La semaine dernière.
Aujourd'hui, je reçois Léo. Bonjour Léo.
Bonjour Delphine.
Et on va parler de beaucoup de choses, mais principalement de TDAH.
Avec ou sans H, d'ailleurs.
Avec ou sans, c'est important.
Tout à fait. Vivre avec ça, eh ben…
Bon courage, bonne chance.
Bon chance. Parce que du coup, ton quotidien, vu que tu as… Donc sur le TDAH,
comme tu dois vivre aussi toutes tes autres particularités avec ce TDAH,
comment ça se passe quand t'es avec les gens, quand t'es au professionnel,
etc. Au niveau social, sociétal, comment va ton TDAH avec ses petits copains?
Avec le TSA du coup, probablement. Donc, aussi, je veux revenir au côté spectre,
que j'adore, parce que oui, et constellation, c'est un plus joli mot,
une belle image, c'est ça, c'est qu'en fait, parfois,
vous allez glaner des éléments. Par exemple, pour la dyspraxie,
qui est très, très large comme dys, vous allez peut-être juste avoir une visio-spatiale toute
pourrie, et du coup, cette dyspraxie de l'organisation dans l'espace.
Ca arrive que vous n'en ayez qu'un, qu'un élément de ça et c'est pour ça que je trouve très important ce que font les chercheurs
d'aller dans le côté du spectre parce qu'en fait c'est,
en fait j'ai pas envie de dire que c'est l'avenir du handicap ou de la particularité mais en fait
c'est l'avenir des aménagements, c'est-à-dire qu'en fait...
Plus individualisé en fait.
Oui, plus individualisé, mais pas individualisé en mode je suis trop particulier,
non, pas ça. C'est juste qu'en fait, on ne peut pas se dire parce que tu coches plein d'éléments
d'un handicap, se dire toi, tu as le droit à des aménagements,
toi, tu coches seulement ça, tu n'auras pas le droit aux aménagements.
Alors, il y en a qui en abusent.
Malheureusement, c'est ce qui se passe à l'heure actuelle à la MDPH,
c'est des histoires de cocher des cases.
C'est totalement ça. Et pareil pour quand tu vas voir,
quand tu vas, j'ai déjà vu un neurologue que je ne nommerai pas,
mais j'ai trouvé ça assez ahurissant en fait. Je viens le voir et il me dit vous venez pourquoi?
Et moi je dis, en fait quand t'as 18 ans tu sais pas trop,
t'es un peu perdu, je lui dis "bah écoutez il y a une neuropédiatre (parce que quand on est enfant on voit des neuropédiates)
qui m'a diagnostiqué à l'âge de 12 ans une dystonie qui est généralisée chez moi".
Ça aussi, on peut avoir des dystonies partielles.
Genre juste dans le petit doigt ou un truc comme ça.
Voilà. Et moi, c'est généralisé, c'est tout le corps.
On a le packaging entier.
C'est bien.
Et en fait, j'ai une dystonie généralisée. Il me dit,
ouais, et pourquoi vous venez? Je lui dis, maintenant que je suis dans le milieu universitaire,
parce que j'ai fait des études de droit, mais à cette époque-là je commençais l'aventure avec une
L1 de droit. Sacré marathon ça aussi. Et je lui disais pour poursuivre mes aménagements j'ai besoin
d'une expertise, d'un neurologue quoi.
Un médecin pour adultes.
Alors, je lui ai dit, parce que moi j'aime bien procéder comme ça,
côté TSA, j'ai ça comme bilan, j'ai ça comme élément à vous apporter,
j'ai un ci, j'ai un ça, je peux vous raconter ça.
Il me dit, vous avez un dossier complet. Qu'est-ce que vous attendez de moi?
Je ne suis pas médecin.
Je ne suis pas médecin, exactement, Reda. C'est là où on cite Reda,
je ne suis pas médecin. J'avais envie de lui dire,
je ne sais pas, j'ai besoin de mes aménagements.
Du coup, il m'a fait une lettre. Et j'étais assez choqué du fait qu'il ne m'a pas diagnostiqué,
qu'il n'a pas pris le temps de poser des questions,
qu'il n'a pas pris le temps de faire des tests, parce qu'en fait,
on était encore sur, à mon avis, le moment de basculement,
en fait. Pourquoi j'appelle ça le moment de basculement?
Parce que ça a déjà basculé, le TDAH existait déjà à l'époque.
Oui il n'était juste pas diagnostiqué.
Et le TSA aussi. Mais en fait les vieux de la vieille ils ne connaissaient pas.
Et je tiens à préciser, je me considère comme un vieux de la vieille à 26 ans,
c'est à dire que en fait pour les personnes les moins alertes,
les moins aware, les moins informés sur le sujet,
et il y a des médecins qui ne sont pas informés sachez-le,
ou qui s'informent à retardement, ça arrive. On ne peut pas être informé de tout.
Moi dans la fiscalité je ne suis pas au courant de toutes les mises à jour,
sinon mon cerveau il pèterait un câble. Donc aussi pour le côté choqué mais indulgence en tout cas sans qu'il soit informé
des dernières news, il ne m'a pas fait passer de test.
J'ai trouvé ça, je trouve ça toujours bizarre. C'est à dire qu'on ne peut pas,
comme on en parlait des personnes qui se surdocumentent,
limite plus experts que certains médecins et qui savent exactement quoi répondre pour des tests ou
même pire, ceux qui ne sont pas documentés mais qui demandent juste aux médecins,
aux neurologues, je te paye pour que tu fasses des aménagements et que la personne dise d'accord.
Ce n'est pas vérifié.
Ce n'est pas vérifié. Et à côté de ça, il y a des conséquences.
Alors, comment je vais formuler ça? Ça m'est arrivé.
Ça m'est arrivé, histoire vraie. À un moment dans ma vie,
je ne vais pas être précis parce que je peux avoir des problèmes,
c'est ça le problème si je donne des éléments trop précis après je peux avoir des noises,
c'est sérieux quand je dis ça. En fait il est arrivé à un moment de ma vie où il a fallu renouveler
ces aménagements. Et comme je les ai eus pendant la fac,
comme je les ai eus pour le bac, pour toutes mes études.
Pour toi, c'était une routine quoi?
C'était évident que quand j'avais le discours de la médecin du travail,
la fameuse RQTH, je vais absolument la faire et tout.
Donc la RQTH, la reconnaissance de travailleur handicapé.
Que vous pouvez faire automatiquement quand vous êtes adulte et quand vous avez un dossier MDPH.
Je crois que c'est quasiment automatique ou du moins ils vont se repencher sur les éléments de votre dossier et puis normalement
je vois pas comment vous pouvez ne pas l'avoir. En tout cas mon dossier MDPH était périmé à l'époque depuis bien longtemps
parce que j'en avais pas besoin pour renouveler mes aménagements.
Et j'arrive du coup au bout d'un mois, et là je vais quand même m'informer et on me dit "bah si tu veux tes aménagements
faut absolument, (et ça c'est illégal) faut une RQTH".
Je suis en train de me dire mais attends, vous voyez bien que j'ai un dossier plus que béton.
Ils me disent "oui oui mais..."
Vous avez pas le petit sticker, quoi.
Tu n'as pas le sticker Panini, tu n'as pas la carte Pokémon,
tu n'as pas l'ex ou l'ex ultra rare. J'avais envie de dire qu'est-ce qu'on en a à faire.
Là aussi c'est le côté déréalisation et absurdité de la situation qui fait partie d'un des
troubles. Mais bref j'avais envie de le dire mais c'est totalement débile,
je ne pouvais pas le dire. Je l'ai pensé très fort.
Je me dis oui, mais vous comprenez, il y a pas mal de gens qui ont abusé.
Donc, à la fois, sur le moment, t'es en colère contre ceux,
parce qu'il y en a qui l'ont fait, je le sais, je déteste ces gens,
qui ont payé des professionnels pour avoir des aménagements qu'ils n'avaient pas forcément besoin,
et là, j'ai le droit de le dire, je vais le dire notamment pour des concours Sciences Po,
je sais qu'il y a des gens qui le font. Pour des concours,
on est tous évalués, on veut avoir sa chance, il y en a qui se disent,
ah, faire un sujet en 3 heures ou 4 heures, ah, flemme,
si j'allais me chercher un tiers-temps alors que j'ai des broutilles et des bricoles.
Et il y en a qui me l'ont dit "j'ai un peu amplifié c'est passé auprès du médecin et j'ai eu mon aménagement". aménagement".
Ouais mais du coup si ça pénalise des gens qui en ont réellement besoin et qui ne peuvent pas faire autrement... autrement...
On est d'accord. Après tu as certains organismes qui ont décidé de durcir la règle et qui se sont mis dans l'illégalité et
qui nous mettent tous en danger. Pourquoi je dis en danger,
parce que vous allez comprendre. Qui ont exigé une RQTH.
Une RQTH, je vais insister lourdement là-dessus,
ça ne s'exige pas, c'est un document qui permet de conforter tes droits quand tu as une situation
de handicap, une particularité. C'est quelque chose qui est fait pour te,
c'est un document un peu médiateur. Malheureusement on collectionne les stickers Panini,
les cartes Pokémon dans le monde dans lequel on vit.
C'est malheureux de devoir en arriver à là, de devoir avoir un document pour ça.
Mais la RQTH, ça sert à ça. Ça sert à dire, tu n'es pas d'accord,
tu ne comprends pas comment je fonctionne. Joker,
je n'ai pas à te le dire. Par contre, voilà, prends en compte mes droits.
C'est ça. Oui, c'est vraiment pour aider dans le milieu du travail parce que normalement,
n'importe quel employeur n'est pas censé savoir ce que tu as et l'exiger.
Mais par contre, toi, en tant qu'employé, tu peux t'en servir pour justement,
si tu n'arrives pas à avoir des aides de par autres moyens,
genre moyens humains, moyens de compréhension envers autrui,
si ça ne marche pas, tu peux mettre la RQTH comme aide.
