Bonjour et bienvenue sur Voix Plurielles. Je m'appelle Delphine et ici,
on parle avec empathie de vies différentes pour une même humanité.
Aujourd'hui, je reçois Oscar.
Bonjour.
Et on va parler ensemble de Right Brain. Vous vous demandez probablement ce que c'est,
ne vous inquiétez pas, ceci est un teaser. Et je vous propose que déjà on essaye de comprendre un
petit peu qui tu es, Oscar.
Bonjour, je m'appelle Oscar, j'ai 28 ans, je suis directeur d'un hebdomadaire.
Donc déjà, qu'est-ce que ça représente? C'est une publication d'actualité.
Donc on est une publication de 22 pages qui a 6 rubriques,
donc c'est des rubriques classiques dans celles qu'on peut trouver quand vous achetez Marianne,
Valeurs Actuelles, Libération ou que sais-je encore,
avec des pages politiques, des pages diplomatiques,
économiques ou culturelles. Bref le but au journal il est clair,
c'est d'informer, mais cette production d'infos elle se fait de manière un petit peu différente par des personnes qui sont
porteuses de ce qu'on appelle un trouble du neurodéveloppement.
Donc c'est des troubles autistiques qu'on s'est vu diagnostiquer relativement jeunes,
que ça soit sur les personnes qui travaillent sur nos réseaux sociaux,
sur la partie vidéo et également sur ce qu'on va appeler le magazine print et le web qui est un outil pour faire des actualités
chaudes. En fait, aujourd'hui, un journal, il se divise vraiment en trois grandes parties.
La majorité du flux va passer via le nombre d'abonnés qu'on va avoir sur la plateforme en ligne.
Donc on est un journal payant, moi j'y tiens énormément,
d'ailleurs je suis en forte opposition contre les personnes porteuses du trouble,
je pense à William Ancure ou d'autres, qui sont dans un refus total de vouloir travailler sur la
condition des personnes. En fait, il n'y a aucun document qui atteste concrètement qu'ils ont
commencé à mener ce travail. Il y a le même problème à Cléotiste ou à d'autres associations qui travaillent un petit peu
sur le trou du neurodéveloppement. On manifeste,
on conteste, mais derrière, il n'y a pas de résultat.
C'est comme si t'étais agricultrice, tu dis j'achète un champ pour élever des vaches ou me reconvertir en bio ou qui sais-je encore,
mais que sur tes hectares t'avais aucune productivité mais tu te plaignais tout le temps de la
saison, du changement climatique bref... Et en fait le fait d'être totalement payant ça nous permet
ça, ça nous permet de toujours avoir la main financière qui va tout de suite nous permettent
d'agir. Et moi-même, je me situe en conflit avec Karakan,
William Moncure et d'autres personnes qui ne sont pas dans cet objectif de travailler sur la
condition professionnelle. Parce que, comme je le dis,
aujourd'hui, sur leur réseau ou dans leurs interactions,
ils ne s'expriment pas sur la situation des personnes qui sont en recherche de cartes ou en
recherche d'intermittence.
Donc quand on dit en recherche de cartes, je précise juste pour nos auditeurs et nos auditrices,
c'est dans la carte pour le journalisme.
C'est la carte de presse, effectivement, puisque dans une rédaction,
aujourd'hui, on a deux grands statuts. On a des personnes qui sont intermittentes du spectacle,
qui travaillent surtout sur la partie vidéo, donc qui vont faire du montage,
qui vont travailler sur des films. Et étant donné qu'ils sont plutôt dans une perspective de
production artistique, leur but c'est d'avoir les fameuses 507 heures qui leur permettent de
renouveler leur statut d'intermittent. Là c'est pas le cas,
effectivement t'as bien fait de me reprendre, on est sur des profils (et toute la difficulté elle
est là), c'est des profils qui ont besoin de faire un ensemble de piges pour ensuite présenter un dossier à la commission
de la carte qui va leur permettre, via un calcul,
de pouvoir être journaliste. Donc ça, c'est le premier point.
Et donc la législation, elle est relativement claire sur ça,
puisqu'il y a une loi de 91 qui va énoncer quelque chose de relativement simple.
C'est l'obligation d'avoir une relation employeur-employé.
Donc en fait, il y a une relation de subordination qui fait que certains contrats ne peuvent pas être acceptés dans la presse
aujourd'hui. Et heureusement d'ailleurs, je vais donner un exemple assez clair,
c'est un peu technique, mais je pense que c'est important qu'on rentre dans le vif du sujet sur ça.
Quand en 2017, Emmanuel Macron décide de supprimer un ensemble de charges sur le régime des
indépendants, ce qu'on appelle le RSI, l'industrie de la presse s'oppose à ça.
Et elle a très bien fait, parce que ça fait des années qu'elle est opposée à toutes les formes de précarité absolument dures
qu'on voit aujourd'hui dans plein de secteurs d'activité sur le marché de l'emploi.
C'est les fameux travailleurs freelance et autres directeurs de SASU qui sont des
auto-entrepreneurs. Et la presse, c'est vraiment un sport d'équipe.
Moi, j'ai ce statut-là et je vois à quel point il est compliqué à garder ce statut-là.
Et puis même nos relations humaines n'ont jamais été construites dans un monde du travail.
On est autant isolé à devoir être relativement seul dans l'obtention de ce chiffre d'affaires.
Et c'est pour ça que je me dis en colère qu'Arakan et d'autres personnes,
c'est qu'aujourd'hui, leur lutte antivalidiste, dans les médias,
je ne vous montrerai pas sur d'autres industries,
parce que ces personnes-là ont été formées en école de journalisme,
que ce soit Sciences Po, SELSA ou d'autres, n'ont pas sollicité,
à ma connaissance, les organisations de journalistes,
que ce soit le SNJ, la SNJ CGT ou la CDT ou d'autres pour commencer à faire ce travail pour que notre statut de travailleur
freelance qui est un statut de travailleur handicapé indépendant nous sommes aidés par l'AGFIP donc là c'est pareil c'est toujours
un peu technique on peut entreprendre dans la presse.
Donc l'AGFIP c'est justement...
L'association, on va expliquer aussi ce que c'est,
c'est une association qui a été créée pour favoriser l'inclusion des personnes handicapées vers l'emploi. l'emploi.
Voilà.
Donc ce qu'il se passe c'est que tous les ans l'URSSAF récupère une amende payée par les entreprises de plus de 20 salariés
qui ne sont pas aux 6 % qui va être ensuite transmise à ce fond qui ne finance quasiment plus
aujourd'hui que de la formation, enfin plus de formation pardon,
et que de l'insertion professionnelle. Et donc en tant que travailleur indépendant quand on arrive
à justifier, moi je les ai eus, 7500 euros de facture d'investissement dans notre entreprise,
un tiers est pris en charge par l'AGFIP. Mais en fait,
c'est une trappe à précarité parce que c'est une incitation à devenir travailleur indépendant avec toutes les difficultés
que ça implique quand on est actif. Et notamment sur la question du cumul avec l'AAH,
puisque les 1048 euros d'AAH peuvent être cumulés avec ce statut de travailleur indépendant contre
lequel la presse, et je le rappelle, heureusement qu'elle l'a fait,
s'est toujours opposé. Et donc on arrive au cœur du problème,
c'est-à-dire que s'il y a une faible mobilisation technique avec les syndicats d'éditeurs,
qui sont les syndicats patronaux, je pense au SPEM,
le syndicat de la presse des éditeurs magazines,
le SPIE dont je suis membre qui va surtout accompagner des médias plus indépendants,
je pense à Blast, à Mediapart ou d'autres qui sont titulaires de l'agrément,
alors là c'est pareil je pense que c'est important de définir ce que c'est un agrément d'information politique et générale
qui va donner accès à certaines aides du ministère de la culture.
Donc là il y a une aide qui a rouvert ce mois-ci d'aide au développement numérique d'un fond stratégique qui s'appelle le
FSDP en fait qui permet à des médias d'avoir une aide du ministère de la Culture pour comprendre les codes et les mécanismes
des métiers du numérique, celui de développeurs qui est devenu indispensable aujourd'hui dans la profession de journaliste
quand on veut avoir des articles référencés sur internet,
puisque les gens n'achètent plus la presse papier ce qui est c'est très dommageable et s'informent via Google News ou via
Internet. Et donc, je vais peut-être faire un lien avec le handicap aussi tout à l'heure sur ça,
mais on est face à des métiers qui doivent avoir une excellente connaissance des métiers du numérique et en fait on touche
au cœur du problème.
