La semaine dernière.
Aujourd'hui, je reçois Delphine.
Salut Delphine!
On va beaucoup se marrer, je pense. Ça va être très drôle.
Et on va parler ensemble de l'anxiété. Et ça, c'est un vaste sujet.
Moi, j'aime bien qu'on essaye de discuter un petit peu sur le vivre avec.
C'est-à-dire comment ça se passe quand on est anxieux,
ou anxieuses, au quotidien, les répercussions que ça peut avoir,
c'est-à-dire vraiment dans l'aspect global de la vie,
qu'on soit bien d'accord, vie personnelle, vie professionnelle,
sociale, émotionnelle et tout. Parce qu'en fait,
c'est pas pareil quand on est avec des gens, si on est tout seul à angoisser.
C'est le problème. Mais dès qu'on est avec des gens,
ouais. Dans les différentes sphères de la vie...
Au niveau professionnel c'est quand même compliqué de,
comment dire, de faire comprendre l'anxiété, parce que c'est pas trop l'espace non plus de faire
comprendre ça, mais forcément c'est présent. Donc ouais je sais pas...
Tu vis, t'es obligée de supporter.
Ouais, de te suradapter pour faire ce que tu as à faire,
ce qu'on te demande quand même d'apporter.
Tu fais beaucoup de masking au travail ?
Oui Oui, je ne vais pas trop partager mon anxiété.
T'arrives, tu dis « Bonjour, c'est Delphine! Et ça va super! » »
Oui, un peu, oui. Je viens et je fais ce que j'ai à faire,
et puis je garde mes anxiétés pour moi ou pour mon entourage proche ou...
Les pauvres... Et en fait avant ça pouvait m'arriver de partager mon anxiété.
Je le fais toujours un peu, beaucoup moins, je choisis mes moments,
par exemple ça sort pas de manière impulsive. En fait quand je ressens le besoin je me dis "bon t'as le droit un tout petit
peu", comme ça, ça montre aussi qui ils ont en face.
En fait t'es plus en conscience. Le partage de ton anxiété au travail,
tu la contrôles pour que ça sorte bien. Bah oui Muta je sais bien que tu es anxieux toi aussi !
T'avais pas assez de croquettes.
Oh là là là là... Pas nourri depuis 2005.
Et puis en fait au final maintenant ça va mieux l'anxiété au travail.
Dans mes cours, je ne suis pas du tout anxieuse,
quand je donne mes cours.
Je pense que tu as fait suffisamment de ce qu'on disait justement, d'exposition. d'exposition.
Oui, oui. En fait, ça s'apprend de donner des cours et j'ai déjà une bonne base.
On apprend toute la vie après. Et du coup, je commence,
enfin, on parlait de l'estime de soi, et j'ai une bonne confiance dans mes cours en fait,
j'ai des bons retours. Les élèves aiment bien les cours,
ils avancent, ils progressent, donc en fait c'est hyper positif.
Et oui l'anxiété ça va avec beaucoup la confiance,
et souvent on s'inquiète de choses extérieures, ce que peut penser un tel ou un tel,
ou est-ce que j'ai bien fait avec ce que j'ai bien fait,
etc. Mais en fait, si on dézoome, le fameux dézoom,
et qu'on réoriente l'attention vers soi, vers comment on a envie de faire les choses,
ce qu'on sait, ce qu'on sait faire.
C'est-à-dire être satisfait, mais sans penser au retour qui peut se passer.
Voilà. Juste être satisfait de ce qui est sorti. Faire comme bon nous semble et se remettre en question et apprendre et évoluer
et grandir, etc. Mais de faire du mieux qu'on peut,
quoi, de toute façon, voilà. Et d'avoir une certaine confiance en ce qu'on donne et ce qu'on est, en fait. en fait. fait.
Du coup, tu penses qu'aujourd'hui, t'es plus indulgente envers toi-même?
Oui.
Professionnellement parlant, j'entends du coup qu'on était sur cette sphère-là.