C'est une explication beaucoup plus posée et concise que je ne l'aurais fait.
Et aussi, autre chose pour insister lourdement, personne n'a à demander qu'est-ce que vous avez,
qu'est-ce que vous avez réellement pour vos droits,
mais personne n'a à exiger que vous sortiez une RQTH si vous décidez de ne pas le dire.
Ça aussi, on peut en parler côté...
Oui, on peut l'avoir et ne pas le dire.
Exactement. Juste avoir un backup plan au cas où.
Vous décidez, vous êtes maître, vous décidez ce que vous dites et aussi ne dites pas tout.
Dites ce que vous voulez, faites votre tambouille.
Vous avez le droit de sortir la RQTH si vous voulez exiger que les droits soient appliqués.
Mais on n'a pas à vous l'imposer. Moi, on m'imposait d'avoir ma RQTH pour continuer à avoir mes aménagements. aménagements.
Ce qui est illégal donc.
Ce qui est illégal et du coup choquant. Et du coup,
il a fallu pour en deux mois, top chrono, parce que je n'avais pas le choix.
En deux mois, la MDPH, tu as réussi?
Il y a quelque chose qui s'appelle une procédure d'urgence.
La procédure d'urgence, quel est le meilleur atout pour la mettre en place?
Avoir un dossier qui est périmé, certes, mais qui est pré fait.
parce que du coup, en fait, pour travailler aussi dans des structures administratives,
en fait, du coup, pour aussi vous expliquer, l'afflux de demandes,
il est énorme. Il y a des demandes par centaines,
par milliers par jour. Je n'exagère à peine. Ah oui,
c'est énorme. C'est énorme le flux. Donc, ça va beaucoup plus.
Et en plus, la MDPH 92, ils ont eu une cyberattaque il n'y a pas si longtemps que ça.
Donc, il fallait tout refaire sur papier. Bref, c'était génial.
Tout le monde a des cyberattaques. Tout le monde.
Franchement, faites gaffe à ça, c'est pas pour le côté parano,
parce que moi-même, j'étais le côté un peu light sur les données personnelles,
mais non, en fait, là, en ce moment, on le voit,
ça devient de plus en plus lourd, vous êtes harcelé tous les jours au téléphone,
donc vous pouvez en avoir conscience, non, en ce moment,
il faut vraiment faire attention à ce qu'on donne,
à comment on le donne, et à la gestion de ça. Parenthèse fermée,
je vais essayer de reprendre le fil. Oui du coup personne n'a à exiger du coup votre RQTH,
ça on l'a bien dit. Et en fait oui comment ça s'est passé en deux mois chrono,
et aussi pour expliquer mes collègues, mes collègues en fait ils ont besoin d'aller à l'essentiel,
d'aller au plus vite. On pourrait se dire "ouais mais les fonctionnaires ils bossent pas".
Peut-être que nous on a moins de pression, on a moins de coups de pied au cul...
Et quoi qu'avec la toxicité du monde du travail,
pour ne pas faire de lapsus et qu'on vienne pas me taper sur le doigt,
c'est partout. Personne n'est épargné. Comme ça,
j'ai rien dit de compromettant. C'est partout. Donc,
il y a toujours des moyens de vous mettre la pression,
même si vous ne le voyez pas, les fonctionnaires sont sous pression.
Ne serait-ce que par exemple les professeurs des écoles,
les enseignants du supérieur...
Les manques d'effectifs, regardez bien les manques d'effectifs,
et regardez le professionnel qui est dedans, vous allez voir que c'est pas beau.
Oui ça arrive aussi dans le privé, et oui dans le privé il y a d'autres formes de pression.
Mais en fait le cliché du fonctionnaire fainéant qui bosse pas,
alors oui il y en a, mais c'est pas la majorité,
donc c'est important de le rappeler ça, déconstruisons certains clichés.
Et du coup en fait mes collègues ils ont besoin d'aller à l'essentiel,
donc la procédure d'urgence, ils la mettent en place pour aller plus vite.
Ils ont le dossier sous la main, je fais ma demande en urgence boum,
oui je passe devant et comme ça je reçois mon dossier juste avant la deadline,
j'ai pu mettre en place mes droits et ne pas avoir de problème.
Pour une demande illégale, on le rappelle.
On le rappelle. Et j'ai pas fait de procès parce que c'est long c'est fastidieux,
c'est énergétique, il faut savoir que c'est possible.
Donc voilà, je le dis pour informer donc voilà, c'est important de le savoir et quand vous avez une particularité qui est
avérée, mettez à jour la MDPH. Vous pouvez avoir ça aussi une lourde dyspraxie donc c'est compliqué
pour vous l'administratif, ça je peux l'entendre,
c'est pas toujours évident, même TDAH ou même TDAH et d'autres troubles.
L'administratif avec le TDAH, tu le vis comment?
Moi, je le vis bien parce que TSA, joker, le côté un peu un peu,
il y a des process, alors oui on peut ne pas les comprendre et oui,
ils sont tentaculaires, c'est vrai, mais en fait une fois que tu as pigé le process,
c'est le process. Ça ne bougera pas.
Donc là, tu switches de trucs et tu rentres dans le focus TSA.
Et côté, on en rajoute une, hyper sensibilité. Moi,
j'ai toujours voulu bosser dans le bien commun, dans l'intérêt général.
Donc, qu'est-ce qui est normalement théoriquement le plus garant de l'intérêt général?
C'est la fonction publique, c'est l'administration.
Donc, en fait, je me suis conditionné dans le cerveau aussi à l'administratif.
Et du coup, ça fait partie de mon boulot et ça ne me fait pas peur.
Mais pour ceux qui ont des difficultés, faites-vous aider.
Il existe des structures, des bénévoles, votre famille,
vos parents. Mais si vous êtes isolé, il existe des structures qui aident,
je n'ai pas en tête, mais des associations, vous tapez sur Google,
associations handicap, dys, voilà..
Oui, il y a la Maison Perchée déjà pour certains troubles qui est à Paris.
Après il y a l'AFTOC pour les TOC, on en avait parlé avec l'épisode avec Vincent justement.
Et après c'est vrai que pour tout ce qui est troubles dys,
moi je renvoie vers Aurélie, parce qu'elle est extrêmement bien renseignée et son livre est
vraiment très bien fait. On arrive Aurélie!
On arrive! On a plein de questions pour toi Aurélie!
Tu vas passer dix heures de ta vie à nous parler et chacun!
Non, je rigole! Et du coup, c'est aussi intéressant qu'on déborde sur mes autres troubles parce que vous voyez un peu le
paradoxe que je suis et que je vis, c'est-à-dire qu'il y a des trucs qui rentrent en contradiction,
il y a une logique derrière tout ça et en fait, oui,
c'est pas toujours évident à appréhender dans la vie de tous les jours et les gens ne vous
comprennent pas du coup.
Et du coup ça influence beaucoup ? C'est quoi tes moments les plus difficiles genre par exemple ?
Bah là oui quand même le plus difficile ça a été de cacher en fait.
Parce que en fait voilà le côté vieille France encore une fois,
moi dans mon éducation et dans ma considération,
et puis moi je suis parfaitement ok avec ça, j'ai tendance à vouloir en fait paraître,
en fait dissimuler, c'est-à-dire rentrer dans le mood,
dans le moule et me suradapter, m'hyperadapter. Il faut aussi prendre...
En fait, la vie est un équilibre. La vie est un spectre,
une palette de DJ avec différents curseurs que vous tournez.
Vous ne pouvez pas être à 100% dans la suradaptation au détriment de vous-même.
Ça, c'est important de le savoir. Et du coup, il faut mettre en place un peu votre individualité.
Mais quid dans un monde du travail? Et là, c'est généraliste,
je ne parle pas que de la fonction publique, c'est vraiment tout le monde du travail qui est encore un peu rigidifié sur
ce qu'est la normalité qui n'existe pas. Et ça aussi,
on va rentrer dans la définition de la normalité parce que j'aime bien,
et ça va vous aider, la première question de Delphine,
à me connaître un peu mieux. Moi dans ma conception vieille France,
voilà, on va le cacher, enfin avant le cacher, du moins on va s'adapter,
on va se suradapter on va trouver des stratégies pour paraître normal,
de toute manière. Enfin, je sais pas pour toi Delphine,
mais pour moi ça a longtemps été... Une envie, en fait,
vraiment envieuse, voire un rêve, d'être normal.
Oui. Alors qu'en fait, il n'y a personne qui est normal.
Voilà, ça n'existe pas. On rentre dans la définition de la normalité.
Ça n'existe pas, être normal. Qu'est-ce que ça veut dire,
être normal? En fait, on est la somme d'individualités.
Alors, ne prenez pas trop le melon aussi, comme on le voit sur Instagram ou sur la route,
sur l'A15, quand on voit des gens qui doublent sur la bande d'arrêt d'urgence.
Oui, d'accord, vous êtes une individualité, vous êtes une personne,
vous êtes le roi et la reine de votre vie. C'est très important de le souligner mais il y a aussi d'autres rois et reines
et reines et rois de leur vie à côté et c'est important de le respecter aussi.
C'est important de se respecter, c'est important de se prioriser quand il faut se prioriser (parce que moi je suis le parfait
exemple de ne pas arriver à me prioriser), mais il faut aussi savoir prioriser les autres au bon moment et arrêter de penser
qu'à sa gueule et sa petite pomme. Je fais une grosse critique parce que là je trouve qu'on est plutôt sociétalement parlant
dans un hyper individualisme et je ne supporte pas ça.
Il faut juste qu'on fasse société c'est ça on arrive à être tous ensemble de manière bienveillante.
Un équilibre, une palette de DJ. De temps en temps on élève un peu le curseur de l'individualité,
des fois un peu plus du collectivisme, et parfois on réduit les uns les autres.