C'est un peu touche à tout finalement.
Alors non, pas du tout, c'est tout le contraire. En fait nous ce qu'on défend là ça fait 10 minutes que je ne te parle quasiment
que de l'industrie des médias, je m'oppose littéralement à toute personne qui va parler de l'autisme au travail puisque
voilà, je ne vais peut-être pas préciser mais tous nos rédacteurs sont porteurs de ce handicap
cognitif, et qui vont faire des gigantesques événements.
C'est comme ça qu'on fonctionne aujourd'hui, où on va recevoir 30 à 40 secteurs sans avoir aucune expertise sur l'autisme dans
les transports, l'autisme dans l'armée. Moi, je ne me prononcerai que sur l'autisme dans les médias et dans l'industrie de
l'audiovisuel. Peut-être un petit peu sur des questions qui sont proches,
l'intermittence et la musique, par exemple, mais jamais il ne me viendrait à l'esprit de me prononcer sur un secteur que
je ne connais pas. Or là, c'est le contraire aujourd'hui.
On a des gens qui présentent l'autisme comme une spécificité,
mais qui ne le présentent pas, parce que c'est masculin,
comme une spécificité à chaque métier. Donc en gros,
l'autisme exige, mais l'autisme dans la logistique,
l'autisme dans l'informatique, il est rarement présenté.
Je suis scandalisé par ce que fait une personne comme Hugo Duval par exemple aujourd'hui qui va organiser des événements
avec 45-50 partenaires qui viennent de secteurs totalement différents mais lui n'a pas vraiment
d'expertise sur ça. La personne dont je parle c'est l'un des principaux interlocuteurs des conseillers emploi du ministère
du handicap et du délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement qui s'appelle Etienne
Pot et du ministère Terre de Solidarité qui travaille un petit peu sur ces questions d'autisme et
d'emploi, mais en fait c'est des gens qui font beaucoup d'événements mais qui n'ont pas cette
expertise technique, c'est-à-dire qu'eux-mêmes, si tu les mets en fait avec cet autisme dans une activité qui doit être lucrative
comme la mienne je ne sais même pas s'ils seront performants et si en fait ils arriveront à établir un business plan assez
solide. Et donc là je suis un peu parti dans tous les sens mais je pense que c'était important de le faire moi je travaille
vraiment sur cette question du handicap cognitif dans les médias.
C'est à dire du point de vue de je travaille avec des personnes qui ont un TSA et qui sont
rédacteurs du journal.
Voilà, même plutôt qui s'orientent vers les métiers de l'audiovisuel.
Le but c'est donc de savoir en fait interagir avec elles et eux qui travaillent et d'avoir une organisation du travail qui
soit adaptée à leurs troubles.
C'est ça. Et c'est ce que je disais. Et aujourd'hui,
heureusement, la définition du statut d'un actif passe par un immense travail avec les organisations professionnelles qui
m'occupent aussi énormément puisque j'essaye, même si j'ai pas beaucoup de retours de m'investir
dans mon syndicat d'éditeur. Donc moi je viens du monde politique et du monde syndical j'ai fait un choix entre le militantisme
politique et la presse assez tard, donc en 2023 quand j'ai terminé mes études je passais beaucoup
de temps au parti socialiste, donc ce qu'on appelait le MJS à l'époque,
ça existe toujours ça s'appelle les JS, j'étais à l'époque c'est un système de motion qui existe
encore, ils sont le jour où on enregistre ce podcast,
d'ailleurs on vote, signataire des textes que déposait Olivier Faure,
et un jour j'arrive à Libération, en journée d'observation,
ce qu'on appelle les duoD, et... Et ma maître de stage me dit,
alors j'étais pas au service politique, et heureusement d'ailleurs,
ils me montrent des photos de moi en train de militer,
en train de tracter. Ils me disent vraiment fais gaffe à ça,
tu vas te cramer partout si on le sait. Nous on est sympa,
on va être indulgents avec toi sur ça, mais vraiment fais très attention.
Mais comment ils ont eu ces photos?
Parce que, comme tous les journaux, et en partie,
Libé et un peu le journal du PS ils m'ont vu en photo avec des élus tout simplement.
Et donc je les remercie en fait d'avoir fait ça et donc j'ai gardé en tout cas cette volonté de vouloir agir sur la norme
quand j'ai monté ma société. Et surtout ce qui était formidable c'est qu'il y avait des choses à faire avec cette chose
relativement simple où déjà quand on est actif en situation de handicap c'est une question qui est
souvent posée, c'est en fait quels sont nos statuts.
Et je pense que c'est le coeur du problème ça revient ce que je disais tout à l'heure et ce que je critique d'ailleurs aujourd'hui dans
le milieu du handicap et l'autisme et de l'emploi,
c'est qu'on a très peu de techniciens, en fait. On a très,
très peu de gens qui font avancer trois types de statuts.
Donc, c'est des allocataires de l'AAH qui n'ont pas d'emploi.
On va en inclure quatre. Donc, c'est des personnes qui ont été reconnues à 80 % par leur MDPH,
qui vivent avec ces 1048 euros et qui, s'ils sont locataires,
ont la CAF en plus. Ce qui fait qu'ils ont 1200-1300.
Par mois. Ensuite, parmi ces personnes-là, on en parlait au téléphone...
Enfin, en réalité, pas exactement, parce que la CAF,
ce n'est que pour la partie logement.
Oui, c'est les APL, Oui, t'as les APL, effectivement,
t'as raison. Et on a les personnes qui, comme moi,
ont été orientées en établissement d'insertion par le travail.
Donc, c'est des personnes qui sont à 80%. Donc, leur dossier est passé en reconnu et éligible été l'AAH éligible à éligible
et également éligible aux établissements d'insertion par le travail.
Donc c'est des établissements où les personnes ne dépendent pas du droit du travail.
Là, depuis 2023, elles ont la possibilité de se syndiquer.
Et elles dépendent du Code de l'action sociale des familles.
Donc elles ont un statut d'usager et n'ont pas un statut fait,
peu fait, peu nombreux sont aujourd'hui les actifs,
on parle de 120 000 personnes à peu près en France,
sur tout le territoire, qui les intègrent, en sachant qu'il y en a énormément,
c'est des associations gestionnaires qui ont un budget de fonctionnement qui les administre,
je pense à l'APF, l'ADAPI, l'UNAPI, l'élan Retrouvé qui est l'un des partenaires Et...
Donc, les personnes qui travaillent dans ces établissements ont une rémunération et une AAH qui est
baissée. de mon entreprise. Et... Donc, les personnes qui travaillent dans ces établissements ont une rémunération et une
AAH qui est baissée.
Oui, parce que l'AAH, du coup, dans tous les cas,
elle est dépendante des revenus aussi qu'on a par ailleurs.
Exactement. Et là, dans l'ESAT, là, dans l'ESAT, ils ont un revenu.
Oui, c'est ça. Donc, du coup, forcément, l'AAH va baisser du fait de ces revenus.
Exactement. Et donc, on a un troisième statut qui est le mien,
qui est très similaire, où en fait tu n'es pas usagé des ads mais t'es reconnu à 80 % donc t'as la hache et tu cumules un
revenu qui baisse ce qui est mon cas aujourd'hui et donc si on en revient à ce que je disais on a un super travail technique
à faire c'est à dire les choses sont claires, simples,
posées et Peut-être que c'est mon côté un peu sauce d'aime et un peu réformiste.
Moi, je ne suis pas contre un système. Je pense qu'on peut toujours,
par la négociation, le réformer, même si je le combats énormément.