Oui. Tu vois, quand je joue en orchestre, là, j'ai encore de l'anxiété,
j'en ai beaucoup moins qu'avant, et c'est dans les passages rapides.
Quand je vois un passage rapide arriver sur la partition,
alors là, il y a le corps qui se crispe, et du coup,
c'est pas simple de jouer rapide avec un corps en briques.
Et en fait je suis en train de faire des concerts tous les week-ends,
toujours le même, donc en fait je teste plein de choses pour détendre ces moments là,
que je sais faire chez moi mais que j'arrive pas en orchestre parce que j'ai peur de mal faire.
Donc je teste plein de choses. Encore une fois concentrer son attention ailleurs,
soit sur son corps directement, mais pas sur les notes,
pas sur la réalisation de la chose, mais plus comment je me sens et si je me détendais un petit peu
le corps en fait.
Plutôt que, "oh mon dieu, une sextuple croche !".
Voilà, c'est ça, ouais "où je mets mon archet", "combien j'allonge" etc.
De porter son attention ailleurs, et puis surtout de porter son attention sur les autres aussi.
Mais loin en fait, loin dans l'orchestre. Tiens je vais aller écouter le musicien qui est de
l'autre côté pendant la difficulté, comme ça en fait ça élargit le cerveau,
enfin ça assouplit le cerveau, encore une fois.
Ca enlève cette boule.
Ca enlève la boule de l'hyperfocalisation. Et du coup qui fixe et qui crispe et voilà.
En fait l'ouverture.
C'est vraiment comme une grande respiration du cerveau.
Et pour tes proches, tu disais que c'était plus facile de leur en parler.
C'est plus facile, mais en fait, il y a beaucoup moins de barrières pour moi.
Et des fois, c'est trop. C'est-à-dire que ça part,
je l'exprime direct et sans pouvoir le contrôler.
Alors maintenant je suis assez contente de le dire,
ça va beaucoup mieux. Mais pendant des années, je suis auprès de ma famille ou auprès de mes amis
proches, ça partait direct sans pouvoir maîtriser le fait que j'exprime mes craintes et mes
interrogations. Et des fois je suis en boucle et je leur pose mille fois la même question,
et du coup, face à ça, donc c'est quand même des gens proches à qui je me permets ça.
Je me sens en confiance en fait, c'est la confiance.
Bien sûr, mais du coup, même si tu as confiance en eux et qu'ils ont confiance en toi,
c'est des fois difficile de recevoir quelque chose qui est pur émotionnel.
Et qui n'a pas forcément un lien avec le "j'ai peur de",
puisque du coup c'est juste l'émotion brute qui sort,
et c'est difficile des fois d'exprimer juste plus calmement le "j'ai peur de ça et donc" blabla.
Exactement. En fait ça sortait brut, il n'y avait aucune passoire,
j'avais pas traité l'information parce que je ne savais pas comment ça fonctionnait en plus avant.
Donc juste ça sortait de manière très brute. Donc il y a eu cette grande phase là après,
il y a eu la phase où j'ai pris conscience de pourquoi j'étais anxieuse.
C'est parce que ça ne me convenait pas, donc là je traitais la chose dès que ça arrivait et je faisais une sorte de résumé
et je pouvais l'exprimer de façon plus consciente et plus terre à terre.
C'est ta résolution du paradoxe.
Voilà. Et maintenant, en ce moment, je ne suis pas à l'abri,
mais en ce moment ça va, je suis arrivée à un stade où j'arrive à lâcher par moi-même la chose qui
me contrarie.
Ah bravo ! J'applaudis sans son parce que le podcast,
mais j'applaudis sans son.
Oui mais après on n'est pas à l'abri.
C'est pour ça qu'on touche du bois. Mais c'est super bien parce qu'en fait finalement c'est
connais-toi toi-même, et essayer d'avoir plus d'informations sur comment tu fonctionnes.
Et donc derrière, tu peux plus facilement communiquer si tu sais comment toi,
tu fonctionnes.
Oui, exactement.
Voilà, le chat a encore du travail à faire pour communiquer.