Donc voilà moi c'était l'hyper, le curseur hyper adaptabilité,
normes sociales, adaptation aux autres. Et ouais en fait en faisant ça tu ne t'écoutes pas pendant
très longtemps. Du coup en fait mon hypersensibilité,
j'étais en petit, je me suis dit "pourquoi faire?".
Allez hop je vais anesthésier un peu tout ça et mes émotions,
parce que ça ne me sert à rien pour la normalité,
c'est pas utile. Ne faites jamais ça, c'est la pire connerie de ma vie.
Honnêtement je pense de qualifier la pire connerie de ma vie c'est ça.
C'est d'avoir dit "je ressens trop de trucs", les odeurs qui puent je les sens trop fort,
mes sens je les prends un par un et j'essaie un peu de les massacrer,
les anesthésier, les shooter pour de bon et placarder arrière.
Ça va vous retomber sur un coin de la gueule et ça va être violent.
Donc ne faites surtout pas ça, c'est vraiment une grosse connerie.
Et à côté de ça, tu te perds dans des absurdités.
Vous voyez bien le chemin de ma parole, ça ne veut rien dire la normalité.
Vous êtes toutes et tous normaux, normal, dans votre manière d'être.
Et puis en fait, vous avez tous une partie, ça va être dur ce que je dis,
et ça l'a été pour moi, de bizarrerie. Mais tous c'est tous,
même la personne la plus normale qui vous impose sa normalité,
elle vous impose finalement sa bizarrerie. Et les gens qui font des lignes de force là-dessus,
ils vous imposent leur bizarrerie, du coup il faut savoir mettre des freins là-dedans.
Et ouais c'est pas évident, c'est vraiment pas évident,
du coup en fait comme vous voyez, vous passez en fait à côté de vous-même,
de qui vous êtes, de votre personne, de pas mal de choses en fait.
Et c'est violent en fait, vous vous rendez pas compte mais c'est violent.
Mais à côté de ça c'est aussi nécessaire, parce qu'il y a des gens qui sont hyper ignorants de tout
ce qui est les troubles, les particularités, et dès que vous l'êtes maintenant c'est moins mais ils vous prennent pour le
zinzin de l'espace. Moi si j'avais dit un truc tout con,
en fait toutes ces étiquettes, on sait récemment que j'en ai plein,
enfin quand j'en ai plein, que j'en ai plutôt beaucoup parce qu'on sait qu'une c'est déjà dur à
vivre, tu fais une petite collection mais au final cette collection elle a toujours existé.
Et c'est là dessus que c'est troublant, c'est quand les gens en fait ils vont se dire "ah ouais en fait tu coches telle
étiquette", enfin pas tu coches telle étiquette mais "t'as ça,
ça, ça", et en fait tout de suite ils vont changer de comportement et être beaucoup plus aux petits soins vis-à-vis de
toi. Ou du moins ça n'a pas forcément duré très longtemps mais t'as envie de dire mais en fait j'ai
pas changé, je suis toujours moi, je suis toujours la même personne et j'ai toujours eu ces
besoins, c'est juste qu'avant je ne le savais pas.
Et du coup, je m'adaptais comme je pouvais avec mes outils.
Mais toi qui as beaucoup plus d'efficacité là-dedans,
pour me soulager, je vais avoir besoin que tu me fasses ça,
ça, ça ou je vais avoir besoin que tu me réexpliques.
Non, je ne suis pas idiot. Oui, d'accord, j'ai décroché,
j'ai regardé mon portable, j'en suis désolé. Mais c'est aussi pour s'aérer l'esprit.
Et en fait, c'est notre fonctionnement. C'est-à-dire qu'on ne peut pas être hyper focus tout le
temps. Moi à côté de ça, c'est dans le TDAH, l'hypervigilance aussi,
c'est à dire que le moindre bruit en fait va être amplifié dans mes oreilles et par contre la douce voix de Delphine je
vais l'entendre moins bien. Et vraiment dans les bars c'est dur à vivre,
parce que tu vas être à fond dans la conversation,
t'as la personne à côté mais la personne elle a pas forcément envie de crier,
elle a une voix douce, elle a pas envie d'hausser le ton,
bah impossible pour moi de l'entendre.
Parce qu'il y a trop de perturbations.
Voilà, et je vais me couper, ou alors je vais plus entendre la vie d'un tel qui a quitté son mec
sur la table d'en face, et je vais être plus en phase avec ça parce que je l'entends mieux.
Et en fait c'est vraiment hyper pénible.
Bah c'est pour ça que nous sommes dans un endroit calme,
où il n'y a que le chat pour faire des petits bruits.
Et il y a vraiment une ambiance smooth et posée dans ton appart.
Pour tous ceux qui sont un peu trop speed comme moi,
ça fait du bien.
On a essayé de faire un truc calme, c'est l'ambiance chat.
Merci le chat, merci, merci le chat. Et du coup, oui,
il y a des gens qui ne comprennent pas aussi.
Tu as des gens qui t'ont blessé par rapport à ton TDAH,
etc., des gens qui t'ont dit des choses, ça t'a vraiment blessé?
En fait, il y a des gens qui ont dit des choses par ignorance,
et oui, ça a aussi le côté hyper-activité, enfin hyper-sensibilité,
vous voyez, je me mélange. En fait tu peux, moi j'ai beaucoup marché comme ça à la surcompensation,
et notamment avec mon meilleur ami. Il ne le sait pas,
je ne lui ai jamais dit. Désolé Seb mais en fait j'ai toujours une latence hyper premier degré.
Pourtant j'adore ça, vanner les gens violemment,
je peux le faire.
Tant que tous les deux sont consentis, enfin que les deux personnes consentent à ça.
Et comme je suis un gros maladroit, des fois je l'ai fait au mauvais moment,
quand il ne fallait pas, ou j'ai blessé des gens et j'en suis totalement désolé,
catastrophé parce que je déteste ça, faire du mal aux gens.
Et en fait, il a pu me blesser sur le moment, très ponctuellement parce qu'en fait,
mon cerveau fonctionne au premier degré et pour le second degré,
il va y avoir « Ah, quelqu'un m'a dit ça. Ah, mais c'est un tel et de toute manière,
j'ai reconnu le ton, c'est du second degré. »
Analyse.
Voilà, analyse. Mais il y a toujours cette partie micro de temps qui est blessante.
Avec le temps, on travaille en connaissant et en apprenant à se connaître.
C'est pour ça, faites des psychothérapies, que vous soyez normal,
que vous soyez le plus heureux du monde dans votre vie,
faites des psychothérapies. Parce que vous allez tellement apprendre sur vous,
et c'est tellement gratifiant, c'est tellement génial,
c'est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire apprendre à mieux vous connaître,
donc n'hésitez pas à faire des psychothérapies encore une fois.
En fait, avec le temps oui, je ne ressens plus forcément cette douleur,
ou alors quand je ne vais pas être préparé, oui,
je vais la ressentir. Mais vraiment pour dire un épisode blessant qui restera à jamais gravé c'est
la fac, là j'ai le droit de dire quel organisme, c'est la fac,
par contre je dirai pas la personne parce que ça on peut avoir des problèmes,
une prof, donc les amphithéâtres pour moi c'est un calvaire.
Un enfer.
C'est un enfer. Alors TSA, j'aime pas mettre des étiquettes,
mais comme ça en fait ça permet aussi à ceux qui ne connaissent pas de mieux comprendre.
Moi quand je fais quelque chose, quand je me lance dans quelque chose,
je me lance à fond de toute manière. J'ai une mémoire auditive,
je me suis dit, allez hop terminé, je vais à tous les CM,
je m'en fous, je me débrouille, je vais à tous les CM.
Même si peut-être qu'on pourrait faire mieux, j'en sais rien,
parce que de toute façon je suis dyspraxique. L'organisation,
l'efficacité vraiment, si vous avez des clés pour moi en termes d'efficacité et d'organisation,
n'hésitez pas encore une fois, bouteille à la mer.
Acôté de ça, bah ouais les amphithéâtres il y a du bruit en permanence,
c'est mal insonorisé, des fois tu vas plus entendre les cliquetis ou les gens tapent sur le
clavier que le prof. Et à côté de ça, TDAH. Tu vas,
t'as l'écran, ça c'est horrible, une personne à côté elle a un écran.
Mais c'est compulsif.
Ah oui. Il faut regarder.
Il faut regarder. Mais il y a des gens qui se sentent hyper outrés,
hyper gênés, "ah putain il rentre dans mon intimité!
Mais c'est qui ce connard?" Désolé, mais c'est comme si tu avais une mouche qui volait à côté de
toi. Je ne peux pas. Et en plus, il y a un côté un peu comérage,
à la fois je déteste ça et à la fois j'adore ça,
de lire. Mais bref, quand tu as tout ça dans la fac,
et pour peu que tu trouves un détail sur quelqu'un,
ah, il a mis un parfum différent, ah, j'adore comment il ou elle est habillée,
ah, cette personne me regarde, enfin bref, des trucs comme ça.
Ou « Ah, derrière, ils ont fait une bonne vanne.»
Ou « Mon portable, quelle heure il est? » Ou « Je ne sais quoi,
les réseaux sociaux. » Oui, je décroche. Et à côté de ça,
à cause du TDAH, la mémorisation, en fait, tout le monde ira beaucoup plus vite à la parole,
la prise de notes. De toute façon, il suffit de voir les discours de Macron pendant le premier
confinement. Vous regardez les premiers replays. Il y avait quelqu'un qui tapait, dactylographiait. dactylographiait.
Oui.
En temps réel. On a vu à la fin ce que ça donnait.
Et la personne devait taper ultra vite, parce qu'on a vu des fois des phrases popper comme ça,
elle n'a pas réussi à suivre le flot de débit, au bout d'un moment on voyait plein de ponctuations... ponctuations...
Des petites coquilles.
La personne avait abandonné, elle n'en pouvait plus.
Du coup c'est impossible, mais imaginez pour un TDAH déjà,
pour un dyspraxique qui n'a pas d'esprit de synthèse.