Et donc, la viralité de certains qui veulent bloquer des établissements,
qui les présentent comme des lieux d'enfermement,
ce n'est pas ma position. Je les combats comme eux.
mais je pense qu'aller voir les organisations collectives et politiques et les parlementaires pour leur dire qu'il y a cette
situation-là, leur faire des sensibilisations pro bono avec des propositions de loi ad hoc
expliquant très clairement Comment, nous, on va faire évoluer la législation sur la carte de
presse, sur l'obtention d'un agrément du ministère de la Culture,
ce qu'on appelle les agréments CPAPP? Donc, je tiens à préciser que j'ai fait,
effectivement, ça, puisqu'on travaille avec un parlementaire de la France Insoumise,
qui appelle Adrien Clouet, qui est le vice-président du groupe France Insoumise à l'Assemblée
Nationale, et qui est membre de la Commission des Affaires Sociales,
qui est un peu le monsieur sécu de Jean-Luc Mélenchon.
et aller dans le réformisme avec eux en voyant comment la législation peut aujourd'hui avancer et être modifiée par les
deux chambres, donc Assemblée et Sénat, c'est beaucoup plus constructif que de vouloir tout péter,
même si j'ai quand même sur la question des rapports de l'ONU et des lieux de privation de liberté des positions parfois
similaires avec celles des anti-validistes qui sont dans une critique permanente le tout tout premier but du journal c'est quand
même de permettre je l'ai dit au tout début à des handicapés de devenir salariés d'un journal Donc soit on reviendrait ce
qu'on appelle une coopérative, soit une SIC où très malheureusement les tiers-lieux n'existeront
plus, donc là c'est pareil, on va peut-être rentrer un peu dans le détail puisque le SS c'est quand même un secteur assez
compliqué à comprendre. Donc la notion qui est quand même importante à assimiler quand on parle de
tout ça, d'emploi inclusif ou d'économie sociale et solidaire,
c'est que l'État peut être actionnaire et partenaire d'un pôle d'activité économique.
Donc ça a été le cas des tiers-lieux notamment, et l'agrément France-Tiers-Lieux a été supprimé
hier, ce qui est un scandale d'État absolu. Je sais que Benoît Hamon et d'autres spécialistes de l'ESS se sont exprimés sur
leur réseau il y a quelques heures.
Donc quelques heures, on est en juillet 2026
Exactement. Et donc, on a un troisième statut qui est le mien,
qui est très similaire, où en fait tu n'es pas usagé d'ESAT mais t'es reconnu à 80 % donc t'as l'AAH et tu cumules un revenu
qui baisse ce qui est mon cas aujourd'hui. Et donc si on en revient à ce que je disais on a un super travail technique
à faire c'est à dire les choses sont claires, simples,
posées et peut-être que c'est mon côté un peu SocDem et un peu réformiste.
Moi, je ne suis pas contre un système. Je pense qu'on peut toujours,
par la négociation, le réformer, même si je le combats énormément.
Et donc, la viralité de certains qui veulent bloquer des établissements,
qui les présentent comme des lieux d'enfermement,
ce n'est pas ma position. Je les combats comme eux.
Mais je pense qu'aller voir les organisations collectives et politiques et les parlementaires pour leur dire qu'il y a
cette situation-là, leur faire des sensibilisations pro bono avec des propositions de loi ad hoc expliquant très clairement
comment, nous, on va faire évoluer la législation sur la carte de presse,
sur l'obtention d'un agrément du ministère de la Culture,
ce qu'on appelle les agréments CPAPP. Donc, je tiens à préciser que j'ai fait,
effectivement, ça, puisqu'on travaille avec un parlementaire de la France Insoumise,
qui appelle Adrien Clouet, qui est le vice-président du groupe France Insoumise à l'Assemblée
Nationale, et qui est membre de la Commission des Affaires Sociales,
qui est un peu le monsieur sécu de Jean-Luc Mélenchon.
Et aller dans le réformisme avec eux en voyant comment la législation peut aujourd'hui avancer et être modifiée par les
deux chambres, donc Assemblée et Sénat, c'est beaucoup plus constructif que de vouloir tout
péter, même si j'ai quand même sur la question des rapports de l'ONU et des lieux de privation de liberté des positions
parfois similaires avec celles des anti-validistes qui sont dans une critique permanente.
Le tout tout premier but du journal c'est quand même de permettre,
je l'ai dit au tout début, à des handicapés de devenir salariés d'un journal.
Donc soit on reviendrait à ce qu'on appelle une coopérative,
soit une SIC où très malheureusement les tiers-lieux n'existeront plus,
donc là c'est pareil, on va peut-être rentrer un peu dans le détail puisque l'ESS c'est quand même un secteur assez compliqué
à comprendre. Donc la notion qui est quand même importante à assimiler quand on parle de tout
ça, d'emploi inclusif ou d'économie sociale et solidaire,
c'est que l'État peut être actionnaire et partenaire d'un pôle d'activité économique.
Donc ça a été le cas des tiers-lieux notamment, et l'agrément France-Tiers-Lieux a été supprimé
hier, ce qui est un scandale d'État absolu. Je sais que Benoît Hamon et d'autres spécialistes de l'ESS se sont exprimés
sur leur réseau il y a quelques heures.
Donc quelques heures, on est en juillet 2026.
C'est un sujet sur lequel on a pas mal bossé, donc qu'est-ce que sont ces tiers-lieux?
C'est des structures où on peut créer, je crois qu'il y a des CAE,
c'est des coopératives qui ont ce nom de coopérative d'insertion et d'emploi,
CEA pardon, enfin en bref, où on a un ensemble de contrats adaptés.
C'est à dire que tu gardes tes droits mais tu n'es pas automatiquement salarié,
il y a un temps d'adaptation parce que la collectivité a investi.
Alors c'est les régions qui ont cette compétence,
on va peut-être faire un tout petit peu de droit des collectivités,
qui ont cette compétence à agir dans l'emploi, c'est comme les transports,
en fait, c'est les régions qui s'investissent sur la question de l'emploi.
Et plusieurs élus, je pense à un écologiste qui s'appelle Charles Fournier ou une proche de Raphaël
Glucksmann, qui s'appelle Marie-Laure Cuvelier, ont milité en interne,
c'est des conseillers régionaux, tous les deux, bon Charles est à l'Assemblée maintenant,
il a été remplacé par Gaël, donc j'ai oublié son nom,
qui siège au groupe écologiste en région Centre-Val-le-Loire et Marie-Laure qui est encore en poste ont réussi à créer des
fonds avec des dotations pour que ces acteurs de l'ESS,
donc c'est plusieurs milliers d'euros sur X périodes,
puissent créer de l'emploi. Et donc nous notre but à terme c'était aussi de devenir une coopérative différemment soutenue
par l'État puisque malheureusement faire du tout lucratif avec des personnes je suis totalement
contre, donc je ne suis pas un grand libéral je suis plutôt même un,
on peut le dire, un homme de gauche, il n'y a pas de soucis là-dessus,
même si j'ai un devoir d'impartialité. Donc je suis quelqu'un d'extrêmement favorable au fait que l'état intervienne dans
l'économie, je suis quelqu'un qui est favorable à une taxation sur les ultra-riches à 2 % de leur patrimoine donc c'est 100
millions d'euros, la fameuse taxe Zuckman, je suis quelqu'un qui est opposé au fait que les principaux dispositifs de solidarité
soient financés par de la TVA, mais que ce soit plutôt un impôt sur notamment les plus fortunés qui permettent de financer
notre système médico-social et notre système de santé aujourd'hui.
Et comment dire? Le fait que l'État intervienne via ses coopératives et via ses acteurs de l'ESS,
et c'est aussi le cas avec les ESAT, puisqu'en fait ils sont financés par nos impôts,
ces établissements vers lesquels j'ai moi-même été orienté,
est une bonne chose. Mais il faut qu'on revoie le modèle,
et si on en revient aux industries des médias et de la presse,
mon tout premier constat qui est quand même le plus simple,
c'est que des personnes porteuses de handicap cognitif peuvent être insérées dans ces coopératives qui seraient soutenues
soit par une région, soit par une ville, ou par d'autres collectivités,
via une hausse des budgets de fonctionnement des collectivités.
Moi je pense que notre modèle actuel ne fonctionne pas,
pour qu'on puisse entreprendre différemment avec eux.
Et donc, bien évidemment, les personnes qui intégreraient ces coopératives,
le modèle coopératif de celui qui me semble le plus juste,
auraient par la suite une carte de presse ou seraient intermittents selon les services qu'ils
intégreraient au journal. Mais qu'on arrête par pitié avec ce système des entrepreneurs individuels qui bossent 15 heures
par jour, qui sont en situation de précarité, qui sont aidés de façon catastrophique par des dispositifs associatifs qui
ne fonctionnent pas. Je pense à Inclusion ou à Shop Entrepreneur ou d'autres.
Donc on va peut-être expliquer ce que c'est pour des personnes qui ne savent pas.
C'est une association qui a été dirigée par quelqu'un qui s'est beaucoup investi au municipal,
qui s'appelle Amou Boakaz, qui a été très actif à la GFI pendant des années,
à Shop Entrepreneur, qui a des programmes de formation des entrepreneurs en situation de handicap.