C'est ballot. Ils ne communiquent que par miaulement, franchement. franchement.
Donc oui, mes proches, il y en a qui sont un peu...
Enfin, ils étaient démunis parfois, de l'impuissance qu'ils ressentaient.
Ils ne comprenaient pas non plus pourquoi j'étais en boucle,
et que je répétais toujours la même chose alors qu'ils m'avaient déjà répondu mille fois.
Ils ne comprenaient pas, ils n'avaient jamais vu ça.
Ce qui est des phrases qui sont dures dans cette situation,
quand toi tu es anxieuse et que la personne en face elle dit "mais je n'ai jamais vu ça".
Tu es là "c'est encore bien après du coup ?" Mais il y a des personnes...
J'ai une amie, par exemple, qui a... Je trouve, enfin,
ça la fatigue quand je suis anxieuse, ça la fatigue,
des fois elle a besoin de se, de...
De prendre l'air.
De prendre de la distance, un peu. Mais je trouve qu'elle me répond d'une manière très ferme,
et elle me rassure sur le point, elle me dit stop,
elle me dit je t'aime. Mais en fait ça, ça me fait du bien.
Ca me faisait du bien, parce que ça va mieux, ça m'arrive encore mais...
Et ça me faisait du bien parce que c'était très ferme "stop".
Et j'avais besoin de ça, parce que je, je...
Ben ça mouline quoi sinon.
Ca moulinait, et j'étais tellement mal que ça mouline,
et tellement mal d'être en boucle avec les gens,
c'était horrible.
Mais du coup le "stop" était doux parce qu'après il y avait le "je t'aime".
Oui c'est ça.
Bah oui parce que du coup s'il y a juste le stop...
Ah c'est horrible juste le stop. Il y a le stop, t'inquiète pas tout va bien,
je t'en veux pas de m'avoir posé la question, je t'ai rassurée,
et je t'aime. Mais par contre stop, ça sert à rien.
Stop. Pour tout le monde, pour le bien-être de tout le monde.
Et puis surtout pour ton bien-être à toi. Parce que ça t'arrête de faire mouliner.
Et ça, arrêter de mouliner, surtout sur une boule dure,
c'est vraiment une boule de pétanque dans le cerveau.
C'est ça.
Et est-ce que dans ton entourage, on a vu comment ils percevaient ça,
c'est-à-dire que ça les a interloqués au début mais maintenant ils sont plus formés à ça en fait,
maintenant ils sont habitués, ils ont compris, et donc ils peuvent t'accompagner.
Oui.
Donc ça c'est hyper possible, euh hyper positif, oui c'est hyper possible mais c'est aussi hyper
positif.
Enfin je dis que ça va mieux, mais quand même il reste un petit peu avec ma famille.
Je suis encore anxieuse, enfin je partage mon anxiété quand même avec ma famille.
Après, c'est important de communiquer quand même.
Oui.
Et puis du coup, si tu as fait toute ta petite réalisation de communication qui est moins dans le
brut et plus dans le partage...
On est sur le bon chemin.
C'est le plus important. Et puis du coup, si c'est des personnes qui te soutiennent aussi...
Oui, complètement.
Parce que c'est vrai que ça peut arriver aussi d'avoir des gens,
heureusement pas nous, mais je veux dire des personnes qui n'ont pas ce soutien.
Que ce soit familial ou amical, parce que les amis c'est un peu la famille qu'on choisit.
Mais du coup c'est vrai que c'est très important de pouvoir trouver des piliers sur lesquels on
peut s'appuyer, mais surtout partager. Parce que finalement c'est un appui commun l'un sur l'autre.
Et t'as eu des gens dans ta vie qui t'ont blessé par rapport à l'anxiété ou même au contraire qui ont été un peu des lumières
ponctuelles dans ta vie de t'avoir apporté des solutions ?
Et bien ouais. Du coup il y a ce genre de réaction que je disais tout à l'heure "j'ai jamais vu
ça". Ca fait que tu te dis mais "qu'est-ce, qui suis-je?",
comment ça se fait personne ne comprend en fait ?