Parce que ça non plus je ne l'ai pas, je n'ai pas d'esprit de synthèse,
je n'ai pas d'esprit d'organisation. Pendant longtemps en fait j'écrivais,
le peu de fois où j'ai écrit au collège, j'écrivais tout en bleu et je faisais pas de titre.
Je me suis dit mais c'est quoi l'intérêt, pourquoi faire.
C'était impossible pour moi de concevoir les titres,
je les notais pas, ou si je les notais, je les notais en bleu.
La couleur, il a fallu qu'on me... ça aussi quand on m'apprend quelque chose,
quand je le comprends, je le restitue, mais il faut m'apprendre le truc,
il faut m'accompagner, c'est pas instinctif du tout.
Et du coup pour revenir sur la mémorisation en CM,
en cours magistral, t'as le prof qui a prononcé une phrase,
tu commences à la taper au milieu ou après les trois premiers mots s'il parle pas trop vite,
s'il parle très vite au bout du huitième mot, tu commences à taper cette phrase,
le temps que tu finisses la phrase il a déjà prononcé trois phrases,
il faut que t'arrives à te souvenir de la deuxième phrase,
en même temps il faut que tu saches ce que t'as noté.
Moi au bout de, si vous voulez, tu parlais d'un film qui illustre bien le TDAH,
désolé j'empiète mais sinon je vais oublier. Justement ça illustre parfaitement ça donc je réponds
déjà à la conclusion, mais on y reviendra : c'est Memento.
Memento c'est un film génial pourquoi? Parce que voilà,
c'est ce que je vis au quotidien. Mais pour ça c'est à son point dans Memento c'est une maladie qui
existe à mon avis vraiment, peut-être pas au point de la folie que dégage l'oeuvre.
Mais en tout cas, pour le concept, pour que vous compreniez ce que c'est que d'oublier de manière
immédiate, de ne pas avoir de mémoire immédiate, c'est ça.
Il va faire une tâche, il va se précipiter pour noter sur le carnet avant d'oublier le truc,
l'information qui est capitale pour lui pour retrouver le tueur de sa femme,
c'est ça le pitch, et en fait il va oublier. Il va oublier au moment où il a le carnet dans les
mains. C'est ça qui m'est arrivé pendant toute la fac.
C'est-à-dire que je commençais à noter une phrase.
Putain, j'avais déjà oublié les trois prochaines phrases.
Et des fois, ça me revenait et des fois, je devais oublier.
Et il faut savoir que ça, en termes de mémorisation,
c'est à mon avis la chose la plus insupportable.
Tu te dis, je suis concentré, je suis focus. Je vais essayer de mémoriser,
je vais essayer d'intégrer et j'ai déjà oublié. Alors,
pour revenir à la phrase choquante qui est arrivée,
du coup en fait je me suis fait, il y avait une folle dingue,
on l'a tous catégorisée, nous dire "ah moi j'aime pas les ordi je vais les interdire et tout le
monde écrira à la main". Tu peux pas? Moi je peux pas pour vous dire pourquoi je ne peux pas,
parce que du coup dystonie en fait, je ne peux pas parce que je vais écrire plus lentement si ce
n'était que ça...
Tu vas péter la mine de ton crayon.
Ouais déjà, donc j'écris pas au crayon. Au bout d'une page et demie quand j'étais entraîné,
c'est-à-dire au collège quand j'écrivais, je commençais à avoir des crampes,
et vraiment des douleurs physiques et des grosses crampes.
Et puis il y a pour peu qu'après j'ai une crise d'hypertonie,
c'est-à-dire les palpitations des muscles et du coup le phénomène amplificateur,
la colère. Ouais, non. Juste, faut pas. Et du coup,
en fait, pendant une bonne partie de l'année, en fait,
elle avait tenu sans. Et puis après elle pète un câble parce qu'on ne répond pas à ses questions.
Elle décide de nous interdire définitivement. Ou les galops d'essai il y avait des mauvaises notes,
elle notait vraiment vraiment dur, elle nous le disait qu'elle passait pas beaucoup de temps sur
les copies. Bref, vraiment une horreur cette femme là,
et vraiment la pire et aigrie, elle nous réimpose ça,
les ordinateurs au prochain cours. On est juste avant le confinement.
Du coup on va la voir en fin de cours, les TDA, dys,
on dit "madame voilà quoi". En tout cas j'étais le seul dystonique ou du moins avéré qu'il ne
pouvait pas écrire, je lui dis "madame en fait l'ordinateur c'est vraiment pas possible j'en ai
vraiment besoin".
Là c'est physique, enfin...
Là c'est physique, je ne peux pas écrire, ces douleurs...
Mais elle me dit "mais si mais vous avez qu'à, en fait au lieu de parler avec votre copain" (je regardais juste sur lui
pour pouvoir copier c'est ce que je lui dis), elle dit "mais non en fait il suffit de m'écouter.
Si vous m'écoutiez attentivement..." Elle devait avoir une hyper-mémorie auditive,
peut-être. Elle a de la chance, mais en tout cas,
par rapport à ce qu'elle va dire, c'est sacrément salaud.
Elle disait, "vous n'avez pas besoin de noter grand-chose,
vous savez, vous m'avez écouté". Je lui ai dit « Madame,
je ne peux pas écrire, c'est une douleur, je suis dystonique ».
Voilà. Elle me dit « Ah, mais vous savez, de mon temps,
dans les années 80", (et on va commenter ce qu'elle va dire),
"il n'y avait pas des dys machin chouettes ou dys bidules,
tout le monde écrivait à la main, on ne s'en partait pas plus mal,
et il n'y avait pas cette tendance, (accroche-toi bien),
à médicaliser tous ses moindres problèmes. »
Oui madame, mais bien sûr...
Ça a été d'une violence telle et inouïe pour moi que je suis resté figé,
je n'ai pas su quoi dire. Et voilà, je suis resté prostré là pour une fois,
vraiment. Ca m'a terriblement blessé et frustré parce que c'était vraiment une attaque directe à un
handicap. J'ai révélé quelle était ma particularité,
et peut-être que cette dame ne comprenait pas, on aurait pu en discuter,
mais à balayer et à souligner, c'est vrai, une réalité parce que ça arrive que des gens comme on
l'a dit, abusent voire des médecins qui ne sont pas très sérieux...
Oui mais à l'époque dans les années 80 c'était même pas ça,
c'était juste qu'on n'avait même pas conscience.
Parce qu'il y a eu zéro diagnostic mais les gens ils existaient quand même.
C'est comme quand il y a des gens qui disent "bah oui mais avant il n'y avait pas d'homosexuels".
Bah si c'est juste que vous les avez mis dans des placards.
Et pour continuer, parce qu'en fait t'as parfaitement raison,
et pour continuer, mais moi en fait il n'y aurait pas la loi de 2005-2006,
j'aurais jamais pu faire des études.
Oui, celle avec les tiers-temps.
Ouais, enfin, c'est la loi de l'égalité des chances.
Et c'est enfin qu'on commence à mettre des dispositifs tiers-temps,
accompagnement, PPS, qu'on donne des moyens à la MDPH pour les ordinateurs.
C'est là où tout commence, en fait, vraiment, en termes d'aménagement.
Oui, il y avait des AVS, mais c'est là où c'est généralisé.
Ça y est, ça commence à partir de cette loi. Ça a mis du temps avant de se mettre en place et de se
généraliser, mais c'est là.
Et c'est encore pas parfait.
Et encore, moi, j'ai eu besoin et c'était vital d'avoir mon tiers-temps et mon ordinateur.
Imaginez moi dans les années 2000 en études sup,
bref même avant dans les années 80, mais jamais j'aurais pu faire d'études.
Et ça c'est vrai. Et en fait t'as toute une partie des neurodivergents,
des dys, qui n'ont jamais pu faire d'études du temps de nos parents,
du temps d'avant. Pas parce qu'ils étaient débiles...
Ils on été considérés comme...
Ils ont été considérés comme débiles. Mais parce qu'en fait on n'est pas rpris en compte.
Mais même les TDAH, je veux dire TDAH, le nombre de fois on a dit "lui il ne peut pas se concentrer donc il sait pas faire
des études, etc, c'est un crétin".
Oui voilà "il faut qu'il aille faire du manuel", "il faut qu'il aille faire un bac pro".
Ce qui est tellement dénigrant pour toutes les filières professionnelles et Dieu sait qu'on en a
énormément besoin.
Dans les deux sens c'est dénigrant.
Oui. J'ai dit Dieu mais je suis pas croyant, mais ça on s'en fout et c'est le côté vieille France.
Et on en a terrible, enfin on a terriblement besoin des bacs pro,
donc c'est très rétrograde de dire, très réducteur de dire "tu ne pourras pas faire d'études
générales donc va en bac pro". Déjà non, il faudrait revaloriser ça un petit peu,
et de deux, mais en fait on a tenu des discours à des gens,
"vous êtes débiles vous ne pouvez rien faire", "vous ne pouvez pas apporter" ou "vous serez plus
utile sur le front" directement. Parce qu'en fait,
aménagement quoi, moi ce que j'entendais souvent,
à me dire mais il faut, il faut des timings parce que quand vous serez dans la vie réelle tout va
très vite. Ca va plus vite oui et non.
Bah c'est surtout qu'en fait il faudrait que ce soit différent,
que justement on puisse apprendre à travailler tous de concert,
que ce soit un monde du travail où on puisse respecter...
Déjà qu'on ne soit plus des esclaves du travail mais qu'on travaille comme des humains.
Totalement. Il faut prendre en compte les particularités de chacun et chacune,
parce que c'est ça la vie en société. Totalement.
La productivité, les atouts, les lignes de force...
Déjà nous en temps normal on a du mal à le voir,
mais ça c'est de la douleur auto-générée. Moi j'ai fonctionné beaucoup,
mes premiers traumatismes à l'école c'est de me dire "qu'est-ce que je fous là" en classe de
maternelle. Mes parents me l'ont dit, c'est vrai,
j'ai encore des souvenirs de ça où je pleurais toute la petite section.
