donc ce qu'on ne connait pas, plus on connait, plus on voit que ce qu'on ne connait pas est grand.

33:58

Et là on rejoint je sais que je ne fais rien.

34:00

Alors c'est vertigineux mais ça ne doit pas donner de l'angoisse,

34:03

ça doit donner de la force. En disant c'est extrêmement prometteur parce qu'on pourra toujours progresser vers quelque chose

34:11

de mieux, il faut juste le vouloir. Et le vouloir c'est pouvoir vivre ensemble.

34:16

Et vivre ensemble c'est penser à l'autre. L'altruisme,

34:20

c'est probablement une des notions fondamentales qu'on a un peu tendance à oublier dans le monde matérialiste dans lequel

34:27

on est rentré. Mais penser aux autres, ça fera peut-être prendre conscience qu'on n'est pas obligé de s'interrompre parce

34:33

que le téléphone sonne, que c'est pas parce qu'on appuie sur un bouton qu'il y a un produit qui

34:37

vient à soi, derrière il y a tout un système, il y a des gens.

34:39

Et si on pense un petit peu à ces gens, on dira peut-être plutôt que d'utiliser des esclaves Hommes

34:47

ou des esclaves machines, on va peut-être faire un peu plus d'effort soi-même et puis penser un

34:54

petit peu à l'autre. Et il ne s'agit pas de se contraindre.

34:58

Je suis très individualiste, mais la notion de l'individu qui fait partie d'une espèce,

35:09

c'est extrêmement important. Il ne s'agit pas de tuer l'individu pour qu'il ne vive que par rapport

35:17

à une communauté. On n'est pas des fourmis, ou j'allais dire autre chose,

35:20

mais ça va être politisé, donc je ne le dirai pas.

35:21

Ni un individu à liste forcené qui dit « moi, de toute façon,

35:29

j'ai un presse-bouton, le reste du monde, je m'en fous ».

35:32

On a ces deux tendances aujourd'hui. Dans certaines dictatures,

35:36

l'individu n'existe pas, il n'a pas voix au chapitre.

35:39

Donc la liberté est très très faible. Dans d'autres sociétés,

35:45

avec énormément de confort matériel, on a oublié ce que veut dire savoir et être heureux,

35:55

et on ne pense qu'à sa pomme.

36:00

Justement en termes d'individu, tu le vois comment la suite de ton chemin ?

36:09

Ben, moi, la notion d'âge m'a toujours posé problème,

36:13

mais pas au sens où les gens l'entendent. C'est que pour moi la vie est continue.

36:16

Alors marquer des symboles je comprends l'utilité,

36:21

je comprends le prétexte pour pouvoir justement se réunir avec des gens qu'on aime ou des choses

36:26

comme ça, je pense aux anniversaires ou des trucs comme ça.

36:29

Mais pour moi l'anniversaire ne représente rien.

36:31

Socialement oui, il peut représenter. Mais en termes d'évolution d'un individu,

36:36

il ne représente rien. La vie est continue tout le temps.

36:38

C'est pas parce que "que faisiez-vous dans la nuit du 24 septembre au 25 septembre" ?

36:49

Il n'y a rien qui a fondamentalement changé. J'ai pas un an de plus.

36:54

On s'en fout. Par contre, chaque seconde, chaque microseconde,

36:57

chaque nanoseconde, chaque picoseconde qui passe,

37:00

chaque femtoseconde, oui je vais changer ! Et d'ailleurs la notion,

37:04

pour reprendre le bateau de Thésée, nos cellules elles meurent et il y en a d'autres qui sont

37:11

créées. Mais qui es-tu Emmanuel? Est-ce que le Emmanuel que je suis aujourd'hui,

37:19

c'est le Emmanuel que j'étais il y a 20 ans ? Est-ce que c'est la même personne au sens vraiment

37:25

physique du terme ? Ou le fait que le temps est passé fait que je me suis dupliqué de manière continue et infinie pour arriver

37:34

à l'Emmanuel que je suis aujourd'hui ? Et à la seconde où je pars,

37:37

à la fin de l'interview, c'est pas le même Emmanuel qu'avant.

37:40

A quel moment je ne suis plus celui d'avant ? Si je me croisais dans la rue,

37:46

moi aujourd'hui et moi à l'âge de 5 ans, je ne me reconnaîtrais pas,

37:49

et je ne penserais pas la même chose. Donc je ne suis pas la même personne.