Quand on ne comprend pas c'est dur. Et oui, des phrases aussi un peu dures à entendre,
un peu secs, sèches, des phrases sèches, qui ne fait que renforcer l'anxiété,
qui en ajoute « mince, en plus, ça ne va pas, parce que mince,
j'étais comme ça, parce que… »
En fait, ça rajoute une couche sur le…
Carrément une grosse couche.
Sur la boule de pétanque.
Mais bon voilà, c'est que les gens ils comprennent pas forcément,
ils savent pas comment réagir, et voilà. Donc ouais,
les personnes lumineuses, c'est les personnes déjà qui prennent le temps de,
en fait moi je suis très reconnaissante pour toutes les personnes qui m'ont accompagnée.
Qui ont vécu avec moi mes boucles. Et qui n'ont pas abandonné le truc.
Qui sont toujours là dans ma vie. Et qui dézooment elles-mêmes aussi.
Qui voient que je ne suis pas que anxieuse.
Tu n'es pas qu'une boule de pétanque, Delphine?
Je ne suis pas qu'une boule de pétanque. Je suis une boule à facettes.
Oh, c'est beau! Je pense que c'est important justement de pouvoir s'ouvrir à ce genre de personnes
lumineuses, c'est-à-dire de s'autoriser à les voir et à interagir avec ces personnes.
Et une fois qu'on a pu interagir avec ces personnes,
de pouvoir chérir la relation qu'on a créée avec elles.
Parce que c'est ça en fait la clé pour que le cerveau puisse avoir cette fameuse exposition de
"c'est pas grave" en fait. Parce que finalement ce que tu disais avec ton amie,
de dire stop mais je t'aime, du coup ça permet quand même de redescendre du fameux plateau de
l'anxiété, puisque t'es sûre que si tu sautes de ce plateau,
tu vas arriver dans une piscine à boules. Parce qu'elle t'a dit je t'aime.
Donc du coup tout va bien.
Oui tout à fait.
Et ça c'est hyper important de pouvoir avoir des gens comme ça.
Mais il faut pouvoir s'ouvrir justement à ces personnes,
et donc, a minima, essayer de communiquer, ce qui n'est pas toujours facile.
Donc, bravo à toi, en fait.
Merci. Et puis, souvent, ça va dans les deux sens aussi.
Nous aussi, on les aide autrement. Parfois, d'autres problématiques,
troubles ou pas, mais on n'est pas...
On a de l'empathie.
On n'est pas une boule.
Hermétique.
On va pas rester sur le sujet, on n'est pas un boulet quoi !
C'est ça que je veux dire, c'est du soutien aussi mutuel.
Oui c'est ça, c'est très mutuel finalement, c'est beaucoup dans le partage.
Et justement, en termes de partage, j'aime bien les trucs positifs,
et du coup même si on parle de l'anxiété, let's go pour essayer de voir,
de mettre justement en lumière (puisqu'on parle de lumière),
la part positive en fait, tout ce que t'as pu gagner finalement en étant anxieuse.
Ouais. Ça m'indique pas mal de choses, en fait. Déjà,
quand je suis fatiguée, quand j'ai besoin de me reposer,
de ralentir, quand une personne me contrarie vraiment beaucoup,
peut-être que je n'ai pas besoin de cette personne dans mon entourage.
C'est vrai.
Oui, c'est un indicateur, en fait.
Une boussole hyper précise.
C'est une boussole, oui. Et très précise, parce que si on fait vraiment attention où ça se loge
dans le corps, on sait du coup, ah, c'est un problème de communication,
ah, c'est un problème au niveau sentimental, ah,
c'est un problème d'ego, ou je ne sais pas.
On en a plein le dos, avec les épaules qui ploient.
Oui, j'en ai lourd sur le dos. Oui, voilà. C'est en fait quand on s'y intéresse de manière pas
obsessionnelle, mais juste de manière, tiens, tu m'apportes une information,
quelle est-elle, et ça, ça peut en fait faire aménager joliment la vie.