C'était super dur pour moi à l'école, je pense pour diverses raisons : le bruit,
les odeurs, trop de perturbations... Je savais pas ce que je foutais là.
Me sentir totalement perdu, trop de monde, les dessins,
faire des dessins moches, ça me demande de l'effort,
c'est pas agréable, ne pas comprendre les consignes...
Parce que ça aussi les consignes, pendant très longtemps il fallait me les expliquer,
et même lire les consignes. En fait des fois l'AVS,
on s'en est rendu compte au collège et heureusement qu'elle était là,
c'était pas mon AVS à moi parce que je n'ai jamais été diagnostiqué.
C'est l'assistante de vie scolaire?
Oui. Je n'ai jamais, celle qui accompagne les personnes en situation de handicap dans les classes
de manière nominative. Les élèves qui ne se rendaient pas compte.
Et je ne leur en veux absolument pas, surtout à l'époque,
en 2010, c'est encore récent, c'est encore jeune,
et à 13 ans, on est jeune, dire qu'en fait, "elle donne les réponses à Léo".
Non. Ce qu'elle faisait, c'est qu'elle me reformulait les questions parce que j'avais déjà compris
la question de la fin, traité la question de la fin.
Par contre, la question du début, la plus conne,
en fait, par divergence d'interprétation, et même j'étais perdu,
je disais, mais qu'est-ce qu'elle veut dire? Je ne comprends pas ce qu'elle veut dire cette
consigne. Voilà, j'avais besoin de reformulation.
Encore une fois, voilà. Ce n'était pas en mode, "ah,
Léo ne comprend pas la consigne, il ne comprendra pas les ordres dans le monde du travail".
Boum, perdu, il va faire le premier boulot. Ça y est,
il comprend à peu près ça, fais ça Léo. Heureusement que j'ai pas eu ça,
heureusement que j'ai bénéficié du dispositif dans son intégralité,
dans son identité, heureusement que je suis né à la bonne époque à ce niveau là.
Dans les années 80 mon dieu...
Oui parce que du coup là en fait TDAH plus dyspraxie donnait,
entre guillemets, une illusion de bêtise, entre guillemets,
qui est complètement fausse.
Oui c'est ça, idiot du village. Alors que pas du tout.
C'est juste l'intelligence ça fonctionne différemment.
La progression aussi j'ai envie de dire, par rapport au fait qu'il faut être timé,
il faut être timé. Si vous voyiez mes études de droit,
du coup, mémorisation avec la mémoire saturée, bref.
Et en plus, du coup, le TSA qui se contredit, la volonté de n'oublier aucune information,
d'apprendre mot par mot. J'apprenais mot par mot,
je n'arrivais jamais à apprendre tous les cours,
ce n'était pas possible. Donc, bref, plus les difficultés.
On pourrait se dire qu'en fait, je suis totalement un mauvais juriste.
Et pourtant, en fait, dans ma vie professionnelle,
et même au Master 2, j'ai fait partie du top 3. Pas avec une grosse moyenne,
avec peut-être 12, 13.
De toute façon, ce n'est pas représentatif parce que…
Non, ce n'est pas représentatif parce que chaque master,
chaque grille d'évaluation et tout. Mais en tout cas,
j'ai réussi des fois à m'évaluer. Par l'investissement,
certes, ça c'est sûr, mais aussi parce qu'en fait,
mes logiques, je comprenais des choses, je comprenais très bien certaines choses et en fait,
des fois, je faisais trop compliqué. Mes dissert',
en fait, des fois, en fait, il suffisait de faire plus simple !
Oui, mais TDAH.
Oui et j'avais une, TDAH, TSA et j'avais exigence,
surexigence envers moi-même parce que j'ai été très difficile,
voilà. On va reprendre sur la violence. Moi, j'ai pratiqué l'autoflagellation,
pas physique, mais me faire mal, à me dire pour me foutre...
Dès petit, parce que, voilà, désolé, je mélange tout,
mais quand j'étais en maternelle, quand tu vis une violence comme ça,
moi je me suis dit, "putain, je suis nul, je ne sers à rien".
C'est vraiment ce que je me suis dit. Et je me suis dit,
"ah moi je ne vais pas avoir le choix, je n'ai pas le choix,
il va falloir que je bosse dur pour m'en sortir".
Parce que, en plus, le côté anxieux des petits, je me suis dit,
en fait, je vais droit dans le mur si je ne bosse pas.
Et en fait, heureusement que j'ai des parents profs aussi,
ça m'a aidé, ils m'ont vachement aidé dans les devoirs,
ils ont vachement été là et je ne remercierai jamais assez mes parents pour l'éducation,
certes vieille France, mais c'est aussi une belle couleur que j'aime bien prendre,
pas le côté rétrograde fermé d'esprit, mais dans le côté de l'imagerie,
il y a un certain flegme, bref. À côté de ça, du coup il a fallu que je bosse,
je bosse, je bosse et pour me motiver, un des moyens que je m'étais trouvé c'est de
m'auto-flageller, me dire "ouais je suis nul, je ne sers à rien" pour me donner en fait ce fameux coup de fouet "non non
non, il faut que je m'en sorte". Eet c'est la pire des choses à faire pour l'estime de soi.
J'ai arrêté seulement en 2019 quand en fait ça y est,
mon système nerveux autonome commençait à faire ses premiers signes de saturation.
Ca a commencé par la mémoire en 2017 vers la première,
et en fait ça n'a fait qu'empirer à ce niveau-là.
Et du coup ne faites jamais ça, ne vous infligez jamais ça,
parce que c'est d'une violence inouïe. On se rend pas compte le mal qu'on se fait,
on se rend pas compte, on se dit c'est pour avancer,
c'est pour avancer, c'est l'outil que j'ai trouvé.
En fait au bout d'un moment vous allez craquer quoi.
Moi j'ai pas craqué...
Du coup je te propose qu'on se fasse du bien, qu'en penses-tu?
Ouais. C'est ça, et totalement et je vous demande s'il vous plaît faites-vous du bien,
ne pratiquez pas ça, il y a des manières beaucoup plus saines.
Vous avez peut-être besoin comme moi d'accompagnement pour voir vos lignes de force,
et vous allez aussi avoir des crises de déréalisation,
pas du tout y croire parce que vos exigences sont hors norme.
Ca aussi, il faut arriver à apprendre à baisser ses exigences,
je sais c'est le plus dur.
Avoir des exigences réalistes peut-être ?
Réalistes ouais. Mais c'est super dur. Et puis essayer de voir en fait quel est le bon.
Parce que comme me demandait Delphine : qu'est-ce que m'apportent mes particularités ?
J'ai surtout compris quelque chose en fait, c'est là où ça a du sens et ça n'a pas de sens,
et c'est pour ça que je remercie encore une fois le TSA de voir,
enfin le côté spectre mais tout devrait être vu en spectre tout,
tout, tout, parce qu'en fait ça n'existe pas.
C'est pas un bouton on-off.
Ca n'existe pas à l'être parfait. On a forcément des difficultés,
des failles et des failles qui peuvent nous embêter plus,
à certains moments. Il faut en prendre compte, en considération,
aménager, et c'est le devoir commun de trouver des solutions soi-même,
mais des autres, de trouver comment soulager la personne qui vit une difficulté,
parce qu'en fait, elle a un élément d'indice, sans l'avoir totalement.
Par exemple, mon meilleur ami Sébastien, lui, en fait,
il a été... Là, pour une fois, ça a été fait... Heureusement que ça a été fait comme ça.
On a amplifié son diagnostic pour qu'il soit dysgraphique.
Mais heureusement qu'on l'a fait, parce que oui,
quand il prenait son temps à la fac de droit, il pouvait bien écrire,
ça lui demandait une concentration de malade, ça lui demandait de s'appliquer sur son écriture.
Et du coup de ralentir, là où on doit, on nous demande quand même d'avoir une certaine rigueur,
d'avoir une certaine vitesse en peu de temps, c'était pas possible,
il avait besoin. Alors comme on lui a dit à son diagnostic,
tu as des éléments dans la dysgraphie, tu n'as pas le degré suffisant pour la reconnaissance du
handicap et c'est terrible. Mais on va quand même le pousser parce qu'en fait,
tu as besoin de tes aménagements. Et surtout, il ne faut surtout pas dire ça,
que ça s'est passé comme ça. Mais en fait, ça s'est passé comme ça.
Et pour une fois, en fait, là, ça a été fait intelligemment et bien.
C'est-à-dire que...
Là, ce n'était pas le choix parce qu'à un moment donné,
il faut qu'il puisse quand même...
Il n'aurait pas eu ses aménagements sinon. Et il n'est pas seulement venu un touriste,
"oh, j'ai juste besoin de plus de temps" parce qu'en fait...
Non. Parce qu'il l'a utilisé en se concentrant, en fait.
Voilà, c'est trop dur, j'arrive pas à remplir les délais du...
Oh, une particularité, non, j'en ai pas, mais s'il vous plaît,
donnez-moi un tiers-temps. Non, c'est pas du tout sa démarche à lui,
c'est pas du tout la démarche aussi de beaucoup de personnes.
Mais il y a beaucoup d'autres personnes qui font la démarche inverse,
qu'on a commentées et que je qualifierais de pathétiques.
Parce qu'en fait, on se rend pas compte de l'impact que ça a dans ce monde-là.
Parce que ça donne la légitimité à ceux qui sont les plus réfractaires de nous donner un cadre de
plus en plus normatif, de plus en plus complexe et à nous pousser dans l'illégalité.
Et c'est agréable pour personne, ça donne du crédit à la bastos que je me suis pris en pleine tête.