Donc il y en a un qui est vraiment dédié aux travailleurs indépendants et...
bon moi je l'ai fait, et ce qu'il se passe c'est qu'ils sont complètement livrés à eux-mêmes
pendant les accompagnements, c'est-à-dire en fait t'as un cours,
le prof t'explique plutôt bien, ils ont plutôt des bons intervenants en classe,
mais après... Tu es laissé totalement seul dans l'apprentissage des connaissances qu'ils te
donnent. Donc c'est comme quand tu étais à l'école,
tu apprenais ta leçon de français ou ta leçon de maths,
ou tu apprenais à factoriser un petit calcul avec 2-3x.
Et derrière, en plus, t'es handicapé, et tu dis,
ce serait peut-être pas mal d'avoir un exercice pour m'assurer que j'ai maîtrisé la notion.
Alors que vraiment, les cours qui étaient donnés étaient fondamentaux.
On a eu un cours de comptabilité qui était vraiment intéressant.
Et après, on n'avait pas d'exercice de mise en pratique en disant,
nous, notre but, c'est juste de faire de la formation.
On ne va pas vous suivre par la suite pour savoir,
est-ce que vous avez vraiment maîtrisé...
Oui, il n'y avait aucune vérification des acquis,
quoi.
Voilà, moi je voulais rentrer dans l'éducation nationale à un moment.
Très courageux.
C'est un très beau métier, pour moi c'est le plus beau métier du monde.
Ah bah transmettre des connaissances...
Voilà, c'est dur mais je me destinais plutôt à une carrière de prof de base et...
Oui parce que finalement, je rebondis un petit peu sur ce que tu dis,
le fait que t'aies cette volonté un peu d'aider ton prochain,
d'essayer que ce soit plus inclusif pour les personnes en situation de handicap,
de faire valoir entre guillemets la valeur de ces personnes,
etc. C'est vrai que de prime abord, j'aurais plus pensé à de l'enseignement,
de la pédagogie ou carrément de la politique. Et finalement,
t'as décidé de faire une revue.
Ah ben complètement. D'ailleurs, je me situe un petit peu entre les trois,
je pense. Puisque j'écris sur la politique, et donc à la différence de mes autres petits confrères
et consoeurs, je viens de ce milieu-là.
Parce que tu écris dans ton journal.
Oui, j'écris aussi. Et qu'est-ce que je voulais dire?
On parlait de ce côté pédagogique. Après ma troisième année de licence,
j'ai fait des études d'histoire et de sciences politiques.
Je voulais partir en master de lettres pour passer le concours,
donc le CAPES, pas l'AGREG, je l'aurais pas eu parce que j'étais pas assez rigoureux et que mes
troubles du neurodéveloppement, donc c'est pas que les troubles autistiques,
quand on parle de TND on a aussi des troubles dys qui sont très souvent liés,
ce qui est mon cas, avec une dyspraxie visio-spatiale,
ce qui fait que je vais avoir beaucoup de mal en fait à me repérer dans un texte et donc à le relire en appliquant plus
des règles complexes, donc des règles de grammaire,
l'archétype ou l'exemple même des textes que je vais relire différemment.
Et je fais d'ailleurs toujours encore beaucoup de faubes de frappe avec un COD qui n'est pas
conjugué, enfin bref. Et qu'est-ce que je voulais dire?
On parlait de tes études.
Et donc je me dessinais plutôt vers un CAPES en français de base.
Et donc je pense qu'avec les médias, j'ai trouvé la jonction entre les deux.
En fait, le côté d'études d'un texte et de l'autre,
le côté d'investissement global, parce que je savais que je voulais me resyndiquer assez rapidement quand j'ai créé mon
entreprise individuelle. Et donc pour moi, c'est le bon compromis entre les deux parce que ça me permet à la fois d'être autant
en contact avec des profs, des gens du milieu de l'éducation,
pour mes papiers, que des personnes qui travaillent en politique.
Et autant avec le monde syndical, en fait, en contact avec tout le monde.
Et en plus tu aides d'autres personnes puisqu'elles peuvent être embauchées.
Et j'aide d'autres personnes en plus.
Est-ce que tu penses que la représentation de ce que tu proposes c'est-à-dire une entreprise qui embauche des personnes qui
sont différentes entre guillemets de la norme, ta façon de gérer ta revue,
est-ce que tu penses que (c'est une question un peu biaisée),
est-ce que tu penses que c'est assez représenté dans le monde d'aujourd'hui ou tu penses faire partie des exceptions encore ? ?
Ah ben complètement, elle est excellente cette question,
parce qu'avec Maxime que tu vas recevoir dans un autre épisode...
Oui tout à fait, quel teaser !
En fait on est des exceptions. L'UNAPI qui est une grosse association qui milite pour l'inclusion scolaire des personnes
avec un trouble du neurodéveloppement le dit tous les ans.
C'est à dire les gamins dans la situation là ne vont pas à l'école ou alors c'est 6-7 heures.
En fait l'un comme l'autre on fait partie de cette partie de la population qui a dû gérer des
pleurs, des crises d'angoisse, et des crises de colère très régulières à l'école.
Maxime, c'est quelqu'un qui il le dira mieux que moi,
était attaché à une chaise en CP et en CE1 parce qu'il courait partout,
moi je criais dans ma classe, il y avait des notions qui n'étaient pas du tout assimilées,
je crois que j'ai passé mon année de CM2 j'ai passé plus de temps dans le couloir qu'en classe...
Parce que finalement c'est une incompréhension du corps professoral, des proches... desproches... proches...
C'est surtout qu'on n'a pas notre place, je le dis clairement,
peut-être m'attirer des ennemis en disant ça, c'est qu'on n'a pas notre place dans l'éducation nationale et dans une classe
ordinaire. On est tellement lent dans nos apprentissages,
nos comportements sont tellement différents, et d'ailleurs des progrès ont été faits là-dessus avec la création des dispositifs
d'autorégulation des UMA, mais c'est un par département...
Il n'y a pas assez de choses mises en œuvre.
Voilà, pour revenir à ce que tu disais, non, on n'est pas du tout représentatif de la norme.
On est l'un comme l'autre, et je le dis d'ailleurs très souvent,
parce qu'on est très, très amis, pour moi, les représentants d'une toute petite élite.
Mais vous pouvez aussi faire office de rôle modèle,
en quelque sorte, parce que...
Oui, peut-être qu'on peut faire office de rôle modèle,
mais on n'est pas du tout représentatif de ce qu'est l'autisme en France,
absolument pas. Moi, je refuse d'être le porte-parole de cette cause,
comme l'a fait de manière absolument scandaleuse Maité Nabi Raben dans le Nouvel Obs il y a
quelques semaines, en utilisant les codes du journalisme et de la presse pour se présenter comme
une personne autiste, en disant « ça me fait chier d'être autiste »,
alors que enfin meuf, excuse-moi, t'as eu ta carrière au grand journal,
t'as été hyper bien payée, t'as des gens qui payent pour te lire sur Mesdames,
qui est un super média, et tu te présentes comme la porte-parole de personnes qui sont parfois non-verbales et qui seraient
incapables de lire ne serait-ce que le dixième des textes que t'as présentés pendant dix ans à la
télé, et tu voudrais être la porte-parole de cette cause là?
Il faut arrêter de déconner, tu m'excuseras d'être un peu vulgaire à un moment,
quand on a autant de cas d'illettrisme, de difficultés d'autonomie,
et que derrière l'industrie de la presse produit des sortes d'hérégies en disant le porte-parole du
journalisme inclusif, la porte-parole des personnes avec un trouble autistique,
comme peuvent le faire des personnes dans Ca commence aujourd'hui ou dans des émissions un peu à la Sophie Davent où on
plonge dans l'intimité de la personne. C'est honteux de faire ça.
C'est honteux parce que c'est pas du tout représentatif de...
De ce que moi je porte. Après je ne sais pas, je ne veux pas parler à la place de Maxime,
mais moi ce que je veux c'est avoir une réflexion globale.
Les gens s'en foutent d'Oscar Tessoneau.
Mais est-ce que ne pas être représentatif empêche d'être un modèle pour des jeunes,
qui du coup peuvent se sentir abandonnés par une société qui ne leur ressemble pas,
mais qui du coup peuvent se dire qu'avec la revue que tu proposes,
avec les emplois que tu crées, finalement ils peuvent quand même eux aussi avoir des rêves en tant qu'humains finalement ? ?
Oui, donc on met un petit point de subtilité, on n'embauche pas encore.
On embauche des pigistes, assez régulièrement, il n'y a pas de salariés.
Oui, ça reste tout de même des personnes qui travaillent.