C'est vrai. En fait, finalement, c'est appliquer la méthode scientifique à l'anxiété.
La méthode scientifique?
C'est-à-dire analyser les faits, voir ce qui se passe,
et justement tirer des conclusions par les faits uniquement,
et pas en partant dans 18 sens. Justement, en termes de force et de positivité par rapport à tout
ça, qu'est-ce que tu pourrais dire par exemple à quelqu'un qui découvre son diagnostic d'anxiété
généralisée, ou de troubles anxieux en général ?
Sacrée question. Ça va aller. Tu vas trouver les pièces du puzzle dont tu as besoin pour que ce soit un joli puzzle fonctionnel
dans la vie que tu as envie de vivre. Et c'est un chemin en fait de découverte de soi,
de je dirais aussi de... D'être empathique avec soi-même,
d'être dans l'acceptation du truc, et de s'emmener un petit peu par la main,
faire des choses déjà qui font du bien, et petit à petit d'élargir ces choses qui font du bien,
l'ouverture, et puis de s'entourer déjà. Au mieux de s'entourer,
ne pas rester isolé, ça, vraiment. Et être entouré de spécialistes aussi.
Et ceux qui ne voient pas l'anxiété ou ceux qui...
Il faut changer. Il faut trouver quelqu'un qui nous convienne aussi dans la thérapie.
C'est vrai que nous ne sommes pas mariés avec nos spécialistes.
Et on peut essayer de trouver quelqu'un qui nous correspond.
En plus, ça coûte. Donc, vraiment, il faut avoir quelqu'un qui nous corresponde.
C'est très vrai. C'est très vrai. C'est absolument vrai.
Et même, je dirais plus, c'est vital.
C'est vital. Oui, c'est vital.
Parce qu'aujourd'hui, déjà, il y a plein de praticiens et praticiennes qui ont eu des
apprentissages différents. Donc, il faut trouver aussi la personne qui va pratiquer le type de psychologie ou psychiatrie
qui peut justement nous aider. Et aussi le caractère de la personne,
puisque ça reste des humains avant tout, donc c'est important de pouvoir trouver le caractère de la personne qui va correspondre
aussi à notre caractère, à un accompagnement dans lequel on va se sentir en sécurité...
Compris.
Oui tout à fait très très important.
Et compris dans son contexte. C'est à dire moi j'ai eu un psy qui était pas du tout dans ma
réalité, qui comprenait pas ma vie. J'avais 19 ans,
mais il comprenait pas la vie de 19 ans. Il avait une vie,
dans son modèle j'avais 32 ans, il me parlait comme si j'avais 32 ans par rapport aux relations etc.
J'étais pas du tout là dans ma vie. Donc quelqu'un qui convienne bien, c'est ça. c'est ça. ça.
Et il y en a plein. Testons. Comment tu vois la suite de ton chemin ma chère Delphine ?
Au sujet de l'anxiété ?
Et puis de ta vie.
Et de ma vie. C'est une aventure la vie c'est vrai.
C'est un chemin, on va en avant, et on découvre plein de belles choses,
plein de belles personnes, et on partage des choses avec tout ce beau monde et...
Et voilà!
Plein de positif, alors on te le souhaite en tout cas.
Déjà que tu as fait mille progrès au niveau de l'anxiété.
Pour conclure, je voulais juste voir avec toi, pour laisser une petite impression délicate,
tout ça. Est-ce qu'il y a une phrase, une œuvre,
ça peut être cinéma, livre, tout ce que tu veux,
musique, qui représente un peu ton rapport à l'anxiété ?
Donc ça peut être quelque chose qui traite de l'anxiété,
mais ça peut être aussi quelque chose qui ne traite pas de l'anxiété,
mais qui, toi, te parle. Ça peut être aussi un fragment d'une œuvre.
Ça peut être un petit peu tout.
Je cherche. Donc. Je pense qu'il y a pas mal de musiques qui m'ont fait penser à mon anxiété.