Donc, il faut savoir aussi apprendre à se connaître,
apprendre à connaître ses failles. Et oui, du coup,
aussi, vous êtes tous dys, j'ai envie de dire, encore une fois,
à des degrés différents. Au bout d'un moment, je ne sais pas,
vous allez vous voir un petit peu plus nettes les couleurs,
vous allez vous voir un peu moins nettes les couleurs,
ça fait entre guillemets un dysfonctionnement, ça fait en tout cas un défaut,
ça fait une faille.
C'est vrai que finalement, avoir des lunettes, tout le monde le fait comme si c'était normal,
mais du coup, c'est une différence quand même.
Et voilà, et en fait aussi c'est important sur ce que je vais dire c'est que moi je...
Je me suis toujours considéré comme pas assez normal,
mais à la fois pas assez handicapé. En fait, j'ai réalisé à un moment donné où on nous demandait
d'appartenir à un monde, que moi je n'appartenais à aucun monde.
Oui, mais ça c'est le propre des troubles non visibles,
des troubles invisibles.
C'est ça. Et puis parce que, en fait, alors aussi,
je vais dire, quand je m'étais documenté, ça date,
il faut savoir que le plus haut niveau de dystonie,
vu qu'on touche les neurones les plus primaires,
les neurones gris, un dystonie très très sévère dans sa forme la plus absolue peut faire un AVC et mourir à n'importe quel
âge. C'est juste un cerveau qui disjoncte, une surcontraction,
je ne sais quoi. Moi, je suis le degré infime quelque part de ça.
C'est juste, voilà, l'écriture, j'ai des micro-tremblements,
mais je le vis bien. Et voilà, on ne le voit pas dans la vie de tous les jours.
Je marche, voilà, je parle. Oui, d'accord, des fois,
je bute dans mon langage. Oui, j'ai mes particularités,
mais au départ, mes particularités, on pouvait voir ça comme des manies.
Et en tout cas, c'est là dessus où j'ai réfléchi.
Je me suis dit, mais en fait, ça n'a pas de sens.
En fait, tout le monde a des défauts, tout le monde a des imperfections.
Et du coup tout le monde a des handicaps mais à des degrés plus ou moins.
La vue, voilà, c'est un handicap, c'est pas...
Bon pas de bol, t'as aussi des lunettes.
Voilà, c'est pas un handicap tel qu'on le, tel qu'on le définit dans les imageries encore une fois
vieille France. Mais en fait ça l'est. Et en fait vous vous rendez pas compte que vous avez des différences à la fois qui
sont hyper riches, parce qu'il y a cette volonté de normalité qui n'existe pas pour cette raison
qu'on est en train d'illustrer. Et aussi et aussi bah en fait vous,
encore une fois j'ai bien perdu le fil cette fois-ci.
En fait vous vous rendez pas compte que c'est hyper riche votre différence.
Et du fait que vous êtes en train de si ça ses trouve accabler quelqu'un,
et là, il faut vous faire soigner. Je le dis méchamment en rigolant,
mais sérieusement, avec empathie, il faut que vous alliez consulter,
parce qu'en fait, vous ne pouvez pas reprocher à quelqu'un une nature.
Et surtout, le pire, c'est que peut-être que vous l'avez à un degré que vous ne connaissez pas.
Peut-être que vous avez surcompensé et tout s'est bien goupillé pour vous,
tant mieux. En attendant ça ne vous donne pas le droit de vous apitoyer sur quelqu'un "ouais moi je l'ai fait donc les autres
doivent absolument le faire". Non non non non déjà,
sinon on serait tous pareil.
Oui ce serait un peu chiant.
Ce serait un peu chiant, mais on n'aurait pas tous les mêmes parcours de vie.
Et puis même si on raisonne purement en binaire,
en fait une espèce n'a aucun intérêt à ça.
Oui la diversité est quand même intéressante.
Par exemple avec tous pompiers, tous formatés pour pompiers.
Bah non parce qu'on a intérêt à avoir tous les panels de métiers qui existent.
Donc c'est pour ça que voilà, ça n'a pas de sens et du coup si
jamais vous êtes quelqu'un de toxique, malheureusement dans la plupart du temps vous serez lâche et
vous l'admettrez pas. Désolé d'être violent mais au bout d'un moment faut dire les choses.
Mais rendez-vous compte, essayez de prendre du recul.
Et le mal que vous infligez à quelqu'un, pourquoi en fait vous le faites,
pourquoi vous vous dites "t'es pas assez normal",
"tu rentres pas dans le moule" ou "t'as telle difficulté,
débrouille-toi pour la surcompenser, moi j'ai réussi à surcompenser telle difficulté",
mais est-ce que c'est normal en fait de penser comme ça ?
Est-ce que c'est normal même d'avoir dû surcompenser à ce point là ?
Alors oui il faut faire des efforts, oui mais c'est dans les deux sens.
C'est dans les deux sens. Encore une fois.
Le but c'est de faire société et de pouvoir évoluer de manière bienveillante.
Vous voyez, c'est pour cette raison que Delphine est mon amie.
C'est parce qu'en fait pour moi, c'est la condition.
Mais c'est indispensable de raisonner comme ça, c'est dans le monde dans lequel on vit,
dans les considérations, les belles considérations qu'on a faites pour comprendre tous ces handicaps et pour tout ce qu'on a
dit qui sont nos considérations à nous et qui à mon avis sont la réalité.
En fait, voilà, ça n'a pas de sens pour les plus toxiques de ce que vous faites.
Généralement, vous fuyez quelque chose qui est de votre passé ou vous avez vécu vos propres douleurs. douleurs.
Oui, c'est toujours des peurs.
C'est des peurs, c'est des douleurs, mais encore une fois,
ça ne vous donne pas le droit d'en infliger à d'autres.
C'est vrai.
Et des fois, vous ne vous rendez pas compte que vous ressemblez terriblement à votre victime.
Ou des fois, du coup, pour le raisonner à l'inverse,
c'est la victime qui est désemparée. Il peut y avoir du dégoût.
Je comprends parce que moi-même j'ai eu du dégoût.
Mais à se dire qu'on ressemble à notre bourreau,
que notre bourreau est une personne en détresse,
ça aussi on a du mal. Parce qu'on a l'impression de voir cette personne tout en noir,
et du coup qu'en fait si ça se trouve même pire,
ce que je vais vous dire, c'est une certaine version de vous-même qui n'a pas géré,
qui est plus avancée dans la vie ou à un moment T,
et qui là pète un câble à se défausser sur vous.
Mais encore une fois, on n'a pas à se défausser et à en faire pâtir les autres,
et à complexifier et à durcir plein de choses. Ce n'est pas normal,
ce n'est pas acceptable et c'est là-dessus qui va être,
à mon avis, le prochain grand enjeu de notre société.
Mais finalement, la grande force que tu as réussi à sortir de tout ça,
c'est une résilience phénoménale et une vision de la vie beaucoup plus ouverte,
n tout cas dans la pleine conscience de la diversité.
Ouais, enfin encore j'ai des progrès à faire parce que moi-même j'ai mes manies,
j'ai mes tocs et moi-même j'ai mes... comment dire?
Des biais.
J'ai mes biais, des gros biais, j'ai mes grosses zones d'exclusion ça peut arriver,
je ne suis pas parfait.
Personne n'est parfait.
Et je ne dis pas être le plus inclusif, je dis qu'il faut tendre vers ça,
essayer de comprendre l'individualité des gens et les encourager quand c'est vraiment leur âme,
quand c'est vraiment là-dedans, dans ce chemin-là.
Mais on a tous nos biais, comme tu dis, et moi, je l'assume.
Dans cette société où ce n'est pas politiquement correct de l'assumer,
moi, j'assumerais que malheureusement, j'essaie d'être une personne bien et la meilleure personne possible et la personne
la plus tolérante possible. Je ne l'ai pas toujours été,
encore une fois. Mais en fait, je fais l'effort.
Je me dis que c'est indispensable de faire cet effort.
Je ne l'ai pas fait par le passé et voilà j'ai pu avoir des propos blessants et être blessant
vis-à-vis des personnes. Je pense m'être excusé vis-à-vis notamment d'une personne où j'ai vraiment été plus que limite et
j'ai franchi la zone, je me suis excusé platement parce qu'il y a des choses qui ne se disent pas.
Non c'est pas pour ma défense, mais pour le contexte,
j'étais jeune et moi-même je me fuis, on va dire clairement la réalité.
Et puis quand le monde autour est agressif, bah des fois tu pètes un câble.
C'est pas pour m'excuser, hein.
Oui c'est juste pour contextualiser.
C'est pour contextualiser, et c'est surtout pour aider à comprendre des personnes qui pourraient commettre des impairs comme
j'ai commis.
En fait ça t'a augmenté ton empathie du coup, le fait d'avoir tout ça.
Ouais et puis de toute façon, en fait je te l'ai dit,
en fait quand t'es hypersensible tu peux la fuir toute ta vie.
Mais en fait t'es hyper empathique et ça te rattrapera.
Et quand tu prendras conscience du mal que t'as fait,
bah tu over culpabiliseras, tu voudras t'excuser tout le temps.
Tu le prendras, tu le ressortiras comme exemple.
Par le passé, pour me flageller, mais maintenant,
pour essayer aussi... C'est important, comme tu dis,
c'est toute la nature de ton podcast et tu sais que j'appréhendais au départ avant d'arriver.
C'est vrai. Mais ici, c'est une safe place.
Mais au-delà de ça, c'est aussi pouvoir apporter à des gens,
c'est-à-dire de par notre vécu. Si je peux le faire,
je serais en mode "waouh, waouh, waouh, qu'est-ce que j'ai fait?"
Excellent move, smart move de ouf, tout ce que tu veux.
Ballon d'or. Mais en fait ouais au delà de ça, c'est parce que je pense que en fait ça m'a appris que tout n'est pas blanc
ou noir. C'est dur parce que moi même j'ai été victime dans des,
je vous ai pas tout dit, des trucs très chaud.
Mais du coup tout était un spectre en fait.
Tout est un spectre. Et même les bourreaux en fait,
dans leur intolérance, souffrent d'une manière ou d'une autre.