37:52

Mais tu vas quand même continuer ton chemin.

37:56

Mais c'est ça qui est magnifique.

37:58

Donc tu vas continuer de juste ressentir autour de toi...

38:04

La vie, l'individu, est un continuum pour moi.

38:07

Donc finalement tu vis beaucoup dans le présent, pour quelqu'un qui pense beaucoup au futur.

38:15

Pour pouvoir appréhender le présent, il faut énormément penser au passé,

38:19

énormément penser au futur. Donc effectivement je ne vais pas sur TikTok pour ça !

38:27

Je crois que c'est le mot de la fin ! Et bien écoutez,

38:34

je vais juste proposer une mini conclusion parce que j'aime bien quand même laisser un peu une

38:41

petite comparaison artistique, c'est un petit peu mon petit rituel de fin de podcast.

38:47

Est-ce que tu aurais une phrase, une oeuvre, quelque chose d'artistique qui pour toi représenterait le mieux l'hypersensibilité ?

38:58

La musique et particulièrement certains morceaux.

39:00

J'en ai cité quelques-uns tout à l'heure, mais je pourrais citer par exemple un morceau qui est

39:05

emblématique pour moi, qui est l'ouverture de Tannhäuser de Wagner,

39:08

ou la mort d'Isolde du même Wagner d'ailleurs. Et ça c'est quelque chose,

39:15

quand j'ai écouté la première fois Tannhäuser, je me suis dit,

39:49

"Ah ! Ce mec", je ne parle pas de la personne Wagner,

39:49

hein.

39:49

Oui oui !

39:49

Qui est assez détestable par ailleurs. Mais ce qu'il a composé là,

39:49

je me suis dit "mais c'est pas lui qui l'a composé,

39:49

c'est moi!". Il a fait ce que j'avais en moi! Ressentir ça,

39:49

c'est incroyable. Et il y a très peu de personnes avec qui on peut je dirais partager tripalement

39:49

(pas tribalement, tripalement) ça.

39:49

Avec les tripes.

39:49

Parce qu'il faut qu'elles aient vécu ce même genre de choses.

39:52

Pas forcément avec la même oeuvre. Mais de dire en fait non,

39:57

c'est pas quelque chose que je trouve très beau et qui me touche,

39:59

c'est "Il a composé ce que j'avais en moi".

40:02

C'est la définition de toi.

40:04

C'est l'ultime reconnaissance, compréhension de ce qu'on est.

40:07

Ça, c'est extraordinaire. Et du reste, c'est un morceau que j'ai eu par cœur instantané.

40:15

Comme si c'était moi qui l'avais composé et que j'avais eu un traducteur qui me l'avait mis sous

40:21

forme de notes. Ça, c'est extraordinaire.

40:25

C'est très beau.

40:26

Et je ne l'ai pas ressenti beaucoup.

40:28

C'est très beau. Je pense qu'effectivement, c'est la meilleure chose qu'on puisse dire,

40:33

de trouver... Trouvez-vous votre œuvre, quel que soit l'art qui vous touche,

40:39

trouvez-vous votre œuvre qui fait que vous l'avez composée vous-même.

40:42

Il y en a quelques autres, pareil, que je mets dans ce même genre de choses.

40:47

Il y a le deuxième mouvement de la septième de Beethoven,

40:50

déjà la septième de Beethoven dans son intégralité,

40:55

qui m'a fait ressentir ça en disant oui ! Il y a certains passages de certains morceaux,

41:00

par exemple le début du Requiem de Mozart on n'a pas l'impression qu'il a composé quelque chose qui

41:07

nous touche, on a l'impression que c'est en nous.

41:09

Alors il y a une notion de rythme et de pulsation là-dedans.

41:14

Le Boléro de Ravel est un exemple faussement simple de ce côté hypnotisant où on dit "ouais,

41:21

tiens ça correspond à quelque chose de très organique",

41:23

"c'est les bassements du coeur", "on peut marcher en rythme",

41:26

ça augmente. Et quand on le met à la bonne vitesse,

41:33

il ne faut pas l'interpréter trop vite ou trop lent,

41:35

ça entre en résonance, et en résonance avec quelque chose qu'on a en nous,

41:41

comme si on avait encodé ces morceaux-là et qu'on a eu ces traducteurs qui nous l'ont mis d'une

41:48

manière répétable.