Voilà, ça reste des gens qui sont payés pour venir avec moi,
mais par contre, le fait de vouloir proposer une dynamique collective,
et si je donne envie à des gens de s'en sortir, moi j'en suis ravi.
La seule chose que je ne souhaite pas, c'est qu'ils fassent mes erreurs en choisissant un statut
aussi précaire que le mien, en étant quasiment pas payé.
Il y a des jours, je me paye 6, 12, 18 euros. Et donc,
si on enlève mon AAH, je sais que je suis dans la précarité.
Et qu'est-ce que je voulais dire par là? Être un modèle,
oui, mais si on arrive à avoir une réflexion globale et collective pour que les droits d'Oscar Tessonneau ne soient pas
que les siens.
Oui, c'est-à-dire que ce soit représentatif de l'intégralité du spectre et pas juste de ce que
toi... et de l'intégralité des cadres.
Et là, c'est malheureusement ce qui se passe un petit peu aujourd'hui.
C'est que... Ça fait deux ans que j'essaie d'établir un cadre collectif pour mon industrie,
je le redis encore, je me sens en conflit avec des personnes comme Hugo Duval ou d'autres qui font des grands événements
avec 40 personnes issues de différents secteurs sans connaître les réalités,
sans savoir par exemple comment un autiste peut développer un programme en data science ou en
informatique, par exemple. Comment dire, moi ce que je veux c'est avoir une réflexion globale dans
la presse, dans le secteur que je maîtrise, et si je fais tout ça c'est aussi pour que dans leur travail et leur environnement
professionnel ces personnes là gagnent des droits.
Ma perspective personnelle je m'en fous en fait.
Et là l'espèce de, comment dire, de privilège que j'ai avec une accréditation à l'Elysée,
à Matignon c'est très très bien, moi ça m'a fait gagner énormément d'argent,
je suis pas un ingrat, je crache pas dessus. Et ça m'a permis de faire plein de trucs.
Mais non, non, moi, ce qui m'intéresse, c'est vraiment d'établir une dynamique collective.
Et la chose que je souhaiterais, à terme, c'est avoir l'aboutissement d'un travail collectif.
Donc via alors je sais pas si Adrien le fera à temps,
s'il perdra sa circonscription, ce que je ne souhaite peut-être pas pour lui mais mais que ouais on ait un texte qui permet
de réguler un petit peu cette insertion et que en fait les dizaines de démarches que j'ai entrepris seul ou avec peu de
soutien, d'autres les fassent en étant mieux accompagnés.
En fait, tu travailles pour le futur?
J'aimerais travailler pour le futur, parce que pour le moment,
je n'ai eu aucun résultat.
Et c'est peut-être parce que justement, ils t'attendent dans le futur.
Oui, j'espère.
Mais c'est pour autrui, là, tu te bats pour la communauté,
tu te bats pour la collectivité, tu te bats pour toutes les personnes en situation de handicap.
Alors je ne sais pas si je me bats, mais... en fait moi j'ai compris ça en écoutant,
alors je sais pas si c'est une référence, c'est un mec qui s'appelle Roland Lescure,
qui est ministre de l'économie, qui a après des dizaines de cours de média training développé un truc que je trouve assez
intéressant. C'est en fait quand tu l'écoutes sur France Info ou sur BFM,
il arrive à te faire comprendre quand il y a un gros dossier,
quand il y a un petit dossier et donc il va te parler d'une petite entreprise qui est en liquidation judiciaire et donc
il emploie souvent ce terme là "c'est un petit dossier" et donc il faut,
aujourd'hui c'est tout le travail, que le handicap dans la culture et l'autisme dans la culture plus particulièrement ça
devienne un gros dossier.
Oui.
Et c'est là en fait
La prise de conscience.
Où l'équation a plein de X et plein d'inconnues. C'est à dire que des secteurs d'activité où ils vont pouvoir bosser va pas
y en avoir 15 000. Moi j'ai des dizaines de preuves,
je peux te le prouver par A plus B que mon industrie,
celle des médias et de l'audiovisuel, avec toutes les difficultés qu'elle connait,
elle peut les embaucher. Elle a encore les sous pour le faire.
Bah la preuve puisque ta revue existe et il y a des choses qui sont publiées.
Et surtout voilà, c'est ce que je te disais, Maxime,
je veux parler de façon très réaliste, je suis son ami,
il a des grosses difficultés en français, il a des difficultés de représentation euh..
Dans l'espace?
Publique, en fait, même. Et c'est un métier qui est parfait pour lui,
que ce soit dans le cinéma ou à la télévision, celui de monter des émissions.
Enfin, je ne sais pas si on comprend, mais il n'est pas exposé publiquement.
Oui, il a une petite protection tout de même de par son statut.
Il a un casque qui l'isole. Il aime ce qu'il fait.
Il est compétent. Qu'est-ce que le peuple demande de plus?
Et on ne lui permet pas de trouver un contrat chez Freemantle ou à Media One,
donc un contrat stable qui lui permettrait d'être en CDI,
moi, je ne sais plus quoi faire. Et des autistes comme ça,
qui se sont vraiment fait leur place, donc t'en a qui aiment aussi tous les métiers liés au dessin
animé, donc ce qu'on appelle les motion designers,
ou des personnes qui vont travailler sur une tablette,
c'est pareil, c'est un métier qui est parfait pour eux.
Bah oui, puisque si c'est leur intérêt spécifique,
c'est parfait. Si c'est des choses où ils peuvent se concentrer,
pas avoir trop de stimuli, pouvoir se gagner du temps aussi sur leur propre bien-être.
Parce que c'est vrai qu'il y a certains métiers,
genre maçon sur un toit, c'est peut-être difficile aussi,
être au soleil, aller fort.
Quand tu dois comprendre le fonctionnement d'une toiture,
où marcher ou autre, sans te casser la gueule, compliqué.
Alors que là il y a un peu ce temps qui peut être,
en tout cas c'est pas dans le temps réel, c'est dans des temps qui peuvent être justement un peu
plus distendus, un peu plus protégés, donc c'est important de pouvoir trouver aussi les atouts de chacun et de pouvoir leur
permettre de travailler là où les personnes sont douées.
Voilà et puis même on a quand même une preuve, c'est à dire qu'il y a un concept à la télévision française basé sur un journal
fait par les autistes, qui s'exporte dans le monde entier.
La semaine dernière, j'étais encore dans un atelier de ce qu'on appelle dans le milieu des médias et de l'audiovisuel les
productions "unscripted". Donc c'est en fait tous les divertissements,
les jeux télé ou les émissions type Slam, Questions pour un Champion.
Les termes que je cherchais avec le mec frisé, donc Julien Lepers.
Julien Lepers, qui est toujours là, c'est incroyable.
"On salue les Dom-Tom". Et donc on avait un atelier de production de ces jeux-là et tous les producteurs qui sont venus avec
un mot à la bouche, c'est l'un des concepts qui s'exporte le mieux,
c'est le Papotin. Ils ne sont pas payés, c'est un atelier thérapeutique,
c'est-à-dire que même s'ils sont adultes tu pourrais leur faire des contrats adaptés pour qu'au moins quand ils viennent
à France Télé ils puissent être rémunérés. Bon, elle est peut-être un peu graveleuse dans cette
blague, mais Carlos et Patrick Sébastien quand ils faisaient les débiles à la télé,
Berlusconi c'est pareil, ils étaient payés. Pourquoi eux ils le seraient pas tu vois ?
Pourtant Dieu sait si le chanteur Maskey ou les différentes conneries qu'il a pu faire avant de devenir le roi des misogynes
c'était grandement intellectuel...
Avec des guillemets. guillemets.
Le plus grand cabaret du monde, c'est comme France Culture...
Ouais, il y a des choses quand même qui sont passées à la télé où on se demande vraiment comment c'est possible que ce soit
passé à la télé.
comme dirait Jordan Bardella trèfle de plaisanterie trèfle de plaisanterie toutes ces personnes là on voit qu'il y a un intérêt
lucratif derrière à les inclure. Elles se plaisent dans ce métier-là.
Elles ont fait leur preuve, elles ramènent de l'argent.
Donc, moi, en fait, ce travail ad hoc qui va consister à travailler sur la législation pour les
inclure, il me semble tellement logique, tu sais,
c'est comme quand on était mo, mais qu'on jouait avec les puzzles,
t'avais la pièce où t'avais la tête du chat, en fait,
qui arrivait progressivement, et...
Bah, continuons à dessiner le chat.