Ouais c'est super dur et moi même je suis en mode "huuuun" quand je dis ça parce que bref.
C'est dur. C'est dur.
Mais c'est une réalité. C'est une réalité où parfois,
c'est une personne qui est désemparée qui ne comprend pas,
qui perd les pédales, qui perd pied. Et en fait là dessus oui,
c'est à votre bourreau de faire le premier pas, on est totalement d'accord,
vous n'avez pas à être conciliant vis-à-vis d'il ou elle ou si vous souhaiteriez ne plus être en contact avec cette personne
dans la mesure du possible ou de rien ne lui apporter vous avez le droit.
Vous avez aussi le droit et c'est tout à votre honneur.
Là j'ai ma haine qui est en train dans ma tête, qui est en train de dire "non",
mais on doit dire "chut" à notre haine. D'essayer de comprendre votre bourreau déjà ça va
énormément vous apporter, déjà de stratégies de positionnement par rapport à ce bourreau,
parce que tout n'est pas acceptable dans cette société,
du coup le comprendre..
Oui, on ne dit pas d'accepter, on dit de comprendre.
Oui mais dans le monde du travail ce que je veux dire,
c'est que t'es obligé d'accepter dans la hiérarchie.
Enfin, dans le milieu dans lequel j'étais, dans différents métiers que j'ai pu pratiquer.
Oui, à 26 ans, on peut pratiquer beaucoup de métiers.
Ouais. Des fois, tu te retrouves dans une situation d'impasse,
et on te l'impose. En fait, là où je dis "Tu vas jouer le jeu",
en fait, non, tu n'accepteras pas vraiment, pour la phrase encore très merveilleusement juste que
tu as dit. Mais ce que tu peux faire, tu peux faire le smart move,
contre pied, c'est de te dire "Ok, je vais jouer les cartes du jeu".
Si t'es joueur, si t'as pas envie de te barrer, si t'es pas parti d'ici là,
si t'es quelqu'un qui a envie parce que tu trouves ton intérêt,
ton compte à être tenace, te dire "ok je vais comprendre le bourreau",
pourquoi? Pour lui couper l'herbe sous le pied. C'est pas pour le pousser il ou elle à la faute
professionnellement parlant. Si vous le faites de manière intelligente,
ça pourrait se comprendre. Après attention à ne pas tomber vous même dans la bourreau attitude,
devenir vous même bourreau. Parce que oui des fois il y a des forces,
mais justement et c'est au-delà de ça, de ne pas vous prendre la force de plein fouet.
Parce que nous, nous arrive, les neurodivergents,
nous prendre la réalité de plein fouet, mais plutôt prendre le pas de recul.
Ca aussi, la psychothérapie ça m'a appris l'esprit de recul.
Et du coup vivre tout ça, ça a été un énorme bagage pour apprendre la prise de recul et faire un
pas de côté, essayer d'analyser, essayer de comprendre "ok,
je suis dans telle situation, c'est invivable mais qu'est-ce que la personne attend",
"comment en fait je pourrais être irréprochable"...
Soit vous trouvez et dans ce cas-là en fait vous pouvez faire un truc intelligent,
c'est de couper l'herbe sous le pied comme je dis,
c'est-à-dire faire exactement ce que vous devez faire et l'avoir suranticipé ou en tout cas avoir fait tout bien comme il
fallait, comme ça vous êtes irréprochable et du coup ça vous soulagera et vous aurez compris des choses et du coup vous
aurez grandi. Ou alors vous fuyez, vous partez, vous vous taillez,
vous vous barrez, vous faites l'autruche, l'impasse,
vous n'écoutez pas, blablabla ça vous survole, mais préservez-vous dans ce cas-là,
préservez-vous, et il y a toujours des moyens d'action même dans la résilience.
J'ai été résilient mais comme je l'ai dit, j'ai appris à comprendre mon bourreau pour trouver mes
interlocuteurs, pour trouver mes forces mes lignes de force,
et me faire entendre et trouver une solution qui m'a plus ou moins convenu à certains instants T.
Eh bien, écoute, mon cher Léo, puisque nous avons déjà donné cette merveilleuse recommandation de Memento pour illustrer
un peu le TDAH et cette mémoire.
De Christopher Nolan, si je ne dis pas de bêtise.
Je crois effectivement que c'est Christopher Nolan,
il me semble. Je te propose qu'à la place, pour finir ce podcast,
que tu nous proposes un petit message. Si tu devais brièvement dire à quelqu'un qui découvre son
diagnostic de TDAH aujourd'hui, qu'est-ce que tu lui dirais brièvement,
pour quelqu'un?
Je lui dirais : "ça va?". J'aime bien désamorcer avec l'humour.
Non mais parce que derrière le "ça va" comment je l'utilise en fait,
il y a tout le truc de, si tu veux en parler, par rapport à tout ce je vous ai confié des sombres passages d'arc de moi-même et
de mon fonctionnement. C'est-à-dire aussi déjà tu désamorces par l'humour,
du coup oui, sur-empathie, si, je le comprends pour l'avoir vécu.
Et en plus l'hypersensibilité m'aide, j'ai une très bonne écoute donc j'arrive facilement à mettre
(si je fais pas une bourde), les gens à l'aise et leur montrer que voilà je suis là et je peux
écouter. Et je dirais j'essaierais d'écouter, et si je sens que la personne se fait du mal,
lui dire voilà, c'est surtout ça le message, "ne te fais pas du mal,
ne te fais pas du mal et comprends que la vie est une immense palette de DJ".
Tu ne peux pas mettre le curseur à fond, à fond,
à fond et je dois encore me le dire aujourd'hui,
ça vaut aussi pour moi et je n'ai pas, je donne cet outil que j'utilise encore et que j'ai sur
besoin d'utiliser. Là-dessus on est dans le même combat,
je ne suis pas beaucoup plus loin sur la ligne de départ.
Mais en fait de se dire ouais, ne te fais pas du mal,
ne te fait pas du mal et oui, tu ne mets pas les curseurs à fond.
En fait c'est pas ça à la vie. Ca peut être très ponctuellement à fond,
très ponctuellement te suradapter, très ponctuellement te donner à fond dans ton job ou dans une
passion. Mais si c'est tout le temps les curseurs à 100,
tu vas craquer, tu vas t'effondrer, tu vas faire un burn out,
il va y avoir plein de conséquences qui sont néfastes,
tu vas exploser ton système nerveux autonome. Ne fais jamais ça,
tu vas te rejeter, donc encore une fois ne fais pas ça.
Et ouais du coup essaie de comprendre ça, essaie de visualiser ça,
moi ça m'a aidé de visualiser ouais platine de DJ.
Tu peux essayer de visualiser toi dans un cercle parmi les autres,
à quel moment tu dois t'éloigner pour te privilégier pour l'image mentale,
ah je me privilégie, ah je me donne à fond là dedans.
Ou à quel moment je dois mettre de l'eau dans mon vin,
je dois un peu ravaler mon enthousiasme pour correspondre au groupe,
pour être là où je suis attendu, pour être là où j'ai envie d'être aussi.
Parce que les hyper-individualistes, ceux qui se disent « ouais,
je me suis fait à moi-même », non, ce n'est pas des gens heureux.
Spoiler, ce n'est pas des gens heureux. En fait,
l'être humain, parce qu'encore une fois, on va raisonner en binaire,
j'aime bien raisonner en binaire, l'être humain dans sa phase la plus reptilienne,
dans le cerveau le plus reculé. Il a besoin de soi pour exister,
pour la vie. Jusqu'à là, ok, individualisme. Mais il a aussi besoin des autres pour survivre.
Collectivisme. Et d'où la peur du rejet, d'où la peur de se faire exclure.
Parce que quand t'étais à l'âge primitif, quand tu te faisais exclure,
bah t'étais mort. Tu pouvais pas survivre tout seul.
Donc on vit vraiment, c'est pas de moi, c'est des grands sociologues,
psychologues qui l'ont dit.
Toi, tu dois savoir, alors, c'est "l'homme est un animal social",
qui c'est qui l'a dit ça? Je ne me souviens plus.
Tu l'as dit toi-même, vous l'avez dit vous-même.
Oui.
L'homme est...
Et j'ai oublié.
Du coup, je ne fais que redire ton podcast. Et justement,
on va reprendre la grande lignée des premiers philosophes.
Tu as Socrate au départ, mais Socrate a-t-il réellement existé?
Ça, c'est de la méta. Il n'y a pas de preuves. Platon a réellement existé parce que Platon a écrit,
du moins a mis en scène Socrate. Et on le voit, on a vraiment des écrits,
le livre La République de Platon existe vraiment,
il y a plein de livres comme ça qui existent vraiment.
Socrate, vu que c'était quelqu'un qui dans la tradition grecque ancienne diffusait son savoir à
l'oral, et l'écrit était très mal vu, on ne sait pas s'il a vraiment existé.
Mais toujours est-il qu'on l'appelle le père de la philosophie,
ça serait la première personne qui aurait inventé la philosophie et qui l'aurait inventée,
je suis obligé de le dire cette phrase a été tellement révélatrice pour tous les hyper
individualistes, "je sais que je ne sais rien". J'ai aussi quelqu'un qui m'a énormément inspiré
dans ma vie, que j'ai eu la chance de rencontrer en Irlande pendant un mois et demi,
qui s'appelle Charlie. Coucou Charlie ! Il comprendra pas,
parce qu'il comprend très bien le français mais il était irlandais,
il parlait très bien l'anglais. Donc "je sais que je ne sais rien",
ça c'est Socrate. Et Charlie te dira "tu es personne".
Ce n'est pas condescendant de dire ça, il dit que lui-même est personne,
tout le monde est personne. En fait le but de dire "je suis personne",
"je ne sais rien", "je ne fais rien", en fait, c'est du relativisme complet,
mais c'est aussi de remettre ton petit ego à l'échelle du monde.