41:50

Je pense que je ne trouverais pas de meilleur exemple,

41:52

parce que c'est vrai que moi, je suis très touchée par la musique aussi,

41:54

donc forcément, c'est les meilleures traductions,

41:57

entre guillemets. Et je pourrais dire aussi que,

42:00

finalement, en exemple de l'hypersensibilité, cette capacité à lire,

42:04

par exemple, un livre qui nous touche et d'avoir cette vision à 360.

42:09

Alors, en littérature, j'ai ressenti ça à quelques moments,

42:11

plus rarement. Ce n'est pas sur des phrases particulières,

42:16

mais sur des concepts ou des idées, et la manière dont elles sont amenées,

42:20

structurées. Quand on dit « je n'aurais pas dit mieux »,

42:24

par exemple, c'est une manière un peu simpliste de le dire.

42:26

Oui, il a exactement exprimé ce que j'avais en tête avec les nuances,

42:30

les trucs, les machins. C'est très rare parce que...

42:33

Je sais que moi, quand j'ai lu justement la description de la Lorien dans « Le Seigneur des

42:39

Anneaux », je voyais toute la forêt autour de moi et ce sentiment de plénitude et de bien-être,

42:47

de sécurité et en même temps d'avoir un peu accès à tout en même temps dans cette forêt.

42:52

Et bien c'est très, quand on est anxieux, le fait de pouvoir se dire voilà j'ai trouvé un endroit safe. safe.

43:03

Un havre de paix.

43:04

Un havre de paix exactement. Ca fait un peu ça aussi sur la musique.

43:08

Alors sur l'hypersensibilité, le côté ludique, le côté musique,

43:13

le côté contemplatif nature, je n'ai pas parlé d'un sujet aussi : les animaux.

43:20

Par exemple je suis très sensible aux animaux.

43:22

D'ailleurs vous avez dû entendre le chat probablement miauler pendant ce podcast comme d'habitude.

43:28

Parce que nous sommes des animaux. Je suis très sensible aux animaux.

43:33

C'est d'ailleurs un métier que j'aurais aimé faire de m'occuper d'animaux,

43:37

plutôt sauvages d'ailleurs. Je suis extrêmement ému et des fois ça me provoque la même sensation

43:44

qu'avec des musiques. C'est-à-dire que voir d'autres espèces,

43:48

y compris des arbres, des fleurs, je me dis oui tiens ça ça donnerait envie de croire en Dieu.

43:55

Bon j'ai un problème avec ça, parce que je ne suis pas athée,

43:58

je ne suis pas croyant, mais j'ai un gros point d'interrogation,

44:01

et je pense que ça je l'aurai jusqu'à ma mort. Mais on se dit c'est pas possible que des choses aussi belles qui nous font

44:11

ressentir autant d'émotions n'aient pas une essence divine en elle.

44:15

Oui, pourquoi c'est là par hasard?

44:17

Alors, mais qu'est-ce que ça veut dire, essence divine?

44:18

Est-ce que c'est quelque chose d'extérieur, qui,

44:20

etc. Donc, c'est les religions, les croyances et tout.

44:24

Ou bien, on pourrait dire que c'est une part divine en nous,

44:29

quelque chose qui nous transcende.

44:30

Ou peut-être juste l'hypersensibilité?

44:33

Je ne sais pas. Je pense qu'on peut ressentir de très fortes émotions sans être hypersensible,

44:41

mais je pense que l'hypersensibilité décuple ça.

44:44

Ah oui, totalement, totalement.

44:45

Moi je pense que c'est une force. C'est comme si on dit "tu préfères voir mille couleurs ou en voir deux?" deux?"

44:52

Mille ! Mille ! Mille !

44:53

Je préfère voir mille. Alors oui, à un moment donné,

44:55

on est submergé. Mais je préfère en voir mille.

44:58

Voilà, et du coup sur ces bonnes paroles nous allons aller voir mille couleurs.

45:03

En tout cas merci beaucoup Emmanuel pour cet échange sur l'hypersensibilité.

45:07

C'était un plaisir de te recevoir ici sur ce podcast.

45:10

Un plaisir réciproque.

45:17

Merci d'avoir écouté Voix Plurielles. Comprendre,

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c'est déjà faire un pas vers l'autre. C'était Delphine,

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et à bientôt pour une nouvelle rencontre, une autre façon de voir le monde.

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