Voilà, c'est ça. Et donc, continuons à mettre les petites pièces pour avoir la tête du chat ou du
chien. Mais là, c'est un peu ça, en fait, c'est-à-dire qu'il y a quand même toutes les pièces du
puzzle qui s'assemblent.
Et il y a des preuves réelles, concrètes que ça marche je veux dire.
Si t'as, je ne sais, t'en es à quel numéro de la revue?
130.
Voilà, 130 numéros de la revue, c'est une preuve irréfutable que ça fonctionne.
Et même si on sort de moi, parce que comme je le disais tout à l'heure en fait,
moi on s'en fout, on a quand même dans une industrie de l'audiovisuel qui va mal.
Le matin de ma formation, on a quand même des gens de l'ARCOM qui nous disent - l'ARCOM qui est la grande autorité de contrôle
de l'audiovisuel en France - notre plus grande peur aujourd'hui c'est le manque de création
originale et les rediffusions. Donc en fait quand tu rediffuses un programme et donc que les chaînes n'achètent plus de programmes
pour le peu de programmes qu'elles achètent encore,
il y en a un parmi eux, français, qui s'exporte à l'international,
et qui est entièrement fait par des autistes. Même dans le secteur des scènes de musique actuelles que j'aime beaucoup parce
que il y a plein de guitares autour de moi.
C'est vrai que c'est un environnement très musical !
Je vois des personnes sur le spectre, notamment avec le groupe Astéreotypie,
qui est très lié au Papotin d'ailleurs, qui remplissent des salles.
Moi, j'habite dans le 13e arrondissement, ils jouent au Petit Bain,
qui est une salle pas très loin dans quelques jours.
Ils vont faire tous les festivals cet été, des Vieilles charrues ou d'autres.
Bien sûr, et en plus c'est de la création originale puisque forcément en général les personnes qui pensent différemment curieusement
elles peuvent créer des choses différentes.
On reprend la métaphore du puzzle, ces personnes là il y a une industrie qu'on n'a pas encore
évoquée c'est le cinéma.
Oui, ah bah ça c'est pour Maxime !
Arthus avec son film, carton plein : 10 millions d'entrées,
ça faisait déjà des années que le box-office, avec tout ce qu'on peut penser du film qui est un peu
graveleux, moi ça m'a fait rire à certains moments.
Et voilà, je suis très démuni face à ça, parce qu'on a des autistes qui publient 130 numéros d'une
revue, on a un concept qui s'exporte à l'international avec des gens qui ne sont pas payés.
Donc je tiens à dire qu'on se paye à peine. Enfin,
je pense que c'était quand même assez clair que je suis titulaire de l'AAH et que ce business me rapporte quelques centaines
d'euros par mois.
Mais il faut continuer à justement véhiculer les bonnes valeurs et que les personnes se rendent
compte de ça.
Dans le cinéma, un film avec des autistes qui fait 10 à 11 millions de rentrées dans les salles,
là moi je sais pas ce qu'il faut de plus, pour avoir des preuves purement factuelles que sur un plan professionnel dans
les industries de la culture aujourd'hui. Ça marche.
Il n'y a aucune autre industrie.
Mais on continue à refaire des reboots, des machins,
des je ne sais pas quoi.
Ah bah même c'était chiffré là !
Il y a Vaiana qui sort en live action au cinéma. Donc,
on a eu Vaiana 1, Vaiana 2, Vaiana live action. Il y a plein de choses qui reviennent au cinéma pour la énième fois où on
refait depuis le début. Ou alors, on passe en live action des films qui étaient des dessins animés.
alors qu'on pourrait très bien avoir des créations originales avec des personnes qui ont des idées,
des personnes qui sont là et qui ne demandent que ça.
Et complètement, et surtout qu'est-ce que je voulais dire?
On est sur une industrie qui est parmi celles qui respectent le moins le taux d'emploi des
personnes handicapées. Je crois qu'Eric Kanda, qui est un peu spécialiste de ces questions-là,
a mis des chiffres sur LinkedIn il y a quelques jours,
c'est 1,7, 1,8 sur 6 %.
Et en plus, ce sont des personnes qui sont utilisées pour l'image,
pour le buzz, parce qu'il y a beaucoup, comme moi je le vois,
je suis comédienne, et donc je vois passer des fois des castings pour on veut une personne en situation de handicap avec
chaise, on veut une personne en situation de handicap pour ceci,
cela, ou lourd, ou avec des mots comme ça. Parce qu'en fait,
malheureusement, la plupart du temps, la personne en situation de handicap ne va pas être là parce
que c'est pour un rôle. Elle va être là parce que c'est pour un rôle lié au handicap et qu'on veut faire une visualisation
spécifique de ça. Donc par exemple, on va la prendre pour le fauteuil ou on va la prendre parce que
c'est écrit lourd handicap. Et ça va pas être juste pour la voir en tant que comédien ou
comédienne, finalement.
Eh bien, mais ce qui se passe, c'est scandaleux sur ça.
C'est-à-dire que dans les industries culturelles,
que ce soit les intermittents ou la presse, le principal acteur de protection sociale s'appelle
Audience. Ils ont une mission handicap, là. Ils sont à Avignon,
donc pour ceux qui ne savent pas Avignon, c'est un festival de théâtre.
Oui, il y a le Avignon On et Off aussi.
Voilà. Et donc, ce matin encore, ils faisaient une émission,
enfin, une conférence, pardon, sur la prise en compte du handicap dans les industries culturelles,
ils demandent 5 ans d'expérience d'intermittence d'affilée ou de carte de presse pour accompagner
quelqu'un.
Et c'est pareil dans les agences en général. Soit il faut avoir beaucoup d'expérience pour être
dans... Il y a des agences qui sont spécialisées dans les handicaps pour être agent de comédien ou
de comédienne. Mais malheureusement il faut avoir soit plus d'expérience soit si on n'est pas assez
handicapé entre guillemets, bah ils vont privilégier comme ils sont trop peu,
ils ont trop peu de moyens et donc ils vont privilégier les personnes en situation de handicap qui vont pouvoir remplir
les critères des castings qui sont donc d'avoir un handicap soit lourd soit physiquement visible etc etc. etcetc. etc.
C'est à dire que t'as vraiment un tissu d'acteurs économiques qui a été créé à partir de ces
principes. Moi je les ai fait comment dire les salons de l'emploi et de la culture,
avec tous les représentants de l'AGFIP. Alors, le petit déjeuner était excellent.
Je tiens à le préciser.
Ah bah, heureusement que le petit déjeuner était excellent.
C'est la moindre des choses !
Il y a eu le traiteur, j'étais content. Si t'aimes bien bouffer,
c'est parfait. Et qu'est-ce que je voulais dire?
En fait, ils ont réussi à fédérer, je pense que ça venait des entreprises ça ne le dit pas
explicitement, 50 à 60 de recruteurs sur ces événements en fixant ce principe-là et en n'indiquant
pas aux candidats. Donc c'est, en fait, t'as un secteur de l'emploi et du handicap aujourd'hui en France où t'as des personnes
qui sont majoritairement sans emploi ou orientées en établissement et eux ils demandent 5 ans d'expérience et ils foutent
du fric pour un événement pour des gens qui ont 5 ans d'expérience quand la majorité d'entre eux
n'en ont zéro. la majorité des personnes que j'ai prises sont sont parfois très novices en fait.
Oui mais à un moment donné il faut commencer quelque part !
Dont leur reconnaissance. Alors c'est des personnes qui pratiquent depuis des années mais
professionnellement parlant, professionnalisés avec des contrats ça faisait peu de temps.
Mais ça c'est pareil dans les entreprises classiques où je me souviens,
parce que j'ai travaillé aussi dans l'industrie plus classique,
et c'est toujours les mêmes choses où on va te demander d'avoir 25 ans et 25 ans d'expérience
techniquement, c'est impossible, ils cherchent le mouton à cinq pattes.
Et du coup pour le handicap c'est pareil, sauf qu'à un moment donné il faut quand même donner la chance aux personnes de
commencer.
Et surtout on a les preuves ! C'est à dire qu'après on a une réunion la semaine suivante avec les employeurs présents et
donc l'animatrice de l'événement "qu'est-ce que vous en avez pensé?"
"Ah on est très content, on a reçu des CV qui nous convenaient parfaitement" et là ils commencent
en développant, "alors lui il a 4 ans d'expérience,
c'est pas assez mais ça nous convient, on va pouvoir le prendre comme éclairagiste".