Te rappeler que sans les autres, tu n'es rien et tu n'es même pas heureux.
Essaie, vas-y, essaie, vas-y fais le, emprunte...
T'es un hyper individualiste bon, je vais pas te provoquer,
mais il y a plein de mots d'oiseaux qui, hyper arrogants,
enfin bref, je ne te jugerai pas, même si j'ai très envie.
Vas-y fonce sur ton chemin tu sais, tout tu te suffis,
t'es tout seul, tu vis ton monde, vas-y, vas-y, parfaitement.
Dis-moi à la fin de ta vie si t'es vraiment heureux,
et continue de te mentir jusqu'au bout si t'as envie,
mais non, tu vas comprendre par toi-même. Soit tu auras enfin le courage de l'admettre et que tu as
besoin des autres, parce qu'on a tous besoin des autres.
On n'est pas dans l'hyperdépendance des autres, parce que ça aussi,
c'est mauvais. Encore une fois, on a besoin d'équilibre.
Tu auras forcément besoin des autres à un instant T.
Donc, c'est aussi le but de cette phrase, c'est dans une phase d'hyper...
Déjà, quand tu prends le Tao, qui est chinois, qui est une philosophie chinoise très ancienne,
qui est très intéressante, qui est vachement ancrée là-dessus,
en fait ça te dépersonnalise c'est vrai, mais en fait le côté intéressant de tout ça c'est de te
faire relativiser. C'est de te faire relativiser que même le concept d'existence on y attache
énormément d'importance, et on peut en faire des belles choses,
des belles valeurs, parce qu'on a des belles individualités,
on a des belles richesses. Mais pour tout ce qui est le côté stress,
overstimulation, est-ce que je vais être à la hauteur,
"tu n'es personne", "tu ne fais rien", qu'est-ce que ça veut dire?
Ca veut dire que c'est pas grave si tu vas te planter,
c'est pas... En fait je cherche pas à révolutionner le monde,
et pourtant c'est dur ce que je dis, parce que moi-même j'ai du mal,
je cherche pas à forcément apporter quelque chose aux autres.
Juste sois toi-même, en étant toi-même tu vas trouver ton propre chemin.
Le but de ça aussi c'est la mort de soi pour trouver en fait qui on est vraiment,
et qui est en fait notre ligne de force qui nous compose.
Vraiment notre identité, pas l'image qu'on pense être,
mais qui on est vraiment. Et tu vas apporter par toi-même tout seul comme un grand des choses,
et tu vas avoir des interactions très sympas, et tu vas être beaucoup plus indulgent et tolérant
vis-à-vis de toi-même. Et pour poursuivre sur toutes ces belles phrases,
parce que je suis généreux et j'ai envie de confier ça.
Donc "t'es personne", "tu ne fais rien" à méditer.
Autre chose à méditer, qui est une phrase qui vient de mon premier prof d'improvisation théâtrale qui s'appelle Yoann Petit
à la Frette sur Seine, et que je salue, et que j'embrasse,
et merci pour tout ce que tu m'as apporté Yoann.
Tu m'as apporté notamment Yoann une sacrée leçon de vie,
une grosse leçon de vie qui restera gravée dans ma mémoire autant que "je ne suis personne",
"je ne fais rien" et "je sais que je ne sais rien",
c'est : en chaque être humain, en chaque personne,
en toi Delphine, en moi Léo, en fait, il y a trois personnes.
Il y a trois moi Léo, il y a trois individualités,
il y a trois Delphine. Il y a le moi, le premier moi,
donc le moi Léo, tel que je me vois, tel que je me considère par rapport à mon champ de vision,
tel que par rapport à mon intériorité. Il y a le Léo,
parce que j'ai pris mon exemple de moi, tel que Delphine le voit,
tel que les autres le voient, du coup ça c'est on considère la personne extérieure,
la personne visée. Mais au final vu qu'il y a autant de points de vue que d'êtres humains.
Et ça, vous le comprenez en lisant un petit peu la philosophie.
Alors, elle est dure. Il y en a plein qui vont me détester pour cette recommandation,
mais Adler, la psychologie du courage, qui a été retraduit et vulgarisé,
je ne la prends pas sur son acception la plus entière.
Je vais vous expliquer ça d'un point de vue… En fait,
c'est là-dessus où j'ai compris qu'on avait chacun nos champs de vision,
nos points de vue. Et en fait du coup pour cette personne là telle que je suis,
telle que les personnes me voient, cette personne là en fait elle existe,
elle est dupliquée par le nombre de personnes qui existent et qui ont conscience de vous.
Et au final il reste la personne finale, donc le Léo que je suis vraiment,
qui est en fait une addition de tout ça et qui a encore une fois une palette de DJ,
un peu plus ci, un peu plus ça. Et du coup c'est pour ça que je n'aime pas forcément me présenter
ou expliquer qui je suis. Parce que en fait, quelque part,
c'est ma vision de moi-même et ça me regarde. Après,
des fois, c'est bien de le faire et des fois, on le fait avec générosité,
mais c'est totalement paradoxal parce que c'est qu'une vision.
Et les gens qui se disent « Ah ouais, mais il n'est pas comme ça.
Ah ouais, il est comme ci, il est comme ça. » En fait,
c'est votre point de vue. C'est tel que vous voyez la personne.
Mais qui est-elle réellement? Elle va se voir d'un point de vue,
mais est-ce que c'est le bon? Est-ce que c'est la seule?
En réalité, si on le faisait en mathématiques, ça ferait Léo,
indice Léo (vision de Léo), plus la somme de tous les Léo indice i,
avec i allant de un individu à tous les individus de la Terre qui voient Léo.
Du coup vu qu'on est 8 milliards apparemment.
Ca fait beaucoup de...
Ca fait 8 milliards de Léo en un Léo.
En un Léo.
Et au final il y a un Léo qui a 8 milliards, il y a un Léo qui est son Léo,
et il y a le mixte.
Il y a le mixte des deux.
Il y a l'entre deux. Et pour finir, oui, parce qu'on n'a pas répondu à la question que tu as
traitée avec Reda, je crois. Du coup, il y a Socrate qui dit "je sais que je ne sais rien".
Il y a du coup Platon, son disciple, ou Platon qui a existé tout seul,
ça on ne le sait pas, qui a parlé de l'homme comme animal politique.
Et t'as Aristote, le disciple de Platon qui a beaucoup,
et qui a été très intéressant quand on creuse parce qu'il a beaucoup contredit.
J'ai pas beaucoup creusé, je vous récite des cours de théorie du droit que j'ai eus de par mon
master, qui était très bien. Et t'as Aristote à la fin qui va dire que l'homme est un animal social. Et! social. Et! !
"L'homme est un loup pour l'homme" aussi.
Non.
Ca c'est Hobbes, si je dis pas de bêtises.
Et là on fait de l'histoire des idées politiques.
Hobbes serait, au final, un plagieur qui écrit très bien,
qui a une pédagogie, une didactique, une manière d'expliquer les choses.
Mais "l'homme est un loup pour l'homme" et le Léviathan seraient les idées d'un autre livre paru
quelques années avant, par un autre théoricien anglais passé totalement sous les radars.
Incroyable.
Et t'as plusieurs théoriciens, au final, quand on fait de l'histoire des idées politiques,
qui sont dans ce cas-là. Et voilà.
Et bah écoute mon cher Léo, c'est là qu'on voit qu'on a fait un podcast sur le TDAH car nous arrivons presque à deux heures
de podcast.
Et bah désolé j'ai pas fait exprès.
Mais non ! Il faut pas s'excuser ! Justement c'est tout l'intérêt de ce podcast,
c'est de pouvoir ouvrir la parole à toutes les différences et toutes les particularités.
Et merci Léo pour ta gentillesse et ton explication large.
Surtout qu'en plus on avait plein de sujets à traiter,
donc il a fallu plus de temps, c'est normal. Et je vous remercie beaucoup aussi à toutes et tous,
car c'était le dernier épisode de la saison, donc merci Léo d'avoir été notre invité de luxe.
De luxe en plus. Mais non, ils sont tous luxueux.
J'ai envie d'avoir un autographe de Reda, d'Aurélie,
tu vois, de Vincent... Mais Vincent il suffit que j'aille le voir et que je lui demande,
donc ça c'est pas très compliqué à faire. Non, non,
non, mais vraiment il y a beaucoup, parce que du coup oui je me suis mis une pression encore une
fois, je me suis dit mais putain je ne connais pas les définitions,
les termes, je vais être très approximatif dans tout ce que je vais dire...
Mais du coup tu es toi.
Mais je suis moi.
Toi une somme infinie de toi.
Plus une somme infinie de moi. Comme vous êtes la somme à infini,
parce que ce qui a lieu pour moi vaut pour vous aussi,
et c'est ça qui est génial avec ce concept là. Et encore une fois j'ai perdu le fil.
Mais du coup j'ai écouté 80% je crois des podcasts,
et ça permet aussi de faire le tri. Parce que du coup pour mes cycles de déprime par rapport à la
bipolarité, de se dire les phases de down, les phases de up,
ah non j'ai pas ça, allez hop c'est bon, je n'ai pas cette particularité là.
Par contre pour la dysphasie, c'est-à-dire, ouais à l'époque j'ai dit que j'avais pas mais
peut-être, la dysrhythmie ouais, ouais, du coup conséquence de la dyspraxie oui c'est bon,
voilà, plus le fait que j'entends pas les paroles quand il y a des musiques,
ou très mal, j'entends plutôt une mélodie que des paroles...
C'est à ça que sert ce podcast justement.
Je donne beaucoup plus d'importance à la musique,
ce que ça me fait ressentir que les paroles. N'en déplaise à tous les fans de rap qui me disent "le
texte, le texte", je leur dirai "un jour le texte,
mais c'est pas ce que j'entends".
Et oui, chaque personne justement est différente,
une somme infinie de soi-même on a dit.
Exactement, encore une fois.
Merci d'avoir écouté Voix Plurielles. Comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.