Lesquelles? Je ne sais plus. Mais il y a de la danse aussi que j'ai pu voir,
la danse contemporaine qui est hyper expressive et je trouve très très parlante sur tous ces sujets
d'anxiété, de santé mentale. Je trouve que c'est très représentatif.
Moi ça me parle beaucoup de ça.
Pour le rapport au corps justement.
Voilà, les mouvements saccadés de suffocation qui grandissent et après ça évolue et ça change en
autre chose. Alors, pour essayer de citer quelque chose de plus précis,
il y a Hofesh Shechter, c'est un super chorégraphe contemporain qui a fait des spectacles,
notamment à l'Opéra Garnier, et j'avais été, justement,
j'étais anxieuse, j'avais un abonnement pour voir les répétitions,
et donc j'y suis allée un peu, enfin un peu la flemme,
un peu, pas très bien, tout ça, et je me suis installée au milieu de l'opéra Garnier et là ça a
commencé, j'étais bouche bée, ça m'a scotché, j'étais plus du tout anxieuse,
j'étais fascinée. Et c'était de la danse contemporaine donc très saccadée,
et pour moi c'était plutôt ça exprimait beaucoup de...
Un peu de mal-être. Surtout, moi, ce que j'ai ressenti,
c'était le mal-être de la planète, au niveau écologique,
je ne sais pas pourquoi j'avais ressenti plus ça,
mais voilà, Hofesh Shechter. Et il est dans un film qui s'appelle En corps,
de Clapisch.
Encore ?
En corps, le corps, C.O.R.P.S.
Oh ! D'accord, jeu de mots, je vois.
Voilà.
Et bien moi, en termes d'anxiété, je vous parlerai de la pièce No(s) Futurs,
écrite par Vincent Leconte, qui parle d'éco-anxiété.
Parce qu'on n'a pas parlé de ça, mais effectivement on peut être très anxieux par rapport à l'état
du monde aujourd'hui, et à l'écologie en règle générale.
Et cette pièce de théâtre, donc No(s) futurs, N-O entre parenthèses S,
parce que du coup, est-ce qu'il n'y en a pas ou est-ce qu'il y en a plusieurs et ce sont le nôtre ?
Nous ne saurons jamais. Mais cette pièce est vraiment très bien,
et elle a été créée à partir de témoignages de plein de personnes justement qui ont témoigné par rapport à l'éco-anxiété et
c'est ça qui a fait le texte de la pièce.
Trop bien, trop chouette.
Après bon toutes les dystopies de l'univers aussi ça marche très bien en termes d'anxiété.
Et d'ailleurs je vais reciter une oeuvre qui a été créée par Vincent Leconte et sa compagnie Le
Naviren c'est 1mpro84, qui est du théâtre de tréteau,
qui se joue dans un mètre carré, et c'est des mini dystopies,
donc très sur l'angoisse du monde. Bon voilà. J'ai beaucoup cité Vincent Leconte.
Qui a fait un super spectacle sur les TOC.
Exactement, En mains propres. C'est vrai, totalement.
On en avait parlé dans l'épisode sur les TOC, ce cher Vincent.
Mais de toute manière, tout ce qu'il crée, vous pouvez y aller les yeux fermés.
Mais là on a fait le focus sur l'anxiété, donc ce sera uniquement No(s) Futurs et 1pro84,
sinon on aurait toute la nuit pour citer les œuvres de Vincent.
Voilà, en tout cas ma chère Delphine, c'était un immense plaisir de te recevoir ici.
Tout pareil. Je te remercie pour cette invitation et ce moment de dialogue.
Parce qu'on en parle de temps en temps entre copains,
mais on ne prend pas vraiment le temps de mettre les mains dans le cambouis,
et ça fait du bien.
Comme ça le monde pourra être aidé, si jamais.
Peut-être, si ça peut aider ne presque qu'une personne,
c'est gagné.
Exactement merci mille fois en tout cas Delphine.
Merci beaucoup à toi.
Merci d'avoir écouté Voix Plurielles. Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.