Et ça a été ça pendant, en fait "oui lui, alors lui c'était parfait il a 5 ans d'expérience,
on va pouvoir potentiellement le contacter pour faire du montage".
Et donc en fait moi je comprends ce truc là, c'est que les pauvres membres d'Audiens n'étaient
pour rien en fait, c'était une demande de leurs partenaires et tout ce qu'ils voulaient en fait c'était garder leur partenariat
en fait eux ils sont pris à la gorge par leurs partenaires.
Malheureusement en fait on se retrouve avec des biais parce que les acteurs de la santé comme
Adiens, les acteurs du handicap dans les agences,
je parle avec les agences spécialisées c'est pareil en fait on se retrouve avec tous ceux qui
essayent d'aider. Moi, je vois la MDPH, c'est pareil.
Dans le 92, il y a une psychiatre à la MDPH, une seule dédiée.
C'est ridicule vu le nombre de personnes qu'il y a dans le 92.
Elle ne peut pas tenir, c'est impossible. Et quand j'y étais allée physiquement,
c'est pareil, c'était blindé, il n'y avait plus de place pour s'asseoir.
On se dit mais c'est incroyable que dans un département qui est quand même plutôt aisé,
le 92, ce soit comme ça. donc j'imagine même pas les autres départements qui ont moins de moyens.
Donc la MDPH, la CAF, c'est pareil. En fait, on se retrouve avec des systèmes qui pourraient aider peut-être un petit peu
mieux les personnes en situation de handicap mais qui malheureusement,
vu qu'on est dans le système actuel avec les entreprises qui veulent du profit,
que ce soit toujours plus lucratif, qu'on a mis les moyens dans d'autres sphères,
on se retrouve, comme tu dis avec des acteurs qui sont pieds et poings liés et qui n'arrivent pas à avancer. avancer.
Et encore, là tu parles des acteurs de la solidarité,
là je te parle vraiment des acteurs de longue place.
Bon je ne veux pas faire politique. Le régime de protection sociale est quand même assez généreux.
Et donc, même si c'est difficile, même s'il y a une liste d'attente importante à la CAF ou pour s'assurer que des APL sont
bien versées ou à la MDPH pour les négociations des droits d'allocation,
on a quand même un modèle social qui est assez généreux et qui tend à le devenir de moins en moins.
C'est ça, c'est on régresse.
Et là, la réponse classique qu'on pourrait faire,
et même les régimes les plus à droite de la Terre,
le plus connu, c'est les régimes nazis, les principales politiques sociales qu'Hindenburg,
le bouquin de John Chaputu, Les Irresponsables, est très très bien sur ça,
il explique très bien ce principe simple, c'est que pour ce gouvernement patronal qui va précéder,
dont Hindenburg était proche avant de conclure ce pacte avec Hitler.
Et... Et d'autres, Eichmann, non c'est pas Eichmann,
Goebbels qui faisaient ses éditoriaux, et Rommel,
c'est un gouvernement qui voit uniquement le social par l'emploi.
Et donc on pourrait se dire, ok les gars, si vous voulez avoir des services sociaux assez maigres,
ce qu'on peut tout à fait comprendre, à part pour certains polyhandicapés,
où là pour le coup aucune excuse n'est possible,
c'est une question de dignité ben bien sûr mais voilà,
il y a des gens aujourd'hui qui sont en attente de droits à la MDPH parce qu'ils n'ont pas
d'emploi. Et de se dire que c'est la solidarité nationale qui doit assurer les moyens de subsistance de certaines personnes
handicapées via l'assurance chômage ou via la CAF,
alors que des entreprises refusent de les recruter en fixant des seuils absolument sidérants,
il n'y a aucune cohérence.
Oui, c'est comme si on les mettait dans des placards et après on se plaint qu'on a rempli des
placards. En fait, juste sortez-les et laissez-leur montrer leurs capacités.
Voilà, donc soit effectivement t'acceptes d'avoir des politiques sociales ambitieuses et donc de fixer une capacité d'obtention de
l'AAH rapide avec plus de dossiers qui passent à 80 % sur une année.
Après déjà, l'AAH, il faudrait aussi revoir la façon dont c'est indexé sur le revenu,
parce que c'est basé sur un revenu qui pourrait être suffisant pour une personne lambda,
entre guillemets. Sauf que ce qui est oublié principalement,
c'est qu'une personne en situation de handicap va avoir des besoins supplémentaires nécessaires qui ne sont pas inclus dans
ce minimum vital, entre guillemets, pour la vie,
de revenu vital. Et comme par exemple je dis n'importe quoi mais voilà,
psychiatres, enfin pas n'importe quoi pour le coup mais je fais un non exhaustif : les psychiatres,
les psychologues, parce que comme les psychologues sont très peu remboursés voire pas,
ça fait des frais aussi pour les personnes qui en ont besoin ou par exemple les personnes qui ont besoin de travailler leur
motricité, les psychomotriciens ça aussi c'est des choses qui sont nécessaires et derrière du coup l'AAH n'en tient pas
compte puisque elle va être calculée sur une base de revenus minimum qui conviendrait à une personne qui n'a pas ses besoins
supplémentaires. Donc déjà, en plus, l'indexation...
Oui ! Il y a quand même pas mal de frais. Effectivement,
je n'avais pas vu cet angle-là qui s'ajoute. Et donc,
on met encore plus en situation de précarité les personnes.
Donc à un moment, il faut faire un choix quand même qui est relativement simple.
Soit on a une politique d'emploi anti-discrimination,
mais qui est irréprochable. Ou alors, on accepte d'augmenter les impôts,
surtout sur ceux qui ont le plus, pour financer des vraies politiques de santé.
Il y a un moment où on ne peut pas être dans les dichotomies.
Et puis là, ce n'est même plus une dichotomie, parce que du coup,
on diminue les frais d'aide et les frais de santé,
et on ne fait pas non plus...
Et donc voilà c'est, ça n'a ni queue ni tête...
Mais heureusement que du coup il y a des actions comme ce que tu fais qui de manière positive permettent à des personnes
en situation de handicap d'avoir un emploi entre guillemets dans le sens où pour l'instant c'est des piges et c'est pas
un salariat mais en tout cas de travailler de manière digne,
de montrer que ce sont des personnes capables de faire des choses dans la dignité,
dans le respect, et du coup de montrer au monde que ça fonctionne.
Et surtout, ça revient à ce qu'on se disait, d'être des personnes handicapées qui savent de quoi
elles parlent. En fait, moi, je ne pense qu'il n'y a pas d'expert de l'autisme dans l'emploi,
il y a des gens comme Béatrice Ducas ou d'autres qui créent un business,
soi disant de consultant TSA parce qu'ils sont passionnés par le truc,
parce qu'ils ont un TDAH diagnostiqué. Jamais il ne viendrait à l'esprit de devenir consultant TSA
ou... Enfin, tu rigoles, mais c'est vraiment des gens qui montent un business de freelance
aujourd'hui. En faisant ça, ils vont faire des powerpoints,
ils vont facturer des powerpoints en disant en fait ça existe,
en se présentant comme des consultants en neurodiversité,
alors c'est la grande mode... Et même moi j'en ai fait les frais,
si tu veux, de ces trucs-là, de gens diagnostiqués qui se disent passionnés et qui interviennent dans n'importe quelle entreprise
pour faire leur beurre.
Après, ceci dit, si ça permet à des personnes de prendre conscience de certaines choses,
On aura un peu avancé.
Mais à un moment, il faut vraiment que tu restes expert de ton domaine.
Ah oui, ça, dans tous les cas, on ne peut pas non plus...
Moi, je le redis, j'ai été face à des employeurs qui m'ont dit,
après les sensibilisations à l'autisme, on a pris encore plus peur qu'avant.
Parce que c'était le grand flou technique pour nous.
Et on savait que c'était compliqué, que c'était un handicap cognitif qui avait un impact sur la motricité fine ou les capacités
oculomotrices des personnes, mais jamais on n'aurait pensé que ce serait compliqué.
Et donc, c'est très clair pour nous, très simple,
on a eu encore moins envie d'embaucher des autistes après avoir été sensibilisés par EPI,
PIN ou l'inclusion ou d'autres dispositifs qu'avant cette sensibilisation.
Est-ce que ce n'est pas un creux pour remonter après,
dans le sens où des fois les gens vont prendre peur parce que ça fait beaucoup d'informations d'un
coup, mais après, une fois qu'ils les ont intégrées,
est-ce que du coup ce sera...
En fait, c'est qu'il y a des gens qui aujourd'hui,
si tu veux, viennent pour uniquement faire une sensibilisation,
mais qui ne pratiquent pas avec eux. Et donc c'est ce qu'ils disent à chaque fois.
C'est-à-dire que nous, on a besoin... de passer de la pratique à la technique.
Finalement, montrer qu'au final, sur le long terme,
ça marche. Juste la preuve de la roue qui tourne.
Ils ont besoin d'avoir la preuve, derrière les machines ou derrière un ordi,
de se dire, moi c'est ce qui m'a été dit, après je ne sais pas si c'est vrai,
qu'on doit s'assurer que la personne sera manipulée quand elle vient dans l'autre entreprise et
aujourd'hui, ces formations nous ont fait extrêmement peur parce qu'elles étaient très formelles.
Oui, c'est ça. En fait, il faut quelque chose de beaucoup plus empathique,
quelque chose qui relie l'humain, finalement, plutôt que juste...
Et surtout, quelque chose de beaucoup plus technique.
C'est comme si tu disais un boulanger ou un agriculteur demain,
tu vas embaucher quelqu'un parce qu'il est handicapé et tu n'as jamais vu bosser.
Moi, jamais je l'embauche, même s'il est TSA. C'est peut-être dur,
ce que je dis, mais j'ai besoin d'avoir la certitude que ça fonctionne.
Et donc c'est pour ça que je suis vent debout contre ce modèle actuel où on a un ensemble d'entreprises qui ne connaissent
rien d'industrie et qui essaient de sensibiliser et de former sans connaître la technicité des métiers. métiers.
À ce moment-là, ce qu'il faudrait, c'est avoir des gens qui sont un peu des sortes d'accompagnateurs sur les débuts pour
aider la personne pendant la période d'essai au lieu d'être juste seule,
la personne serait...
Ce qu'il faut, c'est que tous les métiers où on sait que ça fonctionne,
s'emparent du sujet. Quitte à fermer l'accès à d'autres où on sait que ça sera très compliqué.
Au moins, pouvoir laisser la chance là où il y a eu une preuve de résultat.
Au moins, quand on sait que ça marche. Tu sais, c'est un peu comme dans le rock.
Il y a eu, pendant des années, des recettes de refrains et de couplets qui ont fonctionné avec des
chœurs très précis. Là, c'est un peu la même chose.
Il faut qu'on trouve une sorte de couplet de refrain qui soit efficace et qui fonctionne.
Qui rassure les gens qui n'ont pas l'habitude.
Ou la personne s'assure qu'elle aura un retour sur investissement.
Parce qu'il y a vraiment des situations d'insertion socio-professionnelle qui sont dramatiques
aujourd'hui pour les personnes.
Parce qu'en fait, il n'y a pas d'insertion, c'est juste qu'on ne les a pas rajoutées.
Et avec des cas tentatives de suicide...
Ça reste des humains, je veux dire...
Ah bah complètement ! Et justement c'est parce que c'est des humains que ma position c'est de ne pas les exposer dans un
truc où ils vont partir au casse-pipe dans n'importe quelle entreprise.
Et je le redis, des gens qui organisent des salons et qui n'ont jamais pratiqué ou très peu avec eux ou des conférences
ou que sais-je encore, sont extrêmement, extrêmement fautifs.
C'est-à-dire que s'il y a des erreurs aujourd'hui,
c'est à cause aussi des personnes qui organisent des salons,
des conférences ou des job dating sans, (et là, ça ne tient qu'à moi,
je n'ai pas la science infuse), sans comprendre ce que fait la personne dans son entreprise.
Et le temps qu'on perd à cause de ça est dramatique.
C'est pas juste arriver avec un PowerPoint en fait,
c'est juste qu'il faut déjà se renseigner sur l'entreprise dans laquelle on va,
se renseigner sur les personnes qui souhaiteraient arriver dans l'entreprise,
se renseigner sur les métiers que propose l'entreprise et ensuite créer vraiment quelque chose sur le long terme qui prend
plus que juste une heure de conférence, qui prend peut-être un temps de discussion,
des temps d'échange avec des personnes.
Ca prend plusieurs années, ça prend le temps de former avec un diplôme universitaire ou un bac pro et d'accueillir professionnellement
la personne. Mais c'est ce qui nous est arrivé avec Maxime,
on a eu 4 mois de formation quand la majorité des gens en avaient 2 ans,
à un moment en plus en étant handicapé, comment tu veux t'en sortir?
C'est presque un sketch à la Coluche c'est l'histoire d'un mec,
il avait 4 mois de formation.
Mc Gyver !
Mais il était handicapé.
Et il avait un cure-dent pour écrire.
Mais les autres qui étaient valides ils avaient 2 ans de formation.
Comment tu fais?
C'est sûr que là, ça va être compliqué, en effet !
Et donc c'est aussi lié en fait, et pourtant je sais si notre directeur a fait des belles choses pour expliquer cette situation-là aux
employeurs, en leur disant qu'ils n'ont quasiment aucun organisme de formation financé par nos
impôts pour se développer. Moi, à un moment, nous,
on ne peut rien faire.
Oui, c'est sûr qu'un bout de scotch et un papier,
on ne va pas aller très loin.
Et un PowerPoint.
Et un PowerPoint.
Et qu'est-ce que je voulais dire? C'est ce qui tue aujourd'hui l'insertion socio-professionnelle
des personnes concernées, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mise en œuvre et de mise en scène technique alors que c'est le
cœur du problème c'est la gestion des cris, la gestion des pleurs sur le lieu de travail et la
gestion des colères aussi.
Les émotions globalement en fait.
Voilà, et qu'on a fait un business en fait, un business où des élus vont venir serrer quelques paluches quand ça se passe
dans leur ville les dernières photos que j'ai vues c'était David Bissnard (David Bissnard qui est président du parti Nouvelle
Énergie), qui est venu à un salon handicapé emploi à Cannes pendant le festival de Cannes.
Et donc là c'est pareil t'avais le prestige du festival mais t'avais des gens de la mission
handicap de McDo, des gens de la mission handicap d'un blanchisseur,
des gens d'un ESAT. Comment tu peux, aujourd'hui,
t'assurer que tu vas pouvoir offrir une stabilité professionnelle quand t'as autant de secteurs
différents, et comment tu peux t'assurer que l'employeur sera bienveillant quand tu as autant de
secteurs? Moi, j'en serais incapable. Alors, peut-être que les personnes sont des super-héros et
se sentent aptes. Mais moi, ce n'est pas du tout mon cas.
Je serais profondément incapable de pouvoir bien faire mon boulot dans ce cadre-là en disant 40 secteurs d'activité vont
pouvoir potentiellement accueillir des autistes.
C'est au-delà de moi. Après, il y a peut-être des gens qui en sont quand même,
mais à d'autres.
Après je pense que ce qui sera déjà important aussi c'est peut-être de revoir le secteur du travail globalement parce que
les personnes qui n'ont pas de handicap sont aussi sujettes au burn-out et aux problèmes de gestion donc peut-être si on
repense déjà à la base peut-être que ce sera aussi de fait en découlant comme ça peut-être que ça permettra aussi d'être plus
inclusif si c'est déjà mieux de base. Et donc pour conclure sur cet épisode mon cher Oscar je te
propose une petite question. Qu'est-ce que tu penses qui serait le plus intéressant à retenir de
cet épisode?
Bonne question, c'est quand vous mobilisez pour une cause demandez-vous toujours quel impact elle aura sur les autres c'est-à-dire que
votre propre vie n'a pas d'impact ou a très peu d'impact en fait,
on est vraiment tout est politique on est un corps social où des personnes ont des droits,
ont aussi des libertés ont des devoirs et vos posts LinkedIn,
vos vidéos Instagram, que sais-je encore, n'auront aucun impact si vous ne vous dites pas comment elles vont pouvoir améliorer
la vie de toutes et tous.
Eh bien écoute, mon cher Oscar, je pense que c'est un merveilleux mot de la fin.
Merci beaucoup d'avoir participé à ce podcast. C'était très intéressant,
très riche, et j'espère que nos auditeurs et auditrices vont pouvoir repartir avec plein de belles informations pour un
futur plus radieux. Merci d'avoir écouté Voix Plurielles,
comprendre c'est déjà faire un pas vers l'autre.
C'était Delphine, et à bientôt pour une nouvelle rencontre,
une autre façon de voir le monde.
Ce podcast vous a été présenté grâce à la solution de diffusion de podcast Castopod.